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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le scénariste

Auteur Sujet: Le scénariste  (Lu 1008 fois)

Hors ligne Babataher

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Le scénariste
« le: 13 Décembre 2013 à 08:27:35 »

La ligne de faîte des immeubles s’estompait peu à peu dans l’obscurité du soir. Fred, un jeune étudiant en philosophie, regardait depuis sa fenêtre la nuit dérober la ville. Il posa le livre et se mit à décrire des demi-cercles autour de son lit qui occupait la moitié de son banal étroit studio. Il espérait que le remuement de son corps guiderait  son esprit  vers la décision à prendre. La philosophie lui paraissait comme un désert sans repères, un nuage de sable l’empêchant de voir clair en lui-même et surtout, de distinguer la trajectoire à suivre.  Car au lieu de découvrir des oasis de vérités, il s'enfonçait chaque jour davantage dans un reg balayé par le doute. Or Fred était pragmatique ; jouer un rôle dans la vie, pour lui,  primait sur la maîtrise  des concepts. A quoi bon poser des questions sur le néant?

Ce soir, dans une ambiance imprégnée d’arôme de café,  de fumée de cigarette et de phéromones, il piaffait plus que d’habitude. Il décelait dans la lecture du livre, ‘ le héros aux mille et un visages’ de Joseph Campbell, l’aboutissement de sa longue quête. Aussitôt  Une immense joie le transporta, il eut comme une révélation : devenir scénariste.

 « Il suffit de créer un héros, de lui flanquer tous les conflits imaginables et de résoudre l’énigme en  trois actes. C’est facile, c’est dans mes cordes. Rédiger des synopsis imaginer le décor de l'histoire, structurer en séquences les grandes lignes de l'intrigue. Tout cela me semble  passionnant. Et qui sait ? Avec un peu de chance, le scénario serait porté à l’écran et les fans affamés en redemanderaient. Sûrement…Sûrement !» « Action ! »

L’idée éclaira ses talents ; il envisagea déjà sa carrière. Il se prépara un nouveau café et alluma une tantième cigarette pour récompenser ce trait de génie de son esprit.

 « Voici un créneau qui ne souffrirait jamais d’une  demande soutenue. Les consommateurs seraient toujours là, bouche bée devant leur écran, les paresseuses gens préfèrent voir que lire. Sûrement… Aujourd’hui, c’est le temps de l’image et du prêt-à-tout !» « Alors, on tourne ! »

Une fois convaincu de son choix, Fred s’investit dans la réflexion. Il fallait se mettre au travail et sans perdre de temps. Une recherche furtive  sur internet le conduisit à la méthode d’écrire ; mais, sa curiosité très vite s’émoussa, tous les sites visités étaient des leurres, car personne ne révélait, sans contrepartie, ses secrets. Le seul élément tangible de sa quête était ‘Pour écrire, il faut écrire’.  Comment ? Rien de concret. D’ailleurs, philosophe qu’il était, il s’en doutait un peu. Pourtant il ne se décourageait pas, ce sentier était le seul moyen d’améliorer sa condition. La vision  se transforma subitement en vocation : écrire des scénarios pour des films courts-métrages.

« Une idée puis un pitch et  le tour est joué.»

Il persista dans sa recherche et finit enfin  par dénicher une vidéo qui décrivait la condition sine qua non pour commencer à écrire : une table, une chaise, une lampe de bureau et du papier.

« Çà c’est du concret ! »

Il pourrait commencer d’abord par la mise en place de cette logistique. N’ayant pas beaucoup d’argent, il commença par acheter la lampe de nuit, avec une ampoule de puissance faible diffusant une lumière tamisée, suffisante pour écrire mais agréable pour stimuler l’imagination.

«  Tout se résume dans le décor, il faut une ambiance propice à l’inspiration. Le papier, il en faudra en grande quantité, il y aura sûrement beaucoup de déchets et donc de brouillons, tant pis pour les arbres. Faut aussi des stylos de différentes couleurs : le noir pour écrire, le bleu pour encadrer les idées, le vert pour souligner ce qui est à revoir, le mauve pour vérifier la syntaxe et le rouge les fautes d’orthographe. L’important c’est l’ordre, la logique dans la pensée, tout ce qui est bien conçu, s’écrira facilement. Sûrement !»

 Mais comme il n’avait pas encore acheté tout le matériel nécessaire, une profusion d’idées assaillit sa tête, des histoires s’enchevêtraient dans son imaginaire. Il passa une nuit blafarde, il rêva trop et dormit peu.

« Où dénicher une chaise et une table ? »

 Il fallait convaincre la sœur, la seule personne qui se matérialisa devant lui, le lendemain.

« Ah la famille c’est quelque chose d’important surtout lorsqu’on est coincé dans une impasse et que l’on se sent impuissant. Une chaise après tout n’était qu’une chaise, elle devrait en avoir une en plus. Sûrement !»

 Malheureusement sa sœur n’avait pas de chaise et refusait d’escamoter sa salle à manger.

− Un tabouret peut être !
−Tu te fous de moi ?

Sa sœur se proposa de lui avancer de l’argent pour en acheter. Fred sentit son amour propre bafouer, car un étudiant en philosophie a les nerfs partout jusque dans les poils ; il se vexe pour moins qu’une vétille, sa susceptibilité  interprète les moindres gestes suivant des théories corrosives. Il ferma les yeux, il accepta et osa même, en se dépouillant de sa vergogne, demander de quoi acheter une table. Sa sœur lui précisa que c’était juste un prêt et qu’il devait lui rendre son argent. Il promit que bientôt il allait la rembourser, sûrement.

Il visita, sur le champ, plusieurs magasins pour acheter ce qui reste de la logistique. Il trouva enfin une boutique pas très loin de la piaule. Pour économiser l’argent du transport, la chaise et la table feraient, l’une après l’autre, le trajet sur son dos. Il trimbala la chaise sous l’aisselle, tantôt sur la tête. Une posture dégradante pour un futur scénariste. C’était pénible de supporter les regards de tous les curieux, mais tel un acteur qu’on filmait Fred supportait la scène avec dignité. Arrivé en bas de l’immeuble, le concierge lui dit :

−Alors monsieur Fréderic, on déménage ou quoi ?
−Occupe toi de tes oignons !

Il subit la même, sinon plus, humiliation en transportant la table sur la tête espérant ne rencontrer personne de ses connaissances. Rien de plus dégradant que d’affronter une connaissance lorsqu’on barbote dans la misère. Fred avait une haute opinion de lui, une appréciation tout à fait  naturelle, pour un aspirant entrain de se sublimer. Le concierge toujours inévitable lui lança :

−   Alors monsieur Fréderic, Petit à petit l’oiseau fait son nid ! un coup de main peut être ?
−   Si tu la fermes pas, je vais te la faire bouffer cette table ! Tu m’entends ?

Devant l’ascenseur, la table, mise dans le sens de la largeur bloquait la porte et, tournée du coté de la longueur, refusait d’entrer. Une situation à détester le monde entier. Il tenta la verticale puis en bisais, mais de quelque coté qu’il essaya, rien ne le délivra de l’option de faire tout l’escalier de l’immeuble avec une table sur le dos. A moins,  de lui arracher les pieds, il pensa un instant la démonter, mais c’eût été plus pénible que de la remonter.

«  Quand on est dans la crotte, on y est pour de bon ! Sûrement !»

Le Sisyphe cogna la table plusieurs fois contre la rampe et contre la paroi de l’escalier. Il réussit, au prix d’un supplice ravalant, à gravir les soixante marches de l’escalier. Lorsqu’il atteignit la dernière marche pour accéder à son palier.  Un long soupir soulagea sa poitrine. L’exploit était dans l’air. Il était sur la canopée tout près à cueillir tous les fruits. Les projecteurs l’éclairaient. Il n’aurait maintenant que l’embarras du choix. La réjouissance du travail accompli, une dernière marche et le voici sur la ligne de départ, il pouvait maintenant démarrer sa carrière.

Pendant cet instant de répit, un pied de table accrocha l’arabesque de la rampe et lorsqu’il voulut avancer, la table bloquée, le repoussa vers l’arrière, il glissa et tomba à la renverse. Sa tête cogna les marches et sa masse dégringola jusqu’au palier d’en bas. La table le suivit et vint lui écraser le menton. Assommé, il resta étourdi un bon moment et lorsqu’il reprit ses esprits, il leva les yeux pour voir le visage moqueur de la personne qui l’aidait à se relever. Le concierge ricanait : Ah monsieur Fréderic ça c’est une chute ! Coupez !
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne Vivi

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Re : Le scénariste
« Réponse #1 le: 15 Décembre 2013 à 08:53:13 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je commence par dépecer :

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fumée de cigarette
singulier ou pluriel, pour cigarette  :???: ? (je ne suis pas moi-même convaincu plus par l'un que par l'autre, donc je signale au passage des fois que ça suscite des vocations ;))


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Il persista dans sa recherche et finit enfin  par dénicher une vidéo qui décrivait la condition sine qua non pour commencer à écrire : une table, une chaise, une lampe de bureau et du papier.

« Çà c’est du concret ! »
lol :D mais pas d'accent sur le Çà

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il se vexe pour moins qu’une vétille, sa susceptibilité  interprète les moindres gestes suivant des théories corrosives.
Ouéééhh :coeur:


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−Alors monsieur Fréderic, on déménage ou quoi ?
−Occupe toi de tes oignons !
re-lol  :D :D


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−   Alors monsieur Fréderic, Petit à petit l’oiseau fait son nid ! un coup de main peut être ?
−   Si tu la fermes pas, je vais te la faire bouffer cette table ! Tu m’entends ?
et re-re-lol  :D :D :D


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puis en bisais
en biais, plutôt non :\?


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Le Sisyphe cogna la table...
Très bon  :)


Conclusion : un texte bien symphatique, émaillé de vocabulaire rare et vieilli (remuement & tantième, par exemple). L'avant-dernier paragraphe vend un peu la mèche : on se doute à cet instant qu'il va se viander, mais on ne sait pas comment. Donc demi-surprise quand on lit la fin qui est cepandant habilement rattrapé par la réplique du concierge.
J'y vois un petit soucis : comment le concierge est-il au courant de la lubie dont s'est entiché l'étudiant en phylosophie  :\? ? J'ai relu en vitesse et il me semble qu'entre le moment où Fred décide sa nouvelle vocation et la fin, l'information ne semble pas avoir été transmise clairement/explicitement fournie au concierge. Donc, peut-être un emmêlement de pinceau de l'auteur sur ce point (et c'est important car ça invalide totalement la répartie joussive !

Sur ce, la parole est à la défense
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne Loïc

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Re : Le scénariste
« Réponse #2 le: 15 Décembre 2013 à 09:11:55 »
Citer
La ligne de faîte des immeubles s’estompait peu à peu dans l’obscurité du soir.

Je ne trouve pas la formulation très heureuse.

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Fred, un jeune étudiant en philosophie, regardait depuis sa fenêtre la nuit dérober la ville.

Tu peux supprimer un et jeune je pense. Et même là, je trouve ça lourd :/
La suivante est pire.

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Or Fred était pragmatique ; jouer un rôle dans la vie, pour lui,  primait sur la maîtrise  des concepts. A quoi bon poser des questions sur le néant?

Je comprends pas trop ce qu'il faut en philo xD

Ce premier paragraphe, je le trouve très, très laborieux. On dirait de la philo quoi.

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Ce soir, dans une ambiance imprégnée d’arôme de café,  de fumée de cigarette et de phéromones, il piaffait plus que d’habitude. Il décelait dans la lecture du livre, ‘ le héros aux mille et un visages’ de Joseph Campbell, l’aboutissement de sa longue quête. Aussitôt  Une immense joie le transporta, il eut comme une révélation : devenir scénariste.

Pourquoi tu lui donnes un nom si tu l'utilises pas  ? Des italiques et des majuscules au titre, pas de guillemet. Et du coup tu peux supprimer "livre" et "le" (il decelait dans sa lecture du Héros aux mille et un visages")
Pourquoi majuscule à Une immense joie  ?

Citer
Sûrement…Sûrement

Espace après les points de suspension

Citer
« Voici un créneau qui ne souffrirait jamais d’une  demande soutenue.

Je ne comprends pas ce que tu veux dire.

Citer
Une recherche furtive  sur internet le conduisit à la méthode d’écrire

Pourquoi furtive ? rapide, oui, mais furtive ? Et la fin de la phrase ne veut rien dire. A la méthode d'écriture ? Et encore...

Citer
mais, sa curiosité très vite s’émoussa

Pourquoi l'inversion ?

Citer
le rouge les fautes d’orthographe.

Manque un pour

Citer
tout ce qui est bien conçu, s’écrira facilement.

Tu ne peux pas mettre de virgule ici

Citer
Il passa une nuit blafarde

Je ne comprends pas

Mais il a pas de chaise dans son studio ? O_o

Citer
Il tenta la verticale puis en bisais

Bug

Citer
Lorsqu’il atteignit la dernière marche pour accéder à son palier.

Cette phrase fait totalement random.

Bon. Je n'ai pas aimé. D'une manière générale, c'est très lourd et le texte accroche tous les trois mots. J'ai l'impression que tu as voulu faire trop compliqué et du coup il y a des virgules dans tous les sens, des adjectifs qui n'ont rien à faire là, etc. Si je pouvais te donner un conseil, ce serait déjà d'alléger ton texte pour enlever tout ce qui est non seulement superflu, mais en plus rébarbatif.

Voilà, bon courage.

"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

 


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