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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Toi, tu serais le papa...

Auteur Sujet: Toi, tu serais le papa...  (Lu 7442 fois)

Hors ligne Pirouli

  • Calliopéen
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Toi, tu serais le papa...
« le: 11 Décembre 2013 à 10:36:50 »
Deux enfants jouent ensemble au fond d'une petite cour. Autour, quelques fenêtres sont ouvertes, laissant entrer de timides rayons de soleil à l'intérieur. Au loin, on entend les bruits du boulevard, la valse des automobiles qui se pressent. Mais dans la cour, tout est paisible. Une femme est assise sur un banc, un livre à la main.
La fillette se dresse devant son camarade et lui parle d'un ton autoritaire.
– Ecoute-moi, toi tu serais le papa et moi je serais ta fille. Allez, fais semblant de rentrer du travail!
Le jeune garçon, d'un caractère assez docile, se lève lentement, s'éloigne d'une dizaine de mètres, puis après avoir tiré sur son tee-shirt et prit un air sérieux, revient d'un pas décidé.
– Bonjour ma chérie, tu as passé une bonne journée à l'école ?
Le nez dans son livre, la femme écoute distraitement les enfants jouer.
– Mais non! Le papa, il dit pas "ma chérie" à sa fille...
Le garçon proteste.
– Si. Mon père, il le dit à ma sœur.
La fillette s'énerve brusquement.
– Tu mens! Tu dis ça pour faire l'intéressant.
– Non, c'est pas vrai.
– Je suis sûre que si! Ça n'existe pas un père qui parle comme ça.
Le visage rougit par une soudaine colère, la fillette s'assoit par terre et se recroqueville sur elle-même.
La femme a posé le livre sur ses genoux et la regarde maintenant attentivement.
– Mon père quand il rentre à la maison, il fait la tête, il dit rien et... il me regarde pas.
Étonné, son copain de jeu s'agenouille auprès d'elle.
– Pourquoi ? Tu as fait des bêtises ?
L'enfant hausse les épaules.
– Non, c'est comme ça.
Dans son regard, une expression de tristesse apparaît.
– Quand je m'approche pour l'embrasser le soir, il me repousse parce que je passe devant la télé.
Plus déterminée que jamais, elle continue.
– Un jour, je mettrai une bombe dans sa télé et BOUM! Fini la télé. Il sera obligé de me regarder.
La fillette survoltée se redresse et s'éloigne rapidement à l'autre bout de la cour, feignant de s'intéresser à une fourmilière. Son ami s'empresse de la rejoindre pour inventer un nouveau jeu.

Assise sur le banc, la femme les observe le regard perdu. Ses mains se tordent. Elle sent son visage rougir. Son estomac se serre en un spasme sournois. Elle reste figée, là, l'esprit ailleurs, loin, si loin et pourtant si près. Sa propre histoire lui saute à la figure une fois de plus. Elle a tout fait pour s'en éloigner, pour la renier, pour la cacher derrière son humour et son large sourire. Mais rien n'y fait. A la moindre occasion, elle le revoit devant elle. Un mètre soixante douze, brun, d'une corpulence un peu enrobée, un visage ovale, un nez cabossé, de fines lèvres sans générosité et des yeux... Ces yeux foncés vides de sentiments quand ils se posaient sur elle. Aucune expression ne les traversait, rien.
Cette femme n'avait jamais compris comment l'absence d'amour dans les yeux d'un père était possible. Elle qui était mère et vivait avec un homme merveilleux si attaché à sa progéniture...
Elle avait cru longtemps que c'était de sa faute, petite fille discrète presque insignifiante. N'était-elle pas assez belle...? Elle aurait tellement voulu qu'il la prenne sur ses genoux, au moins une fois, qu'il lui dise "bon anniversaire", au moins une fois, qu'il ne gâche pas la journée de Noël par des hurlements, au moins une fois... A cause de ce manque d'amour, elle s'était renfermée dans sa coquille pour de longues années. Elle eut la folie d'attendre un geste d'amour qu'elle n'obtiendrait jamais.
Le nez dans ses crayons de couleurs, elle dessinait ; le dessinait lui qu'elle regardait sourire et rire quand des étrangers venaient à la maison. Celui que tous au dehors trouvait sympathique et gentil. Oui, c'était bien le même homme. Elle aurait voulu lui crier "Aime-moi papa, moi je t'aime!", mais sa bouche d'enfant était restée muette.
Depuis de longues années, elle l'avait fui, construit sa vie sans lui, comme pour se protéger. Illusion. Aujourd'hui encore, il est devant ses yeux. Blessure profonde. Les larmes roulent sur ses joues.
Par une fenêtre de l'étage, la sonnerie d'un téléphone retentit. Son téléphone. Elle regarde autour d'elle, les enfants sont partis, la cour est vide. Son livre à la main, elle se presse dans l'escalier. Lorsqu'elle décroche le combiné, la voix de sa sœur résonne.
– Papa est mort.
« Modifié: 15 Janvier 2014 à 15:51:57 par Pirouli »
Il vaut mieux être ivre que con, ça dure moins longtemps.

Aahraz

  • Invité
Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #1 le: 11 Décembre 2013 à 11:44:35 »
Ptin, il est d'une violence, ce texte... :'

J'ai pas beaucoup de reproches à faire, parce que le dézoom sur cette femme qui fait le bilan de son passé en ce jour fatidique me semble bien plus qu'un personnage simplement fictif...
Je trouve juste un peu mal amené le fait que la gamine trébuche sur le "ma chérie", parce que même si elle n'y a jamais été confronté, il me semble bien peu crédible qu'elle n'ait pas justement découvert les carences à son endroit en regardant autour d'elle. Après, bien sûr, ça dépend de l'âge, tout ça, mais je pense que tu pourrais amener le "choc" un peu plus finement.

Sinon, l'amorce et la chute sont complétementaires et intriguantes, c'est prenant.

Merci pour ce moment.

Hors ligne Vivi

  • Palimpseste Astral
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Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #2 le: 11 Décembre 2013 à 12:31:08 »
Excellent, mais y'a un truc qui m'a obligé à relire, car j'ai cru en première lecture que la deuxième partie (les souvenirs étaient ceux de la fillette).

Il faudrait peut-être une petite modif dans ce passage (voire, par un espace pour un changement de § qui ferait une coupure bienvenue) :
Citer
Dans son regard, une expression de tristesse apparaît.
– Quand je m'approche pour l'embrasser le soir, il me repousse parce que je passe devant la télé.
Plus déterminée que jamais, elle continue.
– Un jour, je mettrai une bombe dans sa télé et BOUM! Finit la télé, il sera obligé de me regarder.
Assise sur le banc, ses mains se tordent. Elle sent son visage rougir. Son estomac se serre en un spasme sournois.
Je suppose que le passage en bleu, c'est la femme sur le banc ; hors le début ne fait pas la coupure avec ce qui est avant, ce qui fait que j'ai vraiment l'impression qu'on est toujours centré sur la fillette). Et comme ton texte pourrait simuler un flash-back (ce qu'il n'est pas), je pense que tu dois recentrer sur la femme et éviter la confusion avec la fillette ("Plus déterminée que jamais, elle continue."). Et faire une ligne d'espacement ne serait pas du luxe ;)



Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne ran01

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Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #3 le: 11 Décembre 2013 à 13:37:28 »
j'ai bien aime le texte mais comme viviane j'ai du relire deux fois car je pensais que c'etait les souvenirs de la fillette
je me demande quelle pourait etre la reaction de la femme face a l'annonce que lui a fait sa soeur.
« Modifié: 11 Décembre 2013 à 13:43:12 par ran01 »
Âme blanche et pure comme la neige
Semblable a un bourgeon qui s'epanuit
Un enfant

Hors ligne Pirouli

  • Calliopéen
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  • la vie est une pirouette
Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #4 le: 11 Décembre 2013 à 14:28:36 »
Merci pour votre passage .
@ Aahraz : tu as tout à fait compris la réalité de ce texte, il est complètement autobiographique. Ça me touche que tu l'aies ressenti.
Ta remarque au sujet du "ma chérie" est juste, mais il peut faire l'effet d'une bombe quand il est tant attendu. J'y réfléchis. ;)

@ Viviane : Tu as raison, je suis tes conseils pour une meilleure compréhension de l'histoire. Merci  ;)

@ ran01 : la réaction de la femme ? Je préfère te la laisser imaginer...
Il vaut mieux être ivre que con, ça dure moins longtemps.

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
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Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #5 le: 13 Décembre 2013 à 13:27:05 »
Très sensible et bien écrit. J'ai aimé te lire.

Par contre la chute ne me fais pas trop d'effet. Je me suis même dis, "comme par hasard", juste quand elle pensais à lui.

J'ai apprécié la description physique du père, j'imagine la jeune femme qui un jour regarde une photo de son père, et se dit "alors c'est lui, c'est ça qui m'a toujours manqué, ce nez même pas droit!"

Hors ligne Pirouli

  • Calliopéen
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Re : Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #6 le: 13 Décembre 2013 à 21:37:41 »
j'imagine la jeune femme qui un jour regarde une photo de son père, et se dit "alors c'est lui, c'est ça qui m'a toujours manqué, ce nez même pas droit!"

Incroyable ce que tu dis là, je me suis dit exactement ça... :-[
Il vaut mieux être ivre que con, ça dure moins longtemps.

Hors ligne Vivi

  • Palimpseste Astral
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Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #7 le: 14 Décembre 2013 à 03:00:18 »
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
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Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #8 le: 15 Décembre 2013 à 09:21:31 »
Citer
– Ecoute-moi, toi tu serais le papa et moi je serais ta fille. Allez, fais semblant de rentrer du travail!
Huhu, tous les gosses ont la même formulation

Citer
A cause de ce manque d'amour, elle s'était renfermée dans sa coquille pour de longues années, espérant toujours un geste d'amour qui ne viendra jamais.

Cette phrase n'est pas heureuse après le passage qui précède.

Citer
elle dessinait, le dessinait lui

Point virgule ?

Je ne sais pas trop comment commenter ça. L'écriture est belle, j'ai particulièrement apprécié la partie sur les gosses. Après, ça fait vraiment très réflexion et c'est - je trouve - moins intéressant. Mais belle lecture en tout cas :)
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
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Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #9 le: 15 Décembre 2013 à 09:40:32 »
Coucou Pirouli !

Ton texte m'a plu ; j'ai aussi un peu senti la dimension personnelle. Le passage de l'enfant à l'adulte m'a posé problème un bref instant, même si pas excessivement, mais il semble que cela revient dans les commentaires ci-dessus. Peut-être, pour favoriser la transition, davantage parler de la femme qui regarde les enfants lors de la première partie, pour bien rappeler qu'elle est là, qu'elle réagit ? (Quoique tu le fasses déjà un peu...)

Citer
Étonné, son copain de jeu s'agenouille auprès d'elle.
Ca me parait un peu bizarre. Elle est toujours debout, non ?

Citer
Finit la télé, il sera obligé de me regarder.
Pas de "t", et un retour à la ligne après ^^

Citer
lui qu'elle regardait sourire et rire quand des étrangers venaient à la maison. Celui que tous au dehors trouvait sympathique et gentil. Oui, c'était bien le même homme.
Ce passage me parle particulièrement.

La chute est inattendue et un peu brutale. Elle a produit un effet sur moi, cependant, peut-être serait-il possible de l'amener davantage. Par exemple, via les pensées du personnage qui se demande s'il va un jour le revoir, ou au contraire ne le souhaite pas,...
Enfin, globalement, c'était une chouette lecture.
Bon courage pour la suite !

Hors ligne Aphone

  • Calame Supersonique
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    • Bavardages d'un aphone
Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #10 le: 15 Décembre 2013 à 12:06:53 »
J'aime ce genre de fragment de vie, brut et brutal.

J'ai beaucoup aimé la première partie. Et cette vérité de la petite fille qui exprime avec ses mots sa détresse.

Moi aussi j'ai un peu moins accroché à la deuxième partie. Elle est bien trouvée pourtant. Et certainement nécessaire. Mais trop dans les pensées ou pas assez justement. On a besoin de savoir ce que pense la femme. Mais l'amener avec plus de poésie ou dans une discussion avec la fillette rendrait le tout plus fluide.

La conclusion, j'ai pas accroché. Je l'ai comprise comme une libération; or, je ne pense que la femme le vive comme ça. Je veux dire, c'est l'impression que j'en ai.

En tous cas, merci pour ce très bon moment avec toi Pirouli
 
La curiosité est le remède à l'ennui.
Il n'y a pas de remède à la curiosité.

- Dorothée Parker

Hors ligne MayWind

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Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #11 le: 15 Décembre 2013 à 12:39:32 »
Salut !

Le texte est fluide, ce qui fait qu'on arrive facilement à la fin sans décrocher.

Citer
Les larmes roulent sur ses joues. Par une fenêtre de l'étage, la sonnerie d'un téléphone retentit. Son téléphone.
Tu pourrais peut-être faire un retour à la ligne, histoire qu'il y ait une rupture nette entre ses souvenirs et le retour au présent.

J'aime bien l'idée de partir d'une discussion entre enfants pour en venir à ses propres souvenirs. Par contre l'histoire du père qui n'aime pas sa fille... Pour ma part, c'est du vue et revue.
Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. - Goethe

Hors ligne Pirouli

  • Calliopéen
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Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #12 le: 16 Décembre 2013 à 14:33:54 »
Merci à vous tous pour ce petit tour chez moi, c'est plaisant d'être lu. ;)
J'ai tenu compte de vos remarques pertinentes sur la forme et modifié mon texte en fonction.

@ Spes : oui, la chute est brutale car la mort est brutale. ;)
Merci pour tes commentaires.

@Aphone : Ton raisonnement est juste au sujet de la deuxième partie. Je vais voir à la modifier afin qu'elle se lise aussi bien que la première partie du texte.
Tes éclairages sont précieux.

@MayWind : "du vu et revu", bien malheureusement. Ce texte étant autobiographique comme l'avait deviné Aahraz, je n'ai pas choisi mon enfance sinon elle aurait été plus trépidante. ;)
Il vaut mieux être ivre que con, ça dure moins longtemps.

Hors ligne Corbac

  • Tabellion
  • Messages: 25
Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #13 le: 16 Décembre 2013 à 18:55:40 »
Je n'ai pas aimé la fin non plus qui arrive comme un cheveux sur la soupe. Vous devriez l'enlever car elle ôte toute crédibilité à votre histoire. Une histoire émouvante mais un peu superficielle je trouve. Vous ne faites qu'esquisser les traits de caractères sans vous apesantir sur les causes. Le papa était distant avec sa fille, d'accord mais pourquoi ? Avait-il souffert lui aussi dans sa jeunesse ? Sa femme est-elle partie en lui laissant l'enfant sur les bras ? Est-il au chômage et en éprouve t-il une honte vis à vis de sa fille qui se traduirait par une forme de rejet ?
En l'état, vous faites une charge gratuite contre les mauvais pères et ne donnez aucune piste de réflexion, c'est dommage.

Le style est encore perfectible, j'ai noté ici et là quelques maladresses.

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 498
Re : Toi, tu serais le papa...
« Réponse #14 le: 16 Décembre 2013 à 21:57:48 »
Salut !

Je viens de lire, un peu confus pour moi aussi le passage de la petite fille à la femme, mais pas trop.
En tout cas c'est plutôt touchant, surtout en effet si c'est une histoire vrai, mais je rejoindrai Corbac sur le fait que le "pourquoi ?" se pose et intrigue...  (mais le sais-tu ?) Je pense que tu aurais pu plus le développer, c'est peut-être un effort pour toi mais ça pourrait aussi être un exutoire, et ça apporterait pas mal je pense.

Pas grand chose à dire en fait  :-[

PS : Corbac : ici on tutoie tout le monde  ;)
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

 


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