Comme chaque matin je me rhabille rapidement en faisant le moins de bruit possible. Je ne veux pas réveiller cet homme avec qui j'ai passé la nuit. Je ne veux pas croiser son regard, ni qu'il me prenne dans ses bras et encore moins qu'il me propose de partager le petit déjeuner. D'ailleurs je ne sais même pas comment il s'appelle celui-là, ça serai tellement plus simple si tous les mecs portaient le même prénoms. Une fois prête, je me hisse hors de l'appartement sans même me retourner sur ma conquête de la veille. Ça fait un an que ça dure, je vais deux fois par semaine dans un bar et je finis toujours avec un charmant garçon. Il y a quelques règles à respecter : 1) je ne donne jamais mon prénom-2) ni mon numéro de téléphone-3) on s'éclate !
J'ai commencé à faire ça le jour où mon mec m'a quitté, ça faisait trois ans que nous étions ensemble. Nous vivions dans un bel appartement, nous avions de nombreux projets comme acheter une maison, avoir un enfant, et un tas d'autre truc plus niais les uns que les autres. Et tout mon monde s'est effondré il y a un an jour pour jour. Une année que je n'arrive pas à le sortir de mon esprit. Il me bouffe le cerveau, me rend faible et triste. Pourquoi je n'arrive pas à l'oublier ? Pourquoi je pense à lui chaque seconde, de chaque minute, de chaque heure ? Laisse-moi maintenant ; lâche-moi ! J'ai à nouveau besoin de vivre, de rire. Et pourquoi tu es parti ? Pourquoi tu m'as laissée seule, abandonnée. Tu aurais pu m'y préparer. Mais non, tu as fait ça comme un lâche, tu es parti du jour au lendemain.
Pourtant j'ai le sentiment que j'arrive petit à petit à me reconstruire. Non pas sur le plan sentimental. Mais j'ai réussi à trouver un nouveau travail. Il était hors de question que je remette les pieds dans le bureau où nous étions ensemble. C'était totalement impossible, inimaginable. C'était trop difficile pour moi. Alors j'ai démissionné, le patron a très bien réagi, il était même compréhensif et c'est lui qui m'a aidé à trouver un nouvel emploi. Et j'adore mon nouveau travail, j'ai des collègues supers certains sont devenus mes amis. Nous partageons beaucoup de choses ensemble, après une dure journée nous allons souvent au café en face pour se détendre. J'aime beaucoup cette ambiance mais c'était mieux quand tu étais là. Souvent je repense à nos journées de travail, tu étais assis au bureau juste en face du mien. Quand j'en avais marre de rédiger des articles ou des courriers, je te regardais, je t'observais. Tu étais si beau dans ton costume noir. C'était mes minutes des pauses, de relaxations. Maintenant c'est fini. Tu n'es plus là pour me sourire, ou pour me chuchoter des mots doux entre deux réunions. Tu n'es plus là non plus pour me détendre avant un rendez-vous important. Maintenant je dois me débrouiller seule.
Je t'en veux. J'en pleure. Ça me rend malade. Le monde me dégoûte. Ta tombe m’écœure. Et cette messe d'anniversaire me répugne. Et toi je t'aime à jamais.