Voici une introduction à mon univers de SF. Ce qui ferait office de chapitre 1 est en rédaction, et je peux le poster si certains sont intéressés. J'ai écrit un autre texte qui peut être considéré comme une suite. Il se nomme "Journal de l'Isolé 122".
Toute remarque est évidemment la bienvenue 
Bonne lecture !---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Introduction
Le XXIe siècle fut un temps d'avancées scientifiques spectaculaires. Le nombre de planètes déclarées aptes à abriter la vie explosant, une attitude sur le point de disparaître se redressa dans un ultime effort : le colonialisme se réveillait. L'Humanité se lança à la conquête des étoiles, mais elle constata bien vite que, tel un poisson dans l'eau, son existence était indissociablement liée à sa planète, la Terre. Devant l'échec des premières colonies extraterrestres, elle jugea raisonnable de se limiter à l'espace qui enveloppait l'atmosphère, là même où, un siècle plus tôt, avaient été envoyés les premiers satellites artificiels.
L'être humain se laissa une fois de plus séduire par la folie des grandeurs. Il fut victime de son amour des belles œuvres et la vanité s'enfouit comme une mauvaise graine dans la profondeur de son cœur. Défiant l'imagination, il construisit de gigantesques Cités Flottantes destinées à offrir des chambres d'hôtels atypiques, accompagnées d'une vue imprenable sur la planète bleue. Ces monstres de métal et d'acier furent catapultés en orbite autour de la Terre, confortant l'espèce humaine dans sa recherche d'absolu.
Toutefois, ces complexes spatiaux ne pouvaient fonctionner sans carburant ni ravitaillements. Alors, l'Humanité défigura le corps céleste qui avait été son berceau. Elle lui extorqua des ressources sans interruption, atteignant un point de non retour. Vidée des atouts qui la rendaient unique dans l'univers, la Terre devint une épave de plus dans l'immensité de la Galaxie.
L'orgueil de l'Homme atteignit ainsi son apogée. Aveuglé par les progrès de sa technologie, il croyait que la terre qui l'avait engendré lui obéirait à jamais. Mais il avait oublié que Gaïa ne pardonne pas les blessures qu'on lui inflige. Tôt ou tard, elle lui ferai payer son arrogance.
Sa vengeance ne se fit pas attendre. Le Grand Sinistre fut le nom que l'on donna à cette riposte. Un souvenir cauchemardesque pour ceux qui le vécurent. Un cataclysme d'une violence incomparable. Une catastrophe naturelle survenue au cours de l'année 2070 et aggravée par l'inconscience de la société. Cyclones, séismes et pluies acides dévastèrent la surface de la planète, balayant des milliards d'âmes en l'espace de quelques jours. Les centrales nucléaires, fragilisées par cet assaut des éléments, furent pulvérisées par une surcharge d'énergie. L'origine de cet accident tomba dans l'oubli, mais ses conséquences resteraient perceptibles dans les siècles à venir. Les Cités Flottantes ne furent pas épargnées. Dérivant depuis les confins du système solaire, des champs d'astéroïdes les poussèrent brutalement jusqu'aux abords de l'atmosphère terrestre, endommageant leurs moteurs gravitationnels. Privées de la protection que la trajectoire orbitale leur assurait, elles furent rappelées par la gravité et s'écrasèrent sur la planète dans un déluge de fer et de feu. Les milliers de visiteurs y résidant virent leur croisière stellaire s'achever dans un brasier ardent. Les inventions de l'Homme avaient précipité sa chute.
Plongée dans une sphère infernale, la Terre échappa au contrôle de son ancien maître. S'en suivit une période d'anarchie durant laquelle hommes, bêtes et espèces végétales luttèrent pour leur survie. Dans ce conflit instable, l'être humain ne put qu'ouvrir les yeux pour s'apercevoir de son erreur : il avait été rattrapé par la nature. Telle la flamme d'une chandelle, son destin vacilla : le monde qu'il avait bâti, et dont il constituait le sommet, venait de s'effondrer.
Après l'extinction naturelles des incendies qui consumèrent de nombreuses forêts, la flore terrestre évita l'extermination de justesse. Reprenant des forces, lentement mais sûrement, elle allait pouvoir entamer la reconquête de sa planète.
Le nombre de survivants qui arpentaient les plaines et cratères encore fumants ne dépassait pas le milliard. La contamination liée aux récentes explosions nucléaires gagna de nombreuses zones. Les miraculés du désastre ne comprirent pas que l'air saturé de particules radioactives décimait les plus faibles d'entre eux. Plongés dans l'amertume, ils n'eurent d'autre choix que de se réunir et tentèrent de fonder de nouvelles communautés. C'est ainsi que l'Homme s'établit sur les blessures d'une nouvelle Terre, brûlante en son centre, mais gelée aux extrémités. Tandis qu'il rebâtissait sur les décombres de sa civilisation, il s'aperçut que la plupart des aires urbaines avaient été anéanties par la catastrophe atomique. L'espèce humaine pris donc un nouveau départ, se servant uniquement de ce que sa planète lui avait laissé. Les villes restreintes qu'elle constitua restèrent rudimentaires car composées de débris récupérés dans les ruines. Inutile de préciser que, bien qu'isolés les uns des autres, ces ensembles de véritables bidonvilles s'établirent à proximité des points d'eau, ressource devenue primordiale. Quant à se nourrir, tout animal égaré ou arbre fruitier épargné faisait l'affaire.
Les rescapés se répartirent en différentes classes, exactement comme si le désastre n'avait jamais eu lieu : quelques heures en Enfer n'avaient pas suffi à effacer un héritage de plusieurs milliers d'années. Les relations commerciales entre les nouvelles cités reprirent, apportant avec elles des matières premières. Grâce à ces matériaux, on put produire des outils essentiels afin de cultiver les terres encore arables. Les souvenirs scientifiques aidant, on reproduisit ce que la destruction avait éradiqué. Les moyens de communication comme les ondes radio furent de nouveaux mis en place. On fabriqua aussi des centaines de masques à gaz. Cette protection devint obligatoire en extérieur où les particules radioactives se concentraient. Elle s'imposa aussi comme le symbole d'une Humanité traumatisée et reniée par sa propre mère. Le taux de mortalité chuta considérablement, même si il demeurait bien trop élevé.
Ces jeunes communautés firent preuve d'une incroyable capacité d'adaptation, s'organisant dans le but de cartographier les limites de leurs nouveaux territoires. Elles répertorièrent des « sites instables » où personne ne devrait s'aventurer, sous peine de s'exposer à des dangers incontrôlables. Personne, sauf certains audacieux, ou inconscients, appartenant à un groupe que l'on désigna comme celui des « Isolés ». Ses membres se définissaient comme des individus ayant perdu foi en l'Homme et souhaitant se séparer de la société d'une manière radicale. Persuadés que la réunion de plusieurs êtres humains (la société elle-même en fin de compte) était nocive, et pour l'espèce humaine, et pour son environnement, ils se destinaient à vivre en solitaire jusqu'à la mort. Le Grand Sinistre ne leur donnait que raison.
Aux environs de 2073, trois ans après la catastrophe, l'environnement naturel se montrant de plus en plus hostile, les dirigeants sont poussés à se demander si le salut de l'Humanité ne se trouverait pas dans l'espace, hors d'atteinte des menaces terrestres. Mais pour l'heure, faute de moyens techniques, une telle prouesse n'est plus accessible.