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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Brûlure.

Auteur Sujet: Brûlure.  (Lu 5265 fois)

Hors ligne Musyne

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Brûlure.
« le: 24 Octobre 2013 à 10:46:16 »
Bonjour à tous,

Je termine avec ce texte ma thématique sur le feu - bien involontaire en fait, mais je me suis rendue compte que cela revenait dans trois de mes textes récents... Les suivants ne devraient plus y faire référence. Je suis partie du conte La petite fille aux allumettes pour voir ce que je pouvais en tirer en conservant certaines idées fortes.
Bonne lecture :)


    La petite Sofia courait avec entrain pour se jeter dans les bras de sa grand-mère qu’elle n’avait pas vue depuis l’été précédent. Cette rencontre rituelle était son plaisir secret, sa bouffée d’oxygène dans un monde où la routine lui paraissait teinter de morne chaque jour de sa vie. Elle frôlait le bonheur du bout des doigts et s’apprêtait à s’en emparer pour s’en envelopper tout entière.
    Lorsqu’elle s’engouffrait entre les bras fragiles de sa grand-mère, Sofia se sentait revivre. L’odeur de lavande qui se dégageait de la vieille femme lui rappelait la maison de son enfance, les massifs aux couleurs chatoyantes et le champ des cigales, le matin au petit déjeuner. Comme cela était bon ! Comme elle regrettait que tout cela ne soit plus, à ce jour, qu’une vague réminiscence de temps meilleurs ! Elle embrassait les joues fragiles de la grand-mère et la suivait, tout en babillant, jusqu’au petit patio où les attendaient une table en fer forgé et ses deux chaises, accueillantes et chaleureuses. Allait-elle bien ? Tout se passait-il bien pour elle ? Pour le mieux, oui, pour le mieux.
   Elles sirotaient une citronnade fraîche et Sofia plongeait plus loin dans les douces vapeurs du souvenir : la clarté éblouissante du ciel bleu sans nuage, le sable brûlant et crissant sous ses petits pieds chaussés de sandales en plastique, à cause des vives qui pouvaient vous piquer dans l’eau tiède de la mer, l’odeur suave de la crème solaire dont les femmes s’enduisaient le corps avant de s’étendre, nonchalantes, sur leur serviette de plage. Elle savourait chaque image comme une friandise, croquant à pleines dents dedans pour les savourer, mais lentement, pour ne pas en perdre une miette non plus. Que c’était agréable ! Un sourire béat flottait sur ses lèvres tandis qu’elle racontait à sa grand-mère les anecdotes qui faisaient sa vie de jeune fille, puis l’écoutait planifier les repas qui allaient venir, tous plus délicieux les uns que les autres.

    Un aboiement lointain sortit Sofia de sa torpeur et la ramena à la dure réalité. Elle toussa : une quinte de toux mauvaise qui lui rappela qu’elle ne passerait probablement pas l’hiver sans de véritables soins. Mais peu lui importait désormais. Au loin résonnaient les musiques enjouées du centre-ville et elle imaginait sans peine les derniers passants se dépêchant de terminer leurs achats de Noël. Une douleur sourde pulsait entre ses tempes, battait au rythme de son cœur. Elle porta sa main à la poche de son jean troué, vérifia qu’elle possédait toujours son trésor. Puis elle resserra la couverture contre elle, songeuse. Sa respiration formait un nuage devant elle, nuage qui symbolisait toute sa vie actuelle : fragile, éphémère, grise et froide. Elle inspira profondément et une odeur entêtante de brûlé et d’essence emplit ses narines.
   
    Elle n’aurait pas dû mettre le feu à la maison. Elle savait qu’il ne le fallait pas, mais c’était plus fort qu’elle. Lorsque son père avait levé la main sur elle, une fois, deux fois, trop de fois, le monde était devenu une brûlure qui la consumait et que rien n’éteignait. Ce brasier insupportable n’avait pris fin que dans le feu salvateur. Elle n’aurait pas dû mettre le feu au foyer, non plus. Mais les médecins lui avaient dit qu’elle n’était pas prête pour partir, ils voulaient la garder encore des semaines, des mois, des années : elle leur avait rétorqué qu’elle serait  bien mieux, là-bas, chez sa grand-mère ; ils ne comprenaient donc pas que sa douceur apaisait les flammes ? Non, ils n’avaient pas cédé, et la brûlure avait enflé : elle était devenue un tison ardent appliqué au plus profond de son être et elle avait fait jaillir des larmes de douleur. Elle n’aurait pas dû mettre le feu chez sa grand-mère, évidemment. Mais quand elle était arrivée dans la vieille maison, croyant y trouver un refuge, personne ne lui avait ouvert les bras, personne ne lui avait offert de citronnade, ni même un verre d’eau. Sa grand-mère l’avait juste regardée froidement et Sofia avait senti la brûlure grandir en elle, muer en une fournaise inextinguible. Tous ses souvenirs étaient devenus brûlants, tellement brûlants qu’ils étaient une torture, comme un fer-rouge appliqué sur sa peau nue. Ils lui faisaient mal à la tête, aussi, ils faisaient battre le sang à ses tempes comme si des milliers de taureaux couraient dans son esprit, martelant le sol de leurs sabots durs. Elle n’aurait pas dû aller chez sa grand-mère. Sa colère l’avait embrasée tout entière et elle avait embrasé la maison de sa grand-mère, pour se venger, pour se soulager, pour expulser la douleur. Les flammes qui léchaient les murs l’avaient calmée, pour un temps du moins, si éphémère.
   
    Elle avait fui de nouveau, elle fuyait toujours. La brûlure l’avait poursuivie, l’avait traquée dans les moindres recoins. Mais ce soir-là, elle avait trouvé une échappatoire parfaite. Elle s’emmitoufla dans la couverture à l’odeur d’essence, souriant aux étoiles qui dessinaient les contours incertains d’une jolie maison entourée de vignes et de garrigues. En ce soir de Noël, lorsque la nuit fut la plus froide possible, que toutes les familles furent réunies chez elles à réveillonner, à chanter un bonheur qui lui était interdit, Sofia glissa la main dans la poche de son jean et en sortit son unique trésor : une petite boîte d’allumettes. Elle l’ouvrit doucement, comme elle l’avait fait chez ses parents, comme elle l’avait fait au foyer, comme elle l’avait fait chez sa grand-mère. Peut-être même ailleurs, elle ne savait plus vraiment. Il ne restait qu’une seule allumette, mais elle suffirait. Sofia la frotta doucement et une flamme jaillit : une flamme chaude, claire, une flamme qui faisait taire la douleur en elle. Une dernière flamme. Elle la contempla le plus longtemps possible, amoureuse de cette étoile sur terre et l’approcha lentement de la couverture. Elle s’embrasa comme une volée de petits bois, comme les sarments brûlaient dans la cheminée en dégageant une bonne odeur de bois caramélisé. Sofia ferma les yeux et laissa la chaleur l’envahir : la douleur devint chair, hurlement et folie. Lorsqu’elle atteignit son paroxysme, Sofia se souvint de la douceur de sa grand-mère, de ses sourires qui lui réchauffaient le cœur. Son visage apparut et Sofia tendit la main vers lui. Elle frôla du bout des doigts ce bonheur qui s’offrait à elle, qui ne la rejetait plus. Enfin, le feu en elle s’éteignit, tandis que les flammes l’emportaient.

Hors ligne Miromensil

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Re : Brûlure.
« Réponse #1 le: 24 Octobre 2013 à 12:32:27 »
Coucou Musyne,

la progression de ton histoire est tres fluide, ca semble couler de source. Au début on se dit que c'est un peu banal tout ce bonheur, et puis l'entrée en scène du feu fait rebondir le récit et lui donnant une autre dimension, que j'ai même trouvé un brin fantastique.

Ca me fait même penser à mon cours de philo: un des  philosophes présocratique (je ne sais plus exactement son nom..) pensait que les humains étaient "faits" de l' élément fondamental qu'est le feu. Je trouvais juste que ton récit se rattache un peu à ca, avec la mise en avant d'une sorte de brasier spirituel de Sofia.

Bien écrit, donc. L'originalité chez toi est plus cachée, mais tout de même bien là.

Merci :)

ps: j'en profite pour te remercier du lien avec Félix Fénéon. Mais trouves-tu qu'il y a une intrigue dans ces 3 lignes?
« Modifié: 24 Octobre 2013 à 12:35:53 par Miromensil »

Hors ligne Musyne

  • Prophète
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Re : Brûlure.
« Réponse #2 le: 24 Octobre 2013 à 23:26:16 »
Merci de ta lecture, Miromensil, et contente que cela t'ait plu.
Je t'ai répondu sur le topic de ta nouvelle pour Fénéon :)

Layna

  • Invité
Re : Brûlure.
« Réponse #3 le: 25 Octobre 2013 à 11:59:53 »
Bonjour,

J'ai lu ton texte avec beaucoup de plaisir, tout d'abord parce qu'il est très bien écrit, le texte est cohérent, fluide.
J'ai aimé l'idée de représenter sa douleur par le feu, une brûlure qui enfle et qui est apaisée par les souvenirs.
Je n'ai pas relevé de fautes, même s'il est possible que certaines aient pu m'échapper.

Le texte est bien mené, il retient l'intérêt du lecteur, j'ai trouvé le concept original.

C'est un très bon texte en tous cas, continue ainsi !
 ;)

Hors ligne Musyne

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Re : Brûlure.
« Réponse #4 le: 25 Octobre 2013 à 14:07:06 »
Merci Layna :)
Je passe dans la foulée te souhaiter la bienvenue sur le topic qui va bien !
« Modifié: 25 Octobre 2013 à 14:09:56 par Musyne »

DDR

  • Invité
Re : Brûlure.
« Réponse #5 le: 26 Octobre 2013 à 03:14:34 »
Bonjour!

J'ai moi aussi beaucoup aimé ton texte.
Je trouve qu'il illustre bien la folie, pas d'une manière destructurée, mais justement comme cette obsession qui enfouit toute logique, tandis que la personne concernée, elle, se sent normale... Et nous donne l'illusion, un moment, qu'elle l'est.

Comme l'ont souligné les autres, une belle fluidité aussi, on est surpris sans sentir de rupture désagréable. On te lit facilement.

Bravo :)

Étincelle

  • Invité
Re : Brûlure.
« Réponse #6 le: 26 Octobre 2013 à 10:44:33 »
Moi aussi j'ai passé un bon moment:)
En plus, ça devait pas être super évident d'incarner ce genre de personnage évoluant dans la folie... C'est émouvant et tout, et il y a une chouette ambiance.

Merci pour cette lecture!

Hors ligne Musyne

  • Prophète
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Re : Brûlure.
« Réponse #7 le: 26 Octobre 2013 à 11:08:16 »
Merci à vous deux ! Ça me fait plaisir que ce récit vous ait plu  :)

Hors ligne Baptiste

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Re : Brûlure.
« Réponse #8 le: 27 Octobre 2013 à 17:06:30 »
Salut
Dis donc,  c'est gai... ( en même temps la jeune fille aux allumettes c'est pas spécialement fendard non plus)
J'ai beaucoup aimé
La façon que tu as de détourner le conte, une belle fluidité

Très chouette
Merci pour ce texte

Aahraz

  • Invité
Re : Brûlure.
« Réponse #9 le: 27 Octobre 2013 à 17:35:59 »
Bonsoir Musyne,

Je n'ai rien à dire sur le texte en lui-même. Une écriture stable, un rythme maitrisé, un plan qui s'enchaine bien et tout les éléments apportés font avancer l'intrigue (qu'on ressent assez rapidement.).

On glisse petit à petit de l'enfance, et de son innocence (la grand-mère, les souvenirs), vers une douleur terrible qui conduit à vengeance aveugle qui est presque inévitable. C'est plein d'idée (notamment le fracassant jugement quand elle va chez sa grand-mère chercher du réconfort, extirpant d'elle les derniers espoirs de entrevoir une vie appréciable), y'a beaucoup de fond. Je me suis souvent arrêté en me disant "ouais, c'est ça, bien vu" et de relire la phrase pour l'apprécier à sa pleine mesure. Bravo, chapeau, même, pour ce point-là.

Donc, niveau écriture, style, et fabrication du texte, rien à dire. Ne me dis pas que tu l'ignore : quand on arrive à se structurer comme ça, c'est qu'on a passé un cap, qu'on sait qu'on sait écrire. La question qui vient ensuite, c'est ; quoi?

Et j'en viens à mon problème, maintenant (parce qu'il faut bien quelques points négatifs), c'est que je lis Lizbeth', là. Ce personnage existe limite déjà. Enfin, je sais pas si t'as lu Millenium (la petite fille aux allumettes particulièrement), mais j'ai eu l'impression de lire une fan-fiction. Et c'est dommage, m'enfin, c'est un petit texte, ça a fait un excellent exercice, je pense...  Puis la transition "mon père m'a frappé, plusieurs fois, donc j'ai mis le feu à la maison", c'est un peu brutal. Malheureusement, c'est loin d'être rare, et on voit peu de maison bruler... Il faudrait peut-être grossir la mèche, qu'on se dise "Ah, ouais, là, soit elle se venge, soit elle devient rongée par la folie d'avoir vécu ça sans rien faire".
L'ensemble manque fortement d'originalité. C'était surement pas le but, cela dit ! Mais de solides exemples, un vécu clair, qui feraient u'en effet, le feu, c'était le plus salvateur.

En tout cas, merci, j'ai apprécié le texte !
Citer
En ce soir de Noël, lorsque la nuit fut la plus froide possible, que toutes les familles furent réunies chez elles à réveillonner, à chanter un bonheur qui lui était interdit,
C'est dommage, on est sur un texte qui laisse de la place au lecteur, qui fait déduire, conclure, réfléchir, et là, tu m'assènes deux fois d'affilé la même idée : elle est seule pour Noël. Et le "que toutes... furent" est un peu maladroit. C'est la seule fois ou j'ai levé la tête du texte pour me dire "oula..."; alors que j'avais passé mon temps à lever la tête pour me dire "Cooooooool ça!" jusque ici.
« Modifié: 27 Octobre 2013 à 17:43:13 par Aahraz »

Hors ligne Musyne

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Re : Brûlure.
« Réponse #10 le: 27 Octobre 2013 à 19:58:39 »
Coucou Aahraz,
Alors, je connais Millenium , que j'ai lu il y a tellement longtemps que je n'en garde qu'un vague souvenir, et je n'ai pas pensé une seule minute à Lizbeth Salander en écrivant ça. D'ailleurs, je ne me rappelais même plus de cette histoire de bidon d'essence, histoire de dire que si ça m'a inspirée c'était bien involontairement. Je ne vois pas du tout les deux personnages de la même façon, comme quoi, les perceptions des lecteurs sont intéressantes car elles font resurgir des ressentis complètement différents de ce que l'on avait en tête. Je me suis inspirée du conte La petite fille aux allumettes, en revanche.
Le feu était salvateur chez Sofia juste parce qu'elle est folle, pyromane à 200%, rien à creuser là-dedans :)
Je ne vois pas bien où j'ai répété deux fois la même idée dans la phrase que tu as relevée, par contre, mais cette solitude pour Noël vient aussi du conte dont je me suis inspirée.

En tout cas, merci à toi et à Baptiste pour vos retours !

Ceiht-El

  • Invité
Re : Brûlure.
« Réponse #11 le: 01 Décembre 2013 à 21:09:34 »
Texte très intéressant. J'ai bien aimé.
(Ma critique s'arrêtera là)

Merci beaucoup pour ces quelques minutes de lecture, c'était très agréable.
« Modifié: 03 Décembre 2013 à 22:35:44 par Ceiht-El »

Hors ligne Musyne

  • Prophète
  • Messages: 638
Re : Brûlure.
« Réponse #12 le: 03 Décembre 2013 à 22:09:58 »
Merci :)

Hors ligne Erwan

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 066
Re : Brûlure.
« Réponse #13 le: 04 Décembre 2013 à 19:17:51 »
Citer
teinter de morne
-> C''est une expression ? Je ne connaissais pas...

Citer
bois caramélisé
-> Je ne suis pas sûr que le bois caramélise. C'est une expression étrange, en tout cas...

Ton texte est intéressant. L'évolution de cette pyromane, ses souvenirs, l'apaisement par les flammes. Le personnage est bien décrit, je trouve.

Cependant, j'aurais aimé que ce personnage soit plus "unique", façonné de manière plus détaillée. Je veux dire par là qu'il manque peut-être "le détail qui tue". Ces petits détails qui personnifient le protagoniste, son histoire. Certes, il y en a quelques uns, comme par exemple : l’odeur de lavande, la table en fer forgé et ses deux chaises, la citronnade fraîche, les sandales en plastique à cause des vives, l’odeur suave de la crème solaire... Cependant je pense que ce pourrait être amélioré avec un ou deux autres détails décisifs. Par décisif, j'entends par là qu'il rende le personnage, ou ses souvenirs, vraiment uniques. Par exemple, tu pourrais approfondir les petites habitudes que pourraient avoir eu la jeune fille et sa grand mère. Ou plus personnifier les lieux. Comment était la maison de la grand mère ? N'y a t-il pas un ou deux détails que pourrait se rappeler une petite fille longtemps après ?

Sinon, le style d'écriture me plaît. C'est simple et efficace (et quand je dis simple, je veux dire "pas inutilement recherché", mais pas naïf pour autant).

Hors ligne luigi

  • Plumelette
  • Messages: 11
  • poaimez-vous ou un truc comme ça, hyppocagne
Re : Brûlure.
« Réponse #14 le: 04 Décembre 2013 à 19:36:23 »
Erwan je te trouve un peu sévère, Musyne que veux-tu en faire ? Est ce que tu écris un roman ?
Je trouve pour ma part ton personnage excellent !

 


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