J'adooore l'idée!!!
Si je puis me permettre, moi aussi je voudrais jouer!!
Ecrivez comme si vous étiez en train de discuter avec un extra-terrestre qui n'a AUCUNE connaissance de la Terre. Expliquez-lui ce qu'est un chat
Le jeune homme s’assit sur le banc, c’était bien la seule chose qu’il savait faire. Je le regardai avec pitié. Son accompagnatrice avait du s’éclipser sans doute pour des besoins très humains, le laissant seul et désemparé au milieu de la foule d’inconnus de la fac.
Le matin même, alors que notre groupe d’étudiant révisait avec le professeur plutonien les cartes nuancées des trous noirs de second degré, la porte s’était ouverte sur le nouvel arrivant.
« Ah oui » avait fait le professeur (107 ans d’enseignement à son actif, une référence en la matière) en baissant les mains, ce qui avait effacé les schémas explicatifs matérialisés dans l’air. Il avait dû présenter le nouveau devant les étudiants comme si c’était un innocent enfant de primaire.
« Voilà un tout nouvel élève, il vient d’atterrir sur terre et il ne connait encore rien sur les humains. Il n’assistera pour le moment qu’à ce cours, aussi je vous demanderai d’être très gentils et patients avec lui ».
Son accompagnatrice, une humaine visiblement blasée et ennuyée, l’avait fait asseoir pendant toute l’heure sans lui prêter la moindre attention. La dernière fois que nous avions eu un nouvel étudiant, la même accompagnatrice l’avait laissé seul, et il avait fini par manger la table.
Depuis les tables avaient été renforcées par de l’acier de Makemake, matière notoirement indigeste dans tout l’univers.
L’heure finie, Je m’assis à coté de l’étudiant, qui n’osait pas bouger d’un millimètre. Il resta un moment sans oser se retourner vers moi et nous restâmes ainsi silencieux et penauds pendant d’interminables minutes.
« Tu parles humain ? Finis-je par demander, tu as un traducteur ? »
L’étudiant se retourna vers moi. Il ressemblait beaucoup à un humain lui-même. Sa peau était d’un violet très doux, parsemé de jolies taches or. Ce qui me frappa chez lui fut surtout ses immenses yeux en amandes, jaunes et aux pupilles rétractées, tel un chat.
« Ha ! C’est marrant, dis-je, tes yeux : on dirait ceux d’un chat ! C’est drôle non ?
L’étudiant ne tiqua pas, ne sourit pas, ne rit pas. Il pencha la tête sur le coté et une voix nasillarde sortit de sa bouche sans qu’il n’articule.
« Chat ? »
Je restai coi. Mes parents étaient très vielle école, ils n’avaient pas voulu m’implanter de puce de portable, et j’avais oublié mon matériel aujourd’hui. Je n’étais venu qu’avec mon accessoire vintage du moment : un cahier et un crayon.
« Oui, euh oui, dis-je en cherchant dans mon sac à dos. Je sortis un cahier et commençai à dessiner (mal) un chat. Mon œuvre terminée, il ressemblait manifestement à une grenouille. Je lui tendais néanmoins mon carnet.
« Alors ça c’est un chat l’ami. C’est un animal… tu sais ce que c’est qu’un animal au moins ?
L’étudiant ne bougea pas d’un poil.
« Animal » répéta-t-il docilement.
« Bon alors tu vois, nous les humains, nous sommes des animaux. Commençai-je, et sur la terre il y a une vingtaine d’espèces animales maintenant, on a bien les abeilles électroniques, mais bon avant elles étaient biologiques, bref.
L’étudiant continuait de m’écouter poliment.
« Donc les chats font parti des vingt espèces biologiques vivantes. Ce sont de petits animaux… je dessinai un humain en fil de fer à coté de mon chat pour montrer la différence de taille et de forme entre nous. Ce sont des animaux grands comme ça.
Il posa une main à quatre doigts palmés sur mon humain en fil de fer que je venais de dessiner et tout d’un coup le dessin se mit à bouger. Le petit humain en fil de fer prit son élan et sortit de la feuille avant de se poser sur celle-ci, un peu désorienté. Mon petit chat le suivit dans la foulée et tous deux se retrouvèrent en équilibre sur mon cahier. J’étais abasourdi par ce petit prodige et remarquai à peine la foule qui se formait autour de nous.
« Et donc… dis-je encore sous le choc… euh… le chat est un animal très doux avec pleins de poils sur tout le corps.
Aussitôt mon chat se couvrit de peau. Il ressemblait à un cul de nourrisson à vrai dire.
« Non, non pas comme ça, dis-je. Je lui montrai mes cheveux, comme ça mais en plus court et plus doux.
Mon chat se retrouva recouvert de cheveux doux sur tout le corps.
« Hé ! Je crois qu’il a les cheveux secs ton chat ! Faudrait penser à le shampouiner» Cria un étudiant moqueur dans la foule.
Je continuai néanmoins ma démonstration.
« Le chat il fait miaou. Miaou tu vois ? Et il se lave comme ça toute la journée. » Je me levai du banc et me rassis dessus en mimant la pose d’un chat. Je me léchai la main de manière très expressive, ce qui provoqua l’hilarité générale autour de moi.
Mon petit chat émit un petit miaou rauque avant de se mettre à se laver, c’est vrai que pour le coup, il ressemblait de plus en plus à un vrai chat. Mon humain en fil de fer fit de même, et je l’interrompis de suite.
« Non ça non, nous les humains nous utilisons les chats pour nous destresser. Enlever du stress, tu vois, du STRESS.
L’étudiant sembla se renfrogner comme si j’étais en train de le disputer. Je me mimai caressant un chat et mon humain en fil de fer en fit autant.
« Et là, le chat ronronne, il doit faire un discret et très plaisant rrr-rrr pendant que l’humain le caresse »
Mon chat en dessin fit un petit ronron qui ressemblait à un roucoulement. Je restai ainsi sans rien dire, attendri.
Les filles de la foule se mirent à glousser de plaisir et prendre des photos du petit animal qui ronronnait. Le petit animal vint vers moi et poussa ma main de son museau avant de roucouler quand je me mis à le caresser.
« Oui, dis-je, oui on dirait un chat ».
L’accompagnatrice poussa les gens et mit ses mains sur ses hanches.
« Hola ! »
Aussitôt le chat et l’humain en fil de fer s’évanouirent dans l’air en petites étoiles scintillantes.
« Il faut y aller ».
L’étudiant se tourna vers elle et se leva aussitôt, très obéissant. Il s’arrêta d’un coup et se retourna vers moi. « Beaucoup appris. A bientôt, l’ami». Je fis un signe de la main.
« A bientôt l’ami »