Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

25 Mai 2026 à 06:47:19
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Valentina

Auteur Sujet: Valentina  (Lu 55 fois)

Hors ligne Vincent Duarté

  • Tabellion
  • Messages: 27
  • Poète confessionnaliste
Valentina
« le: 23 Mai 2026 à 19:43:25 »
La vampire monte sur lui, son manteau de fourrure noire serpente contre son flanc, sa peau grisâtre frôle la sienne, mais jamais il ne quitte l’église des yeux. Elle parcourt son corps de ses doigts gelés, cherchant à corrompre son âme, son bien le plus inestimable. Elle niche sa tête dans son cou. Il sent son souffle d’enfant. Le tonnerre gronde et Valentina sanglote. Il la serre dans ses bras. Les yeux de la jeune fille larmoient, mais Père Émile y est insensible, n’ayant de yeux que pour Lui. Sous l’ardeur de ses lèvres, elle hurle intérieurement et tremble, indigne qu’elle est de Sa bénédiction. Mais Il est miséricordieux et Père Émile le sait.
— Il domine le chaos, et pourtant, vampire, tu Lui as échappé. Je sais pourquoi. Je dois te guérir, douce Valentina, de ce mal qui ronge ta chair. Cesse de craindre Sa lumière, car tu es Sa fille.
Et jamais l’église ne le quitte des yeux, sous le ciel le plus obscur ou sous une pluie diluvienne. Car si le ciel revêt sa fourrure noire, Père Émile en est le terrible adorateur. Le vieil homme baise l’enfant de ses lèvres purpurines, n’ayant de yeux que pour le Père. Son cœur brûle des flammes de l’enfer, brûle pour sa fourrure virginale, brûle au péril même de son âme, et c’est brûlant qu’il quitte la demeure, chapeau noir en main. L’église voit le vieil homme s’enfoncer dans les ténèbres et la vampire retourner à l’état de chimère. Mais il est une noirceur plus noire encore ; Père Émile la sent tout près de lui. Cette noirceur murmure : « À moi ».
— Valentina, pense-t-il.

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 529
  • Pelleteur de Nuages
Re : Valentina
« Réponse #1 le: Hier à 18:47:25 »
 :potichat:  Hello Vincent Duarté,

           Il m’arrive parfois de ressentir des bizarreries lors de la lecture de textes dont la voix semble hésiter entre plusieurs langues. Pas au sens d’y déceler trop d'erreurs flagrantes, mais plutôt de devoir refouler l'idée de "déjà lu"... En fait, c'est comme si dans ces moments les phrases me semblent porter l’empreinte d’un autre rythme, d’une autre syntaxe qui me fut plus familière... autrefois. Ce n’est, bien sûr pas un défaut : simplement un signe que le texte ou l'auteur ont pu voyager avant d’arriver jusqu’à nous ?

Ce sont certaines tournures, certaines images très rapprochées, ou encore des répétitions inhabituelles qui me donnent cette impression de "mixage" néanmoins intéressant, qui me donnent pour sentiment de côtoyer deux univers linguistiques. Parfois, cela crée une atmosphère étrange, presque onirique qui n'est pas à dédaigner. D’autres fois, ce même sentiment peut troubler ma lecture, comme si la voix des mots se cherchait un nouvel équilibre.

Je ne dis pas que c’est le cas ici. C'est seulement que cette possibilité existe, et qu’elle peut expliquer cette impression d’étrangeté stylistique qui m'a déstabilisé. Et pourtant, au siècle dernier, des histoires de vampires, je peux avouer que j'en ai lu un certain nombre ! (j'ai même adoré !)
Ce n’est donc pas un jugement que je formule, juste une observation. Car ce type de textes, parfois même tirés de jeux de rôles, portent souvent les traces de leur parcours. Or, c’est aussi ce qui les rend intéressants.
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

 


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