Bonjour. Essai d'écriture pour le théâtre.
Scénette 1
Lui, assis face aux spectateurs.
Elle, assise côté jardin et en retrait, le regardant.
Lui — Je sais que tu es là.
Elle — Je n’ai rien dit.
Lui — Ce n’est pas la peine, tu penses très fort.
Elle — Penser est tout ce qu’il me reste.
Lui — Alors, arrête de m’envoyer tes pensées.
Elle — Pourtant, c’est toi qui as commencé.
Lui — Je ne peux pas m’en empêcher, alors sort de ma tête.
Elle se lève et avance doucement vers lui
Elle — Au fait, j’ai rencontré ton ex, ici même.
Lui — Cela ne m’intéresse pas.
Elle — Elle m’a raconté votre union. Ce fut très instructif.
Lui — Je n’en doute pas une seconde.
Elle — Elle m’a dit pour votre enfant. Comment il est mort. Pourquoi ne m’en as-tu jamais parlé ?
Lui — Parce que cela ne te regardait pas, alors maintenant fiche-moi la paix avec ça !
Elle — Aurais-tu des remords ?
Lui — Arrête de me parler, c’est insupportable !
Elle — Et elle, comment a-t-elle disparu ?
Lui — Peu importe. Tout ça, c’est du passé et je ne veux pas en parler.
Elle — Pourquoi ? Aurais-tu quelque chose à te reprocher ?
Lui — Cela ne te concerne pas, alors laisse le passé là où il est et fous-moi la paix.
Elle — Le passé est très instructif. Ton présent et ton futur sont toujours conditionnés par la façon dont tu as vécu.
Lui — Tu ne vas quand même pas me faire le coup du karma ?
Elle — Je ne vais te faire le coup de rien du tout. Tu dois juste accepter les conséquences de tes actes et arrêter de reporter tes fautes sur les autres.
Lui — Je n’ai que faire de tes leçons de morale à la con !
Elle — La morale n’a rien à voir. Il s’agit uniquement de savoir-vivre, d’empathie, d’amour partagé.
Lui — Cela n’a plus aucune d’importance. Alors dégage !
Elle — Tu espérais quoi ? Mettre un point final à notre relation ?
Lui — Exactement ! Ne plus t’avoir dans mon champ de vision, ne plus t’entendre te plaindre.
Elle — Ne plus m’avoir dans tes sales pattes ?
Lui — Recommencer une nouvelle vie, avec une autre.
Elle — Crois-tu vraiment qu’un jour, tu arriveras à vivre avec une femme, sans la faire souffrir ?
Lui — Je ne suis pas un monstre, si c’est ce que tu insinues.
Elle — Un monstre dis-tu ? Et comment te qualifies-tu ?
Lui — Ce n’est pas ma faute si je suis quelqu’un d’extrêmement exigeant !
Elle — Exigeant envers qui ? Envers toi, ou envers les autres ?
Lui — Envers tout le monde ! Et sais-tu pourquoi ?
Elle — Pas encore, mais je sens que cela ne va pas tarder.
Lui — Parce que ce monde est pourri jusqu’à la moelle et que tout le monde s’en fout ! Je n’aime pas l’imperfection, voilà tout !
Elle — Tu en souffres ?
Lui — Tout le temps.
Elle — Il y a une solution.
Lui — Tu aurais une solution, toi ?
Se penchant vers son oreille
Elle — Rejoins-moi.
Lui — Tu délires ma vieille ! (il se lève comme piqué par quelque chose)
Elle — Je t’aime encore, tu sais ! (Jouant la comédie)
Lui — C’est des conneries, tu ne peux PAS, encore m’aimer !
Elle — J’aimerais bien pouvoir arrêter, mais je n’y arrive pas. C’est comme une boucle en moi. (elle fait mine de se pendre)
Lui — Tu es complètement folle !
Elle — Je suis encore amoureuse !
Lui — Tu es une putain d’emmerdeuse !
Elle — Je suis accro et c’est ta faute. Tu as tout fait pour me séduire, alors maintenant, assume !
Lui — J’aurais dû mettre un terme à tout cela, il y a longtemps.
Elle — Mais tu en jouissais trop pour y mettre fin !
Lui — Tu as raison sur ce point. Je me suis régalé de te voir sombrer lentement. Jour après jour.
Elle — Tu sais ce que tu es, hein ? Allez, dis-le, je veux te l’entendre dire !
Lui — Arrête de m’emmerder ou je te tue !
Elle — Impossible ! Connard ! C’est déjà fait !