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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Un geste vif

Auteur Sujet: Un geste vif  (Lu 2592 fois)

Hors ligne illigh

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Un geste vif
« le: 03 juin 2011 à 12:16:48 »
Voilà, une première publication. Bon, c'est un tout petit texte sans prétention, que j'ai écrit un jour où je me sentais quelque peu... mélancolique. C'est un one-shot purement descriptif, j'ai surtout essayé de recréer une ambiance. C'est le genre de texte à lire doucement. Enfin, dites-moi ce que vous en pensez =)

(lien calaméo) : http://www.calameo.com/read/000729301063237bc0404

Un geste vif


Un geste vif, l'allumette craque. Une petite flamme tremblotante résiste au vent quelques secondes, puis renonce et s'éteint.

"-Merde"

La jeune fille reprend la boite d'allumette qu'elle rapproche de son visage. Elle en saisit une de sa main droite, la gratte et aussitôt protège de son autre main la petite lueur fébrile qui s'élève alors. Elle place la petite flamme sur le bout de la cigarette qu'elle tient entre ses dents, et tire sur celle-ci pour l'allumer. Elle sent la fumée entrer dans sa bouche, râper sa gorge. Elle retient la bouffée quelques instants, puis la relâche doucement. Elle range la boite d'allumettes, et s'allonge sur la pierre froide et nue.

Le vent frais qui vient de la mer chasse de son visage quelques mèches de cheveux, égarées sur son front et ses lèvres entrouvertes qui se referment sur la cigarette pour en tirer une autre taffe. Elle se tourne sur le flanc, et découvre enfin le paysage qui s'étale devant ses yeux, séduite, comme si c'était la première fois.

Le ciel s'étale de tous côtés, comme une étendue infinie de bleu aussi clair et limpide que le reflet de ses yeux, en même temps si proche qu'elle pourrait l'effleurer du bout des doigts, et si loin que même le plus vaillant des oiseaux, en volant aussi hauts que ses ailes le lui permettraient, ne pourrait l'atteindre. Un espace si vaste, immense, et sans limite, où l'esprit peut s'élever et se mouvoir à se guise, libéré de toutes entraves, et dans lequel elle se noie avec délectation.

Elle se relève et porte la cigarette à ses lèvres. Son regard passe à présent le bord de la falaise, et plonge dans l'écume de la mer.



Voilà =)



La seconde version ^^ :



Un geste vif, l'allumette craque. Une petite flamme tremblotante résiste au vent quelques secondes, puis renonce et s'évanouit.

"Merde"

La jeune fille reprend une fois de plus la boite d'allumette, en saisit une, la gratte et aussitôt protège du mieux qu'elle peut la petite lueur fébrile qui s'élève alors. Elle place la flamme sur le bout de la cigarette qu'elle tient entre les dents. Elle sent la fumée entrer dans sa bouche, râper sa gorge. Elle retient la bouffée le plus longtemps possible, puis la relâche doucement. Elle soupire, et s'allonge sur la pierre froide et nue.

Le vent glacé de la mer fouette son visage et son cou, fait tourbillonner ses cheveux, malmène son léger chemisier de soie ; mais elle reste impassible, les traits figés, le regard fiévreux.

Pourquoi tout ceci ?

Elle prend une longue taffe.

Comment peut-on en arriver là ?

Elle recrache la fumée.

Pourquoi les choses ont-elles dégénéré à ce point ?!

Elle emplit ses poumons, autant qu'elle le peut.

COMMENT AI-JE PU ..?

Elle ne respire plus, elle est au bord de l'asphyxie ; regarde la fumée qui s'envole ! Regarde !

Elle se relève brusquement, haletante. Elle ferme douloureusement les yeux, se frotte les tempes. Il faut qu'elle arrête, il le faut ! Rien n'est plus possible sinon. Elle se rassoit, tente de calmer les battements effrénés de son cœur, le corps secoué de spasmes incontrôlables. Elle ne doit plus y penser. Absolument. Ce n'était pas sa faute ! Ses mains sont bleues, elle les pose sur son front brulant pour en atténuer la cuisante douleur. Elle parvient à apaiser sa respiration, calmer ses tremblements, et finalement repose sa tête sur le lit de pierre.

Elle reprend lentement une taffe, sans la relâcher, jusqu'à sentir la tête lui tourner, tous ses membres se détendre. Jusqu'à la limite de l'abandon. Sentiment délicieux. Elle libère sa respiration avec un soupir de satisfaction, se tourne sur le flanc, et découvre enfin le paysage qui s'étale devant ses yeux, séduite, comme si c'était la première fois.

Le ciel s'étale de tous côtés, comme une infinie étendue bleu pâle, presque translucide, traversé de part en part par de longs filaments gris clair, doux comme de la soie. Le vent s'y engouffre, joue dedans, les déchire, avec une rage, désespérée!

Son visage se crispe douloureusement. Non, pas une fois encore ! Pitié ! Des petits morceaux d'éther déchiquetés se noient dans les rafales du vent furieux. Elle ferme les yeux. Que ça s'arrête ! Elle n'en peut plus, il faut que ça cesse maintenant !

Elle se relève brusquement et porte la cigarette à ses lèvres. Son cœur bat la chamade, son corps est aussi léger que du carton. Son esprit se consume dans une fièvre délirante. Son regard passe le bord de la falaise, et plonge dans l'écume de la mer. Tournoyante, déchaînée, déversant toute sa rage et sa frustration ; et elle s'y abandonne, enfin.


La troisième version :

Un geste vif, l'allumette craque. Une petite flamme tremblotante résiste au vent quelques secondes, puis renonce et s'évanouit.

"Merde"

La jeune fille reprend une fois de plus la boite d'allumette, en saisit une, la gratte et aussitôt protège du mieux qu'elle peut la petite lueur fébrile qui s'élève. Elle allume la cigarette qu'elle tient entre les dents, retient la bouffée le plus longtemps possible, puis la relâche doucement. Elle soupire, et s'allonge sur la pierre froide et nue.

Le vent glacé de la mer fouette son visage et son cou, fait tourbillonner ses cheveux, malmène son léger chemisier de soie ; mais elle reste impassible, les traits figés, le regard fiévreux.

Pourquoi tout ceci ? Pourquoi est-ce arrivé ? Nous n'étions qu'une famille normale ! Pourquoi lui, moi ?

Elle prend une longue taffe.

Comment ?! Comment ai-je pu faire ça ?  J'aurais pu… j'aurais du…

Elle recrache la fumée.

Pourquoi les choses ont-elles dégénéré à ce point ?! Pourquoi a-t-il fallu qu'il soit là ? Pourquoi je l'ai-je pas protégé !

Elle emplit ses poumons, autant qu'elle le peut.

comment ai-je pu le laisser... je vous le jure, je ne voulais pas l'abandonner ! Je n'ai pas pu réagir ! S'il-vous plaît !

Elle ne respire plus, elle est au bord de l'asphyxie ; regarde la fumée qui s'envole ! Regarde !

Elle se relève brusquement, haletante. Elle ferme douloureusement les yeux, se frotte les tempes. Sa tête est sur le point d'exploser. Il faut qu'elle arrête, d'y penser, de se repasser la scène en boucle, encore et encore, il le faut ! Elle ne pourra plus continuer sinon. De faire semblant de vivre. D'espérer. Elle se rassoit, tente de calmer les battements effrénés de son cœur, le corps secoué de spasmes incontrôlables. Elle ne doit plus y penser. Absolument. Ce n'était pas sa faute ! Ils lui ont tous suffisamment répété ! Ses mains sont bleues, glacées, elle les pose sur son front brulant pour en atténuer la cuisante douleur. Elle reste un long moment recroquevillée, puis parvient à apaiser sa respiration, calmer ses tremblements, et finalement repose sa tête sur le lit de pierre.

Elle reprend lentement une taffe, sans la relâcher, jusqu'à sentir la tête lui tourner, tous ses membres se détendre. Jusqu'à la limite de l'abandon. Sentiment délicieux. Elle libère sa respiration avec un soupir, se tourne sur le flanc, et découvre enfin le paysage qui se déploie devant ses yeux.

Le ciel s'étale de tous côtés, comme une infinie étendue bleu pâle, presque translucide, traversé de part en part par de longs filaments gris clair, doux comme de la soie. Le vent s'y engouffre, joue dedans, les déchire, avec une rage, désespérée!

Son visage se crispe douloureusement. Non, pas une fois encore ! Pitié ! Des petits morceaux d'éther déchiquetés se noient dans les rafales du vent furieux. Elle ferme les yeux. Que ça s'arrête ! Elle n'en peut plus, il faut que ça cesse maintenant ! Elle ne veut plus voir son visage, son expression terrorisée figée à jamais. Mon frère ! Elle ne peut plus supporter le poids de cette culpabilité. Elle aurait du se trouver à sa place ! Elle aurait du être devant lui ! Le protéger ! Mais tu n'y étais pas ! Il la regarde, désespéré. Elle prend sa tête entre ses mains. Elle veut y être. Se précipiter devant lui ! Recevoir le coup à sa place… Elle ne l'a pas fait. C'est fini.

Elle se relève brusquement et porte la cigarette à ses lèvres ; recrache vivement le mégot incandescent. Son cœur bat la chamade, son corps est aussi léger que les lambeaux gris qui errent dans la tempête. Son esprit se consume dans une fièvre délirante. Son regard passe le bord de la falaise, et plonge dans l'écume de la mer. Tournoyante, déchaînée, déversant toute sa rage et sa frustration ; et elle s'y abandonne, enfin.
« Modifié: 18 juin 2011 à 23:38:17 par illigh »
Liame

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Re : Un geste vif
« Réponse #1 le: 03 juin 2011 à 13:41:45 »


Citer
"-Merde"
Soit tu choisis les tirets, soit tu choisis les guillemets mais on ne met pas les deux.


Citer
La jeune fille reprend la boite d'allumette qu'elle rapproche de son visage. Elle en saisit une de sa main droite, la gratte et aussitôt protège de son autre main la petite lueur fébrile qui s'élève alors.
Tout ce passage est assez lourd. Tu pourrais pas simplifier ? On comprend rapidement le geste vu qu’on l’a tous fait un jour dans notre vie.

Citer
Elle place la petite flamme sur le bout de la cigarette qu'elle tient entre ses dents, et tire sur celle-ci pour l'allumer.
Idem, on sait comment allumer une cigarette, merci. :huhu:

Citer
Le vent frais qui vient de la mer chasse de son visage quelques mèches de cheveux, égarées sur son front et ses lèvres entrouvertes qui se referment sur la cigarette pour en tirer une autre taffe.
La phrase bugue, elle est trop chargée en informations. Tu pourrais garder le motif des mèches et laisser tomber la fin de la phrase ? on le sait déjà qu’elle est en  train de fumer.

Citer
Le ciel s'étale de tous côtés, comme une étendue infinie de bleu aussi clair et limpide que le reflet de ses yeux, en même temps si proche qu'elle pourrait l'effleurer du bout des doigts, et si loin que même le plus vaillant des oiseaux, en volant aussi hauts que ses ailes le lui permettraient, ne pourrait l'atteindre.
Tu pourrais simplifier en enlevant le truc sur les ailes. Un oiseau, ça vole, oui, on sait. Tu te perds dans des détails inutiles, du coup ça alourdit tes phrases et ça tue dans l’œuf la poésie que tu voulais faire ressortir.

Citer
Un espace si vaste, immense, et sans limite, où l'esprit peut s'élever et se mouvoir à se guise, libéré de toutes entraves, et dans lequel elle se noie avec délectation.
Sa guise


Ben faut pas t’arrêter là. C’est beaucoup trop court, même pour poser une ambiance. Surtout que l’infinité de tes yeux bleus comme le ciel et la mer, c’est du déjà-vu. Du coup, l’ambiance n’est pas si originale que ça pour pouvoir rester seule. Faudrait que tu développes un peu plus, pas forcément beaucoup plus mais nous donner d’autres informations : qu’est-ce qu’elle fait là ? A quoi elle pense ? Y a quelqu’un d’autre sur les falaises ? Bref, enrichir un peu plus le texte, lui donner un peu plus de contexte parce que sinon c’est trop court pour pouvoir subsister seul en tant que vrai texte.

Faudrait aussi que tu trouves un titre plus suggestif parce que là il ne rend pas du tout compte du texte vu que rien dans ce texte ne m'évoque un geste vif, XD.

Bref, continue ton texte, ne t’arrêtes pas en si bon chemin, là l’ambiance est à peine au stade de l’esquisse.  ::)
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Re : Re : Un geste vif
« Réponse #2 le: 03 juin 2011 à 16:47:53 »
Merci pour tes remarques ! =) En effet, je sais qu'il est très court, c'était plus un exercice d'écriture qu'autre chose en fait, il est un peu... vide, au moins au niveau du sens, de l'intérêt de l'histoire... Je vais essayer de l'améliorer.
Quant au titre, en effet, il n'est pas adapté, mais je ne savais pas quoi mettre ^^
Merci beaucoup ! =)
Liame

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Re : Un geste vif
« Réponse #3 le: 03 juin 2011 à 20:00:25 »
C'est vrai qu'on a un peu l'impression d'être coupé en plein élan.
En fait, je trouve que c'est surtout la dernière phrase qui donne cette sensation. Sans elle, on aurait dit une esquisse, quelques traits juste comme ça, un portrait vite fait quoi, et c'est sympa. Mais avec, on s'attend à ce qu'il se passe un truc, ou alors qu'on en tire quelque chose, de cette nouvelle observation, enfin, n'importe quoi, mais quelque chose. Là on dirait que t'étais à court et puis voilà, pof.
Sinon, c'est bien écrit, j'aime bien le ton, même si au fond on peut pas vraiment se faire d'idée ni sur la narration, ni sur l'histoire (qui n'existe pas, faut le dire).
La prochaine, développe-la un peu plus ;)
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne illigh

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Re : Re : Un geste vif
« Réponse #4 le: 05 juin 2011 à 11:57:43 »
C'est vrai qu'on a un peu l'impression d'être coupé en plein élan.
En fait, je trouve que c'est surtout la dernière phrase qui donne cette sensation. Sans elle, on aurait dit une esquisse, quelques traits juste comme ça, un portrait vite fait quoi, et c'est sympa. Mais avec, on s'attend à ce qu'il se passe un truc, ou alors qu'on en tire quelque chose, de cette nouvelle observation, enfin, n'importe quoi, mais quelque chose. Là on dirait que t'étais à court et puis voilà, pof.
Sinon, c'est bien écrit, j'aime bien le ton, même si au fond on peut pas vraiment se faire d'idée ni sur la narration, ni sur l'histoire (qui n'existe pas, faut le dire).
La prochaine, développe-la un peu plus ;)
Merci de tes remarques =)
Je sais que c'est très court, c'était vraiment plus un petit exercice d'écriture à la volée, mais j'ai décidé de le poster en premier parce que, malgré tout, c'est pas facile de se soumettre au regard des autres, et c'est presque rassurant de commencer avec un petit texte sans réellement d'intérêt, parce que du coup on s'attend aux remarques. Je montre jamais ce que j'écris, alors c'est un peu difficile de se dévoiler ^^
Le prochaine que je posterai devrait déjà etre plus développée  :)
Liame

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Re : Un geste vif
« Réponse #5 le: 05 juin 2011 à 13:04:52 »
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Je montre jamais ce que j'écris, alors c'est un peu difficile de se dévoiler

;) prends ton temps
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne jlm

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Re : Un geste vif
« Réponse #6 le: 06 juin 2011 à 11:32:08 »
c'est con, ce texte ne raconte rien ! la fille allume une clope et...c'est tout ? C'est domage, il y a du potentiel, tu devrais essayer de prolonger l'histoire (enfin, je veux dire trouver une histoire qui va avec) je ne sais pas, par exemple une rencontre, un évènement insolite...

L'utilisation de Calameo est malheureuse, tu devrais choisir une autre mise en page. Par exemple pour un page unique  tu peux oser le format paysage, ça évite d'avoir à utiliser la loupe. Pour ce qui me concerne, j'utilise le format Word 11X11  Georgia 14 double interligne pour mes nouvelles.

Citer
Le ciel s'étale de tous côtés, comme une étendue infinie de bleu aussi clair et limpide que le reflet de ses yeux, en même temps si proche qu'elle pourrait l'effleurer du bout des doigts, et si loin que même le plus vaillant des oiseaux, en volant aussi hauts que ses ailes le lui permettraient, ne pourrait l'atteindre. Un espace si vaste, immense, et sans limite, où l'esprit peut s'élever et se mouvoir à se guise, libéré de toutes entraves, et dans lequel elle se noie avec délectation.

ce passage est totalement cliché, tu devrais le supprimer et le remplacer par autre chose, allez, courage !!!
« Modifié: 06 juin 2011 à 11:36:59 par jlm »
I love that philosophy: Warren says it, we do it! So let's do it!

Hors ligne illigh

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Re : Un geste vif
« Réponse #7 le: 07 juin 2011 à 16:17:51 »
Me revoilà ! Bon je l'ai retravaillé, mais je ne sais absolument pas ce que ça donne (enfin je veux dire, je n'ai aucun recul) donc voilà, je compte sur vos bons conseils ^^


Un geste vif, l'allumette craque. Une petite flamme tremblotante résiste au vent quelques secondes, puis renonce et s'évanouit.

"Merde"

La jeune fille reprend une fois de plus la boite d'allumette, en saisit une, la gratte et aussitôt protège du mieux qu'elle peut la petite lueur fébrile qui s'élève alors. Elle place la flamme sur le bout de la cigarette qu'elle tient entre les dents. Elle sent la fumée entrer dans sa bouche, râper sa gorge. Elle retient la bouffée le plus longtemps possible, puis la relâche doucement. Elle soupire, et s'allonge sur la pierre froide et nue.

Le vent glacé de la mer fouette son visage et son cou, fait tourbillonner ses cheveux, malmène son léger chemisier de soie ; mais elle reste impassible, les traits figés, le regard fiévreux.

Pourquoi tout ceci ?

Elle prend une longue taffe.

Comment peut-on en arriver là ?

Elle recrache la fumée.

Pourquoi les choses ont-elles dégénéré à ce point ?!

Elle emplit ses poumons, autant qu'elle le peut.

COMMENT AI-JE PU ..?

Elle ne respire plus, elle est au bord de l'asphyxie ; regarde la fumée qui s'envole ! Regarde !

Elle se relève brusquement, haletante. Elle ferme douloureusement les yeux, se frotte les tempes. Il faut qu'elle arrête, il le faut ! Rien n'est plus possible sinon. Elle se rassoit, tente de calmer les battements effrénés de son cœur, le corps secoué de spasmes incontrôlables. Elle ne doit plus y penser. Absolument. Ce n'était pas sa faute ! Ses mains sont bleues, elle les pose sur son front brulant pour en atténuer la cuisante douleur. Elle parvient à apaiser sa respiration, calmer ses tremblements, et finalement repose sa tête sur le lit de pierre.

Elle reprend lentement une taffe, sans la relâcher, jusqu'à sentir la tête lui tourner, tous ses membres se détendre. Jusqu'à la limite de l'abandon. Sentiment délicieux. Elle libère sa respiration avec un soupir de satisfaction, se tourne sur le flanc, et découvre enfin le paysage qui s'étale devant ses yeux, séduite, comme si c'était la première fois.

Le ciel s'étale de tous côtés, comme une infinie étendue bleu pâle, presque translucide, traversé de part en part par de longs filaments gris clair, doux comme de la soie. Le vent s'y engouffre, joue dedans, les déchire, avec une rage, désespérée!

Son visage se crispe douloureusement. Non, pas une fois encore ! Pitié ! Des petits morceaux d'éther déchiquetés se noient dans les rafales du vent furieux. Elle ferme les yeux. Que ça s'arrête ! Elle n'en peut plus, il faut que ça cesse maintenant !

Elle se relève brusquement et porte la cigarette à ses lèvres. Son cœur bat la chamade, son corps est aussi léger que du carton. Son esprit se consume dans une fièvre délirante. Son regard passe le bord de la falaise, et plonge dans l'écume de la mer. Tournoyante, déchaînée, déversant toute sa rage et sa frustration ; et elle s'y abandonne, enfin.




Voilà ! Bon, je ne sais pas du tout ce que ça vaut..  :-\
Liame

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Re : Un geste vif
« Réponse #8 le: 07 juin 2011 à 17:05:11 »
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La jeune fille reprend une fois de plus la boite d'allumette, en saisit une, la gratte et aussitôt protège du mieux qu'elle peut la petite lueur fébrile qui s'élève alors.
La place du « aussitôt » me gêne un peu, je l’aurais plutôt mis après le verbe pour ma part. Sinon faudrait supprimer le « alors », il est sous-entendu.

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Elle place la flamme sur le bout de la cigarette qu'elle tient entre les dents
.
Tu peux pas tout simplement dire qu’elle allume une cigarette ?

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COMMENT AI-JE PU ..?
Une pensée en lettres capitales, c’est bof-bof. Enfin je trouve pas ça super naturel. Elle pense à une question puis taffe, une question, puis taffe, elle a deux de tension ou c’est un robot ?

Citer
Elle ne respire plus, elle est au bord de l'asphyxie ; regarde la fumée qui s'envole ! Regarde !
Je pige pas pourquoi elle respire plus d’un coup comme ça.

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Rien n'est plus possible sinon.
Qu’est-ce qui n’est plus possible ? qu’est-ce qu’il faut qu’elle arrête ?

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Elle ne doit plus y penser. Absolument.
Bof pour « absolument ».

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Ses mains sont bleues, elle les pose sur son front brulant pour en atténuer la cuisante douleur.
Pourquoi ses mains sont bleues et depuis quand elle a mal à la tête ? (faudrait relier tes phrases, leur donner une cohérence entre elles)

Citer
Le ciel s'étale de tous côtés, comme une infinie étendue bleu pâle, presque translucide, traversé de part en part par de longs filaments gris clair, doux comme de la soie. Le vent s'y engouffre, joue dedans, les déchire, avec une rage, désespérée!
Mouais, l’intrusion de la pensée fonctionne bizarrement. Disons que je perçois mal la différence entre le moment où on a sa pensée et le moment où c’est le narrateur qui parle. Je veux dire, y a plein de moments où le narrateur et ta fille se confondent, du coup l’italique n’a plus lieu d’être.

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Son visage se crispe douloureusement. Non, pas une fois encore ! Pitié ! Des petits morceaux d'éther déchiquetés se noient dans les rafales du vent furieux. Elle ferme les yeux. Que ça s'arrête ! Elle n'en peut plus, il faut que ça cesse maintenant !
Mais qu’est-ce qui doit s’arrêter ? ça devient lassant de pas savoir.

Elle s’abandonne dans quoi ?

Franchement, même si j’ai lu ta première version, je comprends toujours pas de quoi parle ton texte et j’ai l’impression que tu ne le sais pas toi-même. Les réactions de ton personnage ne sont pas vraiment crédibles, elle passe de la léthargie à la crise d’angoisse sans transition aucune et au milieu de ça elle fume et regarde le paysage. Tout en se disant qu’il faut qu’elle arrête un truc, sauf que le lecteur ne saura jamais ce qu’est le dit truc.
Il faut que tu bosses encore ton texte mais en te demandant vraiment ce que penses la narratrice et ce qu’elle pense VRAIMENT avec tous les détails, sinon ta scène ne changera pas et à la fin du texte on comprendra encore moins qu’au début ce qui se passe avec ce personnage. Tu vois ce que je veux dire ?
Là on ne sait rien du tout, on la voit s’agiter sous des spammes, fuit fumer tranquillement, de temps à autres on a ses pensées qui surgissent mais l’ensemble n’a aucune cohérence. C’est cette cohérence qu’il faut que tu trouves et que tu construises sinon on a l’impression d’un texte où les phrases se juxtaposent mais ya pas de vie qui se dégage de tout ça.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : Un geste vif
« Réponse #9 le: 07 juin 2011 à 23:32:53 »
J'ai pas trop aimé la comparaison "aussi légère que du carton", je trouve pas ça très glamour quand même.
Sinon la fin, je la trouve toujours un peu pas top, enfin : c'est presque trop facile, il suffit de regarder loin et puis elle arrive à se maîtriser...
Par contre pour le corps du texte, je le préfère bien mieux maintenant; Même si on comprend pas trop ce qui la prend, pourquoi elle tangue entre ces deux sensations/émotions, moi j'ai quand même été mieux portée, et du coup j'ai bien aimé.
:) Well done, en somme.
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

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Re : Un geste vif
« Réponse #10 le: 18 juin 2011 à 23:37:34 »
Merci pour vos remarques ! (désolée de cette réponse tardive, malheureusement retardée par les révision (hum) du Bac)
Voilà une troisième version, une fois encore je manque un peu de recul, merci de me dire ce que vous en pensez  :-[


Un geste vif, l'allumette craque. Une petite flamme tremblotante résiste au vent quelques secondes, puis renonce et s'évanouit.

"Merde"

La jeune fille reprend une fois de plus la boite d'allumette, en saisit une, la gratte et aussitôt protège du mieux qu'elle peut la petite lueur fébrile qui s'élève. Elle allume la cigarette qu'elle tient entre les dents, retient la bouffée le plus longtemps possible, puis la relâche doucement. Elle soupire, et s'allonge sur la pierre froide et nue.

Le vent glacé de la mer fouette son visage et son cou, fait tourbillonner ses cheveux, malmène son léger chemisier de soie ; mais elle reste impassible, les traits figés, le regard fiévreux.

Pourquoi tout ceci ? Pourquoi est-ce arrivé ? Nous n'étions qu'une famille normale ! Pourquoi lui, moi ?

Elle prend une longue taffe.

Comment ?! Comment ai-je pu faire ça ?  J'aurais pu… j'aurais du…

Elle recrache la fumée.

Pourquoi les choses ont-elles dégénéré à ce point ?! Pourquoi a-t-il fallu qu'il soit là ? Pourquoi je l'ai-je pas protégé !

Elle emplit ses poumons, autant qu'elle le peut.

comment ai-je pu le laisser... je vous le jure, je ne voulais pas l'abandonner ! Je n'ai pas pu réagir ! S'il-vous plaît !

Elle ne respire plus, elle est au bord de l'asphyxie ; regarde la fumée qui s'envole ! Regarde !

Elle se relève brusquement, haletante. Elle ferme douloureusement les yeux, se frotte les tempes. Sa tête est sur le point d'exploser. Il faut qu'elle arrête, d'y penser, de se repasser la scène en boucle, encore et encore, il le faut ! Elle ne pourra plus continuer sinon. De faire semblant de vivre. D'espérer. Elle se rassoit, tente de calmer les battements effrénés de son cœur, le corps secoué de spasmes incontrôlables. Elle ne doit plus y penser. Absolument. Ce n'était pas sa faute ! Ils lui ont tous suffisamment répété ! Ses mains sont bleues, glacées, elle les pose sur son front brulant pour en atténuer la cuisante douleur. Elle reste un long moment recroquevillée, puis parvient à apaiser sa respiration, calmer ses tremblements, et finalement repose sa tête sur le lit de pierre.

Elle reprend lentement une taffe, sans la relâcher, jusqu'à sentir la tête lui tourner, tous ses membres se détendre. Jusqu'à la limite de l'abandon. Sentiment délicieux. Elle libère sa respiration avec un soupir, se tourne sur le flanc, et découvre enfin le paysage qui se déploie devant ses yeux.

Le ciel s'étale de tous côtés, comme une infinie étendue bleu pâle, presque translucide, traversé de part en part par de longs filaments gris clair, doux comme de la soie. Le vent s'y engouffre, joue dedans, les déchire, avec une rage, désespérée!

Son visage se crispe douloureusement. Non, pas une fois encore ! Pitié ! Des petits morceaux d'éther déchiquetés se noient dans les rafales du vent furieux. Elle ferme les yeux. Que ça s'arrête ! Elle n'en peut plus, il faut que ça cesse maintenant ! Elle ne veut plus voir son visage, son expression terrorisée figée à jamais. Mon frère ! Elle ne peut plus supporter le poids de cette culpabilité. Elle aurait du se trouver à sa place ! Elle aurait du être devant lui ! Le protéger ! Mais tu n'y étais pas ! Il la regarde, désespéré. Elle prend sa tête entre ses mains. Elle veut y être. Se précipiter devant lui ! Recevoir le coup à sa place… Elle ne l'a pas fait. C'est fini.

Elle se relève brusquement et porte la cigarette à ses lèvres ; recrache vivement le mégot incandescent. Son cœur bat la chamade, son corps est aussi léger que les lambeaux gris qui errent dans la tempête. Son esprit se consume dans une fièvre délirante. Son regard passe le bord de la falaise, et plonge dans l'écume de la mer. Tournoyante, déchaînée, déversant toute sa rage et sa frustration ; et elle s'y abandonne, enfin.



Voilà.
Liame

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Re : Un geste vif
« Réponse #11 le: 01 août 2011 à 21:41:13 »
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"Merde"
Je compatis. *casse toujours deux allumettes avant d'en allumer une*

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Pourquoi tout ceci ? Pourquoi est-ce arrivé ? Nous n'étions qu'une famille normale ! Pourquoi lui, moi ?
Elle a l'air plutôt calme avant ça, ça semble un peu surgi de nulle part.

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et elle s'y abandonne, enfin.
Le "enfin" fait mauvaise blague adressée au lecteur. Tout ce que sait le lecteur c'est qu'elle a pas pu sauver son frère apparemment, pas qu'elle est suicidaire, donc on est pas supposé attendre cette fin, donc bof pour le "enfin". x'D

Le mélange des genres entre ses actions et ses pensées pleines d'exclamation est un peu bizarre, et j'ai eu un peu de mal à accrocher aux grappes de questions. Certes elle est paniquée, mais pour le lecteur, ça serait mieux qu'elle aille au bout de son raisonnement, qu'on sache vraiment de quoi elle parle.  ::)

Après ça se lit bien, mais j'ai l'impression de passer à côté du texte. ^^"
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

 


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