Hérédité mortelle
Plume qui volette et tournoie éphémère,
Filante et froissée par ce froid permanent,
Qui danse et plane dans la nuit solitaire,
Dans l’océan sans fin, sans vie et sans âme,
Plume tremblante, tu oublies que le voyage
Se termine toujours au bord du tombeau.
Le vent ne dure pas, tu ne flotteras plus,
Ce sera ta chute, et c’en sera fini.
Vague hurlante dans les flots indécis,
Tu grondes la vie, les délices faciles,
L’agitation rapide en ton cœur glissant,
Et le temps qui se moque, enragé, fuyant.
Vague démente que la haine démonte,
Tu sais que la terre est présente partout ;
Bien peu importe le lieu où tu iras,
Tu seras brisée, et c’en sera fini.
Flamme brulante, que les cendres échaudent,
Tu élances partout tes rayons dorés,
Répandant sur nous un espoir lumineux,
Comme une promesse obstinée, vengeresse.
Flamme brillante, tu me sembles lassée,
L’ombre nous entoure et tu ne peux rien faire ?
Tu n’es plus qu’un point incandescent, fragile,
Voué à s’éteindre et c’en sera fini.
Fleurs palpitantes qui colorent le monde,
Qui se contentent de joie et d’allégresse,
Vous vous efforcez d’exploser de beauté,
De vivre et de fuir dans le sourire des autres.
Fleurs vaniteuses, que le ciel vous protège
Juste pour un moment, juste un simple instant.
Le temps fait son œuvre et vous le subirez,
Vous vous fanerez et c’en sera fini.
Viel homme tremblant, aux yeux déjà usés,
Sans joie et sans cris et sans une consolation,
Qu’attends-tu ainsi : l’espoir d’aller ailleurs
Ou le vide éternel pour te reposer ?
Vieillard immobile, entouré de noirceur,
Tu ne penses à rien. De l’autre côté,
Hors de ces voiles, tu n’inspireras plus
Et tu partiras, et c’en sera fini.