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Auteur Sujet: La Terre (env 8600 mots)  (Lu 2465 fois)

En ligne Aponiwa

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La Terre (env 8600 mots)
« le: 26 Juillet 2021 à 21:59:32 »
Bonjour à tous,

Je voulais vous soumettre la suite de ma nouvelle, "Le champignon" qui est par ici : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=38170.0
Pour comprendre cette histoire, je pense que vous n'avez pas besoin de lire la première partie, j'ai mis ce lien pour info.
Je suis plutôt contente du résultat, mais je trouve qu'il y a un manque d'homogénéité : on sent bien que j'étais plus inspirée pour la deuxième partie du récit que pour la première... Je ne sais comment remédier à cela!
Jusqu'à présent j'ai toujours écrit des textes courts et trainé mes guêtres dans la section correspondante du forum. C'est le premier texte "long" que je poste ici. La suite et fin est en cours d'écriture...



La Terre

Chapitre I

   Une flèche blanche fila dans le ciel en poussant un grand cri. Le goéland passa au-dessus de la tête de Laïla qui le contempla avec émerveillement. L’espèce, comme bien d’autres, s’était faite rare.
Les oiseaux représentaient un éternel objet d’adoration pour la jeune femme, qui les jalousait secrètement. Quand ils volaient, ils étaient libres, n’obéissant qu’au vent.
Enfant, Laïla avait le pouvoir de voler dans ses rêves, elle aussi. C’était toujours pour fuir des hordes de zombies, de monstres ou de robots tueurs, mais ce qu’elle ressentait alors à son réveil, ce n’était pas l’horreur de la situation, mais l’ivresse de la liberté.
A son grand regret, ce pouvoir avait fini par s’atténuer, puis disparaître, alors qu’elle grandissait.
Mais dans ses rêves, elle restait seule contre tous. Elle en avait pris l’habitude à la longue, y compris dans sa vie réelle. Solitaire, comme toujours.
Ce soir encore, elle l’était sur cette grande plage déserte. Mais c’était pour elle le prix de la paix intérieure, ainsi que de sa sécurité.

   Le doux bruit du ressac, ostinato bienfaisant, la ramena à l’instant présent, semblant emporter vers le large toutes les pensées négatives qui la tourmentaient souvent.
Par delà la mer, il y avait le ciel. Le soleil rougeoyant s’apprêtait à rejoindre l’horizon, teintant le soir de reflets rouges, oranges, violets et roses. Une harmonie si improbable !
Les premières étoiles pointèrent lentement leur nez argenté tandis que Laïla emplissait béatement le sien d’odeur d’iode.
Une brise légère caressa son visage, faisant onduler sa longue chevelure brune puis souffla dans son dos, comme pour l’envelopper délicatement en murmurant : « Viens ! ».
Assise sur le sable encore humide, la jeune femme profitait du présent et se sentait sereine. Cela ne lui arrivait que très rarement.
Les couchers de soleil sur la plage constituaient son rituel favori, les rares fois où elle s’autorisait des vacances à la mer. C’était son moment. Comme si le monde s’était arrêté de tourner autour d’elle, suspendant, l’espace d’un instant, le temps et les tourments.
Elle se sentait toujours bien dans la Nature. La voir agoniser la désespérait.
La vie sur Terre, pure et innocente, allait s’éteindre tout simplement parce qu’une partie de l’humanité rêvait d’être toujours plus riche et plus puissante.
Pouvait-on encore empêcher la fin du monde tel qu’on le connaissait ?

   A la nuit tombée, Laïla se décida à rentrer.
Un rapide tour d’horizon lui indiqua que les environs étaient toujours aussi déserts. Tant mieux. Elle se leva doucement et secoua le sable sur son pantalon, tout en contemplant une dernière fois l’océan. Puis, elle tourna les talons, à regret, et se dirigea vers une petite passerelle qui coupait à travers la dune. Autrefois recouverte de végétation, celle-ci se dégarnissait et s’affaissait d’année en année. Sa progression en fut moins silencieuse car les planches de bois remuaient plus facilement et grinçaient. Heureusement, elle arriva vite sur la lande, où il serait plus aisé d’avancer discrètement. La bruyère et le genêt laissaient place progressivement aux bambous et aux ronces.
Un craquement se fit entendre. Elle s’arrêta, pétrifiée.
Si une milice la surprenait là trois heures après le couvre-feu, avec son masque rouge sur la bouche et le nez, elle passerait la nuit au chaud pour subir un interrogatoire serré et s’en tirerait au mieux avec une amende dont elle ne pourrait jamais s’acquitter. Mieux valait que l’on ne s’intéresse pas de trop près à elle.
De longues secondes s’écoulèrent, mais plus rien ne se fit entendre. En se retournant, elle constata qu’un lapin blanc se baladait dans la lande, d’un buisson de ronce à l’autre. Autrefois nombreux dans la lande, même eux s’étaient fait rares. L’animal était élégant et atypique. Il avait une oreille cassée vers l’arrière, qui ballottait à chacun de ses bonds.
Son souffle se coupa. Il lui rappelait quelque chose. Quelque chose d’important qu’elle avait oublié.
Il lui fallait rejoindre son van au plus vite et cette pensée se volatilisa.
Seule au milieu de ce quartier de masques verts, tous porteurs du passeport indiquant les « bons » diplômes, les « bons » vaccins et les « bons » emplois, elle était en danger. Être biologiste, même avec les intentions les plus nobles, ne la faisait pas entrer dans les « bonnes » cases.
Le petit sentier de la lande débouchait sur une petite route. Avec prudence, elle s’y engagea et prit soin de longer le mur d’une propriété pour ne pas marcher à découvert et sous les caméras de surveillance. Dissimulée dans un fourré, à l’écart de la route, sa camionnette l’attendait. Visiblement, personne ne l’avait remarquée. Elle s’y engouffra, ferma tous les rideaux et s’assit sur sa couchette en poussant un long soupir.

   Laïla attrapa une boîte métallique sous son matelas et l’ouvrit avec délicatesse. A la lueur des réverbères filtrant à travers les rideaux, elle roula un joint d’une main sûre, l’alluma et saisit son ordinateur portable.
Une magnifique photographie de bourdon butinant une fleur de trèfle l’accueillit. La jeune femme n’était pas peu fière de cette image. On pouvait presque compter les « poils » de l’animal.
Son sourire s’effaça au constat du nombre de messages qui l’attendaient ce soir.
Elle tira une longue bouffée de son joint et exhala la fumée en un long soupir. Il fallait bien cela pour affronter cette montagne de mails.
Laïla parcourut rapidement les objets des messages ainsi que leurs expéditeurs et marqua méthodiquement ses mails avec leurs étiquettes respectives : « Boulot, asso, asso, boulot, asso... ». Il y avait là un expéditeur qu’elle ne connaissait pas, visiblement un collègue biologiste. Elle choisit de le lire en dernier.

   Après avoir noté, dans son agenda, quelques dates, les faits importants, les réflexions à mener, elle effaça tous les mails militants, puis prit soin de vider la corbeille de sa messagerie.
Elle considéra enfin son dernier mail. L’auteur, un biologiste nommé Alessandro Di Leo, travaillait pour le laboratoire d’une université méditerranéenne dans la section ornithologie et avait publié quelques études, notamment au sujet des populations de chouettes effraies en Afrique de l’Ouest. Avec l’avancée du désert, celles-ci se déplaçaient toujours plus vers le sud, tout comme les criquets pèlerins. Alessandro souhaitait lancer une vaste étude, avec l’aide d’autres scientifiques, sur la lutte contre cet insecte qui ravageait de nombreuses cultures en Afrique, condamnant à la famine des dizaines de millions de personnes. La chouette effraie, en tant que prédateur, pouvait-elle apporter une solution ?
Le biologiste montrait autant d’empathie pour les humains que pour la Nature et sa démarche toucha Laïla.
Celle-ci le remercia de son mail et lui promit de lui prêter main forte dès qu’elle aurait lu ses rapports en détail et fait quelques recherches de son côté.
Elle écrasa son mégot de joint dans le cendrier s’allongea sur sa couchette. Elle contempla longtemps le plafond avant de sombrer dans un sommeil profond.


Chapitre II

   Des éclats de voix s’échappaient de la salle numéro douze et confirmèrent à Laïla le lieu de la réunion. Elle pénétra dans la salle, son thermos et son carnet de notes à la main, salua discrètement ses collègues et partit s’asseoir dans un coin.
Tous les lundis matins, les chercheurs faisaient, ensemble, le point sur l’avancée des travaux en cours. Laïla avait une sainte horreur des prises de paroles en public mais présenta son projet, tentant d’oublier les regards fixés sur elle. Le système respiratoire de certaines blattes avait récemment évolué, leur permettant de filtrer l’air et d’être moins vulnérables aux pollutions grâce à des soies protectrices au niveau des stigmates. Les photographies, graphiques et données étayant ses explications s’affichaient sur un mur blanc, face à l’auditoire. Si le début de l’exposé fut chaotique, la suite se déroula parfaitement : Laïla n’avait pas bégayé une seule fois.

   Une pile de documents posée sur son bureau lui arracha un soupir. Cet aspect de son travail l’ennuyait vivement mais était malheureusement nécessaire. La chercheuse s’attela donc à la tâche, remplissant les demandes de matériel, lisant des rapports et épluchant des données diverses sur les populations d’insectes.
Le cerveau embrumé, elle s’octroya une pause-déjeuner à l’extérieur afin de libérer ses spécimens étudiés et pourquoi pas, en dénicher d’autres. Sur son vélo, elle laissa la ville derrière elle, traversant d’abord des friches puis longeant des champs. Laïla n’y menait jamais de fouille car les insectes avaient été décimés par les pesticides épandus avec profusion dans les cultures. Et puis, des milices surveillaient les environs, les vols de nourritures s’étant faits très fréquents.
La jeune femme finit par atteindre un petit îlot de verdure et s’installa dans l’herbe, où elle déjeuna tout en observant les alentours.
Tout était calme. Trop calme. Les hautes herbes ne bouillonnaient plus de vie depuis longtemps.
Le carré d’herbe fut rapidement parcouru et le résultat de l’investigation consistait en un cadavre de criquet bien conservé. Ne souhaitant pas participer au déclin des populations d’insectes, Laïla préférait étudier des individus déjà morts. Sans compter que les vivants avaient migré en masse depuis un moment. Sentant que la recherche n’apporterait plus grand-chose, elle remonta sur son vélo pour regagner son laboratoire.

   En fin de journée, constatant que le laboratoire s’était dépeuplé, Laïla se replongea dans le mail d’Alessandro. Elle relut les quelques pistes qu’elle avait déjà explorées afin de rendre son travail de détective plus efficace.
« Reprendre les données des évolutions des écosystèmes endémiques, consulter les prédictions, fouiller dans les caractéristiques du criquet pèlerin, dresser une liste de ses prédateurs, s’assurer qu’une réintroduction ou une augmentation d’une population prédatrice du criquet avait un ratio bénéfices sur risques significatif… »
Sa montre indiquait 18h30. Laïla avait un peu de temps pour entamer son enquête.
Le serveur global de son département, relié à ceux d’autres laboratoires, lui apporta quelques éléments. Elle notait consciencieusement ce qu’elle souhaitait retenir sur son fidèle carnet, quand une voix l’interpella :
« Ah c’est donc ici qu’il y a encore de l’activité ! Je ne comprenais pas pourquoi le monitoring s’emballait comme cela... »
La jeune femme sursauta, recouvrant sa page d’une énorme rature.
Le responsable réseau, Julian, à qui elle avait déjà eu affaire plusieurs fois, se tenait derrière elle. Depuis combien de temps ?
« J’ai des tableaux de statistiques à terminer… fit-elle, piteusement.
- Pas de souci. Ne pars pas trop tard, tu sais…
- Je sais, merci. » termina-t-elle avec un sourire.
Après le départ de son collègue, Laïla poussa un long soupir et se décida à quitter le laboratoire.
« Je crois que je ne serai jamais agent secret… » se dit-elle, mi-amusée, mi-déconfite.

   Laïla ne rentra pas directement chez elle. Elle enfourcha son vélo et se dirigea chez une militante pour une réunion du collectif « La conscience de Gaïa ».
Cela faisait un petit moment qu’elle militait avec eux et avait trouvé original le concept. Les fondateurs de ce mouvement considéraient que les militants étaient des neurones et quand ceux-ci seraient assez nombreux et agiraient de concert, alors la conscience de Gaïa s’éveillerait et celle-ci saurait se défendre. Cette métaphore plaisait beaucoup à Laïla.
Sortant après le couvre-feu, elle prenait le risque d’être contrôlée par une milice dans la rue voire surprise par une drone de surveillance.
Il n’y avait plus grand monde dehors. La plupart des gens rentraient se barricader chez eux avant l’heure fatidique.
Un bruit de moteur se fit entendre derrière elle. Une pointe d’angoisse la parcourut et elle se hâta de descendre de vélo pour faire mine de composer le code d’entrée de l’immeuble le plus proche.
Une voiture grise passa près d’elle mais ne s’arrêta pas. La jeune femme constata discrètement que la voiture s’éloignait pour finalement tourner dans une rue sur sa droite. Voiture civile ou véhicule banalisé ? Cela n’était pas facile à déterminer. Laïla se dépêcha donc de remonter sur son vélo et de déguerpir.
La question s’était plusieurs fois posée au sein des militants : pourquoi ne pas réaliser les réunions en visioconférence pour éviter toute prise de risque ? Mais les activistes les plus aguerris considéraient que les services de renseignement qui les surveillaient sans relâche constituaient la menace la plus importante. Une action ne pouvait être réussie sans l’effet de surprise.
Devant l’immeuble où devait se tenir la réunion, un militant lui ouvrit. Elle se retrouva dans un petit salon, avec une vingtaine d’autres personnes. Elle les salua d’un geste avant de prendre place sur le tapis au centre de la pièce.
« Bonsoir, nous allons démarrer. Si cela convient à tous, ouvrons ce briefing par un petit tour de table. » proposa la jeune femme qui menait la réunion, dos à un mur sur lequel était projeté l’écran de son ordinateur portable.
Les participants acquiescèrent tous en levant leur pouce vers le haut.
« Bonsoir à tous, moi c’est Angela. Je suis très heureuse d’être ici ce soir, avec vous, de retrouver des visages connus et de voir qu’il y en a des nouveaux. Cela fait chaud au cœur de voir que l’on est pas seul à vouloir changer les choses. »
Angela baissa les yeux et secoua la tête, faisant gracieusement onduler sa coiffure afro et termina en un murmure :
« Merci d’être là. Je passe la parole à… Sirius ? »
Le sus nommé hocha la tête et prit la parole.
Tous se présentèrent, donnant son pseudonyme et son humeur du jour.
« Voilà l’ordre du jour que je vous propose, commença Angela en dirigeant son regard vers le mur où celui-ci était projeté. Y-a-t-il des objections ? Des commentaires ? »
La frêle jeune femme parcourut l’assemblée de ses grands yeux noirs pleins de détermination et enchaîna, affichant un nouvel écran au mur :
« Bien, démarrons par un rappel de la campagne en cours et le sujet de l’action de demain... »
Les écrans défilèrent, appuyant les explications d’Angela. La militante afficha finalement à l’écran un tableau récapitulatif des différentes tâches et inscrivit les militants dans la colonne choisie.
Laïla savait ses compétences sociales et diplomatiques limitées. Elle n’optait donc jamais, si elle le pouvait, pour les rôles de porte-parole, de médiateur police ou médiateur public ou encore de peace keeper, dont la fonction était de calmer le jeu lorsque la tension entre activistes et public ou police était trop importante.
Ce qu’elle appréciait, c’était agir. Bloquer, entraver des pollueurs, c’était pour elle un moyen d’agir physiquement, directement à la source du problème, mais aussi de rendre utile ce corps qui était le sien.
Un militant, bien plus âgé qu’elle au vu de ses cheveux blancs et de sa barbe grise, expliqua son point de vue, au moment de se choisir un rôle :
« Je veux bien être bloqueur, prendre les photos ou tenir une banderole, c’est égal. Par contre, ne me mettez pas en contact avec la police ou les ouvriers. Trente ans que je milite et que je prêche dans le désert, trente ans que je suis de plus en plus écœuré par le comportement haineux et violent de la police, trente ans que j’entends que les mentalités changent. Mon œil, oui ! S’emporta-t-il. Les gens ne comprennent rien, ne veulent pas comprendre, enfermé dans la petite routine qui est la leur. Maintenant, je n’ai plus envie de parler. Quand je vois les gens, j’ai juste envie de les secouer comme des pruniers et de leur demander s’ils ont passé les dernières décennies dans une grotte ! »
La franchise de Hibou, c’était là son pseudonyme, provoqua des rires dans l’assemblée.
Une manière d’exorciser le malaise provoqué par son discours. Poursuivre le dialogue ou organiser des actions radicales, tel était le dilemme de nombreux militants.
Au bout d’un peu plus d’une heure, l’organisation de l’action était bouclée. Chacun savait ce qu’il avait à faire et le ferait avec la plus grande conviction. Laïla sentait l’excitation qui commençait à lentement envahir son corps et son esprit.
Demain, ils seraient mille cinq cents militants à travers tout le pays à bloquer des chantiers inutiles et écocides.

Chapitre III

   Une aube silencieuse commençait à se lever.
Dissimulés à l’orée de la forêt, le groupe de militants dirigé par Angela attendait son signal. Celle-ci consulta une dernière fois son téléphone et pointa finalement son index en l’air pour indiquer le début des opérations.
Laïla se mit à courir vers le chantier, aussi rapidement que le lui permettait le poids du matériel qu’elle transportait. Une fois en place, elle entreprit de s’enchaîner d’une main sûre et de verrouiller le cadenas. Un activiste volant vint récupérer les clés de ceux-ci pour les mettre en lieu sûr. Laïla attrapa la banderole cachée dans sa combinaison blanche et entreprit de la déplier pour passer une extrémité à son binôme de pelleteuse. Dans le feu de l’action, elle n’avait encore jeté un seul regard à celui-ci, sauf pour vérifier du coin de l’œil qu’il avait bien réussi à s’enchaîner. Elle ne connaissait pas son identité, puisqu’il provenait d’un autre groupe.
Laïla commença à lui tendre la banderole et arrêta furtivement son geste. En plus de l’adrénaline, quelque chose d’autre fit effet dans son corps et dans son cerveau.
Ce binôme, elle ne l’avait jamais rencontré auparavant. Il lui plut immédiatement.

   Malgré son masque, elle vit qu’il lui souriait.
« C’est parti ! » déclara-t-il en saisissant la banderole et en s’assurant qu’elle était bien tendue.
Laïla se sentit soudain complètement idiote. Ses expériences passées avec le sexe opposé n’avait rien de bien glorieux. Toujours mal à l’aise, elle avait dû apprendre, à ses dépends, quelques leçons. D’abord, ce n’était pas parce qu’un homme avait des positions militantes ou politiques similaires aux siennes, qu’ils devaient s’entendre et s’apprécier. En outre, elle souffrait de ce qu’elle appelait, non sans humour, le « syndrome du Saint-Bernard ». Il fallait qu’elle s’amourache des types les plus dépressifs possible en pensant qu’elle pourrait les sauver, et eux la comprendre. Grossière erreur. D’une certaine manière, il n’y avait pas plus égocentrique qu’un dépressif. Quand on était dans cet état, toutes les jauges concernant la réalité étaient totalement déréglée. Cela ne pouvait pas fonctionner comme cela, l’amour.
Malgré cela, elle voulait croire que Kisa était différent.
« Il est trop bien pour toi, tu n’as pas l’ombre d’une chance... » sermonna une petite voix dans son inconscient.
Laïla était plutôt jolie, mais elle se sentait complètement ridicule face à ce type.
« Ah, c’est bien le moment de penser à cela, tiens ! » reprit la petite voix.
Sans s’en rendre compte, elle haussa les épaules, comme pour clore se monologue interne et regarda le jeune homme sur sa gauche. Il la regardait. Elle se sentit rougir et espéra n’avoir pas eu l’air trop folle durant tout ce temps. Pour se redonner un peu de contenance, elle dit :
« Moi c’est Aponiwa, et toi ?
- Kisa.
- Kisa ? D’où cela vient-il ?
- Kisa veut dire « aigle » en indien Hopi.
- Oh… mince alors ! Sourit-elle.
- Tu es le papillon , c’est ça ?
- Oui ! C’est un drôle de hasard que nous partagions cette pelleteuse. Cela fait longtemps que tu as rejoint le collectif ?
- Non, pas très. Je dirais trois mois. Et toi ?
- Ca va faire deux ans. Mais j’ai milité à droite et à gauche avant. Pourquoi l’aigle ?
- J’aime les oiseaux, j’en ai fait ma spécialité. Je suis fan de la chouette effraie !
- Bel animal ! Longtemps malchanceux dans nos contrées, malheureusement…
- Oui, elle a pâti pendant des siècles d’une réputation bien sinistre, la pauvre. Mais son sort est pire ailleurs, et notamment en Afrique de l’Ouest où je l’étudie en ce moment... »
Laïla n’écouta pas la suite de la phrase.
« Se pourrait-il que… ? » s’interrogea-t-elle ?
« Combien de temps crois-tu que nous allions tenir ? Interrogea Kisa d’une voix inquiète, le regard fixé droit devant lui.
- Le plus longtemps possible. » répondit Laïla, qui avait aperçu la même chose que Kisa.
Les premiers groupes d’ouvriers venaient d’arriver sur place.

   Les hommes de chantiers découvrirent, éberlués, le spectacle des activistes occupant leur chantier à la lisière du bois.
Derrière eux, côté route, de rares passants matinaux, longeant immeubles et boutiques, ralentissaient pour observer l’étrange scène qui se déroulait à l’orée du bois, certes modeste, mais seul coin de nature dont disposait cette petite ville de banlieue.
Une cinquantaine d’activistes étaient répartis sur le chantier. Certains étaient enchaînés aux engins de chantier et aux préfabriqués et des grimpeurs avaient investi une grue et déployé une banderole géante au sommet. Les porte-parole expliquaient aux rares journalistes ayant eu le courage de les rejoindre, les raisons de cette action, les militants photographes prenaient le plus de clichés possibles pour relayer l’événement dans les médias et les peace keepers tentaient de communiquer avec les ouvriers.
La plupart des travailleurs comprenaient bien que l’action en cours était un combat écologique mais aussi social. L’industrie du bâtiment étaient une des plus irrespectueuses de l’environnement mais aussi du droit des travailleurs.
Le ton finit par monter quand le chef de chantier, un homme bedonnant, en costume sous son gilet orange fluorescent, rejoignit ses troupes. Il hurla son mécontentement aux activistes, aux ouvriers et leur ordonna de démarrer le travail, tout en saisissant son téléphone dans la poche intérieure de sa veste.
   Une dizaine de camions bleu marine aux gyrophares allumés s’alignaient maintenant sur la route attenante au bois. Un groupe de policiers en uniformes anti-émeutes sortit de chacun des véhicules. Cette vision rendait difficile à croire le fait que sous ces accoutrements, il y avait des êtres humains. Ils se regroupèrent, écoutèrent leur chef délivrer les ordres et s’avancèrent vers les militants. Il y eut une première sommation.
« Police ! Nous vous demandons de quitter les lieux immédiatement et de vous disperser. Si vous obtempérez, nous vous laisserons partir. »
Laïla regarda Kisa et lui fit non de la tête.
« Si vous refusez d’obéir, nous vous délogerons nous-même ! » poursuivit le chef de l’escouade dans son mégaphone.
Personne ne bougea. La voix dans le mégaphone continua :
« Nous allons donc vous déloger sur le champ. »
Les hommes en bleu regagnèrent leurs camions et en ressortirent avec divers outils, pinces coupantes, scies circulaires…
« Que fait-on ? interrogea Kisa.
- On les laisse faire le travail, répondit Laïla, calmement. Je préfère être malmenée par la police pour une cause que je défends plutôt que... »
Elle s’était interrompu, pensive.
« Que quoi ? »
Laïla baissa la tête en fronçant les sourcils.
« Que de perdre mon âme. » termina-t-elle.
 
   Les pinces coupantes s’avérèrent peu efficaces sur les chaînes épaisses qui ceignaient les activistes et les scies circulaires prirent le relai, à la grande angoisse des militants. Le but des  forces de l’ordre était d’évacuer les activistes, pas de les garder en bonne condition physique. Avant le début de cette opération, les  journalistes avaient été sommés de rejoindre les camions de la police après un contrôle d’identité.
Des hommes en bleu se tenaient dos aux véhicules, formant une longue chaîne humaine occultant la scène de l’action afin que ni les journalistes, ni les passants, ne puissent être témoins de l’évacuation en cours.
Des cris de douleurs se firent entendre. Les militants blessés étaient aussitôt relégués dans les véhicules. Ceux restant étaient transis de peur mais gardaient leur sang-froid. Comme d’habitude, les grimpeurs étaient ceux qui posaient le plus problème aux policiers et leur évacuation était toujours délicate. Quand les activistes furent tous désolidarisés de leur point d’attache, le chef de la police vociféra une nouvelle sommation :
« Nous vous ordonnons de vous disperser ! »
En guise de réponse, les activistes s’assirent tranquillement et se lièrent ensemble autour des engins à l’aide de leurs membres. Une dernière sommation tomba. Les militants ne bougèrent pas d’un pouce.
« Dispersion ! » ordonna l’homme au mégaphone.
Les forces de l’ordre, ayant troqué leurs scies contre des bâtons télescopiques et des boucliers transparents en polycarbonate, fondirent sur les activistes. Dans le chaos, Laïla échangea un regard avec Kisa, pour le sonder. Il avait les yeux fixés sur le sol.
Devant eux, venait d’atterrir une grenade de désencerclement. Sans réfléchir, Kisa empoigna Laïla, bien décidé à quitter les lieux. Ils ne purent aller bien loin. Face à eux, une charge de police s’échappa d’un épais brouillard de fumigènes. Laïla comprit alors que la confusion avait un son bien particulier, qui devait pouvoir rendre les gens fous.
Un bruit de tonnerre éclata près d’elle et tout devint noir.


Chapitre IV

   Quand Laïla se réveilla, elle était allongée sur le sol. La première chose qui la frappa fut le silence. Elle tenta d’ouvrir les yeux mais un rayon de lumière blanche lui vrilla le crâne.
Sa tête semblait peser des tonnes et ses cervicales étaient raides. Elle remua doucement ses membres et s’assura qu’elle était bien en un seul morceau. Visiblement, elle s’en tirait juste avec une migraine carabinée. La jeune femme cligna des yeux et s’aperçut avec soulagement que ceux-ci commençaient à s’accoutumer à la lumière.
Elle porta une main à son visage, à la recherche d’une éventuelle blessure mais ne remarqua rien de particulier. Il pouvait tout de même s’agir d’une commotion cérébrale, même si pour le moment, rien ne l’indiquait.
Laïla fournit un énorme effort pour se redresser et s’asseoir. Le bitume sous elle était froid.
A mesure que son regard balayait les environs, ses yeux s’agrandirent et son cœur se glaça.
Laïla se trouvait seule, au milieu d’une rue, bordée d’immeubles en ruine et d’arbres.
Derrière elle, un cri rauque la fit sursauter. En se retournant, elle constata qu’un magnifique oiseau multicolore venait de prendre son envol, probablement dérangé par son arrivée soudaine et impromptue. Il venait d’une épaisse forêt, où se tenaient des arbres immenses dont les racines avaient perforé le béton et envahi les murs de pierre. Côté rue, une enseigne branlante tomba sur le sol en provoquant un grand bruit métallique qui résonna froidement.
Cette enseigne, c’était celle qu’ils voyaient depuis leur pelleteuse. Sous l’effet de la stupeur, elle se leva sans ménagement et le regretta amèrement.
Un élancement sourd battait encore plus violemment dans sa tête et elle eut un haut le cœur qui la força à s’accroupir. La main sur le ventre, elle attendit que cela s’estompât et se releva prudemment pour observer encore ce décor qui était décidément bien mystérieux.
« C’est impossible… dit-elle à haute voix. J’ai dû prendre un gros coup sur le crâne… ou je suis évanouie et en train de rêver… ou bien je suis… »
La petite ville était maintenant en ruine, les pelleteuses absentes et le petit bois visiblement devenu une immense forêt.
« On dirait que j’ai fait un bon de mille ans dans le futur et que tout a disparu… La ville, les gens… Où suis-je ? » se questionna-t-elle, en levant la tête.
Ses yeux s’agrandirent aussitôt. Deux soleils brillaient haut dans le ciel.
Derrière elle, des branches se fracturèrent à grand bruit, interrompant le cours de ses pensées. A travers bois, quelque chose se rapprochait d’elle. Quelque chose d’énorme.

   Un immense animal sombre à tête de félin, muni de tentacules roses géantes en guise de crinière, la considéra de ses yeux verts pleins de curiosité. Il s’avança sereinement, se déplaçant sur des pattes écailleuses et mouchetées, dignes d’un triton. La créature semblait pacifique mais Laïla se garda de bouger pendant un certain temps, ne voulant pas l’effrayer.
Le chat-triton tourna la tête, fixa un point sur sa droite et reposa son regard tranquille sur la jeune fille. Puis, elle tourna les talons et s’éloigna.
Laïla balaya du regard l’improbable décor qui l’entourait et se décida à suivre l’étrange animal.
Derrière les arbres encastrés dans les ruines, se dressait une immense forêt où, quelques morceaux de murs en parpaings rappelaient qu’ici, il y avait eu une ville.
On aurait dit une forêt tropicale tant la végétation y était dense et l’atmosphère devenue humide.
De la mousse d’un vert éclatant recouvrait les racines et les bas des troncs d’arbres, qui se dressaient fièrement haut vers l’azur.
Des chants mélodieux s’élevaient de toutes parts, oiseaux ou insectes, Laïla ne savait plus.
Elle se contentait d’écouter, d’observer, émerveillée.
Le chat-triton se mouvait sans difficulté dans cet enchevêtrement de végétaux, bousculant parfois un arbre ou deux pour s’enfoncer plus loin dans les bois. Quand une pluie de branches s’était abattue sur elle, le jeune femme, surprise, dut enfouir précipitamment sa tête entre ses bras. Elle qui avait pour habitude de marcher en regardant le sol avait presque failli finir assommée. Ne pas croiser le regard des autres la soulageait, vérifier qu’elle ne marchait pas sur quelque insecte ou petite bête également.  La jeune femme se promit d’être plus vigilante et poursuivit son escalade entre les racines.
Les deux voyageurs marchèrent durant un long moment, même si Laïla n’aurait su dire combien de temps s’était écoulé depuis son arrivée dans ce monde étrange. En levant la tête vers le ciel, elle remarqua que les deux soleils n’avaient pas bougé. Ils finirent par déboucher dans une vaste clairière.
Une fontaine, entourée de pavés clairs, trônait en son centre. De gracieux jets d’eau s’échappaient en hauteur et retombaient dans le bassin en joyeux clapotis rafraîchissants.
Sur le rebord du bassin, un lapin blanc se désaltérait tranquillement. Son oreille droite était cassée vers l’arrière.
« Ce n’est pas possible… Le lapin !… pensa-t-elle, en secouant doucement la tête. C’est le lapin que j’ai croisé sur la plage, il y a peu. »
L’animal lui rappelait quelque chose, mais quoi ?
« Un souvenir enfoui au fond d’un tiroir dans la commode de ma mémoire... » souffla-t-elle pour elle-même.
Alors, Laïla se vit ouvrir ce tiroir et fut aussitôt prise d’un énorme vertige qui la força à s’accroupir, une main au sol. Tête baissée, elle fixait les dalles de pierres grises cerclant la fontaine, réalisant soudain qu’à côté de sa main, un dessin était gravé sur l’une d’elles. Il s’agissait d’une tête de mort. Un violent haut le cœur la parcourut subitement et la jeune femme se mit à vomir tout ce que son estomac pouvait contenir.
Elle eut la désagréable impression que son cerveau se retournait dans son crâne et ne vit plus que du noir. Des néons se mirent ensuite à clignoter.
Alors, elle vit tout ce qu’il y avait dans le tiroir.
Toutes ces images qu’elle avait gardé enfouies profondément, en dormance, remontaient à la surface comme des bulles dans l’eau pour lui exploser sauvagement à la figure. Étrangement, dans toutes ses visions, elle se voyait en spectateur. Comme si elle n’avait fait qu’observer ce qui lui était arrivé. Son enfance, la foire des vacances d’été, son cousin, le toboggan géant, le train fantôme et … l’ogre. Ce monstre qui avait aspiré son âme comme s’il avait planté une paille dans son cerveau pour en boire l’essence. Laïla se souvenait de tout.
Elle revit le garçon lapin lui murmurer quelque chose à l’oreille : « Je sais tout. Ton innocence s’est perdue dans les limbes. Quand tout te sera rendu, nous nous reverrons. »
Tout devint clair. Tellement clair que, subitement, sa vie jusqu’à présent lui parut sordide et incroyablement misérable.
« Ma vie… n’est qu’une farce. » murmura-t-elle au sol de pierre.
Laïla posa son front à terre, comme pour prier et se mit à pleurer. Le bruit de ses sanglots, mêlé au chant de la fontaine, lui apparut bien dissonant.

   Laïla pleura tellement longtemps qu’elle ressentait des douleurs dans des muscles dont elle ne soupçonnait même pas l’existence. Elle n’imaginait pas, par exemple, qu’ils furent si nombreux au niveau du visage. Les sanglots s’espacèrent quand la dernière phrase du garçon lapin lui revint à l’esprit. Elle leva ses yeux embués de larmes vers les nuages blancs et duveteux et les sécha d’un revers de la main.
Le lapin avait disparu, le chat-triton également. L’eau de la fontaine chantait toujours, accompagnée de cris d’animaux invisibles.
Il lui fallait continuer sa route, mais où aller maintenant ?
Une colombe traversa tranquillement l’azur en piaillant. Souriant, Laïla se mit à la suivre.

   Alors qu’elle traversait la forêt, Laïla se demanda si les images qu’elle avait vu défiler dans sa tête constituaient bien des souvenirs et non des chimères. La question revenait en boucle et recevait toujours la même réponse de son inconscient.
Ces images étaient bien celles du passé. Un passé très lointain, plus de vingt ans.
« Ce n’est pas si grave, je suis vivante et c’était il y a longtemps... » se répéta-t-elle de nombreuses fois.
Sa litanie ne fonctionna pas. Laïla se sentait toujours profondément triste et désemparée.
Paradoxalement, c’était comme si un poids démesuré s’était envolé de son cœur.
Enfin, elle ressentait quelque chose. Pour elle-même. C’était une sensation totalement inédite.
Et l’aura de mélancolie vague qui l’accompagnait depuis toujours trouvait enfin une explication.
Pourtant, elle devait admettre qu’elle se sentait sereine dans cet endroit étrange. La situation était incohérente, empreinte d’inconnu et elle savait que s’il lui arrivait quoique ce soit, personne ne viendrait à son secours.
Un sourire en coin se dessina sur son visage. C’était peut-être justement cela qui l’enchantait.
Elle savait aussi qu’elle était venue chercher quelque chose ici et ne quitterait pas ce monde tant qu’elle ne l’aurait pas trouvé.


Chapitre V

   Le sol de la forêt devenait progressivement sablonneux et les arbres moins nombreux. Une odeur d’iode annonça une immense plage de sable blanc. Laïla ne résista pas à l’envie de s’y asseoir et plongea avec délectation ses mains dans le sable fin, profitant de se douceur, de sa chaleur. Le séant posé sur son tapis moelleux, la jeune femme observait le sable s’échapper de ses mains quand elle écarta les doigts. La lumière des soleils faisait luire d’or et d’argent les infimes grains rocheux, les faisant danser dans l’air tiède lorsqu’une brise légère souffla.
« Viens ! » murmura une voix mélodieuse.
Laïla balaya du regard les alentours, se demandant si elle n’avait pas rêvé.
« Il n’y a rien, personne… Mais, je connais cette voix… »
Alors, elle sut pourquoi elle était là. En réalité, elle l’avait toujours su.
La voix du vent lui avait bien dit sur la plage. Un oiseau blanc atterrit sur un rocher face à elle.
Il s’agissait de la colombe, qui la considérait de ses deux petits yeux noirs, en dodelinant nerveusement de la tête.
« Tu m’attends, n’est-ce pas? » s’enquit Laïla, avec un petit sourire entendu.
 La colombe émit un doux roucoulement et s’envola avec grâce en direction de l’horizon, par delà les flots argentés de l’océan.

   « Qu’est-ce qui m’a pris de suivre cet oiseau ? » se sermonna la jeune femme qui, n’ayant écouté que son intuition, se retrouvait maintenant au milieu de la grande bleue à la poursuite d’une colombe. Ses membres étaient engourdis, ses certitudes aussi.
Laïla se mit à nager sur le dos, espérant tromper ses muscles fatigués en leur offrant des mouvements différents.
Des goélands croisèrent sa route, signifiant leur présence de leur cri caractéristique.
Tous se dirigèrent vers un promontoire rocheux qui abritaient de nombreuses colonies d’oiseaux. Goélands, macareux, sternes… joignaient leurs voix en chœur provoquant un joyeux brouhaha.
En bas du pic rocheux, quelque chose se mit à bouger. Un énorme animal ressemblant à un hippopotame était étendu sur les rochers et se redressait lentement. Sa peau était grise et écailleuse, ses larges pieds palmés et sa mâchoire prognathe laissait apparaître deux grandes défenses inférieures. La créature s’ébroua et s’approcha nonchalamment de l’eau en scrutant attentivement sa surface.
Une gueule écarlate jaillit alors des flots, non loin du rocher, faisant sursauter Laïla qui observait la scène non loin de là. Un animal longiligne, entre le brochet et le dragon chinois, aux écailles nacrées de rouge et de blanc exhiba une mâchoire garnie de dents acérées avant de replonger dans l’océan en un bruit assourdissant, éparpillant dans l’air des gouttelettes d’eau qui produisirent de petits arcs-en-ciel.
Le pachyderme sur le rocher, qui n’eut guère l’air surpris des frasques de son congénère, tourna plusieurs fois sur lui-même avant de s’écrouler lourdement pour se rendormir.
Laïla se remémora alors quelques vers de son poème favori, « Le bateau Ivre », d’Arthur Rimbaud :
« L’aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelques fois ce que l’homme a cru voir […]
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan […]
Le rut des Béhémots et des Maelstroms épais […]
J’ai vu des archipels sidéraux ! »
Les colombes, le Léviathan, le Béhémot…
« J’ai vu quelques fois ce que l’homme a cru voir... » prononça-t-elle à voix haute, flottant sur le dos, s’adressant au ciel.
Laïla ne trouvait toujours aucune explication rationnelle au monde qui l’entourait. Elle avait cessé d’en chercher une, de toute façon. Une seule question demeurait pertinente : où étaient donc ces archipels sidéraux ?

   Cela faisait de longues heures que Laïla se laissait dériver, à bout de force. Ses membres étaient raides et ne lui permettraient pas de continuer de nager. Les flots caressaient ses joues de manière hypnotique. Elle ferma les yeux, espérant un miracle.
Ce fut une forme triangulaire, sillonnant la surface de la mer, qui apparut, suivie d’une autre forme similaire qui semblait poursuivre la première. L’aileron et la nageoire caudale de l’animal dansaient maintenant en cercle autour d’elle. Quoique ce fut, c’était énorme et Laïla sentit la monter la peur. Elle vit l’animal sonder et le perdit de vue.
Il allait la dévorer, c’était maintenant une certitude inéluctable.
Des images ressurgirent de sa mémoire : le train-fantôme, le squelette, le vampire et … l’ogre qui l’avait avalée tout entière. Le squale était venu terminer le travail, voilà tout.
Son dernier regret fut qu’elle ne pouvait même pas se consoler en se disant qu’elle avait eu une belle vie. Ses paupières se fermèrent, mais pas assez fort pour retenir les larmes qui s’échappèrent pour rejoindre l’océan.

   « Ne pleure pas, soupira une voix dans sa tête. Je ne mange pas d’humain. C’est mauvais pour la santé parait-il ! Je suis venu t’aider. »
Le requin sortit sa gueule gigantesque de l’eau et ouvrit les mâchoires. Laïla referma promptement les yeux, effrayée.
« J’essayais juste de te sourire, mais ça n’a pas l’air de te rassurer… protesta le squale.
- Oh, désolée. Vous êtes sacrément imposant tout de même ! s’excusa Laïla.
- Allez, accroche-toi, le temps presse… » fit le requin, en présentant son aileron à la jeune femme.
L’animal se mit à naviguer lentement d’abord, puis plus rapidement, une fois assuré que son rémora de fortune était bien cramponné. Tous deux reprirent la route empruntée, plus tôt dans la journée, par la colombe, droit vers l’horizon.



Chapitre VI

   « Clic clac ! Clic clac ! Clic clac ! Clic clac ! »
Un crabe couleur pourpre se promenait sur le sable orangé, faisant claquer ses quatre pinces dans l’air chaud de cette fin de journée.
Les deux soleils étaient en train de rejoindre l’horizon, tissé de rose et d’orange.
Laïla venait d’entrouvrir les yeux mais sa vision restait encore floue.
Elle réalisa qu’elle était allongée sur le sable et se redressa, s’appuyant sur ses bras pour s’asseoir. Ses vêtement étant secs, elle déduit qu’elle se trouvait là depuis un moment.
Ses membres, douloureux, accusaient le coup de la longue nage qu’elle avait effectuée.
Elle se massa les bras en contemplant les vagues caresser la plage et le crabe s’éloigner.
Le requin l’avait conduite jusqu’ici. Et après ?
La jeune femme se mit péniblement debout et inspecta les alentours.
Sa vision était maintenant nette. Comme elle ne l’avait jamais été. Laïla eut l’impression de découvrir le monde pour la première fois. Les couleurs étaient plus vives, la lumière plus brillante et l’odeur de l’océan l’enivrait tel un vin de vigueur. Toutes ses sensations étaient plus exacerbées. La musique du va-et-vient des vagues et la voix du vent firent vibrer ses oreilles, son corps, puis son cœur. Elle l’écouta battre un long moment, surprise et intriguée par ce petit rythme sourd et régulier. Pour la première fois de sa vie, elle se sentit vivante.
Et plus déterminée que jamais.

   Elle se trouvait sur une île, faite de forêts foisonnantes, au sein desquelles se dressait une enceinte faite de murs de pierres blanches. Non loin, un chemin s’enfonçait dans la végétation dense pour disparaître entre les arbres. Avant de s’y engager, Laïla scruta l’océan en cherchant le squale qui lui avait permis d’arriver ici. Comme elle ne le vit pas, elle cria ses remerciements aux vagues et emprunta le sentier pour s’engouffrer dans les vertes frondaisons exubérantes.

   Des lézards à long bec et aux plumes multicolores volaient en tous sens, tournoyant entres les branches en poussant de longs cris aigus, rappelant ceux des oiseaux au crépuscule. Devant elle, une famille de coatis traversa avec hâte le sentier. Le petit dernier s’arrêta pour regarder l’étrange bestiole qu’elle devait constituer. Ses petites oreilles rondes et ses moustaches s’agitaient nerveusement, lui donnant un air interrogateur. Dans les buissons, un grognement impératif s’éleva. Son père ou sa mère venait de le rappeler à l’ordre et le jeune animal disparu rapidement. Enchantée de cette rencontre fortuite, Laïla finit par arriver au pied d’une arche, bordée de hauts murs clairs.
Des motifs géométriques et des arabesques, finement sculptés dans la pierre la décoraient.
Accompagnant l’arc de la voûte, une inscription calligraphiée était gravée de part et d’autre d’un cercle, au centre duquel figurait une plume. Laïla, férue d’égyptologie la reconnut instantanément. Cette plume symbolisait Mâat, déesse égyptienne de la justice et de l’ordre cosmique. Elle était celle qui veillait sur l’harmonie universelle.
La jeune femme s’interrogea alors sur le sens des mots inscrits autour du symbole.
« Clé de voûte, point d’équilibre du monde » lut-elle, sans savoir comment elle avait déchiffré ces caractères inconnus. Une petite voix lui avait soufflé les mots dans la tête.
« Il est là… » souffla-t-elle, avec soulagement. Elle arrivait au bout de sa quête.
Laïla se remit en route promptement. Elle avait hâte de le revoir.

   Au sein des murs, un jardin luxuriant, traversé d’une allée de pierre, libérait dans l’atmosphère tiède l’arôme enivrant des fleurs qui avaient reçu la chaleur du soleil pendant tout le jour.
Au bout du chemin, un grand escalier se dressait fièrement, invitant le promeneur à le gravir par les deux rigoles d’eau qui constituaient les rampes et par la végétation touffue qui offraient un oasis de fraîcheur longtemps attendu. Laïla savoura cette sensation et plongea une main dans le mince filet d’eau, en la laissant errer à contre-courant à mesure qu’elle gravissait les marches.
Elle remarqua que ces rigoles, grâce à de petites gouttières disposées à intervalles réguliers, assuraient également l’irrigation des jardins. La jeune femme admira l’ingéniosité du dispositif et poursuivit sa route.

   Des jardins encore plus vastes et plus parfumés l’attendaient en haut des marches.
Rosiers, grenadiers, sauges, orangers, jasmins et bougainvillées se répondaient en exhibant leur beauté sous la lumière rose des soleils.
Un bassin rectangulaire séparait les jardins en deux, menant à un palais de couleur crème surmonté de tuiles ocres.
Des jets d’eau disposés en quinconce de chaque côté du bassin se croisaient élégamment en parabole pour alimenter celui-ci.
De chaque côté du jardin, deux petites allées se rejoignaient devant le palais, invitant le visiteur à y pénétrer. Elle s’engagea sur une des allées et constata que les grenadiers étaient couverts de fruits mûrs. L’envie soudaine de déguster une grenade la démangea. Si leur saveur était la hauteur de la beauté des lieux, elles devaient être divines.
Laïla balaya les environs du regard, s’attendant à ce que quelqu’un ou quelque chose intervienne pour lui interdire de toucher au jardin, mais rien ne se passa. Elle saisit alors un fruit qui se mit à protester d’une petite voix nasillarde. Stupéfaite, la contrevenante relâcha aussitôt sa prise. La « grenade » se retourna et la fusilla de ses deux petits yeux noirs plein de reproches.
« Je suis désolée… bredouilla Laïla. Je… ne voulais pas… te déranger. Je pensais que je pouvais te… manger… »
La créature indignée lui tourna ce qui lui servait de dos, en maugréant de sa petite voix aiguë et redevint immobile.
Un doux rire cristallin lui parvint alors aux oreilles. Elle leva la tête et l’aperçut.
C’était lui, pas de doute. Elle reconnaissait son sourire, sa voix, sa douceur. Une immense vague de soulagement et de bonheur la parcourut. Ce sentiment la fit chavirer si fort qu’elle sentit les larmes lui monter aux yeux.
Laïla l’avait enfin trouvée, la clé de son voyage dans ce monde.


Chapitre VII

   Le garçon lapin se tenait au niveau de la coursive supérieure, appuyé sur la rambarde en bois.
La colombe apparut dans le ciel et se dirigea vers lui, pour se lover entre ses petits bras blancs.
Son oreille duveteuse et cassée vers l’arrière ballotta brièvement.
C’était le même que dans ses souvenirs.
« Je crois que… Je crois que je te cherche depuis longtemps. Sans le savoir… bredouilla la jeune femme, impressionnée.
- Monte ! Nous serons mieux sur la terrasse. » lui répondit-il, esquissant un geste de la main pour lui indiquer l’escalier.
Une spacieuse terrasse s’étendait à l’arrière du palais. Elle offrait une vue sur toute l’île, et au-delà, l’océan, teinté de pourpre et d’écarlate qui semblait s’étendre à l’infini.
Le garçon lapin l’invita à s’asseoir autour d’une table ronde, sculptée dans la pierre.
« Bienvenue, Laïla. Je t’attendais. Je suis l’Enchanteur de Paix. Désires-tu un jus d’orange ? Fait maison, avec les fruits du jardin ! »
La jeune femme considéra le liquide dans la carafe, avec suspicion et appréhension, et se demanda quoi répondre. Comprenant l’objet de son hésitation, le garçonnet rit de nouveau.
« Ces fruits là ne crient pas, si cela peut te rassurer ! Ils sont semblables à ceux de ton monde. » Lui dit-il de sa voix apaisante.
Elle accepta alors un verre de boisson et le porta à ses lèvres.
Jamais elle n’avait bu pareil nectar. Le jus était frais et sucré, avec une pointe d’amertume loin derrière, exhalant les arômes du fruit gorgé de soleil.
« Une harmonie parfaite… » murmura-t-elle, paraissant avoir oublié la présence de l’Enchanteur.
Celui-ci sourit et lui demanda :
« Sais-tu pourquoi tu es là ?
- Je crois… je cherche une clé. Celle de l’équilibre. » répondit-elle, en fronçant les sourcils et en plissant les yeux pour accompagner sa réflexion.
L’Enchanteur de Paix tendit sa petite main vers elle, paume en avant. Sans réfléchir, elle y accola la sienne. Et elle vit ce que l’homme a cru voir.
   Au commencement, était le néant.
Puis la Lumière de l’Univers fusionna avec l’Obscurité du Cosmos, donnant naissance au Feu, à la Terre, au Ciel et à l’Onde.
L’Onde éprouvait une affection tellement profonde pour la Terre que, lors de leurs embrassades, des arcs-en-ciel scintillaient dans le Ciel.
Les quatre éléments engendrèrent à leur tour les espèces vivantes qui devaient peupler leur monde.
Ensemble, ils réalisèrent tant de merveilles que leur source de création fut bientôt tarie. Dans un dernier soupir, les éléments conçurent l’être humain.
C’est ensuite toute l’histoire de cette espèce qui défila sous les yeux de Laïla, montrant son influence sur les quatre éléments et leurs habitants, animaux ou végétaux.
Puis sans savoir comment, le jeune femme se retrouva dans un bureau moderne, l’Enchanteur de Paix à ses côtés. Des hommes vêtus de costumes sombres discutaient autour d’une table de réunion aux proportions gigantesques. Ils parlaient d’un « être spécial », capable de contrer les « messagers » avant qu’ils aient pu mener leur tâche à bien.
Laïla ne comprenait pas un traître mot de cette conversation mais sentait qu’elle était importante.
Elle eut l’impression de reconnaître le visage de l’un des individus, mais n’eut pas le temps d’obtenir plus d’informations.
Le décor changea d’un coup.
C’était une Terre dévastée qui lui apparut ensuite. La planète, autrefois hospitalière et nourricière avait laissé la place à un caillou hostile sur lequel de rares êtres humains se battaient pour survivre. Le Feu, la Terre, le Ciel et l’Onde pleuraient leurs hôtes qui avaient depuis longtemps disparu de la surface de la planète.
Le Feu s’était fait plus ardent de colère, la Terre moins fertile de tristesse, le Ciel soufflait toujours plus fort espérant chasser l’intrus qui avait tout détruit et l’Onde avait tellement de fièvre qu’elle en était devenue stérile.
« Oh non… pas ça… » pensa Laïla, désespérée par le spectacle auquel elle assistait, impuissante.
Elle se retrouva ailleurs, dans l’espace et dans le temps.
Autour d’elle, un laboratoire, des chercheurs en blouse, dont certains lui paraissaient étrangement familiers et d’étranges capsules de verre. Elle comprit qu’ils symbolisaient l’espoir.
Mais elle sentit également que l’ombre inquiétante déjà croisée flottait encore non loin.
 
   Laïla se retrouva sur la terrasse avec le garçon lapin, totalement hébétée par ce à quoi elle venait d’assister, les yeux remplis de larmes et le cœur serré.
Il prit la parole :
«  Nous avons besoin de toi. Et toi, de nous. Je sèmerai la graine de la Renaissance et de l’Harmonie. Quant à vous…
- Nous ? questionna Laïla.
- Tu auras besoin d’aide, répondit-il en souriant. Vous, vous devrez arroser la graine, la protéger, la faire fleurir et fructifier, continua-t-il sereinement.
- Mais comment ? Je me sens si impuissante !
- Tu trouveras. Vous trouverez. Je serai toujours avec toi. » lui dit-il en posant sa main sur celle de la jeune femme.
Puis, il reprit :
« Ce à quoi tu as assisté est un des avenirs possibles. Mais tout n’est pas écrit d’avance. A toi d’inventer la suite de l’histoire... » acheva-t-il avec un sourire en prenant ses mains dans les siennes.
Lorsqu’il les ôta, elle vit qu’il y avait laissé une petite pierre d’ambre. Une graine dormait à l’intérieur.
Laïla leva les yeux pour remercier et interroger encore et encore l’Enchanteur de Paix mais il était déjà loin. Elle le regarda disparaître, sa petite oreille de velours cassée ballottant toujours au rythme de ses pas tranquilles.

Chapitre VIII

   Un plafond inconnu, blanc et nu, apparut devant ses yeux.
Laïla était allongée dans un lit, une terrible migraine battant contre ses tempes. Elle réalisa qu’elle était entourée de machines émettant des « bips » sonores réguliers.
« Un hôpital... » se dit-elle.
Non loin du lit, une fenêtre attira son attention.
Elle entreprit de se lever et éprouva un violent vertige. Elle se disait qu’elle allait s’écrouler d’une seconde à l’autre mais tint bon debout. En prenant soin de ne pas débrancher les électrodes accolées sur son crâne et son corps, elle se dirigea vers la fenêtre.
Dehors, des bâtiments gris et austères donnaient sur des rues sales et tristes où des gens pressés se déplaçaient, surveillés par des drones curieux surveillant leurs faits et gestes.
C’était le monde tel qu’elle l’avait connu. Rien n’avait changé.
Laïla avait échoué. L’Enchanteur de Paix n’était donc qu’un songe.
Ses jambes renonçant à la porter plus longtemps, elle s’effondra sur le lit tout proche et se mit à pleurer. A travers ses larmes, le paysage dehors devint un amas de tâches grises et confuses mais elle distingua soudain, au milieu de tout cela, une forme blanche aux contours bien nets.
« La colombe ! » s’étonna-t-elle.
Ses sanglots s’espacèrent et elle essuya son nez d’un revers de la main.
Elle décida que ce qui ne la tuerait pas la rendrait toujours plus forte.
Ayant besoin d’enfiler un pull, elle chercha du regard ses vêtements dans sa chambre. Ils étaient disposés sur une chaise, à côté de son lit. En enfilant son pull, elle remarqua quelque chose de singulier posé sur la table de nuit.
Il s’agissait d’un petit objet circulaire aux reflets bruns mordorés. Un sourire illumina alors son visage.
Laïla se rallongea sur le dos et contempla le plafond blanc avec un air rêveur.
« Modifié: 05 Août 2021 à 21:35:19 par Aponiwa »
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #1 le: 28 Juillet 2021 à 11:39:49 »
Bonjour Aponiwa,

J'ai commencé la lecture de ta nouvelle (Juste le chapitre I pour le moment).
Pour in formation, je n'ai pas lu "Le champignon" (C'est plus pour information, si des fois une question peut-être soulevée alors que la réponse est dans le premier texte...)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


D'un point de vue général, la lecture est fluide.
Dans l'histoire, je me demandais :
  • Est-ce que le souvenir qui te revient en voyant le lapin est lié à la première nouvelle ? Ou est-ce une information qui reviendra dans la suite ?
  • Concernant les masques, est-ce qu'il y a une "explication" du pourquoi qui va intervenir ou est-ce que ce pourquoi intervient dans la première nouvelle ?

En tout cas, ce premier chapitre laisse quelques interrogations qui donnent envie de voir ce qui se cache derrière l'association, cette fin du monde etc.

Au plaisir.

PS : J'éditerai sans doute plus tard pour les autres chapitres.
“A faint clap of thunder;
Clouded skies;
Perhaps rain comes – if so, will you stay here with me?”

“A faint clap of thunder;
Even if rain comes not;
I’ll stay here, together with you…”

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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #2 le: 28 Juillet 2021 à 16:59:50 »
Hello BeeHa et merci pour ta lecture!
Je commençais à me dire que personne ne voulait lire ce texte!  :s

Pour tes commentaires dans le texte :
- Oui la première phrase du chapitre a été retravaillée car je la trouvais redondante, elle l'est toujours et je ne sais toujours pas quoi faire du goéland. Le faire se poser est une bonne idée.

- "Enfant, Laïla avait le pouvoir de voler dans ses rêves, elle aussi. C’était toujours pour fuir des hordes de zombies, de monstres ou de robots tueurs, mais ce qu’elle ressentait alors à son réveil, ce n’était pas l’horreur de la situation, mais l’ivresse de la liberté.
A son grand regret, ce pouvoir avait fini par s’atténuer, puis disparaître, alors qu’elle grandissait.
Mais dans ses rêves, elle restait seule contre tous. Elle en avait pris l’habitude à la longue, y compris dans sa vie réelle. Solitaire, comme toujours. "
Complètement d'accord avec ton commentaire. En fait, je pense que c'est l'ordre des phrases qui mérite d'être revu.

- Je revois tes autres corrections aussi.

- Pour le souvenir, oui, ce lapin on le croise dans "Le champignon".

- Pas d'explication pour les masques. J'ai pris le parti de raconter du point de vue du personnage, le lecteur le découvre petit à petit.

Je pensais que l'on pouvais lire cette histoire sans forcément avoir lu le début (le champignon), mais tu me fais douter...! T'es tu senti gêné dans ta compréhension?

Autre chose : j'ai posté tous les chapitres d'un coup. J'ai vu certains poster leurs chapitres un par un. Je ne sais pas quelle méthode est la plus confortable pour le lecteur / correcteur.

Un grand merci pour ta lecture et tes commentaires!  :)
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #3 le: 29 Juillet 2021 à 15:16:18 »
Bonjour Aponiwa,

Ah non, quand ils sont plus longs, les réponses peuvent mettre plus de temps (Demandant plus de temps) et la période estivale n'est pas toujours la plus active sur les fora. (Je dis ça alors que je reviens pendant cette période moi haha)

Pas de soucis pour les masques, si les explications arrivent dans les suites, c'est parfait. C'était pour être sûr que ce n'était pas une explication donnée dans la première nouvelle. :)

Non non, je ne me suis pas senti gêné, mes questions étaient plus pour savoir si les réponses viendraient, ou si c'était dans le champignon.

Pour la méthode de "postage", honnêtement, ça ne me dérange pas l'une ou l'autre. Plusieurs d'un coup, ça a l'avantage de se dire qu'il y a peut-être une fin, alors que chapitre par chapitre, on peut se demander si un jour la fin arrivera... Mais d'un autre côté, un chapitre à la fois paraît plus digeste. Dans mon cas, comme je fais souvent un chapitre après l'autre, que ce soit posté en une fois me dérange pas, je peux quand même me concentrer sur un chapitre après l'autre. :) (Ca fait un peu confus comme réponse là haha)

Et donc, voilà le chapitre II. ~

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Quelques petites questions sur l'histoire :

  • Elle attend le dépeuplement parce que ce qu’elle cherche est « illégal » ? Parce que si c’est le cas, ça me parait un peu audacieux, alors que la surveillance de l’univers semble importante, de faire ainsi sur son lieu de travail. :) A moins qu'elle ne sache exactement comment se protéger et effacer ses traces, mais si le responsable réseau s'en rend compte, ce n'est pas forcément le cas... Du coup, c'est peut-être juste en dehors de son domaine habituel ?
  • Je me demandais aussi pourquoi faire les réunions en ville (je suppose vu que c'est dans des immeubles) alors que dans le premier chapitre, tu parles d'une grande vidéosurveillance. Ou peut-être préciser que c'est un quartier "isolé" voire non surveillé, parce que sinon, la discrétion parait limitée. :)

Au plaisir ~


EDIT 30/07/2021

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
« Modifié: 30 Juillet 2021 à 16:27:27 par BeeHa »
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #4 le: 30 Juillet 2021 à 18:03:12 »
Un grand merci pour ta relecture, BeeHa.  ^^

J'ai corrigé en tenant compte de tes remarques. Effectivement, il y a des choses maladroites et des éléments qui ne tiennent pas debout!
- Laila ne fait rien "d'illégal", quand elle fait les recherches pour Alessandro, mais je pense il n'est pas bien vu de travailler pour autre chose que les recherches de son labo! Je voulais introduire la sensation qu'elle était sous surveillance...
- Bien vu pour les réunions en ville...! :)
- Quand j'explique que Laila préfère travailler sur des spécimens morts, ça n'exclut pas que des fois, il faille des insectes vivants. De plus, si les cadavres ne sont pas en bon état, ça ne l'avance pas non plus... dois-je clarifier tout ça (et est-ce intéressant de le dire surtout?)

Je remets donc les 3 chapitres corrigés.

Encore un énorme merci pour ton aide précieuse! :)

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« Modifié: 04 Août 2021 à 15:14:11 par Aponiwa »
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #5 le: 04 Août 2021 à 15:16:31 »
J'ai refait de nouvelles corrections dans les trois premiers chapitres.
@BeeHa : j'espère que tu liras et que tu continueras à me donner des conseils? (j'espère que mon texte ne t'as pas trop ennuyé, c'est plus fluide après, promiiiis!  ;))

Si une autre bonne âme peut aussi aider, je prends! :)
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #6 le: 16 Août 2021 à 12:05:11 »
Bonjour Aponiwa,

Me revoilà donc. :)

Je vais probablement lire les corrections des premiers chapitres dans l'après-midi, mais voilà déjà le chapitre IV.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Et non, ne t'en fais pas, ça ne m'ennuie pas ;)
Content que ça puisse t'aider un peu en tout cas.

Au plaisir ~


EDIT : Je me suis questionné, d'un point de vue général, si ce serait intéressant de décrire un poil plus ce nouvel environnement.  Arbres connus ou non ? Dimensions ? Ce genre de choses. :)


EDIT2 : Je viens de lire les versions corrigées.
Je vais pas rentrer dans le détail, mais j'ai bien senti les différences. Le début du premier chapitre passe beaucoup mieux en tout cas. :D

Sur les points particuliers, j'ai trouvé ça mieux comment tu présentais les recherches qu'elle fait plus tard le soir. La localisation de la réunion aussi, ça parait plus "adéquat" compte tenu de la description de la société. :)
« Modifié: 16 Août 2021 à 15:06:22 par BeeHa »
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #7 le: 16 Août 2021 à 18:16:06 »
Bonjour BeeHa, encore un énorme merci pour ton aide.  :)
Je corrigerai et te répondrai en détail quand je serai de retour sur mon pc.
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #8 le: 17 Août 2021 à 11:47:27 »
Bonjour Aponiwa,

Pas de soucis, je continue tranquillement pendant que j'ai du temps. :)

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D'un point de vue global, j'ai eu la sensation que le personnage était vraiment très sereine face à sa situation. Que ce soit le fait d'être "perdue" au milieu d'un environnement dont elle ignore tout, sur le fait d'être épuisée au milieu de l'océan, de voir des prédateurs autour... Même dans le chapitre précédent, elle ne semble pas s'effrayer du chat-poulpe dont l'image ne parait pas tranquillisante... Je me dis que c'est sans doute lié à son amour de la Nature, mais peut-être qu'elle a un sang-froid impressionnant ? Je ne sais pas si c'est souhaité ou pas dans la construction de ton personnage. :)

Au prochain commentaire ~
« Modifié: 18 Août 2021 à 10:30:41 par BeeHa »
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #9 le: 17 Août 2021 à 22:49:35 »
Merci!!!
Alors, oui, je voulais faire ressortir le sentiment que Laila se sentait bien dans ce monde, malgré les interrogations évidentes qu elle peut avoir.
Visiblement, j ai loupé mon coup! Je pensais avoir glissé des petites phrases qui l indiquaient.
D abord, elle a une confiance aveugle en la nature. Quand elle arrive dans ce monde, elle s interroge mais n a pas peur. Elle sent qu il est bienveillant et qu elle a quelque chose d important a y faire.
Quand elle sent qu aucun humain n habite ce monde, elle en est presque joyeuse.
Effectivement, la scène en mer m a posé des problèmes. Je me suis demandée pourquoi elle avait peur du requin et pas des monstres croisés plus tot.

Sinon, pour tes commentaires, d accord avec tout.

Et oui, a côté de la fontaine, elle pleure dans son vomi. Quand je t ai lu, je me suis bien marré en me disant : "m.....de!"

Bonne soirée et encore merci!
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #10 le: 18 Août 2021 à 11:52:39 »
Bonjour Aponiwa,

Pour te répondre :
  • Ah non, pardon, je ne me suis pas forcément bien exprimé. Ce n'est pas le fait qu'elle se sente bien dans ce monde, mais plus le fait qu'elle ne semble avoir aucune appréhension... Peut-être pour limiter ça accentuer le fait qu'elle ait une confiance aveugle en la Nature ? Ou "montrer" qu'elle reste sur ses gardes malgré tout peut-être ? Ce serait peur-être un équilibre sympa entre confiance et crainte ?
  • Pour la peur des requins, peut-être l'appréhension liée à la culture humaine en général où le requin n'est que rarement présenté comme autre chose qu'un danger, une menace, un méchant ?

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


J'aime bien comment tu fais avancer l'histoire, au niveau du rythme.
Niveau question :
  • Je me suis demandé pourquoi elle ne cherchait pas la colombe des yeux en se relevant ? Ne serait-ce que pour vérifier qu'elle n'est pas là à l'attendre.
  • Les jardins sont vraiment sympas. J'aurai peut-être ajouter un peu plus de couleurs dan les descriptions ? Ou s'il n'y en a pas forcément, jouer un peu plus sur le contraste vert/blanc entre les constructions "humaines" et celles de la Nature ?

Au plaisir ~
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #11 le: 18 Août 2021 à 12:43:34 »
Hello!
Encore merci pour ces nouveaux commentaires! 🙂

- je modifierai effectivement pour faire bien comprendre que malgré sa confiance en la nature,  Laila reste sur ses gardes.
- ok pour le requin, si ca ne choque pas c est nickel!
- ok avec tous tes commentaires dans le texte!
Pour les escaliers, oui, la rigole est sur la rampe, et l escalier entouré et surplombé de verdure.
- pourquoi elle ne cherche pas la colombe : pour moi, le passage dans la mer sert à "purifier" son âme. Laila récupère son innocence (perdue dans la 1ere histoire, "le champignon"). Du coup, elle voit clairement maintenant (toujours en référence avec le bateau ivre!). Elle n est plus sensée avoir besoin de guide maintenant.
- je suis d accord pour les jardins. Je me suis pris la tête pour les décrire. Je me suis inspirée des jardins de l alhambra, à Grenade. C est tellement dense et tellement beau que je n ai pas réussi à restituer cette majesté! Je ferai effectivement comme tu le conseilles, ajouter de la couleur sur la toile.

Encore merci à toi! 🙂
« Modifié: 18 Août 2021 à 12:45:19 par Aponiwa »
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #12 le: 19 Août 2021 à 12:15:46 »
Bonjour Aponiwa,

Ah merci pour les éclaircissement sur la colombe, je comprends mieux. Surtout qu'avec le requin qui l'aide, ça parait cohérent pour se savoir au bon endroit.

Voilà la suite.

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Pour le reste :
  • je suppose que les questions de "messager" et d'"être élu" vont être développés dans la suite ? Ça amène une nouvelle intrigue pour la suite.
  • J'avais une interrogation sur l'homme-lapin... J'ai un peu de mal à saisir sa forme je crois... J'avais la sensation qu'il pouvait être l'animal ou l'être humain, mais j'ai l'impression que dans ce monde, il est un peu les deux en même temps, c'est bien ça ?
  • Du coup, par rapport à la clé de l'équilibre, est-ce qu'elle cherche dans ce monde ou est-ce le lapin ? Je me suis senti un peu "indécis" sur ce point dans ce chapitre... (Comme je l'ai noté dans les commentaires.)

A bientôt ~


EDIT 20/08/2021

Et voilà la fin :D

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Pour le reste :
  • Comme mis dans les commentaires, je pense qu'enlever le côté sur son "possible" échec, en accentuant plutôt sur le côté possible d'un simple rêve collerait un peu mieux je trouve. Et l'idée est "balayée" ensuite à la fin du chapitre.
  • Ça m'a d'abord fait un peu "bizarre" la brièveté du chapitre par rapport aux précédents, mais en fait, c'est bien mené et il n'y a pas forcément besoin de plus pour aller du point initial du chapitre à sa conclusion. Ça fait presque comme un interlude, un chapitre transition avant de retourner dans le "monde réel". :)
    Du coup, j'aime bien.

Voilà, n'hésite pas à me dire quand tu auras ajouter la suite, au cas où je ne le vois pas. :)
A bientôt ~
« Modifié: 20 Août 2021 à 09:58:21 par BeeHa »
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Re : La Terre (env 8600 mots)
« Réponse #13 le: 20 Août 2021 à 12:43:29 »
Ouf, tu as réussi à tout lire, félicitations!  ;)

- Pour les "élus" : oui, cela sera développé dans la suite, effectivement.
- le garçon lapin est décrit dans le Champignon, et j'ai du oublier de remettre une description ici. Il s'agit en fait d'un petit garçon déguisé en lapin (genre pyjama, tu vois?)
- Pour ce qu'elle cherche : j'avoue, que j'ai longtemps été indécise aussi. En fait, le garçon détient la clé, et il lui donne à la fin.
- ok avec tous tes derniers commentaires.
- On peut enlever l'échec, mais j'imaginais qu'au réveil Laila aurait une déception en se rendant compte qu'elle n'a pas "sauvé le monde". Puis, la graine la rassure.

J'ai une question qui me taraude, peut-être pourras-tu m'éclairer : je pensais écrire une 3e et dernière nouvelle qui se situerait 30 ans plus tard.
En gros, après cette "rencontre", Laila va mettre sur pied un projet scientifique pour "sauver le vivant" et "restaurer l'harmonie". Elle sera aidée de plusieurs personnes pour cela. D'autres prendront la relève 30 ans après pour poursuivre ce qui a été entamé.
Et là, je ne sais pas quoi faire. J'ai commencé à écrire la 3e partie, en pensant revenir sur le travail fait par Laila et ses collègues par flash backs. Mais j'ai l'impression que j'ai plein de choses à raconter sur la façon dont Laila procède et qu'il me faudrait en fait 4 parties... En vrai, je ne sais pas si ce passage est vital à raconter et mérite une histoire à part...
Je ne sais pas si je suis claire (je ne crois pas, moi-même je suis embrouillée! :) )

Bref, j'attaque les corrections dès aujourd'hui et je les mettrai ici.

Je te dirai pour la suite, mais comme tu vois ce n'est pas pour demain! :)

Merci infiniment pour le temps que tu as passé sur mon historie, ça m'aide énormément! :)

EDIT :

J'ai corrigé le texte grâce à ton aide précieuse.
Je remets l'intégralité ici (pour pas couper en morceaux, des fois qu'il y ait d'autres lecteurs!...  :-¬? :

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Plusieurs choses :
- "Et j'ai vu quelque fois ce que l'homme a cru voir !" : cette phrase est tirée du Bateau Ivre. Au chapitre VII, quand l'Enchanteur lui montre "le monde", "Et elle vit ce que l'homme a cru voir" est juste à prendre comme une référence. Du coup, j'ai ajouté des guillemets.

- Toujours chapitre VII, "Mais elle sentit également qu’une ombre inquiétante, qu’elle connaissait sans pouvoir la nommer, flottait encore non loin." L'ombre est quelque chose qu'elle sent. Elle sent qu'elle l'a déjà croisé et le sent derrière sa vision du futur.

- Pour le palais, je me suis inspirée du Generalife de Grenade. Les rambardes sont bien en bois.
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Encore merci à toi! Belle soirée! :)
« Modifié: 20 Août 2021 à 22:58:09 par Aponiwa »
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