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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le départ de l'ange

Auteur Sujet: Le départ de l'ange  (Lu 3376 fois)

Hors ligne Uranus000

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Le départ de l'ange
« le: 31 Octobre 2011 à 04:24:34 »
La nuit dernière je me suis endormie sur son portrait. Celui là qu’il avait fait exprès pour moi. Aujourd’hui, assise dans son lit, je regarde les murs de sa chambre tapissés de photographies diverses. J’en vois une qui attire tout de suite mon attention. Celle de ses 8ans. Il vient tout juste de recevoir sa première bicyclette et il regarde l’objectif souriant : un vrai petit ange. La seconde qui retient mon regard est une photo de sa remise de prix à un concours de natation quand il avait 12ans. Là encore, il fixe l’appareil sans hésitation, souriant à pleines dents et sans aucune retenue. Il montre fièrement sa médaille et lève un pouce en l’air. Je l’entends encore me crier  « Maman maman !!! Je l’ai eu, j’ai réussi ». Je me rappelle l’avoir emmené manger  une glace après ça. Une énorme, vanille chocolat. Il a tout englouti d’un coup, la bouche barbouillée, il n’a pas cessé de me raconter sa course folle à la nage. Et moi je l’ai regardé, l’ai écouté, lui ai parlé parce qu’en cet instant rien n’était plus important que lui et moi.
Tout doucement je me lève et je m’approche du mur. Il y a encore d’autres dizaines de photos à différents stades de sa vie. Sa première leçon de surf, son premier cours de guitare, son premier bal, lui à un concert avec des potes ou encore dans sa chambre d’étudiant à l’université… Des images toutes aussi révélatrices les unes que les autres. A tout moment de sa vie. Je parcours du regard son « univers » comme il aimait me le répéter. Cet endroit qui a tout représenté pour lui et qui maintenant apprend à vivre sans lui. Son bureau est tel qu’il l’avait laissé, je n’y ai pas touché. Je n’ai pas assez de courage pour le faire. Pas encore.
J’avance vers la fenêtre et je l’ouvre d’un coup sec, respirant l’air frais de cette nuit de printemps. Je saisis un cahier. Son journal. Je l’ai trouvé au fond de son placard en rangeant ses affaires la semaine dernière. Au début je n’ai pas pu le lire sans avoir l’impression de trahir sa mémoire. Mais maintenant j’ose croire que ça n’a plus aucune importance. Je la reconnais bien cette écriture, longue et accentuée. Je parcours les lignes lentement, m’immisçant dans sa tête sans hésiter. Il me raconte ses journées et ses nuits, me parle de ses pensées les plus secrètes. J’ai alors l’étrange sensation de le sentir près de moi. La page sur laquelle je m’attarde est datée d’il y a 3 ans :

« Je suis allé me balader dans le parc cet aprèm, maman était sortie et je n’avais aucune envie de me retrouver seul à la maison. J’ai longé l’allée sous le regard parfois indiscret de certains gamins et de leurs parents. Je dois avouer qu’avec mon blouson et ma capuche relevé alors que le soleil brulait fortement, je ne devais pas passer inaperçu. Je me suis arrêté un instant devant une balançoire, fixant ce petit garçon qui s’y balançait tout seul,  et était visiblement fier d’y arriver. Un instant j’ai cru me voir. Pourtant nous n’avions rien en commun. J’ai toujours rêvé me balancer avec mon père. Lui me poussant et moi agitant  les pieds pour que j’aille toujours plus haut. Et chaque fois que je revenais vers lui, il me donnait une petite tape sur le dos en me susurrant un « bravo fiston ». Seulement je n’ai pas eu l’occasion de le faire… »

Je m’arrête et relève la tête. Savoir que mon Josh avait souvent rêvé de son père me rend triste. Quand Charlie est mort suite à un accident de voiture, Joshua n’avait que 5 ans. Le pauvre petit savait à peine ce qui se passait qu’il s’étonnait toujours de me voir pleurer à l’époque. Quelques fois quand il me demandait ou était papa, je lui répondais simplement «  il est au ciel mon chéri ». Je n’ai jamais su s’il me comprenait ou ce qu’il en pensait. Pourtant maintenant, je vois bien que son père lui manquait et qu’il souffrait de son absence. Je respire un grand coup avant de reprendre ma lecture.

«  Après le parc, j’ai décidé d’aller manger un morceau. En arrivant au café du coin, j’y ai aperçu Danny et sa bande de robot-basketteurs. Je ne saurai dire pourquoi, mais lui et ses amis m’ont toujours un peu laissé indifférent. D’ailleurs je ne les aurais peut-être pas remarqués si Tiffany ne m’avait pas fixé pendant un moment. Je l’ai regardée aussi et nous sommes restés comme ça sans bouger. Danny a dit quelque chose et elle a détourné les yeux. J’aime bien son regard, d’ailleurs je le lui ai dit une fois en cours de biologie quand nous formions un binôme pour l’examen de TP. Elle m’a tout simplement souri en retour. Pas la peine de parler, on s’était compris. »

Je ferme les yeux, essayant de vivre cette scène avec mon fils. Ce moment où il rencontre quelqu’un qu’il aime bien. J’essaie d’imaginer ce qu’il a pu ressentir sur le coup, comment l’a-t-il vécu. Ça m’encourage de savoir qu’il a pu vivre certains de ces instants, vivre comme tout autre garçon de son âge. A la suite, il me parle de ses journées à l’école, ses vacances en colonie, comment il a invité Tiffany au bal de l’école. Il me raconte aussi ses grandes déceptions. Je ne vois pas le temps filer, je le sens juste à travers les lignes que mon fils m’a laissées. Avec ces mots j’apprends, je souris, je compatis et parfois je m’éclate même de rire. Jusqu’à cet épisode. Celui là je le connais déjà, pas la peine de le lire mais la curiosité de savoir comment Joshua voyait les choses est plus forte. L’événement date d’un an :

«  Ça y est. J’y suis. Je ne comptais pas te le dire de peur que ça ne devienne réel si je le faisais, mais les dés sont jetés et je n y peux rien. J'ai un cancer. Une leucémie. Au début, je n y prêtais pas vraiment attention même quand maman pleurait dans sa chambre la nuit. Mais avec le temps, j’ai compris l’ampleur de ma maladie. J’ai été effrayé, j’ai paniqué. Je viens d’avoir mon baccalauréat et je vais aller à l’université, alors pourquoi ? Je pense surtout à maman. Que deviendra-t-elle ? Sans papa, sans moi ? J’ai encore du mal à le croire. Pourtant ma vie est en train de s’écrouler. Et tous ses rêves que j’ai ? Toutes ses folies que je n’ai pas encore faites ?... »

Ça suffit ! Je n’en peux plus de lire. Je m’arrête là et je remarque une tache ronde et sombre sur la feuille. J’y pose un doigt et l’évidence s’offre à moi. Joshua avait pleuré. Tout comme moi en ce moment. Mon petit amour avait été ravagé, lui qui était encore si jeune. Je ferme les yeux et je revois encore des scènes accablantes. Malgré sa maladie, mon Josh ne s’est pas laissé abattre. Il est allé à l’université, a vécu comme un étudiant normal la tête pleine de rêves d’avenir. Et quand son état a empiré, il est rentré à la maison. Nous avions profité un max l’un de l’autre. Il est allé jusqu’à faire faire un portrait de lui par un des ses amis qu’il avait rencontré au campus. Un visage que je garderai toujours près de moi.
La veille de sa mort, il m’a chuchoté «  ne t’en fais pas maman, j’ai passé 18 années merveilleuses en ta compagnie et je ne les échangerai même pas pour être guéri. Je t’aime.»
Les larmes coulent en silence sur mes joues. Mais celles-ci, je les laisse sortir, je n’ai pas envie de les voir cesser.


« Modifié: 31 Octobre 2011 à 04:37:17 par Uranus000 »

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Re : Le départ de l'ange
« Réponse #1 le: 01 Novembre 2011 à 12:34:22 »
Citer
Celui là qu’il avait fait exprès pour moi.

Celui tout court, non ? "celui-là qu'il", je suis pas sûre que ce soit des plus correct niveau grammaire.

Citer
Aujourd’hui, assise dans son lit, je regarde les murs de sa chambre tapissés de photographies diverses. J’en vois une qui attire tout de suite mon attention.
POur éviter de répéter encore un verbe de vision, tu pourrais mettre "Aujourd'hui [...] diverses. L'une d'elles attire tout de suite mon attention."

 
Citer
Celle de ses 8ans.
en lettres^^ (ça vaut pour tout le texte)

 
Citer
J’ai longé l’allée sous le regard parfois indiscret de certains gamins et de leurs parents.
c'est vraiment bizarre d'écrire ça dans un journal intime. Ca fait "remarque de narrateur" et pas vraiment "pensée personnelle".  Si tu voulais dire que les gens le regardaient mal ou quelque chose dans ce gout-là ben dis-le comme ça, un journal intime, ça reste assez "oral" comme façon d'écrire.

Citer
Je n’ai jamais su s’il me comprenait ou ce qu’il en pensait.
je pense qu'à cinq ans, il est capable de comprendre un minimum l'idée. Peut-être même que justement il l'a mieux dédramatisée avec l'histoire de monter au ciel^^

Citer
«Je ne saurai dire pourquoi, mais lui et ses amis m’ont toujours un peu laissé indifférent.
saurais

Citer
Celui là je le connais déjà,
celui-là

 
Citer
Nous avions profité un max l’un de l’autre.
attention, là tu vires dans la familier, ce qui n'est pas trop dans le ton du texte (c'tait pareil tout à l'heure avec "potes", si tu veux donner l'impression que la mère réutilise des mots de "jeunes", mets-les en italique^^)

Et ben c'est gai tout ça, xD. Je trouve que tu écris pas mal, c'est fluide, pas de fautes et bien construit. Maintenant tu pourrais un petit peu améliorer la transition entre le journal intime et les explications mémorielles de la mère, parce que ça fait un peu artificiel de mettre journal intime - la mère ferme les yeux et se remémore ce qui s'est passé, la mère reprend le journal intime - journal intime- la mère referme les yeux etc etc. Tu pourrais essayer de plus les mêler, en plus comme tu utilises l'italique pour le journal intime du fils ben y a déjà une différenciation typographique donc à la limite si tu nous colles le journal intime et les pensées de la mère sans passer par un verbe de dérochage du style " ferma les yeux" etc, ben on sera pas perdu vu qu'on verra que là on a plus d'italique donc qu'on est plu dans la lecture du journal intime. Tu vois ce que je veux dire ?
Sinon je pense que tu pourrais prolonger un peu ton texte aussi parce qu'il se lit bien mais je le trouve un peu court au sens où ce type de textes, on le lit très souvent. Donc ne fais pas comme les autres et ne t'arrête à la mort du garçon, change, innove, finis autrement, de manière plus complète, enfin pousse le truc plus loin quoi ! :P
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Uranus000

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Re : Le départ de l'ange
« Réponse #2 le: 01 Novembre 2011 à 13:39:32 »
ok, je vais le retravailler . Merci

Hors ligne Uranus000

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Re : Le départ de l'ange
« Réponse #3 le: 01 Novembre 2011 à 17:00:49 »
j'ai essayé de corriger  les quelques fautes d'orthographe et notions de grammaire ( j'espère que ça ira). et j'ai ajouté une ou deux petites choses. bonne relecture.

                                                                                         Le départ de l'ange                                                                     

La nuit dernière je me suis endormie sur son portrait. Celui qu’il avait fait exprès pour moi. Aujourd’hui, assise dans son lit, je regarde les murs de sa chambre tapissés de photographies diverses. L’une d’elles attire tout de suite mon attention. Celle de ses  huit ans. Il vient tout juste de recevoir sa première bicyclette et il regarde l’objectif souriant : un vrai petit ange. La seconde qui retient mon regard est une photo de sa remise de prix à un concours de natation quand il avait douze ans. Là encore, il fixe l’appareil sans hésitation, souriant à pleines dents et sans aucune retenue. Il montre fièrement sa médaille et lève un pouce en l’air. Je l’entends encore me crier  « Maman maman !!! Je l’ai eu, j’ai réussi! ». Je me rappelle l’avoir emmené manger  une glace après ça. Une énorme, vanille chocolat. Il a tout englouti d’un coup, la bouche barbouillée, il n’a pas cessé de me raconter sa course folle à la nage. Et moi je l’ai regardé, l’ai écouté, lui ai parlé parce qu’en cet instant rien n’était plus important que lui et moi.
Tout doucement je me lève et je m’approche du mur. Il y a encore d’autres dizaines de photos à différents stades de sa vie. Sa première leçon de surf, son premier cours de guitare, son premier bal, lui à un concert avec des amis ou encore dans sa chambre d’étudiant à l’université… Des images toutes aussi révélatrices les unes que les autres. A tout moment de sa vie. Je parcours du regard son « univers » comme il aimait me le répéter. Cet endroit qui a tout représenté pour lui et qui maintenant apprend à vivre sans lui. Son bureau est tel qu’il l’avait laissé, je n’y ai pas touché. Je n’ai pas assez de courage pour le faire. Pas encore.
J’avance vers la fenêtre et je l’ouvre d’un coup sec, respirant l’air frais de cette nuit de printemps. Je saisis un cahier. Son journal. Je l’ai trouvé au fond de son placard en rangeant ses affaires la semaine dernière. Au début je n’ai pas pu le lire sans avoir l’impression de trahir sa mémoire. Mais maintenant j’ose croire que ça n’a plus aucune importance. Je la reconnais bien cette écriture, longue et accentuée. Je parcours les lignes lentement, m’immisçant dans sa tête sans hésiter. Il me raconte ses journées et ses nuits, me parle de ses pensées les plus secrètes. J’ai alors l’étrange sensation de le sentir près de moi. La page sur laquelle je m’attarde est datée d’il y a trois ans :

« Je suis allé me balader dans le parc cet aprèm, maman était sortie et je n’avais aucune envie de me retrouver seul à la maison. Pendant que je longeais l’allée, je sentais les regards des parents et  des enfants sur moi. Ils me regardaient bizarrement, sûrement  à cause de  mon blouson et  de ma capuche relevée alors que le soleil brulait, je ne devais pas passer inaperçu. Je me suis arrêté un instant devant une balançoire. Je regardais ce petit garçon qui s’y balançait tout seul,  il semblait visiblement  fier d’y arriver. Un instant j’ai cru me voir. Pourtant nous n’avions rien en commun. J’ai toujours rêvé me balancer avec mon père. Lui me poussant et moi agitant  les pieds pour que j’aille toujours plus haut. Et chaque fois que je revenais vers lui, il me donnait une petite tape sur le dos en me susurrant un « bravo fiston ». Seulement je n’ai pas eu l’occasion de le faire… »

Savoir que mon Josh avait souvent rêvé de son père me rend triste. Quand Charlie est mort suite à un accident de voiture, Joshua n’avait que cinq ans. Le pauvre petit savait à peine ce qui se passait, il s’étonnait toujours de me voir pleurer. Quelquefois quand il me demandait ou était papa, je lui répondais simplement «  il est au ciel mon chéri ». Je n’ai jamais su réellement s’il me comprenait ou ce qu’il en pensait. Parfois, il me parlait de son père avec une pointe de regret.  Pourtant maintenant, je vois bien que son père lui manquait et qu’il souffrait de son absence. Je respire un grand coup. Ai-je été à la hauteur ? Je n’en sais rien.  Tout allait pour le mieux entre nous, même s' il nous arrivait de nous disputer. Mais peu importe notre relation, j’ai toujours été là pour mon fils, prêt à l’écouter et à lui parler.

«  Après le parc, j’ai décidé d’aller manger un morceau. En arrivant au café du coin, j’y ai aperçu Danny et sa bande de robot-basketteurs. Je ne saurais dire pourquoi, mais lui et ses amis m’ont toujours un peu laissé indifférent. Je ne les aurais peut-être certainement  pas remarqués si Tiffany ne m’avait pas fixé pendant un moment. Je l’ai regardée aussi et nous sommes restés comme ça sans bouger. Danny a dit quelque chose et elle a détourné les yeux. J’aime bien son regard, d’ailleurs je le lui ai dit une fois en cours de biologie quand nous formions un binôme pour l’examen de TP. Elle m’a tout simplement souri en retour. Pas la peine de parler, on s’était compris. »

Les yeux fermés, j'essaie de vivre cette scène avec mon fils. Ce moment où il rencontre quelqu’un qu’il aime bien. J’essaie d’imaginer ce qu’il a pu ressentir sur le coup, comment l’a-t-il vécu. Ça m’encourage de savoir qu’il a pu vivre certains de ces instants, vivre comme tout autre garçon de son âge. A la suite, il me parle de ses journées à l’école, ses vacances en colonie, comment il a invité Tiffany au bal de l’école. Il me raconte aussi ses grandes déceptions. Je ne vois pas le temps filer, je le sens juste à travers les lignes que mon fils m’a laissées. Avec ces mots j’apprends, je souris, je compatis et parfois je m’éclate même de rire. Jusqu’à cet épisode. Celui- là je le connais déjà, pas la peine de le lire mais la curiosité de savoir comment Joshua voyait les choses est plus forte. L’événement date d’un an.

« Ça y est. J’y suis. Je ne comptais pas te le dire de peur que ça ne devienne réel si je le faisais, mais les dés sont jetés et je n'y peux rien. J'ai un cancer. Une leucémie. Au début, je n'y prêtais pas vraiment attention même quand maman pleurait dans sa chambre la nuit. Mais avec le temps, j’ai compris l’ampleur de ma maladie. J’ai été effrayé, j’ai paniqué. Je viens d’avoir mon baccalauréat et je vais aller à l’université, alors pourquoi ? Je pense surtout à maman. Que deviendra-t-elle ? Sans papa, sans moi ? J’ai encore du mal à le croire. Pourtant ma vie est en train de s’écrouler. Et tous ses rêves que j’ai ? Toutes ses folies que je n’ai pas encore faites ?...»

Assez ! Je n’en peux plus de lire. Je m’arrête là et je remarque une tache ronde et sombre sur la feuille. J’y pose un doigt et l’évidence s’offre à moi. Joshua avait pleuré. Tout comme moi en ce moment. Mon petit amour avait été ravagé, lui qui était encore si jeune. Je ferme les yeux et je revois encore des scènes accablantes. Malgré sa maladie, mon Josh ne s’est pas laissé abattre. Il est allé à l’université, a vécu comme un étudiant normal la tête pleine de rêves d’avenir. Et quand son état a empiré, il est rentré à la maison. Nous avions profité  l’un de l’autre. Il est allé jusqu’à faire faire un portrait de lui par un des ses amis qu’il avait rencontré au campus. Un visage que je garderai toujours près de moi.
La veille de sa mort, il m’a chuchoté «  ne t’en fais pas maman, j’ai passé dix-huit années merveilleuses en ta compagnie et je ne les échangerai même pas pour être guéri. Je t’aime.»
Les larmes coulent en silence sur mes joues. Mais celles-ci, je les laisse sortir, je n’ai pas envie de les retenir. Elles me font du bien.

«  Oh mon Josh chéri, tu me manques déjà. »

Je me promets alors de me rappeler les merveilleuses choses qu’il m’a apprises. Ce qu’il était et voulait devenir, ses rêves d’enfant et d’adulte. Mon fils était un homme bourré de qualités, et la générosité en faisait partie. Toutes ses affaires avaient déjà un nouveau propriétaire. Il avait pris le soin de s’en charger. Ne restaient plus que les photos sur son mur.  Je lui ai promis d’en faire un album et de le conserver précieusement avec moi. Et je compte bien le faire. Elles parlent assez d’elles-mêmes pour que je les cache dans un carton au fond d’un grenier. Elles seront mon histoire. Et je prendrai énormément  de plaisir à la raconter.

«  Hé oui mon chéri, je sais que depuis là-haut tu me regardes et tu souris déjà à l’idée des mots que je placerai dessus »

Je pars d’un éclat de rire qui s’associe si bien à mes larmes.



« Modifié: 11 Novembre 2011 à 17:45:55 par Uranus000 »

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Re : Re : Le départ de l'ange
« Réponse #4 le: 01 Novembre 2011 à 20:37:54 »
Citer
L’une d’elle attire tout de suite mon attention.

elles

Citer
Seulement je n’ai pas eu l’occasion de le faire…[/i] »

Je relève la tête. Savoir que mon Josh avait souvent rêvé de son père me rend triste.
là, par exemple, comme je te le disais tout à l'heure, tu pourrais alléger la transition en faisant:
l'occasion de le faire..."
Savoir que mon Josh....

Citer
Le pauvre petit savait à peine ce qui se passait qu’il s’étonnait toujours de me voir pleurer à l’époque.

problème de syntaxe, tu peux pas mettre "qu'il". Le plus simple, ça reste : Le pauvre petit savait à peine ce qui se passait, il s’étonnait toujours de me voir pleurer. (tu peux supprimer le "à l'époque" aussi qui alourdit plus qu'autre chose. On comprend très bien que c'est "à l'époque" toute façon^^)

Citer
Quelques fois quand il me demandait ou était papa, je lui répondais simplement «  il est au ciel mon chéri »
.
quelquefois

 
Citer
Certaine fois, il me parlait de son père avec une pointe de regret. 
manque un "s" à certaine, "parfois" est plus courant, non ?

Citer
Je respire un grand.
bug

Citer
Tout allait pour le mieux entre nous, même si il nous arrivait de nous disputer.

s'il


Citer
Les yeux fermés, j'essaie de vivre cette scène avec mon fils. Ce moment où il rencontre quelqu’un qu’il aime bien. J’essaie d’imaginer ce qu’il a pu ressentir sur le coup, comment l’a-t-il vécu.
là, comme tout à l'heure, ça fait un peu trop artificiel. Tu pourrais passer directos à un truc du style "J'essaie d'imaginer ce qu'il a pu ressentir".

Citer
«  ne t’en fais pas maman, j’ai passé 18 années merveilleuses en ta compagnie et je ne les échangerai même pas pour être guéri. Je t’aime.»
en lettres^^

Citer
«  Oh mon Josh chéri, tu me manques déjà. »
ça fait un peu planplan cette phrase quand même. Le reste était plus subtil.

Citer


Je pars d’un éclat de rire qui s’associe harmonieusement à mes larmes.
j'ai pas du tout compris cette phrase, enfin je vois pas en quoi c'est harmonieux

C'est déjà un peu mieux cette fin même si je trouve la mère assez cruche. Oui c'est dur mais c'est bon, elle est adulte, c'est pas son fils qui va lui apprendre la vie quand même. Du coup, je trouve la mère assez plate, ou trop en retrait par rapport à son fils. Je sais pas si tu comprends ce que je veux dire. :-[
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Re : Le départ de l'ange
« Réponse #5 le: 01 Novembre 2011 à 21:44:39 »
Tu sais pour la fin, ça nous arrive souvent de rire et pleurer à la fois...tiens moi ça m'est déjà arrivé! et je dois te dire que j'ai beaucoup aimé. oups encore des erreurs d'orthographe! OK je vais corriger ça et j'ai pas très bien compris ce que t'as voulu dire sur la mère à la fin.

Hors ligne ernya

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Re : Re : Le départ de l'ange
« Réponse #6 le: 01 Novembre 2011 à 21:49:36 »
Citer
Tu sais pour la fin, ça nous arrive souvent de rire et pleurer à la fois...tiens moi ça m'est déjà arrivé!
oui, ça je le comprends bien. Mais ça n'a rien d'harmonieux. Enfin je trouve l'adjectif complètement décalé.

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OK je vais corriger ça et j'ai pas très bien compris ce que t'as voulu dire sur la mère à la fin.
je voulais dire que je la trouve assez fade comme personnage au sens où elle place trop de choses sur son fils. C'est lui qui la rassure, lui qui lui donne une ligne de vie, lui qui fait, qui fait ça. On peut se demander qui est la mère entre les deux. Elle a quand même bien son caractère, sa mère, non ?
Du coup, je me sens pas trop proche d'elle parce que je trouve qu'elle en fait trop. Qu'elle soit émue, c'est normal mais qu'elle s'infériorise autant par rapport à son fils, ça l'est moins, je trouve.
Mais c'est mon avis, attends de voir ce qu'en pensent les autres ! ^^
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Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Frédéric M

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Re : Le départ de l'ange
« Réponse #7 le: 08 Novembre 2011 à 15:11:09 »
Bonjour, Uranus,

Ton écriture est agréable malgré les quelques fautes de syntaxe relevées par Ernya, mais bon, c'est pas le plus important.
Je rejoins totalement Ernya quant au comportement de la mère.
Pas besoin de pathos, c'est déjà assez triste.

Globalement, j'ai aimé, mais je pense que tu devrais encore travailler ton texte. Essaie de gagner l'empathie du lecteur pour la mère, parce que là, on a plutôt envie de la secouer ou de lui mettre une baffe pour qu'elle se ressaisisse ! >:D
J'ai été ému malgré tout, ce qui ne m'arrive pas souvent en lisant un texte.

Aut Stephen King, aut nihil.

Hors ligne Uranus000

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Re : Le départ de l'ange
« Réponse #8 le: 10 Novembre 2011 à 01:11:28 »
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Essaie de gagner l'empathie du lecteur pour la mère, parce que là, on a plutôt envie de la secouer ou de lui mettre une baffe pour qu'elle se ressaisisse !
Frédéric,je vois pas très bien ce que tu veux dire par là. y a pas de mal à pleurer la mort de son fils,non? puis,elle se laisse pas tellement abattre puisqu'à la fin elle se ressaisie et pense même à sourire.
Sinon,si je me trompe éclaire-moi.

Hors ligne Frédéric M

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Re : Le départ de l'ange
« Réponse #9 le: 11 Novembre 2011 à 15:59:07 »
bonjour uranus,

Ta deuxième version m'a semblé mieux.
Par conséquent, je retire ce que j'ai dit dans mon com précédent. Je n'ai plus envie de secouer la mère  :)
Néanmoins, je trouve que ce texte n'est pas une histoire en soi. Je trouve que c'est un bon incipit pour un récit plus complet.
Par exemple : montrer comment la mère fait son deuil petit àpetit, retrouve un sens à sa vie, rencontre l'amour à nouveau, se bat pour être heureuse... ce genre de choses.
Là, je ne parle plus d'empathie, mais d'admiration pour une femme qui a beaucuop souffert et qui est déterminée à vivre sa vie.

Sorry pour les petites fautes de typo : j&ai la main cassée...
Aut Stephen King, aut nihil.

Hors ligne Uranus000

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Re : Le départ de l'ange
« Réponse #10 le: 11 Novembre 2011 à 16:46:04 »
salut Frédéric,
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Néanmoins, je trouve que ce texte n'est pas une histoire en soi. Je trouve que c'est un bon incipit pour un récit plus complet.
Par exemple : montrer comment la mère fait son deuil petit àpetit, retrouve un sens à sa vie, rencontre l'amour à nouveau, se bat pour être heureuse... ce genre de choses.
si je comprend bien c'est le pas vers un roman que tu me demandes de faire?
j'y réfléchirai

Hors ligne Frédéric M

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Re : Le départ de l'ange
« Réponse #11 le: 11 Novembre 2011 à 17:10:42 »
Tout dépend de ton imagination !
Un roman, c'est très long et difficile.
Tu nous a présenté un personnage : les lecteurs aimeraient savoir ce qui'l va lui arriver.
Un incipit est déterminant dans une histoire : c'est ce qui donne envie au lecteur de continuer ou pas. Je trouve que le tien est réussi, il me donne envie d'n savoir plus.
Maintenant, c'est TON texte, tu en fais ce que tu veux.  ;)
Aut Stephen King, aut nihil.

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : Le départ de l'ange
« Réponse #12 le: 11 Novembre 2011 à 17:15:51 »
si je comprend bien c'est le pas vers un roman que tu me demandes de faire?
j'y réfléchirai
:D héhé pourquoi pas
Je l’entends encore me crier  « Maman maman !!! Je l’ai eu, j’ai réussi ».
petit détail (mais après tout, un beau texte c'est un peu un enchaînement de tonnes de détails qui font que c'est bien écrit :-) ): on s'attend à ce qu'il y ait au moins un point d'exclamation après le "j'ai réussi", sinon ça dissone un peu avec les trois points d'exclamation d'après maman maman.
j'aime bien l'énorme, vanille chocolat. la petite énumération sa première ceci sa première cela, je trouve ça pas mal aussi. tu écris pas mal, c'est clair.
je me demande quand même si le pitch est bon. le titre en tout cas me semble pas terrible. je suppose qu'il y a un rapport entre la difficulté à trouver un bon titre et la difficulté à faire "décoller" cette histoire. à mon avis, il se pourrait qu'en cherchant un meilleur titre, tu sois amené à te poser des questions stimulantes (que veux tu faire dans ce texte? ça peut se "contenter" (c'est déjà pas mal!ça peut évidemment suffire à faire un chouette truc  ^^!) d'être l'évocation stylisée d'un drame personnel. mais en tout cas le titre pourrait être plus sobre ("journal d'un deuil" par exemple ; ou quelque chose comme ça) ou plus poétique. le  titre actuel est (pour dire les choses un peu crûment) un peu sirupeux pour ce qu'il est poétique, ou pas assez poétique pour ce qu'il est sirupeux. bref il faudrait qu'il soit ou bien moins sirupeux, ou bien + poétique (ou les deux, ce serait le top  ^^)
ce genre de thème (avec beaucoup de pathos et peu d'événements, peu d'action) me fait penser au livre de zweig, "lettre d'une inconnue". pas un hasard si zweig avait choisi un titre sobre.
mais bref en tout cas je confirme ce que j'ai dit par ailleurs : tu as un assez bon style je trouve. ça donne envie de lire d'autres choses (mais à mon avis y a moyen de trouver des sujets moins "casse-gueule". celui-ci n'est pas forcément facile. enfin je dis ça j'en sais rien, on est tous différents là dessus, peut-être ce sujet t'inspire, auquel cas pourquoi pas l'approfondir. de toutes façons, le sujet, hein... un bon sujet, c'est un sujet qui nous permet d'écrire. comme disait mallarmé, le sujet est un prétexte ^^
au plaisir de te relire en tout cas ^^

Hors ligne Uranus000

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Re : Le départ de l'ange
« Réponse #13 le: 11 Novembre 2011 à 18:11:46 »
ok,je verrai ce que je peux faire les gars. Suite ou pas,roman ou pas. j'y penserai

 


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