"Je m'étonnais, surtout, d'être de ce troupeau, qui m'apprenait à pleurer, que je connaissais trop. J'avais l’œil du berger, mais le cœur de l'agneau."
C'est une phrase qui raisonne en moi, par son sens et sa signification. Je me revois enfant, me demandant pourquoi les adultes n'ont-ils jamais grandi ? Je sacralisais surement trop le rôle de l'adulte, comme s'il y avait une frontière totalement imperméable entre l'enfance et le "grand-âge", je veux dire par là, celui de la maturité. Je me souviens avoir demandé à mes parents pourquoi ma tente réagissait comme une enfant lorsqu'il y avait quelques troubles familiaux, car c'était vraiment sa façon de réagir. Je pensais tout innocemment que l'adulte devait avoir assez appris suffisamment de choses pour réagir comme tel (rationalité et objectivité dans la critique et la confrontation par exemple) . D'où l’œil du berger. Ensuite, comme tout enfant j'avais peur le soir sans mes parents, j'avais besoin encore d'être guidé, d'avoir un modèle : j'étais dans l'insécurité de l'agneau sans berger.
Comment l'analysez vous ? Cela vous parle-t-il à vous aussi ?