Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

10 Juin 2026 à 18:28:16
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Blind Test] Le bonze aux cloches

Auteur Sujet: [Blind Test] Le bonze aux cloches  (Lu 2148 fois)

Hors ligne Rain

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 637
  • Perdu
    • Page Deviant Art
[Blind Test] Le bonze aux cloches
« le: 02 Octobre 2010 à 21:25:09 »
J'ai l'impression de ne poster que pour les blind test, en ce moment  :D Bref.

L'idée de ce texte... C'était au tout début début des prunes. J'avais même pas encore commencé. La première nuit que j'ai passé chez ma grand-mère, il pleuvait et y'avait beaucoup de vent. Et dehors on entendait une clochette. Au début je me disais que c'était peut être l'Ankou, et puis j'ai fini par développer mon idée jusqu'à ce texte.

J'espère que vous avez apprécié la lecture !


Le bonze aux cloches


Cette nuit-là, il pleuvait à tambours battus.
David fut surpris de se réveiller. Ce n’était sûrement pas la pluie qui l’avait tiré de son sommeil : il avait trop l’habitude de l’entendre depuis qu’il était arrivé dans la région. C’était à cause d’elle d’ailleurs que Maurice, sa vieille bécane adorée, était tombée en panne ; à cause d’elle encore qu’il dormait dans ce village perdu au fin fond de la cambrousse, loin de toute civilisation capable de lui dire ce qui clochait chez Maurice ou de la réparer.
Non, ce n’était pas la pluie. Elle tombait déjà hier, et avant-hier. Alors, David se concentra. Au bout d’un moment, il distingua un tintement sourd, comme une paire de clochettes que l’on secouerait doucement et régulièrement. Il ouvrit légèrement la fenêtre. Une bourrasque violente le repoussa en arrière tandis que l’averse se frayait un passage dans la chambre, prête à l’envahir. David tenta de découvrir l’origine de ce bruit, mais la nuit et la pluie formaient un voile épais qu’il ne parvint pas à percer. A regret il referma rapidement la vitre et se recoucha, bien décidé à demander au patron du motel de quoi il s’agissait.
Il lui posa la question dès le matin, après ses trois tasses de café rituelles.
« Alors è’ sonnent toujours ? Vous savez, dans l’coin, on en a tellement l’habitude qu’on  les entend même pus.
- Ah, ça, elles sonnent bien, oui, répondit David. J’ai eu du mal à me rendormir. Un son clair comme de l’eau de source, à résonner dans l’oreille pendant des heures. »
- « Clair comme d’l’eau d’source. » Vous croyez pas si ben dire, l’ami » lui avoua le tenancier. « Ça fait ben une vingtaine d’années qu’on les entend pendant les nuits d’orage. Dans toute la vallée ! Dès qu’y a un peu de vent – et y’en a toujours les nuits d’orage, notez bien – on les entendrait jusqu’en Chine. » Il demeura pensif un moment. « A vrai dire, c’est censé êt’ la saison sèche, en ce moment, i’ devrait pas sortir de son trou. J’entends encore Jon s’en plaindre, l’aut’ jour. Ça déboussole ses bêtes. I’ doit perdre l’esprit. Vingt ans de tintinnabulement, y’a de quoi rend’ fou son homme. R’marquez, il appelle p’têt’ un successeur.
- Je suis pas sûr de vous suivre. Vous parlez toujours de Jon ? C’est à lui, les clochettes ?
- Non non non ! Je parle du bonze, ‘videmment. Ah, mais j’ai oublié d’vous raconter l’histoire. C’est une vieille histoire, hein, et tout l’monde la connaît ben dans l’coin. Y’a une vingtaine d’années, comme j’ai dit, un vieux bonze - chinois, tibétain, tout c’que vous voulez – un bonze, donc, est arrivé au village. Le bonze aux cloches, qu’on l’appelait, au début. Il avait des cloches sur son bâton, autour du cou, aux poignets, aux chevilles  et sur sa robe, partout. On l’a entendu arriver d’loin, on pensait qu’c’était les cloches d’l’Apocalypse. Et pis finalement, c’était juste un bonze qui passait par-là et qui m’a demandé une chambre avec son accent à couper au couteau qui nous faisait rigoler.
« En attendant la nuit, il a fait son petit tour dans la région, et il a parlé avec les gens et surtout avec les gosses du village. I’s l’aimaient bien, pa’ce qu’il était gentil, qu’i’ jouait souvent avec eux et qu’i’ dansait comme un diable avec son bâton. Il avait même pas b’soin d’musique puisqu’il avait ses clochettes ! Au final il est resté quelques temps. J’crois qu’i’ s’plaisait pas mal, ici. I’ m’a raconté un jour qu’i’ fuyait la guerre dans son pays, ou quèque chose comme ça. I' croyait avoir trouvé son coin d’paix, j’imagine.
« Et pis une nuit – c’était pendant la saison des pluies – un énorme orage a éclaté juste au-d’ssus du village. La moitié des maisons ont brûlé, et pas mal de leurs occupants avec. Tchang – c’est l’bonze, j’ai jamais vraiment su son nom, trop compliqué, alors j’l’appelais Tchang – Tchang, je disais, ça l’a mis en rogne. On était tous tristes, parce qu’on avait perdu des copains, mais on se disait qu’on pouvait rien y faire, que c’était l’bon Dieu qui les rappelait. Mais Tchang, lui, i’ l’avait vraiment en travers de la gorge. Je l’vois encore en train de pleurer avec le corps du gamin Mercier dans les bras. Il a frappé le sol de son bâton et il a promis de pus laisser un seul orage approcher. Par cont’e, qu’i’ nous a dit plus tard, chaque fois qu’i’ sonnerait les grelots, i’ pleuvrait. Il était tellement sérieux qu’on y a cru – on rigolait même pus de son accent. Alors on lui a indiqué le milieu de la vallée, parce qu’i’ fallait qu’i’ soit là-bas pour pouvoir protéger tout le monde, qu’i’ disait.
« Depuis, on l’a revu de temps en temps à la saison sèche, pendant un moment. I’ venait prendre des nouvelles. Mais sinon, i’ partait en vadrouille un peu plus à l’ouest pour voir si on avait besoin de lui ailleurs. Et pendant la saison des pluies, i’ revenait, se posait dans son coin, et la nuit, i’ secouait ses clochettes. Du coup, à cette période, i’ pleuvait tout le temps, jour et nuit. Mais on a pas eu d’orage depuis qu’il est allé là-bas. »
David, intrigué, demanda donc au tenancier le plus court chemin pour se rendre au centre de la vallée, enfourcha Maurice et s’en alla.
Il avait parcouru moins d’un kilomètre quand la moto gorgée d’eau s’arrêta de nouveau. Refusant de l’abandonner, David continua sa route à pied et sous la pluie en la tirant. Il arriva bientôt près du grand chêne et du vieux menhir que le patron lui avait indiqué, et fut déçu de n’y trouver rien de plus qu’une inscription gravée à même la pierre levée.
« SI TU VEUX PARTIR, disait-elle, PROMETS DE RESTER. »
Il haussa un sourcil en la lisant, se demandant si elle lui était adressée. Puis il secoua la tête. L’idée était vraiment trop ridicule. David chassa l’énigme de son esprit, s’assit contre un arbre et décida d’attendre la nuit.
Il devait s’être endormi, car il sursauta à nouveau au son des cloches. La nuit était tombée, et un vent puissant soufflait. David se demanda vaguement comment il avait pu ne pas le remarquer. Puis il regarda autour de lui à la recherche du moine et se figea.
Perché sur le menhir se tenait un squelette habillé de haillons violets. Se tenant à la pierre d’une main, il balançait l’autre avec entrain, au rythme du vent, si bien qu’a chaque mouvement, il semblait tendre ses clochettes à David. Une fois remis de son choc, il n’hésita plus un instant et les saisit dès qu’elles furent à sa portée. C’étaient deux petites clochettes rondes et dorées, liées entre elles par un fin ruban de soie rouge. Il les admira un instant ; lorsqu’il releva la tête, le squelette était parti. Il fouilla un moment les environs, mais encore une fois la nuit et la pluie lui firent obstacle. Il rentra donc au village avec Maurice et alla se coucher, trempé et consterné.
Il crut à un rêve le lendemain, jusqu’à ce qu’il voie sur sa table de chevet les deux grelots. Il lui fallut en revanche ses trois tasses de café pour se rendre compte que quelque chose clochait. Il passa la tête par la fenêtre la plus proche : la pluie s’était arrêtée, et un grand soleil brillait. Sans demander son reste, il se précipita vers Maurice, et vérifia l’état de son vieux compagnon.  Tout fonctionnait parfaitement. Avec un cri de joie, il se précipita à l’intérieur, paya sa note au patron, et repartit aussi vite que la pluie, toute histoire oubliée.
Il continua à voyager ici et là pendant quelques mois, heureux de pouvoir rouler de nouveau. Mais il fut bientôt rattrapé par son étrange aventure. Les termes gravés sur le menhir lui revinrent en mémoire, et le squelette en haillons vint hanter ses rêves. Il les ignora tout d’abord, mais les cauchemars se firent de plus en plus nombreux, et il finit même par avoir peur de dormir. Désireux de tirer l’affaire au clair, il décida de traverser une dernière fois cette vallée perdue au milieu de nulle part.
Il retrouva aisément le chemin de l’arbre et du rocher. A nouveau il pleuvait dans la région, mais le vent faisait défaut. Les nuages aussi étaient différents, plus sombres et sinistres. C’était la saison des pluies, et les orages arrivaient.
Assis sur le menhir l’attendait le squelette en haillons. Malgré l’absence de vent, sa main se balançait toujours, quoique de manière moins énergique. David eut l’impression qu’il le suivait de ses orbites vides, et il en eut la chair de poule. Il attrapa les clochettes au fin fond de sa poche, prit une grande inspiration – et les secoua.
Presque aussitôt, le vent qui balayait auparavant toute la vallée se manifesta violemment. La pluie s’intensifia pour former le voile dense que David connaissait bien. Même les nuages changèrent de couleur et se firent plus clairs, comme soulagés d’entendre à nouveau la cloche. Lorsque David regarda à nouveau le squelette, celui-ci semblait hocher la tête. Puis un coup de vent un peu plus fort le fit basculer en arrière, et il disparut derrière le menhir.
« Après tout, se dit David en se remémorant l’histoire du tenancier, je n’ai pas vraiment de maison où rentrer. Autant rester dans le coin un moment. »
Il resta donc pendant toute la saison des pluies, agitant la cloche tous les soirs où le ciel se faisait menaçant. Le reste du temps, il fit plus ample connaissance avec la région, se liant d’amitié avec quelques-uns des habitants. Et à nouveau, lorsque la saison sèche pointa le bout du nez, il enfourcha Maurice pour quitter la vallée. Il avait promis qu’il reviendrait.
Partout il se raconta que le bonze aux cloches avait enfin trouvé son successeur, et la paix qu’il recherchait.
« Modifié: 02 Octobre 2010 à 21:29:40 par Rain »
Perdu

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 497
Re : [Blind Test] Le bonze aux cloches
« Réponse #1 le: 02 Octobre 2010 à 22:02:51 »
Bon là j'ai un peu la flemme de le relire (c'est pas contre lui, hein !), mais ça se fera un jour. En tout cas je peux te dire que j'avais aimé... Déjà parce que généralement j'aime bien les contes et les textes à cycle... donc il avait tout pour plaire :mrgreen:. Non mais voilà, c'est un texte très sympa, pas trop prise de tête (je crois que ce BT m'a traumatisée :huhu:) Et puis j'aime bien la petite histoire qui t'a inspiré !
Et vala.  :)
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Zephyr

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 373
Re : [Blind Test] Le bonze aux cloches
« Réponse #2 le: 03 Octobre 2010 à 11:28:31 »
Alors alors, petit commentaire, parce que les texte du Blind Test, j'ai eu le temps de les lire  :mrgreen:

J'ai bien aimé. Un peu comme un conte mais en pas pareil. Mais l'histoire je la trouve pas mal du tout.
Par contre, je sais pas pourquoi, j'aurai bien imaginé un peu développement plus long sur le départ de David et Maurice, les cauchemars... Je toruve que ça aurait vraiment justifié son retour (ou du moins un peu plus à mon gout).

Mais j'ai vraiment aimé sinon.
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

Hors ligne Krapoutchniek

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 939
  • Génération de l'univers en cours, patientez svp...
Re : [Blind Test] Le bonze aux cloches
« Réponse #3 le: 03 Octobre 2010 à 13:21:31 »
Si j'avais eu le temps de participer au BT, je te l'aurais d'office attribué. Un conte qui parle de la pluie, ça ne peut être que toi  :-¬?


Bon, même si la chute était prévisible depuis le début, ça n'en est pas moins un contre très sympa et original.  :)
It will reveal its meaning when it lives in victory...

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : [Blind Test] Le bonze aux cloches
« Réponse #4 le: 03 Octobre 2010 à 13:26:56 »
J'ai pas relu mais en même temps les lectures pour le BT sont fraiches dans nos têtes.
Vraiment, j'avais bien aimé ce texte ! :)  ça fait plus légende que conte, je trouve. Bref, chouette petit texte ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne BloodMoon

  • Troubadour
  • Messages: 346
Re : [Blind Test] Le bonze aux cloches
« Réponse #5 le: 03 Octobre 2010 à 14:41:37 »
Effectivement, je suis du même avis que Milora, cela semble être plus une légende qu'un conte, mais il faut dire que c'est vraiment bien écrit !
J'aime beauuucoup !!  :mrgreen:

(pardonne-moi de ce commentaire pas très constructif  :-[)

Hors ligne Rain

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 637
  • Perdu
    • Page Deviant Art
Re : [Blind Test] Le bonze aux cloches
« Réponse #6 le: 03 Octobre 2010 à 14:53:22 »
Merci à vous, et content que ça vous ait plus ^^

La prochaine fois, ce sera un mythe fondateur ? XD J'ai déjà une cosmogonie à mon actif, remarque.

Zeph : Moui, moi je voulais pas trop trop m'attarder sur ce morceau (surtout parce que j'ai pas d'idées XD) mais j'y réfléchirai un de ces quatre.
Perdu

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : [Blind Test] Le bonze aux cloches
« Réponse #7 le: 03 Octobre 2010 à 16:14:56 »
Je suis comme Zeph', j'aurais bien aimé un truc plus long. Peut-être parce que justement la fin se sait d'avance, du coup, je sais pas rallonger pour expliquer un peu plus. Je trouve ça trop simple en fait (pas l'écriture, hein, l'intrigue), tout s'enchaîne de manière trop naturelle. Il accepte facilement de prendre sa place, voir un squelette ne l'étonne même pas, etc. Des petites choses, tu vois, mais qui rendent le texte moins personnel.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
Re : [Blind Test] Le bonze aux cloches
« Réponse #8 le: 03 Octobre 2010 à 16:43:30 »
Citer
Cette nuit-là, il pleuvait à tambours battus.
ma phrase préférée du Blind 5

Citer
loin de toute civilisation capable de lui dire ce qui clochait chez Maurice ou de la réparer.
bizarre, une civilisation douée de parole. Non mais la phrase est longue, cette partie tu pourrais la mettre dans une nouvelle.

Citer
J’entends encore Jon
AH MAIS C'ETAIT UN INDICE !

Citer
Vingt ans de tintinnabulement
le mot est trop cool mais le sortir à l'oral sans cafouiller, bonjour !

Citer
On l’a entendu arriver d’loin, on pensait qu’c’était les cloches d’l’Apocalypse. Et pis finalement, c’était juste un bonze qui passait par-là
mdr

Citer
enfourcha Maurice et s’en alla.
j'croyais qu'elle marchait plus, sa moto !

Citer
Il lui fallut en revanche ses trois tasses de café pour se rendre compte que quelque chose clochait.
hum, c'est un peu grossier 


J'ai beaucoup aimé, toute cette pluie, ces tempêtes... Les clochettes... L'ambiance est là. Mais c'est vrai qu'il est quand même sacrément zen ton perso, un squelette sur un menhir, no problemo et j'ai pas de vie donc je vais passer mon été à dire casse-toi aux orages casse-pieds. Un peu simple pour le coup, mais je suis sûre que tu peux aller plus loin avec ce texte !

Hors ligne Kathya

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 271
    • Page perso
Re : [Blind Test] Le bonze aux cloches
« Réponse #9 le: 09 Octobre 2010 à 19:23:52 »
L'ambiance est prenante est bien dépeinte. Bon à partir du moment où il passe outre l'avertissement on se doute bien qu'il va pas y couper et qu'il va prendre la relève, mais j'ai trouvé ce texte très plaisant à lire. J'ai même pas relevé le manque de réaction du perso devant un tas d'os, soit je suis blasée moi-même d'en avoir déjà trop vus, soit je trouve que ça fait partie de l'atmosphère générale du récit. ^^

Très beau texte en tout cas !  :)
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.018 secondes avec 23 requêtes.