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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Les Souvenirs que j'ai

Auteur Sujet: Les Souvenirs que j'ai  (Lu 1393 fois)

Hors ligne Alan Tréard

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Les Souvenirs que j'ai
« le: 07 Avril 2019 à 14:39:54 »
Bonjour aux promeneuses & promeneurs, ^^

J'ai pris en compte les différents commentaires que j'ai reçus précédemment, et j'ai essayé de créer un quelque chose de plus accessible et de moins métaphysique, de rythmé, même si je dois admettre que ça me prend un peu de temps de poser les bases de cette poésie nouvelle. Pour celles & ceux qui auraient lu les précédents poèmes, je suis intéressé par d'éventuelles progressions que vous constateriez, et pour celles & ceux qui découvriraient, je vous souhaite une agréable lecture, un bonheur de sensations.


 :)



L'étendue des souvenirs
Selon chaque élément
Passe d'une extrémité à l'autre.

Il n'y a rien de plus difficile que de parler du souvenir des grands nombres : divisés ; indociles ; influents ; dénaturés ; ceux-ci ne laissent à l'héritage qu'une bien faible pensée.

On laisse de côté parfois quelques jours qui passent
Parfois on oublie les histoires qu'on se racontait
Avant.

La place du souvenir
Dépend de chaque instant, et je me positionne en fonction du mouvement des espoirs
Les continuels développements m'ont laissé de côté.

Il y avait dans ma mémoire un minuscule rappel
Celui que je prenais pour l'écho d'une époque révolue
Et dont chacune & chacun
A su mettre de côté
Les promesses.

Une étape n'est inscrite qu'instantanément dans l'hier.

Et parfois je reviens en arrière
Dans ces parages évanescents dont il ne reste qu'une émotion
Réhabilitée
Je sais que de nombreuses vérités ont été éloignées
─ Et que ne ferait-on aujourd'hui s'il fallait précisément en garder une ?
Il n'y a pas de raison de garder ça pour soi
Je me permets donc d'encourager la fuite des idées
Celle que tu as précisément sollicitée
En un moment
Où tu n'en mesurais pas les conséquences.

Et une fois que ce morceau de vie
De colère ou d'indifférence
Prend les jambes à son cou
Un paysage aux allures de poème prend forme
Horizon par ma main dessiné dont il ne reste que l'épreuve diffuse
Qui plie et soumet le caractère le plus véhément
Et rompt la mélodie rébarbative
Ainsi ne tiens-je en mes paumes qu'un simple refrain
Aux fondations sculptées, décomposées – ô caresses du burin – dans un métal
Auquel les yeux n'ont vocation
Qu'à apporter un regard
Et dont l'esprit se tourne entièrement concentré
C'est, chez nous, notre façon de composer la chanson idéale.

J'ai vu longtemps cette étendue sauvage de l'oubli
Dans laquelle il reste un morceau de fer
Vestige précoce d'une usine désaffectée
Aux élaborations rugueuses de saison.

Les traits sur ces tissus minéraux parfois indiquent encore une lettre ou une date expirée.

Non, je n'ai pas les moyens
De redonner à ces estampes
Le souvenir qu'il aurait fallu y apporter
Et comme j'aime à le rappeler
Tant de demandes ont été faites pour nommer l'inconnu
Qui pourtant se pavanait dans un déluge ineffable.

Et qu'en temps de paix nous paraissons déplorer
Les restes de ces héros passés
Tant de prétextes à l'élévation des symboles
Que l'histoire nous a offerts
Tantôt escaliers tantôt caveaux
Au parcours unique et à la traversée immédiate
Jean Moulin, Napoléon, Clemenceau
Tragédie ô tragédie du savoir
Que ton ombre ne porte jamais que sur mes cécités
Et qu'en ton nom je croise plus d'une fois les déboires
Afin d'amener mon ouvrage à sa fin.

Pareille aux épitaphes crédules
La parole semble transporter ces archives.

Je n'ai travaillé que sur les plus justes mesures
Car c'est d'elles que j'ai tiré la force d'apprendre encore et encore
Je suis de ces hommes qui pénètrent l'intensité
Depuis le début du récit
Jusqu'à sa fin.

Et maintenant vois-tu je t'ai transmis tout ce que tu dois savoir
Maintenant je te dis très exactement ce que tu en retiendras
Très exactement t'ai-je informé
Tu me demandes en quelle année nous sommes nés.

Ici les jours se suivent et se prolongent, or nous savons à jamais que nous ne sommes pas ailleurs.
« Modifié: 10 Avril 2019 à 16:18:59 par Alan Tréard »

Hors ligne Modybic

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Re : Les Souvenirs que j'ai
« Réponse #1 le: 10 Avril 2019 à 08:56:39 »
Salut Alan,
J'ai aimé ce lâché prise et la discontinuité des phrases, courtes respirations tantôt plus longues.
J'ai été capté par ton dialogue intérieur mais l'existence d'un autre au milieu de parcours a été une intrusion soudaine dont je ne me suis pas remis jusqu'a la fin. Pourquoi ne le fais tu pas apparaître dès le départ ?
Modybic

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Les Souvenirs que j'ai
« Réponse #2 le: 10 Avril 2019 à 12:14:32 »
Coucou Modybic,

Ça me fait plaisir que tu passes.

Alors, effectivement, il y a un modèle narratif un peu inhabituel, comme cela, j'essaie de trouver un fil narratif qui puisse maintenir le poème tout du long sans tomber dans quelque chose qui tournerait trop en rond. Comme tu le sais, les règles en matière de narration sont un peu floues et diffuses, au gré des vents et des marrés, j'essaie donc de trouver un fil régulier qui passe d'une situation à l'autre avec une certaine fluidité.

Au vu de ton commentaire : c'est raté !! Mais je ne désespère pas de trouver un modèle par la suite sur lequel je pourrai me baser pour que ces intrusions te paraissent plus intuitives, j'ai encore un truc à trouver.

Hors ligne Modybic

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Re : Les Souvenirs que j'ai
« Réponse #3 le: 10 Avril 2019 à 12:26:47 »
Non je ne pense pas que ce soit raté, je crois que j'aurai aimé être le seul témoin de ta confession. C'est purement égoïste. L'existence de l'autre ne me permet plus le lien privilégié que je tisse au fur et a mesure de ta confession; une identification a celui qui écoute et reçoit. ( désolé mon clavier ne me permet plus de mettre des accents aux a). Je m'imagine un instant avec un être qui se confie soudainement pour la première fois. C'est ce que j'aime dans ce texte. C'est pouvoir y ressentir une histoire.
Je ne sais pas si je suis clair.
L'autre chose qui parfois gêne sa fluidité est que tu commences beaucoup de phrase par Et. Je m'accroche a certaine où la respiration n'est pas cohérente.
« Modifié: 10 Avril 2019 à 12:30:23 par Modybic »
Modybic

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Les Souvenirs que j'ai
« Réponse #4 le: 10 Avril 2019 à 12:39:38 »
Oui, j'utilise le « et » comme dans une anaphore, l'intention étant d'abord de créer un premier effet horizontal « il y a ça et ça et ça » qui s'accumule tellement qu'il dépasse l'exploration de l'entendement (comme lorsque trop de choses sont accumulées et qu'on ne sait plus par quel bout les prendre).

Ainsi, j'ajoute : « ─ Et que ne ferait-on aujourd'hui s'il fallait précisément en garder une ? » (Sous-entendu : s'il ne fallait garder qu'une vérité parmi ces vérités, qu'un souvenir parmi ces souvenirs, qu'un « et » parmi les « et ».)

Je trouverai peut-être quel « et » garder en priorité, je te confierai alors mon choix, si c'est ce que tu aimes !  o><o
« Modifié: 10 Avril 2019 à 13:12:56 par Alan Tréard »

Hors ligne Diavorel

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Re : Les Souvenirs que j'ai
« Réponse #5 le: 10 Avril 2019 à 14:36:13 »
Salut,

J'aime beaucoup. L'invitation soudaine d'une personne ne m'a pas dérangé ou semblé contre la nature du mouvement préétablis. Perso, ça m'a attendris. Mais je ne suis qu'un novice en matière de critique :)

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Vestige ancien d'une usine désaffectée
Dans le cours du poème, j'ai trouvé ce vers redondant. Vestige, ancien, usine désaffectée, j'ai 3 fois la même images en tête. C'est le seul qui m'est interpellé dans ce sens.

Le thème me rappelle fortement quelque chose que j'écrivis plus jeune, en prose et bien moins élaboré. Le lien n'est pas forcément évident, pourtant ça me fait écho. Je poste mon texte sur sa propre page. Libre à vous ;) : http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=31159.new#new
« Modifié: 10 Avril 2019 à 17:00:24 par Diavorel »

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Les Souvenirs que j'ai
« Réponse #6 le: 10 Avril 2019 à 16:26:11 »
Bonjour Diavorel,

Merci à toi pour ta lecture.

Alors !

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Vestige ancien d'une usine désaffectée
Dans le cours du poème, j'ai trouvé ce vers redondant. Vestige, ancien, usine désaffectée, j'ai 3 fois la même images en tête. C'est le seul qui m'est interpellé dans ce sens.

Je vois ce que tu veux dire, j'ai encore tendance à être explicite dans certains vers ou certaines répétitions (c'est encore une mesure à trouver entre l'accessibilité des principes et la fluidité de la lecture).

L'idée était effectivement de faire comme une poupée russe (comme un vestige dans un vestige), afin de mieux séparer l'image du morceau de ferraille de l'usine elle-même, je propose donc : « Vestige précoce d'une usine désaffectée ».

Je me demande si cela enlève de la clarté à l'idée que j'ai voulu transmettre, donc si quelqu'un me fait un retour dans ce sens ou dans l'autre, je verrai à orienter à nouveau ce vers.

Encore merci ! ^^

 


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