Bonjour aux promeneuses & promeneurs, 
J'ai pris en compte les différents commentaires que j'ai reçus précédemment, et j'ai essayé de créer un quelque chose de plus accessible et de moins métaphysique, de rythmé, même si je dois admettre que ça me prend un peu de temps de poser les bases de cette poésie nouvelle. Pour celles & ceux qui auraient lu les précédents poèmes, je suis intéressé par d'éventuelles progressions que vous constateriez, et pour celles & ceux qui découvriraient, je vous souhaite une agréable lecture, un bonheur de sensations. 
L'étendue des souvenirs
Selon chaque élément
Passe d'une extrémité à l'autre.
Il n'y a rien de plus difficile que de parler du souvenir des grands nombres : divisés ; indociles ; influents ; dénaturés ; ceux-ci ne laissent à l'héritage qu'une bien faible pensée.
On laisse de côté parfois quelques jours qui passent
Parfois on oublie les histoires qu'on se racontait
Avant.
La place du souvenir
Dépend de chaque instant, et je me positionne en fonction du mouvement des espoirs
Les continuels développements m'ont laissé de côté.
Il y avait dans ma mémoire un minuscule rappel
Celui que je prenais pour l'écho d'une époque révolue
Et dont chacune & chacun
A su mettre de côté
Les promesses.
Une étape n'est inscrite qu'instantanément dans l'hier.
Et parfois je reviens en arrière
Dans ces parages évanescents dont il ne reste qu'une émotion
Réhabilitée
Je sais que de nombreuses vérités ont été éloignées
─ Et que ne ferait-on aujourd'hui s'il fallait précisément en garder une ?
Il n'y a pas de raison de garder ça pour soi
Je me permets donc d'encourager la fuite des idées
Celle que tu as précisément sollicitée
En un moment
Où tu n'en mesurais pas les conséquences.
Et une fois que ce morceau de vie
De colère ou d'indifférence
Prend les jambes à son cou
Un paysage aux allures de poème prend forme
Horizon par ma main dessiné dont il ne reste que l'épreuve diffuse
Qui plie et soumet le caractère le plus véhément
Et rompt la mélodie rébarbative
Ainsi ne tiens-je en mes paumes qu'un simple refrain
Aux fondations sculptées, décomposées – ô caresses du burin – dans un métal
Auquel les yeux n'ont vocation
Qu'à apporter un regard
Et dont l'esprit se tourne entièrement concentré
C'est, chez nous, notre façon de composer la chanson idéale.
J'ai vu longtemps cette étendue sauvage de l'oubli
Dans laquelle il reste un morceau de fer
Vestige précoce d'une usine désaffectée
Aux élaborations rugueuses de saison.
Les traits sur ces tissus minéraux parfois indiquent encore une lettre ou une date expirée.
Non, je n'ai pas les moyens
De redonner à ces estampes
Le souvenir qu'il aurait fallu y apporter
Et comme j'aime à le rappeler
Tant de demandes ont été faites pour nommer l'inconnu
Qui pourtant se pavanait dans un déluge ineffable.
Et qu'en temps de paix nous paraissons déplorer
Les restes de ces héros passés
Tant de prétextes à l'élévation des symboles
Que l'histoire nous a offerts
Tantôt escaliers tantôt caveaux
Au parcours unique et à la traversée immédiate
Jean Moulin, Napoléon, Clemenceau
Tragédie ô tragédie du savoir
Que ton ombre ne porte jamais que sur mes cécités
Et qu'en ton nom je croise plus d'une fois les déboires
Afin d'amener mon ouvrage à sa fin.
Pareille aux épitaphes crédules
La parole semble transporter ces archives.
Je n'ai travaillé que sur les plus justes mesures
Car c'est d'elles que j'ai tiré la force d'apprendre encore et encore
Je suis de ces hommes qui pénètrent l'intensité
Depuis le début du récit
Jusqu'à sa fin.
Et maintenant vois-tu je t'ai transmis tout ce que tu dois savoir
Maintenant je te dis très exactement ce que tu en retiendras
Très exactement t'ai-je informé
Tu me demandes en quelle année nous sommes nés.
Ici les jours se suivent et se prolongent, or nous savons à jamais que nous ne sommes pas ailleurs.