Voici un nouveau texte. Je voulais trouver un prénom bien, j’aurais bien pris Edward (ah Edward
) mais ça n’aurait pas été très original. Donc j’ai dû en prendre un autre. Sinon eh bien j’espère que ça vous plaira, une maison d’édition m’a déjà contactée pour ce texte, je verrai bien ce qu’il en ressort. Et sinon il y a des références explicites à Goodkind, un auteur superbe qui a changé ma vision de l’écriture. 
Lâchez vos comm' !!!!
Bisous à tous, je vous aime trop !!!!

Il était assis sur un banc, le regard mélancolique. Dès qu’elle le vit, Sarah se sentit soudainement attirer par une force supérieure vers cet homme. Totalement paralysée, elle ferma un bref moment les yeux, mais lorsqu’elle les rouvrit, la sublime apparition s’était volatilisée. Surprise, elle chercha de droite à gauche un signe de lui, en vain.
L’image de cet homme ne cessait de la troubler. Elle désirait le revoir car elle voulait comprendre pourquoi il exerçait sur elle une telle attraction. Il semblait en effet dégager quelque chose de particulier, une sorte de magnétisme troublant et inquiétant. Elle le chercha partout. Et elle le chercha tellement qu’elle finit par le trouver ou plutôt par le percuter. La confrontation dura à peine une minute : après quelques excuses et un moment de transport en découvrant qu’il était encore plus mystérieux de près, elle s’enfuit en maudissant sa maladresse. Tandis qu’elle ruminait cet incident, elle découvrit parmi ses livres, un ouvrage qui ne lui appartenait pas. Elle avait dû le prendre avec les siens lors de la collision avec cet étudiant qui se prénommait Jason comme l’indiquait la marge du livre.
Curieuse, elle feuilleta le livre, mais elle n’y comprit pas grand-chose. Durant la soirée, elle ne cessa de caresser le précieux livre. Il appartenait à Jason. Il l’avait touché. Ce livre était un signe. Le destin voulait qu’ils se rencontrent.
Il lui fallait le retrouver. Elle fit donc de nombreuses allées et venues où ils s’étaient rencontrés, sans résultat. Ce fut seulement au bout de cinq jours qu’elle finit par le trouver dans le petit parc près du cimetière. Il était allongé sur l’herbe et profitait du faible éclat du soleil. Sarah, intimidée, s’approcha doucement. Sentant sa présence, Jason se releva. Elle lui expliqua alors d’une traite qu’ils s’étaient déjà rencontrés et qu’elle avait pris par inadvertance un de ses livres. Il la remercia gentiment. Ses longs cheveux bruns virevoltaient sous la légère brise. Le cœur de Sarah battait si violemment que Jason aurait pu l’entendre. Devenant toute rouge, elle fit signe qu’elle n’avait plus rien à ajouter et disparut toute souriante. Je lui ai parlé, se disait-elle. Je lui ai parlé. Et il est si beau que je ne sais plus quoi dire tellement je suis fascinée ! C’est sûrement son aura qui me perturbe.
Et en effet, il ne cessait de la perturber car elle ne pensait qu’à lui. Depuis qu’elle l’avait rencontré, elle ressentait quelque chose de nouveau. Une sorte de force qui la poussait, qui dirigeait ses pensées et ses pas vers lui. C’était comme si elle avait désormais besoin de lui pour vivre. Suis-je en train de tomber amoureuse ? se demandait-elle souvent en tortillant ses cheveux, le regard rêveur.
Un jour, alors qu’elle était en cours, son professeur présenta le nouvel étudiant qui viendrait donner quelques cours de soutien. Se sentant peu concernée par la chose, elle ne jeta qu’un regard blasé vers le nouveau venu. Elle crut défaillir. C’était lui ! Là ! Sous ses yeux ! Mais comment était-ce possible ? Son cœur s’emballa de nouveau. Son prince avait mis une belle chemise et ses yeux n’avaient jamais été aussi perçants. Mais il ne croisa pas son regard et après quelques paroles, qu’elle but jusqu’à la lie, il partit.
Elle n’en revenait pas. Pas du tout. Elle allait pouvoir passer des heures avec lui grâce à la meilleure excuse qui soit ! Le corps et l’esprit bouillonnants, elle crut que la sonnerie ne viendrait jamais. Dès que le doux carillon se fit entendre, elle courut jusqu’au bureau de son professeur, se jeta sur la liste et écrivit de sa belle écriture ronde et rose son nom, qui se mariait si bien avec celui de Jason.
Cependant les premiers cours trompèrent ses espérances. Jason la toisait et se moquait souvent d’elle. Elle ne comprenait pas pourquoi il lui parlait aussi froidement, pourquoi il était aussi méchant avec elle. Peut-être le faisait-il exprès ? Oui, ça devait être cela, il était attiré par elle, cela se sentait. Quand on aime quelqu’un, on le titille souvent, c’est bien connu. Ca devait être ça. Ca ne pouvait être que ça. Il ne la faisait souffrir que pour mieux la tester. Il ne se rendait peut-être pas compte qu’il l’aimait. Il n’avait peut-être pas encore laisser parler son cœur. Il allait changer, apprendre à la connaître et alors…alors elle serait à lui, dévouée corps et âme, et il serait son seigneur.En attendant elle récoltait ses rares sourires et armait son cœur, son bouclier lisse et sans craquelures.
Un jour, elle réussit à le convaincre d’organiser un pique-nique avant les vacances. Elle espérait trouver un moment d’intimité pour eux deux. Ce fut assez simple. La plupart des autres élèves préféraient aller voir quelques garçons qui disputaient un match de basket. Alors que Jason était tellement plus séduisant ! Plus intelligent aussi, il expliquait si bien les sinus et les cosinus !
Il s’était écarté, à l’ombre. Elle alla s’asseoir à côté de lui. L’air était doux et les oiseaux chantaient leur joie dans les arbres. Tout était source de calme et de paix. Cependant Sarah était loin d’être calme. Elle était au contraire vivement inquiète et hésitait à poser la question qui lui brûlait les lèvres. Jason se tourna alors vers elle pour lui demander ce qui n’allait pas. Mais, lorsque Sarah posa ses yeux sur lui, il vit le tourment de la jeune fille et comprit qu’elle l’aimait. Surpris par cette découverte, il détourna les yeux et se leva. Inquiète, elle se releva d’un bond et le regarda avec effroi. Il se tourna finalement vers elle, prit son visage entre ses mains et déposa un baiser sur ses lèvres. Ce moment dura un centième de seconde. Un bref moment de flottement. Elle plongea son regard dans le sien, s’y noya. Il lui caressa doucement les cheveux en murmurant son prénom. Sarah… Sarah… Elle ferma les yeux.
Puis il murmura :
« Non, je ne peux pas. Je… ». Elle rouvrit les yeux, mourante, le cœur sur le point d’éclater en mille morceaux. Jason se retourna et commença à s’éloigner rapidement, une main sur le visage, l’autre la repoussant en arrière.
« Jason ! », sa voix devint sanglot. Elle courut derrière lui, les larmes ruisselant sur ses joues, les yeux remplis de désespoir. Il s’arrêta finalement, elle le rejoignit et s’accrocha à son bras telle une noyée à une bouée de sauvetage.
« Tu ne peux pas me faire ça, tu ne peux pas… Je t’aime, Jason, tu entends ? Je t’aime ! »Son cri brisa le cœur de Jason en deux. Refoulant sa peine, il osa enfin la regarder. Elle était si vulnérable… et si jolie… Il effleura ses boucles dorées, rapprocha peu à peu ses doigts de sa joue humide, humide à cause de lui, de sa cruauté. Il se confondit en excuses, la prit dans ses bras pour la réconforter et lui dit :
« Ne pleure plus, ma chérie. Moi aussi je t’aime. Je suis là, je serai toujours là pour toi, mon ange ». Elle posa sa tête sur son épaule et ferma les yeux. Ils étaient enfin ensemble. A jamais.