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Auteur Sujet: Discussion sur le concept d'histoire  (Lu 4435 fois)

Hors ligne Jep31

  • Plumelette
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Discussion sur le concept d'histoire
« le: 18 Août 2017 à 11:34:16 »
Bonjour à tous,

J'essaye actuellement de travailler sur la structure d'une histoire. C'est à dire qu'est ce qui fait que c'est une histoire et ce qui en fait son intérêt. Je passe sur le style de narration car j'englobe ici l'écriture mais aussi les histoires orales, le théâtre le cinéma et autre.  Ce qui n'intéresse c'est d'avoir une structure minimaliste et extrêmement flexible et de discuter avec vous de ces structures.

Tout d'abord je remets un peut ma question dans mon contexte.
Je suis nouveau sur ce forum car je n'écris pas vraiment (quelques tentatives, mais c'est tout. Car manque de temps, de motivation et de compétence :-)) mais j'adore les histoires et titiller mon imaginaire. Je pratique actuellement le théâtre d'improvisation qui nous permet à partir de rien et sur le moment de créer des histoires. On s'en sort à peu près sans structure pour les formats courts de quelques minutes et encore les fins arrivent plus par hasard qu'autre chose. On se pose donc forcément cette question à un moment, dans notre apprentissage de cette discipline, de ce qu'est une histoire. J'ai eu quelques cours et j'ai lu quelques bouquins d'improvisations qui en parlent un petit peu. On retrouve des notions comme le FSE(First significant event) ou le climax. Pour Keith Johstone une histoire se finit quand tous les éléments créés ont été réincorporés à l'histoire.  Je suis aussi entrain de lire le livre "Le guide du scénariste" de Christopher Vogler mais certaines choses ne me conviennent pas (je suis également prêt à en discuter avec vous).

Je recherche donc une structure un peu minimale mais très générale qui permettrait de définir une histoire. Je sais que certaines personnes n'aiment pas réfléchir sur une structure d'histoire de manière générale. Il est vrai qu'on trouve toujours des exceptions. On peut très bien écrire des histoires sans étudier ce principe. Cependant savoir reconnaître des passages clés ou des archétypes de personnages peut s'avérer utile et c'est aussi un sujet de discussion passionnant. De plus dans le théâtre d'improvisation, il est très important de reconnaître des structures types qui naissent spontanément ou même de se contraindre à un type d'histoire bien structurée. On a en effet très peu de temps pour réfléchir et on construit cette histoire à plusieurs. Certains schémas permettent d'être tous sur la même longueur d'onde. Rien ne nous empêche ensuite, avec plus d’expérience, de jouer à sortir des schémas que l'on connait mais c'est un bon point de départ. Reconnaître certains personnages clés comme par exemple le mentor lorsqu'on est entrain de le jouer permet de clarifier les choses. Je peux alors me dire, "Ok je joue le rôle de celui qui doit soutenir le héro dans sa quête" je vais donc le faire à fond ou alors au contraire jouer avec ça.

Pour le moment j'ai quelques notions clés vers lesquelles je tends:

- Le héro est celui qui change

Pour retenir l'intérêt du spectateur ou du lecteur il faut que quelque chose évolue et ce qui évolue le plus focalise l'attention, il en devient le héro de l'histoire. Bien sur un récit peut avoir des sous héro, comme il présente des sous  histoire mais là on s'intéresse à l'histoire minimale. Je suppose que le héro pourrait ne pas être un personnage mais peut être une ville ou civilisation par exemple. Les pièces de théâtre improvisé qui me marque le plus c'est souvent quand un personnage change. Certaines histoires ne font pas ça, elles peuvent finir pas nous ennuyer et on du mal à soutenir notre attention. La pièce peut nous tenir attentif par de l'effet comique ou de la tension mais souvent si il n'y a pas de changement cette histoire ne nous marque pas une fois la pièce finit.
 
- Il y a le monde de tous les jours. Le quotidien avant le début de l'histoire. Bien sûr on va me dire qu'on peut enlever ce quotidien et commencer directement par l'élément perturbateur mais d'après moi on finit toujours par décrire un quotidien ou à s'y référer car il n'y a pas de changement sans situation initiale.  De plus en improvisation c'est presque indispensable car on monte sur scène sans savoir qui est notre personnage. Il lui faut donc le temps de se construire. Si l'on débute directement dans l'action, il est très difficile d'avoir des personnages bien étoffés et on ne sait pas comment réagir aux événements car on n'est encore personne.

- Il y a ce que j'appelle pour le moment le FSE. C'est à dire l’événement qui propulse le héro dans "l'aventure". On va dire ce qui le pousse à changer.
C'est un moment important pour moi et intéressant à jouer car cela marque le public et les acteurs. Il met tout le monde d'accord sur les enjeux de l'histoire.

- Après ce FSE on bascule dans un monde modifié, il peut être intéressant de s'attarder à découvrir ce monde là. (Une partie que j'aime bien dans le guide du scénariste). Le héro est souvent testé dans cette phase et il peut découvrir qui seront ses alliés et ses ennemis.

- Là je suis encore un peu dans le flou. La notion de climax n'est pas claire pour moi, ainsi que celle de l'épreuve ultime (dans le voyage du héro). Apparemment l'épreuve ultime serait la résolution du problème mais pas le climax de l'histoire. Le climax serait le moment où tout s'éclaire, un moment d'émotion final important. Pas très clair pour moi tout cela, je veux bien un peu d'aide. D'après moi le climax pourrait être le moment où l'on réintègre tous les éléments à l'histoire et ainsi clôture le récit.

- Ok ensuite sur la fin c'est un peu flou. Je vois bien l’utilité pour certaines histoires de reboucler avec le début de l'histoire mais c'est tout.

En improvisation il est parfois difficile d'identifier la fin si l'histoire est mal construite. Mais dans certain cas, c'est tellement évident que tout le public ne s'y trompe pas. Souvent c'est quand tous les éléments de l'histoire ont été réintégrés. L'histoire est bouclée.

Voilà j'aimerais bien avoir votre avis sur certains événements clés  dans une histoire. Je ne dis pas nécessaire attention mais juste assez important, comme des pièces à utiliser si besoin.

Merci beaucoup pour votre aide et vos avis sur la question.
J'ai essayé de résumer au mieux ma pensée et mes questions. C'est surement un peu confus car ça l'est encore un peu dans ma tête aussi et qu'il est difficile de résumer rapidement et explicitement tout cela. N'hésitez pas à me poser des questions si nécessaire.

PS: Apparemment climax est un anglicisme, quel mot utilisez vous en français ? L'apogée de l'histoire ? Le dénouement ?

Jérémie

Hors ligne ernya

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Re : Discussion sur le concept d'histoire
« Réponse #1 le: 18 Août 2017 à 15:19:41 »
Bonjour et bienvenue sur ce forum !

Avant toute chose, on tient à ce que les nouveaux membres aillent se présenter donc on t'attend dans la section des Présentations ! ;)
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Jep31

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Re : Discussion sur le concept d'histoire
« Réponse #2 le: 18 Août 2017 à 16:21:03 »
Bonjour et bien reçu.

Chose faite ICI
« Modifié: 18 Août 2017 à 16:36:02 par Jep31 »

Hors ligne Jep31

  • Plumelette
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Re : Discussion sur le concept d'histoire
« Réponse #3 le: 25 Août 2017 à 16:47:06 »
Réponse à la question de Dom Stréa dans la section présentation,

Voilà une présentation un peu plus précise de l'improvisation. Ce qui explique un peu mieux ma question.
Je ne me suis effectivement pas très étendu sur l'improvisation théâtrale. Ce n'est pas une pratique facile à résumer en quelques lignes mais je vais essayé d'être plus clair.

L'impulsion de départ

L'impulsion de départ en improvisation repose effectivement sur presque rien. Il est tout à fait possible de commencer une improvisation à partir de rien, sans thème (Qui n'est pas un titre, mais juste une inspiration), sans savoir qui va jouer et sans temps. C'est assez difficile à expliquer (et à faire aussi) mais en gros il y a toujours un détail qui nous permet d'improviser. Cela peut être une émotion que ressent le joueur ou une envie qu'il souhaite tester pour cette impro. Cela peut aussi être un détail dans sa posture qui va lui inspirer tout un personnage. Il y a en fait énormément de chose dont on peut s'inspire et inventer une infinité d'improvisation qui ne se ressemble pas. On apprend en fait à être sensible à tous ces détails, à les amplifier et à les nourrir afin de créer quelque chose de nouveau. C'est évidemment plus facile avec un mot ou une phrase de départ, quoique parfois cela, peut enfermer notre inspiration dans la signification première de ce mot. Là encore sortir de cette signification demande de l'entrainement.

Donc oui cette phase d'impulsion part de presque rien. En fait cela part bien de quelque chose, mais ce petit quelque chose peut être infime. Ensuite l'acteur sur scène va nourrir tout cela. Il va compléter son personnage, son lieu et ses possibles relations avec d'autres personnages. Souvent c'est en amplifiant un détail que l'inspiration arrive. Ensuite il suffit de ne pas bloquer son imagination et notre cerveau si créatif, fait tout le reste si on ne le censure pas.

Le scénariste dans l'improvisateur

Quand les acteurs sont sur scènes, ils réfléchissent en fait assez peu (à part se concentrer pour laisser les idées venir d'elle même) car ce qu'ils font, n'est rien d'autre que ce que leur personnage ferait dans cette situation. Ils laissent donc vivre ce personnage sur scène. On peut très bien jouer tout le temps comme cela. Mais ce serait passer à côté d'une autre facette de l'improvisation. Le comédien qui joue est bien sûr acteur mais il est aussi scénariste et metteur en scène. Il lui est tout à fait possible de se dire, tiens cette idée est intéressante, je vais donc amener le récit dans ce sens, ou bien je verrais bien cette mise en scène là, maintenant. On pratique même le principe de résistance en improvisation. C'est à dire que le personnage joué par le comédien veut faire quelque chose mais le comédien ne veut pas qu'il le fasse. C'est un principe important pour certaines scènes de clown. Le comédien peut donc très bien se dire pendant qu'il joue, tiens là mon personnage doit résister ou là ça y est mon personnage va changer et faire basculer l'histoire. D'où l'intérêt de connaitre comment fonctionne un récit. De manière très simple bien sûr car l'improvisateur ne contrôle pas tout et a très peu de temps pour réfléchir.

Le regard extérieur

Pendant que les acteurs sur scène sont dans leur personnage, il y a souvent des acteurs sur le bord. Eux ont tout le temps nécessaire pour analyser la scène et la globalité de l'histoire. Ils disposent d'un recul que les acteurs en jeu n'ont pas. En observant la scène de l’extérieur ils peuvent reconnaître la forme et le stade dans lequel est actuellement le récit. Une fois qu'ils savent où l'histoire en est, il peuvent rentrer en jeu en conséquence et avec un objectif bien précis.

Comment improviser une histoire (résumé très bref)

Je commence à travailler le long format et en cours, on nous apprend à repérer certaines étape du récit. Au début les improvisateurs commencent à poser la plateforme. A définir les personnages et le monde de tous les jours dans lequel ils vivent. Ensuite on repère un détail à amplifier et on l'enrichi, l’accentue et l'utilise autant que possible. On arrive ainsi au premier événement significatif qui va lancer la deuxième phase de l'histoire. Il est important que les acteurs repèrent ce moment afin de lui donner l'importance qu'il mérite dans l'histoire. On joue rarement cette scène en cinq secondes ou alors il faut qu'elle soit très intense (Difficile à faire). On peut aussi repérer le climax de l'histoire  (il faut aussi lui donner son importance) et ensuite amorcer tranquillement la fin de l'histoire.

Voilà avoir éclairer certaines personnes qui se demandaient comment cela fonctionne. N'hésitez pas à me poser des questions sur tout cela.


Hors ligne Lolfish

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Re : Discussion sur le concept d'histoire
« Réponse #4 le: 25 Août 2017 à 22:27:36 »
Je te conseille de lire "Le héros aux mille visages " de Joseph Campbell qui répond à tes questions selon un point de vue que je partage :)

Hors ligne Jep31

  • Plumelette
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Re : Discussion sur le concept d'histoire
« Réponse #5 le: 26 Août 2017 à 09:08:38 »
Bonjour Lolfish,

Je suis entrain de lire Christopher Vogler et le guide du scénariste qui n'est rien d'autre q'une explication plus digeste et moderne du voyage du héro et des théories de Joseph Campbell. Même si certaines choses sont intéressantes, je suis globalement très déçu par ce livre et cette théorie. Les explications et les exemples tournent presque tous autour d'une histoire très classique du héro qui part à l'aventure pour sauver son peuple et rencontre de grandes épreuves. Ce n'est que très peu adapté aux histoires plus originales et j'avoue que le voyage du héro n'est pas mon format préféré. De plus beaucoup des étapes ne semblent pas nécessaire à part si on veut se calquer sur le modèle Marvel américain.

Je suis plus adepte de la construction plus simple en trois actes comme l'explique Yves Lavandier. Je vais bientôt commencer son livre sur la dramaturgie.  Je ne dis pas que ces étapes du voyage du héro ne sont pas bonnes, ni inutiles mais je pense qu'on peut se résoudre à quelque chose de plus simple et de plus organique centré sur les trois actes et le changement du héro. A voir ce que Lavandier me propose:

Conférence d'Yves Lavandier: https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0ahUKEwjLloyLq_TVAhXShrQKHQMUAyUQtwIIJzAA&url=http%3A%2F%2Fwww.dailymotion.com%2Fvideo%2Fx9lx55&usg=AFQjCNGUiNckL6lIrnPIScvQP1iqvXRx7A

Petite séries de petits conseils et explications: https://www.youtube.com/watch?v=9Fwa7OeAFpw&list=PLxex8Z5MHt2e3LFD1zn3bwmkOWQuAfXqU

Utilises tu le voyage du héro pour tous tes écrits ? Comment t'en sers tu ?
« Modifié: 26 Août 2017 à 09:20:21 par Jep31 »

Hors ligne Lolfish

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  • Messages: 85
Re : Discussion sur le concept d'histoire
« Réponse #6 le: 26 Août 2017 à 13:36:15 »
Hello


Je l'utilise, avec plus ou moins de légèreté. J'ai eu une formation en cinema d'animation 3D et sur les cours de scenario nous avions fait des analyses poussées et même sur des films aussi variés que Melancholia, Toy Story, Le Prestige et Fight Club on retrouve cette trame. Alors pour Melancholia faut creuser un peu mais bon :p. Donc c'est pas forcément du blockbuster. Par contre il ne faut pas prendre au pied de la lettre ; le mentor peut etre autre chose qu'un obiwan kenobi ou une grand-mere nature, l'appel de l'aventure peut etre autre chose que aller taper du méchant ou sauver le monde (par ex. Dans Melancholia l''«aventure» c'est l'arrivée de la planète, le refus de l'aventure c'est la theorie comme quoi elle va s'eloigner, finalement non, et a la fin les deux soeurs, dont l'une des deux représente le mentor de l'autre, quelque part, elles finissent par l'accepter. Enfin je me souviens plus exactement ça remonte a l'annee ou le film venait de sortir mais c'était intéressant.

A l'inverse on nous a fait yeuter des courts métrages présentés en festival qui ne suivaient pas ce schema... C'était raté. Souvent parce qu'il ny avait pas de fin et que la volonté de passer un message predominait celle de raconter une histoire.

A titre personnel quand j'écris je ne suis pas consciemment ce schema mais en analysant mon plan je me suis rendue compte a posteriori que ça le suivait.


Maintenant rien n'oblige à le suivre, ou à suivre tous les points, mais je pense qu'une bonne histoire les utilise.

Après plus que «ce que je veux raconter», moi, quand j'écris, ma question c'est plutôt «qu'est-ce que je veux faire vivre au lecteur.»
Est-ce que je veux lui faire peur ? Le fasciner ? L'effrayer ? Le faire rire ? Susciter des questionnements existentiels ? Le faire voyager ?
Je distingue aussi le plot de son contexte. L'histoire que j'écris se déroule dans un futur un poil post-apo, mais à l'origine c'était un recit gothique victorien à tendance fantastique issu d'un scénario de jdr medfan.

Bref moi quand j'écris je pense davantage émotion et sentiment que faits et péripéties, je préfère m'attarder sur la psychologie des personnages que sur l'action, et pourtant .. le schema est là xD

Hors ligne Dom Stréa

  • Tabellion
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Re : Discussion sur le concept d'histoire
« Réponse #7 le: 27 Août 2017 à 14:41:29 »
Coucou!
Je viens de lire ta réponse. Je reconnais l'impro telle que je l'ai pratiquée dans les explications que tu donnes, ça me rappelle le bon (vieux) temps :D
Je t'avoue que c'est le lien avec ta question "quelle structure pour une histoire?" avec lequel j'ai du mal; ça doit être difficile de partir en impro avec à la fois "rien" (on est d'accord sur cette notion de "rien) et à la fois avec une structure de personnage, une structure de forme, une structure d'ambiance, une structure de déroulement, une structure de fin.... :/
Ce qui me manque dans ta description, c'est la dimension "l'imagination, ça se travaille" (nous, on travaillait lors des "entraînements" avec différents outils, on peut en reparler). :\?
L'autre dimension qui me manque, c'est la dimension collective:en impro, tu n'es jamais le seul à avoir imaginé
- être le héros de l'impro,
- le contexte de l'impro,
- la forme de l'impro,
- son contenu
- et son issue,
les autres sont là qui eux aussi proposent des choses, ce qui fait que ce que tu as imaginé ne va peut-être pas se passer, et ne se passera pas non plus ce que ton équipier a imaginé, d'où le risque inhérent à la technique d'impro...  :meeting:
A ImproVisé (la troupe dont je faisais partie), nous avions décidé de pratiquer l'impro comme une fin en soi en nous disant "advienne que pourra".
Les fins, il est vrai, étaient parfois (souvent)  laborieuses et hasardeuses mais ça nous donnait l'occasion de continuer à développer notre imagination et notre disponibilité à l'imagination de(s) l'autre(s).   :meeting:
Par contre, quelques comédiens ont utilisé nos outils et nos entraînements pour devenir des comédiens, des auteurs, des metteurs en scène plus réactifs, plus imaginatifs et grand bien leur fasse! Eux ont utilisé l'impro comme outil préalable à leur travail et puis sont passés à un travail d'écriture (de textes, de scénarios, de mise en scène) ou à un travail d'ancrage de personnages, "suspendant" ainsi le temps normalement imparti
à une impro.  :bouquine:
Voilà, j'arrête, c'était juste pour te dire que pour moi impro et structure, ça ne va pas bien ensemble.... et je crois surtout que la structure se travaille sur le mode impro (et donc en temps réel) à force d'entraînements. Il y a des outils d'impro pour le personnage, le "décor", le déclencheur de changement (pour moi, le héros est le déclencheur du changement ), l'ambiance,  l'événement renversant,la fin et surtout pour le travail d'écoute, de réaction, de soumission, d'unisson ou de résistance à l'autre... ;)
Beau dimanche! :-*
« Modifié: 27 Août 2017 à 14:58:38 par Dom Stréa »

Hors ligne Jep31

  • Plumelette
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Re : Discussion sur le concept d'histoire
« Réponse #8 le: 29 Août 2017 à 10:23:28 »
Je vais d'abord répondre à Lolfish car les réponses sont un peut longues à développer  ^^

Je suis déçu par ce livre justement parce que pour moi aussi il ne faut surtout pas le prendre au pied de la lettre. Et autant au début du "guide du scénariste" il explique bien les variétés de mentor possible ou du refus de l'aventure par exemple autant à la fin il ne réserve que 3 ou 4 lignes par étapes pour nuancer sa structure (Épreuve suprême ou retour avec l'elixir...). Il est surtout intéressant de voir ces archétypes ou ces étapes afin de les remodeler et de les rendre plus subtiles.

Après selon moi et cela n'engage que moi, cette structure n'est absolument pas nécessaire pour tout type d'histoire. On retrouve des éléments de ce modèles dans beaucoup de récits, c'est certain mais il n'y a rien d'indispensable. Il est très utile de connaitre ces étapes et de savoir les reconnaître. Cela améliore sans aucun doute la connaissance que l'on a d'un récit mais on peut construire un récit en ignorant une bonne partie de ces étapes. Après forcément si on veut absolument faire coller ce schéma à une histoire qui ne le respecte pas, on trouvera forcément des analogies qui font que ça fonctionne plus ou moins même si c'est un peu tiré par les cheveux. Il faut toujours se méfier de notre capacité à trouver un modèle partout parce quand fait c'est très facile et cela avec n'importe quel modèle. Bien qu'on retrouve celui ci très souvent de manière claire car il est présent depuis la nuit des temps et qu'on l'a tellement entendu qu'on se calque instinctivement dessus. Je reste persuadé qu'on peut simplifier ce schéma pour arriver à l'essentiel d'une histoire et ainsi arriver à des scénarios plus variés.

Je suis d'accord avec toi sur la manière de l'appliquer. Il est utile de le connaitre car quand on écrit on retombe souvent sur certain archétype de personnage ou sur certaines de ces étapes. Et les reconnaître nous permet de mieux comprendre pourquoi on est entrain de le faire et ainsi de mieux l'exploiter. Il ne faut pas, je pense avoir ce schéma en vue ou en objectif lorsque l'on construit l'histoire car il n'est pas unique et peut tellement être tordu dans tous les sens que le suivre ne serait pas bénéfique à notre histoire.


Dans le même genre, si l'on regarde L’ANATOMIE DU SCÉNARIO DE JOHN TRUBY, on retrouve d'autres types d'étapes très détaillés. C'est un autre modèle intéressant mais pas indispensable pour une histoire. Truby recommande ce qui pour moi est une aberration, c'est à dire avoir en premier une idée très précise d'où on veut amener le héro et moduler l'histoire pour l'y amener. C'est un conseil très dangereux car l'histoire perdra forcément en crédibilité afin de servir l'auteur. Ceci est pour moi le contraire d'une histoire organique. Il est préférable d'après moi de faire vivre les personnages et de rester fidèle à leur personnalité et à l'univers.  Après dans certain cas précis, c'est possible et parfois nécessaire mais cela demande une grande habilité de la part de l'auteur. Et ce n'est absolument pas nécessaire, la preuve c'est impossible en improvisation et pourtant de très très belles histoires très bien construire peuvent être créé et non ce n'est pas du hasard mais tout simplement parce qu'il y a d'autre règles plus importante dans un récit.

Hors ligne Jep31

  • Plumelette
  • Messages: 9
Re : Discussion sur le concept d'histoire
« Réponse #9 le: 29 Août 2017 à 11:56:55 »
Dom Stréa,

Ce n'est pas parce que c'est de l'improvisation que toute structure ou construction est bannie, bien au contraire. Lorsqu'on te demande de raconter une histoire très rapidement tu vas presque toujours commencer de la même manière.

Une situation initiale:
C'est l'histoire de machin qui faisait ce truc quelque part

Un élément perturbateur:
Et tout à coup quelque chose se passe

Et du coup:
Le ou les personnages font quelque chose en réaction, cela peut être résoudre le problème

Et la fin,
Depuis ce jour le monde et les personnages sont comme ça.

Il y a bien une structure, et pourtant tu as tout improvisé ! Même inconsciemment je suis certain que vous essayez de réaliser ce minimum de structure. Tout simplement parce que pour nous une histoire c'est ça. Attention parfois sur des scènes courtes on ne crée pas toujours d'histoire. C'est parfois une série de gag qui ne mènent à rien. Personnellement je n'aime pas ces improvisations et ce n'est pas ma conception de l'impro. Une belle improvisation qui reste en tête, c'est une histoire, même très courte et très simple.

Après on ne part pas avec une structure, on fait émerger tous ensemble une structure et ça c'est très différent. Comme tu le dis on part de rien, et on crée des choses. Parmi ces choses on repère des choses utiles et on en fait émerger une structure de récit.

Je ne comprends pas ce qui te manque avec l'imagination ça se travaille ?

Pour le collectif.
Bien sûr que tout ne va pas se passer comme tu l'imagines ! Il ne faut jamais anticiper en improvisation ou alors il faut être prêt à ce que ça foire car on n'est jamais seul. Ce n'est pas du tout ce que j'entend quand je parle de mettre de la structure dans de l'impro. On pense toujours sur le moment, on ne va jamais se dire, l'histoire va se finir comme ça alors on va tout faire pour y aller. Là on court à la catastrophe. Par contre on a beau être plusieurs à improviser, l'écoute est primordiale et reconnaître les éléments d'une histoire aide énormément à aller dans la même direction. On peut construire des choses d'une richesse incroyable juste en partageant quelques principes en commun.

Dans une improvisation d'une heure il est y a souvent un personnage principal (Car c'est une structure simple et facilement identifiable, attention on peut faire autrement !). Il est très important de reconnaître rapidement qui sera le personnage principal. Et je te passe les détails, mais les joueurs quand il y a un doute (Parfois il s'impose de lui même) vont proposer un personnage principal et si ce n'est pas le même, il y aura un moment d'hésitation avec deux personnages principaux. Et à force d'écoute, le groupe va s'accorder rapidement vers un personnage. Chacun fait des propositions mais personne n'imagine tout. Et une bonne troupe d'improvisation, se met progressivement d'accord.

Je ne peux pas résumer tout l'enseignement de l'impro en quelques lignes, des bouquins entiers sont dédiés à ça. Mais je t'assure qu'il y a beaucoup plus à faire en improvisation que de se dire "advienne que pourra" et cela ne l'imite pas l'improvisation, au contraire, si c'est fait correctement. Les techniques de l'impro, c'est justement arriver à produire du sens avec tous les imprévus de l'improvisation et de le faire sur le moment. Encore une fois, on anticipe rien en improvisation, et mettre de la structure n'est absolument pas incompatible avec ça.  L'improvisation est tellement riche, on peut la pratiquer à plusieurs niveaux de compréhension et ce qui est bien c'est qu'elle est marrante et enrichissante à tous les niveaux  ;D

 


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