Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les Lettres

Auteur Sujet: Les Lettres  (Lu 3229 fois)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Les Lettres
« le: 24 Février 2008 à 11:13:30 »
Voici une nouvelle que j'avais écrite y a un petit bout de temps (4 ans, je crois... Je devais être en première ou en seconde...), pour un AT qui n'a jamais été mené à bien. Je me dis qu'elle fera peut-être sourire quelqu'un... ! Et puis, si vous avez des corrections, des suggestions, des critiques, des remarques, etc. , elles sont les très bienvenues ! ^^Beaucoup de choses ne vont pas.

________________________

J'étouffais sous mon corset. Comment ces femmes arrivaient-elles à respirer ? Elles s'agitaient avec leurs longues robes et leurs coiffes raffinées dans la salle de bal, leurs cavaliers, en pourpoint multicolore et chausses voyantes, au bras. Moi, j'étais bien aise d'être une fée, et je me réjouis en pensant à ma confortable robe de lumière qui m'attendait sagement à mon retour. Evidemment, je ne pouvais pas la garder sur moi, ces humains se seraient étonnés de voir une jeune fille brillant comme un lampadaire mal éteint (eh oui, cher lecteur, il y a longtemps que nous, le peuple magique, connaissons l'électricité). Quoi qu'il en fût, la chaleur de la salle de bal était insupportable. Surtout pour quelqu'un qui venait de se battre en duel avec un ogre, de traverser une rivière tumultueuse à la nage, d'escalader trois étages de pierre récalcitrante, de forcer deux portes traitées pour résister à toutes les attaques, de s'introduire par effraction dans une pièce plus surveillée que le palais de la Reine, et le tout en costume de soirée. Heureusement que c'était un bal masqué et que mon apparence négligée et mes oreilles pointues passaient relativement inaperçues.
-  Gente dame ? dit un homme dont le masque couvrait le haut du visage. M'accordez-vous cette danse ?
Quoi ?! Tourner niaisement sur une musique à dormir debout alors que j'étais sur le point d'accomplir une mission qui m'ouvrait les portes du grade de Fée de Niveau 7 ? Plutôt enfoncer ma tête dans la gueule d'un dragon affamé ! Non mais !
Je déclinai poliment.
-   Allons, une aussi belle jeune femme ne devrait pas rester seule dans un coin !
Je lui lançai un regard rageur. Je ne restais pas "seule dans un coin", j'attendais le moment opportun pour me glisser ni vue ni connue dans les entrailles du château. Quel empêcheur de s'éclipser en rond, celui-là !
Je déclinai encore plus poliment. Il s'éloigna enfin.
Voilà, la voie était libre. M'assurant que personne ne me regardait, je me faufilai discrètement dans l'un des couloirs. Discrètement, si on veut ! Longue robe, jupons, froufrous et dentelles balayaient le sol avec un bruit exaspérant. Mes pensées s'échappèrent une fois de plus vers mes jolis vêtements de lumière, qu'on sentait à peine et qui ne faisaient pas de bruit, eux. Bon, ma mission, se concentrer sur ma mission. Les lettres compromettantes que notre cher Roi des Elfes avait eu la bonne idée d'envoyer à une duchesse humaine et qui révélaient l'existence de notre monde. Bien sûr, l'honnête lady en question n'avait pas hésité à le faire chanter. Et, cerise sur le gâteau, elle avait acheté des créatures magiques pour son service !
J'arrivai à un escalier tellement lustré que je pus y admirer ma frimousse arrondie aux yeux violets (enfin, d'un triste bleu pour l'instant : le violet étant trop voyant, j'avais préféré mettre des lentilles pour ne pas me faire remarquer de ces barbares d'humains qui croyaient encore que la Terre était plate). Mon pendantif-boussole me tira vers la droite. Je lui obéis, me retrouvant dans un couloir sombre. Je saisis une chandelle à demi consumée qui semblait posée là exprès pour moi. La frêle lumière qu'elle diffusait dansait sur les murs en déformant les ombres de manière inquiétante. Le corridor n'était pas grand, mais un mauvais pressentiment me tenaillait et je restai sur mes gardes, accompagnée du claquement de mes souliers sur le sol qui se répercutait autour de moi comme une présence invisible. J'arrivai enfin au bout. Une porte, fermée. Bien, j'étais dans la bonne direction. Je sortis ma baguette de ma longue manche échancrée et la glissai dans la serrure. Le loquet ne bougea pas. Ah. Problème. La porte était donc protégée par un sortilège, les complications commençaient. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour être tranquillement dans ma chambre avec un bon bol de chocolat et, pourquoi pas, une agréable baignoire prête à m'accueillir ? "Fée de Niveau 7, Fée de Niveau 7. Il me faut ce grade..."
Je reculai de quelques pas. Un rapide coup d'œil à droite et à gauche... personne. Je brandis ma baguette vers la porte, fis affluer la magie dans mes doigts, et prononçai l'incantation de déverrouillage. La serrure céda dans un cliquetis métallique, le battant s'ouvrit ; je pénétrai dans une pièce obscure.
Soudain, il fit très froid. Un souffle me caressa – ou plutôt me gifla – le visage, emportant mon bel et inconfortable hennin à voiles échafaudées, la porte claqua derrière moi. Je reconnus naturellement la présence d'un Esprit du Froid. Ce n'était pas une débutante, cette lady ! Un Esprit du Froid faisait partie de la catégorie 4, soit seulement deux au-dessous de moi, ce qui le rendait dangereux mais juste assez obéissant pour servir à une protection. Je pris une position d'attaque : baguette brandie devant moi, buste droit, et en l'occurrence, jupe encombrante retenue au-dessus des genoux pour faciliter la liberté de mouvement – c'est dans ces moment-là que l'on voit que les humaines du Moyen-Âge n'avaient pas l'habitude des combats. L'Esprit se matérialisa devant moi. Son visage de glace grimaçant et son corps démesurément petit flottaient à quelques centimètres de ma baguette.
-      Laisse-moi passer, ordonnai-je sans grand espoir.
Evidemment, il me rit au nez et me jeta une rafale de vent. Je m'écartai vivement : ces vents peuvent vous transformer en glaçon si vous les respirez.
-     OK, lançai-je. Dygiruvutikilipik !
(Non, je n'avais pas une soudaine crise de bégaiement intempestif, c'était juste une formule magique.)
La poussière de mon sortilège jaillit de ma baguette et s'avança un instant vers l'Esprit. Celui-ci déchaîna une nouvelle rafale qui le repoussa dans ma direction. Je roulai au sol pour l'éviter, sentant une bourrasque faire voler mes longs cheveux orangés. Le sortilège explosa contre le mur. Je me relevai, furieuse. On n'avait pas idée de détruire un sort aussi difficile à prononcer !
-        Dygiruvutikilipik ! répétai-je (ou plutôt hurlai-je). Et Gurujilomok !
Ça, pour ceux qui auraient oublié leurs formules les plus élémentaires, c'était un sort de localisation, qui empêchait le sortilège principal de se perdre en route.
L'Esprit du Froid parut assez mécontent. Il grommela quelque chose et me cracha à la figure. Là aussi je fis un bond de côté : la salive de ces créatures est un puissant solvant (très utilisé pour les détergent de notre monde). Mon petit Dygiruvutikilipik se fraya paresseusement un passage vers mon agresseur et s'enroula autour de lui. L'Esprit du Froid me foudroya du regard (au sens figuré, ne vous inquiétez pas, lecteur adoré !) puis il disparut sans plus de cérémonie. Bien, un de moins. A la suite !
Oui, mais quelle suite ? Il y avait deux portes devant moi. Mon pendantif-boussole hésita un instant avant de m'indiquer le passage de droite. Quelle bonne idée avais-je eu de l'emporter ! Je suivis ses conseils et déverrouillai la serrure.
C'était un autre corridor étroit et fort heureusement éclairé, ce qui me permit d'abandonner ma bougie. Il était dallé de deux couleurs, noir et blanc, comme un échiquier. Oh non, pas le coup classique où l'on dispute une partie d'échec géante ! J'étais nulle à ce jeu ! Je fis un pas... la dalle s'enfonça. Un piège ! Ce n'était pas juste, ça, comme si j'avais pu penser à tout ! Il y eut un grondement, une secousse, puis un déclic inquiétant, et... rien, le silence. Une goutte de sueur perla sur mon front, je n'osais retirer mon pied. Que se passait-il ? Tous mes muscles étaient tendus, prêts à riposter à la moindre attaque, mes sens étaient en alerte, en un mot, j'avais peur, très peur. Soudain, tout s'ébranla. Le couloir entier vibra, avec nuages de poussière et frottements des pierres les unes contre les autres ; je vacillai. Un raclement étrange retentit, je jetai un regard paniqué autour de moi... Les murs ! Ils se rapprochaient à vue d'œil !
-      Zut ! m'exclamai-je.
Il n'y avait aucun sort pour arrêter un engrenage qu'on ne voyait pas et où aucune magie n'influait. Pas bête, la lady, pour mélanger magie et technique dans ses protections. Mais il n'était pas temps d'admirer ses imaginatives idées pour occire les visiteurs inopportuns : les deux murs étaient de plus en plus proches.
-       Buferyajukolipomoik ! m'écriai-je.
Aussitôt, une barre de fer apparut dans ma main. Les murs se rapprochaient toujours d'avantage, comme pour former un gigantesque sandwich dont je serais malheureusement la viande hachée.... Vite ! Je tentais de les bloquer avec la barre... qui plia sous l'effort.
-  Zut et re-zut ! jurai-je.
Les parois n'étaient plus qu'à un petit mètre l'intervalle, j'allais être écrasée d'un instant à l'autre.
- Triple zut ! Epoudéousiforichtac !
Une épée ?! Pourquoi avais-je demandé une épée ? Je sentais les murs qui me frôlaient à présent les épaules. Mes jambes flageolaient de façon incontrôlable. Tout à coup, une idée me vint : la dalle qui avait tout déclenché était restée enfoncée, peut-être que... Je plantai énergiquement la lame dans la rainure qui la séparait de la dalle adjacente ; mes mains tremblaient. Les murs m'oppressaient terriblement, j'eus l'horrible impression qu'il ne me restait que quelques secondes à vivre, mon estomac se révulsait de terreur. Je tirai sur mon arme, tentant de ramener la maudite dalle au niveau du sol. Elle résista, les parois me broyaient les coudes. Je tirai encore, de toutes mes forces, de toute mon âme...
Le mécanisme s'arrêta. Je retins mon souffle, la poignée de l'épée toujours enfoncée dans ma paume moite. Le piège allait-il se réamorcer de nouveau ? La tête me tournait. Non, visiblement pas. Je desserrai lentement mes doigts de l'épée. Bien. Ça, c'était la bonne nouvelle. La mauvaise : le passage était maintenant si étroit que j'avais peine à respirer, et qui sait s'il n'y avait pas d'autres pièges sous les autres dalles...
-    Yranoupov !
Mes pieds se soulevèrent du sol, je planais à quelques centimètres dans les airs, encore étourdie de l'hystérie qui m'avait prise quelques secondes avant. Récupérant un minimum d'équilibre, je tentai d'avancer en me propulsant avec les bras. Pourvu que le sort tienne le temps que j'arrive en lieu sûr ! J'allais le plus vite possible, évitant tout contact avec le mur. Enfin, j'arrivai au bout du couloir... Juste à temps d'ailleurs : le sort céda et je me cassai aussitôt la figure. Le bruit sourd de ma chute raisonna dans la salle où je venais de pénétrer. Mon pendentif m'entraînait en avant. Cette pièce était élégamment meublée, avec un lit moelleux, un bureau bien rangé, un fauteuil de velours rouge... Bref, l'endroit où j'aurais le moins pu imaginer arriver lors d'une aventure de ce genre. La lady avait-elle élu domicile là pour protéger ses précieuses lettres ? "Oui, c'est ça, avec pour seul accès un couloir piégé et un Esprit du Froid comme domestique ! Tu as de ces idées, parfois !" me réprimandai-je. Pourtant, cette pièce avait vraiment l'air d'une chambre...
Un rugissement. Je sursautai si fort que je fis un bond en arrière. Je tressaillis : qu'est-ce que c'était encore ? Soudain, devant moi, apparut un... Nom d'un gnome en guimauve ! Comment la lady avait-elle pu se procurer un dragon sans figurer dans les archives, que j'avais soigneusement inspectées avant de venir ? Ces créatures faisaient l'objet de taxes exorbitantes et d'un contrôle inviolable...
La bête me fixait d'un oeil globuleux, menaçant. Ne pas l'affoler, rester calme, ne pas paniquer... Il me décocha un coup de pattes assez violent pour me décrocher la mâchoire, je dus rouler au sol pour l'éviter. Ma baguette ! J'avais lâché ma baguette ! D'accord, maintenant je pouvais paniquer ! Je tentai de ramper jusqu'à elle. Une flamme rouge vif grésilla à quelques millimètres de ma tête. "Bien, bien, je recule !" Je me relevai avec difficulté, acculée au fauteuil prêt à s'enflammer à la moindre étincelle. On fait mieux comme cachette. Mon pendentif me tirait si fort vers le côté que la chaîne s'enfonçait dans mon cou. Faisant mine de me précipiter à droite, je fondis vers la gauche, attrapant au passage ma baguette... ou du moins ce qu'il en restait : le feu avait détruit une partie de la belle étoile argentée qui trônait au bout du manche en bois d'érable sérieusement endommagé.
- Magycolssi... Magicollisi... bégayai-je à bout de souffle. Oh, flûte ! MAGYCOLISIROMYCIATHALYVUBUUUUUUUU !
Un second dragon apparut devant le premier. Mais celui-ci, c'était moi qui le dirigeai. Malheureusement, ma baguette cassée ne facilitait pas les chose : les ailes de mon petit protégé étaient à l'envers, sa gueule était tordue, il avait trois yeux et des pattes de lézard. Enfin, c'était mieux que rien, et il retiendrait le vrai dragon le temps que je prenne la poudre d'escampette... que j'avais bêtement oubliée à la maison. Cependant, mon adversaire n'y prêta pas la moindre attention et fonça droit vers moi. Je bondis pour l'éviter et me précipitai vers le bureau. Pourquoi mon piège n'avait-il pas fonctionné ? Même un humain aurait dû marcher ! Je me pliai en deux pour réchapper à la traînée de feu qu'il me crachait, et soudain, je compris.
-        Tu n'es qu'une illusion ! criai-je pour que celui qui l'avait créé sache que j'avais deviné. Comme mon dragon, un être inventé par la magie !
Le monstre se figea, dans l'expectative, puis il s'évapora. A sa place, se trouvait un jeune homme assez grand, vêtu comme les humains, une baguette à la main. L'empêcheur de s'éclipser en rond ! Je le reconnu immédiatement malgré son masque qu'il avait ôté. Et maintenant que ses yeux étaient visibles, j'y apercevais bel et bien la lueur de magie d'un enchanteur de haut niveau, d'un niveau bien plus élevé que le mien.
- Vous auriez dû accepter cette danse, dit-il. Je vous aurais ensorcelée pour que vous ne veniez pas ici et tout serait terminé, sans affrontement.
Il sourit.
Je frissonnai. Je n'arrivai pas à détacher mon regard de ses yeux, d'un vert intense, envoûtant. Il avait raison, pourquoi avais-je pris tous ces risques, après tout ? Qu'est-ce qu'un malheureux grade ? J'étais fatiguée, je n'avais plus envie de continuer cette mission.
-      Vous allez repartir, n'est-ce pas ? demanda-t-il calmement.
Bien sûr que j'allais repartir ! Enfin, si j'arrivais à ne plus contempler ces pupilles émeraude qui brillaient dans son visage. Un vert indéfinissable, un vert...
Sans m'en apercevoir, je reculais lentement vers la fenêtre. J'éprouvais un léger vertige, l'impression de flotter, même de voler. Et toujours, ces deux yeux braqués sur moi. J'ouvris la fenêtre. Le vert est une magnifique couleur, non ? Captivante, ensorcelante. Surtout celui-ci. J'enjambai la fenêtre, me retrouvant au bord du vide. J'avais l'impression que l'enchanteur me parlait, mais je ne l'entendais plus, hypnotisée pas ses deux prunelles luisantes. Ma tête me tournait ; ce n'était pas désagréable, un peu comme la fois où j'avais par mégarde avalé la maison d'un lutin (donc un champignon... hallucinogène). L'air frais souffla à mes oreilles, apportant le gazouillis de la rivière qui coulait en bas. J'avais du mal à rester en équilibre tout en fixant ces yeux. A quoi bon, d'ailleurs ? Autant sauter...
Ce fut comme une gifle en pleine figure. Je pris soudain conscience de l'endroit où je me trouvais et du danger que cela représentait. Que s'était-il passé ? D'un bond, je rentrai dans la chambre. L'enchanteur était tombé, une marque de patte de lézard sur la joue. Mon dragon ! Mon dragon l'avait obligé à détourner les yeux, me libérant ainsi de son emprise ! Je me félicitai de l'avoir créé, mais déjà, l'enchanteur se relevait et cherchait mon regard. Ah non ! Je ne retomberais pas dans le piège ! D'un coup de pied, je le rejetai au sol. Il avait plus de magie que moi ? Et bien nous emploierions la force ! Je lui décochai un coup de poing en pleine figure. Ne s'attendant pas à cela, il ne se défendit pas. Je l'achevai d'un coup sur la tête ; il tomba évanoui.
Parfait ! Maintenant, à la recherche des lettres !
Je m'approchai du bureau ; mon pendentif m'attirait irrésistiblement vers le lit. Suivant son conseil, je me penchai au-dessus de la paillasse... et faillis tomber tellement il m'entraînait vers le bas.
- Atyrochoc ! dis-je.
Un paquet de parchemins vola de sous le lit pour venir se coller à ma baguette, comme attiré par un aimant. Bingo !
Un froissement de tissus derrière moi ; je me retournai, tombant nez à nez avec l'enchanteur. Encore ! Je fermai les yeux et me jetai sur le côté.
-     Arractapokmoulinos Guyflimy Morudas ! psalmodia-t-il sans plus rien de calme.
Un sortilège de mort ! Flûte !
Je filai comme l'éclair à la fenêtre et l'enjambai de nouveau, cette fois tout à fait conscience de mes gestes.
- Polikuvoooooooooooooooooooooook ! hurlai-je en sautant.
Une horrible sensation à l'estomac m'arracha un cri de frayeur. Pourvu que tout aille bien, que ma formule fonctionne, que le sort de mort ne me rattrape pas...
J'atterris dans la barque volante que j'avais appelée ; le choc me secoua de la tête aux pieds. Je me ressaisis tant bien que mal pour commencer à ramer frénétiquement, m'éloignant du sortilège qui, par chance, n'avait pas une longue autonomie. L'enchanteur se pencha à la fenêtre, il semblait furieux.
-       On se retrouvera ! me menaça-t-il en brandissant son poing.
C'est ça, mon vieux ! Mais déjà, l'embarcation voguait vers l'horizon sans demander son reste. Je regardai le paquet de lettres que je serrais dans ma main, froissées mais intactes, avec un sentiment de joie indescriptible qui remontait de mon estomac pour exploser en un rire de triomphe dans ma gorge. Enfin, je les avais, j'avais réussi a mission, à moi le grade de fée de niveau 7 !

FIN.
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Kei

  • Calame Supersonique
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  • Où est mon arc?
Re : Les Lettres
« Réponse #1 le: 03 Mars 2008 à 00:23:05 »
Eh bien, mission réussi, cela m'a fait sourire ^^

Le ton me rappelle assez celui de Bartiméus ou des Enchantements d'Ambremer, de Pierre Pevel, dont je te conseille la lecture! L'un des personnages principaux est précisément une fée cambrioleuse ^^

Alors, des critiques...
Hum, les formules magiques... C'est peut-être parce que j'ai l'habitude des textes de Loredan où le moindre langage possède une grammaire complète en trois tomes, mais bon... ça fait un peu trop "j'ai laissé mes doigts courir sur le clavier et voici le résultat". La première fois c'est amusant, mais cela ne pourrait pas être tout au long d'un roman.
Bon, je laisse les corrections des fautes de grammaire et d'orthographe à d'autres (s'il y en a), du point stylistique, je trouve que cela se tient. C'est vivant, humoristique...

Ah, j'ai enfin trouvé quelque chose!
Citer
en costume de soirée
Le terme de costume fait un peu trop "complet trois pièces" pour un contexte médiéval.
C'est tout ^^
« Modifié: 03 Mars 2008 à 00:45:11 par Kei »
Good, better, best. Never let it rest.
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Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Re : Les Lettres
« Réponse #2 le: 03 Mars 2008 à 17:30:17 »
C'est sympa d'avoir lu ! ça fait un peu bloc, posté d'un seul tenant, comme ça...

Kei --> Bartiméus, je suis déjà conquise (je ne sais pas si j'ai lu avant ou après l'avoir écrite, d'ailleurs... Faudrait que je regarde le nombre de tirets et de parenthèses, qui a eu tendance à augmenter de façon exponentielle chez moi, suite à l'influence des notes de bas de pages de Jonathan Stroud ^^). Par contre, l'autre livre, je ne connais pas ! Il a un sujet qui lui est consacré dans la section appropriée ? J'irai jeter un oeil (si ça ressemble à Bartiméus, il y a de fortes chances pour que j'aime ^^)

Citation de: Kei
ça fait un peu trop "j'ai laissé mes doigts courir sur le clavier et voici le résultat"
Fichtre, je suis découverte !  :-[

Themushroom --> Le pendentif, c'est assez classique, je sais pas où j'ai dû le piquer, mais j'avoue que je n'ai pas fait de gros efforts d'originalité pour cette histoire... :-[

Merci de vos avis !  :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Kei

  • Calame Supersonique
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Re : Les Lettres
« Réponse #3 le: 03 Mars 2008 à 23:02:09 »
Alors après recherche, Leia Tortoise a publié un article sur l'oeuvre de Pierre Pevel : http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=476.0

Je n'ai lu que les Enchantements d'Ambremer, mais à lire sa critique, je crois que je sais quoi m'offrir l'été prochain ^^
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Re : Re : Les Lettres
« Réponse #4 le: 29 Mars 2008 à 19:46:58 »


j'ai lu et j'ai bien aimé, ça m'a même fait sourire à plusieurs reprises

mais bon... ça fait un peu trop "j'ai laissé mes doigts courir sur le clavier et voici le résultat". La première fois c'est amusant, mais cela ne pourrait pas être tout au long d'un roman.

ben comme critique je suis d'accord avec Kei, tes formules ont un peu super longues, je veux bien qu'elle soit fée et donc qu'elle ait des pouvoirs supérieurs à la simple mortelle que je suis, mais tout de même c'est impossible de dire un tel mot en criant "MAGYCOLISIROMYCIATHALYVUBUUUUUUUU"

voilà je trouve pas vraiment d'autres critiques pour le moment ^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : Les Lettres
« Réponse #5 le: 16 Avril 2008 à 19:23:31 »
Citer
Le ton me rappelle assez celui de Bartiméus ou des Enchantements d'Ambremer, de Pierre Pevel, dont je te conseille la lecture! L'un des personnages principaux est précisément une fée cambrioleuse
Exactement!!

Et puis comme tout le monde, le seul reproche que je trouve, c'est les formules magiques  ::)
En-dehors de ça j'adôôôôôre!!!!
Of course it is happening inside your head, but why on earth should that mean that it is not real ?
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Hors ligne Gros Lo

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Re : Les Lettres
« Réponse #6 le: 01 Février 2009 à 17:16:28 »

Moi ça dépend des formules ;)

ça m'a fait sourire aussi ;D (< enfin pas ce sourire balourd et niais hein xD)


Citer
Mon pendantif-boussole me tira vers la droite.
pendentif

Citer
MAGYCOLISIROMYCIATHALYVUBUUUUUUUU !
MDR

Citer
Mais celui-ci, c'était moi qui le dirigeai.
dirigeais

Citer
L'empêcheur de s'éclipser en rond ! Je le reconnu immédiatement malgré son masque qu'il avait ôté.
reconnus ; "qu'il avait ôté" est vraiment très lourd :P

Citer
Un sortilège de mort ! Flûte !
lol xD



voilà voilà, j'ai commencé à apprécier vers le milieu ^^
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
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Re : Les Lettres
« Réponse #7 le: 17 Mai 2009 à 18:16:34 »
Depuis 357 890 092x, je m'étais dit qu'il fallait que je lise autre chose de toi.

Ce récit m'a fait sourire. (Comme quoi, ça marche !)
Concernant les formules, j'ai bien tenté de les prononcer à voix haute dans ma tête (hum) mais sans succès.
A plusieurs reprises, j'ai trouvé que le vocabulaire n'était pas très précis, mais il est vrai que ça colle avec le langage plutôt orale de la narratrice. J'ai noté que plusieurs phrases commencent par "soudain", un peu brutal à mon goût. Il n'empêche que j'aime bien ton style de l'époque - mais il a bien évolué depuis.

Comme à chaque fois, je pousse peut-être les suggestions un peu loin, donc à prendre avec du recul. J'espère que cela te sera utile.

Citer
leurs cavaliers, en pourpoint multicolore et chausses voyantes, au bras.
L'incise me semble un peu lourde

Citer
-  Gente dame ?
Citer
-   Allons,
Citer
-      Laisse-moi passer, ordonnai-je sans grand espoir.
...
Des espaces en trop

Citer
Voilà, la voie
Ça me semble un peu répétitif ( voi / la / la / voi )

Citer
Quel empêcheur de s'éclipser en rond, celui-là !
Peut-être classique mais j'ai apprécié ^^

Citer
me faire remarquer de ces barbares d'humains
Me faire remarquer par ?

Citer
Mon pendantif-boussole
Ce ne serait pas pendentif-boussole ? ( Ou alors, je n'ai pas compris le jeu de mot )

Citer
me tira vers la droite. Je lui obéis, me retrouvant dans un couloir sombre.
"me retrouvant" me semble assez étrange. Peut-être avec "situer" où "être" ?
Par ailleurs, je verrais bien un retour à la ligne après cette phrase, avant "Je saisis une chandelle". En règle générale, ton texte ne me semble pas assez aéré, ce qui nuit un peu à l'établissement de l'ambiance légère, à mon avis.

Citer
Je sortis ma baguette de ma longue manche échancrée et la glissai dans la serrure. Le loquet ne bougea pas. Ah. Problème.
C'est typiquement à ce genre d'endroit que des retours à la ligne donneraient du poids.

Citer
La porte était donc protégée par un sortilège, les complications commençaient.
Deux points à la place de la virgule ?

Citer
Soudain, il fit très froid.
Citer
mon bel et inconfortable hennin
Ça me semble un peu maladroit, peut-être à cause du contexte

Citer
Ce n'était pas une débutante, cette lady !
"Cette lady", après plusieurs paragraphes sans parler d'elle, m'avait paru un peu flou

Citer
ce qui le rendait dangereux mais juste assez obéissant pour servir à une protection.
Je ne vois pas trop la contradiction... Je te proposerais bien quelque chose comme "ce qui le rendait non seulement dangereux mais aussi juste assez obéissant pour servir à une protection. "

Citer
Je m'écartai vivement : ces vents peuvent vous transformer en glaçon si vous les respirez.
Ça fait un peu intermède explicatif  ??? (Il y en a un deuxième semblable, plus loin, que je n'ai pas relevé.)

Citer
Celui-ci déchaîna une nouvelle rafale qui le repoussa dans ma direction. Je roulai au sol pour l'éviter, sentant une bourrasque faire voler mes longs cheveux orangés.
Je pense que ça manque un peu de clarté (étant donné que l'esprit et le sortilège sont tous deux masculins).

Citer
encore étourdie de l'hystérie
étourdie par ?

Citer
Je me félicitai de l'avoir créé, mais déjà,
"Je me félicitai de l'avoir créé mais, déjà," je crois.

Citer
psalmodia-t-il sans plus rien de calme.
Hum... N'y aurait-il pas moyen de le tourner autrement ?

C'est une jolie histoire, mais elle manque d'une chute. Un bref instant, j'ai eu peur qu'elle ne tombe amoureuse du magicien et qu'ils aillent couler le parfait amour...
Plus sérieusement, elle aurait pu découvrir quelque chose de surprenant en lisant les lettres, ou encore trouver autre chose à la place, par exemple. Enfin, cette fin est sympathique tout de même =)

Merci pour cette lecture

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Re : Les Lettres
« Réponse #8 le: 17 Mai 2009 à 18:59:18 »
Alors çà, je ne pensais pas voir cette nouvelle remonter ! ^^

Merci pour tes corrections justes et détaillées ! Je pense que ça serait trop de boulot de reprendre cette nouvelle, mais j'en tiendrai compte pour des histoires à venir :)

Rho, mais pour les formules, c'est normal que vous arriviez pas à les prononcer : vous n'êtes ni des fées ni des magiciens !  :P Lol.


Pour les espaces des tirets, c'est parce qu'initialement, je l'avais écrite sur le bloc-note... (oui je sais, c'est pas une excuse...)

Merci encore, donc ! :)
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Re : Les Lettres
« Réponse #9 le: 11 Juin 2015 à 16:26:29 »
Cette histoire est ma foi fort sympathique ! Je préfère quand le style est davantage travaillé, comme quand dans certaines de tes petites perles comme la nouvelle sur Bonhomme, Mamie Lucie ou Alice, mais c'est tout de même fluide et agréable. Drôle, surtout, et je reconnais bien là l'auteur de Loya, c'est très reposant, comme ambiance. J'ai eu l'impression de lire un jeu vidéo ou un roman jeunesse, et j'ai beaucoup aimé les formules magiques, les blagues dans la narration (la crise de bégaiement XD) et le rythme, bien mené. C'était sans prétention autre que celle de faire sourire un éventuel lecteur ; ça a réussi avec moi. ;)
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

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Re : Les Lettres
« Réponse #10 le: 11 Juin 2015 à 16:50:05 »
Ouh là ! Non non, celui-là fallait pas le remonter ! C'est le texte écrit à 15-16 ans qu'on renie par la suite :D
Mais merci quand même de ton passage, Ambrena :) Contente que tu aies apprécié la lecture quand même ^^
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