Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » I II III IV

Auteur Sujet: I II III IV  (Lu 2201 fois)

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
I II III IV
« le: 13 Février 2016 à 19:15:45 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


I

   Trois événements notables ont lieu sur la place avant que le musée n'ouvre :
   - une classe et quelques touristes patientent près de la porte, bien embarrassés, ils pensaient que ça ouvrait à dix heures, pas à onze ;
   - une joggeuse au milieu d'exercices d'assouplissement est accostée, maladroitement, par un dragueur malvenu ;
   - un enfant échappe à la main de sa mère, plonge sa tête dans la fontaine d'hiver, le regrette aussitôt – il n'en tire qu'un bonnet mouillé et des larmes qu'il n'ose pas montrer, de peur de donner raison à l'angoisse et à la colère maternelles.
   Quatre éléments, presque indifféremment choisis, surviennent au moment où la porte du musée est ouverte :
   - l'attente éparpillée s'apprête à se faire queue ;
   - une cigarette est éteinte, écrasée sous une semelle ;
   - un pigeon, et donc douze pigeons, et donc une ambassade aviaire remarquent les miettes de croissant tardif qu'une malheureuse sème à ses pieds, assise sur son banc ;
   - l'homme à la cigarette, par ce temps perdu à l'écraser avec nonchalance, finit en bout de queue, mais n'en veut à personne, même si on lui est clairement passé devant.
   Il était adossé au bâtiment lui-même, à moins de deux mètres de la porte – certes, il n'était pas positionné de façon à voir l'ouvreur arriver, mais il avait la distance de son côté. On aurait pu le laisser passer au moins au milieu, pas à la fin comme ça. Enfin bon. Cela lui est indifférent, pense-t-il.

   Il n'y accorde pas d'importance, voudrait-il qu'on sache.

   La queue n'est pas si longue, après tout. Ça ralentit un peu près des gardiens qui vérifient les sacs, mais il n'a que les mains dans les poches, de l'argent et un briquet. Il les traverse d'un hochement de tête.
   Il est de passage, on lui a dit du bien de l'endroit, il visite. De l'architecture extérieure, il a déjà retenu trois points :
   - le bâtiment moderne s'accorde bien avec la vieille place ;
   - il fait froid ;
   - il a mal à l'épaule, du coup de poing qu'il y a reçu.
   Observateur, il note progressivement six choses :
   - c'est pas mal à l'intérieur non plus ;
   - ce genre de haut plafond, ça aide toujours, ça donne le sentiment de respirer ;
   - il faut mener un parcours serpentin pour atteindre les caisses, et le faire élégamment requiert de laisser entendre, juste assez, qu'on le fait de bon gré, par choix, et non pas guidé par des potelets et des sangles ;
   - ça coûte dix euros, raisonnable ;
   - le ticket est moche ;
   - il ne sait pas trop par où aller ensuite.
   Il a attrapé un plan au guichet, mais ne peut pas l'ouvrir avec trop de précipitation. Il faut le faire tout en marchant, les pas ayant une direction bien marquée. Une seconde d'hésitation et – non, nul besoin d'hésiter : cette grande porte où passe du monde, les resquilleurs légaux de tout à l'heure, est le point de départ logique.
   Un coup d’œil sur le plan déplié le confirme. Il remarque même :
   - l'inscription « Exposition permanente » au-dessus de la porte ;
   - que cette douleur à l'épaule est presque une douleur au bras, mieux vaut ne pas trop pousser dessus.

   (C'est que, quand il y pense :
   - il était bourré lorsqu'il s'est fait cogner ;
   - il était bourré lorsqu'il s'est affalé sur son lit d'hôtel ;
   - il décuve tout juste et réalise à peine.
   Et même, alors qu'il va passer la porte, de quoi se souvient-il ?
   - d'avoir cherché une épicerie de nuit, sans succès ;
   - de s'être rabattu sur un bar qui semblait fait pour boire, et pas pour être jeune et joyeux ;
   - d'avoir commandé un verre, assis seul au comptoir, comme si :
      - cela n'était jamais triste ;
      - cela n'était jamais tragique.
   - d'avoir, à chaque fois presque à contrecœur, réitéré cette commande.
   Il avait une frustration à saouler, mais aucun désir de la rendre publique. Et pourtant...
   - il a fait un spectacle de lui-même.)

II

   C'est du passé maintenant, logé dans l'épaule droite. Il n'a qu'à être gaucher pendant un jour ou deux. Inutile de voir un médecin pour ça. La nonchalance dissimulera tout.
   Il entre dans la salle d'exposition.
   Immédiateté : - quoi ? ; comment ? ; pourquoi ?.
   Décomposition :
   - tout est blanc :
      - les murs ;
      - l'emplacement attendu des tableaux ;
      - l'emplacement attendu des sculptures ;
      - son esprit.
   - ne reste que :
      - les cadres ;
      - les petits panneaux explicatifs ;
      - le surveillant sur sa chaise ;
      - sa façade à maintenir ;
      - le silence gêné et religieux.
   Les autres visiteurs sont déjà partis, probablement dans une autre salle.
   Quelle attitude adopter ?
   - … ;
   - … ;
   - … ;
   - la nonchalance.
   Passer d'une œuvre à l'autre ; lire les panneaux explicatifs ; probablement contempler les œuvres d'art absentes. / Ne pas croiser le regard avec le surveillant. / Prier pour ne pas être suivi des yeux. / Tout dissimuler dans la distance.
   La nonchalance.

   (Il aurait cru savoir garder les apparences malgré l'alcool, par l'art de la distance aux choses, mais les distances, et les choses :
   - elles devenaient incertaines,
      - flottaient,
         - insidieuses,
            - frustrées ;
   - besoin de pisser : demander la direction des toilettes ;
   - l'obtenir ;
   - s'engager dans la distance et les choses de la direction ;
    - percuter quelqu'un qu'il croyait croiser – distances frustrées.)
III

   Il peut enfin passer à la salle suivante. Son examen de chaque œuvre absente a été convenable. Il peut enfin passer à la salle suivante et
   - découvrir ;
   - sa personne ;
   - sur le mur ;
   - projetée ;
   - d'après le feed d'une caméra ;
   - dans la pièce précédente ;
   - avec cinq minutes de délai ;
      - découvrir ;
      - le petit panneau explicatif ;
      - sous la projection ;
      - qui explique que c'est de l'art ;
      - réflexivité de la muséographie ;
      - vide en abyme ;
         - pas un gimmick, DE L'ART ;
            - découvrir sa personne,
            - trompée,
            - qui ne trompe personne.

            (Désolé, aurait-il dû dire ;
         (Mais la frustration ;
      (On lui a dit désolé ;
   (Il a dit : « Va te faire foutre ».
(On lui a dit : « Tu as un problème ? ».
Il avait un problème :
- il était mécontent de sa journée ;
   - de sa personne ;
- il était bourré et nécessitant urination ;
- il cherchait la bagarre alors que :
   - il ne savait pas se battre ;
   - il était bourré et nécessitant urination ;
   - c'était un gros monsieur.
Il se prit le coup / se pissa dessus / rentra à l'hôtel / distances frustrées.)


IV

   Trois événements, choisis presque indifféremment, ont lieu sur la place du musée vers onze heures dix :
   - un pigeon manque s'étouffer sur un croissant abandonné ;
   - une joggeuse reprend sa course ;
   - un homme se fait jeter dehors :
        il avait attaqué
        une caméra dissimulée
        projection distanciée
        reflet d'une salle vide.
« Modifié: 17 Février 2016 à 10:45:12 par barnacle »

Hors ligne SoDeb

  • Aède
  • Messages: 155
    • Maman de plume
Re : I II III IV
« Réponse #1 le: 13 Février 2016 à 21:26:05 »
Pour être tout à fait honnête, je suis perplexe.
La forme, les listes, les tirets à différentes distances de retrait... Je sais pas.
En même temps ça donne une certaine contenance à l'histoire.
Je suis désolée de t'aider si peu...

Une petite erreur repérée à la lecture :
Citer
- d'avoir, à chaque fois presque à contrecœur, réitérer cette commande.
réitéré

Mon blog, c'est un blog.
Avec des articles, format classique. Avec des fictions courtes. Avec des images que j'ai - dans une écrasante majorité - créées de mes petites mains.
C'est Maman de Plume. Fictions et réalités d'une maman du XXIème siècle.

https://mamandeplume.wordpress.com

Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 468
Re : I II III IV
« Réponse #2 le: 14 Février 2016 à 05:24:34 »
Juste ma réception, au petit matin, rien de plus.
Pas inintéressant.
Le procédé d'écriture m'a, parfois, un peu agacé ou, disons que son systématisme m'a semblé nuire à l'intention.
Mais j'ai lu en entier. Avec, je me répète, de l'intérêt par-delà la petite pointe d'agacement, et, aussi, quelque chose comme la satisfaction d'échapper au convenu.




Une coquille:
'il s'est fait cogné ;

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
Re : I II III IV
« Réponse #3 le: 14 Février 2016 à 10:16:11 »
Ouais.
J'avais besoin de pousser dans un excès et d'en explorer les possibilités, mais je ne suis pas convaincu que ça soit maîtrisé non plus.
Merci pour vos retours :) Je corrige les grosses coquilles.

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 257
  • Homme incertain.
Re : I II III IV
« Réponse #4 le: 16 Février 2016 à 16:23:41 »
Je suis plutôt preneur.
Ça me rappelle un peu de manière obscure un exercice de style à la Perec, et  j'aime bien ça.

D'abord les trucs qui chagrinent, je te préviens c'est du pinaillage, mais je pense que ton texte mérite d'être très précis.
Par exemple, dans les trois tout-premiers items, tu écris :
Citer
une joggeuse  est accostée
Citer
un enfant échappe à la main
mais le premier n'a pas la même forme : c'est une phrase sans verbe :
Citer
l'amas des touristes et d'une classe près de la porte
C'est pas raccord.

Je dois avouer d'ailleurs que par la suite, l'utilisation du mot "amas" ne me convainc pas vraiment.

Citer
par ce temps perdu à l'écraser
c'est pas aussi clair qu'un "à cause".
Citer
adossé à moins de deux mètres de la porte
on se demande vaguement à quoi il est adossé.
Citer
il ne la voyait pas directement
pas joli
Citer
Cela lui est indifférent.
   Il n'y accorde pas d'importance.
Un peu redondant
Citer
Ça ralentit un peu près des gardiens
j'aurais mis une virgule après peu.
Citer
Il les traverse
je comprends que c'est une volonté de ta part, mais honnêtement, on ne traverse pas les gardiens.
Citer
- c'est pas mal à l'extérieur non plus ;
   - ce genre de haut plafond,
il est dehors ou dedans ?
Citer
distances frustrées.
ça je voudrais que tu me l'expliques...

Voilà. J'aime bien. J'apprécie cette sorte d'énumération des choses à voir, des choses qui se passent. Leur ordonnancement, voire leur progression. L'idée est très bonne, même si je crois que cela méritais d'être encore plus précis. Certaines listes paraissent un peu décousues.
Boaf, tout ce que je dis là touche vraiment au style et au choix des mots. Il t'appartiennent de toute manière.

J'aimerais comprendre, si tu le sais, pourquoi ton personnage se sent absolument tenu à la nonchalance. Pourquoi il est si sensible à l'image qu'il renvoie de lui.
Est-ce que c'est justement pour éclairer sa réaction finale quant il découvre qu'il a été filmé ?

Merci pour le texte, à plus !
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 099
Re : I II III IV
« Réponse #5 le: 16 Février 2016 à 16:28:57 »
J'ai trouvé ça intéressant. D'une manière générale, en mettant de côté certains détails, voici ce que j'en ai conclu :
Ça m'a donné l'impression d'être dans la tête de quelqu'un, comme si tu cherchais à retranscrire, de donner une forme écrite, à des schémas de pensées en conservant le caractère haché qu'ont ces pensées lorsqu'on n'y "pense" pas, lorsqu'on laisse son esprit errer sans le contrôler. Paradoxal et joli.
Bref, c'est avec cette vision que j'ai lu le texte, mais je ne pense pas que c'était ton intention en fin de compte. Parce qu'il y a des choses qui clocheraient ainsi, car le narrateur n'est pas tout à fait le personnage principal, c'est quelqu'un de plus extérieur.
Quoi qu'il en soit, c'était joli. J'aime tout particulièrement la partie III. C'est allers-retours sont vraiment, vraiment bien maîtrisés, très cohérents.

Au fait, pourquoi ces sous-titres, I, II, III et IV ?

Merci pour la lecture :)

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
Re : I II III IV
« Réponse #6 le: 16 Février 2016 à 18:49:41 »
gaGe :

Citer
J'aimerais comprendre, si tu le sais, pourquoi ton personnage se sent absolument tenu à la nonchalance. Pourquoi il est si sensible à l'image qu'il renvoie de lui.

Je suis un peu surpris de la question ; à mon sens la question non-résolue était : qu'est-ce qui l'a tant embêté la veille pour qu'il finisse la journée comme ça ? Et la structure me permettait de ne pas avoir besoin de réponse (qui aurait probablement été anecdotique de toutes façons).
Le "pourquoi" du il est comme ça appelle un peu une réponse tautologique : c'est sa mécanique, il est construit comme ça. Le texte ne définit pas jusqu'à quel degré, par exemple si c'est une question de confort ou de nécessité, mais c'est quelqu'un qui existe plus facilement en maintenant une distance aux choses (implicitement aux personnes, à leur jugement) via une façade de nonchalance. Et c'est une mécanique vouée à avoir des failles - d'où les incidents de la veille ; et des incidents de la veille, découle cette sensibilité exacerbée, ce repli plus grand sur la mécanique, d'où la réaction plus disproportionnée lorsque la réalité y crée cette faille moqueuse.
Les "distances frustrées", c'est ça : la rencontre de la distance mise (nonchalance) et de la réalité qui vient toujours y empiéter.
(et quand je dis "mécanique", je n'entends rien d'inéluctable ; ça n'est peut-être même pas un trait dominant de la personnalité du perso, on ne le connait que sur moins de 24 heures ; j'aurais pu dire "façon d'être" ou "tendance")
(et c'est un des points où le gimmick obscurcit le fond peut-être trop, même si j'ai tendance à ne pas trop développer explicitement ce genre de choses en général)

Citer
Citer
Cela lui est indifférent.
       Il n'y accorde pas d'importance.
Un peu redondant
Ma vision des choses est : si quelqu'un dit qu'il s'en fout une fois, c'est peut-être vrai. S'il le dit deux fois, il ne s'en fout pas.
Ça n'était peut-être pas assez transparent, par contre. (vu que dit à la troisième personne)

Pour le reste, il y a une chose ou deux que je vais corriger tout de suite, et d'autres où je verrai progressivement. Mais merci pour le relevé ^^

extasy :
Citer
Ça m'a donné l'impression d'être dans la tête de quelqu'un, comme si tu cherchais à retranscrire, de donner une forme écrite, à des schémas de pensées en conservant le caractère haché qu'ont ces pensées lorsqu'on n'y "pense" pas, lorsqu'on laisse son esprit errer sans le contrôler. Paradoxal et joli.
Bref, c'est avec cette vision que j'ai lu le texte, mais je ne pense pas que c'était ton intention en fin de compte. Parce qu'il y a des choses qui clocheraient ainsi, car le narrateur n'est pas tout à fait le personnage principal, c'est quelqu'un de plus extérieur.
Ça n'est pas tout à fait faux. Il y a un travelling-in progressif de l'extérieur vers le suivi de ce mec-là. Par moments c'est du style indirect libre.
De manière générale, les listes ne jouent pas une fonction uniforme dans tout le texte, mais il y a quand même l'intention que la forme rencontre le fond (histoire que ça ne soit pas gratuit, et par curiosité de voir comment ça peut marcher). Il y a la liste comme distance, comme immédiateté, comme chaos, mécanique, écoulement etc. (comme blague aussi)

Citer
Au fait, pourquoi ces sous-titres, I, II, III et IV ?
Honnêtement ? Par nécessité rythmique. Il fallait des pauses, et la dignité des chiffres romains leur fait marquer une pause plus longue qu'un trio d’astérisque ou des sauts à la ligne.
Et puis c'est un peu une liste.
C'est devenu le titre parce que je ne savais pas quelle inflexion y donner. Du coup je me suis rabattu sur quelque chose d'impersonnel.

En tout cas, merci tous les deux pour votre attention et vos lectures généreuses :)
« Modifié: 16 Février 2016 à 18:52:30 par barnacle »

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 099
Re : I II III IV
« Réponse #7 le: 16 Février 2016 à 19:27:28 »
Cool tes réponses, merci :)
Citer
la dignité des chiffres romains leur fait marquer une pause plus longue qu'un trio d’astérisque ou des sauts à la ligne.
Alors là tu m'impressionnes : c'est tout à fait ce que je ressentais, mais je n'aurais jamais mis les mots dessus tout seul.
Bien joué ^^

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : I II III IV
« Réponse #8 le: 21 Février 2016 à 18:12:48 »
Citer
   La queue n'est pas si longue, après tout. Ça ralentit un peu près des gardiens qui vérifient les sacs, mais il n'a que les mains dans les poches, de l'argent et un briquet. Il les traverse d'un hochement de tête.
Je dirais qu'y a un bug de construction, parce que "les" ça a pour référent mains/argent/briquet voire poches, mais gardiens est trop loin.


J'avoue que j'ai pas trop accroché à ce texte. Personnellement, j'ai vraiment bien aimé l'expérimentation de la narration par tirets, avec les pauses en chiffres romains, les parenthèses, le côté froid et méthodique, épuré. Sur la forme, j'ai trouvé ça réussi !
Mais du coup, il m'a manqué du fond, pour adhérer :D J'ai lu en étant persuadée que ce serait un texte à chute. Que, comme tu le dis dans ton dernier post, la question non résolue (que s'est-il passé la veille ?) allait peut-être être élucidée à la fin, ou qu'il se passerait un truc notable, pour que cette scène de vie quotidienne racontée dans toute sa quotidienneté se transforme en nouvelle. Mais du coup, le fait qu'il se fasse juste virer du musée ne m'a pas suffi  :-[ Je suis sortie du texte avec une légère déception, une impression de "et c'est tout ?".
Je pense que c'est parce que la narration ne se suffit pas en elle-même : elle intrigue, elle pique la curiosité du lecteur, mais du coup... il faut qu'il y ait un truc sur lequel faire porter cette curiosité. Un contraste entre un récit banalisé au point de le développer sous forme de tirets et une personnalité ou une action absolument pas banale ? Ou la froide distance d'un personnage qui n'est pas bien dans sa tête ? Ou une sorte d'absurdité qui à la fin serait mise en évidence ?
Je sais pas, il m'a manqué quelque chose à quoi me raccrocher.

Désolée pour cet avis mitigé, et à bientôt pour un autre texte de toi ! :) (tu m'as rendue curieuse de découvrir ton style ^^)

« Modifié: 21 Février 2016 à 19:07:18 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : I II III IV
« Réponse #9 le: 21 Février 2016 à 19:06:05 »
Il n'y a pas à t'excuser de l'avis mitigé, je suis plutôt d'accord ^^ Je ne pense pas que ça soit une réussite.
Merci pour le retour sur ce qui te manquait personnellement :)

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
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Re : I II III IV
« Réponse #10 le: 23 Février 2016 à 09:12:39 »
Citer
   - une classe et quelques touristes patientent près de la porte, bien embarrassés, ils pensaient que ça ouvrait à dix heures, pas à onze ;
mdr, j'imagine bien l'horreur avec une classe difficile de les faire poireauter une heure pour rien

Je rejoins pas mal l'avis de pehache ; je trouve la tentative intéressante mais au bout d'un moment je trouvais ça un peu facile (et vas-y que je te remets des tirets et mêmes des parenthèses !). C'est un exercice de style intéressant mais le fond ne m'intéressant que peu, je vais sûrement rapidement oublier le texte.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Rémi

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Re : I II III IV
« Réponse #11 le: 25 Février 2016 à 22:51:16 »
Salut barnacle,
Énorme ce texte !
Ce truc de ouf ! J'adore le délire du style qui rejoint le délire de "l'oeuvre d'art" du musée qui est fracassé par le mec bourré.
Donc l'idée du décompte, de l'énumération froide et déjantée : ça installe l'ambiance du mec encore bourré de la veille. J'aime beaucoup les sous énumérations dans les énumérations. J'adore cette idée du mec qui bloque sur ce qu'il y a autour de lui, qui capte les trucs un par un, qui se force à rester nonchalant, à pas se faire remarquer etc et qui pète un câble à la fin.
Belle caricature de l'art conceptuel aussi (j'ai souvent du mal) qui m'a fait marrer.

Quelques détails (mais c'est peut-être exprès, le mec est bourré...) :
Citer
plonge sa tête dans la fontaine d'hiver,
? la fontaine d'hiver ?
Citer
   Il n'y accorde pas d'importance, voudrait-il qu'on sache.
? pareil tournure bizarre

Citer
Ça ralentit un peu près des gardiens qui vérifient les sacs, mais il n'a que les mains dans les poches, de l'argent et un briquet. Il les traverse d'un hochement de tête.
Il traverse les gardiens ?

Citer
   Immédiateté : - quoi ? ; comment ? ; pourquoi ?.
bizarre la ponctuation après les "?"

Citer
et les choses :
   - elles devenaient incertaines,
      - flottaient,
         - insidieuses,
            - frustrées ;
   - besoin de pisser : demander la direction des toilettes ;
   - l'obtenir ;
   - s'engager dans la distance et les choses de la direction ;
    - percuter quelqu'un qu'il croyait croiser – distances frustrées.)
l'énumération "et les choses :" - Besoin de pisser
fait bizarre
Ok, quand on voit la suite, ça part en sucette  :D
C'est ce que je disais en haut, le style est à l'image du mec bourré de la veille, pas clair.

Bref, bonne rigolade en te lisant sur ce coup-là. Et décidément y a de l'écho dans tes textes.

Au plaisir,
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
Re : I II III IV
« Réponse #12 le: 26 Février 2016 à 11:44:09 »
Merci ernya et Rémi pour vos retours :)
Décidément ce texte crée des réactions bien différentes et a reçu beaucoup plus d'attention que ce à quoi je m'attendais.
Une des choses qui ressort le plus est probablement le besoin d'une partie de plus entre la III et la IV, mais j'avoue être un peu passé à autre chose mentalement et ne pas avoir la motivation pour. Par contre il faut vraiment que je corrige cette traversée des gardiens, c'est la troisième fois qu'on me le dit.

Hors ligne ZagZag

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Re : I II III IV
« Réponse #13 le: 26 Février 2016 à 16:01:18 »
Yo !
J'ai bien aimé, le système de tirets marche bien, ça donne un certain rythme et une dos d'absurde que j'aime bien. L'histoire en elle même n'est pas forcément très originale, mais elle marche très bien dans le détail. Seul bémol, avec tous les éléments que tu pose dans le I je m'attendais à un final qui réunisse vraiment tout, et pour le coup la fin m'a parue un peu facile.
Le texte gagnerait peut-être un peu plus en clarté en étant mis en forme plus proprement (plus de distinctions entre les différents tirets par exemple)
Merci pour ce texte  :)
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

 


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