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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de lecture » Théâtre et poésie » [Poésie, auteur] Rimbaud & Verlaine

Auteur Sujet: [Poésie, auteur] Rimbaud & Verlaine  (Lu 6524 fois)

Hors ligne Nevy

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[Poésie, auteur] Rimbaud & Verlaine
« le: 20 Mars 2007 à 20:24:32 »
Mon poète preferé est Rimbaud mais j'apprecie quand même les poèmes de Verlaine. Et vous ?

Rimbaud le poéte maudit... :P

L'histoire qu'ils ont eu a beaucoup inspiré mais aussi beaucoup fait parlé à l'époque puisque les relations homosexuelles étaient pas acceptées... d'ailleurs ça n'a pas tellement changé...


Un topic dédié aux Fêtes galantes a été ouvert.
« Modifié: 08 Septembre 2015 à 20:15:38 par Rain »
Notre pire ennemi n'est personne d'autre que nous même...

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Re : Rimbaud ou Verlaine ?
« Réponse #1 le: 20 Mars 2007 à 21:03:59 »
Verbaud ? :P


Je connais pas assez Verlaine pour dire. Certains poèmes de Rimbaud sont vraiment des chefs d'oeuvre, comme celui du Dormeur du val (qu'on étudie hélas souvent trop sommairement)...
Ah, ça me rappelle un défaut de mon livre de français de 2de... il disait, dans la biographie de Rimbaud qui strouvait en fin de manuel, que le poète "sombrait à la fin de sa vie dans des dérives comme la drogue, l'alcool et l'homosexualité" :o

Assez hausseuse-de-sourcil, comme formule...
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Re : Rimbaud ou Verlaine ?
« Réponse #2 le: 20 Mars 2007 à 22:14:00 »
on sent pas mal de tolérance dans les propos de l'auteur :-°

Moi j'aime beaucoup Verlaine, plus que Rimbaud si on peut dire mais c'est parce que j'ai beaucoup moins étudié le deuxième. Je connais l'Art poétique par coeur, et certains poèmes de Fêtes Galantes...

Clair de lune

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.


et Colloque sentimental

Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux formes ont tout à l’heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux spectres ont évoqué le passé.

— Te souvient-il de notre extase ancienne ?
— Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?

— Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ? — Non.

— Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! — C’est possible.

— Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !
— L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.


Sans oublier bien sûr Les Romances sans Paroles, Jadis et Naguère, etc...

Pour finir, et mêler ces deux poètes si particuliers, l'une des Ariettes oubliées je crois :

III
   Il pleut doucement sur la ville.
                            (Arthur Rimbaud.)


Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écœure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine !

Oh yeah ! 8)

Hors ligne ernya

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Re : RIMBAUD & VERLAINE
« Réponse #3 le: 21 Avril 2008 à 10:41:37 »
moi je préfère Verlaine à Rimbaud pour la seule raison que je crois comprendre à peu près ses poèmes alors que ceux de Rimbaud me restent inintelligibles :-°

donc pour la peine j'en mets un de Verlaine (c'est un peu long, désolée)


Birds in the night


    Vous n'avez pas eu toute patience,
    Cela se comprend par malheur, de reste.
    Vous êtes si jeune ! et l'insouciance,
    C'est le lot amer de l'âge céleste !

    Vous n'avez pas eu toute la douceur,
    Cela par malheur d'ailleurs se comprend ;
    Vous êtes si jeune, ô ma froide sœur,
    Que votre coeur doit être indifférent !

    Aussi me voici plein de pardons chastes,
    Non, certes ! joyeux, mais très calme, en somme,
    Bien que je déplore, en ces mois néfastes,
    D'être, grâce à vous, le moins heureux homme.

    Et vous voyez bien que j'avais raison,
    Quand je vous disais, dans mes moments noirs,
    Que vos yeux, foyer de mes vieux espoirs,
    Ne couvaient plus rien que la trahison.

    Vous juriez alors que c'était mensonge
    Et votre regard qui mentait lui-même
    Flambait comme un feu mourant qu'on prolonge,
    Et de votre voix vous disiez : " je t'aime ! "

    Hélas ! on se prend toujours au désir
    Qu'on a d'être heureux malgré la saison...
    Mais ce fut un jour plein d'amer plaisir,
    Quand je m'aperçus que j'avais raison !

    Aussi bien pourquoi me mettrais-je à geindre ?
    Vous ne m'aimiez pas, l'affaire est conclue,
    Et, ne voulant pas qu'on ose me plaindre,
    Je souffrirai d'une âme résolue.

    Oui, je souffrirai car je vous aimais !
    Mais je souffrirai comme un bon soldat
    Blessé, qui s'en va dormir à jamais,
    Plein d'amour pour quelque pays ingrat.

    Vous qui fûtes ma Belle, ma Chérie,
    Encor que de vous vienne ma souffrance,
    N'êtes-vous donc pas toujours ma Patrie,
    Aussi jeune, aussi folle que la France ?

    Or, je ne veux pas, - le puis-je d'abord ?
    Plonger dans ceci mes regards mouillés.
    Pourtant mon amour que vous croyez mort
    A peut-être enfin les yeux dessillés.

    Mon amour qui n'est que ressouvenance,
    Quoique sous vos coups il saigne et qu'il pleure
    Encore et qu'il doive, à ce que je pense,
    Souffrir longtemps jusqu'à ce qu'il en meure,

    Peut-être a raison de croire entrevoir
    En vous un remords qui n'est pas banal,
    Et d'entendre dire, en son désespoir,
    À votre mémoire : ah ! fi ! que c'est mal !

    Je vous vois encor. J'entr'ouvris la porte.
    Vous étiez au lit comme fatiguée.
    Mais, ô corps léger que l'amour emporte,
    Vous bondîtes nue, éplorée et gaie.

    Ô quels baisers, quels enlacements fous !
    J'en riais moi-même à travers mes pleurs.
    Certes, ces instants seront entre tous,
    Mes plus tristes, mais aussi mes meilleurs.

    Je ne veux revoir de votre sourire
    Et de vos bons yeux en cette occurrence
    Et de vous, enfin, qu'il faudrait maudire,
    Et du piège exquis, rien que l'apparence.

    Je vous vois encor ! En robe d'été
    Blanche et jaune avec des fleurs de rideaux.
    Mais vous n'aviez plus l'humide gaîté
    Du plus délirant de tous nos tantôts.

    La petite épouse et la fille aînée
    Était reparue avec la toilette
    Et c'était déjà notre destinée
    Qui me regardait sous votre voilette.

    Soyez pardonnée ! Et c'est pour cela
    Que je garde, hélas ! avec quelque orgueil,
    En mon souvenir qui vous cajola,
    L'éclair de côté que coulait votre œil.

    Par instants je suis le pauvre navire
    Qui court démâté parmi la tempête,
    Et ne voyant pas Notre-Dame luire
    Pour l'engouffrement en priant s'apprête.

    Par instants je meurs la mort du pécheur
    Qui se sait damné s'il n'est confessé,
    Et, perdant l'espoir de nul confesseur,
    Se tord dans l'Enfer qu'il a devancé.

    Ô mais ! par instants, j'ai l'extase rouge
    Du premier chrétien, sous la dent rapace,
    Qui rit à Jésus témoin, sans que bouge
    Un poil de sa chair, un nerf de sa face !
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Windreaver

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Re : Rimbaud & Verlaine
« Réponse #4 le: 01 Septembre 2008 à 20:01:56 »
Rimbaud est un de mes poètes préférés à présent (avec René Char).

J'ai particulièrement apprécié les Cahiers de Douai, et j'ai été un peu déçu qu'il se renie dans Une saison en enfer, qui est particulièrement réussi aussi.

Les Lettres du voyant sont passionnantes. Le Je est un autre a beaucoup été commenté par les philosophes récents.
Quelques fois je cours
Je laisse mon âme errer
Qui a dit que Morphée
Ne vivait pas le jour ?

Godot

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Re : Rimbaud & Verlaine
« Réponse #5 le: 05 Juillet 2013 à 01:31:50 »
Personnellement, j'apprécie beaucoup  Rimbaud, paradoxalement, sans avoir encore eu l'occasion d'en lire beaucoup. J'en poste donc un de mes préférés, que j'espère certains ne connaîtront pas  ;D En attendant d'en partager d'autres :)

Le Mal

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu'une folie épouvantable, broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ;
− Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !...

− Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or ;
Qui dans le bercement des hosannah s'endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

Hors ligne Ambrena

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Re : Rimbaud & Verlaine
« Réponse #6 le: 05 Juillet 2013 à 21:24:50 »
Oh ! J'ai eu ce poème à étudier en Master...

A part ça, je trouve cela assez paradoxal de faire un seul topic pour deux poètes si différents. Finalement, Verlaine est quand même un romantique parnassien assez classique, alors qu'avec Rimbaud, on a droit à un véritable renouvellement poétique, un dépassement de ce qu'était la poésie elle-même jusque là.

Je pense notamment au magnifique Une saison en Enfer...

Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs,
où tous les vins coulaient.
 Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. -Et je l'ai trouvée amère. -Et je l'ai
injuriée.
 Je me suis armé contre la justice.
 Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été
confié!
 Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute
joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce.
 J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai
appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me
suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la
folie.
 Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot.
 Or, tout dernièrement, m'étant trouvé sur le point de faire le dernier couac, j'ai
songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.
 La charité est cette clef. - Cette inspiration prouve que j'ai rêvé !
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : Rimbaud & Verlaine
« Réponse #7 le: 05 Juillet 2013 à 21:35:21 »

A part ça, je trouve cela assez paradoxal de faire un seul topic pour deux poètes si différents.
Je plussoie.
(j'imagine que c'est à cause qu'ils couchaient ensemble qu'ils n'ont qu'un topic pour deux, mais franchement...)

Les deux me font un effet assez différent, mais les deux me plaisent moins que baudelaire ou nerval par exemple.
verlaine, ça manque vraiment de sensualité, je trouve.
on dirait un peu du bossuet, au niveau du propos. les sermons verlainiens.
rimbaud, ça doit être trop moderne pour moi, je sais pas.
mais autant j'aime bien les rimes crachats rouges de la mitraille/près du roi qui les raille
et d'autres (il aimait bien les couleurs, et les couleurs franco, pas tant abstinhe, émeraude, rubis, que rouge, bleu, noir "passe fantôme blanc sur le long fleuve noir", etc.))
autant ça m'arrive souvent de trouver ça inutilement compliqué.
enfin bon moi j'aime bien quand c'est ordre et beauté, luxe calme et volupté
et je trouve + ça dans baudelaire ou nerval
et j'aime bien quand c'est luxuriant aussi
et sur ce point verlaine, bof; y a vraiment une part trop importante de son oeuvre qui est genre "mes pensées, mes tourments qui pesaient sur mes nerfs", et pas assez "les soleils rougeoyants tutoyaient le tonnerre" ou je sais pas, enfi bref verlaine c'est trop moralo-religio- etc. à mon goût.
la mer est plus belle
que les cathédrales
ça a son charme quand même.
'fin vive la poésie.  :)
« Modifié: 05 Juillet 2013 à 23:17:00 par Meilhac »

Hors ligne Cauzart

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    • Julien Usseglio - Poèmes, nouvelles et théâtre
Re : Rimbaud & Verlaine
« Réponse #8 le: 05 Juillet 2013 à 21:40:52 »
Miam miam miam

Rimbaud je pense.
Car l'évolution de sa poésie est hallucinante. Verlaine écrit un peu toujours sur les même chose au final. Rimbaud est beaucoup plus varié.
Et le Bateau Ivre est mon poème préféré...
La vie de Rimbaud aussi me passionne d'avantage que celle de Verlaine.
Après je sais qu'il faut différencier la vie des écrits (sinon ce pauvre Céline serait un moins que rien) mais tout de même, voilà.
Verlaine est fantastique tout de même. Mais Rimbaud, Rimbaud ! Si jeune et si beau ! 
http://julienusseglio.eklablog.com/
Textes et poèmes à découvrir !

Hors ligne HB

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Re : Re : Rimbaud ou Verlaine ?
« Réponse #9 le: 04 Août 2013 à 17:07:01 »
Ah, ça me rappelle un défaut de mon livre de français de 2de... il disait, dans la biographie de Rimbaud qui strouvait en fin de manuel, que le poète "sombrait à la fin de sa vie dans des dérives comme la drogue, l'alcool et l'homosexualité" :o

Assez hausseuse-de-sourcil, comme formule...
Tu as voulu écrire Verlaine (oui, il y a 6 ans  :-[).

Verlaine écrit un peu toujours sur les même chose au final.
Bon, c'est pas très vrai, hein. Et pis, si c'était vrai, ça prouverait juste qu'il avait quelque chose à dire.

...
Perso (un peu comme ernya, je crois), j'ai toujours eu du mal, avec Rimbaud. Et je m'en veux. Enfin, pas toujours, mais il m'arrive de le lire en sentant que je passe à côté d'un truc puissant.

 


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