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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » New York

Auteur Sujet: New York  (Lu 5134 fois)

Hors ligne Gros Lo

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New York
« le: 20 Septembre 2008 à 00:53:51 »
Cette semaine de cours a été particulièrement déprimante, déprimante sur tous les plans, à tous les niveaux, dans chaque parcelle de ma conscience et, qui sait, de mon inconscient (mais Freud ne dit-il pas que... TG - tiens, Ta Gueule et Terry Goodkind, même combat?)

Si déprimante que mon seul objectif, en rentrant, aujourd'hui (après une petite escale suédoise assez guillerette, cependant), c'était de me réserver la soirée pour ne pas bosser mais pour faire un poème (déprimé que j'étais d'avoir lu d'autres poèmes à des gens comme nous, enfin non mais bref, ces dix derniers jours, poèmes assez excellents il faut le dire)

ET DONC je vais arrêter avec ces parenthèses !

Ah, en tout cas je suis content, je suis dans le même état d'esprit que pour Beyond the Wild : je réponds de chaque mot. Voili-voilou, après s'il y a un "j'ai allé à la piscine" dans le texte, NON ce n'est pas normal xD

*purée, je suis assez électrisé ce soir*

Et donc, c'est pas très long (enfin correct pour un poème), mais chaque bout de lettre à son importance (enfin... oui bon non je ne nuance pas et j'ARRÊTE avec les parenthèses)

Pas pressé d'avoir des commentaires (si, mais ne vous pressez pas), mais quand vous aurez un peu de temps, lisez-le tranquillou, pas en vous disant "argh je suis à la bouuuurre mon bus vient d'passer - bon, des news sur ce putain d'forum ? ah oui section Poèmes, allez zyeutons vite fait" (comment ça, ça sent l'vécu ?) Bref, et puis bon, vous faites comme vous voulez, lisez, lisez pas, vite, ou pas. (électrisé, c'est l'mot...)

Ca parle de la société et de la nature, du monde de la finance, toussa.









New York



Le jour est là derrière les arbres d’acier

Le mur et la rue : pics et cols, le ciel est noir de chaleur fausse.



Nos soleils roulent et montent, se montrent, c’est à travers les tiges de béton.

Vertige, et bond : Picrocholes, le soleil seul touche la cime, découpé par des pales.

Et les fruits pâles, les résidus fibreux, qui s’échappent, partout, là, toujours, dans le lourd et froid, et dur ciment.

Car ils mentent, et lassée que fait-Elle ? Elle laisse. L’espoir perdure et se perd, pourtant, tout prend.



Grands baliveaux de périssable, les blafards se mécanisent et s’égarent ; agréent, consentent, tous signent les bulles, leurs îles, buildings et tours, d’ivresse.

Serviles, sans le savoir peut-être, c’est là l’aisance. Le trône chatoie, ce mur, la rue ; le sceptre qu’il lance et qui s’écroule, et Chrone triture le sol. La rumeur.

Et la rue vit, droite et sûre, battue par les pas qui perdent la tête. C’est la ville, la Ville des hommes, l’hymne saisi au vol, ce grand rien qui persiste, ces dolmens viciés qui croissent et se targuent et se gonflent – d’éphémère.

Et tandis que la Mère, la Fée, regarde, ne voit que de l’hermétique, il y a quelqu’un pour penser la chute, dans la tour, à l’étage, “mes fers, mes fers” mange-t-il de pensées.

Qu’il range, ces pensées, car le béton le happe et la machine humaine frappe la rue, le mur.



L’œil file et se fixe, se fige, giflé, l’œil-lige, il voit, voit le fol et sa fille, La voit presque, se colle au ciel tout de blancheurs éraflé.

La Fée-mère n’est pas dupe de la machine, le cœur, l’esprit.

Les draps froissés du ciel ont un goût d’alpages.

La rue, le mur.

Elle a beau faire, il La délaisse, il ne sait plus les plantes, il oublie le feuillage ; ne sait plus que les temples – tout juste ; et l’âge-seuil qui court à sa rencontre, qui l’engloutira ; le Phage, si tôt.

Des vagues frêles démentent au bord de l’eau.

Mur, mur, mur, la rumeur.

C’est la Nature qui se tait, qu’il croit muselée, cours, cours à ta perte, et la muselière se dessangle.

Dans l’air les sanglots, de l’étage, de la tour, que tait la rumeur des cœurs – de mécanique de la rue.

L’humeur des hommes se tord. Et serpente et s’en sort, à la morgue les cadavres dénouent les remords (de glace ! salés.)

La rue !



Le soleil descend les toits en escalier, c’est un homme, il coule, coule et ne sait pas remonter – puisque ce n’est pas un homme ; les baobabs de béton grisent la pluie, sous l’eau les pas battent l’asphalte, des coulures du jour flamboyant dégringolent dans les gouttières. Et Elle sourit, périt le baliveau, c’est pour bientôt. Fougères, humus.





« Modifié: 20 Septembre 2008 à 01:03:10 par Loredan »
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Re : New York
« Réponse #1 le: 20 Septembre 2008 à 09:49:03 »
J'aime beaucoup, vraiment, c'est beau. Et il y a de très belles images.
J'arrive pas à faire un commentaire très construit, désolée, mais en tout cas j'ai aimé me laisser transporter par le rythme, les mots, l'ambiance.

"Les draps froissés du ciel ont un goût d'alpage" --> j'adore !!  :coeur:

Ps : "Picrochole", j'avoue je comprends pas ce que ça signifie... ?   :-[
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Re : New York
« Réponse #2 le: 20 Septembre 2008 à 10:05:04 »
Moi aussi je suis perplexe devant Picrocholes ^^

Et d'une manière générale j'ai un peu de mal avec ces phrases dissolues... Pourtant ça me rappelle clairement la Horde du Contrevent  :P mais en l'occurrence, j'ai l'impression qu'il manque un tout petit peu du sens et de la cohérence qui font tout le lisible happant de Damasio... Capiche? C'est subtil, mais pour moi il manque une once de petit quelque chose (mais c'est vraiment pas loin!)  :huhu:
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Re : New York
« Réponse #3 le: 20 Septembre 2008 à 10:21:53 »
Hum... pareil
mon commentaire ne va guère être constructif

j'aime pas trop, mais ce n'est forcément à cause du texte, j'aime pas ce style-là d'écriture de poèmes, ça me rappelle des poèmes modernes que j'aimais pas non plus

apès ça ne veut pas dire que j'ai totalement détesté, il y a par-ci, par-là, des vers/phrases que j'ai bien aimé
comme ça, par ex : Car ils mentent, et lassée que fait-Elle ? Elle laisse. L’espoir perdure et se perd, pourtant, tout prend.

Grands baliveaux de périssable, les blafards se mécanisent et s’égarent ; agréent, consentent, tous signent les bulles, leurs îles, buildings et tours, d’ivresse.


voilà^^
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Re : New York
« Réponse #4 le: 20 Septembre 2008 à 12:07:31 »

Rhaaa j'ai bugué... je recommence.


Bon déjà, merci d'avoir lu. Ensuite, je vous propose un remix de citations...

Citation de: Nienna
"Les draps froissés du ciel ont un goût d'alpage" --> j'adore !!  :coeur:

Oh, c'est vraiment bien que tu aimes celui-là, parce que c'est l'origine du poème. J'étais dans le bus avant-hier matin, et j'regardais le ciel (oui j'ai des occupations très intéressantes, le matin). Y avait des longues traînées laissées par les avions, un peu dans tous les sens, comme la marque des draps sur la joue du dormeur, et y a "alpage" qui s'est d'un coup jeté sur ma pauvre petite cervelle comateuse (couette-couette-couette-froid-couette), l'air de dire "je suis làààà ! c'est moi, je suis le seul mot qui coooolle !"
Alors j'ai daigné farfouiller dans mon sac, trouver mon carnet et noter la phrase, au cas où. Et finalement, tu as le "cas" sous les yeux xD


Citation de: Nienna, Leia
Picrochole

C'est le "méchant" de Gargantua. En grec, ça veut dire "bile amère" je crois... et ça reprend "pics et cols" d'une ligne précédente.


Citation de: Leia
Et d'une manière générale j'ai un peu de mal avec ces phrases dissolues... Pourtant ça me rappelle clairement la Horde du Contrevent  :P mais en l'occurrence, j'ai l'impression qu'il manque un tout petit peu du sens et de la cohérence qui font tout le lisible happant de Damasio... Capiche? C'est subtil, mais pour moi il manque une once de petit quelque chose (mais c'est vraiment pas loin!)  :huhu:

Ah zut, c'est vraiment pas voulu :-\ J'avais des poèmes en tête, mais de gens comme vous et moi. Pour la structure, il y en a une, c'est pas comme d'autres poèmes à moi écrits un peu "au fil de la plume". Mais j'avoue que, si on la voit pas, c'est pas top-top xD si tu veux, je fais un profil-bac :mrgreen:



Citation de: ernya
j'aime pas ce style-là d'écriture de poèmes, ça me rappelle des poèmes modernes que j'aimais pas non plus

j'imagine que, en soi, c'est susceptible de devenir quelque chose qui tend vers un compliment ;D


Citation de: ernya
Grands baliveaux de périssable, les blafards se mécanisent et s’égarent ; agréent, consentent, tous signent les bulles, leurs îles, buildings et tours, d’ivresse.[/i]

Ah, celui-là par exemple, il est un peu comme Picrochole, un peu représentatif. Enfin j'expliquerai après.

Bah non, j'explique maintenant, la structure toussa, même si je devrais pas, que si on ne la comprend pas à la lecture c'est que ça ne va pas, breeeeef j'en ai assez de discuter avec moi-même xD



Citer

New York



Le jour est là derrière les arbres d’acier

Le mur et la rue : pics et cols, [traduisez en anglais le début de la phrase, ça explique 'pics et cols' et beaucoup du poème] le ciel est noir de chaleur fausse.



Nos soleils roulent et montent, se montrent, c’est à travers les tiges de béton.

Vertige, et bond : [chaque phrase, ou presque, s'enchaîne comme ça, en reprenant les sonorités précédentes, un peu comme un écho déformé] Picrocholes, le soleil seul touche la cime, découpé par des pales.

Et les fruits pâles, [donc les hommes, les fruits des "arbres" d'acier et de béton] les résidus fibreux, qui s’échappent, partout, là, toujours, dans le lourd et froid, et dur ciment.

Car ils mentent, et lassée que fait-Elle ? Elle laisse. L’espoir perdure et se perd, pourtant, tout prend. [là, c'est des mots qui se complètent, qui ont pile les mêmes sonorités : p-ou-r-t-an, t-ou-p-r-an]



Grands baliveaux de périssable, les blafards se mécanisent et s’égarent ; agréent, consentent, tous signent les bulles, leurs îles, buildings et tours, d’ivresse.

Serviles, sans le savoir peut-être, c’est là l’aisance. Le trône chatoie, ce mur, la rue ; le sceptre qu’il lance et qui s’écroule, et Chrone triture le sol. [histoire d'entendre un peu les sonorités de "Wall Street"] La rumeur.

Et la rue vit, droite et sûre, battue par les pas qui perdent la tête. C’est la ville, la Ville des hommes, l’hymne saisi au vol, ce grand rien qui persiste, ces dolmens viciés qui croissent et se targuent et se gonflent – d’éphémère.

Et tandis que la Mère, la Fée, regarde, ne voit que de l’hermétique, il y a quelqu’un pour penser la chute, dans la tour, à l’étage, “mes fers, mes fers” mange-t-il de pensées.

Qu’il range, ces pensées, car le béton le happe et la machine humaine frappe la rue, le mur.



(1, celui qui "pense la chute") L’œil file et se fixe, se fige, giflé, l’œil-lige, il voit, voit le fol et sa fille, La voit presque, se colle au ciel tout de blancheurs éraflé.

(2, la Nature) La Fée-mère n’est pas dupe de la machine, le cœur, l’esprit.

(3, le regard poétique) Les draps froissés du ciel ont un goût d’alpages.

(1) La rue, le mur.

(2) Elle a beau faire, il La délaisse, il ne sait plus les plantes, il oublie le feuillage ; ne sait plus que les temples – tout juste ; et l’âge-seuil qui court à sa rencontre, qui l’engloutira ; le Phage, si tôt.

(3) Des vagues frêles démentent au bord de l’eau.

(1) Mur, mur, mur, la rumeur.

(2) C’est la Nature qui se tait, qu’il croit muselée, cours, cours à ta perte, et la muselière se dessangle.

(3) Dans l’air les sanglots, de l’étage, de la tour, que tait la rumeur des cœurs – de mécanique de la rue.

L’humeur des hommes se tord. Et serpente et s’en sort, à la morgue les cadavres dénouent les remords (de glace ! salés.)

(1) La rue !



Le soleil descend les toits en escalier, c’est un homme, il coule, coule et ne sait pas remonter – puisque ce n’est pas un homme ; les baobabs de béton grisent la pluie, sous l’eau les pas battent l’asphalte, des coulures du jour flamboyant dégringolent dans les gouttières. Et Elle sourit, périt le baliveau, c’est pour bientôt. [le système de société des hommes va bientôt s'anéantir, avec le retour à la Nature qui s'ensuivra] Fougères, humus. [prédiction du retour à la Nature]






« Modifié: 20 Septembre 2008 à 12:20:15 par Loredan »
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Re : New York
« Réponse #5 le: 20 Septembre 2008 à 12:14:48 »
Citer
si tu veux, je fais un profil-bac
Moui, pourquoi pas!  :D C'est toujours intéressant de voir le cheminement d'écriture  :P
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Re : New York
« Réponse #6 le: 20 Septembre 2008 à 12:21:26 »
Voilà, édité/expliqué ;)

z'en pensez quoi ? :-\
« Modifié: 20 Septembre 2008 à 18:15:42 par Loredan »
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Re : New York
« Réponse #7 le: 20 Septembre 2008 à 21:50:41 »
Déja, je te préviens : J'ai pas lu toute l'analyse, parce que j'ai rien pigé du début.  :-\
Sinon, le poème, en lui-même, je dois avouer que j'ai pas tout compris...
Au niveau du vocabulaire, on voit que tu t'es cassé le c..., qu'il y a pas mal de recherches derrière, etc.
Pour le rythme, j'ai vu que ça revenait, mais j'n'aurais pas su dire comment.

Bon, étant donné que j'ai pas tout pigé, ça s'arrète ici.
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Re : New York
« Réponse #8 le: 20 Septembre 2008 à 21:59:59 »


Qu'est-ce que t'as pas compris dans mes explications ?


Pff, ouais, la complexité est une chose, mais un poème ça doit quand même toucher un minimum, donc tu l'as trouvé très mauvais :huhu: (j'l'aime bien ce smiley, il fait très "rhétoriqueur blasé")

tant pi'che :(
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Re : New York
« Réponse #9 le: 20 Septembre 2008 à 22:30:52 »
hum
oui avec les explications, c'est mieux et on voit bien que c'est travaillé
je dois avouer que à part le "pourtant" / "tout prend", j'états passée à côté du reste
mais c'est vrai que du coup ça touche un peu moins :-[
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Re : New York
« Réponse #10 le: 22 Septembre 2008 à 19:27:31 »
Pour ma part, même avec les explications, ça reste trop space  ><  Et un peu tiré par les cheveux, malgré tout le travail que l'on voit bien avec ton analyse, mais... c'est justement rien de plus que du capillotractage, pour moi. J'accroche pas, j'accroche pas, c'est tout   :huhu:
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Re : New York
« Réponse #11 le: 25 Septembre 2008 à 21:52:36 »
Comme Ernya, je ne suis pas folle de la poésie en prose, mais bon, pour un essai dans le genre, c'est plutôt supportable! J'aime même assez aimé ^^
L'explication n'était néanmoins pas superflue!

Le soleil descend les toits en escalier, c’est un homme, il coule, coule et ne sait pas remonter – puisque ce n’est pas un homme ; les baobabs de béton grisent la pluie, sous l’eau les pas battent l’asphalte, des coulures du jour flamboyant dégringolent dans les gouttières. Et Elle sourit, périt le baliveau, c’est pour bientôt. Fougères, humus.
J'ai adoré la fin. Ca m'a paru être le concentré du texte tout entier, et j'ai beaucoup aimé ses images, surtout celle de "l'homme qui coule", à la fois associé au soleil couchant et à la pluie sur le béton. Enfin c'est comme ça que je l'ai compris, lol!
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Re : New York
« Réponse #12 le: 25 Septembre 2008 à 21:55:45 »


Oui, en fait tout le texte annonce la fin, et la fin annonce elle-même ce qui sera ensuite, donc c'est un peu un bilan, mais un bilan actif, alors que la majorité du texte est + une prise de conscience autant qu'une torpeur.

Bon, content que tu aies plutôt aimé, alors ! =)

*par chez moi, côté lecture de poésie, c'est un retour en grâce de notre chère voix d'outre-tombe qui s'éveille*
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