Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

30 Août 2026 à 06:53:15
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Lettre 4

Auteur Sujet: Lettre 4  (Lu 1752 fois)

Hors ligne hadas

  • Calligraphe
  • Messages: 117
Lettre 4
« le: 16 Mai 2013 à 21:57:34 »

Lettre à Sganarelle ou des amitiés improbables.

Sganarelle, c’est l’artiste du service. Le bohémien sans roulotte, le joueur de flûte, le mec qui pose son béret à la renverse juste devant chez vous. Le touche à tout, bourlingueur de la vie. On le voit à sa sensibilité, et sa culture. Quand je suis venu me présenter le premier jour, c’était lui que je vis en premier. Un premier abord fort sympathique, souriant, rassurant. Je portais un regard furtif au nom sérigraphié sur sa tenue blanche délavé par les années de rodage, ou une transpiration pectorale qu’on ignore, mais qu’on pourrait suspecter ?! Son nom aurait une consonance arabe pour les néophytes, mais pour moi sans aucun doute il s’agissait ici d’un cousin éloigné, séfarade. Un Gad Elmaleh exilé au pays de la tomme, voici de quoi couper l’appétit à Claude. Lui qui doit penser que seulement un bon fromage peut apprécier le fromage. Je me trompe peut-être, mais lui Sganarelle, que j’appellerai  intimement Sgani, il me fait penser aux caricatures du sentier, mais en mieux. Un poster, un vrai, pas de ceux que l’on détache au milieu d’une revue pas chère…

Ah, Sgani, qu’est-ce que t’en penses ? Te voici après avoir flirté avec la gloire poétique, l’épicentre d’un drame organisé, couché de nouveau sur des feuilles blanches, toujours par le même narrateur obsédé, qui n’en finit pas de vouloir te faire accéder à la postérité ! Tu finiras par te le dire un jour : « mais de quoi je me mêle copain ? ». Ok, mais le plus tard possible. L’autre soir, tu sais, je bloquais devant une de tes toiles. Celle qui est en face de la chambre de la mémé centenaire. D’ailleurs sa fille me parlait à ce moment-là, mais perdu dans les couleurs je n’entendais qu’un charabia lointain, des pssss, des ffff, des chchch… Je bloquais, et quand je bloque tu le sais, des millions d’idées traversent mon mental. Les gens ne le savent pas, mais le silence chez moi est synonyme d’une réflexion intense et lumineuse par sa vitesse. C’est plutôt quand je parle que je ne pense plus. Et les gens pensent le contraire. Comme quoi les gens se trompent très souvent. Ils s’arrêtent à l’aspect des choses. Mon arrêt devant cette toile, m’a fait penser à un son. La lettre S ! Je ne te dirais pas tout ce qui m’a taraudé, mais j’associais la lettre aux mots, S pour savate, non, sucre, non, saloperie, euh…non plus, sensuel, peut-être, sexuel, pas ton genre…..ah j’y suis : SEUL.

 Et c’est à ce moment que je compris le secret de l’alchimie. Les âmes seuls se reconnaissent, et se décrètent un amour désintéressé, loin des fantasmes de l’amour mondain perverti par les étiquettes et autres tendances marketing. La fraternité naît alors à l’abri d’une toile, ou au détour d’un vers, tu me diras, si j’ai au moins saisi ça de mon passage aux tulipes, mon choix d’établir ma caravane en Savoie fut alors un choix de choix ! Oui on fait vite la part des choses nous les zèbres, hein Sgani ? Si seulement on était aussi efficace avec ces dames. Je parle pour nous deux, mais je n’en sais rien de tes amourettes. Alors que moi je parade comme un paon faisant la roue, il se peut que toi avec une extrême violence, tu torpilles à distance comme un bon sous-marin soviétique. Le truc, c’est qu’à force de rester sous l’eau, on étouffe. Ou on devient un thon ! A toi de voir ! Non frérot je préfère rester à la lumière, faisant mes rimes chantant et errant dans leurs pensées. C’est vrai quoi, tu le sais aussi, je suis sûr que des fois elles pensent à nous, quand elles sont seules, sur leur canapé regardant la quotidienne des anges de la télé poubelle, ou chatant sur leur téléphone dernier modèle- Je me demande d’ailleurs si elles connaissent la moitié des fonctionnalités de ces petits bijoux !-.

Elles pensent à nous j’en suis sûr et le fait que je leur suggère, va les en convaincre encore plus intensément. Peut-être que dorénavant en nuisette, on aura le droit à une petit attention, ou habillées (c’est peu dire) en deux pièces de la saison 2013 allongées sur le sable trop chaud des plages du sud sponsorisées par le CGOS. Mieux que ça, le soir à un instant de solitude, lorsque leur chéri oubliera leur existence, préoccupé devant leur mobile home à exhiber sa nouvelle teinte de peau, couleur nacrée à l’aide d’une crème solaire achetée chez carrefour, et buvant un vulgaire pastaga mélangé à du sirop de grenadine : ce qu’on appelle là-bas, une TOMATE ! Je serai là j’en suis sûr. Au fond d’un verre ou sur un oreiller… Pas difficile d’y croire. En tout cas si l’une d’entre elles affirmait le contraire faudrait qu’elle prenne la parole et qu’elle m’explique le schmilblick. Parce que cet été c’est sûr, elle pensera forcément à moi. Sauf si : elle n’aime pas la mer, pas le bronzage, pas les apéros…. Et si tel est le cas, alors elle n’aime pas les anges de la télé poubelle, mais alors pourquoi se force-t-elle à regarder cette merde ? Tu vois il n’y a rien de logique chez les femmes. Mais on aime ça !

Tu vois quand je vois Nabilla, après avoir fait le tour du propriétaire, chose aisée que même notre ami Claude pourrait faire à cloche pieds, je me demande quelle émotion elle engendre chez ces millions de personnes qui la regardent quotidiennement. Elle les renvoi à une beauté physique qu’elles n’atteindront jamais, les fait marrer avec des sorties enfantines, ridicules de surcroit. Je pourrais me lâcher là, mais je sais que ce n’est pas de leur faute. Manque de référencement culturel. Voilà le vif du sujet. La France meurt ! En tout cas moi Nabilla. Je suis prêt à lui consacrer quelques éloges… funèbres… Attends, t’imagines ce qu’ont dû se dire les LE PEN, lors d’une réunion de famille dominicale, entre l’entrée et le porc rôti… Pauvre Nabilla mais dans quoi tu t’es embarquée ? Elle me fait penser un peu à R Domenech, sur la fin. Moi je le sais, Nabilla (Nab pour les intimes), finira gogo danseuse jusqu’à 00.00 dans un club privé de Dubaï, après minuit la cendrillon aux lèvres bombés devra vendre son corps comme ces putains accessoirement mannequins ukrainiennes, qui l’ont devancé des années plus tôt. Bienvenue dans le monde des Femen ! Je ne te parle même pas des problèmes de dos qui vont surgir incessamment sous peu car la silicone ça vieillit mal et en plus ça pèse lourd. A côté, avec ma légère scoliose, je passe pour un rigolo, accroche toi Nab, va falloir le cambrer ton petit cul pour supporter la douleur ! Moi je continuerai à rire de tes semblables entre 2 Efferalgan codéinés, en priant le ciel que mes douleurs ne soient plus les miennes, mais les tiennes… non mais allô quoi !


« Sgani, t’es toujours là ? Sic ! Oui oui je suis là !!! T’es allé à st-Jean de Maurienne ? Non, non je suis à Vimines !......Ah la sénilité. »

Il fait chaud ce soir…30°, pas loin. Les portes du mobile home sont ouvertes, les gamins jouent à l’extérieur, on entend les claquements des boules de pétanque. Clac clac ! Ça sent le barbecue des voisins, les bonnes chipolatas, merguez, cuisses de poulets marinés, quelques légumes pour les fanas du bikini, et électorat Vert. Une bouteille de Suze, quelques glaçons agonisant dans  le fond d’un sot ressorti du fond du garage il n’y a pas si longtemps… les gens se parlent, se cherchent, rigolent, parlent déjà des prochaines vacances. Toi tu n’as de souci que moi, au détour des discussions tu essaies de te souvenir mes vannes, mes longs discours, et combattant toutes ces nouvelles faces tu cherches au fond de ta mémoire le tendre sourire que j’ai pu t’esquissé un jour, dans une chambre, lors de la pause. Ou encore dans ta voiture. Ça devient dur, terrible, comment opprimer cette sensation de manque. Cette envie d’être ivre. Ta veine est l’a pourtant s’offrant en spectacle attendant ce long piqué qui fait mal, et laisse des bleus. T’aurais jamais pensé à ça la première fois, puis cette vermine t’a pénétré la psyché, redessinant la déco, bougeant les meubles, virant le propriétaire pour squatter en Roi. C’est dur, et la chaleur de cette nuit d’été n’arrange pas les choses. Vas, vas prendre un verre avec ton mec. Il est assis avec ton amie qui vous a accompagné. T’es tellement gentille que tu ne pouvais pas ne pas lui proposer cette escapade, surtout après que son mec l’ai jeté comme une moins que rien, sous prétexte que rien du tout… C’est la loi des hommes ça ! Vas les rejoindre, ton mec pourrait très vite avoir des vues sur elle, cette blonde à la poitrine ferme qui profitant de la chaleur atmosphérique a gardé sur elle son ligne de plage. Ce paréo que t’avais chiné sur internet, pour ta copine ! Assise sur cette chaise de camping en plastique, ses longues jambes ne feraient qu’une bouchée de ton petit chéri fidèle mamours. Tu ne la vois pas changer une jambe sur l’autre ? A chaque fois entrouvrant ce que ton mec guette, la forme de ces lèvres. Je la connais pas mais, après quelques verres de plus tu ferais mieux de l’enfermer dehors, après tout il fait chaud et quelqu’un s’occupera d’elle sans problème, ou attend toi à avoir soif une nuit, te réveiller, et la surprendre elle sur lui, lui faisant ce que toi tu n’as jamais osé, toi la femme parfaite, si auto satisfaite de ta médiocrité. Tu te jettes sur elle la poignardant, ou tu ne dis rien et les observe. Si tu l’aimes, tu peux bien lui offrir ta meilleure amie en cadeau, bonus d’un été engagé. Sa manière de faire n’a rien à voir avec la tienne… Toi qui es plutôt M6, tu vois en face de toi cette chaîne câblée qui coûte la peau du cul (sans de vilain jeu de mot), la sueur qui coule le long de son dos interminable, ses cheveux de blonde exagérée embellies par ces bains de soleil dont tu es l’origine. Ses cuisses serrant le torse du futur ex. A peine quelques soupirs, à peine… Rien de vulgaire, tu vois son sans fautes incapable d’agir, pétrifiée par la beauté de l’instant. En toi aussi, le périnée se meut, mais pas comme chez elle. Elle est si gracieuse. Tu l’envies… tu aimerais être comme elle…mais tu ne peux pas. Tu penses à ton chéri qui s’abandonne, cette jument ne fatigue pas, le galop s’accélère. Tu penses à tout, aux gens, à tes parents, à la traitresse que tu regardes avec respect te saborder celui que tu aimes, tu penses à moi, et puis d’un coup à Nabilla, puis tu penses à demain, et tu repenses à moi, envie d’hurler, sors de mon esprit! Non ce n’est qu’un cauchemar, je ne veux pas y croire…Pourtant c’est la réalité, il est en elle, elle jouit et toi tu souffres. Tu pars tu restes, tu penses à moi, tu lâches une première larme, tu t’assieds. Tu les écoutes. Ta meilleure amie devient une héroïne. Tu penses à moi. A Nabilla. Tu ne penses plus… Arrêtes ; Je t’avais prévenu, tu penserais à moi. On n’est pas à l’abri d’une tromperie, ou deux. Jamais, et un jour en toi je prendrai mes marques…

 Pour l’instant, je te contemple. Comme une belle œuvre. Les filles se demandent toutes de qui je parle, comme si elle ne le savait pas ; peut-être qu’au final je sublime chacune d’entre elles, ma façon de modeler la femme parfaite à mes désirs,  des oreilles de Dasha, aux grands yeux de la grande brune. Une mystique à la Little spoon, la prestance de Freudia, de la fidélité de noix de coco, au charme déroutant de Louisiana. Une pincée d’affront, et le regard malin de Syrine…. Manquent plus que quelques ingrédients et je fais tourner le pétrin. Vous vous y attendiez… ?

 Pour un chien de la casse je suis assez flegmatique, j’allais pourtant me faire baiser en douceur, quand la reine d’Egypte de son regard hiéroglyphique me tentait. Jamais je n’ai regardé une femme avec autant de cupidité et d’interrogations. Moi l’intello soudainement passé pour un plouc pervers, qui fuirait la police stéphanoise d’un passé lourd en harcèlement et autres vices de l’âme. Faut dire qu’elle en a eu plus d’un et marrant de voir comment l’ignorance l’emporte des fois sur l’insouciance, mais surtout comment jamais le mensonge ne triomphe. Son passé de nikita sans flingue l’a rattrapé, et à bas les masques. Celui de la justice s’est envolé dans les airs : haut, très haut ! Que cherche un homme ? Une reine à tous les coups. Où se trouve-t-elle ? Là par contre je n’ai pas de réponse.


« Modifié: 18 Mai 2013 à 01:13:46 par hadas »

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Lettre 4
« Réponse #1 le: 17 Mai 2013 à 10:32:44 »
N'oublie pas de répertorier ton texte dans l'index des titres, s'il te plait ! ;)
Merci !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Baptiste

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 616
  • Pingouin de Patagonie
    • Rêves de comptoir
Re : Lettre 4
« Réponse #2 le: 17 Mai 2013 à 12:18:41 »
Salut

Ca c'est ce qu'on appelle une logorrhée !!!
Franchement ç' est hyper dense, je suis pas sur d'avoir tout bien suivi, de comprendre à qui tu t'adresse quand tu passe à la seconde personne, qu iest vraiment Sganarelle, ce que viens foutre Nabilla la dedans, bref, du mal à piger l'intrigue.
Je pense que si tu repense un peu ton découpage, que tu coupe un peu ce flot de paroles, tu gagneras en lisibilité.
De plus, je suppose, que tu as des prise de position ironique, mais , du coup j'ai un peu de mal à les percevoir
une dernière petite chose
Citer
hérique a gardé sur elle son ligne de plage.
son linge, plutôt non

Voilà, dans le style, je trouve qu'il peut y avoir des trucs intéressants, mais là je suis juste un peu confus,

Au plaisir

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Lettre 4
« Réponse #3 le: 17 Mai 2013 à 13:48:52 »
C'est assez illisible ton texte, fais des paragraphes, aère pour qu'on s'y retrouve. Là, j'ai vraiment pas envie/le courage de me lancer à te lire et je pense pas que je suis la seule à être rebutée par la mise en page.
Fais des paragraphes et promis je viens (re)commenter ton texte  ;)
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne OliveDuWeb

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 665
  • Une tapenade de mots dans une mer d'huile d'idées
    • Page auteur
Re : Re : Lettre 4
« Réponse #4 le: 17 Mai 2013 à 14:30:55 »
C'est assez illisible ton texte, fais des paragraphes, aère pour qu'on s'y retrouve. Là, j'ai vraiment pas envie/le courage de me lancer à te lire et je pense pas que je suis la seule à être rebutée par la mise en page.
Fais des paragraphes et promis je viens (re)commenter ton texte  ;)
J'allais mettre exactement le même genre de commentaire.

J'ai lu quelques lignes, le style a l'air sympathique, très imagé, mais très vite je n'arrive plus à suivre (vive la lecture sur grand écran). Découpe tes paragraphes en fonction des idées, je suis sûr que tu t'y retrouveras beaucoup plus facilement, toi aussi.

Au plaisir.
"Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse" (Coco Chanel)

Hors ligne hadas

  • Calligraphe
  • Messages: 117
Re : Lettre 4
« Réponse #5 le: 18 Mai 2013 à 01:10:49 »
Merci à tous pour vos commentaires plutôt encourageants.

Oui c est linge de plage... eu beau me lire, et relire, encore et encore, mais rien n'y fait. Excusez moi les amis.
Quant à la mise en page, la forme plus globalement, quelques conseils seraient les bienvenus. Je débute dans l'écriture, voici ici un de mes premiers textes.

La lettre à sganarelle est tirée de mon blog(lui aussi tout nouveau) dans lequel je publie ce que j'écris, mais les lettres plus spécialement sont des lettres que je destine à La femme en général, moi étant un grand tourmenté de la gente féminine, et chercheur de vérité sur l’ambiguïté que j'ai toujours ressenti dans mes échanges avec elles. Et de surcroît travaillant dans un centre hospitalier, donc au milieu des femmes. C'est un petit jeu entre collègues. J’écris, je leur lis, et puis je publie. Sganarelle existe bel et bien. C'est un collègue aide soignant. Tout comme moi !

Si vous me le permettez je ne mettrai pas l'adresse en public pour pas que l on pense que je suis là dans l'optique de promouvoir quoi que ce soit. En privé toutefois je suis plutôt open, surtout si vos critiques me font grandir, et j'en suis sûr.

Au passage j'ai redécoupé le texte...(vite fait), et grossièrement pour rester dans l'esprit. Tout le truc c'est que dans le blog la mise en page est meilleure...à suivre

A très vite, un ami, fan, niais, pervers, mais sensible...  :noange:
« Modifié: 18 Mai 2013 à 01:16:37 par hadas »

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.314 secondes avec 23 requêtes.