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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de lecture » Théâtre et poésie » [Théâtre] Hernani (Victor Hugo)

Auteur Sujet: [Théâtre] Hernani (Victor Hugo)  (Lu 5859 fois)

Hors ligne Zacharielle

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[Théâtre] Hernani (Victor Hugo)
« le: 27 Mars 2011 à 16:52:43 »
J'ai pas compris, la pièce est dans l'index mais le sujet a été supprimé ou je sais pas quoi. Comme j'ai lu Hernani à l'occasion du défi, je me permets de (re)faire un sujet.

Alors alors, Victor le GrosHego, qui s'emmerdait grave et n'avait rien d'autre à faire, a écrit en 1830 Hernani, pièce ayant suscité beaucoup de réactions parce que mine de rien, elle rompt avec les habitudes des classiques. Selon Wiki, elle "consacre le genre du drame romantique", comme quoi, c'est pas rien.

L'histoire
Alors en très gros : nous sommes en Espagne (mais aussi à Aix-la-Chapelle à l'Acte IV) en 1519 et tous les matous (Hernani à la mèche rebelle, Don Carlos le vilain roi et Don Ruy Gomez, l'oncle aux cheveux blancs) sont raides dingues de Doña Sol, qui ne jure que par Hernani, bah oui, il a 20 ans, il est beau, il est le leaderoso d'une rebelión, franchement, y'a pas photo.


Oh non mais qui s'est caché dans l'armoire ?!


Mon navis :
Je ne peux pas dire que j'ai aimé. En fait, je crois qu'il m'aurait fallu une mise en contexte. Parce que là, les grands discours, les grands sentiments, les grandes déclamations, bref, je crois un peu les très gros traits du romantisme me font bailler. Indépendamment de tout contexte sur classiques VS romantiques, l'histoire est pas folichonne quoi, surtout l'Acte IV (à Aix, donc), au moment où Don Carlos devient l'empereur Charles Quint. Certes, les costumes, les décors, tout ça, ça doit rendre. Mais le texte m'a pas particulièrement convaincue :/

Et vous ? Qu'en avez-vous pensé ? Peut-être pouvez-vous apporter un éclairage, justement, sur le contexte ?
« Modifié: 08 Septembre 2015 à 20:37:08 par Rain »

Hors ligne Zephyr

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Re : Hernani (Victor Hugo)
« Réponse #1 le: 29 Mars 2011 à 07:15:33 »
Ben moi j'avais bien aimé quand je l'avais lu, c'est à dire il y a deux ans. Je trouvais justement que ça changeais vraiment de Racine (que j'adore) ou de Molière (que je déteste), et qu'en même temps, on est loin du théâtre contemporain. C'est à la fois des déroulements classiques de la tragédies (la sorte de destinée qui attend les personnages), et en même temps il y a des passages où ça ne se prend pas vraiment au sérieux... Je trouvais que Hugo avait bien réussi une sorte de synthèse qui crée un nouveau genre. L'acte IV m'avais aussi gonflé, mais en fait, c'est à cause du Monologue que j'ai trouvé totalement indigeste.

Mais peut-être qu'il faudrait que je le relise.
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

Hors ligne ernya

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Re : Re : Hernani (Victor Hugo)
« Réponse #2 le: 29 Mars 2011 à 10:46:08 »
C'est à la fois des déroulements classiques de la tragédies (la sorte de destinée qui attend les personnages), et en même temps il y a des passages où ça ne se prend pas vraiment au sérieux...
et ça s'appelle comment ça, hein ? :huhu:
le sublime et le grotesque !

Moi, c'est ce que j'aime bien dans les drames romantiques de Hugo, ce mélange. Bérénice ne se cachera jamais dans une armoire, là est bien toute la différence. Mais chez Racine, les vers sont mieux.
Sinon, j'avais bien aimé pour ma part, avec le château à la fin, j'avais trouvé ça sympa. Et aussi les changements de lieux. Mais je crois que je préfère Ruy Blas, y'a des passages plus drôles, je trouve, avec Don Carlos. Et Ruy Blas n'est plus le beau jeune garçon rebelle qu'est Hernani, donc ça passe peut-être mieux. ^^
« Modifié: 29 Mars 2011 à 10:48:51 par ernya »
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Hors ligne Zephyr

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Re : Hernani (Victor Hugo)
« Réponse #3 le: 05 Avril 2011 à 21:21:05 »
C'est à la fois des déroulements classiques de la tragédies (la sorte de destinée qui attend les personnages), et en même temps il y a des passages où ça ne se prend pas vraiment au sérieux...
et ça s'appelle comment ça, hein ? :huhu:
le sublime et le grotesque !
Oui, mais quoi, qu'est ce qui va pas dans ma phrase  ???

(J'aime l'idée de Bérénice dans un placard, bien que j'adore Bérénice qui est quand même sublime, je trouve)

Je suis d'accord avec toi pour le dernier acte. Je le trouve très beau !

Et je te rejoint aussi sur Ruy Blas, qui est quand même mieux je crois bien.
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Rose XII

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Re : Hernani (Victor Hugo)
« Réponse #4 le: 26 Septembre 2012 à 09:19:13 »
Plus de 120 jours se sont écoulés depuis la dernière réponse à ce sujet. Mais je ne peux pas vous épargner la mienne. :-)

Hernani, ce n'est pas une simple pièce de théâtre. C'est une bataille et c'est un manifeste.

Il a été remarqué ici et à juste titre que Hernani n'est pas Andromaque (à la louche, je reformule et je garde l'idée). C'est précisément là que réside la grande nouveauté de cette oeuvre. Hugo, en créant Hernani, a donné lieu à une véritable révolution littéraire dont l'influence, jusqu'à nos jours, est difficile à embrasser d'un seul coup d'oeil.

Il faut absolument replacer l'écrit dans son contexte, pour en savourer toute l'audace et toute la grandeur. "Vous êtes mon lion superbe et généreux" dit Doña Sol à ce Cid du dix-neuvième siècle ; tandis que la Chimène cornélienne, toute de réserve drappée, murmurait en son temps :"Va, je ne te hais point." On sent que le ton change... L'amour qui pleurait dans des boîtes de dragées soyeuses comme des cercueils s'acoquine aux pleins feux du soleil espagnol. Il prend un bol d'air. Il devient romantique...

Et la forme, encore, est ce qu'il y a peut-être de plus remarquable. L'alexandrin dont les syllabes passent d'une bouche à l'autre, d'une réplique à l'autre, quatre ou cinq fois par vers, cela aussi relève d'une nouveauté d'expression théâtrale, d'une volonté de briser la pompe et de mettre le texte au servive des émotions.
Hugo, trop connu de nos jours comme un papy débonnaire (honte aux "récitations" qui tuent la poésie), auteur de l'Art d'être grand-père ou de la Légende des Siècles, est tout de même aussi l'auteur des Châtiments (il a bravé l'Empire, il a connu l'exil...) ainsi que de Hernani, des Misérables, de Napoléon le Petit...

Hernani, c'est le souffle de cet immense auteur, politicien, philosophe, poète, dramaturge... rendu au théâtre, dans toute sa puissance.

Dixi, comme dirait l'autre.  :mrgreen:

 


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