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20 Avril 2026 à 17:57:39
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Le Carnet de la Mère

Auteur Sujet: Le Carnet de la Mère  (Lu 26 fois)

En ligne alkatom

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Le Carnet de la Mère
« le: Aujourd'hui à 09:49:51 »
Petit disclaimer :
Ce poème vient de la section bouts rimés FIL COLLECTIF
La partie centrale, celle de "L'histoire du marchand itinérant." est faite avec des rimes imposées.
Donc il convient de remercier chaudement @April et @Robert-Henri D.

Le Carnet de la Mère


Par une froide journée d'hiver mordant l'âme,
Là, une bâtisse vivait, terne et sans flamme
Au rythme des enfants qui jouaient dans le froid —
Tous ici étaient sans père, et sans autre loi.

Protégée par Mère, âme douce et Supérieure,
L'innocence tenait bon malgré les détours
Le gel montait en serrant les cœurs à toute heure
Elle les ramena, sans bruit, sans grands discours.

Tous chahutaient,  quand l'heure du repas sonna,
Le calme s'imposa, lourd dans la salle grise
Les ventres criaient fort, à peine comblés là,
Un maigre festin passa, sans cris, sans surprise.

Autour du feu de cheminée qui crépitait,
La Mère rassembla les gamins en silence,
Ils trépignaient encor, puis lentement se taisaient,
Elle entama pour eux un conte, une cadence.

— Madame, quel sera le sujet de ce soir ?
Demanda l'une d'eux, curieuse et si friande
— Assieds-toi donc d'abord, mon tout petit espoir,
Dit Mère, douce, tendant la main en offrande.

Elle sortit un carnet usé, et discret,
À peine colorié, jauni et tout usé
Elle s'éclaircit la voix, grave et en secret,
Fière du seul trésor que l'on n'avait volé.

Et voici le récit, mes enfants, le suivant
L'histoire d'un fameux marchand itinérant

Il était un marchand qui vendait le solaire,
Ce titre singulier n'était point arbitraire.
Il vadrouillait au loin, en des lieux lointains,
Pour protéger du mal les mondes puritains.

Il propageait partout sa joie toute primaire
Chassant loin de nous la douleur douce-amère,
N'hésitant pas à fendre vents et océans
Pour trouver les désireux où ils sont céans.

Nul ne disait que là était une salade,
Il soignait patiemment ce monde si malade,
Pouvant même pousser un pesant éléphant

À souffler gaiement dans un complexe olifant.
Pour illuminer des sourires oniriques,
C'était son don profond, son pouvoir tout elfique.


Mère referma le carnet sur le silence,
Les paupières des enfants pesaient, s'alourdissaient.
Elle sourit, le cœur empli de bienveillance
Veillant tendrement sur ces âmes qui s'endormaient

Le carnet glissa seul, s'entrouvrit sur le sol,
Ses pages — blanches, vides, sans le moindre mot.
Nul besoin de magie, nul besoin de grand vol :
La Mère était leur conte, leur plus beau cadeau.
« Modifié: Aujourd'hui à 11:30:29 par alkatom »

 


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