Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

20 Avril 2026 à 19:39:55
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Le Carnet de la Mère

Auteur Sujet: Le Carnet de la Mère  (Lu 37 fois)

Hors ligne alkatom

  • Calligraphe
  • Messages: 148
Le Carnet de la Mère
« le: Aujourd'hui à 09:49:51 »
Petit disclaimer :
Ce poème vient de la section bouts rimés FIL COLLECTIF
La partie centrale, celle de "L'histoire du marchand itinérant." est faite avec des rimes imposées.
Donc il convient de remercier chaudement @April et @Robert-Henri D.

Le Carnet de la Mère


Par une froide journée d'hiver mordant l'âme,
Là, une bâtisse vivait, terne et sans flamme
Au rythme des enfants qui jouaient dans le froid —
Tous ici étaient sans père, et sans autre loi.

Protégée par Mère, âme douce et Supérieure,
L'innocence tenait bon malgré les détours
Le gel montait en serrant les cœurs à toute heure
Elle les ramena, sans bruit, sans grands discours.

Tous chahutaient,  quand l'heure du repas sonna,
Le calme s'imposa, lourd dans la salle grise
Les ventres criaient fort, à peine comblés là,
Un maigre festin passa, sans cris, sans surprise.

Autour du feu de cheminée qui crépitait,
La Mère rassembla les gamins en silence,
Ils trépignaient encor, puis lentement se taisaient,
Elle entama pour eux un conte, une cadence.

— Madame, quel sera le sujet de ce soir ?
Demanda l'une d'eux, curieuse et si friande
— Assieds-toi donc d'abord, mon tout petit espoir,
Dit Mère, douce, tendant la main en offrande.

Elle sortit un carnet usé, et discret,
À peine colorié, jauni et tout usé
Elle s'éclaircit la voix, grave et en secret,
Fière du seul trésor que l'on n'avait volé.

Et voici le récit, mes enfants, le suivant
L'histoire d'un fameux marchand itinérant

Il était un marchand qui vendait le solaire,
Ce titre singulier n'était point arbitraire.
Il vadrouillait au loin, en des lieux lointains,
Pour protéger du mal les mondes puritains.

Il propageait partout sa joie toute primaire
Chassant loin de nous la douleur douce-amère,
N'hésitant pas à fendre vents et océans
Pour trouver les désireux où ils sont céans.

Nul ne disait que là était une salade,
Il soignait patiemment ce monde si malade,
Pouvant même pousser un pesant éléphant

À souffler gaiement dans un complexe olifant.
Pour illuminer des sourires oniriques,
C'était son don profond, son pouvoir tout elfique.


Mère referma le carnet sur le silence,
Les paupières des enfants pesaient, s'alourdissaient.
Elle sourit, le cœur empli de bienveillance
Veillant tendrement sur ces âmes qui s'endormaient

Le carnet glissa seul, s'entrouvrit sur le sol,
Ses pages — blanches, vides, sans le moindre mot.
Nul besoin de magie, nul besoin de grand vol :
La Mère était leur conte, leur plus beau cadeau.
« Modifié: Aujourd'hui à 11:30:29 par alkatom »

En ligne April

  • Troubadour
  • Messages: 296
Re : Le Carnet de la Mère
« Réponse #1 le: Aujourd'hui à 19:10:49 »

Bonsoir Alkatom  :)

Je me fais plaisir à lire ce poème, sans être sûre de comprendre ton intention : il se prête à différents niveaux de lecture.
Je le lis comme une belle histoire, ou même comme un conte, au rythme narratif agréable.

Je trouve que la section Poésie te va à ravir. Au plaisir de continuer à te lire
Quoi que tu rêves d'entreprendre, commence-le. L'audace a du génie, du pouvoir, de la magie. Johann Wolfgang von Goethe

En ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 327
  • Pelleteur de Nuages
Re : Le Carnet de la Mère
« Réponse #2 le: Aujourd'hui à 19:27:01 »
Hello alkatom,


J’ai beaucoup apprécié la manière dont tu poses l’ambiance autour de la double personnalité de ton personnage central : c’est à la fois tendre, vivant, et énigmatique.

La chute, elle aussi, est double, l'évidence se confond en irréalité positive : les pages blanches peuvent se concevoir selon la façon dont on les imagine : jamais totalement vierges... Et puis, aucun carnet vide qui ne l'est pas vraiment peut renfermer la spirale d'une idée... c'est une pirouette dans un monde d'anti néant, qui fonctionne très bien.

L’intégration issue des bouts rimés apporte une touche de fantaisie intéressante ; on sent que tu t’es amusé avec les matériaux mis à ta disposition.

La transition entre les registres pourrait être légèrement adoucie pour renforcer encore la fluidité générale du récit, mais l’ensemble, délibérément poétique, joue vraiment bien le rôle ainsi attribué.

Tu tiens une belle idée, j'en prends note. Et qui sait,  il se pourrait qu'un jour, à mon tour, j'envisage de la reprendre. Ne serait-ce qu'en vue de la faire évoluer.
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

 


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