"Bonsoir à vous tous et à vous toutes venus me déchiffrer.
Oui, c'est bien "me déchiffrer" que j'utilise modestement, et non le terme "calculer" que je laisse à ceux pourvus de la bosse des maths.
Revenons à mon propos sans disgrâce à la langue, que je remercie d'exister par ailleurs, de tailler les mots, et de les simplifier savamment.
Je dirai, en long et en large, pour cette présentation qui ne saurait exister sans les applaudissements et les requêtes de vos humbles reliques, laissées par ci et par là sur les bancs, pour cette soirée abondamment arrosée...
je dirai donc:
Que l'on a tous et toutes, sans exception faite, ressenti, dans un lointain ou proche comté, puisque l'odeur est au lieu, à la saveur et à la grâce, la sensation d'être rouge pivoine et de sentir le crotin de cheval.
Hé oui !
Les signes ne trompent généralement pas, sans la labellisation locale et la décimââle qui parfois augmente les kilos en quintaux.
Donc nous voici tous réunis pour explorer l'affaire qui n'en est pas une des moindres:
L'affaire du dit " boudin en pièces ".
"Le boudin en pièces", c'est moi: vaste expression qui pourrait signifier que je suis grosse et pleine de sa...veur.
Mais non, je suis des vôtres:
Un être de passion pour des occupations telles que le bavardage des petites affaires intimes et les lavages à grandes eaux de mes parties les plus exposées à des effluves - comment dirais-je? - les plus malodorantes. Vous savez, celles qui se trouvent dans l'entre-jambe et les commissures des bras et autres membres que l'on cache avec une grande discrétion, et qui vous rappellent que nous sommes faits de chairs et d'os.
Pour revenir à mon propos:
Je suis Catherine, vivant dans un charmant village où il fait bon vivre.
Mon père et ma mère sont de pieux vivants et ma sœur une pieuvre à tentacules bien plus vénéneuse que mes deux frères doux comme des agneaux.
Moi, j'aime le propre, contrairement aux villageois et villageoises qui se contentent d'une douche tous les quatre ans.
Alors j'explore mon anatomie tous les jours avec l'agilité d'une puce se grattant le dos et je me parfume à m'en étourdir le minois.
Bref je suis d'une précision minutieuse.
Mais voilà,
Je ne suis pas aimée.
Pourquoi, me diriez- vous?
Et bien j'ai la gangrène.
Et ça les gène, ces heureux de la crasse!
Alors ils décidèrent de me découper en pièces et de m'avaler jusqu'au trognon.
Quelle prédilection, tout de même,
car ma passion fut de n'être qu'une bulle stérile et blanchie à la chaux.
Voilà comment moi, Catherine, finit en catimini sans jupe et sans pantalon!
Point final,
Bon appétit !"