Dot,
alors évidemment, la problématique n'est pas de systématiser le caractère synthétique du haïku au travail lui-même du haïku, mais je remarquais juste avec un sourire entendu à l'univers, que c'est étrange d'être aussi prolifique dans une discipline aussi minimaliste...
En fait j'essaye juste d'ouvrir mon attention à toute possibilité dans le quotidien de "trouver" un haïku, de tomber dessus ou qu'il me tombe dessus. Cela autant pour "enchanter" mon quotidien que pour m'exercer et peut-être en dernière satisfaction, trouver un haïku qui peut évoquer quelque chose aux autres. Je prends vraiment ce lieu en dehors de toute finalité comme un laboratoire.
Je n'ai pas de méthode pour en produire à la chaîne sans bouger de ma chaise. J'essaye d'être ouvert et disposer à regarder, à écouter du mieux que je peux pour affuter et égayer mon regard et en même temps ma mine.
Pour l'instant, c'est en bougeant que m'est venu le plus de haïku. Est-ce un hasard si Bashô a écrit beaucoup en voyageant ? Écriture du haïku et voyage, une problématique intéressante.
sélectionner LE haïku, LA fleur de sens que tu auras la mieux synthétisée !
Y parviendrais-tu ?
Sans aucun doute certains haïku que j'ai proposé ici ne résisteront pas au temps et peut-être que j'en reverrai/abandonnerai un certain nombre quand je déciderai de les recopier "au propre".
Mais je pense qu'il ne faut pas non plus prendre le haïku trop au sérieux et le prendre aussi modestement qu'il est venu. Je préfère faire feu de tout bois, quitte à ramasser quelques charbons. C'est d'abord le geste et l'intention qui comptent pour progresser.
Et certainement avec le recule il y en a que je pourrais préférer à d'autre.
Quant à la synthèse absolue, je pense qu'il est vain de la rechercher, le haïku est pour moi plus une occasion de révéler la multitude, la variété, la diversité des expressions du Tout dans une forme certes synthétique, mais qui se propose d'ouvrir vers l'ailleurs, vers le contexte, vers la pluralité des images et significations. Donc je crois que chaque haïku est une synthèse de son propre sujet, synthèse qui rend compte d'une dimension du Tout par sa partie, mais je ne crois pas qu'un haîku vise la synthèse même du Tout.
Mais j'ai peut être surinterprété ton défi qui était modestement de retenir le meilleur haïku "synthétisé" au fil du temps.
Merci pour tes précisions
Salut Drink, merci pour ton avis !
ça recoupe un peu mon état d'esprit de cette année avec les sapins, à savoir qu'on en sacrifie quand même beaucoup pour un petit plaisir qui va durer 2 semaines
héhé, et en même temps c'est sa "gloire", c'est de ça qu'il "vit" toute l'année
dans celui-ci, "chez la fille" me gêne un peu
Ici j'ai hésité entre plusieurs expressions :
Sur la table... (descriptif mais il n'y avait plus de personnage)
Chez l'amante... (que je trouvais redondant avec "preuve d'amour")
Chez elle... (pourquoi pas mais très imprécis)
Au réveil... (contextuel mais plus de personnage)
"Chez la fille" car je voulais qu'on sache qui a reçu la rose, pour qu'il y est l'analogie possible entre la preuve d'amour de recevoir une rose (et de la placer à l'arrache dans un verre doseur), et celle du verre qui fait boire la rose.
En fait le narrateur est censé ici décrire une situation à laquelle il est étranger. La vue de la rose dans un verre doseur inspire cette analogie entre le couple dont est issue "la fille" où se place la scène, et la rose et le verre doseur.
Pour celui-là j'ai un peu de mal à comprendre l'image entre le verre doseur et la rose?
Et enfin pour répondre à Orto, le verre doseur était là. c'est même lui la source de l'idée. Je trouvais ça tellement "drôle", "absurde", "profane", "désacralisant", de trouver une rose d'amoureux dans un verre doseur. J'aimais bien l'idée de fugacité, pas le temps de trouver autre chose, il faut "sauver" la rose, le côté purement instrumental du cadeau, la raison pratique de "la fille" avant tout, et puis j'aimais bien l'idée que l'amour est une question de dosage à côté de passion, enfin, que le verre soit doseur, ça rajoutait la possibilité d'évoquer cette idée de dosage de l'amour contre/avec celle de passion, du plus mesquin au plus inconscient en passant par le plus naturel.
Enfin voilà, c'est peut-être mon préféré de la série (avec "bruit de l'eau..").
Merci à vous et au plaisir !