Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

20 Juillet 2026 à 15:38:26
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Z

Auteur Sujet: Z  (Lu 5759 fois)

Aube

  • Invité
Re : Z
« Réponse #30 le: 18 Octobre 2017 à 20:51:36 »
Déjà lire un ou deux bouquins me semble être, pas indispensables, mais vraiment la voie la plus rapide et facile pour comprendre quelques rouages basiques à l'instinct. Pas besoin de lire beaucoup, sélectionne ton sujet et teste un livre ou deux, ça peut que faire du bien.

Pour la construction du personnage et l'intention d'empathie, dans ce cas précis, je pense qu'il faut beaucoup plus décrire les ressentis au point de vue interne. Si tu dis que tu as été influencé par ta propre expérience, ça pourrait être une opportunité plutôt qu'un défaut : inspire toi un maximum de ton vécu, c'est la bonne manière de travail je pense. Mais ton vécu nu, honnête, pas besoin de forcer le trait pour le spectaculaire comme dans les films ou autre. Inspire toi un max des gens que tu connais, ou que tu croises.


Et peut-être viser plus ambitieux : ne pas jouer la séquestration, le spectacle, la séduction, tout ça. Parler de la violence que peut induire le sentiment amoureux lorsqu'il est déçu, la perte de raison même, par l'histoire qui t'inspire le plus. ça peut être celle-ci, mais je pense que tu t'en sortirais mieux dans des récits plus réalistes, du moins pour ce thème précis. Et pour travailler le réalisme, deux moyens : lire des gens pour savoir comment ils font, et s'inspirer de son propre vécu, imaginer comment verbaliser le quotidien.

Toute façon si ce thème est important pour toi il reviendra te hanter en temps voulu. Si ce texte précis tu n'as pas envie de le retravailler inutile de te forcer, je pense.

F'in, voilà mes humbles conseils ^^

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Z
« Réponse #31 le: 19 Octobre 2017 à 11:20:21 »
Merci beaucoup pour ces quelques conseils !

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Z
« Réponse #32 le: 21 Octobre 2017 à 14:03:13 »
Voici une réécriture du premier chapitre, je vous laisse déguster ça ;)     


                                                                             «Mon œuvre s'ouvre enfin  »

-Somptueuse...élégante...extravagante. Mon œuvre s'ouvre enfin.

   Il n'y avait qu'une lumière grésillante dans cette cave miteuse et souillée d'excréments de rats. Elle vacillait de tout côté lorsque celle-ci, esclave de son propriétaire, recevait ses coups. Elle éclairait ce qu'on appellerait une femme enchaînée contre un mur froid, sans âme et sans chaleur. Rien qu'un mur aussi rassurant que l'unique compagnie humaine aux mains gantées et au visage partiellement masqué. Le regard est soi-disant le reflet de l'âme, qu'on y trouve cette infime particule au plus profond des prunelles. Alors, le masque ne dévoile que l'amertume. Un homme assis sur un tabouret fixait la jeune femme encore endormie. De ses yeux bleus émanait un étrange désir. Pour patienter, l'homme passa du temps sur Facebook, à liker les photos de profils de ses amies féminines, inaccessibles et cruelles, maquillées par l'amour. Ce faux bonheur dessiné par un sourire ignorant, aux côtés de leurs mecs au visage éteint dans le cendrier du mensonge et de la vantardise.
   Jamais la flèche de Cupidon n’atteignait cet homme, jamais il ne trouvait chaussure à son pied. Rien qu’un masque. Nous portons tous un masque. Nous masquons ce qui ne peut être révélé, les facettes reniées de nos personnalités imparfaites. Nous avons peur d’être démasqué, d’être mis à nu, d’etre trahis par nos pupilles exposées au grand jour. Et si je vous disais que l'amour le trompait, le manipulait et le ramenait toujours à la même position : la souffrance. Qu'avait-il de si repoussant ? Qu'avait-il de moins que les autres ? C'était une question à laquelle seul le destin, le foutu destin, avait une réponse. Mais pendant qu'il défilait son fil d'actualité, il reçu un appel son vieil ami Geoffrey, qui lui disait :

« -Yo mec ! Tu fais quoi ce soir ?
-Plan Q.
-Putain mec, tu vas arrêter de sauter tout ce qui bouge ?
-Faut bien suivre le mouvement.
-Toi qui disais que la baise était aussi distrayante qu'un candidat de télé-réalité...
-Statistiquement, il y a plus de chance de tomber sur la bonne en en baisant une centaine qu'en attendant qu'elle ramène son petit cul dans ta vie.
-Ça se tiens. »

   Ayant écourté la discussion, coupé par le bruit des chaînes provoqué par les spasmes de sa victime; Une chienne plongée dans ses rêves, L’homme releva la tête, puis, jugea bon de patienter encore un peu. Il fit un tour sur tous les sites de rencontres présents sur son smartphone et offrit des cœurs a toute celle qu'il jugeait à son goût. Évidemment, aucune ne souhaitait offrir le leur. Comme d'habitude. Ce fut seulement après quelques minutes que la victime se réveilla enfin, les yeux directement plongés dans ceux du ravisseur :

-Qui...qui êtes vous ?
-Le père Noêl. Il est arrivé une couille à mon traîneau.
-Que….quoi ?
-Fausse manip', continua t-il tandis que son couteau piquait son pouce, ça a fait boum quand votre tacot et le mien se sont rencontrés. Du coup pour éviter les problèmes, je t'ai rammené ici.
-De… mais...mais…,en hurlant elle ajouta, qu’est ce que tu m’as fait ?
-Oh, rien du tout. Ce ne sont que des chaînes et une cave. Tu ne te souviens pas avoir signé pour 50 nuances plus caverneuse ?
-Mon dieu...a l’aide ! Au secours ! Cria t-elle
-Ferme ta gueule !
-Pitié ! Ne me fais pas de mal je t’en supplie ! Pitié !
   L'homme rangea son smartphone et se leva de son tabouret, allant chercher un masque sur une table Ikéa au nom imprononçable. Parce qu'il jugeait bon d’impressionner sa victime avec quelques tours de passe-passe appris par ses confrères youtubeurs, celui-ci fit tournoyer son couteau autour de sa main droite, et, en se rasseyant brusquement devant sa victime, il apposa le masque sur la tête de la victime :

-Dis moi, c’est que tu es très mignonne avec ce masque !
-Je t’en supplie...libère moi...
-Ce masque te vas à merveille, oh ! Tu sais, tu aurais dû penser à l’ajouter à ta tenue quotidienne.
-Ne me viole pas...pitié….
-Te violer ? Il jongla avec son couteau, cela n’aurait aucun sens. Tu es mon œuvre, ma création, le résultat d’un long processus interne qui atteint maturation. Voyons, je ne veux pas souiller un tel travail. Tu m’appartiens, tu es à moi. En revanche, si tu cries, je n’aurais d’autre choix que de te faire crier un peu plus.
-Pourquoi...pourquoi moi...
-Il n'y a rien de plus beau que toi dans ce monde. Ces petites poignées d'amour...fit-il en parcourant le corps de la femme de la pointe de son couteau tel un peintre avec son pinceau, ces hanches bien dessinées...
-Je t’en supplie...je t’en prie...
-Tu sais que tu as ce don de toujours bien porter les masques ? Comme si, d’une manière ou d’une autre, tu adorais tromper le monde. Tu es fascinante, Juliette. Fas-ci-nante. Je ne regrette pas de t’avoir choisi. 
   Juliette se mit à pleurer, même le masque blanc ne pouvait cacher sa terreur, son angoisse, ses larmes. Tout dégoulinait.
-Tes larmes sont tristement exquises...Enfin, j’imagine que j’ai ton attention, maintenant. Tu ne montre qu’une façade aux yeux des autres, cette beauté, cette douceur, cette gentillesse, cette élégance, cette intelligence. Que se passe t-il lorsque le masque tombe ?
-Par pitié...
-Tu es l’unique personne à savoir qui tu es, à savoir quel mal tu as fait.
-De quoi parlez vous...
-Oh tu ne le sais pas encore, mais tu sais très bien qui je suis.
-Non...laisse moi m’en aller...
-Hélas ! Tu seras à moi, rien qu'à moi. Moi je te promets que tu le seras.







« Modifié: 21 Octobre 2017 à 14:05:03 par Mephisto »

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Z
« Réponse #33 le: 21 Octobre 2017 à 17:28:22 »
            « Même le ciel fondra sous la chaleur de ton amour.   »

Qu'y a t-il donc de plus beau que l'amour ?  C’est avant tout un sentiment naturel, incontrôlable, qui naît sans avoir été conçu. Il offre à son géniteur des sensations, des émotions, des désirs qu'au delà de son espérance, ce dernier n'avait jamais été cherché. L'espérance est comme ce brave guerrier barbu, menant le bataille tel un condamné à mort dans sa dernière prière, luttant contre la déception et pour la rédemption. Non, je ne parle pas de la Liberté. Elle ne se manifeste que dans l'esprit de ceux qui sont aveugle. Personne n'est totalement libre, car si l'on ne bride pas la nature de l'homme, celle-ci dépasserait toutes les limites morales. L'amour réciproque est le seul vrai amour.  L'homme amoureux espère être aimé. La haine apporte l'amour. L'amour apporte la haine. Un cycle infini et scellé ? Non. Il y a ceux qui refusent la dure réalité. On peut faire naître l'amour là où il y a des cendres, d’un foyer détruit. Il ne s’éteint vraiment jamais, il suffit d’une étincelle pour qu’il brûle à nouveau. C'est un Phoenix.

   Pourquoi est-ce que l'on parle vous et moi, celui qui vous narre cette histoire? Ou plutôt, pourquoi suis-je le seul à parler, pourquoi m'écoutez vous ? Ais-je raison ? Après tout, personne ne détient la Vérité absolue, sinon, celui qui la détiendrait empilerait des milliards de cadavres pourrissant, déchiquetés par les vautours. Triste réalité, car à ce que je vois, vous avez peut-être déjà pleuré la mort d'innocents tués pour l'irrespect de cette « noble » croyance, douce croisade.

   Je vous parle, mais vous ne connaissez rien de moi. Qui suis-je ? Il n'y a pas de valeur à le savoir. Je suis celui qui vous raconte une histoire. Vous l’avez sans doute compris, j’ai horreur de me démasquer. L’anonymat est l’un de mes plus fidèles alliés maintenant. Appelez moi Z. Je suis un homme comme les autres, je dors, je respire, je baise, je mange. J’aime les tartines de beurre de cacahuète-Nutella, les pâtes carbonara, la raclette. Le fromage fondu sur la patate...c’est si bon. Ah ! Si seulement la vie ne se résumait qu’en un seul plat, je pourrais la qualifier de bonne ou mauvaise. Tout ceci serait alors bien plus facile. Oh et par dessus tout, je ne suis pas fou. Non, je ne le suis pas. Pas du tout. 
   La folie est en chacun de nous. Elle ne fait que modifier sa vraie nature pour s’accomoder à une société, franchir la douane que j’appelle « morale ». Suivez moi quelques moments dans ma folle réflexion ! Que feriez vous par amour, par refus de solitude ? Peut on blâmer un homme amoureux ? L’amour n’est elle pas la plus belle chose qui existe au monde ? Avons nous droit de briser toute limite pour cet idéal ? Bien sûr qu’on le peut. Nous ne pouvons vivre sans amour, qu’il soit familial, amical ou réellement sentimental. J’en ai assez dit pour le moment, revenons donc à notre histoire. J’avais laissé Juliette mariné dans sa cave pendant toute une nuit, j’espérais qu’elle me surprenne, que de la lucidité allait se dégager d’elle. Ah, mon plus grand défaut est d’avoir toujours été naîf, j’étais descendu la voir:
-Libère moi…me suppliait-elle
-On ne parle pas de liberté dans ma cave.
-Dis moi qui tu es...
-A quoi ça te servirais ? Tu n'iras nulle part.
-Qu’est ce que j’ai bien pu te faire, bon sang !
-La ferme et devine ! Objet de mon obsession, œuvre de mon plus beau sentiment ! Cherche sous ton masque, au plus profond et le morceau le plus nu de ton esprit. Celle que tu ne montres qu’à ceux que tu aimes.
-Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles...
-Fais donc un effort, Juliette. Je connais ton prénom, cela ne te dit rien ? Ne me déçois pas, tu ne peux m’oublier, pas moi, tu ne peux pas m’avoir oublier.
-Pardonne moi...mais je ne sais pas.
-Et ben tant pis pour toi. C'était ta dernière chance. Fis-je en préparant mon couteau
-NON ! Attends ! Je sais qui tu es !
-C’est trop tard.
-SI ! Tu es un homme avec qui j’étais très proche...
-Hmm, continue.
-Tu étais très doux et gentil avec moi. Tu avais beaucoup de charme…
-Cesse de me jouer du violon, tes accords sonne faux. Donne moi du concret ou tu es morte !
-Pitié ! Pitié !
   Je n’eût d’autre choix que de l’assommer. Quelle déception ! Même pas capable de se rappeler de moi, même avec la peur au ventre ! J’étais très très déçu. Je lui murmurais aux oreilles :
-Voilà où ça t'a conduit ! Tu te souviens des nuits qu'on a passé ensemble ? Des caresses, des câlins, de ce baiser torride ? Tu ne ressens donc rien pour moi, après tout ce temps ? Moi je n'y crois pas. Je sais que tu es amoureuse de moi. Et si tu ne l’es pas, je le ferais naître. Il prendra ses aîles des flammes du buchet et ne s’éteindra jamais. Même le ciel fondra sous la chaleur de ton amour. 

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
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Re : Z
« Réponse #34 le: 23 Octobre 2017 à 15:00:05 »

« Je suis ton ombre »

   Quelques jours s’étaient écoulés. Les journalistes crachaient déjà leur compassion larmoyante denvers la famille de la disparue et déclarèrent la chasse ouverte. Alerte enlèvement. Ce fut amusant de comparer l’homme recherché et le véritable coupable. Là, tranquillement assis dans mon canapé, je m’informais des éventuelles recherches, pendant la pub du match de Hockey de mon équipe préféré. Je suis l’un des rares occidentaux à apprécier ce sport. J’adorais voir des hommes s’entretuer pour un vulgaire palet, une si petite et infime chose. Je m’identifiais souvent aux joueurs, moi, armé de ma crosse et de mon palet, qui essaye parmi les obstacles de marquer un but. Plus clairement, si le palet était mes sentiments ; ma crosse était ma séduction et le but la fille de mes rêves...tout ceci prend bien son sens, je me trompe ?
   Le duo de journaliste racontait que Juliette avait été enlevé aux alentours de 21 heures, un Mardi. C’était une étudiante. Aucune de ses amies n’étaient au courant d’un éventuel conflit que Juliette aurait pu avoir avec quelqu’un ou quelque chose. La première piste fut ses proches, mais elle fut rapidement abandonnée. Alors, la police fouillait dans ses dossiers, à la recherche d’un psychopathe en liberté, fraîchement libéré après vingt ans passé derrière les barreaux. Tout frais payés sur le dos des contribuables, tandis que sa vingtaine de victime pourrissait sous cinq mètres de terre.    
   Tiens ! J’ai une histoire à vous raconter : Le loup et l’agneau. Le berger a le devoir de guider et protéger son bétail, lui interdire de gambader dans les zones interdites, de s’égarer dans la forêt. Lorsqu’il faillit à son devoir, le petit agneau, libre de tout, explore les limites des interdits et il finit mangé par le loup. Le loup s’empare de l’agneau, l’agneau devient loup. Vous voyez, les animaux sont l’image parfaite et explicite de la nature humaine. En l’occurrence, ce n’est pas en cherchant un psychopathe qu’ils retrouveront Juliette. Non, il faut chercher un agneau devenu loup.
   Après m’être informé, je me préparais une délicieuse et grasse assiette de pâte carbonara. J’y mettais toujours une pincée de sel, de poivre, du parmesan et je descendis nourrir la petite disparue qui dormait dans ma cave, enchaîné, à ma merci. Je caressais sa crinière pour la réveiller. La petite bête demeurait toujours nue et sa chair de poule trahissait une température cadavérique. Je fis la mou, m’emparais d’une couverture et la recouvrit. Ensuite, je m’assis sur un tabouret, et m’approcha d’elle :
-Tu es réveillée petit agneau? Je suppose que tu as faim.
-Pourquoi...fais tu tout ça ? Ces chaînes, cette cave...
-Tout ceci n’est qu’une métaphore.
-Qu’est ce que ça veut dire ?
-Tout comme toi, j’ai été attaché à toi, collé au mur, nourrit à l’amour et à l’espoir. Regarde, je me porte plutôt bien !
-Que veux tu dire ? Les pâtes ont un rapport avec l’amour ?
-Tu connais tes classiques non. La belle et le clochard ? Maintenant, mange.
-Aller, je t’en prie, détache…
-Ouvre la bouche.
-Qu..quoi ?
   Je plantais ma fourchette au plein coeur de l’assiette puis la fit manger. Malgré la peur qu’elle éprouvait pour moi, son regard ne quitta jamais l’assiette. Elle était à la fois empli de haine, d’incompréhension et de faim. Juliette était si belle. Je sentais qu’elle essayait de se remémorer qui était son ravisseur. A travers le souvenir que provoquait mes yeux à la fois menaçant et tendre. Elle n’y parvint pas. Pourquoi étais-je à la fois menaçant et attentionné ? Quel était mon but ?
-Si je te promets que je ne fuirais pas...tu me détacheras...au moins pour manger ?
-Tu es en sécurité ici, mieux que nulle part ailleurs !
-En sécurité… ?
-Là dehors, il y a des tonnes de malheurs qui peuvent arriver. C’est une façon comme une autre de veiller sur toi, tu ne crois pas ? Voyons, il vaut mieux que ce soit moi qui te fasses du mal plutôt qu’un autre. Tu me dois bien ça.
-Qui es tu ?
-Mes yeux ne te rappellent donc rien ? Fixe les bien, mémorise les bien ! Tu vas devoir les analyser  et vite ! Ce sera les seuls indices dont tu auras accès. Je veux que tu sois rempli de ce désir de les voir une dernière fois. Je veux que ton regard traduise cette envie de me connaître. Oh ! Plutôt de me reconnaître. Dans mes yeux, un jour, tu trouveras la réponse à qui je suis.
-Tu as de beaux yeux..
-Je m’en fous qu’ils soient beau, je veux que tu lise leur message, leur histoire, oh crois moi, mon agneau, qu’ils ont beaucoup de chose à te dire. Alors enfin tu comprendras. Pas facile, n’est ce pas ?  .Tu es guidée uniquement par ton désir sexuel, par le besoin de satiété, de nouveauté, de t’envoler. Malheureusement tu n’a jamais su attérir. Comme une putain de droguée, tu ne fais que monter en dose, monter en force, jusqu’à ne plus jamais ressentir la réalité. La réalité ! Tu veux que je te fasse un dessin ?
   Brusquemment, j’attrapais une feuille de papier sur le plan de travail qui se trouvait dans la cave, et j’y gribouillais quelque chose. Mon œuvre, mon agneau, ma source d’inspiration, mon chef d’oeuvre, le sens de ma vie paraissait confuse, déboussolée. Plus un seul mot ne sortait de sa bouche. Elle lisait dans mes yeux le fil de mon histoire. Je lui mit le dessin sous le nez.
   Je l’avais dessiné elle, sublimement, parfaitement je dois l’avouer. Je me souvenais avec précision les moindres courbes de son corps, le moindre grain de beauté. J’ai tant rêver de Juliette toute ma vie. Elle marchait dans une rue qu’elle devait sûrement reconnaître, seule avec son ombre. Une ombre qui n’était pas la sienne. L’ombre, c’était moi. Mon visage était collé au sien, nos yeux se touchaient presque. D’un ton glacial et à travers ma voix amplifiée par mon masque, j’ajoutais, :
 « Je suis ton ombre »









Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
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Re : Z
« Réponse #35 le: 24 Octobre 2017 à 19:47:36 »
« Tu n’a jamais réalisé à quel point tu étais belle. Je veux que tu compares ta laideur maquillée avec ta beauté naturelle. Alors tu comprendras à quel point tu es...délicieuse. »


On sonna à la porte. J’ouvrais délicatement l’oeuilleton et scrutais, à visage démasqué, l’intrus. Rien de bien important, ce fut simplement le facteur. Un colis pour moi, accompagné d’une de ses tablettes sophistiquées relié à un crayon tactile qui traçait un trait dégueulasse.
« Bonjour ! Voilà votre colis, je vais vous demander une signature juste ici s’il vous plait, il me tendait un crayon tactile
-Voilà, c’est pas facile !
-Ah vous savez la nouvelle technologie...c’est pas toujours au point !
-Je suis plutôt d’accord, bonne journée et merci ! »

   Mon sourire anodin, « normal », était l’une de mes plus belles facettes ! L’une de mes plus grandes farces, aussi. Le sourire, qu’est ce donc ? C’est un moyen de persuasion, de séduction, de manipulation, de dissimulation. Voyez par vous même, on peut cacher quelqu’un dans sa cave et passer inaperçu, rien qu’avec un rictus accueillant ! Pas un soupçon, tout cela était un jeu d’enfant. Une fois le facteur parti, je me retranchais dans ma cuisine où mijotait mes pancakes-sirop d’érable-chantilly, dont ma mère et ma grand-mère m’ont transmis le savoir faire et le secret de la recette. Quelle délicieuse odeur !
    Il devait être 9 heures du matin, et tous mes sens furent déjà en éveil, on aurait presque dit que j’oubliais pour une fois, la présence de Juliette. Elle demeurait le fruit de mon obsession, mon art, mon œuvre, mon désir. C’était un jour comme les autres, comme tous les autres matins de ma vie avant que je ne la rencontre. Ces matins là où je ne pensais pas à elle, où mon coeur, mon esprit, mon cerveau, mes gestes étaient calculées, dirigés ailleurs que vers et pour elle. Depuis le jour où mon coeur battait pour elle, j’oubliais presque la saveur de ces moments de solitude.
   Je n’avais aucune noirceur dans son coeur, je voulais son bonheur, je voulais qu’elle m’aime autant que je l’aime. J’étais un pacifiste attiré par la philosophie, l’art et l’humanité ! J’ avais consacré tout un été à du bénévolat, là où tout ce qu’il y avait de plus bon en moi se diffusait en tout ceux que j’aidais, avec l’aide de soupes chaudes ou des plats préparés. Le réconfort que j’offrais en valait vraiment la peine, mais j’avais besoin de plus. Je crois avoir toujours eu besoin de plus. Ce qui me manquait, ce qui me hantait jour et nuit : trouver la bonne personne, ne pas finir seul. Je voulais aimer. Alors, pour être aimé d’elle, je n’eus d’autre choix que de lui montrer l’étendu et l’infini amour que je lui portais. Sans limites, sans tenir compte des risques à prendre. Tout était bon à prendre, rien ne devait m’empêcher de l’aimer.
   Juliette gît là, dans ma cave. Je me suis donné beaucoup de mal pour elle. Je l’ai toujours aimé, depuis le jour où nous nous sommes rencontrés, ce fut un réel choc. Je ne m’en suis jamais remis et mon amour n’a cessé d’accroître. Je n’ai jamais été aussi heureux, et ce bonheur est l’unique chose à laquelle je tiens. Juliette m’aime, mais elle ne l’a jamais réalisé. Alors, elle a préféré m’écarter de sa vie. Oh ! Bien sûr que je lui faisais de l’effet et que nous étions si complice, si proche que nous avons finis ensemble dans le même lit. Evidemment ! J’étais trop amoureux, trop bon, trop con. Il suffisait de m’embrasser, de me calîner, et tout ce qu’on me demandera sera un plaisir pour moi. Je dirais surtout pour elle.
   Cet amour illimité est malsain. Or, c’est dans cette malsainité que je me sens vivant, que je sens mon coeur battre. Je suis né et j’ai étais fais pour Juliette. Tout ce qui est impliqué dans ma destinée, dans ce pourquoi j’existe n’est que le chemin que l’on a tracé et que je dois suivre. Ce que je ressens pour elle est pur, et j’ose demander à Dieu, lorsque je le verrais enfin, de me châtier pour le plus beau sentiment qu’il nous a donné. L’amour n’est jamais mauvais, l’amour échappe au mal, il trouve toujours cette faille parmi les griffes de la Bête. Là où il y a de l’amour, il y a de la vie. Ce que Dieu a voulu que l’on comprenne. La chance qui nous est offerte, au fond, est dirigé uniquement vers l’amour. Nous sommes aimé par notre créateur, et ce même sentiment se retrouve tout au long de notre existence. Je dirais même que l’on pourrait dépasser notre maître.
   J’ouvris mon colis, à l’intérieur : un coffret maquillage que j’avais commandé pour Juliette.  C’était un beau et cher coffret, d’une valeur assez. Pourquoi mettre un tel prix pour séduire ? Pour se sentir femme, se sentir belle aux yeux des autres ? Les femmes sont incompréhensibles, elle s’attache aux choses matérielles. Elles sont incapables de voir de mes propres yeux la vraie beauté. Elle est naturelle.
   Parfois, j’ai cette impression qu’on ne peut plaire sans subterfuge, sans se camoufler. Je dois vous dire que je fus perturbé par ce colis sortit de ma mémoire. Pourquoi lui avais-je acheté ? Ah ! Je crois que j’étais sous son emprise. L’emprise sournoise et maline des femmes.
    Je redescendais, laissais traîner le tabouret lentement vers Juliette avant de m’y assoir. Le visage masqué, je lui présenta le coffret sous le nez. Ce jour là, Juliette était une fois encore terrorisée, elle réussit à m’arracher un profond soupir:
-Libère moi, fit elle en sanglotant, arrête ça...pitié...je suis à bout...tue moi ou libère moi...
-Voyons Juliette, regarde ce que j’ai acheté pour toi, ça ne te fais pas plaisir ?
-Tu...qu...quoi ?
-Tu n’a jamais réalisé à quel point tu étais belle. Je veux que tu compares ta laideur maquillée avec ta beauté naturelle. Alors tu comprendras à quel point tu es...délicieuse. Maquille toi, fais le pour moi.
-Tu veux que je me maquille ?
-Si tu acceptes, tu auras le droit de profiter d’un peu de liberté.
-D’accord...je vais faire ça pour toi.

   Je tenais parole. Ses chaînes lui furent retiré et je lui laissais le temps de se maquiller. Je dois dire que j’eus beaucoup de mal à ne pas apprécier ses formes, qui jusque là, n’était pas la cible première de mon champ de vision. Elle n’opposait aucune résistance, elle tremblait, sans doute de froid et de peur. Elle y mettait tout son coeur, comme si c’était la dernière fois qu’on lui donnait le droit de se sentir réellement belle. Une fois qu’elle eût terminé, elle se présenta à moi, les yeux baissés, la chevelure toute ébouriffée. Elle avait oté son masque, Juliette s’étais mis du rouge à lèvre, du masquara, du fond de teint. Je lui donna un miroir. Elle se trouva laide.
   Comme je le craignais, elle tenta de s’échapper, toute la rage d’avoir été séquestrée, d’être ma victime avait été utilisé contre moi. Malheureusement pour elle, elle n’y parvint pas. Je n’eus d’autre choix que de lui faire du mal une seconde fois. Je lui administra un peu de repos forcé. Son maquillage après la bataille dégoulinait. Mon objectif était atteint.

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
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Re : Z
« Réponse #36 le: 11 Novembre 2017 à 14:39:43 »
Coucou.
Comme promis, j'ai lu ta nouvelle version.

Les points positifs :
Je trouve que ça se voit que le texte a été retravaillé, tu es beaucoup + au clair sur qui est le narrateur et à quels moments il s'adresse au lecteur.

Les points négatifs :
Il y a quelques fautes bien sûr mais ce n'est pas l'objet de ma relecture, je n'ai pas pris le temps de les relever une par une... Tu peux (si tu le souhaites) vérifier notamment les accords des verbes et des participes passés... Rien de bien sorcier, il te suffira de bien relire.

Sur le fond :
Tu avais dit que cette fois-ci tu prenais le parti pris d'un délire érotomaniaque... Ca ne colle pas. On retrouve ici au premier plan :
- la perversion du personnage (plaisir à faire mal),
- sa mégalomanie (il se place au-dessus des autres) parfois franchement déconnante (il qualifie son crime d'oeuvre d'art... il énonce des banalités sur l'amour avec le ton d'un philosophe qui a tout compris mieux que les autres...).
Ni l'une ni l'autre de ces caractéristiques n'appartient au domaine du délire érotomaniaque.
Tu sembles décrire un type auparavant irréprochable (bénévolat et compagnie... c'est vraiment too much) qui brusquement serait devenu un vrai psychopathe (car pour le coup le tableau se rapproche du psychopathe dans cette version-ci, je trouve). Ce n'est pas plausible sur le plan psychiatrique.
L'autre chose qui me gêne, c'est la gratuité du truc (encore et toujours !), par exemple ça ne sert vraiment à rien qu'elle soit toute nue, enchaînée contre un mur froid...

Enfin, j'ai lu le commentaire d'Aube et je suis on ne peut plus d'accord avec lui, avec ses remarques notamment sur le fétichisme du corps de la femme, la sexualisation et la culpabilisation qui suivent... La comparaison à un animal, le fait de dire qu'elle a des désirs insatiables (tout en la sexualisant un max) et que du coup elle fait mal aux hommes... etc etc... C'est un cliché vraiment grossier.

Au total je ne peux pas nier que le texte est plus construit, tu savais beaucoup mieux où tu allais... pour cette partie-ci, mais je ne suis pas sûre que tu aies une idée du dénouement de tout ça ? En tout cas, là tout de suite on n'a pas l'impression que ça puisse mener très loin. Et je pense que c'est difficile d'allonger sans cesse un texte, même si c'est un texte dans lequel tu as mis beaucoup d'attention, d'implication etc ; ce n'est pas possible de l'allonger sans cesse, si tu n'as pas une idée d'un vrai scénario derrière... Pour l'instant les 4 chapitres décrivent plus ou moins la même chose et on ne voit pas trop vers où on se dirige, la scène semble "figée".

Voilà j'espère que ce retour te sera utile malgré les critiques...
Je serais curieuse de te lire sur un autre sujet, car je n'ai rien contre ton style, juste contre le "noyau" de l'histoire consistant en la torture (sexuelle, physique et psychique) d'une fille vue du point de vue de l'agresseur.
~ Ari ~

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Z
« Réponse #37 le: 27 Novembre 2017 à 11:29:18 »
Merci pour ton retour et je prends note de tes critiques. Si tu souhaites me lire sur un autre sujet, je te conseille Ascendance, qui est une oeuvre fantastique bien loin de tout ça. Une histoire de guerre raciale agrémenté d'une histoire d'amour. Tu peux nottament me lire ici https://www.wattpad.com/story/82463110-ascendance-tome-1-la-r%C3%A9surrection-d%27anek
Si mon style te plaît, bien entendu, je pense que l'histoire te plaîra. Elle est loin de ce délire psychologique, ne t'en fais pas

 


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