Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

21 Juillet 2026 à 05:39:09
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Z

Auteur Sujet: Z  (Lu 5767 fois)

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
  • Messages: 31
Z
« le: 08 Septembre 2017 à 19:06:16 »
(Bon, je vous avoue, j'avais écrit ça à la suite d'une rupture amoureuse xD, je n'ai jamais vraiment poursuivit le truc mais bon, j'aimerais avoir quelques ressentis, quelques petits avis, voir si l'aspect glauque/bizarre ressort bien ou non !)
MAJ réécriture (chapitre 1 dispo)

«Mon œuvre s'ouvre enfin  »



-Somptueuse...élégante...extravagante. Mon œuvre s'ouvre enfin.

   Il n'y avait qu'une lumière grésillante dans cette cave miteuse et souillée d'excréments de rats. Elle vacillait de tout côté lorsque celle-ci, esclave de son propriétaire, recevait ses coups. Elle éclairait ce qu'on appellerait une femme enchaînée contre un mur froid, sans âme et sans chaleur. Rien qu'un mur aussi rassurant que l'unique compagnie humaine aux mains gantées et au visage partiellement masqué. Le regard est soi-disant le reflet de l'âme, qu'on y trouve cette infime particule au plus profond des prunelles. Alors, le masque ne dévoile que l'amertume. Un homme assis sur un tabouret fixait la jeune femme encore endormie. De ses yeux bleus émanait un étrange désir. Pour patienter, l'homme passa du temps sur Facebook, à liker les photos de profils de ses amies féminines, inaccessibles et cruelles, maquillées par l'amour. Ce faux bonheur dessiné par un sourire ignorant, aux côtés de leurs mecs au visage éteint dans le cendrier du mensonge et de la vantardise.
   Jamais la flèche de Cupidon n’atteignait cet homme, jamais il ne trouvait chaussure à son pied. Rien qu’un masque. Nous portons tous un masque. Nous masquons ce qui ne peut être révélé, les facettes reniées de nos personnalités imparfaites. Nous avons peur d’être démasqué, d’être mis à nu, d’etre trahis par nos pupilles exposées au grand jour. Et si je vous disais que l'amour le trompait, le manipulait et le ramenait toujours à la même position : la souffrance. Qu'avait-il de si repoussant ? Qu'avait-il de moins que les autres ? C'était une question à laquelle seul le destin, le foutu destin, avait une réponse. Mais pendant qu'il défilait son fil d'actualité, il reçu un appel son vieil ami Geoffrey, qui lui disait :

« -Yo mec ! Tu fais quoi ce soir ?
-Plan Q.
-Putain mec, tu vas arrêter de sauter tout ce qui bouge ?
-Faut bien suivre le mouvement.
-Toi qui disais que la baise était aussi distrayante qu'un candidat de télé-réalité...
-Statistiquement, il y a plus de chance de tomber sur la bonne en en baisant une centaine qu'en attendant qu'elle ramène son petit cul dans ta vie.
-Ça se tiens. »

   Ayant écourté la discussion, coupé par le bruit des chaînes provoqué par les spasmes de sa victime. Une chienne plongée dans ses rêves. L’homme releva la tête, puis, jugea bon de patienter encore un peu. Il fit un tour sur tous les sites de rencontres présents sur son smartphone et offrit des cœurs a toute celle qu'il jugeait à son goût. Évidemment, aucune ne souhaitait offrir le leur. Comme d'habitude. Ce fut seulement après quelques minutes que la victime se réveilla enfin, les yeux directement plongés dans ceux du ravisseur :

-Qui...qui êtes vous ?
-Le père Noêl. Il est arrivé une couille à mon traîneau.
-Que….quoi ?
-Fausse manip', continua t-il tandis que son couteau piquait son pouce, ça a fait boum quand votre tacot et le mien se sont rencontrés. Du coup pour éviter les problèmes, je t'ai rammené ici.
-De… mais...mais…,en hurlant elle ajouta, qu’est ce que tu m’as fait ?
-Oh, rien du tout. Ce ne sont que des chaînes et une cave. Tu ne te souviens pas avoir signé pour 50 nuances plus caverneuse ?
-Mon dieu...a l’aide ! Au secours ! Cria t-elle
-Ferme ta gueule !
-Pitié ! Ne me fais pas de mal je t’en supplie ! Pitié !
   L'homme rangea son smartphone et se leva de son tabouret, allant chercher un masque sur une table Ikéa au nom imprononçable. Parce qu'il jugeait bon d’impressionner sa victime avec quelques tours de passe-passe appris par ses confrères youtubeurs, celui-ci fit tournoyer son couteau autour de sa main droite, et, en se rasseyant brusquement devant sa victime, il apposa le masque sur la tête de la victime :

-Dis moi, c’est que tu es très mignonne avec ce masque !
-Je t’en supplie...libère moi...
-Ce masque te vas à merveille, oh ! Tu sais, tu aurais dû penser à l’ajouter à ta tenue quotidienne.
-Ne me viole pas...pitié….
-Te violer ? Il jongla avec son couteau, cela n’aurait aucun sens. Tu es mon œuvre, ma création, le résultat d’un long processus interne qui atteint maturation. Voyons, je ne veux pas souiller un tel travail. Tu m’appartiens, tu es à moi. En revanche, si tu cries, je n’aurais d’autre choix que de te faire crier un peu plus.
-Pourquoi...pourquoi moi...
-Il n'y a rien de plus beau que toi dans ce monde. Ces petites poignées d'amour...fit-il en parcourant le corps de la femme de la pointe de son couteau tel un peintre avec son pinceau, ces hanches bien dessinées...
-Je t’en supplie...je t’en prie...
-Tu sais que tu as ce don de toujours bien porter les masques ? Comme si, d’une manière ou d’une autre, tu adorais tromper le monde. Tu es fascinante, Juliette. Fas-ci-nante. Je ne regrette pas de t’avoir choisi. 
   Juliette se mit à pleurer, même le masque blanc ne pouvait cacher sa terreur, son angoisse, ses larmes. Tout dégoulinait.
-Tes larmes sont tristement exquises...Enfin, j’imagine que j’ai ton attention, maintenant. Tu ne montre qu’une façade aux yeux des autres, cette beauté, cette douceur, cette gentillesse, cette élégance, cette intelligence. Que se passe t-il lorsque le masque tombe ?
-Par pitié...
-Tu es l’unique personne à savoir qui tu es, à savoir quel mal tu as fait.
-De quoi parlez vous...
-Oh tu ne le sais pas encore, mais tu sais très bien qui je suis.
-Non...laisse moi m’en aller...
-Hélas ! Tu seras à moi, rien qu'à moi. Moi je te promets que tu le seras.














                                                                   « Trop tard est encore tôt. »


Qu'y a t-il donc de plus beau que l'amour ? Je vous mets au défi de me contredire. L'amour est un sentiment naturel, incontrôlable, qui naît sans avoir été conçu. Il offre à son géniteur des sensations, des émotions, des désirs qu'au delà de son espérance, ce dernier n'avait jamais été cherché. L'espérance est comme ce brave guerrier barbu, menant le bataille tel un condamné à mort dans sa dernière prière, luttant contre la déception et pour la rédemption. Non, je ne parle pas de la Liberté. Elle ne se manifeste que dans l'esprit de ceux qui sont aveugle. Personne n'est totalement libre, car si l'on ne bride pas la nature de l'homme, celle-ci dépasserait toutes les limites morales. L'amour réciproque est le seul vrai amour.  L'homme amoureux espère être aimé. La haine apporte l'amour. L'amour apporte la haine. Un cycle infini et scellé ? Non. Il y a ceux qui refusent la dure réalité. On peut faire naître l'amour là où il y a des cendres. Je dirais que c'est un Phoenix.

   Pourquoi est-ce que l'on parle vous et moi ? Ou plutôt, pourquoi suis-je le seul à parler, pourquoi m'écoutez vous ? Ais-je raison ? Personne ne détient la Vérité absolue, ou alors, il y aurait des milliards de cadavres pourrissant en attendant que les vautours leur ôtent la vie. Triste réalité, car à ce que je vois, vous avez déjà pleuré la mort d'innocents tués pour l'irrespect de cette même vérité.

   Je vous parle, mais vous ne connaissez rien de moi. Vous ne connaissez rien de lui. Qui était donc ce psychopathe ? Qui suis-je ? Il n'y a pas de valeur à le savoir. La folie est en chacun de nous. Que feriez vous par amour, par refus de solitude ? Peut on blâmer un homme amoureux ? Trop de questions, trop de flou dans vos esprits. Ce flou n'est qu'une parcelle des émotions de la victime: une bousculade de questions comme une star affublée d'une multitude de photos, rapide, irritante et indigeste. Oui, les photos ne se mangent pas. Dans le cas inverse, il y en aurait des obèses. Mélangez cela à de la peur, cette hallucination du coin de l'oeil qui guette votre dernier soupir. Une faucheuse ? Voyons, tout ceci n'est que du folklore ! N'empêche que la mort n'est jamais loin.

-Libère moi…
-On a dit quoi ? On ne parle pas de liberté dans ma cave.
-Je veux au moins savoir à qui je parle..,
-A quoi ça te servira ? Tu n'iras nulle part.
-Je t'ai fait du mal ?
-Devine. Dans les dizaines de mecs à qui tu a le brisé le coeur. Lequel d'entre eux souhaiterait te le faire payer ?
-Jack...Paul...Jordan...Miguel...Francis ?
-T'a couché avec un habitué du PMU ?
-Ce n'était qu'un coup d'un soir. Du coup...je sais pas.
-Et ben tant pis pour toi. C'était ta dernière chance.
-NON ! ATTENDS ! JE VOIS QUI TU ES !
-Trop tard.
-SI ! Tu es le brun ténébreux avec qui j'étais si proche..
-Hmm, continue.
-T'étais doux, gentil avec moi. T'avais beaucoup de charme mais…
-Mais quoi?
-Je n'éprouvais rien pour toi...dans mon couple, j'étais perdue. Je ne savais plus si je l'aimais encore ou plus du tout.
-Ahaha ! Voilà où ça t'a conduit ! Tu te souviens des nuits qu'on a passé ensemble ? Des caresses, des câlins, de ce baiser torride ? Et après tu viens me dire que tu veux que ça s'arrête, que tu ne ressens rien pour moi ? Moi je n'y crois pas. Je sais que tu es amoureuse de moi, mais par je sais quel code moral à la con, tu continues de baiser avec ce mec. Lui ne t'aurais jamais attendu autant que moi. Lui ne t'aimes que parce que tu baises bien. Lorsqu'il ne t'auras plus, une autre fille te remplaçera.
-Il était là avant toi. Tu es entré dans ma vie...tu es arrivé trop tard.
-Trop tard est encore tôt.

                                                                                            « Je suis ton ombre »

   Quelques jours s’étaient écoulés. Les journalistes crachaient déjà leur compassion hypocrite envers la famille de la disparue et déclarèrent la chasse ouverte. Alerte enlèvement. Ce fut amusant de comparer l’homme recherché et le véritable coupable. Là, tranquillement assis dans son canapé, ce dernier souhaitait simplement s’informer pendant le premier quart temps du match de Hockey de son équipe préféré. L’un des rares occidentaux à apprécier ce sport. Il aimait voir des hommes s’entretuer pour un vulgaire palet, une si petite et infime chose. Il s’identifiait souvent aux joueurs, lui, armé de sa crosse et de son palet, qui essaye parmi les obstacles de marquer un but. Plus clairement, si le palet était ses sentiments, sa crosse sa séduction et le but la fille de ses rêves...tout ceci prend bien son sens, je me trompe ?
   Le duo de journaliste racontait que Juliette avait été enlevé aux alentours de 21 heures, un Mardi. C’était une étudiante. Aucune de ses amies n’étaient au courant d’un éventuel conflit que Juliette aurait pu avoir avec quelqu’un ou quelque chose. La première piste fut ses proches, mais elle fut rapidement abandonnée. Alors, la police fouillait dans ses dossiers, à la recherche d’un psychopathe en liberté, fraîchement libéré après vingt ans passé derrière les barreaux, tout frais payés, tandis que sa vingtaine de victime pourrit sous cinq mètres de terre.    
   Le loup et l’agneau, la fable du psychopathe, laissez moi vous la conter. Le berger a le devoir de guider et protéger son bétail, lui interdire de gambader dans les zones interdites, de s’égarer dans la forêt. Lorsqu’il faillit à son devoir, le petit agneau, libre de tout, explore les limites des interdites. Il finit mangé par le loup. Le loup s’empare de l’agneau, l’agneau devient loup. Vous voyez, les animaux sont l’image parfaite et explicite de la nature humaine. En l’occurrence, ce n’est pas un psychopathe que nous recherchons ici.
   Après s’être informé, l’homme que je vais appeler Z, prépare une assiette de pâte carbonara. Il y met une pincée de sel, de poivre, du parmesan, et descends nourrir le petit agneau qui dort dans sa cave, enchaîné, à sa merci. Tombée de fatigue, l’homme caressa ses cheveux et la réveilla, tendrement. Elle demeurait toujours nue et sa chair de poule ne la trahissait pas. Z fit la mou, s’empara d’une couverture et la recouvrit. Ensuite, il s’assit sur un tabouret, et s’approcha d’elle
-Tu es réveillée ? Je suppose que tu as faim.
-Détache moi...cela fait des jours que je suis ici, attachée.
-Tout ceci n’est qu’une métaphore.
-Que veux tu dire ?
-Tout comme toi, j’ai été attaché à toi, collé au mur, nourrit à l’amour et à l’espoir. Regarde, je me porte plutôt bien !
-Les pâtes sont un symbole d’amour ?
-Tu connais tes classiques non. La belle et le clochard ? Maintenant, mange.
-Détache moi simplement…
-Ouvre la bouche.
-Qu..quoi ?
   Z planta sa fourchette au milieu de l’assiette, entoura les pattes autour puis la fit manger. Malgré la peur qu’elle éprouvait pour lui, son regard fut rivé sur lui, empli à la fois de haine, d’incompréhension et...d’attirance. Elle essayait de se remémorer qui était son ravisseur, à travers le souvenir que provoquait ses yeux à la fois démoniaque et apaisant. Elle n’y parvint pas. Pourquoi était il à la fois si menaçant et à la fois attentionné ? Quel était son but ?
-Si je te promets que je ne te fuierais pas...tu me détacheras ?
-Encore faudrait il que j’ai confiance en toi, et c’est loin d’arriver.
-Pourquoi tu me dis pas qui t’es ?
-Mes yeux ne te rappellent donc rien ? C’est la seule et dernière chose que tu verras dans ce monde, ce regard, la seule chose que tu trouveras à ton goût, tout comme l’amour que je t’ai porté. Tu seras rempli de ce désir que ta question ait une réponse. Tu n’auras plus que ça en tête et rien d’autre. Dans mes yeux, un jour, tu trouveras la réponse. Et mes yeux seront alors ton unique but au monde.
-Tu as de beaux yeux..
-Je m’en fous qu’ils soient beau, je veux que tu lise leur message, leur histoire, depuis le jour où tu les a observé jusqu’à celui où tu les a fait pleurer. Alors tu comprendras. Pas facile, n’est ce pas ? Les hommes ne sont pour toi qu’une barre de chocolat, qu’on ouvre, qu’on dévore, et qu’on jette à la poubelle. Tu es guidée par ton sexe, par le besoin de satiété, de nouveauté, de t’envoler. Or, tu n’a jamais sû attérir, comme un drogué, tu ne fais que monter en dose, monter en force, jusqu’à ne plus jamais ressentir la réalité. La réalité ? Tu veux que je te fasse un dessin ?
   Brusquemment, Z attrapa une feuille de papier sur le plan de travail qui se trouvait dans la cave, et y gribouilla quelque chose. Sa victime, confuse, déboussolée, ne dit plus un mot. Qui était donc cet homme qui avait percé au plus profond de son égo ? Z lui mit le dessin sous le nez.
   Il l’avait dessiné elle, sublimement, parfaitement, comme s’il se souvenait exactement des moindres courbes de son corps, comme s’il en avait rêver toute sa vie. Elle semblait marcher dans la rue, seule avec son ombre. Une ombre qui n’était pas la sienne. L’ombre, c’était lui. D’un ton glacial, il ajouta :
 « Je suis ton ombre »









« Modifié: 21 Octobre 2017 à 14:38:32 par Mephisto »

Hors ligne lechapelier

  • Plumelette
  • Messages: 16
Re : Sociopathe
« Réponse #1 le: 08 Septembre 2017 à 20:42:43 »
une approche assez intéressante par contre je doute que sociopathe soit le terme juste pour décrire ses actions mais je peux me tromper...
Le karambit est un très bon choix! J'approuve énormément.
J'aime bien la manière d'écrire il n'y a pas d'artifice c'est assez brut et j'aime ça. De plus ce texte correspond bien à la série des textes courts, il n'y a pas de suite à écrire ou en tout cas je n'en attends pas.
Brefun bon texte et je trouve ça très intéressant merci pour ce texte!

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Sociopathe
« Réponse #2 le: 09 Septembre 2017 à 13:34:29 »
Merci d'avoir lu ! Je comptais peut être poursuivre et approfondir un peu plus l'histoire mais vu qu'elle a été écrite sur un coup de tête, j'ai pas vraiment réfléchi à quelque chose de plus concret xD

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Sociopathe
« Réponse #3 le: 17 Septembre 2017 à 15:07:27 »
a célébrité ? Je te l'offre dans la mort. »

Qu'y a t-il donc de plus beau que l'amour ? Je vous mets au défi de me contredire. L'amour est un sentiment naturel, incontrôlable, qui naît sans avoir été conçu. Il offre à son géniteur des sensations, des émotions, des désirs qu'au delà de son espérance, ce dernier n'avait jamais été cherché. L'espérance est comme ce brave guerrier barbu, menant le bataille tel un condamné à mort dans sa dernière prière, luttant contre la déception et pour la rédemption. Non, je ne parle pas de la Liberté. Elle ne se manifeste que dans l'esprit de ceux qui sont aveugle. Personne n'est totalement libre, car si l'on ne bride pas la nature de l'homme, celle-ci dépasserait toutes les limites morales. L'amour réciproque est le seul vrai amour.  L'homme amoureux espère être aimé. La haine apporte l'amour. L'amour apporte la haine. Un cycle infini et scellé ? Non. Il y a ceux qui refusent la dure réalité. On peut faire naître l'amour là où il y a des cendres. Je dirais que c'est un Phoenix.

   Pourquoi est-ce que l'on parle vous et moi ? Ou plutôt, pourquoi suis-je le seul à parler, pourquoi m'écoutez vous ? Ais-je raison ? Personne ne détient la Vérité absolue, ou alors, il y aurait des milliards de cadavres pourrissant en attendant que les vautours leur ôtent la vie. Triste réalité, car à ce que je vois, vous avez déjà pleuré la mort d'innocents tués pour l'irrespect de cette même vérité.

   Je vous parle, mais vous ne connaissez rien de moi. Vous ne connaissez rien de lui. Qui était donc ce psychopathe ? Qui suis-je ? Il n'y a pas de valeur à le savoir. La folie est en chacun de nous. Que feriez vous par amour, par refus de solitude ? Peut on blâmer un homme amoureux ? Trop de questions, trop de flou dans vos esprits. Ce flou n'est qu'une parcelle des émotions de la victime: une bousculade de questions comme une star affublée d'une multitude de photos, rapide, irritante et indigeste. Oui, les photos ne se mangent pas. Dans le cas inverse, il y en aurait des obèses. Mélangez cela à de la peur, cette hallucination du coin de l'oeil qui guette votre dernier soupir. Une faucheuse ? Voyons, tout ceci n'est que du folklore ! N'empêche que la mort n'est jamais loin.

-Libère moi…
-On a dit quoi ? On ne parle pas de liberté dans ma cave.
-Je veux au moins savoir à qui je parle..,
-A quoi ça te servira ? Tu n'iras nulle part.
-Je t'ai fait du mal ?
-Devine. Dans les dizaines de mecs à qui tu a le brisé le coeur. Lequel d'entre eux souhaiterait te le faire payer ?
-Jack...Paul...Jordan...Miguel...Francis ?
-T'a couché avec un habitué du PMU ?
-Ce n'était qu'un coup d'un soir. Du coup...je sais pas.
-Et ben tant pis pour toi. C'était ta dernière chance.
-NON ! ATTENDS ! JE VOIS QUI TU ES !
-Trop tard.
-SI ! Tu es le brun ténébreux avec qui j'étais si proche..
-Hmm, continue.
-T'étais doux, gentil avec moi. T'avais beaucoup de charme mais…
-Mais quoi?
-Je n'éprouvais rien pour toi...dans mon couple, j'étais perdue. Je ne savais plus si je l'aimais encore ou plus du tout.
-Ahaha ! Voilà où ça t'a conduit ! Tu te souviens des nuits qu'on a passé ensemble ? Des caresses, des câlins, de ce baiser torride ? Et après tu viens me dire que tu veux que ça s'arrête, que tu ne ressens rien pour moi ? Moi je n'y crois pas. Je sais que tu es amoureuse de moi, mais par je sais quel code moral à la con, tu continues de baiser avec ce mec. Lui ne t'aurais jamais attendu autant que moi. Lui ne t'aimes que parce que tu baises bien. Lorsqu'il ne t'auras plus, une autre fille te remplaçera.
-Il était là avant toi. Tu es entré dans ma vie...tu es arrivé trop tard.
-Non, je suis arrivé au bon moment. Ton rêve était de devenir célèbre non ?
-Oui…
-Alors la célébrité, je te l'offrirais dans la mort.
 

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 566
Re : Sociopathe
« Réponse #4 le: 17 Septembre 2017 à 17:43:47 »
Bonjour Mephisto

D'un point de vue psychiatrique, je qualifierais + ce charmant monsieur de paranoïaque que de psychopathe. Si tu veux, tu peux lire des choses sur le délire érotomaniaque (c'est un des types de délires des paranoïaques). De fait, le personnage masculin semble s'être attaché aux moindres détails qu'il interprétait comme des preuves irréfutables d'amour ; il a développé une passion extrême pour la jeune femme ; puis une haine extrême. Il y a de beaux scénarios qui ont été construits sur les délires érotomaniaques ; ton texte a ceci de particulier qu'on arrive d'emblée dans le dénouement.

Sur la forme, je n'ai rien de particulier à redire sur ce texte, il y a quelques belles formules et le ton brut sonne juste par moments. Sur le fond par contre, je trouve qu'on ne saisit pas assez bien quel est le but de l'auteur, quel est l'intérêt de tout ça (cela dit c'est peut-être juste une forme de défouloir, mais dans ce cas c'est qqch qui perd beaucoup d'intérêt à mes yeux). Désolée pour le côté négatif de mon commentaire... Tu abordes un sujet particulier, qui peut déranger. Parce que pour l'instant, ça fait très "viol punitif". Je trouve que ça se sent que tu ne sais pas vraiment ce que tu veux en faire. Après, ce n'est que mon avis... Je n'ai jamais été fan du gore pour le gore, de l'horreur pour l'horreur, la haine pour la haine... Je préfère quand il y a qqch derrière, un rebondissement particulier, un message, un sens à donner (pas forcément dans le sens moralisateur du terme mais pour que qqch se construise à travers l'histoire qui est racontée).
~ Ari ~

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Sociopathe
« Réponse #5 le: 20 Septembre 2017 à 13:27:23 »
Ca a été écrit sur un coup de tête, comme dit plus haut, je ne comptais pas en faire quelque chose de concret, mais pourquoi pas un de ces quatre, le retravailler ! Merci pour ton commentaire en tout cas, je prends note ! En prenant du recul, oui, je suis d'accord avec toi, il manque un fond, parce que c'était juste l'expression d'un sentiment de haine quand je l'écrivais, j'voulais expulser quelque chose quoi ^^

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 566
Re : Sociopathe
« Réponse #6 le: 20 Septembre 2017 à 14:36:55 »
Citer
c'était juste l'expression d'un sentiment de haine quand je l'écrivais, j'voulais expulser quelque chose quoi
C'est ce que j'avais perçu. Ce n'est pas du tout blâmable en soi et l'écriture est géniale pour exorciser les émotions. Mais je trouve qu'un texte destiné à des lecteurs doit avoir d'autres intérêts que la haine. Merci pour ta réponse :)
~ Ari ~

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Sociopathe
« Réponse #7 le: 21 Septembre 2017 à 18:08:30 »
Je n'ai pas destiné cet écrit à de la haine pur et dur mais à une certaine façon de voir les choses, enfin mon but n'est pas d'inciter à la haine mais de comprendre que le sentiment amoureux et l'amour peut faire mal :) et que certaines personnes peuvent dépasser les limites :)

Soulyne

  • Invité
Re : Sociopathe
« Réponse #8 le: 21 Septembre 2017 à 18:57:31 »
Je suis d'accord avec ce qui a été dit au-dessus, le titre "sociopathe" ne colle pas vraiment avec la pathologie que semble avoir développé  ton narrateur. Il s'agit bien d'érotomanie.

Niveau psychologique, tu as bien su rendre le trouble de cet homme et ce, de manière crescendo. On arrive à un point culminant de perversité et de folie en fin de texte. De même, on réalise clairement qu'il a un problème et l'on ressent fortement le danger de la situation, la détresse de la victime qui se retrouve en fait face à un mur qui ne l'entend pas.

Je dirais un peu comme Ariane plus haut, que l'on a du mal à comprendre les tenants et les aboutissants de ton texte. As-tu seulement voulu décrire une scène de violence entre cet homme malade et cette femme ? Si c'était le cas, la gratuité de la chose me paraîtrait un peu gênante. Quoi que l'on puisse écrire sur des sujets multiples et variés, parfois dérangeants.

Donc ma question est : dans quelle perspective narrative racontes-tu cet évènement dans toute sa crudité ?

Soulyne

  • Invité
Re : Sociopathe
« Réponse #9 le: 21 Septembre 2017 à 18:59:50 »
Pardon, je n'avais pas lu la réponse que tu as formulé à Ariane.

Peut-on réellement parler d'amour ici ? Cet homme est-il réellement amoureux de cette femme ? Ne serait-ce pas plutôt un désordre mental plutôt que de l'amour qui le pousse à agir de la sorte ? Peut-on raisonnablement penser qu'un homme amoureux pourrait agir ainsi et parler ainsi à une femme qu'il aime ? J'en doute.

Hors ligne katell

  • Tabellion
  • Messages: 28
Re : Sociopathe
« Réponse #10 le: 21 Septembre 2017 à 19:26:35 »
Hello,

Je reviens sur les commentaires précédents, je sais pas si ce mec est psychopathe, on ressent vachement le fait qu'il a peur de se retrouver seul, qu'il cherche à tout prix à nouer des liens pour ne pas rester seul, c'est pas vraiment un comportement de psychopathe. A la fin il veut que la nana lui appartienne, la forcer à l'aimer limite, ca fait pervers narcissique je trouve, ce mec à une blessure narcissique certaine. C'est limite touchant, il a besoin d'amour et ne sait plus quoi faire pour se sentir aimer, allant jusqu'à passer à l'acte, mais du mauvais côté de la barrière.

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Sociopathe
« Réponse #11 le: 22 Septembre 2017 à 16:46:35 »
Katell tu as compris, c'est exactement ça. Il est désespéré d'avoir aimé et de la "perdre". Il veut aimer au plus profond de lui et cette fille est la seule qui compte pour lui.

Non, ce texte n'est pas dans un but de divulger de la haine gratuite mais de faire réfléchir. Aimer est un sentiment fort qui peut blesser et changer une personne du tout au tout.

En tout cas je vous remercie à tous de l'avoir lu et je le retravaillerais/poursuivrais peut être un jour :)

@Soulyne Yep, erreur de ma part, c'est un trouble obsessionel compulsif (T.O.C). Son but n'est pas réellement de lui faire du mal même si le texte le laisse paraitre, il veut lui faire comprendre qu'elle lui appartient désormais, parce qu'il l'a aimé et que même si elle l'a "trompé/manipulé", jamais il n'en aimera une autre, et il est prêts à tout pour la garder. 
Erotonomie est autre chose pour moi, c'est être convaincu d'aimer et d'être aimé en retour. Lui ne l'est pas réellement puisqu'il veut la "forcer" à l'aimer.
« Modifié: 22 Septembre 2017 à 16:51:34 par Mephisto »

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 566
Re : Sociopathe
« Réponse #12 le: 22 Septembre 2017 à 18:22:35 »
Coucou.
En fait je suis psychiatre (pour de vrai) et je t'assure que ce n'est définitivement pas un TOC. Un TOC porterait sur des idées dont le patient reconnait le caractère stupide ou excessif (par exemple peur des germes) suivies d'une compulsion d'exécuter un rituel (par exemple se laver les mains pour la 150ème fois de la journée).
Ici ça ressemble plus à la phase finale d'un délire érotomaniaque, après la phase de désillusion. Ce qui ne veut pas dire que l'auteur (car ça semble d'inspiration autobiographique ? concernant la forte déception amoureuse) est parano, ou se faisait des films avec la jeune femme, bien au contraire. Mais dans ta fiction, tu pousses à l'extrême ce que peut donner l'espoir puis cette douleur de la déception amoureuse. C'est qqch de fréquent et d'intéressant d'explorer en fiction ce qu'un ou des sentiment(s) peut donner en le poussant à l'extrême. Du coup là où la réalité se rapproche de sentiments malheureusement fréquents, la fiction s'approche de la folie. Mais cette folie serait bel et bien le délire érotomaniaque avec initialement une phase de doute, puis une phrase d'illusions, et enfin une phase de désillusion extrêmement violente qui peut pousser au suicide ou au meurtre (ou de "la forcer à l'aimer", ce qui tu l'avoueras n'est pas non plus topissime !!).
« Modifié: 22 Septembre 2017 à 18:24:56 par Ariane »
~ Ari ~

Hors ligne Mephisto

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Sociopathe
« Réponse #13 le: 22 Septembre 2017 à 18:53:32 »
Merci pour l'éclaircissement ! En ce qui me concerne en tant qu'auteur, j'ai juste cherché au plus profond de moi ce que je pouvais sortir, à la suite d'une rupture, de plus noir. Et c'est ce qui en est sorti. Je souhaitais expulser ça, mais je ne souffre d'aucun trouble psychologique dû à une déception amoureuse, je te rassure. Je suis même resté ami avec cette personne :)




Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 566
Re : Sociopathe
« Réponse #14 le: 22 Septembre 2017 à 18:58:20 »
Je sais bien, c'est pour ça que j'insistais sur le fait que même si on tient tant à diagnostiquer le personnage, ce n'est que l'effet d'amplification de la fiction qui fait qu'on frise la folie ; à la base on sent bien que les sentiments sont authentiques et d'un autre ordre.
"Faire ressortir ce qu'il y a de plus noir", pour le coup c'est réussi, et ça peut être top comme exutoire ; mais quand on aborde des thèmes comme ça, c'est vrai que ça dérange qu'il n'y ait pas + de fond. Mais aucun souci si ton but était le simple exutoire. En tout cas pour ce qui est de l'écriture, l'ambiance était très bien retranscrite ; il manquait juste le fond.
~ Ari ~

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.019 secondes avec 22 requêtes.