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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Revers de la plume] Alouette

Auteur Sujet: [Revers de la plume] Alouette  (Lu 3242 fois)

Anlor

  • Invité
[Revers de la plume] Alouette
« le: 02 Janvier 2008 à 00:05:27 »
Après mon franc succès en poésie, je vous présente la première partie du premier chapitre d'un roman qui jusqu'à présent n'a jamais eu -par écrit- qu'un chapitre.
C'est assez glauque, mais le reste devait être dans une tonalité plus légère... Peut-être que si j'ai le courage de les écrire, je mettrai d'autre extrait de cette histoire qui se ballade gentiment dans le grand vide de ma boite cranienne depuis quelques années maintenant!

Donc voila, je voudrais juste avoir votre avis, et des conseil pour améliorer ce texte parce que je ne suis jamais satisfaite de ce que j'écris -c'est vrai c'est compliqué les mots, il faut toujours trouver le moyen de se dépatouiller avec, et eux ils font que se patouiller, enfin, surtout les miens... :(-


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Alouette, gentille alouette…

Elle battit des paupières. Tout était flou à travers ses yeux embués et pourtant… Pourtant elle se contentait de cette vision, elle ne voulait pas revoir ces lieux sinistres, elle les connaissait déjà trop. Trop pour savoir que ce n'était pas un songe, et que personne ne viendrait la délivrer d'un sommeil agité. Elle gémit, une fois de plus. L'humidité du souterrain la pénétrait et engourdissait chacun de ses membres. Repoussant le sol de ses mains, elle tenta de se redresser. A cet acte, tout son corps se tendit et lui sembla ne plus être qu'une grande plaie. Sous l'effort, elle serra les dents et déglutit. Un goût de sang lui emplit la gorge. Elle s'appuya sur ses coudes écorchés et resta ainsi pendant quelques minutes en essayant de reprendre son souffle. Sa respiration était sifflante. Elle essaya de bouger ses ailes. La droite était paralysée. La gauche se souleva sans opposer de résistance à l'air, la fée en conclut qu'elle était déchirée. Elle essaya alors de s'asseoir sur ses genoux. Le contacte glacial du sol dallé la fit frissonner toute entière. Soudain, elle ressentit une douleur aigue à la cheville. L'anneau métallique qui la retenait attaché venait d'y faire une entaille. Elle plissa les yeux faisant se craqueler la traînée de sang séché qui avait coulé de son oreille mutilée, et se laissa basculer sur le côté. Son épaule et sa tête appuyées contre le mur de pierres, elle gardait les yeux clos. Elle ne pleurerait pas. Ses larmes étaient taries, elle était là depuis trop longtemps.


Alouette, je te plumerai…

La voix rauque s'était rapprochée. Elle ouvrit complètement les yeux. D'immenses voûtes s'élevaient devant elle à intervalles réguliers d'environs dix pas. Elle n'avait jamais réellement su quel était ce lieu où on la retenait prisonnière. Cela ressemblait fort aux souterrains d'un château quelconque mais elle ne comprenait pas pourquoi, si tel était le cas, on l'avait attachée ici plutôt que dans les geôles. Tout était construit de pierres, sans doute blanches à l'origine. Les murs couverts de mousse et de moisissure suintaient et on entendait le bruit de l'eau qui goutte résonner sans discontinuer dans toute la cave. Le peu de lumière qui éclairait l'immense salle provenait de quelques torches fixées aux voûtes par des barres de fer rouillé. Partout, l'air était infecté par une odeur de pourriture qui semblait émaner d'une sorte de brouillard poisseux qui planait à quelques mètres du sol. Le gros homme se tenait à quelques pas d'elle. La torche la plus proche éclairait son sourire jaunâtre et édenté. Il n'était vêtu que d'un épais pagne noir. Son ventre nu et gras était recouvert de balafres. Ses cheveux noirs et drus étaient coiffés en une longue natte et une barbe de quelques jours parsemait le bas de son visage rond d'une nuée de points sombres. Il fit un mouvement en avant. Un éclair : la hache que tenait le bourreau brillait sous l'éclat des flammes. De peur, la fée se plaqua du plus qu'elle le pouvait contre le mur, la bouche ouverte dans un cri muet. Elle tremblait. Qu'allait-il lui faire à présent? D'une main brusque, l'homme l'empoigna par les cheveux et la jeta contre le sol. Elle mordit ses lèvres ensanglantées sous l'effet de la douleur.

Et les ailes, et les ailes, alouette…

Elle se recroquevilla, serra ses genoux contre son ventre. L'homme maintenait ses ailes collées au sol. Elle ferma les yeux de nouveau. Qu'il frappe, et vite. Elle n'attendait plus rien que le coup fatal qui la délivrerait enfin de ses souffrances. L'homme leva la hache meurtrière de son bras droit. A ce moment, une larme coula le long de la joue de la fée, la seule, la dernière. L'air siffla alors que la lame s'abaissait, sectionnant en quelques fractions de seconde chair, os, tendons, avant de cogner le sol dans un grand bruit. La fée hurla, les yeux exorbités par la souffrance. Elle fut secouée d'un grand spasme puis sa tête cogna le sol. Tout devint noir. Seule résonnait encore la lugubre ritournelle du bourreau.

Alouette, gentille alouette…
« Modifié: 17 Février 2012 à 11:44:10 par Anlor »

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Re : Alouette
« Réponse #1 le: 02 Janvier 2008 à 18:26:01 »
Alors...
C'est sympa, le début : on se dit "haha, elle essaie de nous faire croire que c'est un humain, mais ça s'voit trop que c'est un oiseau... on m'le fait pas à moi", et en fait... non :P


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Le peu de lumière qui éclairait l'immense salle provenaient de quelques torches fixées aux voûtes par des barres de fer rouillé.
Tu m'expliques comment le peu de lumière se démultiplie soudain pour coller un pluriel à provenir ? ;D

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Le gros homme se tenait à quelque pas d'elle.
Quand on dit "quelque temps", "temps" est indénombrable. Alors qu'on peut compter les pas. Donc c'est "quelques" ;)

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Ses cheveux noir et drus
noirs

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et une barbe de quelques jours recouvrait le bas de son visage rond
ça fait deux fois recouvrir en pas beaucoup d'lignes ^^

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Seul résonnait encore la lugubre ritournelle du bourreau.
Ca, c'est fait :-° ah si j'ai un truc à dire : "seule"

**

Bon, ben c'est... glauque, j'pense qu'on a l'droit de coller l'étiquette >< ^^ C'est bien écrit, mais (c'est con à dire) son exécution ne me fait pas grand-chose. Ce que tu pourrais faire, pour qu'on s'attache à la fée (après tout, c'était peut-être une méchante fée qui avait prédit un sombre destin pour un nouveau-né, et le bourreau n'est autre que le frère aîné qui accomplit une compréhensible vengeance ! pauvre, pauvre bourreau ! bien fait pour elle), c'est insérer des paragraphes où elle repense à son passé et à ce qui l'a conduit à cette fin.
Elle peut être toute gentille, mais tu peux aussi montrer un personnage plus épais, qui ne fait pas passer le bourreau pour une sombre brute conne : tu peux dire que, dans ce monde, le rôle des fées est de prédire l'avenir des nouveaux-nés, mais seulement de prédire un destin qui a déjà été décidé. Elle informe la famille lors de la naissance/du baptême/peu importe, mais elle n'est qu'une messagère des Parques, par exemple. Du coup, les deux personnages pourraient être attachants, entre une fée impuissante à changer le destin et réduite à un rôle purement informatif, et un frère qui peut avoir compris l'impuissance de la fée mais qui a promis à son père de venger la mort du petit frère, par exemple.
Enfin là je te fais un scénario xD Mais tu vois, fais-la développer son passé pour qu'on soit un peu ému par l'histoire...
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Re : Re : Alouette
« Réponse #2 le: 02 Janvier 2008 à 19:00:49 »
Citation de: Themushroom

Le problème que j'ai pu constater est l'absence de précisions sur ce que la fée vient faire là, qui elle est etc ... bref, ce que nous aurait appris la suite du texte. Et qui nous laisse sur notre faim.


Justement, elle est pas obligée de faire une suite pour le dire ! Mais reprendre le texte en le disant petit à petit^^

Enfin bon, Anlor décide et tiens-nous au courant, en tout cas il faut qu'on sache le passé de feue la fée :P
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Re : Alouette
« Réponse #3 le: 05 Janvier 2008 à 15:33:20 »
Je ne peux que soutenir l'avis de Loredan (eh, vous z'avez vu que je dis de moins en moins "plussoyer", maintenant? Vu que j'ai pris conscience que ça n'existait pas... :P )

Le style sombre est de toute évidence maîtrisé, mais il manque encore un contexte, une histoire même succinte. pas besoin de suite, effectivement, mais quelques flash-backs brefs pourraient suffire.

La fée est peut-être mauvaise, ou considérée comme telle; en ce cas elle subit un châtiment pseudo-mérité. Au contraire, ce qui lui arrive a peut-être lieu en toute illégalité; le bourreau, sale gosse qui torturait enfant les mouches, a besoin d'assouvir ses instincts destructeurs en secret, s'approvisionnant en victimes de l'ombre. Ou la fée est une martyr qui défend son peuple, l'une des innombrables victimes d'une dictature envers les fées et tout peuple magique...

Voici quelques pistes, mais il en existe encore des dizaines d'autres... En gros, j'aimerais bien qu'il y ait un peu de background dans ce texte, même si la scène de départ est très poignante et est plutôt bien écrite.

Voilà, je ne sais pas si mon commentaire te sera utile. :-\ Peut-être un peu rude... Je ne sais pas, du moins je ne l'esère pas. Bonne continuation, en tout cas. ;)
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

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Anlor

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Re : Alouette
« Réponse #4 le: 06 Janvier 2008 à 22:13:06 »
Ben merci bien pour vos commentaires! Désolée pour l'orthographe... j'ai toujours été très étourdie et puis toutes ces lettres... c'est d'un compliqué!  ::)

Sinon oui, pour le manque de précision, j'avoue que je n'avais pas réalisé que les lecteurs n'avaient aucune idée de ce que cette fée venait faire là... C'est que moi j'la connaissais bien!  :-[
Bon, enfin, j'essaie de retravailler tout ça!

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Re : Alouette
« Réponse #5 le: 11 Août 2009 à 19:17:48 »
Citer
Le contacte glacial
contact

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qui la retenait attaché
attachée

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Partout, l'air était infecté par une odeur de pourriture qui semblait émaner d'une sorte de brouillard poisseux qui planait à quelques mètres du sol.
Je chipote mais "qui...qui..." ça fait un peu lourd

A la différence des autres, j'ai détesté... nan c'est pas vrai :P C'est du Anlor, donc c'est bien écrit. Au contraire, j'ai bien aimé ce texte, on est plongé dans l'ambiance, on s'y croirait, et la ritournelle en italique fait froid dans le dos !
Mais à la différence des autres, donc, je trouve que c'est bien qu'il n'y ait pas de précisions, si c'est le début de quelque chose de plus long. Je trouve ça un peu cliché le coup du prisonnier qui se rappelle pourquoi il est enfermé...

Bien joué ! :) Mais je veux une suite, moi, maintenant ! (après tout ce temps, t'as bien eu le temps, non ? :) )
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne ernya

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Re : Alouette
« Réponse #6 le: 11 Août 2009 à 21:36:46 »

 >:(


je suis méga déçue. Quoi ? on s'arrête là ? Elle souffre pas plus ?
J'adorais tellement la petite comptine, je m'étais dit qu'elle allait en baver et que ça allait être fun et ben nan, ni une ni deux, coup de hache et hop ! finie la petite fée.
Rha! Un peu de sadisme que diable !

bref, je ne plaisante même pas en plus. Donc c'est bien écrit mais c'est trop court, bien trop rapide. Je sais pas, prends ton temps, installe doucement l'atmosphère, évoque son passé, terrorise-nous avec le bourreau, développe ton cadre !


 ^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

 


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