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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Rêve d'hiver

Auteur Sujet: Rêve d'hiver  (Lu 2735 fois)

hugolettre

  • Invité
Rêve d'hiver
« le: 02 Juin 2009 à 20:54:18 »
La neige tombait, intense et froide, revêtant
La ville d'un manteau blanc. Sur mes membres roides,
Par l'hiver engourdis, un frisson courait,
Effroyable, comme un ruisseau qui disparait
Dans les bois. J'étais seul, pensif, malade ;
Je savais ma vie gâchée, sombre, fade.

De douloureux souvenirs se pressaient en foule
Dans mon cerveau malade et, comme une houle,
L'angoisse serrait ma gorge et ma poitrine.
Mes joues se creusaient de larmes ; mon humeur chagrine
Semblait incontrôlable. Tout cela était sombre ;
Mon horizon tout entier se rembrunissait.

Puis la nuit vint, jetant son manteau d'oubli
Sur mon âme et sur la ville endormie.
Lentement, je fermai ma paupière ;
La nuit se déployait ainsi qu'une bannière ;
Tout s'apaisait, dans l'air, sur mon cœur,
Et, lentement, je pleurais, plein d'horreur.

Soudain, en songe, je la vis resurgir, belle,
Charmante, brûlant d'une flamme éternelle.
J'entendis sa voix, douce et calme ;
Dans le plus profond de mon âme,
Je l'aimais encore, sombre captif.
Ainsi donc, comme un chant plaintif,

Je la vis à nouveau. Et son visage, sa bouche,
Son expression sérieuse et presque farouche
Me frappa désagréablement. Quand je voulus
La toucher, quand je l'appelai, elle disparut,
Ombre vaine. Elle était la cause de tout mon malheur !
C'est elle qui avait ravi pour jamais mon bonheur.

Il fallait donc être courageux !
Je devais sortir de cet horizon brumeux
Et sombre ; l'avenir s'offrait à moi !
J'étais jeune encore et, plein d'effroi,
Je n'avais souffert que parce que j'étais
Trop sensible. Je compris que bien des étés

M'attendaient encore ; je compris que l'aurore
De ma jeunesse ne réclamait point d'efforts
Et que mon cœur réclamait de la joie !
Je rouvris les paupières ; la lumière soleil
Emplissait la chambre. Un avenir vermeil
M'attendait. Le chagrin avait délaissé mon âme.


Hors ligne Chrysteel

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : Rêve d'hiver
« Réponse #1 le: 02 Juin 2009 à 22:23:33 »
J'ai vraiment accroché avec ton poème, malgré quelques notes discordantes.
D'abord, je ne sais pas si c'est moi, mais les nombreux enjambements me dérangent, souvent ils cassent le rythme. De plus je ne suis pas certaine que tu puisse continuer une même phrase entre plusieurs strophes, voire une même proposition.
Trop sensible. Je compris que bien des étés

M'attendaient encore ; je compris que l'aurore

En fait le réel problème à mon sens, c'est que je ne vois pas la raison de tels enjambements, ont-ils un sens particulier ?

Il y a aussi un souci au niveau des rimes, tu en sautes quelques unes, notamment celles des deux premiers vers. Ça crée un effet d'irrégularité , qui peut être intéressant s'il possède un sens que je ne perçoit peut-être pas, mais qui est gênant si ce n'est pas le cas.

Sinon outre ces remarques purement textuelles, j'aime assez ce poème, les thèmes abordés, et la manière dont tu les exprimes.
Si je ne devais garder qu'une seule phrase de ce poème se serait :
"Puis la nuit vint, jetant son manteau d'oubli
Sur mon âme et sur la ville endormie.
Lentement, je fermai ma paupière ;
La nuit se déployait ainsi qu'une bannière ;
Tout s'apaisait, dans l'air, sur mon cœur,
Et, lentement, je pleurais, plein d'horreur."

( j'ai la manie d'avoir toujours des phrases ou passages préférés  :-[ )

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Rêve d'hiver
« Réponse #2 le: 02 Juin 2009 à 22:41:54 »
La neige tombait, intense et froide, revêtant
La ville d'un manteau blanc. Sur mes membres roides,

hum, l'arrêt est très brutal et c'est dommage que ça fasse 7/5, c'est pas une bonne coupe pour un alexandrin
ce que je veux dire c'est que ça nuit au rythme ( que tu veuilles ou non respecter les alexandrins classiques)

Par l'hiver engourdis, un frisson courait,
Effroyable, comme un ruisseau qui disparait

hum, idem, niveau rythme, c'est un peu longuet, un peu... laborieux ? :mrgreen:
Dans les bois.
ouip, ça vaut pour le reste du poème, les emjambements c'est cool, mais presque sur un vers sur trois, ça devient lassant, mais ce n'est que mon humble avis

J'étais seul, pensif, malade ;
Je savais ma vie gâchée, sombre, fade.

ici, déjà, je préfère largement niveau rythme, deux fois ternaire et puis même "malade/fade", j'aime bien

Mes joues se creusaient de larmes ; mon humeur chagrine
trop long !
je pense qu'il faudrait revoir cette strophe surtout qu'on perd les rimes ensuite  :(

Semblait incontrôlable. Tout cela était sombre ;
"tout cela" en poésie, c'est pas top du tout :mrgreen:


Puis la nuit vint, jetant son manteau d'oubli
pas mal, ça j'aime bien comme image ^^

Sur mon âme et sur la ville endormie.
Lentement, je fermai ma paupière ;
La nuit se déployait ainsi qu'une bannière ;
Tout s'apaisait, dans l'air, sur mon cœur,
Et, lentement, je pleurais, plein d'horreur.

euh... pas compris, lol, il va bien, mais il est plein d'horreur ? ???

Ainsi donc, comme un chant plaintif,
mouaip "ainsi"ça fait très prose, tu te répètes un peu là, pas top

Je n'avais souffert que parce que j'étais
Trop sensible. Je compris que bien des étés
là par exemple, l'enjambement me sort par les yeux :-[

M'attendaient encore ; je compris que l'aurore
De ma jeunesse ne réclamait point d'efforts
Et que mon cœur réclamait de la joie !
Je rouvris les paupières ; la lumière soleil
Emplissait la chambre. Un avenir vermeil
M'attendait. Le chagrin avait délaissé mon âme.

répétition verbe attendre et réclamer, peut-être à éviter


dans l'ensemble, j'ai pas trop aimé
j'aimais bien l'idée de départ avec l'hiver etc, et puis après l'idée du réveil, du rêve en fait, j'ai pas trop aimé
après je trouve ça plus du déjà vu au niveau du thème ( la fille belle, faut être courageux, et le happy end :mrgreen:)
mais il y a des choses bien, je veux dire, je trouve ça mieux que ce que j'ai déjà lu de toi comme poèmes
après j'aime pas les enjambements, j'aime la suprise, les effets poétiques, là, il y  a trop d'enjambements, j'ai juste l'impression que t'as fait un enjambement parce que sinon le vers allait être trop long, c'est mieux quand il y a une volonté derrière ( je dis pas qu'il n'y en a pas une, en tout cas, je ne l'ai point vue)
pour résumer: j'ai trouvé le début plutôt poétique et prometteur mais la deuxième partie m'a déçue :-[


j'en profite pour rebondir sur le commentaire de Chrysteel: je suis d'accord avec elle pour les enjambements, par contre si, c'est possible de continuer sur une autre strophe, enfin, il me semble l'avoir déjà vu
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Matt

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : Rêve d'hiver
« Réponse #3 le: 03 Juin 2009 à 21:20:48 »

Pour commencer un petit point sur les rimes :

J'ai au début, a,b,c,c,d,d, ensuite, a,a,b,b,c,d, puis, a,a,b,b,c,c... Ne peux-tu pas garder du début à la fin le même code pour les rimes ou m'expliquer pourquoi c'est comme ça ? Sinon, poème libre ? (oui selon moi)

Maintenant passons au texte :

Citer
Effroyable, comme un ruisseau qui disparait

"disparaît"

Citer
Effroyable, comme un ruisseau qui disparait
Dans les bois.

Et ? l'enjambement est un peu mal fait là.

Citer
Je savais ma vie gâchée, sombre, fade.

Phrase maladroite. De plus je ne trouve qu'elle ne colle pas trop par rapport au début qui est bien plus joli à lire. Puis j'aime pas trop l'emploi du verbe "sembler".

Citer
Semblait incontrôlable. Tout cela était sombre ;

Là aussi, j'aime pas "semblait".

Citer
Puis la nuit vint, jetant son manteau d'oubli
Sur mon âme et sur la ville endormie.

Bien !

Citer
Lentement, je fermai ma paupière ;
La nuit se déployait ainsi qu'une bannière ;
Tout s'apaisait, dans l'air, sur mon cœur,
Et, lentement, je pleurais, plein d'horreur.

Il doit y avoir un problème avec le temps ici mais je me trompe peut-être.

Citer
Je l'aimais encore, sombre captif.
Ainsi donc, comme un chant plaintif,

La métaphore est bien étrange et la phrase assez mal dite.

Citer
Et son visage, sa bouche,
Son expression sérieuse et presque farouche
Me frappa désagréablement. Quand je voulus
La toucher, quand je l'appelai, elle disparut,
Ombre vaine. Elle était la cause de tout mon malheur !
C'est elle qui avait ravi pour jamais mon bonheur.

Je n'aime pas ce passage bien que j'ai moi même écrit des choses de ce genre. Disons qu'aujourd'hui après recul je me rends compte que c'est trop enfantin.

Citer
Il fallait donc être courageux !

J'aime pas l'emploi du verbe "falloir".

Citer
Je n'avais souffert que parce que j'étais
Trop sensible.

J'aime pas non plus ce passage, trop "enfantin", là encore, selon moi.

Voilà, sinon dans l'ensemble j'ai plus aimé le premier paragraphe que la suite, une suite qui est un peu trop déjà vue et surtout moins poétique.

Bon puis désolé mais je ne pense pas être d'une très grande aide pour ce texte...
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

 


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