Je viens de le voir pour la première fois. Bon ben c'est l'histoire de Clément Mathieu, prof de musique raté qui devient pion dans un internat de rééducation pour mineurs nommé Fonds de l’Étang, et qui a le don de transformer les mauvais sujets en angelots par le pouvoir de la musique. L'autre perso principal c'est Pierre Morhange dont on apprend au début du film que c'est un génie musical tel qu'il est qualifié de meilleur chef d'orchestre du monde. C'est là d'ailleurs la plus grosse originalité du film : nous griller tout le suspens dès les premières minutes en nous montrant que Pierrot a bel et bien survécu à toutes les galères qu'on aurait pu lui supposer.
Et donc flashback, on découvre les enfants turbulents, le directeur tyrannique et le personnel désabusé de Fonds de l’Étang, et tout ce beau monde semble bien mal barré. Sauf que Clément Mathieu est vraiment extraordinaire et par sa passion de la musique il va rapidement faire de ce grand cachot un vrai petit paradis, ralliant les gosses et les employés à sa cause. Seuls le dirlo, fidèle à son rôle de gros méchant, et un certain psychopathe dont le nom doit ressembler à quelque chose comme Mondin et qui n'existe que pour permettre à l'histoire de prendre une tournure dramatique, resteront insensibles au charme envoûtant de Mathieu.
La première confrontation de Mathieu avec ses élèves se déroule dès son arrivée. Quelqu'un a fait une grosse bêtise et pour le punir, Mathieu doit choisir le nom d'un élève au hasard pour qu'il aille au trou ; ainsi de suite pour chaque élève jusqu'à ce que le coupable ait l'intelligence de se dénoncer. Donc notre prof choisit un nom, genre Sponville. Malheureusement, il se trouve que ce Sponville est le seul élève dont l'innocence est certaine : c'est parce que c'est un binoclard, alors évidemment, il est plus sage que ses camarades qui eux fument des clopes.
L'un des moments forts du film c'est la scène où Morhange, qui refuse de chanter devant les autres parce qu'il a des problèmes, est surpris par Mathieu alors qu'il reprenait une chanson en se croyant seul dans la salle de classe et sans se douter que Mathieu passerait par là. Le spectateur est absolument ravi, c'est si subtilement inséré que sans en avoir conscience, il frémit de bonheur à l'idée que le mauvais mais innocent garçon pourra enfin montrer l'étendue de son talent au reste de l'établissement, se tenant debout pas très loin d'un autre enfant appelé le Pupitre, puisque chantant comme une casserole il doit tenir la partition de Mathieu bien en évidence au regard bienveillant de ce dernier qui lui tapote gentiment le crâne à l'occasion.
Une autre séquence très émouvante, c'est celle où toute la chorale va se produire devant une certaine comtesse et où Mathieu, qui avait puni Morhange, autorise ce dernier à chanter, révélant ainsi aux yeux de tous son don pour le chant et nous arrachant par conséquent (oui, cela se veut être une conséquence) quelques larmes de joie devant tant de génie incompris enfin reconnu.
Enfin, suite à un incendie orchestré par le vil Mondin, le directeur renvoie Mathieu en l'interdisant de dire adieu à ses élèves, c'te cruauté. Alors le spectateur se sent frustré, déteste Rachin (c'est le directeur), plaint Mathieu et espère en son for intérieur que les choses se passeront autrement. Et en effet, ô retournement de situation, les enfants lui envoient à partir de la fenêtre des avions en papier avec écrits dessus des mots gentils, Ô Crâne d'Oeuf mon Crâne d'Oeuf ! (c'est le surnom à Mathieu). Rachin est évidemment fou de rage, il bave presque de fureur en cognant contre la porte de la salle de classe et en gueulant aux gosses de l'ouvrir, mais comme dans toute salle de classe qui se respecte, ces derniers avaient été laissés sans surveillance, ils ont pu verrouiller ladite porte assez aisément.
J'ai menti en disant enfin, car ce n'est pas fini. En effet, on apprend de la bouche de Morhange que suite au départ de Mathieu, il y a eu un gros mouvement de contestation du personnel qui a dénoncé les agissements ignobles de leur directeur et suite à une enquête, ce dernier est expulsé pour que tout soit bien qui finisse bien.
Pendant ce temps, Pepito, qui attendait toujours ses parents les samedi, a rejoint Mathieu au moment même où son bus allait démarrer pour lui demander de l'emmener avec lui ; il a dit oui, puisqu'on était effectivement samedi.
En gros, on apprend aussi que Mathieu a continué de donner des cours quelque part ailleurs, sans jamais chercher à se faire connaître parce que c'est quelqu'un de bien. Et je ne me souviens plus des dernières images du film, désolé.
Voilà, si je devais résumer tout le film en un mot : déception. Grosse, grosse déception. C'est dommage, en commençant j'avais l'impression qu'il y avait pas mal d'idées ; des personnages variés, le dirlo sévère et nombriliste, l'autre employé dont j'ai oublié le poste dur à cuir, l'autre employé dont j'ai également oublié le nom très très sympa, le gosse psychopathe, le petit doué, le silencieux, etc. En fait en y pensant bien la culture de clichés aurait dû me mettre la puce à l'oreille, mais ça n'a pas été le cas. Il y avait aussi de nouveaux éléments et de nouvelles situations qui s'enchaînaient suivant un rythme que j'ai cru apprécier ; la découverte de Morhange, la venue de sa mère et le début d'une petite histoire d'amour, l'arrivée de Mondin, la comtesse, le vol des 200 000 francs, etc. Bref, malgré le convenu, je trouvais que ça avait du mouvement, j'attendais de voir où tout ça allait me mener. Sauf que les tensions ne se résolvaient pas, elles s'évaporaient tout bonnement. Suite à un petit quiproquo qui n'en est pas vraiment un car vraiment débile, la mère explique qu'elle a rencontré un ingénieur ; Mondin est arrêté mais sans qu'on sache comment, il s'évade selon toute évidence, s'introduit dans l'établissement et y met le feu ; la prestation de la chorale devant l'aristocratie n'entraîne aucune suite, etc. Bref, on connait la chanson (Bapt, si jamais t'es de passage, c'est pour toi

).
Donc pour moi, ça se résume à des persos clichés, à des situations clichées, à des ressorts narratifs clichés, à une artificialisation des sentiments clichée. En un autre mot : nul.
Et il parait que ce film est l'un des plus gros succès français de tous les temps. Il parait que des gens ont pleuré toutes les larmes de leur corps devant ce chef-d'oeuvre. Mouais, je sais pas. Je suis pas contre des explications