J'effleure le côté brusque de l'indécence. Je m'avance telle la fée des délices de l'orient, orientant mes pas vers des cafés amers. Je vois mon visage translucide pâlir, et la mer devenir verdâtre. Le deuxième personnage commence à prendre vie sur cette estrade. Je suis le protagoniste, tu es ma doublure. Tu es mon ombre mortelle. Tu me suis, et me cours après, me dépasse parfois. Je demeure majorée de joie en sachant que mon suiveur n'est autre que moi, ou peut être ai je d'autant plus peur. Tu es pire que tous mes événements passés avec rage. Tu es traumatisme.
Quand je repense inlassablement à toutes ces étapes, j'ai du mal à me rappeler de tout, je ne suis plus même sûre de ce que j'avance. L'entourage m'aide à me rappeler. Serai-je devenue amnésique ? Je sais que ça a existé. Mon corps meurtri est devenu le reflet de moi même. Je n'ai plus besoin de miroir pour me regarder. J'ai la meilleure glace possible, celle de l'âme. La torture dessinée sur de la peau est plus jolie qu'une simple fleur, qu'un simple papillon écrit à l'encre. Je suis mon propre artiste. La rage, la peine font écrire de magnifiques histoires aux écrivains, de magnifiques toiles aux peintres. J'ai pris le rouge chaud de ma contenance pour l'élaborer à ma convenance ou pour plus te ressembler, toi oh moi des abysses. Tu as vagabondé trop longtemps avec le diable, tu veux me le présenter comme s'il était devenu ton idole ou ton meilleur ami. Ce n'est autre que l'égérie d'une marque funeste, l'égérie des esprits inachevés. Je reste en évolution totale, je ne stagne pas. Tout mon cerveau fume, chauffe comme si un incendie entier prenait vie.
Tu vis avec moi, tu vis en moi. Je te sens, par moment. Je n'ai pas peur de toi, j'ai peur de moi. Je t'ai apprivoisé, et maintenant tu rêvasses au dessus de moi. T'aurai je duper? Tu fais progressivement tes valises. Et, je te sers la main amicalement. Tu me souris du côté gauche du visage seulement, avec un air plus que satisfait. Serais tu fier ? Serais tu fière de ma bataille ? Du calvaire que tu ne m’as pas fait endurer? Tu pars avec un applaudissement qui m'émeut presque. Je te manquerai. Mais toi, jamais. On se croisera dans la nuit, en allant me coucher, ou dehors, à l'abri des lampadaires sur le trottoir peu éclairé. Ne m'attends pas. Alors, s'il te plait meurs. Je viendrai à l'enterrement des âmes déchues et broyées. Je t'enterrerai avec soin. Ne t'en fais pas. Je ne serai plus seule, j'ai retrouvé un nouveau partenaire, il m'a donné l'anneau du bonheur et de la réussite. J'entrevois désormais les couleurs de l'arc en ciel.