Joli texte, Cosette, écrit, tenu, bien mené.
Et pour moi, de subites réminiscences comme d'un travelling arrière partant du lointain jusqu'à mes regards.
Je me souviens de l'écorché de la salle de Science, comme un Lego avec du sang. On nous demandait d'en décrocher des morceaux, selon la leçon d'anatomie à l'étude. Frisson, appréhension, chocottes ! On en riait de loin, mais face à lui, on n'en menait pas large.
Je me souviens des magnifiques dessins d'écorché de Leonard de Vinci que m'avait montrés un ami médecin qui avait très mal vécu sa première dissection.
Et puis, le souvenir terrible d'un écorché sur le bord de la Nationale 7, un pauvre motard encastré dans la tôle qui avait dû se traîner sur plusieurs dizaines de mètres. J'avais 9 ou 10 ans, mon père a ralenti comme les autres. Ses jambes et sa figure ressemblaient à celles de Messala, à la fin de la course de Char dans Ben-Hur. Rougies, rongées jusqu'à l'os. Je venais justement de voir le film quelques jours plus tôt. Et mon père m'avait dit : "Ne t'inquiète pas, c'est juste du maquillage, du cinéma".
C'est étonnant comme la lecture d'un court récit peut raviver de souvenirs que l'on croyait enfouis en nous à tout jamais.
Bien à toi !