Alors voilà, j'ai fait mon lai médiéval (
AT août)

Ah, pis c'est censé tenter de répondre à mon défi de ernya, au passage:
"Leia, je te défie d'écrire un apologue (tu peux choisir la forme que tu veux: conte, fable...)"Il est pas aussi bon que j'aurais voulu, mais il me paraît enfin présentable, alors trêve de tergiversations...
Ciel obscurci, nulle lueur,
Voûte aveugle, lourdes les heures:
En ce lieu soleil est banni,
Jours sont gris au coeur de l'An-Nuit.
Herbes tordues et mornes fleurs,
Air gras, eaux troubles: plus que heurts
Dans l'ennui mortel de Cengrel,
Cité paria trois fois damnée.
Les gens n'avaient plus d'étincelle,
Deux rêveurs en marge exceptés:
L'un jouait le fifre envoûteur,
L'autre la fibre et le labeur;
C'étaient le psylle et le cordier.
Au psylle manquaient les étoiles,
Qu'il appelait de ses serpents,
Au cordier manquait l'astre Sol,
Qu'il amadouait en tressant,
Tous deux étaient les plus frustrés
Du maléfice qui privait
Leur trop fière haute citadelle
De bonne lumière essentielle,
Mais l'étaient chacun de leur côté,
Car ces deux-là ne s'aimaient guère,
Le charmeur au minois flûté
Et le tisseur aux doigts de fer.
Mais le temps mort s'éternisait
Sans qu'il n'y ait un mouvement,
La ville inerte s'empoussiérait
Sans le moindre souffle de vent.
C'est alors que par une nuit
Blafarde, ils se croisèrent au puits
Et en vinrent à s'échanger
Leur même profonde avidité
De lune claire et d'astre chaud;
Ensemble ils redoublèrent d'efforts
Pour se libérer de l'étau,
N'être plus laissés à leur sort
Par la sorcière du ruisseau;
Ils dirent: ne pleut-il pas des cordes?
Ils tressèrent une cordelette
Fluide comme un trait de pluie,
Qui tira une gouttelette
Quand elle dansa au nuage suie
Tout le monde cria: le ciel déborde!
La poche de torpeur creva,
Le rideau noir se déchira,
La pénombre se dissipa
Et un bon air pur s'engouffra,
Malédiction n'eût plus d'emprise
Grâce à l'union pendant la crise;
A la sorcière on fit tourelle:
Ainsi l'An-Nuit quitta Cengrel.
Ah, et puis c'est aussi un nouveau morceau de ma "Fresque", j'ai Cengrel dans la tête depuis un sacré bout de temps, peut-être qu'un jour je me remettrai à mon texte où j'avais prévu de le rajouter...