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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°4 - T05] Inspire

Auteur Sujet: [AT n°4 - T05] Inspire  (Lu 2112 fois)

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[AT n°4 - T05] Inspire
« le: 30 Juillet 2014 à 11:19:07 »

INSPIRE


— Ah ! Cria Ean.
Cette satanée vibration venait de s’ancrer dans ses tempes, achevant par là même la quiétude du sommeil artificiel sans rêves, que Neuropharm qualifiait de « profondément réparateur ». Et ta sœur. Quel intérêt de proposer un repos si c’est pour trucider le cœur du patient au réveil ?
Il arracha violemment les électrodes collées à sa peau et les balança furieusement contre le mur, déçu de les voir rebondir en silence. Indestructibles, qui plus est. Déjà, les parois murales s’éclairaient progressivement, imitant le lever du soleil. Celui qu’il ne voyait plus depuis trop longtemps.
Rejetant le drap, Ean se redressa. Le pied du lit avala goulûment le drap et en fit jaillir un nouveau, donnant au matelas un aspect proprement indésirable. Il jeta un bref regard satisfait vers les emballages qu’il avait laissé traîner au pied de sa table de chevet ; les lamelles du parquet autonettoyant ne les avaient pas encore avalées. Une question de minute.
La porte-fenêtre s’ouvrit automatiquement à son approche. Il franchit le seuil qui séparait la chambre du balcon et vint poser ses coudes levés au-dessus de sa tête, contre la longue baie vitrée qui courait le long du balcon. La vue était imprenable. Dommage qu’il n’y avait rien d’autre à voir que ces tours d’acier opaque, qui pullulaient. Droits comme des I. Inébranlables. Il laissa son regard tomber le long de la tour, se faire avaler par les neuf cents mètres de haut, dans les profondeurs impénétrables de pollution. Le sol. Il ne l’avait pas connu. Ces forêts, ces déserts, ces lacs, ces monts enneigés, noyé par ce brouillard de poix. Il ne les connaissait qu’au travers d’images de synthèse aussi pauvres que ceux qu’on délaissait au cœur de cette pollution. Pour mourir. Les éphémères. Ean cracha contre la vitre. Le verre aspira le crachat, rendant la vitre aussi propre qu’auparavant.
— Va te faire foutre.


Ce wagon puait la mort. Juste une horreur. Les bancs étaient crades, couverts de poussière ; celui sur lequel s’était installé Ean semblait sur le point de s’effondrer, tout juste retenu par une fixation centrale qui oscillait au rythme de l’avancement du métro. Mais ici, il respirait. Il n’y avait pas de robot lèche-botte vérifiant que vous aviez marché dans la merde, de robot-patrouilleur zélé à guetter vos moindres faits et gestes. Juste des hommes, des femmes, des enfants. Cette vieille dame ratatinée, comme engluée dans son fauteuil à fixer le sol ; ce type louche, la capuche basculée sur la tête qui fixait la jeune femme et son mioche enveloppée dans ses bras ; ce couple exubérant qui prouvait à tout le monde combien ils s’aimaient.
Le sol. Ils allaient tous vers le sol. Là où la pollution était telle qu’on y survivait plus sans masques. Ce monde abandonné de tous par la folie des cons. Ean retourna une énième fois l’objet métallique entre ses doigts. Une clé lui avait dit le vieux qui partageait son pallier. Une antiquité.
— Ces trucs ne fonctionnent plus depuis des années, tu perds ton temps fiston.
Plus que d’admirer par sa fenêtre l’automutilation de la race humaine ?


 Le wagon s’immobilisa. Ean rangea la clé dans sa poche et sortit le masque planqué dans sa veste. Il le fixa sur son nez et sortit dans le métro. Il était le seul à s’y aventurer. Déjà, dans un silence tout moderne, les portes se refermèrent et le wagon emporta les âmes qu’il contenait. L’endroit était sinistre, pas plein de vie. De trace de vie. Des squelettes de poubelles, des odeurs qui s’entremêlaient, des dessins sur les murs : rouge, noir, blanc. Une osmose extatique qui s’enflammait sur les parpaings, imprégnaient sa pierre, sautaient de lianes en troncs, caressaient un singe, se glissaient entre les jambes d’une prostituée et dessinaient le sourire d’un gosse. La vie peinturlurée.
L’air y était vicié, cependant. Et froid. Ean passa sa capuche par-dessus sa tête et remonta les marches de béton, sur la gauche. L’ascension était dure, pentue, mais l’effort physique le revigorait. La douleur déchirait ses muscles, saccadait son souffle. Mais il aimait ces palpitations. Il émergea dans un immense hall. Une gare. Elle semblait figée dans le temps. Le fantôme d’elle-même. Ses murs, ses comptoirs, ses panneaux éteints, son dôme vitré, ses kiosques. Elle était la même que dans les images de synthèse. Mais vide, inanimée, triste. Comme l’aigreur incarnée. La triste peinture d’une époque abandonnée.
Ean traversa le grand hall. Ses pas, frappant le bitume, résonnaient en un écho interminable. Il semblait chanter, danser, dans cette sonorité monocorde qui rebondissait contre les murs. Elle avait quelque chose de pesante, aussi fut-il heureux de reconnaître ce qu’il cherchait. Une haute rangée de casiers rouges, numérotés. Il observa une énième fois la clé. Fine, mate et rouillée. Il l’introduisit dans la serrure qui portait le même cryptogramme chiffré. Un grincement langoureux retentit. Il ouvrit la petite porte et plongea la main à l’intérieur.
— Ce que tu cherches n’est pas dans ce casier. 

Un cri s’échappa de la gorge d’Ean. Sa main heurta le rebord de métal, il se retourna et jeta un regard féroce à l’homme qui se tenait derrière.
— Putain, vous pourriez pas prévenir !
— Ce que tu cherches n’est pas dans ce casier, répéta-t-il.
— Je cherche rien du tout, vieux débris !
— Oh, vraiment ?
L’homme était rachitique, la peau étirée sur de longs bras, comme de simples cannes. Et son visage, un squelette sur lequel on aurait étiré un mince film transparent, qui semblait pouvoir se rompre à tout moment. Des orbites creusées, dans lesquelles étaient vissées deux globes noirs. Un fou, aux vêtements lacérés. Sans masque pour respirer.
— Tu as pourtant l’air profondément déçu.
Et Ean, malgré la mine farouche qu’il tentait d’afficher, l’était. Cette clé était la seule chose à laquelle il tenait ; il lui avait fallu des années pour trouver ce qu’elle ouvrait, et il était vide.
— Je… Mais vous êtes qui ?
— J’ai cessé d’être quelqu’un il y a bien longtemps. Mais appelle-moi vieux débris, un sobriquet qui me sied, non ?
L’homme pivota très lentement sur lui-même, comme si chaque déplacement lui coûtait un brin de vie. Ean le regarda s’éloigner lentement, ses pieds glissant sur le sol, centimètre après centimètres, en direction du long comptoir qui bordait un des murs.
— Vous allez où ?
— Tu n’as pas fait un trajet si tortueux pour repartir sans ce que tu cherches, si ?
Il délirait complètement. Il avait utilisé la clé, elle ouvrait un casier. Un casier vide. Tant pis, il aurait essayé. Il ne cherchait rien d’autre que ça. Le débris contourna le comptoir et disparut derrière une porte. Ean hésita. Le grincement referma le silence.
— Fais chier ce con.
Il avala les mètres qui le séparaient de la porte, l’ouvrit et pénétra dans ce qui avait certainement été jadis des bureaux. Et qui était maintenant un refuge. Y Etait jonchés des fauteuils défoncés, des tables branlantes, des poufs éventrés. Mais aussi et surtout de la chaleur. Des bougies allumées, une odeur d’encens, de transpiration, de crasse, de vie. Des vieux, des mioches qui braillaient à pleins poumons, une mère qui maudissait sa progéniture. Oui, tout ça. Et sans masque.
— Enlève donc cette chose hideuse, tu effraies les enfants.
Le vieil homme avait posé sa main crasseuse sur le masque d’Ean.
— Hé ! Protesta le jeune homme.
— Je vis ici depuis quarante ans mon garçon. J’ai été guichetier de cette gare. Si, comme le prétendent les hautes instances, la pollution nous décimait, tu crois que je me porterais aussi bien.
Bien ? Ean étouffa un rire. Et les gens ici étaient dans un piteux état aussi. Leur peau était grise, ils étaient très maigres, les yeux cerclés de profonds cernes. Mais ils étaient heureux. Ils blaguaient, souriaient, leurs yeux brillaient d’une lueur animée. Ils ne se laissaient pas happer par leur technologie servile.
Ean posa sa main sur son masque et le retira ; l’oxygène s’en échappa dans un souffle. Il inspira l’air vicié et crut que ses poumons allaient s’enflammer. Il tenta de respirer, mais l’oxygène y était si rare. Non, il n’arrivait pas à respirer. Il amorça un geste pour remettre le masque, mais le vieil homme l’en empêcha.
— Sais-tu ce que fait un nourrisson, lorsqu’il prend sa première inspiration ? Il crie à pleins poumons.
— hé, je suis pas…
— Si, tu l’es. Là, maintenant, tu dois renaître.
Ean scruta ces yeux vides et cette mâchoire prononcée. Il voyait ce sourire parmi la laideur. Un vrai sourire.
La curiosité est le remède à l'ennui.
Il n'y a pas de remède à la curiosité.

- Dorothée Parker

Hors ligne Loïc

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Re : [AT n°4 - T05] Inspire
« Réponse #1 le: 30 Juillet 2014 à 14:53:10 »
Citer
Cette satanée vibration venait de s’ancrer dans ses tempes, achevant par là même la quiétude du sommeil artificiel sans rêves, que Neuropharm qualifiait de « profondément réparateur ».

Phrase longuette. La dernière virgule fait tache.

Citer
Il franchit le seuil qui séparait la chambre du balcon et vint poser ses coudes levés au-dessus de sa tête, contre la longue baie vitrée qui courait le long du balcon.

Balcon x2

Citer
Dommage qu’il n’y avait rien d’autre à voir que ces tours d’acier opaqu

qu'il n'y eût ?

Citer
noyé par ce brouillard de poix.

noyés

Hum, je suis pas sûr d'avoir tout compris, il faudra que je le relise.
J'ai préféré la fin, à partir du moment où il est dans la gare. Avant, j'ai été pas mal gêné par l'écriture que je trouve un peu lourde, avec des virgules mal placées et des choix de mots étranges.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

MillaNox

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Re : [AT n°4 - T05] Inspire
« Réponse #2 le: 31 Juillet 2014 à 19:09:03 »
Salut !

au fil du texte :

Citer
— Ah ! Cria Ean.
pas de majuscule aux incises normalement.

Citer
Cette satanée vibration venait de s’ancrer dans ses tempes, achevant par là même la quiétude du sommeil artificiel sans rêves, que Neuropharm qualifiait de « profondément réparateur ».
la virgule après "rêves" me paraît en trop

Citer
Rejetant le drap, Ean se redressa. Le pied du lit avala goulûment le drap et en fit jaillir un nouveau, donnant au matelas un aspect proprement indésirable. Il jeta un bref regard satisfait vers les emballages qu’il avait laissé traîner au pied de sa table de chevet ;
répétition / je comprends pas ce que tu veux dire par proprement indésirables

Citer
Il franchit le seuil qui séparait la chambre du balcon et vint poser ses coudes levés au-dessus de sa tête, contre la longue baie vitrée qui courait le long du balcon.
un peu lourd ces 2 balcon / je virerais la virgule après "tête"

Citer
Droits comme des I
Droites

Citer
ce couple exubérant qui prouvait à tout le monde combien ils s’aimaient
il s'aimait (comme c'est le couple) (??)

Citer
Ean traversa le grand hall. Ses pas, frappant le bitume, résonnaient en un écho interminable
j'aurai pas vu du bitume dans un hall de gare... et je savais pas que le bitume résonnait ?

Citer
Cette clé était la seule chose à laquelle il tenait ; il lui avait fallu des années pour trouver ce qu’elle ouvrait, et il était vide.
le changement de sujet me parait pas clair

Citer
Y Etait jonchés des fauteuils défoncés, des tables branlantes, des poufs éventrés.
bug


Hop, tout lu !
bon, c'est des thèmes  classiques, des images qu'on a déjà vues (le haut/le bas, l'envie de retour à des vraies émotions...), mais j'ai tout de même beaucoup aimé. L'écriture est plutôt fluide quoique parfois un peu chargée. Le scénario fonctionne bien, j'ai particulièrement aimé l'objet prétexte de la clé parce que le perso a besoin d'un "déclic" et que c'est ce que produit une clé quand elle tourne. donc j'ai aimé ce clin d'œil. C'est un peu court pour qu'il y ait une intrigue, on est plus en train de se repérer dans le futur que tu inventes, de visualiser ce monde, que de se questionner sur ce qui va arriver. Mais au final, on accompagne Ean dans son envie de vie et non de survie ou de sous-vie, donc ça passe plutôt bien.

bref un texte sympa :)

Milla


Hors ligne Elk

  • Palimpseste Astral
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Re : [AT n°4 - T05] Inspire
« Réponse #3 le: 01 Août 2014 à 15:41:51 »
Salut !

J'ai bien aimé ton texte, l'univers SF, le personnage rebelle, le monde d'en bas etc., avec quand même quelques réserves : ton univers est bien campé pour un texte court, avec des détails, des éléments qui font qu'on y croit. L'intrigue en elle-même est chouette, mais desservie par un espèce de manque de tension/suspense. C'est-à-dire que, d'une part, on ne sait pas bien ce que cherche Ean : on comprend bien vite qu'il est énervé, qu'il va quelque part, mais on ne sait pas trop ce qu'il cherche, et du coup on a un peu de mal à se sentir concerné (je généralise, mais c'est un avis personnel ^^). La deuxième chose, c'est que tu utilises beaucoup d'adverbes et de participe présent, surtout au début de texte - ça ralentit l'action et la lecture, alors qu'objectivement il se passe pleins de choses.

Quelques remarques plus précises :

Citer
Cette satanée vibration venait de s’ancrer dans ses tempes, achevant par là même la quiétude du sommeil artificiel sans rêves, que Neuropharm qualifiait de « profondément réparateur ».
Je trouve l'incise du milieu un peu longue, elle alourdit la phrase et la rend moins claire.

Citer
Rejetant le drap, Ean se redressa. Le pied du lit avala goulûment le drap et en fit jaillir un nouveau, donnant au matelas un aspect proprement indésirable. Il jeta un bref regard satisfait vers les emballages qu’il avait laissé traîner au pied de sa table de chevet ; les lamelles du parquet autonettoyant ne les avaient pas encore avalées avalés. Une question de minute minutes.
Il faudrait repréciser le sujet au début de la troisième phrase =).

Citer
L’endroit était sinistre, pas plein de vie. De trace de vie. Des squelettes de poubelles, des odeurs qui s’entremêlaient, des dessins sur les murs : rouge, noir, blanc. Une osmose extatique qui s’enflammait sur les parpaings, imprégnaient sa pierre, sautaient de lianes en troncs, caressaient un singe, se glissaient entre les jambes d’une prostituée et dessinaient le sourire d’un gosse. La vie peinturlurée.
Cette description ne m'a pas semblé très claire.

Citer
Cette clé était la seule chose à laquelle il tenait ; il lui avait fallu des années pour trouver ce qu’elle ouvrait, et il était vide.
Ean aurait du être tendu, anxieux, dans ce cas : je trouve que ça ne se ressentait pas trop dans le début du texte. Globalement, on ne savait pas trop pourquoi il décidait d'un coup de descendre.

Bon courage pour la suite  ;)

Aahraz

  • Invité
Re : [AT n°4 - T05] Inspire
« Réponse #4 le: 02 Août 2014 à 15:02:34 »
Bon bah moi j'suis désolé mais c'est carrément l'inverse ;'

J'ai beaucoup aimé la première partie (qui demande quand même quelques retouches : virgules, certaines phrases lourdes, etc), mais je l'ai trouvée assez riche : plein d'ingénierie SF, un perso en décalage en univers, de bonnes trouvailles comiques (le crachat).

Le coup de la clé (c'est elle l'anachronisme ?), la pollution, le vieux débris, tout ça c'est excellent pour faire partir un bon texte, à mes yeux. Mais alors, une fois qu'ils passent dans le "refuge", je ne suis plus du tout. Il y une réelle absence descriptive qui nous laisse un peu orphelins (genre, il rentre, y'a une mère qui hurle sur ses bambins, deux minutes après, tout le monde rit, on ne sait ni la taille de la pièce ni le nombre de gens ni de quoi est fait le refuge ni pourquoi ni comment ça se fait qu'on mente en disant que la pollution tue - moi je veux bien laisser de la place au lecteur mais là j'ai un peu l'impression que c'est "bwo tgcm", ou du moins, qu'on me fait taffer à la place de l'auteur).

Je note également deux persos à capuche (bon s'pas grave mais ça m'a fait tiquer : le mec louche dans le tromé et le perso quand il descend), et aussi :

Citer
Des vieux, des mioches qui braillaient à pleins poumons, une mère qui maudissait sa progéniture.
Ils blaguaient, souriaient, leurs yeux brillaient d’une lueur animée.
A quelques lignes d'intervalle sur le refuge. Globalement ce dernier manque d'ampleur et on sent presque que tu as préféré écrire la première partie (univers et malaise du héros) plutôty que la seconde qui, du coup, n'a aucun intérêt pour moi.
Citer
Si, comme le prétendent les hautes instances, la pollution nous décimait, tu crois que je me porterais aussi bien.
manque le ?
Citer
— hé, je suis pas…
Majuscule (je remarque deux dialogues qui commencent par Hé! et un par Oh!, c'est pas grave mais ça fait un peu beaucoup ^^)
Citer
— Ces trucs ne fonctionnent plus depuis des années, tu perds ton temps fiston.
Et problème de mise en forme des dialogues, parfois, qui sonnent trop cash et pas assez aérés. "Ces trucs ne fonctionnent plus depuis des années. Tu perds ton temps, fiston."

Bref, pour moi, parfait jusqu'à la descente (même la description de la pollution est cool), mais ensuite, c'est le drame. La clé, du coup, elle était là pour lui faire voir le refuge : elle vient d'où ? Est-ce qu'ils recrutent les gens comme ça, les "rebelles" , dans le refuge, à partir d'un malaise social, pour les "faire naitre" dans la resistance. Il l'appelle "fiston" : ton amical, ou est-ce son vrai père, et du coup c'est lui qui a voulu aider son fils ? Qui lui a donné la clé ? Pourquoi un refuge ? Pourquoi le gouvernement ment ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi?

Trop de question en suspens et un traitement de l'anachronisme qui reste assez superficiel et peu mis en exergue : si c'est la clé, on ignore en fait que ça n'en est plus l'époque (bon on le devine). Le coup du masque est sympa, de la seconde naissance aussi, ouais, mais ça ne suffit pas, à mes yeux, à faire des deux parties du texte quelque chose d'homogène. Ca mérite limite un amplification et un développement : c'est trop abrégé à mes yeux pour en faire une fin valide.

Hors ligne Kailiana

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Re : [AT n°4 - T05] Inspire
« Réponse #5 le: 05 Août 2014 à 19:21:33 »
Remarques sur du détail, à prendre ou à laisser !


Citer
Quel intérêt de proposer un repos si c’est pour trucider le cœur du patient au réveil ?
je comprends pas le "trucider le coeur du patient au réveil"
Citer
Le pied du lit avala goulûment le drap et en fit jaillir un nouveau, donnant au matelas un aspect proprement indésirable
le nouveau drap recouvre le matelas, non ? ce serait plus correct de dire "donnant au lis un aspect proprement indésirable" car on ne voit plus le matelas
Citer
La vue était imprenable. Dommage qu’il n’y avait rien d’autre à voir que ces tours d’acier opaque, qui pullulaient.
"La vue était imprenable." laisse supposer une belle vue, alors que la suite est très négative, faut peut-être reformuler pour davantage laisser paraitre le "la vue est censée être belle, bien exposée, mais en fait c'est moche"
Citer
Il ne les connaissait qu’au travers d’images de synthèse aussi pauvres que ceux qu’on délaissait au cœur de cette pollution.
à mon humble avis, quand on en sera à ce stade technologique, les images de synthèses seront aussi vraies que nature voire davantage  :mrgreen: je comprends que c'est son point de vue, mais ça me laisse, comment dire, enfin l'expression "’images de synthèse aussi pauvres que" est justement un peu pauvre, pas assez parlante, je trouve, faudrait forcer la dose, que je vois vraiment les choses comme ton personnage (en bref, que tu fasses ressentir que c'est pauvre, et pas seulement que tu dises que ça l'est)
Citer
Ean cracha contre la vitre. Le verre aspira le crachat, rendant la vitre aussi propre qu’auparavant.
je sais pas pourquoi mais j'adore cette idée xD

Citer
Ce wagon puait la mort. [...]
pour le début du paragraphe, j'ai du reconnaitre le prénom du personnage pour comprendre que c'était le même perso, et pas un autre point de vu. Peut-petre en mettant "Le wagon puait..." on le comprendrait plus vite.
Citer
la jeune femme et son mioche enveloppée dans ses bras
enveloppé
Citer
Ils allaient tous vers le sol
je comprends pas pourquoi y'a tout ce monde qui y va
Citer
Là où la pollution était telle qu’on y survivait plus sans masques.
n'y (je comprends la volonté du langage parlé, mais ici ça gène car ça oblige à réfléchir pour comprendre qu'il y a une négation)
Citer
Une clé lui avait dit le vieux qui partageait son pallier.
virgule après clé
Citer
Le wagon s’immobilisa. Ean rangea la clé dans sa poche et sortit le masque planqué dans sa veste. Il le fixa sur son nez et sortit dans le métro.
pour moi le métro c'est le truc qui bouge avec les wagons, donc ce serait plutôt "sortit du métro"
Citer
Déjà, dans un silence tout moderne, les portes se refermèrent et le wagon emporta les âmes qu’il contenait.
si tu laisses "déjà" : refermaient/emportait ; sinon supprime le "déjà" et laisse les temps
Citer
L’endroit était sinistre, pas plein de vie. De trace de vie.
"pas plein de vie" ça se dit pas, enfin "plein de vie" ok mais sans négation
Citer
Une osmose extatique qui s’enflammait sur les parpaings, imprégnaient sa pierre, sautaient de lianes en troncs, caressaient un singe, se glissaient entre les jambes d’une prostituée et dessinaient le sourire d’un gosse.
sujet = osmose donc verbes au singulier
Citer
Elle était la même que dans les images de synthèse.
euh, dans les images de synthèse, je suppose qu'il n'y a pas de poussière, qu'elle est bien entretenue, etc, non ? et ce serait également le cas en vrai ? :s (du coup il faudrait plutôt dire "semblable" ou un truc du genre, bref qui ressemble mais pas exactement à l'identique)
Citer
Il ouvrit la petite porte et plongea la main à l’intérieur
selon moi, quand on ouvre un casier vide comme ça, on voit directement qu'il n'y a rien dedans (sans devoir y mettre la main)
Citer
Cette clé était la seule chose à laquelle il tenait ; il lui avait fallu des années pour trouver ce qu’elle ouvrait, et il était vide.
"il" renvoi ici à Ean et pas au casier
Citer
Y Etait jonchés des fauteuils défoncés,
Y étaient
Citer
Et les gens ici étaient dans un piteux état aussi.
aussi -> également
Citer
— hé, je suis pas…






Bon, l'idée est basique, c'est pas super original, mais dans l'ensemble ça fonctionne bien. J'ai préféré le début à la fin (à partir de la clé) parce que, au début, y'a des idées perso, même si c'est pas super original, c'est pas grave, ça passe très bien. A partir de la clé, ça fait beaucoup plus caricatural, un peu "bon, il faut trouver un scénario et une fin à ce texte", et ça me parait beaucoup plus forcé que le début.
Les dernières phrases de fin (la manière donc c'est écrit, pas l'idée) m'ont laissée sceptique.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
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Hors ligne Zacharielle

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Re : [AT n°4 - T05] Inspire
« Réponse #6 le: 05 Août 2014 à 20:50:34 »
Salut Mout !

Dans le détail :

Citer
— Ah ! Cria Ean.
pas de majuscule pour un verbe de parole
c'est rigolo parce que pour moi ean c'est un numéro pour désigner des livres  :mrgreen:

Citer
achevant par là même la quiétude du sommeil artificiel sans rêves, que Neuropharm qualifiait de « profondément réparateur ».
c'est un peu lourd je trouve ("par là même" + la partie subjonctive), pour un début

Citer
Rejetant le drap, Ean se redressa. Le pied du lit avala goulûment le drap et en fit jaillir un nouveau, donnant au matelas un aspect proprement indésirable. Il jeta un bref regard satisfait vers les emballages qu’il avait laissé traîner au pied de sa table de chevet ; les lamelles du parquet autonettoyant ne les avaient pas encore avalées.
ça fait deux fois drap et puis deux fois avaler !

Citer
Il franchit le seuil qui séparait la chambre du balcon et vint poser ses coudes levés au-dessus de sa tête, contre la longue baie vitrée qui courait le long du balcon.
je ne comprends pas trop la virgule ni pourquoi la description est si précise. Laisse au lecteur le soin d'imaginer :]

Citer
Ces forêts, ces déserts, ces lacs, ces monts enneigés, noyé par ce brouillard de poix.
il y a tout ça, en-dessous des immeubles ? J'ai tout du même du mal à le croire.


Citer
Les bancs étaient crades, couverts de poussière
je trouve que "crade" fait tache par rapport au reste du vocabulaire employé, peut-être un poil trop familier

Citer
Ils allaient tous vers le sol. Là où la pollution était telle qu’on y survivait plus sans masques. Ce monde abandonné de tous par la folie des cons.
ils vont tous vers le sol abandonné de tous ? ^^

 
Citer
Plus que d’admirer par sa fenêtre l’automutilation de la race humaine ?
je ne comprends pas pourquoi il serait le seul à réagir de cette manière. Dans un monde totalitaire, on n'est jamais seul à ne pas se sentir à sa place, si ? Surtout que ça semble lui peser depuis un bon moment, donc il aurait quand même pu prendre des mesures pour arrêter de se lamenter sur son sort et agir.

Citer
Il était le seul à s’y aventurer. Déjà, dans un silence tout moderne, les portes se refermèrent et le wagon emporta les âmes qu’il contenait.
le métro continue en sous-sol ? (pour moi il était vertical)

Citer
L’endroit était sinistre, pas plein de vie.
"pas plein de vie" ça fait un peu enfantin comme formulation

Citer
Une osmose extatique qui s’enflammait sur les parpaings
carrément

Citer
aussi fut-il heureux de reconnaître ce qu’il cherchait
de reconnaître ? pourquoi pas de trouver ?

Citer
Un grincement langoureux retentit.
langoureux... pas sûre que l'adjectif soit le plus adapté ici.

Citer
Il ouvrit la petite porte et plongea la main à l’intérieur.
sans regarder  :mrgreen:

Citer
Cette clé était la seule chose à laquelle il tenait ; il lui avait fallu des années pour trouver ce qu’elle ouvrait
mais pourquoi il n'y est pas allé avant si ça le démangeait tant, dès qu'il a eu l'information ? Pourquoi on n'a pas eu de sentiment d'excitation lors de la descente en métro ? C'est paradoxal, le personnage a l'air de n'en avoir rien à cirer et en même temps aller ouvrir ce casier ça semblait le but de toute sa vie.

Citer
ses pieds glissant sur le sol, centimètre après centimètres
étonnant qu'il ne l'ai pas entendu arriver dans ce cas, non ?

Citer
Mais ils étaient heureux.
mdr là comme ça, il voit que des gens sont heureux. Ils paraissent accéder à un certain bonheur peut-être, mais je trouve ça ma foi beaucoup trop rapide comme conclusion.

Citer
Ils ne se laissaient pas happer par leur technologie servile.
x) s'il s'était renseigné je pense qu'il aurait pu comprendre bien avant qu'il existait des communautés comme celles-là. Après il a pas l'air d'être très ouvert envers les gens, j'ai du mal à comprendre comment il pourrait communiquer vraiment avec eux, encore moins les rejoindre.

Citer
— Sais-tu ce que fait un nourrisson, lorsqu’il prend sa première inspiration ? Il crie à pleins poumons.
— hé, je suis pas…
— Si, tu l’es. Là, maintenant, tu dois renaître.
il n'arrive pas à respirer mais il peut parler  :mrgreen:



Dans l'ensemble, ce n'est pas mal écrit, c'est tout à fait correct, ce qui m'a vraiment gênée c'est vraiment que la nouvelle n'est pas très originale (à part la première partie, qui a sa petite patte) et que la fin ressemble trop à Matrix :/ Par ailleurs j'ai beaucoup de mal à saisir le personnage, que je trouve trop étrangement impliqué dans sa lutte contre le tout technologique (des fois il est impliqué, des fois il ne l'est pas, on ne comprend pas trop ce qui le motive). Un travail d’étoffement à fournir à mon avis si le texte veut tenir un peu mieux la route.

Hors ligne Spes

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Re : [AT n°4 - T05] Inspire
« Réponse #7 le: 18 Août 2014 à 15:05:06 »
Coucou,

La première partie est plutôt intrigante. Les objets auto-nettoyants sont un peu "déjà-vu", mais pourquoi pas.
Les parties suivantes tiennent le rythme aussi, je trouve. Je reprocherais peut-être au texte ce sentiment de déjà-vu dans l'idée, le côté un peu cliché (rébellion contre les nouvelles technologies), ceci dit, le traitement qui en est fait apporte tout de même une certaine fraîcheur, avec le choix final du personnage, qui ne troque pas un monde de robots pour un monde fabuleux, mais pour un monde qui défectueux lui aussi.
Effectivement, comme pour Aahraz, la fin me parait un peu trouble.

Une remarque :

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Il était le seul à s’y aventurer. Déjà, dans un silence tout moderne, les portes se refermèrent et le wagon emporta les âmes qu’il contenait.
La première phrase me donne l'impression que c'est désert ; la dernière, que ça ne l'est pas.

Bon courage pour les corrections !

Hors ligne Rémi

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Re : [AT n°4 - T05] Inspire
« Réponse #8 le: 22 Août 2014 à 23:31:39 »
Salut Mout',
c'est bien écrit, de nombreux commentaires pertinents selon moi ont été faits pour optimiser le texte.
J'aime beaucoup l'ambiance et l'écriture se tient très bien. Je trouve la fin un peu bâclée, de même, quelques questions de vraisemblance (pq tous ces gens descendent vers le sol sans sortir du métro ? ils vont au sous-sol ? et étant donnée l'ambiance, j'imagine mal un transport en commun entre le monde d'en haut et celui d'en bas).

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L’endroit était sinistre, pas plein de vie. De trace de vie.
"pas plein de vie" je trouve ça pas top par rapport au reste de ta prose.

Bon courage pour les corrections, je relirai avec plaisir une version modifiée.

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : [AT n°4 - T05] Inspire
« Réponse #9 le: 23 Août 2014 à 19:07:43 »

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Le pied du lit avala goulûment le drap et en fit jaillir un nouveau, donnant au matelas un aspect proprement indésirable.
pourquoi indésirable ?

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— Ces trucs ne fonctionnent plus depuis des années, tu perds ton temps fiston.
temps, fiston

Citer
Si, comme le prétendent les hautes instances, la pollution nous décimait, tu crois que je me porterais aussi bien.
manque une interrogative

Euh, comme Loïc, il faudrait peut-être que je relise parce que je ne suis pas sûre d'avoir tout bien suivi. J'ai quand même l'impression que ton texte aurait mérité quelques retouches, quelles explications en plus parce que tout ne me semble pas très cohérent.
En fait, je rejoins totalement Aaraz quand il te dit ça :
Citer
La clé, du coup, elle était là pour lui faire voir le refuge : elle vient d'où ? Est-ce qu'ils recrutent les gens comme ça, les "rebelles" , dans le refuge, à partir d'un malaise social, pour les "faire naitre" dans la resistance. Il l'appelle "fiston" : ton amical, ou est-ce son vrai père, et du coup c'est lui qui a voulu aider son fils ? Qui lui a donné la clé ? Pourquoi un refuge ? Pourquoi le gouvernement ment ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi?

Trop de question en suspens et un traitement de l'anachronisme qui reste assez superficiel et peu mis en exergue : si c'est la clé, on ignore en fait que ça n'en est plus l'époque (bon on le devine). Le coup du masque est sympa, de la seconde naissance aussi, ouais, mais ça ne suffit pas, à mes yeux, à faire des deux parties du texte quelque chose d'homogène. Ca mérite limite un amplification et un développement : c'est trop abrégé à mes yeux pour en faire une fin valide.

Voilà, y a de l'idée quoi, un style qui se met en place même si c'est encore un peu lourd mais l'ensemble mériterait un peu de réécriture, je pense !
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : [AT n°4 - T05] Inspire
« Réponse #10 le: 30 Août 2014 à 21:14:41 »
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— Ah ! Cria Ean.
minuscule à cria

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Cette satanée vibration venait de s’ancrer dans ses tempes
J'aime bien la tournure

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Il arracha violemment les électrodes collées à sa peau et les balança furieusement contre le mur, déçu de les voir rebondir en silence. Indestructibles, qui plus est. Déjà, les parois murales s’éclairaient progressivement, imitant le lever du soleil.
Les trois adverbes en -ment, ça alourdit (surtout les deux premiers parce que c'est dans une même phrase et autour d'une même construction (verbe + adverbe))

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Dommage qu’il n’y avait rien d’autre à voir
dommage que + subjonctif

Citer
Ean cracha contre la vitre. Le verre aspira le crachat, rendant la vitre aussi propre qu’auparavant.
répétition de vitre

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Il franchit le seuil qui séparait la chambre du balcon et vint poser ses coudes levés au-dessus de sa tête, contre la longue baie vitrée qui courait le long du balcon. La vue était imprenable. Dommage qu’il n’y avait rien d’autre à voir que ces tours d’acier opaque, qui pullulaient. Droits comme des I. Inébranlables. Il laissa son regard tomber le long de la tour, se faire avaler par les neuf cents mètres de haut, dans les profondeurs impénétrables de pollution. Le sol. Il ne l’avait pas connu. Ces forêts, ces déserts, ces lacs, ces monts enneigés, noyé par ce brouillard de poix. Il ne les connaissait qu’au travers d’images de synthèse aussi pauvres que ceux qu’on délaissait au cœur de cette pollution. Pour mourir. Les éphémères. Ean cracha contre la vitre. Le verre aspira le crachat, rendant la vitre aussi propre qu’auparavant.
Je trouve que ce passage arrive un peu trop avec ses gros sabots  :-X Ce sont un peu tous les ingrédients qu'on retrouve presque toujours dans la description des mondes futuristes, avec les mêmes critiques. Du coup, les trouver tous alignés en quelques phrases au début du texte, j'ai l'impression que ça fait pas très subtil, et ça accentue le côté déjà-vu de l'univers ainsi créé ; c'est dommage, en les distillant ou en les formulant de façon moins convenue, ça pourrait rendre mieux !

Citer
Une clé lui avait dit le vieux qui partageait son pallier.
il faut une virgule après "clé", sinon c'est la clé le sujet de la phrase et ça veut plus rien dire ^^

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tu perds ton temps fiston.
il faut une virgule avant "fiston"

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Elle avait quelque chose de pesante
pesant

Citer
L’homme pivota très lentement sur lui-même, comme si chaque déplacement lui coûtait un brin de vie.
joliment tourné !

Citer
— Fais chier ce con.
fait

Citer
Y Etait jonchés des fauteuils défoncés
bug ?


A la différence de Loic, j'ai bien aimé le style d'écriture, avec quelques jolies trouvailles, notamment au début. L'univers est bien planté, ça mériterait sans doute d'être développé (tout le contexte de la clé, notamment, et puis le statut des gens qui vivent "en bas"), mais vu la limite de signes imposée par l'AT...
Par contre, ce qui m'empêche de vraiment adhérer au texte, c'est que j'ai trouvé qu'il manquait d'originalité. Les méfaits de la pollution, la technologie propre et invasive, les inégalités sociales en haut/en bas, le vieillard qui porte la bonne parole, l'ascenseur, les baies vitrées donnant sur les immeubles d'acier... J'ai eu l'impression d'avoir lu et vu ça beaucoup de fois ; résultat : comme le texte est court, il ne m'a pas trop marquée. L'histoire du personnage qui doit ôter son masque dans un univers qu'il croit à tort irrespirable me rappelle beaucoup une scène de quelque chose, mais je me rappelle pas quoi (j'ai vu que quelqu'un citait Matrix, je ne me rappelle plus du film mais c'est peut-être ça...)

Bref, voilà, je pense que pour que le texte développe tout son potentiel, il faudrait en faire quelque chose de beaucoup plus long. Reste que ça se lit bien et qu'il n'y a pas de défaut important dans l'écriture ou la construction, c'est agréable à lire ! Mais le fond est à creuser, je trouve.

Au plaisir de te lire !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Baptiste

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Re : [AT n°4 - T05] Inspire
« Réponse #11 le: 06 Septembre 2014 à 07:29:54 »
Salut

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— Ah ! Cria
cria


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Et ta sœur.
j'trouve ça bizarre mais ça m'a fait rire

Comme Aa, j'ai bien aimé la premiere partie, un peu intriguante malgé un univers déjà plus ou moins connu. Sur la seconde partie avec le "vieux débris" (c'est un peu moche d'ailleurs qu'il veuille qu'on le surnomme comme ça) tu m'a un peu plus largué par manque d'univers ou même "d'intrigue" et je suis pas très convaincu par la chute. Je m'attendais à quelque chose de plus percutant.
Et comme aa je trouve le rapport à l'anachronisme léger.

Merci pour ce texte

 


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