Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => Salle de débats et réflexions sur l'écriture => Discussion démarrée par: Aphone le 14 Mai 2013 à 23:47:48

Titre: Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Aphone le 14 Mai 2013 à 23:47:48
Ernya ?  :-¬?
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Anlor le 15 Mai 2013 à 00:09:19
Moi je n'écris pas parce que je n'ai rien à dire. Je ne trouve plus d'histoires originales. Enfin, je n'arrive pas à imaginer de machin sans me dire "c'est déjà ce que t'as écrit", "c'est déjà ce qu'un tel à écrit", "c'est pas intéressant".
En gros, si j'écris, c'est pour faire des trucs trop bien, et je m'en sens pas capable.
Donc je n'écris pas.
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: ernya le 15 Mai 2013 à 00:46:20
Bon, Aphone, tu pourrais aussi dire des choses nan mais.

Bah, moi, ça fait depuis... un an et quelques que je n'écris plus, je crois. J'ai rien à dire de particulier, enfin disons que j'ai moins d'images qui trottent dans ma tête et qui me poussent à les coucher sur du papier. J'ai pas non plus l'envie en fait. Le peu de temps dont je dispose, je préfère le prendre pour voir des gens, lire ou regarder des choses plus ou moins stupides sur mon ordi. Ou aller sur le forum (mais ça,  je le faisais déjà avant de toute façon). En fait, j'ai l'impression que l'écriture fait partie d'un passé, du temps de mes débuts sur le forum, du temps où j'avais l'impression que faire des études de lettres et écrire, c'était un couple qui allait de soi, du temps où on faisait des défis mensuels et où on postait tous les mois un texte (quand je dis "on", je parle des "anciens" aussi amis irl, en fait l'affinité motivait complètement mes textes, je crois). Et aujourd'hui, je me reconnais plus dans tout ça. J'aime toujours venir mettre mon grain de sel dans les textes parce que j'aime toujours autant la littérature qu'elle soit d'amateurs comme nous ou de non amateurs mais je n'ai plus cette envie d'écrire. Je suis contente d'avoir pu écrire des textes, et beaucoup me tiennent à coeur malgré leurs défauts indéniables, mais faire encore ça, ça me semble vain, aujourd'hui.
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: OliveDuWeb le 15 Mai 2013 à 09:11:20
Quand j'ai fait des pauses d'écriture — oui, ça m'est arrivé plusieurs fois, allant de quelques semaines à quelques années — c'est surtout par manque de motivation. Je n'aimais plus ce que je pondais, et j'avais du mal à continuer. C'était aussi parce que j'avais plein d'autres choses à faire à la place.

Finalement, je me rends compte que plus j'écris et plus j'ai envie d'écrire, et plus j'ai des idées que je veux faire partager.
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Kerena le 15 Mai 2013 à 09:36:44
Tout pareil que vous les filles. Je n'ai plus d'inspiration, à part quand ça vient d'un coup comme une révélation. Ou alors j'ai la grosse flemme de continuer les trucs commencés - mais c'est un autre problème  :-¬?
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Moyen Moyen le 16 Mai 2013 à 14:26:27
Ca ne viens plus  :mrgreen:
Mais contrairement à d'autres je le vis pas très bien. Il n'y a que quand je suis dans cet état d'esprit créatif que je me sens bien.
Plus rien a raconter. Aucun sujet, aucune idée ne trouve grâce à mes yeux.
D'ailleurs je trouve tout le monde con.
C'est en partie pour ça que je ne poste plus ici, je me sens aigri.

Le plus drôle c'est que je sais que ça n'est qu'une passade, que dans quelque mois je serais à nouveau plein d'entrain.
Je suis convaincu que c'est hormonal (oui les hommes aussi). C'est déprimant d'être aussi peu maître de soi.
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Papillote le 16 Mai 2013 à 14:57:26
Genial, cette phrase : D'ailleurs, je trouve tout le monde con.
Voila une bonne idée de début de nouvelle!
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Aphone le 16 Mai 2013 à 21:52:44
J'y viens Ernya  ^^

A vrai dire, cette phrase est très con mais je ne me la suis jamais posée. Certainement parce que je ne m'imagine pas le faire. Depuis que j'ai commencé (putain, dix ans !) j'ai jamais arrêté. Pas un jour sans y penser, sans griffonner dans un coin de timbre. Et à vrai dire, la seule réponse que je trouve à répondre c'est : parce que plus d'encre ?

Après, je comprends le point de vue de ceux qui préfèrent ne pas lutter contre la panne d'inspiration. Ce blocage est les menottes de l'écrivain. Et j'ai toujours eu du mal à lutter. Mais c'est aussi très gratifiant de relire un passage écrit pendant cette période, une fois sorti, et se dire que finalement, il n'est pas si mal que ça.

Pourquoi ne pas écrire ? Pourquoi ne pas te taire.
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Eveil le 24 Juin 2017 à 12:50:48
Et les autres ? et maintenant ? faites pas vos timides  :mrgreen:
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Miromensil le 24 Juin 2017 à 19:30:28
Tu as le writing blues, Eveil ? :P
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Eveil le 25 Juin 2017 à 15:34:43
non, pas encore, mais je suis curieux...
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Moyen Moyen le 30 Juin 2017 à 11:48:12
Attention ça va être pathétique:

Je ne sais même pas, c'est épouvantable!

J'aime bien écrire, j'ai un truc à raconter, le thème, vaguement la trame, des ébauches de personnages, des tonnes de notes, c'est le sujet de ma vie, c'est au carrefour de tout ce que je dois faire... et je traîne sur Reddit tous les soirs comme un gros naze.

Rien à faire.

Je commence pourtant, je ne compte plus mes débuts. Les dix ou cents premières phrases. Mais bon c'est clairement de la me..de alors je passe à autre chose.

En fait j'ai tellement de truc à dire dans mon projet que je n'arrive pas à me résoudre à poser le décor, les personnages, à raconter les petites choses qui font l'histoire. Enfin je crois que le problème est là.

Il y a aussi le fait que je ne lise pas ou peu, que mes proches ne soient pas très concernés par cette partie de ma vie et que je sois une cochonnerie de procrastinateur (https://www.reddit.com/r/videos/comments/4alqcq/tim_urbans_unbelievably_relatable_talk_on_the/).

Bref je vis dans la frustration la plus complète depuis plus d'un an.
Alors même que j'ai arrêté plein d'activité annexe de ma vie pour me consacrer à celle-ci... sans succès pour l'instant.
Titre: Re : Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Chouc le 30 Juin 2017 à 12:01:53
Attention ça va être pathétique:

Je ne sais même pas, c'est épouvantable!

J'aime bien écrire, j'ai un truc à raconter, le thème, vaguement la trame, des ébauches de personnages, des tonnes de notes, c'est le sujet de ma vie, c'est au carrefour de tout ce que je dois faire... et je traîne sur Reddit tous les soirs comme un gros naze.

Rien à faire.

Je commence pourtant, je ne compte plus mes débuts. Les dix ou cents premières phrases. Mais bon c'est clairement de la me..de alors je passe à autre chose.

En fait j'ai tellement de truc à dire dans mon projet que je n'arrive pas à me résoudre à poser le décor, les personnages, à raconter les petites choses qui font l'histoire. Enfin je crois que le problème est là.

Il y a aussi le fait que je ne lise pas ou peu, que mes proches ne soient pas très concernés par cette partie de ma vie et que je sois une cochonnerie de procrastinateur (https://www.reddit.com/r/videos/comments/4alqcq/tim_urbans_unbelievably_relatable_talk_on_the/).

Bref je vis dans la frustration la plus complète depuis plus d'un an.
Alors même que j'ai arrêté plein d'activité annexe de ma vie pour me consacrer à celle-ci... sans succès pour l'instant.

Je ne l'aurais pas formulé autrement (enfin si, mais moins bien) alors je ne peux qu'appuyer. C'est la même ici.
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Moyen Moyen le 30 Juin 2017 à 14:04:29
J'aurais préféré une réponse du genre: "ah mais non Moyen, je suis déjà passé par là moi aussi, c'est un écueil très commun, ne t'inquiète pas. Il te suffit de manger de la choucroute deux fois par jour pendant l'été et tu verras tout va se débloquer d'un coup comme par enchantement."

En tout cas ça fait chaud au cœur de savoir que je ne suis pas seul coincé sur cette satanée aire d'autoroute...
Et le premier de nous deux qui sort de là montre le chemin à l'autre OK?
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Nexwall le 30 Juin 2017 à 14:28:12
C'est d'amorcer la première bretelle sans destination qui nous amène le plus loin, s'arrêter, c'est sortir. Laisser la voiture de marque Passion mener le trafic, les pneus abnégations et obstinations à l'avant, motivation et courage à l'arrière. Les deux mains sur le rêve, conduire cet enfin chimérique jusqu'à son maximum, sans oublier de ne faire des pauses que pour reprendre le chemin avec des outils à niveau. (On oublie pas la pression des pneus.)
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Chouc le 30 Juin 2017 à 15:34:08
Tu sais Moy, j'espère aussi que tu reviendras me voir bien vite en me disant qu'il y a moyen de moyenner, en moyenne. En attendant, ce qui a (un tout petit peu) marché, pour moi, c'est d'arrêter d'essayer.

Ça va faire un an, à vu de pied, que je bloque sur les 2 mêmes projets. Aucun des deux n'avancent, ils restent bloqués dans ma tête. J'essayais de me forcer à faire un choix, à en avancer au moins un des deux, mais ça les faisait se télescoper. Aucun résultat.

Alors j'ai arrêté d'essayer. J'ai laissé ces deux projets dans un coin. J'ai décidé de pousser les autres à écrire, plutôt, histoire de rester en contact avec le feu sacré. D'organiser la Fan-Friction m'a obligé à me replonger un peu dans la lecture et l'écriture. Et de fait, depuis que je me suis mise cette idée en tête, j'ai sortir un, puis deux, puis trois textes courts. Moi qui n'en écris d'habitude jamais. Alors c'est pas du grand spectacle évidemment, mais ça déverrouille quelques mécanismes. Et cette semaine, pof, j'ai pondu un prologue pour l'un de mes projets abandonnés. Alors bon, c'est jamais que 400 mots, ça va pas bien loin. Mais hey, c'est 400 mots de plus que la semaine dernière.

Bref, peut-être que lâcher prise, c'est la clé. Abandonner un projet, le meilleur moyen d'y revenir. Se forcer si on est pas prêt, ça ne peut pas fonctionner.
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Alan Tréard le 30 Juin 2017 à 16:39:59
J'ai trouvé le témoignage de Choucroute très parlant.

Pour ma part, j'ai dû recommencer quatre fois l'écriture de mon projet pour aboutir enfin à quelque chose.

C'est au moment où m'est venue l'idée de transformer un roman à la première personne en une multitude de contes féériques que j'ai su trouver le juste équilibre. Combien de temps ne m'a-t-il pas fallu pour surmonter tous ces obstacles ? Et pourtant, pendant ces deux années d'impuissance pour un projet qui me paraît fondamental, j'ai travaillé sur d'autres thématiques importantes, mon Contre-Attentat, mon recueil Poèmes différents dont je fais la promotion en ce moment, quelques enquêtes journalistiques, un peu de théâtre ou des travaux sur l'économie du livre.

C'est de sortir d'un format, qu'on s'était défini de comment j'aurais voulu être auteur, qu'on parvient alors à construire une voire plusieurs démarches d'écriture, à se surprendre réellement et à s'offrir de belles trouvailles. Les projets annexes deviennent parfois nos plus grands champs de bataille !

Je t'encourage à tenter l'impossible ou à t'intéresser à ce que tu pensais hors de tes limites, même si tu commets quelques étrangetés, tu auras toujours plus de chances de t'établir.
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: cyamme le 30 Juin 2017 à 17:05:15
Et en plus de l'aspect "arrêter d'essayer", je crois qu'il y a aussi le "commencer à agir, n'importe comment" parce que laisser tomber des activités en espérant écrire plus est malheureusement illusoire. Moi aussi, je suis coincée dans le grand marécage du "j'ai envie, bientôt, peut-être, demain". Et en fait, si je n'écris pas, ce n'est clairement pas par manque de temps. Parce qu'objectivement, les 5 minutes ou le quart d'heure qu'il me faudrait pour m'y mettre, je l'ai, tous les jours. Donc, dégager plus de temps est une fausse solution et je ne l'ai jamais vue marcher.
Au contraire, comme Choucroute, commencer un autre projet, n'importe lequel et le voir se construire, c'est une super solution pour attaquer l'écriture sournoisement, par le coté et paf! avant de s'en apercevoir, on a écrit. J'ai fait un truc similaire en me mettant à utiliser LaTeX (bon, c'était pour rédiger des trucs scientifiques en général, hein). Et du coup, j'étais concentrée sur les problèmes de code et pif paf ! j'ai écris sans même m'en apercevoir parce que la partie "gnnaaaah, noooon, mais laisse tomber, t'façon c'est nase ce que tu fais. Oh tiens, si tu allais plutôt lire ces articles débiles ou regarder ces vidéos abrutissantes pour t'oublier un peu" était bien obligée de se tenir tranquille. C'est la partie "en avant, on va régler ce souci d'informatique" qui prenait le pas.

T'as essayé les défis, Moyen-Moyen ? Je te défie d'écrire un texte, le plus mauvais possible, imitant les confidences d'une préado à son journal intime.
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Chouc le 30 Juin 2017 à 17:09:16
Citer
T'as essayé les défis, Moyen-Moyen ? Je te défie d'écrire un texte, le plus mauvais possible, imitant les confidences d'une préado à son journal intime.

Réponds pas Moyen, c'est un piège, elle essaye de t'envoyer sur mon terrain  :ronchon:
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Elk le 01 Juillet 2017 à 12:08:33
Je me reconnais beaucoup dans ce que vous dites aussi, Chouc et Moy Moy. J'ai deux gros projets de réécriture en patinage depuis 2, 3 ans... ? J'ai du passer des heures à réfléchir à ce qu'il fallait modifier, comment réorganiser les chapitres, comment enrichir tel morceau de l'histoire, comment mieux mettre en valeur tel personnage, etc.
Mais je n'ai pas dépassé la (douzième) réécriture du prologue/chapitre 1 pour l'un et pour l'autre, tout en me disant à chaque fois que j'avance sur un des projets que je ne devrais pas laisser tomber l'autre. Je pense que j'ai clairement trop d'attentes/trop envie de bien faire, parce que ce sont des réécritures et donc il faut que ce soit bon. Résultat, rien du tout |-|

Et donc, je fais aussi des textes courts et des projets cools sur le MDE pour ne pas complètement laisser tomber.

commencer un autre projet, n'importe lequel et le voir se construire, c'est une super solution pour attaquer l'écriture sournoisement
Et aussi pour arriver à se dire qu'on est capable de se lancer dans un truc et de le mener à bout (même si c'est juste une présentation de personnage pour la Fan-Friction, ou une réponse dans le fil "pourquoi ne pas écrire" :-¬?)
Titre: Re : Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Milora le 01 Juillet 2017 à 16:42:03
C'est d'amorcer la première bretelle sans destination qui nous amène le plus loin, s'arrêter, c'est sortir. Laisser la voiture de marque Passion mener le trafic, les pneus abnégations et obstinations à l'avant, motivation et courage à l'arrière. Les deux mains sur le rêve, conduire cet enfin chimérique jusqu'à son maximum, sans oublier de ne faire des pauses que pour reprendre le chemin avec des outils à niveau. (On oublie pas la pression des pneus.)
:coeur:  :coeur:  :coeur:


J'ai eu un gros blocage d'écriture y a quelques années. J'ai cru que j'avais juste "perdu" la capacité à écrire. Je me rappelle plus exactement de ce que je ressentais, je crois que j'arrivais pas à coucher sur le papier les idées que j'avais en tête, elles étaient comme "figées" dans mon esprit et ne prenaient pas forme, et quand je me forçais à les écrire, ça faisait pas naturel, forcé, ne correspondant pas du tout à ce que je voulais exprimer.
Et en fait, j'ai compris après coup que c'était parce que j'allais pas bien, à ce moment-là (c'était quand je vivais avec ma grand-mère atteinte d'Alzheimer). Sur le moment, j'avais pas fait le lien, mais après coup c'était évident. Et je pouvais rien faire pour lutter contre cette "page blanche", alors j'ai attendu que ça passe. Et c'est passé. Tout seul. Petit à petit, je sais pas trop comment, je suis revenue à mon état d'avant (sans doute que nerveusement aussi, pas que pour l'écriture).
Du coup, je me suis dit qu'il fallait jamais croire qu'on a "perdu la capacité d'écrire" (qu'on l'appelle inspiration ou autre). C'est toujours des phases, plus ou moins longues, et ça revient. Penser ça retire du stress aux moments de blocage, et les rend plus courts ou moins bloquants, je trouve.



Sinon en ce moment, j'ai un autre type de blocage (mais je pense que ça passera tout seul). J'ai passé des mois (voire dans une moindre mesure, des années) à me dire "tu ne peux pas écrire maintenant parce que tu fais ta thèse, mais dès que t'as fini le doctorat, tu t'y remets !". Et j'ai plein d'idées, de trucs que j'ai imaginés pendant les phases où je pouvais pas écrire et qu'il ne reste "que" à mettre sur papier.
Et j'ose pas  :-X
C'est idiot, mais j'éprouve une sorte de trac. Comme si, d'une part, j'en avais toujours pas le droit (parce qu'il y a toujours des choses plus obligatoires à faire à la place) ; et d'autre part, comme si j'osais pas. Un peu comme quand on n'ose pas traverser un magasin de porcelaine où on n'aurait pas le droit d'entrer, de peur qu'on vous voie et de peur de casser quelque chose au passage.
(Du coup je tente de passer outre en prenant de vieux textes et en les corrigeant).
Titre: Re : Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Moyen Moyen le 03 Juillet 2017 à 11:25:46
 :)

Merci WEG, Nexwall, ChoucrouteEstivale, Alan Tréard, cyamme, Elk et Milora d'avoir pris le temps de partager vos expériences en la matière.

Je vous ai tous lu avec le plus grand intérêt et je tiens à répondre à deux trois trucs en particulier:

Tu sais Moy, j'espère aussi que tu reviendras me voir bien vite en me disant qu'il y a moyen de moyenner, en moyenne. En attendant, ce qui a (un tout petit peu) marché, pour moi, c'est d'arrêter d'essayer.
[..]
Bref, peut-être que lâcher prise, c'est la clé. Abandonner un projet, le meilleur moyen d'y revenir. Se forcer si on est pas prêt, ça ne peut pas fonctionner.

C'est possible mais ça fait peur. Peur de lâcher et de ne jamais revenir. En même temps je ressens bien ce que mon obstination actuelle a d'infructueuse. J'ai l'intuition d'être comme ce bourdon frénétique qui cherche a s'échapper et qui s'épuise a se cogner contre la même vitre depuis des heures alors qu'en se posant paisiblement dans un coin il finira bien par passer quelqu'un pour ouvrir. Je vais peut-être prendre le risque de desserrer l'emprise voir.

En tout cas je mets un point d'honneur à ne pas oublier de venir essayer de débriefer ici le jour où, par bonheur, je sors de là.


T'as essayé les défis, Moyen-Moyen ? Je te défie d'écrire un texte, le plus mauvais possible, imitant les confidences d'une préado à son journal intime.

Alors oui je crois que j'en ai fait un ou deux en cinq an de présence sur le forum, c'est dire le stakhanoviste du défi que je suis!
Alors bon je vais voir.. ton défi m'a l'air amusant et cruel, j'ai trempé une patte dans la fan-friction de Choucroute aussi..
Oui je vais voir  :mrgreen:

Sinon, je me permets de mettre en parallèle ces deux réponses:

Je pense que j'ai clairement trop d'attentes/trop envie de bien faire, parce que ce sont des réécritures et donc il faut que ce soit bon. Résultat, rien du tout |-|

et

Sinon en ce moment, j'ai un autre type de blocage (mais je pense que ça passera tout seul). J'ai passé des mois (voire dans une moindre mesure, des années) à me dire "tu ne peux pas écrire maintenant parce que tu fais ta thèse, mais dès que t'as fini le doctorat, tu t'y remets !". Et j'ai plein d'idées, de trucs que j'ai imaginés pendant les phases où je pouvais pas écrire et qu'il ne reste "que" à mettre sur papier.
Et j'ose pas  :-X
C'est idiot, mais j'éprouve une sorte de trac. Comme si, d'une part, j'en avais toujours pas le droit (parce qu'il y a toujours des choses plus obligatoires à faire à la place) ; et d'autre part, comme si j'osais pas. Un peu comme quand on n'ose pas traverser un magasin de porcelaine où on n'aurait pas le droit d'entrer, de peur qu'on vous voie et de peur de casser quelque chose au passage.

Parce que ça relève du même phénomène et clairement c'est quelque chose que je ressens très fortement aussi. D'ailleurs, le jour, s'il arrive, ou je bricole un premier chapitre, je ne pourrais pas m'empêcher de le relire en me disant "Fichtre.. tout ça pour ça!". Mais si c'est le prix à payer, peut-être que je peux accepter l'insatisfaction.
Disons que ça sera d'autant plus facile que je sais que c'est normal (puisque vous aussi.. ça devient normal, on est d'accord?  :mrgreen:)

Et pour finir:

Et en fait, j'ai compris après coup que c'était parce que j'allais pas bien, à ce moment-là (c'était quand je vivais avec ma grand-mère atteinte d'Alzheimer). Sur le moment, j'avais pas fait le lien, mais après coup c'était évident. Et je pouvais rien faire pour lutter contre cette "page blanche", alors j'ai attendu que ça passe.

Alors là... comment dire je ne suis pas tout à fait sûre. Je n'avais jamais fais de lien non plus.
Mon père souffre d'une maladie neurodégénérative qui le grignote aimablement de l'intérieur depuis une quinzaine d'année. J'ai l'impression de bien surmonter la chose, de l'accepter et de faire le nécessaire, tout ça. Mais en te lisant j'ai quand même entendu un écho lointain dans ma tête. Mon "moi" gamin qui essaie de me dire que oui ça fait mal et que j'ai tendance à le refouler pour pas souffrir. Il y a peut-être un rapport mais si c'est le cas, je suis pas super rassuré...

Et que pour faire le lien avec la proposition de défi, je me demande si je devrais pas essayer d'écrire un texte pour parler de ça.
Je vais y penser.
Titre: Re : Re : Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Milora le 03 Juillet 2017 à 18:02:24

Et en fait, j'ai compris après coup que c'était parce que j'allais pas bien, à ce moment-là (c'était quand je vivais avec ma grand-mère atteinte d'Alzheimer). Sur le moment, j'avais pas fait le lien, mais après coup c'était évident. Et je pouvais rien faire pour lutter contre cette "page blanche", alors j'ai attendu que ça passe.

Alors là... comment dire je ne suis pas tout à fait sûre. Je n'avais jamais fais de lien non plus.
Mon père souffre d'une maladie neurodégénérative qui le grignote aimablement de l'intérieur depuis une quinzaine d'année. J'ai l'impression de bien surmonter la chose, de l'accepter et de faire le nécessaire, tout ça. Mais en te lisant j'ai quand même entendu un écho lointain dans ma tête. Mon "moi" gamin qui essaie de me dire que oui ça fait mal et que j'ai tendance à le refouler pour pas souffrir. Il y a peut-être un rapport mais si c'est le cas, je suis pas super rassuré...

Et que pour faire le lien avec la proposition de défi, je me demande si je devrais pas essayer d'écrire un texte pour parler de ça.
Je vais y penser.
Déjà, :calin: , parce que c'est dur à vivre (et ça crée des situations et des émotions que, souvent, ne peuvent comprendre que les gens qui sont passés par la même chose. C'est rare que quelqu'un qui n'a pas pris soin d'une personne malade ou âgée puisse comprendre ce que vit quelqu'un qui le fait).
Après, ça n'est pas une relation de causalité : toi seul peut le sentir. Mais dans mon cas, c'était quelque chose qui me grignotait lentement (tristesse + pas avoir de vie), et je me rendais pas compte d'à quel point, pour écrire, je devais avoir de l'énergie constructive en moi, énergie que la situation de ma grand-mère me pompait totalement. Mais c'est à chacun de voir comment il le ressent...


Citer
Parce que ça relève du même phénomène et clairement c'est quelque chose que je ressens très fortement aussi. D'ailleurs, le jour, s'il arrive, ou je bricole un premier chapitre, je ne pourrais pas m'empêcher de le relire en me disant "Fichtre.. tout ça pour ça!". Mais si c'est le prix à payer, peut-être que je peux accepter l'insatisfaction.
C'est pas exactement pareil mais l'un des principaux enseignements de la rédaction de thèse, que tous les doctorants partagent, et qui s'applique bien ici, c'est : *voix de vieux sage chinois* Ecrire sa thèse, c'est faire le deuil de la thèse qu'on voulait écrire.
Je pense que ça s'applique carrément pour les romans, aussi.
Titre: Re : Re : Re : Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Elk le 04 Juillet 2017 à 09:13:17
Ecrire [son roman], c'est faire le deuil [du roman] qu'on voulait écrire.

 _/-o_

Je propose que nous gravions tous dans nos esprits ces propos de la vénérable Milora.

Et plus sérieusement, je vais essayer de le garder dans un coin de ma tête pour la prochaine fois que je tenterai d'avancer mes réécritures (ce qui ne tardera peut-être pas, parce que cette discussion m'a donné envie de m'y remettre :) )
Titre: Re : Re : Re : Re : Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Alan Tréard le 04 Juillet 2017 à 18:24:01
Ecrire [son roman], c'est faire le deuil [du roman] qu'on voulait écrire.

 _/-o_

Je propose que nous gravions tous dans nos esprits ces propos de la vénérable Milora.
o><o Je n'aurais pas dit mieux !
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Milora le 04 Juillet 2017 à 19:21:38
 :D

Y a quand même une nuance : quand on rédige sa thèse, y a un vrai sentiment de deuil genre "c'est pourri et en plus c'est douloureux à faire" ; alors qu'un roman, ouais, ça sort moins bien que ce qu'on aurait voulu et forcément différent de ce qui était prévu, mais au moins c'est agréable à écrire quand même. ^^
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: cyamme le 04 Juillet 2017 à 19:27:53
Mais, pour les lettres de motivation et les rapports/mémoires, c'est un bon truc à avoir à l'esprit ! :)
Titre: Re : Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: Aphone le 05 Juillet 2017 à 00:37:05
J'y viens Ernya  ^^

A vrai dire, cette phrase est très con mais je ne me la suis jamais posée. Certainement parce que je ne m'imagine pas le faire. Depuis que j'ai commencé (putain, dix ans !) j'ai jamais arrêté. Pas un jour sans y penser, sans griffonner dans un coin de timbre. Et à vrai dire, la seule réponse que je trouve à répondre c'est : parce que plus d'encre ?

Après, je comprends le point de vue de ceux qui préfèrent ne pas lutter contre la panne d'inspiration. Ce blocage est les menottes de l'écrivain. Et j'ai toujours eu du mal à lutter. Mais c'est aussi très gratifiant de relire un passage écrit pendant cette période, une fois sorti, et se dire que finalement, il n'est pas si mal que ça.

Pourquoi ne pas écrire ? Pourquoi ne pas te taire.

C'est drôle que je retombe sur ce message en ce moment. Il me paraît appartenir à une autre époque. Avoir été écrit par quelqu'un d'autre.

Parce qu'aujourd'hui je suis dans la situation inverse : je n'arrive plus à écrire. Pour toutes les raisons décrites par Anlor, en début de thread. Et parce je fais un blocage : écrire faisait partie d'une autre vie. Il y a eu une scission et écrire me donne l'impression de ne plus faire partie de moi. Ou pas comme avant, en tous cas. Je n'ai pas encore trouvé la solution, pour concilier les deux : du coup je n'écris pas. Je me contente de relire ce qu'ai écrit, en espérant.
Titre: Re : Et pourquoi ne pas écrire ?
Posté par: vinzWallbreaker le 05 Juillet 2017 à 10:51:28
Les passages à vide... C'est normal... Selon les personnes cela peut durer quelques jours à plusieurs mois/années. Dans ce cas, je pense qu'il faut vraiment laisser de côté et ne plus y penser du tout. Laisser le temps agir. Et un jour, sans savoir pourquoi, l'envie revient.

Ces derniers mois, j'avais un peu un manque de conviction pour avancer sur mon deuxième texte long... Ça n'avançait pas vraiment et puis j'ai posté le début sur le MdE et cela m'a mis une sorte de contrainte, une sorte de pression extérieure. Et moi, je ne fonctionne que comme ça, sinon je procrastine à mort.

Sans contrainte, il n'y a pas de création.