Bonjour Aléa,
Votre poème est ancré dans l'instant présent, il montre les petites scènes de la vie, parfaitement ordinaires.
Simplement regarder les gens et regarder la vie passer, c’est cette sensation de présence au monde qui m’a touchée.
Merci pour ce partage
La vie m’apparaît plus vraivraie peut-être
Dans ce café, je lis - deux autres lisentOn suit ton idée, ou du moins ton regard, et "une d'entre nous - semble bien seul sans raison d'être.
Deux travaillent, ordinateurs
Les serveuses servent, au comptoir
D’autres discutent sorties
Une d’entre nous - parce que
Tout cela devient un nous
On ne se parle pas, on ne le voit pas, on n’y pense pas
Mais il y a un nous
Je m’importe peu, oui, il y a un nous -
Une d’entre nous pleure en écrivant
Elle cherche dans son portable et
Pleure sur son carnet
Sinon c’est le silenceCe sont les commandes pas trop fortes ou la bossa nova ?
Les commandes - bossa nova - pas trop fortes
Un gâteau au chocolat fond
Brûlant sur ma langue
Les reniflements contenus
Le goût du frappé trop amer
Un homme passe devant le café, il parle si fort brise notre silence intime, ralenti un poil en fait il ausculte notre salle remplie de femmesralentit un poil - et la répétition de en fait me chagrine
En fait il sonde l’intérieur pour savoir laquelle d’entre nous il aimerait la plus baiser.
Disparaît.
Je ne voudrais pas sortir.
Fenêtres grandes ouvertes sur la rue sur la terrasse les chaises en métal chaud
Une écume d’or du soir dégouline sur les tables jardin
Annonce l’heure
L’éclat dans la vitre m’éblouit
Me ferme les yeux
J’aimerais rester dans ce café pour toujours
Rester ici en tombe ou me téléporter dans mon sofa, au choix du miracle
Les bancs sans regards : bannisSalie, souillée puis bannie ? Il s'agit de la narratrice ?
Salie, souillée
Attendre un transport : paroles et paroles intruses
Infraction sans cesse paro intolérable ; bannie
J’ouvre les yeuxPensées fugaces - Elle c'est encore la narratrice ?
Elle renifle une dernière fois avant de payer
Les ordinateurs ont disparu
Un couple est rentré et il est franchement moche
Les lampadaires de la rue s’allument pour achever d’éteindre le ciel
Je n’aime plus la nuit
Le café ferme dans trente minutes
Je viendrai jeudi
Et puis je danse à faire craquer les lattes de mon parquet
Et puis je sais qu’il y avait un nous
Je t'imagine, souvenir, dans ce bar... une revue bien connue dans ta besace.Mais tu sais qu'en plus, si c'était bien à l'Estaminot ce fameux moment, sache que ce poème a précisément été écrit dans ce bar à Toulouse durant un petit week end de passage
Sinon, j'ai lu ce texte en première lecture dans le mail de notification. Ce style m'a surprise... qui donc ?héhé
On suit ton idée, ou du moins ton regard, et "une d'entre nous - semble bien seul sans raison d'être.je vois ce que tu veux dire, mais je crois que comme ce nous n'est pas conscientisé, le on s'imposait dans le sandwich assezz naturellement en guise de jambon, mais je comprends
Puis tu passes du nous au on.
Et revoilà le "Une d'entre nous" avec sa raison d'être
Ce sont les commandes pas trop fortes ou la bossa nova ?les deux :mrgreen: les cadratins m'amusent pour ca
ralentit un poil - et la répétition de en fait me chagrinela répétition du en fait c'est une tentative douteuse j'avoue, j'aurais du mettre une virgule après le deuxième pour l'assumer plus
Salie, souillée puis bannie ? Il s'agit de la narratrice ?nan dans le sens, les bancs sont bannis, mais je suis salie et souillée, mais je vois la confusion ca fait pas clair comme je le dis
Pensées fugaces - Elle c'est encore la narratrice ?non ici elle c'est celle qui pleurait plus tôt !
Re-bonjour Aléa,
Votre poème est en vers libres, ce qui vous laisse une grande liberté de construction. Le texte semble chercher une poésie de l’instant, presque brute, qui refuse de trop “faire joli”. Vous racontez une histoire, et je trouve que c’est une force du poème : on entre progressivement dans cette scène à travers le regard de la narratrice.
Vous créez également un rythme interne avec l’alternance de vers longs et de vers plus courts. J’ai remarqué que les vers 26, 27, 30 et 36 sont sensiblement plus longs que les autres. Cela produit un effet visuel et ralentit peut-être légèrement la lecture. Je me suis demandée s’il y avait une intention particulière derrière le choix de les laisser ainsi, plutôt que de les couper.
Quelques formulations paraissent provisoires : “ralenti un poil”, “au choix du miracle”, “infraction sans cesse paro intolérable” ; peut-être c’est volontaire.
L’émotion ressentie par le lecteur, c’est l’essentiel, je pense que c’est acquis
La peur de l'Homme...le Mâle.;D