Le Monde de L'Écriture

Sous le soleil des topics => Discussions => Le petit salon => Discussion démarrée par: Galianis le 23 Juin 2018 à 09:53:31

Titre: #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Galianis le 23 Juin 2018 à 09:53:31
Mdéiens, mdéiennes, auteurs en herbe ou en devenir, savez-vous que ces derniers jours les auteurs se mobilisent ?

Je n'ai pas vu de fil à propos de ça.

Un problème de changement de statut de sécurité sociale apparemment https://www.lamaisondesartistes.fr/site/rassemblement-jeudi-21-juin-artistes-auteurs-quel-avenir-pour-notre-regime-de-securite-sociale/.

Ceci étant doublé avec toutes les difficultés que peuvent déjà rencontrer les auteurs (précarité, au hasard).

Vous vous sentez touché ? Inquiet ? Désabusé ? Ou vous ne saviez même pas ? Je n'ai hélas pas l'impression que le mouvement prenne beaucoup. Pour ce que j'en vois sur internet en tout cas.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Alan Tréard le 23 Juin 2018 à 14:33:15
Effectivement les choses bougent, on a intérêt à mener la lutte sur tous les fronts !! Nos droits ne sont pas négociables !
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Galianis le 27 Juin 2018 à 10:59:53
... Mais visiblement, ça n'a pas l'air de passionner la communauté.

Ou est-ce moi qui ai trop bâclé la présentation du topic ?
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Nocte le 27 Juin 2018 à 11:07:52
Je cherche pas spécialement à vivre de mon art, alors être payé ou pas, ça m'intéresse pas des masses.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 27 Juin 2018 à 12:02:43
Je ne connais pas exactement tous les tenants et aboutissants de cette histoire, mais ça me semble s'inscrire dans le programme de réforme des différents régimes de sécurité sociale, que j'ai tendance à soutenir. Il existe bien trop de régimes distincts, une refonte des régimes spéciaux est en cours et de plus en plus de regroupements s'opèrent. Ça ne signifie pas la suppression du régime de sécurité sociale des auteurs, ça signifie qu'il va être réformé (comme celui des notaires, celui des marins-pêcheurs, celui d'un tas d'autres groupes de professions qui sont trop isolés pour "survivre" financièrement).
Bref, réformer un système à l'agonie, je ne vois pas trop où est le mal. Mais ce qui semble être reproché ici est surtout le manque de consultation des concernés, c'est ça ?

Dans ce cas ma position rejoint celle de WEG. N'ayant pas pour objectif de vivre de l'écriture, ce manque de consultation ne me pose pas plus de problème que ça.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Loïc le 27 Juin 2018 à 13:12:29
Pas mieux que les autres. Le concept de professionnalisation de l'écriture me laisse, au mieux, sceptique.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Milla le 27 Juin 2018 à 13:43:10
Salut Galianis !

Y a souvent plein d'infos intéressante sur le site de la charte. Là ils parlent de cette question de changement de sécu : http://la-charte.fr/le-metier/le-statut-social-des-auteurs/article/vers-un-nouveau-regime-social-des (http://la-charte.fr/le-metier/le-statut-social-des-auteurs/article/vers-un-nouveau-regime-social-des) qui est justement en effet surtout à l'état de gros tas de questions...
Je pense en tout cas que ce sera un peu plus simple de ne plus avoir MDA + AGESSA, après j'y capte pas des masses de chose, j'attends un peu de voir pour ma part.

a priori y a aussi eu une réunion hier dont les premières nouvelles sont :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



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Le concept de professionnalisation de l'écriture me laisse, au mieux, sceptique.
:???: comment ça ?
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Aléa le 27 Juin 2018 à 14:17:23
Salut,

Vrai qu'on a pas beaucoup réagi, pour ma part je suis tout ça de loin depuis un moment (avec la charte que cite Milla, et des auteures comme Samantha Bailly), les auteurs se font entendre d'un peu partout par des biais différents, là c'est les auteurs jeunesse qui semblent le pls actifs, aussi parce qu'ils ont un des statuts les plus précaires... ( pis y'a la désormais traditionnelle marche au salon du livre de Paris, même si cette année il y a eu une petite victoire puisque les auteurs ont été reconnus comme conférenciers et donc payables pour leur présence sur les salons : ALLELUIA)
Bref j'avoue avoir du mal à en dire autre chose, je m'en sens concerné par solidarité, parce que ca m'a toujours effaré à quel point l'auteur est l'intermédiaire le moins bien payé de toute la chaine du livre qui fait pourtant vivre des milliers de personnes, donc je soutiens de loin et j'en parle à qui veut bien l'entendre, mais n'étant pas dans une démarche de vivre en tant qu'auteur je ne peux pas prendre les armes pour m'en revendiquer... Mais c'est bon à savoir que des choses se font et qu'il y a des démarches possibles.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Loïc le 27 Juin 2018 à 14:31:11
Bah, les auteurs ont le même statut que tous les producteurs de toute chaîne de production.
Après, on trouve où, concrètement, les sous pour mieux les payer ?
(Quant aux conférences, ils ont réussi l'exploit de se faire payer pour faire leur pub, ce qui est une performance que je me dois de saluer).

@Milla bah professionnaliser revient à limiter fortement les entrées pour les non professionnels, à partir sur de plus en plus de commande, etc.
Je suis pas convaincu de l'intérêt pour la littérature et pour les personnes qui écrivent de faire de l'écriture un emploi.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: vinzWallbreaker le 27 Juin 2018 à 14:39:11
Dommage que j'apprenne ça seulement aujourd'hui... J'aurais bien été voir sur place jeudi dernier de quoi il retourne. Discuter avec les mobilisés est toujours une source d'infos intéressantes (je l'avais fait pour les correcteurs de l'édition).
Après, concernant la professionnalisation des auteurs. Bah, je fais encore une fois le parallèle avec la musique.

Je comprends celui qui dit : moi c'est ma passion je m'en fous de ne pas être payé. Mais par cette pensée, nous pénalisons celles et ceux qui le font pour vivre. Pourquoi perdre du bénéfice avec des gens qui ont des exigences alors qu'il y a pléthores d'artistes prêts à brader leur travail ?
Je crois que malgré tout, vous ne seriez pas contre voir vos écris diffusés et à partir de là, accepteriez-vous de voir d'autres s'enrichir sur votre travail ?
Alors, ne plombons pas celles et ceux pour qui c'est la source de revenu principale.

Moi-même, j'ai du mal avec le principe d'artiste = professionnel. Si on est professionnel on est artisan. Un artiste, de mon point de vue, propose une interprétation du monde sans but lucratif.

Toujours est-il que réformer, oui. Mais si c'est pour faire passer à la trappe discrétos le peu d'acquis positifs, non. Et c'est malheureusement le cas de ce gouvernement avec un banquier à la tête : Les sous oui, l'humain, rien à foutre...
Titre: Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Galianis le 27 Juin 2018 à 15:19:08
Bah, les auteurs ont le même statut que tous les producteurs de toute chaîne de production.
Après, on trouve où, concrètement, les sous pour mieux les payer ?
(Quant aux conférences, ils ont réussi l'exploit de se faire payer pour faire leur pub, ce qui est une performance que je me dois de saluer).

@Milla bah professionnaliser revient à limiter fortement les entrées pour les non professionnels, à partir sur de plus en plus de commande, etc.
Je suis pas convaincu de l'intérêt pour la littérature et pour les personnes qui écrivent de faire de l'écriture un emploi.

Je me trompe peut-être, mais les grands classiques de la littérature que nous connaissons, ne vivaient-ils pas de leur art ?
Hugo je crois, Zola j'en suis sûr, Flaubert et Balzac, je crois bien.

Se professionnaliser en tant qu'écrivain me semble pour moi être tout simplement le passage obligé, si on veut se consacrer pleinement à l'écriture.

Non seulement on peut investir son temps dans sa passion, mais en plus on peut y vivre ? Où est-ce que j'signe ?!



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Moi-même, j'ai du mal avec le principe d'artiste = professionnel. Si on est professionnel on est artisan. Un artiste, de mon point de vue, propose une interprétation du monde sans but lucratif.

Et que dire d'un artiste qui veut, notamment raconter des histoires (= divertissement). Pourquoi n'aurait-il pas autant le droit d'être payé qu'un cinéaste, un développeur de jeux vidéo, ou même un vidéaste sur Youtube (tant qu'à faire)

Un roman, c'est un énorme travail.

Sinon, je vais voir le site de la-Charte. J'avoue que je vois encore un peu flou sur ces histoires de régimes de sécu. Vu mon âge, ça ne m'a jamais touché personnellement.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 27 Juin 2018 à 15:21:39
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Alors, ne plombons pas celles et ceux pour qui c'est la source de revenu principale.

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Mais si c'est pour faire passer à la trappe discrétos le peu d'acquis positifs, non.

Vinz, sais-tu exactement de quoi il retourne dans cette réforme du régime obligatoire des auteurs ? Quels sont les acquis qui sont en périls, s'il y en a ? Et à l'inverse, quels sont les possibles bénéfices de cette réforme, compte tenu du fait que le régime en question est moribond faute de cotisants ?

Avant de dire que notre désintérêt revient à mettre du plomb dans l'aile des auteurs, il serait bon de savoir de quoi il retourne exactement. Personnellement, je n'ai pas pour habitude de lever le bouclier à la vue d'une réforme juste par principe. Là, de ma fenêtre, je vois un régime qui survit difficilement et qui taxe les auteurs outrageusement pour perdurer malgré tout. Si la réforme vis à fondre le régime social des auteurs dans un plus grand régime, il y a de fortes chances que ça se traduise par une baisse des cotisations. Reste à savoir si c'est effectivement le cas et si certains acquis sont en péril, à contrario. Mais crier avant d'avoir mal ou protester pour protester, je pense pas que ce soit utile à la cause.

Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Loïc le 29 Juin 2018 à 13:37:37
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Je comprends celui qui dit : moi c'est ma passion je m'en fous de ne pas être payé. Mais par cette pensée, nous pénalisons celles et ceux qui le font pour vivre. Pourquoi perdre du bénéfice avec des gens qui ont des exigences alors qu'il y a pléthores d'artistes prêts à brader leur travail ?

La musique vend. Pas la littérature. L'argent, on le prend où, encore une fois ? Dans la poche des lecteurs qui en ont de moins en moins ? Dans celles des éditeurs et des librairies qui peinent à survivre ?

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Je crois que malgré tout, vous ne seriez pas contre voir vos écris diffusés et à partir de là, accepteriez-vous de voir d'autres s'enrichir sur votre travail ?

Qui s'enrichit sur la littérature ?
C'est le principe du monde dans lequel on vit, de tout ce que tu achètes. On peut le déplorer, je suis le premier à le faire et à chercher des alternatives dans ma vie de tous les jours. En revanche, j'ai pas vu les syndicats d'auteurs beaucoup gueuler contre la loi travail, l'augmentation de la CSG et la suppression qui en découle de l'assurance chômage, etc.

(Pour la question du système de sécu, je ne connais pas l'existante ni la future, donc je ne m'y étendrai pas)

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Je me trompe peut-être, mais les grands classiques de la littérature que nous connaissons, ne vivaient-ils pas de leur art ?
Hugo je crois, Zola j'en suis sûr, Flaubert et Balzac, je crois bien.

Ouais enfin tout n'est pas à sauver chez eux, et le processus institutionnalisation de la littérature peut être questionné aussi.
Aujourd'hui c'est Musso et Levy. Super ambition littéraire dis moi.
Et encore une fois, c'était une époque où l'argent dans la littérature, il y en avait un peu.

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Se professionnaliser en tant qu'écrivain me semble pour moi être tout simplement le passage obligé, si on veut se consacrer pleinement à l'écriture.

La littérature a-t-elle besoin d'auteurs professionnels ? Harper Lee n'a(vait) écrit qu'un roman, et c'était peut-être tant mieux. À ne garder qu'une minorité d'auteurs, on tourne en rond.

Citer

Non seulement on peut investir son temps dans sa passion, mais en plus on peut y vivre ? Où est-ce que j'signe ?!

C'est aussi écrire même quand t'as pas envie, finir ton bouquin à temps quitte à le bâcler, etc.

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Et que dire d'un artiste qui veut, notamment raconter des histoires (= divertissement). Pourquoi n'aurait-il pas autant le droit d'être payé qu'un cinéaste, un développeur de jeux vidéo, ou même un vidéaste sur Youtube (tant qu'à faire)

Je suis prêt à parier qu'il n'y en a pas plus en proportion qui sont payés ; à part le jeu vidéo où ils sont salariés. Des auteurs salariés ? Non merci.

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Un roman, c'est un énorme travail.

Et donc ? Une voiture aussi. Quel ouvrier est payé un salaire pour la participation à une voiture ? SI les auteurs veulent être bien payés, qu'ils vendent des livres.



Titre: Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: vinzWallbreaker le 29 Juin 2018 à 14:02:39
Qui s'enrichit sur la littérature ?
Je rebondit là dessus.
L'auteur touche à tout péter une dizaine de pourcent sur le prix de vente... Donc 80 à 90 % de l'argent se perd en cour de route... Pourtant c'est tout de même lui qui fournit le plus gros travail et la deuxième personne qui bosse le plus derrière c'est le correcteur qui lui est payé que au lance-pierres et travaille dans des conditions merdiques très souvent.


Sinon, pour répondre à Chouc. Je ne connais pas suffisamment le sujet en effet, mais du peu que je sais du gouvernement actuel, cette réforme n'augure rien de bon de toute façon. La seule chose qui va se produire c'est précariser encore un peu plus les gens qui ne font pas partie d'une (grosse) entreprise. Et un travailleur isolé est en position de faiblesse pour ses droits sociaux.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Loïc le 29 Juin 2018 à 14:05:38
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L'auteur touche à tout péter une dizaine de pourcent sur le prix de vente... Donc 80 à 90 % de l'argent se perd en cour de route... Pourtant c'est tout de même lui qui fournit le plus gros travail et la deuxième personne qui bosse le plus derrière c'est le correcteur qui lui est payé que au lance-pierres et travaille dans des conditions merdiques très souvent.

Bah oui mais euh, le prix de vente d'un livre c'est 20€ pour du grand format. Les sommes sont ridicules. Et justement, un peu pour l'éditeur, pour l'imprimeur, pour le libraire, a priori pas mal pour le distributeur et tes 20€ sont vite partis. La chaine du livre est longue.
Et encore une fois, les rémunérations sont aussi basses parce que les livres font relativement peu de ventes. Même à 2000 exemplaires vendus, ça fait pas un gros revenu au final, même en estimant que l'auteur toucherait 100%.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 29 Juin 2018 à 14:32:40
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Sinon, pour répondre à Chouc. Je ne connais pas suffisamment le sujet en effet, mais du peu que je sais du gouvernement actuel, cette réforme n'augure rien de bon de toute façon. La seule chose qui va se produire c'est précariser encore un peu plus les gens qui ne font pas partie d'une (grosse) entreprise. Et un travailleur isolé est en position de faiblesse pour ses droits sociaux.

Donc finalement, tu supposes en te basant sur ce que tu connais des actions du gouvernement. Tu es probablement dans le vrai, mais tant que ça reste à l'état de supposition... Disons que je trouve très facile et un peu dangereux de critiquer en bloc l'ensemble des réformes sans prendre la peine de savoir de quoi il retourne, surtout quand ça repose uniquement sur une intuition.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: vinzWallbreaker le 29 Juin 2018 à 14:38:30
Cite-moi des réformes qui ont vraiment été dans le sens du mieux pour les travailleurs depuis que macron est au pouvoir...
Ça fait un ans qu'il détruit méthodiquement les acquis sociaux (et le service public au passage) en se foutant comme d'un guigne du peuple. Voilà pourquoi je suis plus que dubitatif. Mais peut-être ai-je tors. Et je souhaite avoir tors d'ailleurs pour les auteurs.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 29 Juin 2018 à 14:41:48
Ah non mais j'ai rien de tel à proposer  :)
Mais je suis pas non en mesure d'affirmer que la réforme de la sécurité sociale des artistes-auteurs est en leur défaveur...
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Zacharielle le 29 Juin 2018 à 15:13:23
J'interviens juste pour dire que l'argent ne se perd pas vraiment en route ^^" Il y a un tas de métiers nécessaires pour qu'un livre puisse passer de la tête d'un auteur à la bibliothèque d'un lecteur. Y'a une chaine (http://www.guillaumeperreault.com/#/la-chane-du-livre/) à nourrir  :mrgreen:

Les chiffres sont assez variables mais en moyenne on peut dire que sur le prix d'un livre TTC :
5,5% <=> Etat (TVA)
8% <=> Diffusion
10% <=> Auteur
12,5% <=> Distribution
15,5% <=> Editeur
17% <=> Fabrication
31,5% <=> Librairie

(sources :
http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/static/Default.aspx?id=prix-du-livre
http://www2.culture.gouv.fr/culture/dll/prix-livre/prix-1.htm)
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Aléa le 29 Juin 2018 à 15:35:51
Citer
L'auteur touche à tout péter une dizaine de pourcent sur le prix de vente... Donc 80 à 90 % de l'argent se perd en cour de route...
ouaip alors je rebondis parce que bon, ca laisse entendre que y'a des marges de malades, si seulement c'était le cas  :mrgreen:


Faut pas oublier comme dit Loic que la chaine du livre est longue et que y'a du monde qui travaille et qui doit être payé :
(en moyenne hein c'est pas toujours comme ça ) :

10% auteur
30% libraire (et si vous connaissez un libraire qui roule sur l'or malgré ça prévenez moi  :mrgreen: )
20% fabrication (bah ouaip, y'a des techniciens qui bossent sur les machines et le papier ça a un coût)
20% éditeur (niveau correction, je pense que l'éditeur au final passe tout de même plus de temps que le correcteur penché sur le manuscrit si on cumule tout ;) après c'est sûr qu'on est sur des CDD/CDI (et stages ahm) et pas payé à la mission alors c'est pas comparable en soi je suis bien d'accord..."éditeur" c'est toutes les personnes qui travaillent pour et y'a du monde aussi à payer)
20% diffusion/distribution (parce que si y'a pas un réseau de petits camions pour apporter les livres, et si y'a pas des gens qui viennent parler du livre au libraire, le livre n'atterrira jamais en librairie hein)


Donc bref, je dis tout ça surtout pour informer de comment ça se passe concrètement (et j'ai pas compté dans tout ça les coûts de maquette -tmtc vinz pour le coup- illustrateurs etc etc, qui vont dans le compte de l'éditeur)
Au final, le but premier d'un éditeur c'est da'bord de pas perdre de l'argent sur son livre, et si ensuite il peut débloquer quelques pourcentages de marge pour pouvoir publier d'autres gens, c'est bien.
Mais je suis tout de même d'accord, j'ai toujours trouvé ça honteux qu'au final, la personne qui passe le plus de temps à produire cette matière première, ca reste pas le mieux payé (tous les autres sont mieux payés au final, mais parce qu'ils traitent des tas de livres en même temps), maintenant, comment tu amène un pourcentage minimum à donner aux auteurs pour leurs travail ? (sachant que ca excluerait directement des tas de petites structures qui déjà ne tiennent pas l route) Comment tu quantifies le travil d'un artiste quand tu ne peux pas le compter en heure ? Bref oui il faut trouver un moyen de mieux payer les auteurs mais il ne faut pas penser non plus que l'éditeur en général s'en met plein les fouilles sur son dos, c'est pas tout à fait exact



EDIT :

Ah mince j'avais pas vu que Zach avait posté des chiffres officiels avec un message vachement plus concis et efficace  ><
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 29 Juin 2018 à 15:46:55
Je suppose qu'en plus, l'auteur est probablement l'acteur de cette chaîne qui a le moins de frais...

Je veux dire, l'auteur, en dehors de quoi écrire, de quoi s'asseoir et de quelques litres de café, il a essentiellement besoin d'inspiration, ce qui est paradoxalement gratuit ^^. Alors que l'éditeur, le fabricant, le libraire... Ont tous des frais annexes, de charge salariale, de loyers, de roulement de stock, de machines, de matériels divers, que sais-je encore.

Bref, je suppose que tout ça déduit, les bénéfices de ces autres acteurs ne doivent pas tellement dépassés ceux de l'auteur.
Titre: Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Alan Tréard le 29 Juin 2018 à 19:12:22
Pas mieux que les autres. Le concept de professionnalisation de l'écriture me laisse, au mieux, sceptique.

Pour rebondir là-dessus : un problème que rencontrent souvent les éditeurs, c'est que les auteurs ne sont pas toujours très à l'aise avec la promotion de leur livre ; ce ne sont pas des publicitaires ni des comédiens, donc il y a un pont difficile entre l'étape de création du contenu et l'étape de mise en vente.

Parler de professionnalisation des auteurs, c'est évoquer l'opinion que les auteurs sont en capacité de prendre en main leur avenir, de jouer un rôle important dans la chaîne du livre, et de devenir un pilier de tout le secteur ; c'est aussi pour encourager les auteurs à s'intéresser à ces sujets quotidiens, dont font partie les droits.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Galianis le 29 Juin 2018 à 19:42:03
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Et donc ? Une voiture aussi. Quel ouvrier est payé un salaire pour la participation à une voiture ? SI les auteurs veulent être bien payés, qu'ils vendent des livres.

Un ouvrier dans l'automobile, ça travaille jamais sur plus de 2 ou 3 modèles de voitures à la fois, de la même façon qu'un auteur écrit un roman à la fois, de la même façon que le réalisateur réalise un film à la fois.

Je ne comprends absolument pas la logique là-dessus. L'argent vient du livre que l'on tire à de nombreux exemplaires.

Les livres se vendraient mieux si les auteurs étaient moins nombreux et plus professionnels ce qui, je pense, n'empêcherait pas des perles d'apparaître régulièrement. Un livre demande relativement peu d'investissement et donc de risque.

Autrement on fait comment ? On relègue la littérature à un hobby que tous les auteurs ne sauraient faire qu'en parallèle de leur emploi à plein temps ?

Citer
C'est aussi écrire même quand t'as pas envie, finir ton bouquin à temps quitte à le bâcler, etc.

Faire du cinéma c'est en faire quand on n'en a pas envie, finir le film à temps quitte à le bâcler.
Les réalisateurs haïssent-ils leur métier pour autant ? Je ne crois pas.
Puisqu'on devient le maillon de la chaine de l'édition, on a des contraintes, et certains sont prêts à s'y plier.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Loïc le 29 Juin 2018 à 19:54:45
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Je ne comprends absolument pas la logique là-dessus. L'argent vient du livre que l'on tire à de nombreux exemplaires.
Sauf qu'il n'y a personne pour les faire, ni pour les acheter, ces livres.

Citer
Les livres se vendraient mieux si les auteurs étaient moins nombreux et plus professionnels ce qui, je pense, n'empêcherait pas des perles d'apparaître régulièrement. Un livre demande relativement peu d'investissement et donc de risque.

Quelle différence avec aujourd'hui, du coup ? La minorité d'auteur-es qui gagnent bien, elle existe déjà aujourd'hui.
Et encore une fois, fermer la porte, non merci. Plus de Musso pour moins de Jaworski et de Damasio, sérieusement comment on peut vouloir un monde comme ça ?
Ne pas professionnaliser, ça veut dire que quand un auteur n'a plus rien à raconter, il arrête d'écrire et ça fera des vacances à tout le monde.

Citer
Autrement on fait comment ? On relègue la littérature à un hobby que tous les auteurs ne sauraient faire qu'en parallèle de leur emploi à plein temps ?

Ou alors on change le système. Et très clairement, aujourd'hui je préfère très clairement la littérature faite "à côté".
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 29 Juin 2018 à 20:03:17
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Les livres se vendraient mieux si les auteurs étaient moins nombreux et plus professionnels ce qui, je pense, n'empêcherait pas des perles d'apparaître régulièrement

Tu pourrais développer s'il te plait ?
J'ai du mal à voir comment en partant de A (les auteurs sont moins nombreux) on arrive à B (les livres se vendent mieux).

Je suis pas une spécialiste, mais je pense que pour que la littérature génère plus d'argent, il faut soit vendre plus de livres, soit les vendre plus chers. Pour en vendre plus, je ne crois pas qu'il faille réduire le nombre d'auteurs (et donc le choix). Je doute fortement que les lectorats de Musso ou Levy se tourneraient vers Sartre ou Damasio si ces auteurs-là cessaient de publier. Réduire l'offre n'augmentera pas la demande... Quant à basiquement augmenter les prix de ventes, je pense que la littérature se porte suffisamment mal comme ça  :-\

Je reviens juste là-dessus :

Citer
Je me trompe peut-être, mais les grands classiques de la littérature que nous connaissons, ne vivaient-ils pas de leur art ?
Hugo je crois, Zola j'en suis sûr, Flaubert et Balzac, je crois bien.
Oui, ils vivaient de la littérature à une époque où l'offre en matière de "divertissements" étaient moindre et où la littérature étaient donc une occupation de premier plan. Aujourd'hui pour se détendre les gens allument télé ou l'ordi. Pas tous, bien évidemment, mais en terme de loisirs, les possibilités sont bien plus nombreuses.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Galianis le 30 Juin 2018 à 00:18:26
Citer
Ou alors on change le système.

Pour répondre à Loïc et Chouc

Alors oui, changeons le système.

Je pense au tweet de Boulet, un dessinateur que j'ai vu récemment :

"La surproduction n'existerait pas si les autrices/auteurs étaient correctement payés: elle ne serait pas rentable. La surproduction est un symptôme de l'exploitation des autrices/auteurs. Pas une cause: une conséquence."

Est-ce que ce ne serait pas un début ?

Un article très intéressant qui parle de cette surproduction ici (https://www.actualitte.com/article/tribunes/auteursencolere-le-jour-ou-la-france-s-arreta-par-denis-bajram/89629)

Pour les adeptes du TLDR, quelques extraits :

Citer
Le chiffre d’affaires de l’édition oscille depuis 30 ans entre 2,4 et 2,8 milliards (en euros constants). Quant au nombre de nouveautés publiées, il a doublé, en gros, tous les 20 ans pour atteindre les 80 000 titres aujourd’hui. En bande dessinée, le nombre de titres a plus que quadruplé depuis l’an 2000, passant de 1 100 à plus de 5 000 aujourd’hui.
Cette croissance des titres s’est accompagnée, comme prévu, d’une paupérisation croissante des auteurs.

Citer
Tous les secteurs de l’édition française qui sont aujourd’hui gavés à l’auteur pro pas cher vont devoir réapprendre à bricoler avec des créateurs peu disponibles. Il va quasiment devenir impossible de tenir des délais de parutions rapprochées pour un auteur, et de maintenir le système des séries qui a pourtant été si rentable dans la bande dessinée, par exemple, et auquel la série TV, le manga ou les auteurs young adults anglo-saxons ont habitué le public. De plus, la promotion reposant aujourd’hui déjà principalement sur les auteurs, il va aussi devenir de plus en plus en plus difficile de soutenir les lancements. Les best-sellers vont donc continuer à se faire de plus en plus rares. En plus, les maisons d’édition vont se retrouver à se battre pour les quelques auteurs qui trouveront le succès sur Internet comme elles se battent déjà aujourd’hui pour traduire les best-sellers étrangers. La rentabilité de la plupart des best-sellers en sera donc lourdement affectée.

 

Il est donc possible que l’édition entre à ce moment dans une crise digne de celle que les maisons de disques ont connue avec le piratage.


Je voudrais (si ce n'est pas déjà un peu le cas) que Damasio et Jaworski puissent vivre de leurs écrits. C'est justement ce que je lis et ce que j'aimerais plus souvent voir en librairie.

Citer
Oui, ils vivaient de la littérature à une époque où l'offre en matière de "divertissements" étaient moindre et où la littérature étaient donc une occupation de premier plan. Aujourd'hui pour se détendre les gens allument télé ou l'ordi. Pas tous, bien évidemment, mais en terme de loisirs, les possibilités sont bien plus nombreuses.

Effectivement. Je disais surtout ça pour montrer que devenir professionnel en écriture, c'est-à-dire vivre de son art, était possible et visiblement pas préjudiciable à cet art.

Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 30 Juin 2018 à 00:26:42
Donc si je comprends bien et que je simplifie pour mes petits neurones, il faudrait que les maisons d'éditions se montrent plus sélectives, la solution seraient là ? Ça ferait surtout le jeu de l'auto-édition qui prendrait encore plus d'ampleur, un autre de ces phénomènes qui était certainement de l'ordre du confidentiel avant l'explosion d'internet. Enfin c'est ce que j'imagine.

L'édition époque Flaubert et Zola ne reviendra pas, si les maisons d'éditions publient moins d'auteurs, alors on trouvera plus de livres en auto-édition, mais est-ce qu'on trouvera vraiment plus de lecteurs ? Je ne crois pas.
Titre: Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Gros Lo le 30 Juin 2018 à 01:44:43
Autrement on fait comment ? On relègue la littérature à un hobby que tous les auteurs ne sauraient faire qu'en parallèle de leur emploi à plein temps ?
on a l'impression que tu vois ça comme une possible conséquence effrayante de la politique actuelle...Sauf que c'est la réalité d'aujourd'hui ça hein. L'écriture est le gagne-pain de dix, quinze auteurs en France... et l'à-côté de tous les autres... (oui je balance des chiffres au hasard, mais je ne pense pas être si loin du compte)

Bon et Loïc (je crois que c'était toi qui présentais les choses de cette façon), je trouve ça assez réducteur et faussé de dire qu'il y a les auteurs professionnalisés merdiques, et les auteurs sur leur temps libre qualitatifs de l'autre ; et aussi de présenter les choses comme si c'était leur choix ! Musso, Lévy, ils ont à coup sûr commencé comme "auteurs sur leur temps libre"...

En effet c'est vraiment tragique de voir que c'est aux libraires que revient le plus gros pourcentage dans la chaine du livre... c'est pas exactement jacuzzi au champagne pourtant :mrgreen:
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: vinzWallbreaker le 30 Juin 2018 à 11:08:45
Sauf qu'un libraire a de très nombreux frais ne serait-ce que le loyer de l'espace de vente qui coûte un blinde quel que soit la ville. Et puis un bon libraire, c'est celui qui peut et sait conseiller.

Vous imaginez que pour un bouquin à 20€ l'auteur toucherai 2€ combien de livres doit il arriver à faire vendre pour pouvoir vivre décemment ? 10 000 exemplaires/an
Soit 20 000€/an là où le libraire se fait 60 000 et l'imprimeur 34 000 (ce qui n'est pas le cas en pratique [comme je précise plus bas]. Je pense que l'impression de 10 000 ex. doit tourner plutôt à moins de 10 000€)... Moi ça me choque toujours. Sachant que l'imprimeur imprime plusieurs ouvrages donc il multiplie ses rentrée d'argent lorsqu'un auteur n'en a qu'un seul sur cette période, idem pour libraires et transporteurs...

Par contre il y a un truc qui me chiffonne. Arriver à donner un pourcentage pour l'imprimeur me parait biaisé. Le prix d'impression est dégressif à mesure quel le tirage augmente, donc sur un tirage à 500 ex il prendra peut-être jusqu'à 25% du coût total mais si le tirage passe à 5 000 ou 10 000 il prendra peut-être que 7 ou 8 %.
J'avais lu quelque part qu'un livre commençait à généré du bénéfice au-delà de 500 exemplaires vendus. En dessous, personne n'y gagne sauf l'imprimeur, le diffuseur, le correcteur et le libraire qui eux sont payés de toute façon.
Donc les premiers lésés dans ce cas sont l'éditeur et l'auteur.
Titre: Re : Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Galianis le 30 Juin 2018 à 12:16:08
Autrement on fait comment ? On relègue la littérature à un hobby que tous les auteurs ne sauraient faire qu'en parallèle de leur emploi à plein temps ?
on a l'impression que tu vois ça comme une possible conséquence effrayante de la politique actuelle...Sauf que c'est la réalité d'aujourd'hui ça hein. L'écriture est le gagne-pain de dix, quinze auteurs en France... et l'à-côté de tous les autres... (oui je balance des chiffres au hasard, mais je ne pense pas être si loin du compte)


Si peu ? J'aurais plutôt parié sur la centaine.

D'après Zacharielle, un auteur gagne en moyenne 10% sur la vente d'un livre.
Sachant que le CA de l'industrie du livre oscille entre 2,4 et 2,8 milliards.
Ça laisse 2,6 millions d'€ par ans pour les auteurs.
Soit 1700 SMIC.

Si on retire tous les à côtés et les inégalités dus aux quelques uns qui gagnent beaucoup, la centaine me paraît plus plausible.

Je vois ça en partie comme une conséquence de la politique actuelle. Il y a certainement un moyen de faire mieux et de raviver le domaine.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Nocte le 30 Juin 2018 à 12:32:24
Oui mais pourquoi chercher à tout prix de ne vivre que de ça, quitte à risquer la précarité ?
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Gros Lo le 30 Juin 2018 à 12:39:16
Oui mais pourquoi chercher à tout prix de ne vivre que de ça, quitte à risquer la précarité ?

et peut-on parler du fait que écrire 35h par semaine c'est pas forcément ce que recherchent les instances de régulation thermique de mon cerveau ?

l'écriture à plein temps c'est l'équivalent de deux nanos par mois.
Juste pour dire.
 :moderation:

ps : pas sûr que Balzac l'ait bien vécu
pps : sûr que la majorité des lecteurs de Balzac ne le vivent pas bien
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 30 Juin 2018 à 12:41:14
Bah pourquoi pas ?  Il y a des gens qui se sentent cette vocation et qui sont prêts à accepter la précarité qui va avec. Il est clair que tous les gens un peu doués pour écrire ne pourraient pas en vivre, mais par chance, tous ne le souhaitent pas. Chacun est libre de mener sa barque comme il l'entend, qu'il s'agisse d'un "simple" hobby non rémunéré, d'un appoint financier ou d'une professionnalisation totale.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Nocte le 30 Juin 2018 à 12:58:58
Oui la vocation je comprends bien, mais je veux bien des arguments plus concrets.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 30 Juin 2018 à 13:02:29
Mais euh... Pourquoi ? Depuis quand il faudrait absolument justifier la façon dont on souhaite gagner sa vie ? :???:
Titre: Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Aléa le 30 Juin 2018 à 13:12:15
Mais euh... Pourquoi ? Depuis quand il faudrait absolument justifier la façon dont on souhaite gagner sa vie ? :???:
+1
je comprends mille fois qu'on puisse vouloir vivre du truc qui nous plait vraiment dans la vie plutôt que de faire des jobs alimentaires qui nous paraissent désagréable, enfin c'est n argument concret  :relou:



(faudrait que je repasse pour parler de l'imprimerie au passage, parce que y'a des coûts très gros chez l'imprimeur, c'est eux qui ont les plus gros frais en fait)
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Nocte le 30 Juin 2018 à 13:58:10
Mais euh... Pourquoi ? Depuis quand il faudrait absolument justifier la façon dont on souhaite gagner sa vie ? :???:
C'est pas un jugement de valeurs hein, je suis curieux c'est tout.
Par argument concret je voulais juste des exemples plus personnels pour sortir des généralités, c'est quand même plus parlant.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 30 Juin 2018 à 14:04:08
Dans ce cas je vais laisser le(s)/la concerné(e)(s) s'exprimer, pour ma part j'ai pas cette ambition.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Loïc le 30 Juin 2018 à 14:37:03
Gallienis, par rapport à ce que tu dis de la surproduction : oui, qu'il y ait moins de publications, je suis d'accord. Mais ça veut pas dire moins d'auteurs différents, et à moins d'une gros gros réussite (JKR...), bah ça veut dire publier un livre par an ; un tous les deux ans à la limite. Ça veut aussi dire qu'on doit les publier ? Puisque ce sont des auteurs professionnels ? Quid des autres ?

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Je voudrais (si ce n'est pas déjà un peu le cas) que Damasio et Jaworski puissent vivre de leurs écrits. C'est justement ce que je lis et ce que j'aimerais plus souvent voir en librairie.

Aux dernières nouvelles, Jaworski était encore prof et Damasio n'a pas assez publié en nombre de bouquins (et même, la horde c'est confidentiel) pour qu'il puisse en vivre. Mais justement, pour des auteurs qui n'ont pas l'ambition de faire que ça, limiter l'édition aux pros, bah ça veut dire fermer la porte à ceux-là.

Citer
Effectivement. Je disais surtout ça pour montrer que devenir professionnel en écriture, c'est-à-dire vivre de son art, était possible et visiblement pas préjudiciable à cet art.

Tout est-il vraiment sauvable dans leurs productions ?

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Bon et Loïc (je crois que c'était toi qui présentais les choses de cette façon), je trouve ça assez réducteur et faussé de dire qu'il y a les auteurs professionnalisés merdiques, et les auteurs sur leur temps libre qualitatifs de l'autre ; et aussi de présenter les choses comme si c'était leur choix ! Musso, Lévy, ils ont à coup sûr commencé comme "auteurs sur leur temps libre"...

Oui, c'était réducteur, mais euh, sur les 15 auteurs (de fiction) vivant de leur art, y en a-t-il beaucoup qui sortent de ce schéma ?
Et bien sûr, ce n'est pas le fait qu'ils aient publié qui dérange, mais le fait qu'ils sortent un livre par an depuis dix ans...
(Oui, je sais, les auteurs renommés font vivre la chaine du livre et permet de publier des trucs plus confidentiels à côté pour ces grosses maisons).

Citer
Vous imaginez que pour un bouquin à 20€ l'auteur toucherai 2€ combien de livres doit il arriver à faire vendre pour pouvoir vivre décemment ? 10 000 exemplaires/an
Soit 20 000€/an là où le libraire se fait 60 000 et l'imprimeur 34 000 (ce qui n'est pas le cas en pratique [comme je précise plus bas]. Je pense que l'impression de 10 000 ex. doit tourner plutôt à moins de 10 000€)... Moi ça me choque toujours. Sachant que l'imprimeur imprime plusieurs ouvrages donc il multiplie ses rentrée d'argent lorsqu'un auteur n'en a qu'un seul sur cette période, idem pour libraires et transporteurs...

C'est ce que disait Chouc, sur ce que rentre l'auteur, y a 0 frais. Alors que les autres beaucoup plus. (Tu parlais justement de ceux des libraires). Parce que les 10 000 exemplaires par an vendus par l'auteur, sont pas non plus tous dans la même librairie.
Pis bon, y a un moment je vois pas comment vous voulez que la culture, qui n'est pas rentable de base, soit rentable pour des producteurs dans un monde ou aucun producteur ne gagne sa vie.
Perso je plains plus les agriculteurs...

Citer
mais si le tirage passe à 5 000 ou 10 000 il prendra peut-être que 7 ou 8 %.

Y a pas beaucoup de livres à ce tirage il me semble.

Citer
Si peu ? J'aurais plutôt parié sur la centaine.

D'après Zacharielle, un auteur gagne en moyenne 10% sur la vente d'un livre.
Sachant que le CA de l'industrie du livre oscille entre 2,4 et 2,8 milliards.
Ça laisse 2,6 millions d'€ par ans pour les auteurs.
Soit 1700 SMIC.

Si on retire tous les à côtés et les inégalités dus aux quelques uns qui gagnent beaucoup, la centaine me paraît plus plausible.

Je vois ça en partie comme une conséquence de la politique actuelle. Il y a certainement un moyen de faire mieux et de raviver le domaine.

Il y a aussi tous ceux qui "en vivent" mais ne sont pas des écrivains de fiction (ouvrages politiques, de cuisine, etc.)
Les différences par types d'écrits sont aussi assez fortes.

Citer
Bah pourquoi pas ?  Il y a des gens qui se sentent cette vocation et qui sont prêts à accepter la précarité qui va avec. Il est clair que tous les gens un peu doués pour écrire ne pourraient pas en vivre, mais par chance, tous ne le souhaitent pas. Chacun est libre de mener sa barque comme il l'entend, qu'il s'agisse d'un "simple" hobby non rémunéré, d'un appoint financier ou d'une professionnalisation totale.

Bah euh
Justement
Le fait est qu'ils n'acceptent pas la précarité avec, c'est bien le centre du topic :mrgreen:

Citer
je comprends mille fois qu'on puisse vouloir vivre du truc qui nous plait vraiment dans la vie plutôt que de faire des jobs alimentaires qui nous paraissent désagréable, enfin c'est n argument concret  :relou:

Tu peux faire autre chose qu'écrire un roman par an et le vendre à tout pris, sans pour autant être dans un job alimentaire, non ?

Titre: Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Milora le 01 Juillet 2018 à 11:23:13
Je m'y connais trop peu en la matière pour avoir un avis éclairé sur la réforme du statut des auteurs. Quelqu'un qui comprend le jargon juridique pourrait faire un petit résumé pour les nounouilles comme moi ?

Concernant la professionnalisation de l'auteur... Je crois que, paradoxalement, je suis globalement assez d'accord avec Loïc. Je comprends tout à fait les démarches d'auteurs qui souhaitent améliorer leur statut, et je pense qu'on peut établir une différence entre l'édition petite et moyenne qui génère souvent à peine de quoi s'auto-financer, et les mastodontes qui auraient sans doute les moyens de faire de meilleures marges à leurs auteurs (cf. les tarifs dégressifs de l'impression cités par Vinz, la visibilité de leurs oeuvres qui leur assurent des ventes sûres, etc.).

Mais souhaiter un système où l'auteur est, mettons, salarié ? Où il vit en permanence de son oeuvre ?
Comme Loïc, je pense que ça ferme la porte à tous les auteurs non-professionnels. C'est pour la même raison que je n'aime pas les master de Creative Writing qui commencent à se développer : donner un diplôme pour être auteur, au début ça semble cool et à la longue ça risque que faire que si vous avez pas ce diplôme, vous serez peut-être pas publiés, et donc ça remplace la sélection de l'oeuvre par une sélection du CV. J'aime pas beaucoup cette perspective.
Et comme disait je sais plus qui plus haut dans ce fil, un auteur qui écrit suffisamment pour vivre de sa plume, ça fait beaucoup, beaucoup de romans ; au bout d'un moment, il a peut-être plus grand chose à dire... Ou plutôt disons que le fait d'être salarié pour écrire n'est pas une garantie de qualité (l'équation plus de temps = plus de bonnes productions ne tient pas la route).

En fait, quitte à rester dans l'idéal (puisque de toute façon on changera pas le système de rémunération des auteurs là ici comme ça dans ce fil ::) ), je pense que le système que je trouverais le plus favorable, c'est un monde du travail qui laisse suffisamment de temps pour que le travailleur puisse s'épanouir dans une activité annexe (ici, l'écriture). Ce qui ferait que l'existence de structures de diffusion de ces oeuvres (la chaîne du livre) ne lèserait pas l'auteur en ne rémunérant pas ses efforts, mais serait une cerise sur le gâteau pour une activité qu'il a de toute façon eu le temps et les moyens de faire. Et si au lieu d'écrire un livre, le travailleur est pâtissier amateur, ça serait tout aussi bien, tant que ça le rend heureux.

Et juste :


l'écriture à plein temps c'est l'équivalent de deux nanos par mois.
Juste pour dire.
 :moderation:

ps : pas sûr que Balzac l'ait bien vécu
pps : sûr que la majorité des lecteurs de Balzac ne le vivent pas bien
J'ai ri :huhu:
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Galianis le 01 Juillet 2018 à 11:53:10
Je m'y connais trop peu en la matière pour avoir un avis éclairé sur la réforme du statut des auteurs. Quelqu'un qui comprend le jargon juridique pourrait faire un petit résumé pour les nounouilles comme moi ?

Concernant la professionnalisation de l'auteur... Je crois que, paradoxalement, je suis globalement assez d'accord avec Loïc. Je comprends tout à fait les démarches d'auteurs qui souhaitent améliorer leur statut, et je pense qu'on peut établir une différence entre l'édition petite et moyenne qui génère souvent à peine de quoi s'auto-financer, et les mastodontes qui auraient sans doute les moyens de faire de meilleures marges à leurs auteurs (cf. les tarifs dégressifs de l'impression cités par Vinz, la visibilité de leurs oeuvres qui leur assurent des ventes sûres, etc.).

Mais souhaiter un système où l'auteur est, mettons, salarié ? Où il vit en permanence de son oeuvre ?
Comme Loïc, je pense que ça ferme la porte à tous les auteurs non-professionnels. C'est pour la même raison que je n'aime pas les master de Creative Writing qui commencent à se développer : donner un diplôme pour être auteur, au début ça semble cool et à la longue ça risque que faire que si vous avez pas ce diplôme, vous serez peut-être pas publiés, et donc ça remplace la sélection de l'oeuvre par une sélection du CV. J'aime pas beaucoup cette perspective.
Et comme disait je sais plus qui plus haut dans ce fil, un auteur qui écrit suffisamment pour vivre de sa plume, ça fait beaucoup, beaucoup de romans ; au bout d'un moment, il a peut-être plus grand chose à dire... Ou plutôt disons que le fait d'être salarié pour écrire n'est pas une garantie de qualité (l'équation plus de temps = plus de bonnes productions ne tient pas la route).

En fait, quitte à rester dans l'idéal (puisque de toute façon on changera pas le système de rémunération des auteurs là ici comme ça dans ce fil ::) ), je pense que le système que je trouverais le plus favorable, c'est un monde du travail qui laisse suffisamment de temps pour que le travailleur puisse s'épanouir dans une activité annexe (ici, l'écriture). Ce qui ferait que l'existence de structures de diffusion de ces oeuvres (la chaîne du livre) ne lèserait pas l'auteur en ne rémunérant pas ses efforts, mais serait une cerise sur le gâteau pour une activité qu'il a de toute façon eu le temps et les moyens de faire. Et si au lieu d'écrire un livre, le travailleur est pâtissier amateur, ça serait tout aussi bien, tant que ça le rend heureux.

Rah, tu m'as bien convaincu... jusqu'à un certain point.
Je refais un parallèle avec la musique que j'ai déjà fait. Si on met de côté l'obligation d'être productif qui, finalement, est peut-être ce qui fait toute la différence - on a plus le temps, je crois, de faire un album par un puis une tournée qu'un roman par an.

En musique, si ce n'est que le domaine brasse plus d'argent que le livre,
et donc qu'il y a moins d'argent pour les auteurs,
et donc moins d'auteurs pouvant vivre de leur art,
le fait qu'un certain nombre de musiciens vivent de ce qu'ils font empêche-t-il les nouveaux entrants d'être jugés à ce qu'ils font plutôt qu'au CV ?
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Milora le 01 Juillet 2018 à 12:13:18
Citer
le fait qu'un certain nombre de musiciens vivent de ce qu'ils font empêche-t-il les nouveaux entrants d'être jugés à ce qu'ils font plutôt qu'au CV ?
En fait, je ne suis pas sûre que le parallèle soit vraiment significatif... Je ne connais pas à fond l'industrie de la musique mais je crois bien qu'on a d'un côté les gros labels qui sponsorisent et vendent leurs musiciens (musiciens qui sont donc professionnels de la musique, et si on veut comparer, qui seraient une sorte d'équivalent de la poignée d'auteurs qui vivent de leur plume, style J.K. Rowling ?), d'un autre les musiciens qui vivent, plus ou moins, de leur art mais qui, je crois, sont quand même assez précaires, et d'un troisième côté (oui ma démonstration est un triangle, et alors ?  :huhu: ), la foultitude de gens qui jouent de la musique parce qu'ils aiment, sans que ce soit leur travail, que ce soit jouer le week-end ou faire quelques représentations ici ou là ?

Du coup en fait, je crois que je ne vois pas trop ce que ça démontre, notamment en tant que parallèle avec l'écriture...? Qu'y a plus de gens dans la première catégorie, en musique...? (mais comme disait quelqu'un, la musique se vend davantage aussi).

En plus, la musique est un spectacle, avec des représentations. Qui peut être enregistrée et vendue. Mais du coup d'un point de vue réalisation, il me semble que ça n'est pas la même chose qu'un livre, qui est un produit qu'on vend (au sens de "truc fabriqué qui ne se fait pas en direct").

Enfin tout ça pour dire que je ne comprends pas trop ce que démontre la parallèle avec l'industrie de la musique, mais si tu me précises ton idée, j'y verrai sans doute plus clair ! ^^
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Galianis le 01 Juillet 2018 à 16:58:13
Milora, je te rejoins finalement sur ce que tu dis. Je voulais revenir uniquement sur ceci :

Citer
Comme Loïc, je pense que ça ferme la porte à tous les auteurs non-professionnels. C'est pour la même raison que je n'aime pas les master de Creative Writing qui commencent à se développer : donner un diplôme pour être auteur, au début ça semble cool et à la longue ça risque que faire que si vous avez pas ce diplôme, vous serez peut-être pas publiés, et donc ça remplace la sélection de l'oeuvre par une sélection du CV. J'aime pas beaucoup cette perspective.

En musique, il y a des conservatoires et, je suppose, des diplômes. Est-ce qu'on a pas déjà eu cette professionnalisation que tu crains ? Ou est-ce qu'il y a juste plus d'argent, et donc plus de gens qui en vivent ?


J'ai l'impression qu'on peut résumer ce débat à ça :

L'industrie du livre brasse plus de 2 milliards d'€ par an en France. Comment se fait-ils que si peu d'auteurs en vivent ?
La réponse serait donc, tout simplement, qu'il y a trop d'auteurs, et trop de frais qui font qu'ils n'ont droit qu'à une petit part du gâteau.
Et parce qu'ils n'en ont pas forcément envie. 
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 01 Juillet 2018 à 17:04:45
On peut aussi changer d'angle de vue.

La littérature ne génère pas suffisamment d'argent pour que plus d'auteurs en vivent, mais considérer qu'il y a trop d'auteurs me pose un vrai problème. Disons qu'il existe quantité de gens avec une histoire à raconter, et que parmi ceux-là, certains ont beaucoup d'histoires à raconter.
Titre: Re : Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Alan Tréard le 01 Juillet 2018 à 17:13:49
Alors,

En musique, il y a des conservatoires et, je suppose, des diplômes. Est-ce qu'on a pas déjà eu cette professionnalisation que tu crains ? Ou est-ce qu'il y a juste plus d'argent, et donc plus de gens qui en vivent ?

Pour l'instant, le secteur fonctionne surtout sur les subventions, et pour avoir accès à des subventions ou des droits (comme la sécu), il faut que l'auteur ait vendu un minimum de livres et s'inscrive dans une maison d'édition qui est en capacité de tirer au moins cinq cent livres.

On a donc un modèle de sélection basé sur la subvention (les éditeurs peu fortunés survivent grâce aux bourses, ou grâce aux prix que les auteurs reçoivent par des festivals eux-mêmes financés par l'édifice public).

Pour l'instant, le modèle est hors-jeu, ça ne fonctionne pas.

Mais souhaiter un système où l'auteur est, mettons, salarié ? Où il vit en permanence de son oeuvre ?

On ne peut pas envisager un modèle dans lequel un auteur serait salarié. L'auteur est en contrat avec un éditeur, l'éditeur dépend de son auteur pour vendre le livre. Les choix de l'auteur ont un impact sur l'éditeur, et c'est donc un choix de collaboration et non les mesures d'un patronat.

Le terme « commande » évoque justement ce mode de fonctionnement de l'auteur qui travaille à son compte, un peu comme un investisseur, l'auteur choisit de consacrer le temps qu'il souhaite à l'ouvrage qui lui paraît approprié.

Pour l'instant, une meilleure reconnaissance du métier d'auteur serait déjà un pas en avant pour déblayer tout ça ; on a un problème d'instabilité dans le secteur, avec des contenus qui ne seraient absolument pas adaptés à la publication et qui pourtant inondent le marché.

Être auteur, c'est aussi avoir un minimum de réseau et savoir quelles sont les modes ou les mœurs, être capable de s'inscrire dans un environnement. Pas de salariat pour les auteurs, c'est contraire aux besoins d'autonomie.


En fait, quitte à rester dans l'idéal (puisque de toute façon on changera pas le système de rémunération des auteurs là ici comme ça dans ce fil ::) ), je pense que le système que je trouverais le plus favorable, c'est un monde du travail qui laisse suffisamment de temps pour que le travailleur puisse s'épanouir dans une activité annexe (ici, l'écriture).

Voilà, ça c'est une opinion d'auteur. Tu évoques une utopie, après à toi de voir si tu prends ton opinion au sérieux et que tu en écris un livre, ou si tu balances juste ça sur un forum au hasard parce que tu ne savais pas quoi faire de ta vie.

Ce sont deux conceptions du statut tout à fait différentes.
Titre: Re : Re : Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Milora le 01 Juillet 2018 à 18:11:38


En fait, quitte à rester dans l'idéal (puisque de toute façon on changera pas le système de rémunération des auteurs là ici comme ça dans ce fil ::) ), je pense que le système que je trouverais le plus favorable, c'est un monde du travail qui laisse suffisamment de temps pour que le travailleur puisse s'épanouir dans une activité annexe (ici, l'écriture).

Voilà, ça c'est une opinion d'auteur. Tu évoques une utopie, après à toi de voir si tu prends ton opinion au sérieux et que tu en écris un livre, ou si tu balances juste ça sur un forum au hasard parce que tu ne savais pas quoi faire de ta vie.

Ce sont deux conceptions du statut tout à fait différentes.
Je n'ai absolument pas compris ta question...  :???:
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Alan Tréard le 01 Juillet 2018 à 18:26:02
D'accord, je vais essayer d'évoquer les choses plus clairement.

Un auteur a par avance une capacité de création, de publication et de relation pour véhiculer ses écrits.

Ensuite, ces compétences peuvent être employées pour aborder des sujets importants, émettre des opinions communes, participer à la vie quotidienne, évoquer un idéal, relayer une mode, informer, etc.

Lorsque tu t'intéresses à un sujet et que tu proposes une utopie ou un mode de fonctionnement qui pourrait répondre à une problématique commune, tu t'es intéressée au sujet avant de proposer des solutions (à moins que tu sois arrivée ici par hasard).

Ensuite, tu peux employer une partie de ton temps en t'investissant dans un travail de création, par exemple, une nouvelle dans laquelle le personnage vis dans un monde dans lequel l'organisation du temps de travail sera différente.

Par la même occasion tu ouvres un espace de discussion autour du livre sur des questions sur la création, le temps de travail, etc.

Soit tu assimiles cet effort à un travail, soit tu dis juste que tu as fait ça par hasard parce que tu ne sais pas quoi faire de ta vie, ce sont deux conceptions tout à fait différentes du statut d'auteur.
Titre: Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Galianis le 01 Juillet 2018 à 20:03:09
On peut aussi changer d'angle de vue.

La littérature ne génère pas suffisamment d'argent pour que plus d'auteurs en vivent, mais considérer qu'il y a trop d'auteurs me pose un vrai problème. Disons qu'il existe quantité de gens avec une histoire à raconter, et que parmi ceux-là, certains ont beaucoup d'histoires à raconter.

Certes, je ne voulais pas véhiculer cette idée.
Le problème, au contraire, est celui des auteurs contraints d'écrire toujours plus d'espoir car une seule d'entre elle rapporte tout juste assez pour vivoter.
Un problème de sous, comme toujours.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: vinzWallbreaker le 03 Juillet 2018 à 13:32:43
Et là-dessus est venu amazon pour tout saccager... ::)
Faut pas l'oublier ce géant immoral.
Les auteurs qui sont prêts à brader leur écrits pour tenter de se faire un nom (Cult of personnality (https://www.youtube.com/watch?v=7xxgRUyzgs0)). C'est aussi une des causes/conséquences de comment tourne (mal) le monde de l'édition aujourd'hui.

Et je voudrais aussi rappeler que la maison des artistes est une des institutions qui pompe le moins de cotisation à ses adhérents. Demandez un peu combien ponctionne l'état chez les professions libérales et les artisans.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Berceuse Violente le 08 Juillet 2018 à 21:16:41
Salut, je découvre tout juste ce sujet, je n'ai pas lu tous les commentaires.

J'ai entendu parler de ce mouvement via tweeter car je suis une auteure de BD qui est très impliqué dans le mouvement.

Personnellement, je trouve ça dommage, voire injuste et pas normal. Plusieurs choses me choquent réellement. Le fait que l(es) auteur(es) soi(en)t le participant à la création du livre le moins payé à la fin, alors qu'il est celui qui (soyons honnête) a travaillé le plus dure et le plus longtemps pour le produire.  C'est aussi injuste que les producteurs agricoles qui sont les moins payés, alors qu'ils sont les maillons les plus indispensables de la chaîne, aberrant. Evidemment, on va me donner mille bonne raison pour m'expliquer que c'est normal, mais la réalité reste, celui qui devrait être le plus payé recevra le moins, et, dans le fond, c'est davantage à cause du rapport de pouvoir que de soi-disant règles commerciales.
L'autre fait choquant, c'est cette résignation à dire qu'un auteur ne peut pas vivre de son travail. Peut-être pas tous, peut-être. Mais pourquoi l'imprimeur, l'éditeur et le distributeur, pour eux la question n'est pas posée... (je ne pointe pas forcément ici tout le monde, je sais que ce n'est pas non plus faille pour beaucoup de maison d'édition et de bibliothécaire qui eux aussi ont du mal), mais quand même, ça paraît normal pour tout le monde, que le bibliothécaire puisse vivre de son travail, pourtant il vend des livres ? Non ?

Après, il y le côté amateur, artistique, plaisir. Ecrire est une activité que l'on peut faire pour le plaisir. Et je crois qu'aucun auteur n'écrit dans le but de gagner de l'argent, jamais, c'est toujours secondaire. Mais là aussi c'est embêtant. Parce que tant que des personnes accepteront de faire ce travail bénévolement, qu'ils seront suffisamment nombreux à accepter la situation tout en proposant de la qualité, difficile d'en vouloir au monde de l'édition de profiter de la situation.

C'est pas simple, mais c'est un débat qui me touche et qui me paraît important.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 08 Juillet 2018 à 21:34:20
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Le fait que l(es) auteur(es) soi(en)t le participant à la création du livre le moins payé à la fin,

Bah personnellement j'attends encore qu'on me le démontre...

L'auteur qui touche 10% du prix de vente de son livre, c'est 10% en bénéfice net, ou presque. Absolument tous les autres acteurs de la chaîne du livre ont des charges qui viennent se gréver sur ce qui leur est reversé. Donc pour affirmer que l'auteur est le moins payé, il faudrait avoir une estimation fiable des charges que subissent les autres acteurs.


Edit : et pour rappel, c'était pas du tout le sujet de ce fil qui devait concerné la réforme du régime social des auteurs, au sujet de laquelle on en sait pas plus, finalement.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Milla le 08 Juillet 2018 à 22:00:01
10% ?  :o :o :o De ce que j'en sais, 5% c'est déjà énorme et pas si fréquent. Et les auteurs payent des charges.

faudrait que je prenne le temps de rechercher, y a des articles intéressants et avec sources qui explique que ouais, vraiment, c'est pas la panacée financière d'être auteur.

Sinon, j'ai pas compris à quel moment les auteurs ont dit qu'ils voulaient devenir salariés ??? ça sort d'où ?

et enfin, ça me scie beaucoup et me blesse de lire que auteur ou artiste c'est pas un vrai métier, que ça mérite pas tant que ça d'être rémunéré, et qu'il faudrait quand même d'abord générer de l'argent avant d'en réclamer. Parce que whaaaaa c'est tellement loin de ce que je pense veux et souhaite. Mais j'ai aucune envie de développer, je m'étais même dit que je répondrais plus ici. Toutefois, j'ai l'impression de lire des idées qui corresponde pas à la réalité, et je suis un peu tristesse. breeeeef...
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Loïc le 08 Juillet 2018 à 22:05:10
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10% ?  :o :o :o De ce que j'en sais, 5% c'est déjà énorme et pas si fréquent. Et les auteurs payent des charges.

5% en jeunesse ; 10% en adulte.
Chouc ne parlait pas de charges sociales, mais de couts liés au métier qui diminuent ce que tu gagnes en vendant un livre (matière première, etc.)

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faudrait que je prenne le temps de rechercher, y a des articles intéressants et avec sources qui explique que ouais, vraiment, c'est pas la panacée financière d'être auteur.

Personne n'a prétendu ça. Mais en même temps, libraire ou éditeur non plus.

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Sinon, j'ai pas compris à quel moment les auteurs ont dit qu'ils voulaient devenir salariés ??? ça sort d'où ?

Bah comment on assure un revenu décent aux auteurs toute leur vie du coup ? Parce que perso, j'ai toujours pas compris comment on faisait.

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et enfin, ça me scie beaucoup et me blesse de lire que auteur ou artiste c'est pas un vrai métier, que ça mérite pas tant que ça d'être rémunéré, et qu'il faudrait quand même d'abord générer de l'argent avant d'en réclamer. Parce que whaaaaa c'est tellement loin de ce que je pense veux et souhaite. Mais j'ai aucune envie de développer, je m'étais même dit que je répondrais plus ici. Toutefois, j'ai l'impression de lire des idées qui corresponde pas à la réalité, et je suis un peu tristesse. breeeeef...

Je crois pas que quiconque ici ait dit que ça n'était pas un vrai métier, mais j'ai peut-être loupé.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 08 Juillet 2018 à 22:11:18
J'ai dit 10% comme j'aurais pu dire 2%, la question est pas vraiment là...

Les auteurs ont des charges oui, d'où le "ou presque". Mais ils n'ont pas de charges de pas de porte, de fond de roulement de stock, de salariés, de locaux, de rotatives, de livraisons, de... Ils ont des charges sociales, que les autres acteurs de la chaîne du livre ont également, mais ils n'ont pas toutes ces autres charges plus "matérielles".

Bref, ils ont un tout petit pourcentage, on est bien d'accord, mais est-ce que leur bénéfice net est réellement très inférieur à celui des autres acteurs ? C'est ça que j'aimerai savoir perso. Personne n'a jamais prétendu que c'était la panacée financière, mais libraire non plus aux dernières nouvelles, livreur non plus, correcteur non plus, et éditeur dans une petite maison, je suis pas persuadée...

Le reste, je me prononce pas. Pour moi ça peut être un métier comme ça peut être un loisir. C'est un domaine qui ne brasse pas énormément fric, c'est une certitude, mais ça ne doit pas empêcher qui que ce soit de vouloir gagner sa vie avec.



EDIT

Je reviens juste là-dessus :

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Sinon, j'ai pas compris à quel moment les auteurs ont dit qu'ils voulaient devenir salariés ??? ça sort d'où ?

Bah comment on assure un revenu décent aux auteurs toute leur vie du coup ? Parce que perso, j'ai toujours pas compris comment on faisait.
Bah on le fait pas. Le statut d'artiste-auteur implique une forme de précarité, je crois pas que quiconque ayant décidé de gagner sa vie ainsi l'ai fait sans prendre en considération ce paramètre. Le jour où les auteurs revendiqueront la sécurité de l'emploi et du salaire, il sera temps de se poser la question, mais là il me semble pas qu'elle ait été soulevée (ou je suis passée à côté).
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Milla le 08 Juillet 2018 à 23:19:49
du coup sans avoir poussé la recherche bien loin ni pris le temps de lire en plein, mais pour donner des pistes de réponses à la question de quelle part pour qui :

ici page 8 (http://ecla.aquitaine.fr/var/ezflow_site/storage/original/application/b8f8ba0e7efd3027fb174e50e0ff2388.pdf) venant de ce site (http://ecla.aquitaine.fr/Ecrit-et-livre/Edition/Boite-a-outils/De-l-auteur-aux-lecteurs-la-chaine-du-livre). (ça a l'air intéressant leur dossier, je me le lirai à  l'occasion).

y a aussi la question de tous les auteurs ou illustrateur qui se retrouvent avec des contrats sans droits d'auteurs, juste payé au forfait.

intéressant aussi mais pareil j'ai que survolé et je lirai en plein plus tard, des chiffres de l'édition (https://www.sne.fr/economie/chiffres-cles/)
J'ai du mal avec cette idée que le monde du livre n'est pas ou plus "porteur", que les gens n'en veulent plus, tu dis ça Loïc non ? ou je te comprends mal (pour changer...), (parce que ton discours pour moi il dit qu'auteur comme métier c'est pas un vrai métier et apparemment tu ne te sens pas visé) ?

Pareil, je crois que j'ai lu dans le fil qu'il y avait 10 auteurs pros en France... Faudrait chercher les chiffres mais non, pleins de gens ont un statut artiste auteur (et ne cherchent pas à être salariés et acceptent toute la galère que c'est, combinent parfois avec d'autres trucs etc, mais n'empêchent qu'ils gagnent de l'argent et passent des heure de travail avec ça)

Je crois aussi que 'n'a pas été abordé le gros souci que soulève l'anticipation de la déclaration des charges qui arrivent dans un ou deux an, duc ôté des impôts, et qui met les auteur en souci parce que c'est pas adapté à leur statut et qu'ils risquent soit de grosses pénalités, soit de devoir avancer des sommes qu'ils n'ont pas.

enfin en tout cas je trouve ça chouette qu'il y ait des mouvements, des réflexions, surtout sur un métier où on peut facilement rester isolé dans son coin. Pour la sécu, les collectifs disent qu'ils sont vigilants et attentent des infos, ils sont pas spécialement "offensifs" me semble pour le moment ?
Je trouve aussi que c'est pas complétement fou de la part des collectifs d'auteur de dire qu'ils aimeraient que ce soit moins chaud, de sensibiliser aux retards de payement, etc. Hésitez pas à regarder les vidéos faites par la charte qui sont chouette je trouve : des faux reportages https://www.youtube.com/watch?v=v9gZ3bq-_sg (https://www.youtube.com/watch?v=v9gZ3bq-_sg) https://www.youtube.com/watch?v=dDcYe-9CCco&t=4s (https://www.youtube.com/watch?v=dDcYe-9CCco&t=4s) pas mal foutu.

et enfin, que les libraires et éditeurs aussi galèrent, oui tout à fait. mais en fait euuh je vois pas le rapport ?
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 08 Juillet 2018 à 23:25:31
Bah le rapport (peut-être un peu simpliste) dans mon esprit, c'est que le monde du livre ne génère pas énormément de sioux et qu'il est donc compliqué de rémunérer plus les acteurs. Ca résume l'essentiel de ma pensée ^^

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J'ai du mal avec cette idée que le monde du livre n'est pas ou plus "porteur", que les gens n'en veulent plus, tu dis ça Loïc non ?

Je sais pas si Loïc l'a dit mais moi j'ai dit quelque chose s'en approchant. Plus haut dans le fil, Galianis a évoqué le fait qu'en leur temps, les Flaubert et les Balzac ne galéraient pas tant à vivre de leurs écrits. Ce qui est certainement vrai, même si perso j'ai pas vu leur feuille d'impôt :mrgreen:, mais ils vivaient aussi à une époque où la "concurrence" était moindre. A l'heure actuelle, quelqu'un qui a une heure à tuer a un vaste choix devant lui (ciné, télé, internet, jeux vidéos, que sais-je). Du temps de Zola, la littérature prenait une place bien plus importante dans l'offre de divertissement (je voulais pas employé ce mot parce que la littérature ne se résume pas qu'à un rôle de distraction, mais bon, z'avez compris l'idée).
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Loïc le 08 Juillet 2018 à 23:33:09
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Bah on le fait pas. Le statut d'artiste-auteur implique une forme de précarité, je crois pas que quiconque ayant décidé de gagner sa vie ainsi l'ai fait sans prendre en considération ce paramètre. Le jour où les auteurs revendiqueront la sécurité de l'emploi et du salaire, il sera temps de se poser la question, mais là il me semble pas qu'elle ait été soulevée (ou je suis passée à côté).

Bah, si justement, c'est cette sécurité du salaire (au moins) qui est demandée par les mouvements (Paye ton auteur notamment). Or pas de sécurité du salaire sans sécurité de l'emploi.

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J'ai du mal avec cette idée que le monde du livre n'est pas ou plus "porteur", que les gens n'en veulent plus, tu dis ça Loïc non ? ou je te comprends mal (pour changer...), (parce que ton discours pour moi il dit qu'auteur comme métier c'est pas un vrai métier et apparemment tu ne te sens pas visé) ?

Non. Je dis qu'il n'y a pas de thune et que les principaux acteurs de la chaine du livre ont bien du mal à en vivre (auteurs, éditeurs, libraires. Et même pour les imprimeurs me semble pas que ce soit l'éclate).

Les chiffres que tu mets sont relativement trompeur en ce qu'ils ne disent pas grand-chose de l'édition qui nous intéresse, celle de fiction. Parce que l'édition, c'est aussi les livres pratiques, les livres scientifiques. Et ça fonctionne, il me semble, pas tout à fait pareil.
J'en retiens en revanche que le tirage moyen de chaque livre publié diminue.

Non, mon discours c'est : 1. on rémunère mieux les auteurs avec quel argent ? 2. sur quels critères.

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Pareil, je crois que j'ai lu dans le fil qu'il y avait 10 auteurs pros en France... Faudrait chercher les chiffres mais non, pleins de gens ont un statut artiste auteur (et ne cherchent pas à être salariés et acceptent toute la galère que c'est, combinent parfois avec d'autres trucs etc, mais n'empêchent qu'ils gagnent de l'argent et passent des heure de travail avec ça)

Y avoir le statut et en vivre. Je parlais d'en vivre.

Edit : là où je disais que j'ai un problème avec la question de la professionnalisation, c'est que ça impose de sortir sa nouveauté régulièrement, sans se poser la question de si on a quelque chose de nouveau à raconter.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Chouc le 08 Juillet 2018 à 23:38:52
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Bah, si justement, c'est cette sécurité du salaire (au moins) qui est demandée par les mouvements (Paye ton auteur notamment). Or pas de sécurité du salaire sans sécurité de l'emploi.

J'avais pas cette donnée, au temps pour moi.

Bah du coup je comprends cette envie de sécurité, mais je vois pas trop comment la satisfaire.
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Milla le 09 Juillet 2018 à 14:11:08
mais où le mouvement a-t-il demandé une sécurité du salaire et de l'emploi au sens où tu sembles l'entendre ??

moi de ce que j'en comprends, le mouvement demande à ce que les auteurs à qui on propose un contrat puisse avoir quelque chose de clean, respecteux, et d'être payé d'une façon qui leur parait juste. ça reste du contrat "ponctuel" pour un livre. Ou bien tu as lu quelque chose d'autre quelque part ?

et sur on rémunère mieux les auteurs avec quel argent, je crois qu'en tout cas les pourcentages indiquent en effet que c'est celui qui tire le moins d'argent de la matière première qu'il donne. Il y a sûrement à réfléchir en tout cas, et je conçois assez facilement le sentiment d’injustice, surtout si derrière on te demande d'aller passer du temps sur des salons, en dédicace etc sans jamais être payé (et du coup là dessus ça a bougé a priori).

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Y avoir le statut et en vivre. Je parlais d'en vivre.
ben oui, je parle de gens qui déclare tous les ans des revenus, et qui considèrent en vivre ou en vivoter. Je crois pas que quelqu'un qui fait une publi vraiment que ponctuelle se fasse chier à demander le statut. Et même si c'est des artistes auteur qui ont des petits chiffres et font d'autres trucs à côté, je pense qu'ils ont aussi envie d'avoir de bonnes conditions pour ce métier, avec si possible des contrats et délais de paiement respectueux (ce qui existe).

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Edit : là où je disais que j'ai un problème avec la question de la professionnalisation, c'est que ça impose de sortir sa nouveauté régulièrement, sans se poser la question de si on a quelque chose de nouveau à raconter.
pareil, je crois que quand on se lance en mode "je veux écrire et essayer d’en vivre, passer le plus clair de mon temps à ça" c'est parce qu'on bouillonne de cette créativité là. Si un auteur n'a plus rien à raconter je crois aussi qu'il n'aura juste rien à proposer, ou qu'il pondra une bouse et que l'éditeur lui dira "euuuh, non", ou encore qu'il cherchera un projet déjà un peu directif pour s'inspirer. Et professionnalisation de toute façon ça ne veut pas dire trouver un éditeur qui te prendra tout ce que tu fais ensuite. même si ça fait un réseau qui facilite, chaque nouveau projet est un truc à défendre, envoyer, etc.

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Bah le rapport (peut-être un peu simpliste) dans mon esprit, c'est que le monde du livre ne génère pas énormément de sioux et qu'il est donc compliqué de rémunérer plus les acteurs. Ca résume l'essentiel de ma pensée ^^
et du coup là dessus mon avis est celui donné plus haut, que ça me parait pas fou de trouver ça injuste d'être à l'origine de la matière première et de recevoir moins que tous les autres. Et même si c'est pas non plus facile pour tous les autres, ben je trouve que ça empêche pas de vouloir quelque chose de juste pour soi.

EDIT : si vous avez le temps de lire ça, ça explique plein de trucs tout bien :
https://www.payetonauteur.com/actualite/ (https://www.payetonauteur.com/actualite/)
Titre: Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
Posté par: Erwan le 09 Juillet 2018 à 17:28:16
Juste pour ma petite contribution, j'ai regardé en détail les statuts de la MDA car j'envisage de devenir peintre professionnel. En gros, il faut savoir qu'avoir deux caisses de cotisations séparées pose aussi des problèmes. En effet, la majorité des cotisants (et la majorité des auteurs statistiquement) sont en fait des semi-pro, ça veut dire qu'ils gagnent 4000 balles par an, c'est déjà bien, et pas forcément tous les ans. Or, dans les statuts, tu peux être affilié à la MDA (tu cotises, tu as ta sécu), ou tu peux être assujetti (tu ne gagnes pas assez pour être affilié). Je vous laisse voir ici : https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23749 (https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23749).

Donc en gros, si tu gagnes très peu, tu cotises et tu n'as droit à rien. Déjà c'est pas glop, et d'autre part le régime général est lésé, parce que disons que tu cotises à 70% pour le régime général et 30% pour la MDA, et bien seul le régime général va payer tes frais de santé, chômage etc... Pour les impôts, c'est un peu le même problème, les mecs considèrent par défaut tes revenus sur un an. Mais il se passe quoi si tu gagnes de l'argent de manière irrégulière (10 000 la première année, 2000 la seconde, 200 la troisième, etc) ? En gros, tu payes comme si tu étais super riche, et puis d'un coup t'es très pauvre et tu payes plus. Tu es lésé car tu montes dans ta tranche d'imposition.

Donc, si c'est peut-être bien de n'avoir qu'un organisme de collecte des cotisations (ça évite les je paye et j'ai droit à que dalle), mais il y a quand même des spécificités de métier, et là c'est normal que les auteurs flippent un peu de se retrouver avec tout le monde, et des règles qui ne leur conviennent pas. D'autre part, je ne crois pas que ce soient les 'gros' auteurs qui en vivent à temps plein qui en aient grand chose à foutre du changement de statut, mais plutôt les petits intermittents, les amateurs non professionnels ou semi-pro, qui font ça par passion et pour avoir un petit complément d'argent en échange du temps passé.

Il faut bien comprendre qu'un artiste talentueux, quelque soit son domaine, est un artiste qui a passé des années à monter son talent, et c'est en fait juste impossible avec un travail à 35 heures et une vie de famille, à moins d'y passer vingt ans ou plus. Le talent réclame un temps fou, donc oui la rémunération peut jouer sur la qualité artistique, tout comme le temps libre laissé aux citoyens lambda.