Le concept de professionnalisation de l'écriture me laisse, au mieux, sceptique.:???: comment ça ?
Bah, les auteurs ont le même statut que tous les producteurs de toute chaîne de production.
Après, on trouve où, concrètement, les sous pour mieux les payer ?
(Quant aux conférences, ils ont réussi l'exploit de se faire payer pour faire leur pub, ce qui est une performance que je me dois de saluer).
@Milla bah professionnaliser revient à limiter fortement les entrées pour les non professionnels, à partir sur de plus en plus de commande, etc.
Je suis pas convaincu de l'intérêt pour la littérature et pour les personnes qui écrivent de faire de l'écriture un emploi.
Moi-même, j'ai du mal avec le principe d'artiste = professionnel. Si on est professionnel on est artisan. Un artiste, de mon point de vue, propose une interprétation du monde sans but lucratif.
Alors, ne plombons pas celles et ceux pour qui c'est la source de revenu principale.
Mais si c'est pour faire passer à la trappe discrétos le peu d'acquis positifs, non.
Je comprends celui qui dit : moi c'est ma passion je m'en fous de ne pas être payé. Mais par cette pensée, nous pénalisons celles et ceux qui le font pour vivre. Pourquoi perdre du bénéfice avec des gens qui ont des exigences alors qu'il y a pléthores d'artistes prêts à brader leur travail ?
Je crois que malgré tout, vous ne seriez pas contre voir vos écris diffusés et à partir de là, accepteriez-vous de voir d'autres s'enrichir sur votre travail ?
Je me trompe peut-être, mais les grands classiques de la littérature que nous connaissons, ne vivaient-ils pas de leur art ?
Hugo je crois, Zola j'en suis sûr, Flaubert et Balzac, je crois bien.
Se professionnaliser en tant qu'écrivain me semble pour moi être tout simplement le passage obligé, si on veut se consacrer pleinement à l'écriture.
Non seulement on peut investir son temps dans sa passion, mais en plus on peut y vivre ? Où est-ce que j'signe ?!
Et que dire d'un artiste qui veut, notamment raconter des histoires (= divertissement). Pourquoi n'aurait-il pas autant le droit d'être payé qu'un cinéaste, un développeur de jeux vidéo, ou même un vidéaste sur Youtube (tant qu'à faire)
Un roman, c'est un énorme travail.
Qui s'enrichit sur la littérature ?Je rebondit là dessus.
L'auteur touche à tout péter une dizaine de pourcent sur le prix de vente... Donc 80 à 90 % de l'argent se perd en cour de route... Pourtant c'est tout de même lui qui fournit le plus gros travail et la deuxième personne qui bosse le plus derrière c'est le correcteur qui lui est payé que au lance-pierres et travaille dans des conditions merdiques très souvent.
Sinon, pour répondre à Chouc. Je ne connais pas suffisamment le sujet en effet, mais du peu que je sais du gouvernement actuel, cette réforme n'augure rien de bon de toute façon. La seule chose qui va se produire c'est précariser encore un peu plus les gens qui ne font pas partie d'une (grosse) entreprise. Et un travailleur isolé est en position de faiblesse pour ses droits sociaux.
L'auteur touche à tout péter une dizaine de pourcent sur le prix de vente... Donc 80 à 90 % de l'argent se perd en cour de route...ouaip alors je rebondis parce que bon, ca laisse entendre que y'a des marges de malades, si seulement c'était le cas :mrgreen:
Pas mieux que les autres. Le concept de professionnalisation de l'écriture me laisse, au mieux, sceptique.
Et donc ? Une voiture aussi. Quel ouvrier est payé un salaire pour la participation à une voiture ? SI les auteurs veulent être bien payés, qu'ils vendent des livres.
C'est aussi écrire même quand t'as pas envie, finir ton bouquin à temps quitte à le bâcler, etc.
Je ne comprends absolument pas la logique là-dessus. L'argent vient du livre que l'on tire à de nombreux exemplaires.Sauf qu'il n'y a personne pour les faire, ni pour les acheter, ces livres.
Les livres se vendraient mieux si les auteurs étaient moins nombreux et plus professionnels ce qui, je pense, n'empêcherait pas des perles d'apparaître régulièrement. Un livre demande relativement peu d'investissement et donc de risque.
Autrement on fait comment ? On relègue la littérature à un hobby que tous les auteurs ne sauraient faire qu'en parallèle de leur emploi à plein temps ?
Les livres se vendraient mieux si les auteurs étaient moins nombreux et plus professionnels ce qui, je pense, n'empêcherait pas des perles d'apparaître régulièrement
Je me trompe peut-être, mais les grands classiques de la littérature que nous connaissons, ne vivaient-ils pas de leur art ?Oui, ils vivaient de la littérature à une époque où l'offre en matière de "divertissements" étaient moindre et où la littérature étaient donc une occupation de premier plan. Aujourd'hui pour se détendre les gens allument télé ou l'ordi. Pas tous, bien évidemment, mais en terme de loisirs, les possibilités sont bien plus nombreuses.
Hugo je crois, Zola j'en suis sûr, Flaubert et Balzac, je crois bien.
Ou alors on change le système.
Le chiffre d’affaires de l’édition oscille depuis 30 ans entre 2,4 et 2,8 milliards (en euros constants). Quant au nombre de nouveautés publiées, il a doublé, en gros, tous les 20 ans pour atteindre les 80 000 titres aujourd’hui. En bande dessinée, le nombre de titres a plus que quadruplé depuis l’an 2000, passant de 1 100 à plus de 5 000 aujourd’hui.
Cette croissance des titres s’est accompagnée, comme prévu, d’une paupérisation croissante des auteurs.
Tous les secteurs de l’édition française qui sont aujourd’hui gavés à l’auteur pro pas cher vont devoir réapprendre à bricoler avec des créateurs peu disponibles. Il va quasiment devenir impossible de tenir des délais de parutions rapprochées pour un auteur, et de maintenir le système des séries qui a pourtant été si rentable dans la bande dessinée, par exemple, et auquel la série TV, le manga ou les auteurs young adults anglo-saxons ont habitué le public. De plus, la promotion reposant aujourd’hui déjà principalement sur les auteurs, il va aussi devenir de plus en plus en plus difficile de soutenir les lancements. Les best-sellers vont donc continuer à se faire de plus en plus rares. En plus, les maisons d’édition vont se retrouver à se battre pour les quelques auteurs qui trouveront le succès sur Internet comme elles se battent déjà aujourd’hui pour traduire les best-sellers étrangers. La rentabilité de la plupart des best-sellers en sera donc lourdement affectée.
Il est donc possible que l’édition entre à ce moment dans une crise digne de celle que les maisons de disques ont connue avec le piratage.
Oui, ils vivaient de la littérature à une époque où l'offre en matière de "divertissements" étaient moindre et où la littérature étaient donc une occupation de premier plan. Aujourd'hui pour se détendre les gens allument télé ou l'ordi. Pas tous, bien évidemment, mais en terme de loisirs, les possibilités sont bien plus nombreuses.
Autrement on fait comment ? On relègue la littérature à un hobby que tous les auteurs ne sauraient faire qu'en parallèle de leur emploi à plein temps ?on a l'impression que tu vois ça comme une possible conséquence effrayante de la politique actuelle...Sauf que c'est la réalité d'aujourd'hui ça hein. L'écriture est le gagne-pain de dix, quinze auteurs en France... et l'à-côté de tous les autres... (oui je balance des chiffres au hasard, mais je ne pense pas être si loin du compte)
Autrement on fait comment ? On relègue la littérature à un hobby que tous les auteurs ne sauraient faire qu'en parallèle de leur emploi à plein temps ?on a l'impression que tu vois ça comme une possible conséquence effrayante de la politique actuelle...Sauf que c'est la réalité d'aujourd'hui ça hein. L'écriture est le gagne-pain de dix, quinze auteurs en France... et l'à-côté de tous les autres... (oui je balance des chiffres au hasard, mais je ne pense pas être si loin du compte)
Oui mais pourquoi chercher à tout prix de ne vivre que de ça, quitte à risquer la précarité ?
Mais euh... Pourquoi ? Depuis quand il faudrait absolument justifier la façon dont on souhaite gagner sa vie ? :???:+1
Mais euh... Pourquoi ? Depuis quand il faudrait absolument justifier la façon dont on souhaite gagner sa vie ? :???:C'est pas un jugement de valeurs hein, je suis curieux c'est tout.
Je voudrais (si ce n'est pas déjà un peu le cas) que Damasio et Jaworski puissent vivre de leurs écrits. C'est justement ce que je lis et ce que j'aimerais plus souvent voir en librairie.
Effectivement. Je disais surtout ça pour montrer que devenir professionnel en écriture, c'est-à-dire vivre de son art, était possible et visiblement pas préjudiciable à cet art.
Bon et Loïc (je crois que c'était toi qui présentais les choses de cette façon), je trouve ça assez réducteur et faussé de dire qu'il y a les auteurs professionnalisés merdiques, et les auteurs sur leur temps libre qualitatifs de l'autre ; et aussi de présenter les choses comme si c'était leur choix ! Musso, Lévy, ils ont à coup sûr commencé comme "auteurs sur leur temps libre"...
Vous imaginez que pour un bouquin à 20€ l'auteur toucherai 2€ combien de livres doit il arriver à faire vendre pour pouvoir vivre décemment ? 10 000 exemplaires/an
Soit 20 000€/an là où le libraire se fait 60 000 et l'imprimeur 34 000 (ce qui n'est pas le cas en pratique [comme je précise plus bas]. Je pense que l'impression de 10 000 ex. doit tourner plutôt à moins de 10 000€)... Moi ça me choque toujours. Sachant que l'imprimeur imprime plusieurs ouvrages donc il multiplie ses rentrée d'argent lorsqu'un auteur n'en a qu'un seul sur cette période, idem pour libraires et transporteurs...
mais si le tirage passe à 5 000 ou 10 000 il prendra peut-être que 7 ou 8 %.
Si peu ? J'aurais plutôt parié sur la centaine.
D'après Zacharielle, un auteur gagne en moyenne 10% sur la vente d'un livre.
Sachant que le CA de l'industrie du livre oscille entre 2,4 et 2,8 milliards.
Ça laisse 2,6 millions d'€ par ans pour les auteurs.
Soit 1700 SMIC.
Si on retire tous les à côtés et les inégalités dus aux quelques uns qui gagnent beaucoup, la centaine me paraît plus plausible.
Je vois ça en partie comme une conséquence de la politique actuelle. Il y a certainement un moyen de faire mieux et de raviver le domaine.
Bah pourquoi pas ? Il y a des gens qui se sentent cette vocation et qui sont prêts à accepter la précarité qui va avec. Il est clair que tous les gens un peu doués pour écrire ne pourraient pas en vivre, mais par chance, tous ne le souhaitent pas. Chacun est libre de mener sa barque comme il l'entend, qu'il s'agisse d'un "simple" hobby non rémunéré, d'un appoint financier ou d'une professionnalisation totale.
je comprends mille fois qu'on puisse vouloir vivre du truc qui nous plait vraiment dans la vie plutôt que de faire des jobs alimentaires qui nous paraissent désagréable, enfin c'est n argument concret :relou:
J'ai ri :huhu:
l'écriture à plein temps c'est l'équivalent de deux nanos par mois.
Juste pour dire.
:moderation:
ps : pas sûr que Balzac l'ait bien vécu
pps : sûr que la majorité des lecteurs de Balzac ne le vivent pas bien
Je m'y connais trop peu en la matière pour avoir un avis éclairé sur la réforme du statut des auteurs. Quelqu'un qui comprend le jargon juridique pourrait faire un petit résumé pour les nounouilles comme moi ?
Concernant la professionnalisation de l'auteur... Je crois que, paradoxalement, je suis globalement assez d'accord avec Loïc. Je comprends tout à fait les démarches d'auteurs qui souhaitent améliorer leur statut, et je pense qu'on peut établir une différence entre l'édition petite et moyenne qui génère souvent à peine de quoi s'auto-financer, et les mastodontes qui auraient sans doute les moyens de faire de meilleures marges à leurs auteurs (cf. les tarifs dégressifs de l'impression cités par Vinz, la visibilité de leurs oeuvres qui leur assurent des ventes sûres, etc.).
Mais souhaiter un système où l'auteur est, mettons, salarié ? Où il vit en permanence de son oeuvre ?
Comme Loïc, je pense que ça ferme la porte à tous les auteurs non-professionnels. C'est pour la même raison que je n'aime pas les master de Creative Writing qui commencent à se développer : donner un diplôme pour être auteur, au début ça semble cool et à la longue ça risque que faire que si vous avez pas ce diplôme, vous serez peut-être pas publiés, et donc ça remplace la sélection de l'oeuvre par une sélection du CV. J'aime pas beaucoup cette perspective.
Et comme disait je sais plus qui plus haut dans ce fil, un auteur qui écrit suffisamment pour vivre de sa plume, ça fait beaucoup, beaucoup de romans ; au bout d'un moment, il a peut-être plus grand chose à dire... Ou plutôt disons que le fait d'être salarié pour écrire n'est pas une garantie de qualité (l'équation plus de temps = plus de bonnes productions ne tient pas la route).
En fait, quitte à rester dans l'idéal (puisque de toute façon on changera pas le système de rémunération des auteurs là ici comme ça dans ce fil ::) ), je pense que le système que je trouverais le plus favorable, c'est un monde du travail qui laisse suffisamment de temps pour que le travailleur puisse s'épanouir dans une activité annexe (ici, l'écriture). Ce qui ferait que l'existence de structures de diffusion de ces oeuvres (la chaîne du livre) ne lèserait pas l'auteur en ne rémunérant pas ses efforts, mais serait une cerise sur le gâteau pour une activité qu'il a de toute façon eu le temps et les moyens de faire. Et si au lieu d'écrire un livre, le travailleur est pâtissier amateur, ça serait tout aussi bien, tant que ça le rend heureux.
le fait qu'un certain nombre de musiciens vivent de ce qu'ils font empêche-t-il les nouveaux entrants d'être jugés à ce qu'ils font plutôt qu'au CV ?En fait, je ne suis pas sûre que le parallèle soit vraiment significatif... Je ne connais pas à fond l'industrie de la musique mais je crois bien qu'on a d'un côté les gros labels qui sponsorisent et vendent leurs musiciens (musiciens qui sont donc professionnels de la musique, et si on veut comparer, qui seraient une sorte d'équivalent de la poignée d'auteurs qui vivent de leur plume, style J.K. Rowling ?), d'un autre les musiciens qui vivent, plus ou moins, de leur art mais qui, je crois, sont quand même assez précaires, et d'un troisième côté (oui ma démonstration est un triangle, et alors ? :huhu: ), la foultitude de gens qui jouent de la musique parce qu'ils aiment, sans que ce soit leur travail, que ce soit jouer le week-end ou faire quelques représentations ici ou là ?
Comme Loïc, je pense que ça ferme la porte à tous les auteurs non-professionnels. C'est pour la même raison que je n'aime pas les master de Creative Writing qui commencent à se développer : donner un diplôme pour être auteur, au début ça semble cool et à la longue ça risque que faire que si vous avez pas ce diplôme, vous serez peut-être pas publiés, et donc ça remplace la sélection de l'oeuvre par une sélection du CV. J'aime pas beaucoup cette perspective.
En musique, il y a des conservatoires et, je suppose, des diplômes. Est-ce qu'on a pas déjà eu cette professionnalisation que tu crains ? Ou est-ce qu'il y a juste plus d'argent, et donc plus de gens qui en vivent ?
Mais souhaiter un système où l'auteur est, mettons, salarié ? Où il vit en permanence de son oeuvre ?
En fait, quitte à rester dans l'idéal (puisque de toute façon on changera pas le système de rémunération des auteurs là ici comme ça dans ce fil ::) ), je pense que le système que je trouverais le plus favorable, c'est un monde du travail qui laisse suffisamment de temps pour que le travailleur puisse s'épanouir dans une activité annexe (ici, l'écriture).
Je n'ai absolument pas compris ta question... :???:En fait, quitte à rester dans l'idéal (puisque de toute façon on changera pas le système de rémunération des auteurs là ici comme ça dans ce fil ::) ), je pense que le système que je trouverais le plus favorable, c'est un monde du travail qui laisse suffisamment de temps pour que le travailleur puisse s'épanouir dans une activité annexe (ici, l'écriture).
Voilà, ça c'est une opinion d'auteur. Tu évoques une utopie, après à toi de voir si tu prends ton opinion au sérieux et que tu en écris un livre, ou si tu balances juste ça sur un forum au hasard parce que tu ne savais pas quoi faire de ta vie.
Ce sont deux conceptions du statut tout à fait différentes.
On peut aussi changer d'angle de vue.
La littérature ne génère pas suffisamment d'argent pour que plus d'auteurs en vivent, mais considérer qu'il y a trop d'auteurs me pose un vrai problème. Disons qu'il existe quantité de gens avec une histoire à raconter, et que parmi ceux-là, certains ont beaucoup d'histoires à raconter.
Le fait que l(es) auteur(es) soi(en)t le participant à la création du livre le moins payé à la fin,
10% ? :o :o :o De ce que j'en sais, 5% c'est déjà énorme et pas si fréquent. Et les auteurs payent des charges.
faudrait que je prenne le temps de rechercher, y a des articles intéressants et avec sources qui explique que ouais, vraiment, c'est pas la panacée financière d'être auteur.
Sinon, j'ai pas compris à quel moment les auteurs ont dit qu'ils voulaient devenir salariés ??? ça sort d'où ?
et enfin, ça me scie beaucoup et me blesse de lire que auteur ou artiste c'est pas un vrai métier, que ça mérite pas tant que ça d'être rémunéré, et qu'il faudrait quand même d'abord générer de l'argent avant d'en réclamer. Parce que whaaaaa c'est tellement loin de ce que je pense veux et souhaite. Mais j'ai aucune envie de développer, je m'étais même dit que je répondrais plus ici. Toutefois, j'ai l'impression de lire des idées qui corresponde pas à la réalité, et je suis un peu tristesse. breeeeef...
Bah on le fait pas. Le statut d'artiste-auteur implique une forme de précarité, je crois pas que quiconque ayant décidé de gagner sa vie ainsi l'ai fait sans prendre en considération ce paramètre. Le jour où les auteurs revendiqueront la sécurité de l'emploi et du salaire, il sera temps de se poser la question, mais là il me semble pas qu'elle ait été soulevée (ou je suis passée à côté).CiterSinon, j'ai pas compris à quel moment les auteurs ont dit qu'ils voulaient devenir salariés ??? ça sort d'où ?
Bah comment on assure un revenu décent aux auteurs toute leur vie du coup ? Parce que perso, j'ai toujours pas compris comment on faisait.
J'ai du mal avec cette idée que le monde du livre n'est pas ou plus "porteur", que les gens n'en veulent plus, tu dis ça Loïc non ?
Bah on le fait pas. Le statut d'artiste-auteur implique une forme de précarité, je crois pas que quiconque ayant décidé de gagner sa vie ainsi l'ai fait sans prendre en considération ce paramètre. Le jour où les auteurs revendiqueront la sécurité de l'emploi et du salaire, il sera temps de se poser la question, mais là il me semble pas qu'elle ait été soulevée (ou je suis passée à côté).
J'ai du mal avec cette idée que le monde du livre n'est pas ou plus "porteur", que les gens n'en veulent plus, tu dis ça Loïc non ? ou je te comprends mal (pour changer...), (parce que ton discours pour moi il dit qu'auteur comme métier c'est pas un vrai métier et apparemment tu ne te sens pas visé) ?
Pareil, je crois que j'ai lu dans le fil qu'il y avait 10 auteurs pros en France... Faudrait chercher les chiffres mais non, pleins de gens ont un statut artiste auteur (et ne cherchent pas à être salariés et acceptent toute la galère que c'est, combinent parfois avec d'autres trucs etc, mais n'empêchent qu'ils gagnent de l'argent et passent des heure de travail avec ça)
Bah, si justement, c'est cette sécurité du salaire (au moins) qui est demandée par les mouvements (Paye ton auteur notamment). Or pas de sécurité du salaire sans sécurité de l'emploi.
Y avoir le statut et en vivre. Je parlais d'en vivre.ben oui, je parle de gens qui déclare tous les ans des revenus, et qui considèrent en vivre ou en vivoter. Je crois pas que quelqu'un qui fait une publi vraiment que ponctuelle se fasse chier à demander le statut. Et même si c'est des artistes auteur qui ont des petits chiffres et font d'autres trucs à côté, je pense qu'ils ont aussi envie d'avoir de bonnes conditions pour ce métier, avec si possible des contrats et délais de paiement respectueux (ce qui existe).
Edit : là où je disais que j'ai un problème avec la question de la professionnalisation, c'est que ça impose de sortir sa nouveauté régulièrement, sans se poser la question de si on a quelque chose de nouveau à raconter.pareil, je crois que quand on se lance en mode "je veux écrire et essayer d’en vivre, passer le plus clair de mon temps à ça" c'est parce qu'on bouillonne de cette créativité là. Si un auteur n'a plus rien à raconter je crois aussi qu'il n'aura juste rien à proposer, ou qu'il pondra une bouse et que l'éditeur lui dira "euuuh, non", ou encore qu'il cherchera un projet déjà un peu directif pour s'inspirer. Et professionnalisation de toute façon ça ne veut pas dire trouver un éditeur qui te prendra tout ce que tu fais ensuite. même si ça fait un réseau qui facilite, chaque nouveau projet est un truc à défendre, envoyer, etc.
Bah le rapport (peut-être un peu simpliste) dans mon esprit, c'est que le monde du livre ne génère pas énormément de sioux et qu'il est donc compliqué de rémunérer plus les acteurs. Ca résume l'essentiel de ma pensée ^^et du coup là dessus mon avis est celui donné plus haut, que ça me parait pas fou de trouver ça injuste d'être à l'origine de la matière première et de recevoir moins que tous les autres. Et même si c'est pas non plus facile pour tous les autres, ben je trouve que ça empêche pas de vouloir quelque chose de juste pour soi.