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Auteur Sujet: #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.  (Lu 25799 fois)

Nocte

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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #30 le: 30 Juin 2018 à 12:32:24 »
Oui mais pourquoi chercher à tout prix de ne vivre que de ça, quitte à risquer la précarité ?

Hors ligne Gros Lo

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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #31 le: 30 Juin 2018 à 12:39:16 »
Oui mais pourquoi chercher à tout prix de ne vivre que de ça, quitte à risquer la précarité ?

et peut-on parler du fait que écrire 35h par semaine c'est pas forcément ce que recherchent les instances de régulation thermique de mon cerveau ?

l'écriture à plein temps c'est l'équivalent de deux nanos par mois.
Juste pour dire.
 :moderation:

ps : pas sûr que Balzac l'ait bien vécu
pps : sûr que la majorité des lecteurs de Balzac ne le vivent pas bien
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Hors ligne Chouc

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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #32 le: 30 Juin 2018 à 12:41:14 »
Bah pourquoi pas ?  Il y a des gens qui se sentent cette vocation et qui sont prêts à accepter la précarité qui va avec. Il est clair que tous les gens un peu doués pour écrire ne pourraient pas en vivre, mais par chance, tous ne le souhaitent pas. Chacun est libre de mener sa barque comme il l'entend, qu'il s'agisse d'un "simple" hobby non rémunéré, d'un appoint financier ou d'une professionnalisation totale.
Tel esprit qui croyait se pendre.

Nocte

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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #33 le: 30 Juin 2018 à 12:58:58 »
Oui la vocation je comprends bien, mais je veux bien des arguments plus concrets.

Hors ligne Chouc

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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #34 le: 30 Juin 2018 à 13:02:29 »
Mais euh... Pourquoi ? Depuis quand il faudrait absolument justifier la façon dont on souhaite gagner sa vie ? :???:
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Hors ligne Aléa

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Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #35 le: 30 Juin 2018 à 13:12:15 »
Mais euh... Pourquoi ? Depuis quand il faudrait absolument justifier la façon dont on souhaite gagner sa vie ? :???:
+1
je comprends mille fois qu'on puisse vouloir vivre du truc qui nous plait vraiment dans la vie plutôt que de faire des jobs alimentaires qui nous paraissent désagréable, enfin c'est n argument concret  :relou:



(faudrait que je repasse pour parler de l'imprimerie au passage, parce que y'a des coûts très gros chez l'imprimeur, c'est eux qui ont les plus gros frais en fait)
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Nocte

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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #36 le: 30 Juin 2018 à 13:58:10 »
Mais euh... Pourquoi ? Depuis quand il faudrait absolument justifier la façon dont on souhaite gagner sa vie ? :???:
C'est pas un jugement de valeurs hein, je suis curieux c'est tout.
Par argument concret je voulais juste des exemples plus personnels pour sortir des généralités, c'est quand même plus parlant.

Hors ligne Chouc

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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #37 le: 30 Juin 2018 à 14:04:08 »
Dans ce cas je vais laisser le(s)/la concerné(e)(s) s'exprimer, pour ma part j'ai pas cette ambition.
Tel esprit qui croyait se pendre.

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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #38 le: 30 Juin 2018 à 14:37:03 »
Gallienis, par rapport à ce que tu dis de la surproduction : oui, qu'il y ait moins de publications, je suis d'accord. Mais ça veut pas dire moins d'auteurs différents, et à moins d'une gros gros réussite (JKR...), bah ça veut dire publier un livre par an ; un tous les deux ans à la limite. Ça veut aussi dire qu'on doit les publier ? Puisque ce sont des auteurs professionnels ? Quid des autres ?

Citer
Je voudrais (si ce n'est pas déjà un peu le cas) que Damasio et Jaworski puissent vivre de leurs écrits. C'est justement ce que je lis et ce que j'aimerais plus souvent voir en librairie.

Aux dernières nouvelles, Jaworski était encore prof et Damasio n'a pas assez publié en nombre de bouquins (et même, la horde c'est confidentiel) pour qu'il puisse en vivre. Mais justement, pour des auteurs qui n'ont pas l'ambition de faire que ça, limiter l'édition aux pros, bah ça veut dire fermer la porte à ceux-là.

Citer
Effectivement. Je disais surtout ça pour montrer que devenir professionnel en écriture, c'est-à-dire vivre de son art, était possible et visiblement pas préjudiciable à cet art.

Tout est-il vraiment sauvable dans leurs productions ?

Citer
Bon et Loïc (je crois que c'était toi qui présentais les choses de cette façon), je trouve ça assez réducteur et faussé de dire qu'il y a les auteurs professionnalisés merdiques, et les auteurs sur leur temps libre qualitatifs de l'autre ; et aussi de présenter les choses comme si c'était leur choix ! Musso, Lévy, ils ont à coup sûr commencé comme "auteurs sur leur temps libre"...

Oui, c'était réducteur, mais euh, sur les 15 auteurs (de fiction) vivant de leur art, y en a-t-il beaucoup qui sortent de ce schéma ?
Et bien sûr, ce n'est pas le fait qu'ils aient publié qui dérange, mais le fait qu'ils sortent un livre par an depuis dix ans...
(Oui, je sais, les auteurs renommés font vivre la chaine du livre et permet de publier des trucs plus confidentiels à côté pour ces grosses maisons).

Citer
Vous imaginez que pour un bouquin à 20€ l'auteur toucherai 2€ combien de livres doit il arriver à faire vendre pour pouvoir vivre décemment ? 10 000 exemplaires/an
Soit 20 000€/an là où le libraire se fait 60 000 et l'imprimeur 34 000 (ce qui n'est pas le cas en pratique [comme je précise plus bas]. Je pense que l'impression de 10 000 ex. doit tourner plutôt à moins de 10 000€)... Moi ça me choque toujours. Sachant que l'imprimeur imprime plusieurs ouvrages donc il multiplie ses rentrée d'argent lorsqu'un auteur n'en a qu'un seul sur cette période, idem pour libraires et transporteurs...

C'est ce que disait Chouc, sur ce que rentre l'auteur, y a 0 frais. Alors que les autres beaucoup plus. (Tu parlais justement de ceux des libraires). Parce que les 10 000 exemplaires par an vendus par l'auteur, sont pas non plus tous dans la même librairie.
Pis bon, y a un moment je vois pas comment vous voulez que la culture, qui n'est pas rentable de base, soit rentable pour des producteurs dans un monde ou aucun producteur ne gagne sa vie.
Perso je plains plus les agriculteurs...

Citer
mais si le tirage passe à 5 000 ou 10 000 il prendra peut-être que 7 ou 8 %.

Y a pas beaucoup de livres à ce tirage il me semble.

Citer
Si peu ? J'aurais plutôt parié sur la centaine.

D'après Zacharielle, un auteur gagne en moyenne 10% sur la vente d'un livre.
Sachant que le CA de l'industrie du livre oscille entre 2,4 et 2,8 milliards.
Ça laisse 2,6 millions d'€ par ans pour les auteurs.
Soit 1700 SMIC.

Si on retire tous les à côtés et les inégalités dus aux quelques uns qui gagnent beaucoup, la centaine me paraît plus plausible.

Je vois ça en partie comme une conséquence de la politique actuelle. Il y a certainement un moyen de faire mieux et de raviver le domaine.

Il y a aussi tous ceux qui "en vivent" mais ne sont pas des écrivains de fiction (ouvrages politiques, de cuisine, etc.)
Les différences par types d'écrits sont aussi assez fortes.

Citer
Bah pourquoi pas ?  Il y a des gens qui se sentent cette vocation et qui sont prêts à accepter la précarité qui va avec. Il est clair que tous les gens un peu doués pour écrire ne pourraient pas en vivre, mais par chance, tous ne le souhaitent pas. Chacun est libre de mener sa barque comme il l'entend, qu'il s'agisse d'un "simple" hobby non rémunéré, d'un appoint financier ou d'une professionnalisation totale.

Bah euh
Justement
Le fait est qu'ils n'acceptent pas la précarité avec, c'est bien le centre du topic :mrgreen:

Citer
je comprends mille fois qu'on puisse vouloir vivre du truc qui nous plait vraiment dans la vie plutôt que de faire des jobs alimentaires qui nous paraissent désagréable, enfin c'est n argument concret  :relou:

Tu peux faire autre chose qu'écrire un roman par an et le vendre à tout pris, sans pour autant être dans un job alimentaire, non ?

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Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #39 le: 01 Juillet 2018 à 11:23:13 »
Je m'y connais trop peu en la matière pour avoir un avis éclairé sur la réforme du statut des auteurs. Quelqu'un qui comprend le jargon juridique pourrait faire un petit résumé pour les nounouilles comme moi ?

Concernant la professionnalisation de l'auteur... Je crois que, paradoxalement, je suis globalement assez d'accord avec Loïc. Je comprends tout à fait les démarches d'auteurs qui souhaitent améliorer leur statut, et je pense qu'on peut établir une différence entre l'édition petite et moyenne qui génère souvent à peine de quoi s'auto-financer, et les mastodontes qui auraient sans doute les moyens de faire de meilleures marges à leurs auteurs (cf. les tarifs dégressifs de l'impression cités par Vinz, la visibilité de leurs oeuvres qui leur assurent des ventes sûres, etc.).

Mais souhaiter un système où l'auteur est, mettons, salarié ? Où il vit en permanence de son oeuvre ?
Comme Loïc, je pense que ça ferme la porte à tous les auteurs non-professionnels. C'est pour la même raison que je n'aime pas les master de Creative Writing qui commencent à se développer : donner un diplôme pour être auteur, au début ça semble cool et à la longue ça risque que faire que si vous avez pas ce diplôme, vous serez peut-être pas publiés, et donc ça remplace la sélection de l'oeuvre par une sélection du CV. J'aime pas beaucoup cette perspective.
Et comme disait je sais plus qui plus haut dans ce fil, un auteur qui écrit suffisamment pour vivre de sa plume, ça fait beaucoup, beaucoup de romans ; au bout d'un moment, il a peut-être plus grand chose à dire... Ou plutôt disons que le fait d'être salarié pour écrire n'est pas une garantie de qualité (l'équation plus de temps = plus de bonnes productions ne tient pas la route).

En fait, quitte à rester dans l'idéal (puisque de toute façon on changera pas le système de rémunération des auteurs là ici comme ça dans ce fil ::) ), je pense que le système que je trouverais le plus favorable, c'est un monde du travail qui laisse suffisamment de temps pour que le travailleur puisse s'épanouir dans une activité annexe (ici, l'écriture). Ce qui ferait que l'existence de structures de diffusion de ces oeuvres (la chaîne du livre) ne lèserait pas l'auteur en ne rémunérant pas ses efforts, mais serait une cerise sur le gâteau pour une activité qu'il a de toute façon eu le temps et les moyens de faire. Et si au lieu d'écrire un livre, le travailleur est pâtissier amateur, ça serait tout aussi bien, tant que ça le rend heureux.

Et juste :


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J'ai ri :huhu:
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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #40 le: 01 Juillet 2018 à 11:53:10 »
Je m'y connais trop peu en la matière pour avoir un avis éclairé sur la réforme du statut des auteurs. Quelqu'un qui comprend le jargon juridique pourrait faire un petit résumé pour les nounouilles comme moi ?

Concernant la professionnalisation de l'auteur... Je crois que, paradoxalement, je suis globalement assez d'accord avec Loïc. Je comprends tout à fait les démarches d'auteurs qui souhaitent améliorer leur statut, et je pense qu'on peut établir une différence entre l'édition petite et moyenne qui génère souvent à peine de quoi s'auto-financer, et les mastodontes qui auraient sans doute les moyens de faire de meilleures marges à leurs auteurs (cf. les tarifs dégressifs de l'impression cités par Vinz, la visibilité de leurs oeuvres qui leur assurent des ventes sûres, etc.).

Mais souhaiter un système où l'auteur est, mettons, salarié ? Où il vit en permanence de son oeuvre ?
Comme Loïc, je pense que ça ferme la porte à tous les auteurs non-professionnels. C'est pour la même raison que je n'aime pas les master de Creative Writing qui commencent à se développer : donner un diplôme pour être auteur, au début ça semble cool et à la longue ça risque que faire que si vous avez pas ce diplôme, vous serez peut-être pas publiés, et donc ça remplace la sélection de l'oeuvre par une sélection du CV. J'aime pas beaucoup cette perspective.
Et comme disait je sais plus qui plus haut dans ce fil, un auteur qui écrit suffisamment pour vivre de sa plume, ça fait beaucoup, beaucoup de romans ; au bout d'un moment, il a peut-être plus grand chose à dire... Ou plutôt disons que le fait d'être salarié pour écrire n'est pas une garantie de qualité (l'équation plus de temps = plus de bonnes productions ne tient pas la route).

En fait, quitte à rester dans l'idéal (puisque de toute façon on changera pas le système de rémunération des auteurs là ici comme ça dans ce fil ::) ), je pense que le système que je trouverais le plus favorable, c'est un monde du travail qui laisse suffisamment de temps pour que le travailleur puisse s'épanouir dans une activité annexe (ici, l'écriture). Ce qui ferait que l'existence de structures de diffusion de ces oeuvres (la chaîne du livre) ne lèserait pas l'auteur en ne rémunérant pas ses efforts, mais serait une cerise sur le gâteau pour une activité qu'il a de toute façon eu le temps et les moyens de faire. Et si au lieu d'écrire un livre, le travailleur est pâtissier amateur, ça serait tout aussi bien, tant que ça le rend heureux.

Rah, tu m'as bien convaincu... jusqu'à un certain point.
Je refais un parallèle avec la musique que j'ai déjà fait. Si on met de côté l'obligation d'être productif qui, finalement, est peut-être ce qui fait toute la différence - on a plus le temps, je crois, de faire un album par un puis une tournée qu'un roman par an.

En musique, si ce n'est que le domaine brasse plus d'argent que le livre,
et donc qu'il y a moins d'argent pour les auteurs,
et donc moins d'auteurs pouvant vivre de leur art,
le fait qu'un certain nombre de musiciens vivent de ce qu'ils font empêche-t-il les nouveaux entrants d'être jugés à ce qu'ils font plutôt qu'au CV ?

Hors ligne Milora

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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #41 le: 01 Juillet 2018 à 12:13:18 »
Citer
le fait qu'un certain nombre de musiciens vivent de ce qu'ils font empêche-t-il les nouveaux entrants d'être jugés à ce qu'ils font plutôt qu'au CV ?
En fait, je ne suis pas sûre que le parallèle soit vraiment significatif... Je ne connais pas à fond l'industrie de la musique mais je crois bien qu'on a d'un côté les gros labels qui sponsorisent et vendent leurs musiciens (musiciens qui sont donc professionnels de la musique, et si on veut comparer, qui seraient une sorte d'équivalent de la poignée d'auteurs qui vivent de leur plume, style J.K. Rowling ?), d'un autre les musiciens qui vivent, plus ou moins, de leur art mais qui, je crois, sont quand même assez précaires, et d'un troisième côté (oui ma démonstration est un triangle, et alors ?  :huhu: ), la foultitude de gens qui jouent de la musique parce qu'ils aiment, sans que ce soit leur travail, que ce soit jouer le week-end ou faire quelques représentations ici ou là ?

Du coup en fait, je crois que je ne vois pas trop ce que ça démontre, notamment en tant que parallèle avec l'écriture...? Qu'y a plus de gens dans la première catégorie, en musique...? (mais comme disait quelqu'un, la musique se vend davantage aussi).

En plus, la musique est un spectacle, avec des représentations. Qui peut être enregistrée et vendue. Mais du coup d'un point de vue réalisation, il me semble que ça n'est pas la même chose qu'un livre, qui est un produit qu'on vend (au sens de "truc fabriqué qui ne se fait pas en direct").

Enfin tout ça pour dire que je ne comprends pas trop ce que démontre la parallèle avec l'industrie de la musique, mais si tu me précises ton idée, j'y verrai sans doute plus clair ! ^^
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Hors ligne Galianis

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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #42 le: 01 Juillet 2018 à 16:58:13 »
Milora, je te rejoins finalement sur ce que tu dis. Je voulais revenir uniquement sur ceci :

Citer
Comme Loïc, je pense que ça ferme la porte à tous les auteurs non-professionnels. C'est pour la même raison que je n'aime pas les master de Creative Writing qui commencent à se développer : donner un diplôme pour être auteur, au début ça semble cool et à la longue ça risque que faire que si vous avez pas ce diplôme, vous serez peut-être pas publiés, et donc ça remplace la sélection de l'oeuvre par une sélection du CV. J'aime pas beaucoup cette perspective.

En musique, il y a des conservatoires et, je suppose, des diplômes. Est-ce qu'on a pas déjà eu cette professionnalisation que tu crains ? Ou est-ce qu'il y a juste plus d'argent, et donc plus de gens qui en vivent ?


J'ai l'impression qu'on peut résumer ce débat à ça :

L'industrie du livre brasse plus de 2 milliards d'€ par an en France. Comment se fait-ils que si peu d'auteurs en vivent ?
La réponse serait donc, tout simplement, qu'il y a trop d'auteurs, et trop de frais qui font qu'ils n'ont droit qu'à une petit part du gâteau.
Et parce qu'ils n'en ont pas forcément envie. 

Hors ligne Chouc

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Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #43 le: 01 Juillet 2018 à 17:04:45 »
On peut aussi changer d'angle de vue.

La littérature ne génère pas suffisamment d'argent pour que plus d'auteurs en vivent, mais considérer qu'il y a trop d'auteurs me pose un vrai problème. Disons qu'il existe quantité de gens avec une histoire à raconter, et que parmi ceux-là, certains ont beaucoup d'histoires à raconter.
Tel esprit qui croyait se pendre.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Re : Re : #PayeTonAuteur #AuteursEnColère c'est en ce moment.
« Réponse #44 le: 01 Juillet 2018 à 17:13:49 »
Alors,

En musique, il y a des conservatoires et, je suppose, des diplômes. Est-ce qu'on a pas déjà eu cette professionnalisation que tu crains ? Ou est-ce qu'il y a juste plus d'argent, et donc plus de gens qui en vivent ?

Pour l'instant, le secteur fonctionne surtout sur les subventions, et pour avoir accès à des subventions ou des droits (comme la sécu), il faut que l'auteur ait vendu un minimum de livres et s'inscrive dans une maison d'édition qui est en capacité de tirer au moins cinq cent livres.

On a donc un modèle de sélection basé sur la subvention (les éditeurs peu fortunés survivent grâce aux bourses, ou grâce aux prix que les auteurs reçoivent par des festivals eux-mêmes financés par l'édifice public).

Pour l'instant, le modèle est hors-jeu, ça ne fonctionne pas.

Mais souhaiter un système où l'auteur est, mettons, salarié ? Où il vit en permanence de son oeuvre ?

On ne peut pas envisager un modèle dans lequel un auteur serait salarié. L'auteur est en contrat avec un éditeur, l'éditeur dépend de son auteur pour vendre le livre. Les choix de l'auteur ont un impact sur l'éditeur, et c'est donc un choix de collaboration et non les mesures d'un patronat.

Le terme « commande » évoque justement ce mode de fonctionnement de l'auteur qui travaille à son compte, un peu comme un investisseur, l'auteur choisit de consacrer le temps qu'il souhaite à l'ouvrage qui lui paraît approprié.

Pour l'instant, une meilleure reconnaissance du métier d'auteur serait déjà un pas en avant pour déblayer tout ça ; on a un problème d'instabilité dans le secteur, avec des contenus qui ne seraient absolument pas adaptés à la publication et qui pourtant inondent le marché.

Être auteur, c'est aussi avoir un minimum de réseau et savoir quelles sont les modes ou les mœurs, être capable de s'inscrire dans un environnement. Pas de salariat pour les auteurs, c'est contraire aux besoins d'autonomie.


En fait, quitte à rester dans l'idéal (puisque de toute façon on changera pas le système de rémunération des auteurs là ici comme ça dans ce fil ::) ), je pense que le système que je trouverais le plus favorable, c'est un monde du travail qui laisse suffisamment de temps pour que le travailleur puisse s'épanouir dans une activité annexe (ici, l'écriture).

Voilà, ça c'est une opinion d'auteur. Tu évoques une utopie, après à toi de voir si tu prends ton opinion au sérieux et que tu en écris un livre, ou si tu balances juste ça sur un forum au hasard parce que tu ne savais pas quoi faire de ta vie.

Ce sont deux conceptions du statut tout à fait différentes.

 


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