Nouveau texte. L'idée de cette histoire m'est venue à partir de ça : (Beckett - Fin de partie)
"[Hamm] : J'ai connu un fou qui croyait que la fin du monde était arrivée. Il faisait de la peinture. Je l'aimais bien. (...)"
Bon alors, entre les révisions pour le bac, une option à préparer et à passer, et encore d'autres choses par-ci par-là, j'ai mis du temps à boucler ce texte. Mais ça y est, je pense. Bon, pour ce qui est du texte en lui-même : c'est une histoire que j'avais dans la tête depuis un bout de temps, que j'avais déjà essayé d'écrire mais j'y étais pas parvenue. Et j'ai réessayé et le résultat est là. J'ai mis du temps à savoir quelle forme utiliser. J'ai commencé sous forme de nouvelle mais ça me bloquait, j'ai voulu écrire l'histoire au style direct mais impossible alors finalement j'ai opté pour un dialogue théâtral, en la racontant au style indirect. Que de pérégrinations ! ^^
Aussi, c'est un texte qui, je m'en rends compte maintenant, mélange énormément de mes lectures du moment, ou même parfois plus lointaines, ça m'agace un peu mais c'est comme ça.
PS : pour ce qui est du "cultiver son jardin" j'ai absolument pas fait exprès de reprendre l'idée de Voltaire (Candide), à la base j'étais partie pour faire un clin d'œil à Mister Boris Vian et son Ecume des jours (avec la femme qui a un nénuphar dans le poumon) et aussi à Damasio avec le personnage de Steppe qui se transforme en arbre, mais voilà mes mots m'ont menée chez Voltaire...si ça fait trop je l'enlèverai et essayerai de trouver autre chose.
Au cas où, les personnages :
H --> L'homme
I --> L'infini
FOU
Bonne lecture (désolée de cette longue introduction) ! Vos avis sont évidemment les bienvenus.
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Belle de sang
« Alors, tu me déchireras, sans jamais t’arrêter, avec les dents et les ongles à la fois. Je parerai mon corps de guirlandes embaumées, pour cet holocauste expiratoire ; et nous souffrirons tous les deux, moi, d’être déchiré, toi, de me déchirer.»
Les chants de Maldoror (chant I) – Lautréamont
*
Un homme. Le silence. Et puis l’infini : du sable à perte de vue.
I – Homme pâle au regard lunaire, condamné à l’errance en des terres inconnues, balayées de rafales cinglantes, où virevolte le sable cristallin. Homme pâle au regard lunaire, raconte-moi les souvenirs qui te pèsent, alourdissent tes mouvements, assombrissent ton esprit.
Silence. L’homme s’assied sur une ruine arborescente.
H – Cela commence comme un conte. Il était une fois un fou. Il croyait que la fin du monde était arrivée. Partout où il vagabondait, il n’y avait que cendres et fumées. Et puis un jour, il y eut moi. Rencontre fortuite entre deux errants désertiques. Il m’a déshabillé de son regard laiteux puis a posé sa main de papier sur ma joue rosie. Il m’acceptait dans sa meute solitaire.
I – Et ensuite ?
H – Ensuite ? (Un temps) Il a sorti une marionnette de sa poche. Belle comme la main chiffonnée d’un vieillard. Je me souviens, sa peau de bois était d’une pâleur marmoréenne. Elle était vêtue d’un costume d’Arlequin mais tout de gris et de noir. Elle avait les yeux clos, enfouie dans l’ombre d’un rêve. Et seuls cinq fils fébriles de lin la soutenaient à une possible vie.
On entend la caresse du ciel sur les dunes sablonneuses.
H – Mon fou la berçait amoureusement dans ses bras filiformes. Et d’un coup, alors que je ne m’y attendais pas, il m’a pris la main et m’a emmené.
Soubresaut de l’infini. La terre tremble, s’écaille un peu.
H – Tu sais, je n’ai pas résisté. Je n’ai pas osé. J’étais déjà perdu, je pouvais bien fuir avec un inconnu à l’auguste regard. J’ai fermé les paupières, comme sa marionnette, et me suis laissé emporter dans la toile arachnéenne de sa vie. (Un temps) Il ne parlait pas beaucoup mon fou. Il ne cessait de répéter – par l’intermédiaire de sa marionnette aux yeux clos :
FOU – De sable en cendres ce monde se meurt.
H – Mon fou s’était réfugié dans son monde, son jardin secret, pour se protéger d’une réalité trop dure à avouer, criblée d’une effroyable souillure qui le démangeait, le salissait, le terrifiait. Mais peu importe. Si de sable et de cendres il voyait ce monde, je me devais de l’accepter. Il m’avait accueilli, nous étions de la même meute solitaire. (Un temps) Une nuit, il m’a réveillé précipitamment. J’étais amer. Je rêvais que j’étais le vent, conspirant avec les arbres, m’enroulant dans les hautes herbes et il m’avait réveillé…
I – Un rêve n’est que chimère du réel.
H – Peut-être bien…toutefois, j’aimais être le vent, sentir ma force et ma volupté. Mais en le voyant si agité, sa marionnette dénudée, je me suis tu et ai laissé mon amertume se diluer dans les chants désespérés de son silence. Des cernes céruléens avaient éclot sous ses yeux, sa peau s’était tendue. Lui n’avait pas eu droit de goûter aux rêves, même les plus amers. Il m’a mis un doigt sur les lèvres et a déposé sa marionnette dans le plat de ma paume.
FOU – Offre-moi un brin d’étoffe de ton âme, pour la réveiller.
H - Il y eut un silence, comme je ne l’avais entendu auparavant. Un silence labourant jusqu’au plus profond des esprits, même les plus retors. Je me souviens. Cette nuit-là, la lune, impérieuse, régnait au-dessus de nous…
I – Déesse des noctambules et des fous solitaires.
Et on remonte le temps, on revêt le souvenir de cette nuit de poussières.
H – Je ne serai alors plus ?
FOU – Tu demeureras. Mais elle, elle deviendra mon souvenir de toi.
H – Je suis là, fou. Je serai là, demain aussi.
FOU – Tu ne seras plus. Demain tu partiras. Je ne peux posséder l’être et le souvenir.
Silence.
FOU – Déshabille-toi.
H – Pardon ?
FOU – Pose-la au sol, mets-toi nu.
H –Je ne le connaissais pas. Pourtant. Pourtant je me suis mis à nu. Sous son regard, mon corps s’est mis à trembler. Un instant j’ai voulu fuir. Fuir son aura mystérieuse, sa folie enivrante, sa fureur silencieuse.
Je n’ai pas bougé.
Les bras ballants. Mon corps nu, offert aux astres taciturnes. Avec ses aspérités, ses cicatrices, sa peau albâtre de ne s’être pas assez fait lécher par les flammes solaires. Mais mon fou ne jugeait pas. Il observait, minutieusement, comme le créateur se liant à son œuvre, la façonnant d’un regard. Et puis, il s’est approché. Il m’a effleuré la poitrine de son index famélique. Mon cœur se ballottant fougueusement au gré du temps. Un frisson s’est mis à dégouliner le long de mon échine. Et je pris alors conscience de ma situation : j’étais nu, mon fou ingénu et nous flottions dans l’encre dense des nues.
FOU – Ferme les paupières.
H – Mon fou avait les yeux empreints d’une obscure ivresse, indéchiffrable. Une larme fantôme a vacillé sur sa joue. J’ai clos mes yeux.
FOU – Pardonne-moi.
H – Alors, comme un fauve rutilant d’une fureur jusqu’alors assoupie, il s’est jeté sur moi. Une chute silencieuse et nous nous sommes roulés dans le sable cramoisi, l’un contre l’autre, peau contre peau. Valse de couleurs, d’odeurs, de sueur. Sa main, aux ongles étirés, s’est agrippée à ma poitrine. Il grattait, il déchirait, il striait ma peau. Mon cœur chancelait dans sa cage, mon esprit hululait dans sa nuit, mon fou rugissait. Pourtant je l’avais pardonné, la langue en charpie de m’être trop mordu, pour bâillonner les hurlements sauvages qui cognaient en moi. Mon fou enfonçait profondément ses griffes dans les replis de mon être, sillage de sang dans mon âme, semblable à un serpent des blés*, il s’est mis à gesticuler, parsemant mille écailles sur son chemin. Puis à mordre. Un venin fielleux a ruisselé au fond de mon âme. Et j’ai cru mourir un instant, pénétré par des ombres rapaces aux serres affûtées. Mais j’ai rouvert les yeux, et mon fou était là, à fleur de sable, pleurant sans retenue des larmes fantômes, hantant les abysses de ce monde. J’eus envie de le prendre dans mes bras. Il recula, comme l’enfant apeuré dans le noir de la nuit. Mains ensanglantées et lambeaux de chairs sous ses ongles. Mon fou souleva sa marionnette avec une puissante délicatesse et peignit sur sa peau de bois des arabesques de sang. Du sang de mon âme, ce magma furibond. J’avais mal. La poitrine déchirée, froissée, le sang coagulé. Mais je ne disais rien. J’aimais trop mon fou pour l’accabler d’une culpabilité qu’il ne pourrait supporter sur ses frêles épaules. Alors je me taisais dans la contemplation de sa marionnette.
Soudain, ses paupières elle souleva. Son visage vers nous elle tourna.
On décelait au fond de ses pupilles une goutte de sang, souvenir fugace de cette bataille langoureuse, où nul ne s’avouait vaincu ni vainqueur, où les regards n’osaient plus se rejoindre par peur de l’autre, et finissaient par se perdre dans le lointain.
Et ses yeux elle referma.
FOU – Belle de Sang, dors, fais de beaux rêves, galope dans les vestiges parcheminés de son âme, un fou veille sur toi.
I – Etait-elle morte ?
H – Crois-tu qu’il soit facile de naître, d’accueillir cette fatalité au fond de soi ? fut sa réponse.
Il lui chanta une berceuse suave, caressant de sa main caillée les arabesques de sang encore visibles sur sa peau. Quand il eut fini, on entendit une vague supplique se faufiler des entrailles vieillies de cette nuit moribonde, à jamais dans nos mémoires. (Un temps) Quand le soleil s’est réveillé, la Belle de Sang dormait. Nous, nous n’avions pas dormi. Nous guettions : un souffle, un geste, un cillement. Rien. Mais quand le soleil s’est réveillé, mon fou s’est enfin tourné vers moi.
FOU – Tu m’as offert ton âme plus que je n’aurais dû accepter. Mais maintenant va t'en ! Il ne serait pas bon pour toi, ni pour elle, que vous vous revoyiez. Tu n’aurais jamais dû rencontrer le souvenir que j’ai de toi. Va t'en.
H – Je ne peux pas.
Mon fou s’est raidi, le visage dur, comme le roc taillé par le ressac belliqueux.
FOU – Fuis ! Je ne mérite pas ton amour. Un fou ne se repaît que de souvenirs et de poussières. Il n’est qu'illogisme et néant. Mais toi tu es un homme. Tu as tant de fleurs à ouvrir, tant de bourgeons à faire éclore. Tu ne mérites pas l’amour bancal d’un fou. Va t’en !
H – Je ne peux pas.
L’homme se tait, des vagues dans les yeux.
I – Pourtant tu es là, seul, assis avec moi.
H – Tu devrais savoir combien il est facile de perdre quelqu’un simplement en ne le retenant pas.*
Silence.
L’homme relève la tête, chasse les vagues, poursuit l’horizon caracoleur.
H – Mon fou a fui, avec sa Belle de Sang, son souvenir, sa poussière de moi. Un mirage cette marionnette, une illusion de plus pour lui faire croire qu’il existe, un corps dans l’infini, qu’il possède à jamais l’ami que je fus. Mais mon fou vivait par-delà même le réel, et dès lors, était destiné à une sourde souffrance, profondément aiguisée. (Un temps)
J’ai hurlé à la solitude, à mon âme flagellée par les griffes d’un fou. J’ai hurlé à ce même fou au regard pluvieux, à sa Belle de Sang néophyte. J’ai hurlé à la mort, éructé mon mal, l’ai fait se dévorer par l’infini immaculé. Puis je me suis rhabillé, la poitrine s’enflammant au contact du tissu. Et c’est là, sur le sol, que j’ai découvert une fleur : une rose des sables, larmoyante de sang, posée en évidence sur le sable. Mon fou avait eu la délicatesse de récupérer ses larmes fantômes dans ses mains caillées de mon plus profond sang, et mélangées au sable, il avait sculpté une fleur, prête à s’épanouir dans mon âme, pour combler sa blessure. Je l’ai ramassée, je l’ai avalée. La nuit, je la sens s’enraciner dans mon âme, s’étendre et bourgeonner. Je détiens en moi un jardin secret luxuriant, qu’il me faut maintenant apprendre à cultiver.
Silence. L’infini bâille, s’étire un peu vers l’horizon.
I – C’est une belle histoire.
H – Parfois je me demande si tout cela a vraiment existé, si ce n'est pas qu'un souffle brumeux m'embaumant l'esprit...
L’homme se passe la main sur sa poitrine râpeuse. Rassuré, il se relève.
H – Je dois reprendre le chemin. Je pense savoir vers où aller maintenant. Merci.
I – Homme pâle au regard lunaire, nomade parmi les hommes, tisseur d’histoires, bonne route, que les vents te portent.
L’homme se penche vers le sol, dépose un baiser au coin d’une strie sableuse, se relève.
H – Si tu croises un jour mon fou, dis-lui qu’une fleur a éclos dans mon désert.
I – Soit. (Un temps) Je garde un œil sur toi.
L’homme va. Disparaît dans l’ombre d’un nuage. Dans un lointain presque improbable, un fou et sa Belle de sang sourient à un ciel nébuleux.
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*Serpent des blés = Elaphe Guttata = serpent rouge par ici la photo (http://www.pettradingcompany.com/admin/editor/filemanager/upload/Image/Elaphe%20guttata.jpg)
*Vous aurez reconnu la citation : Robin Hobb - L’Assassin Royal (tome 9)
Pas convaincu.
:mrgreen:
Je relis de temps en temps Rengaine d'un trou, il me fait toujours plus ou moins le même effet. Là je ne suis pas convaincu. C'est un très bon texte, mais je serais incapable de le commenter en m'interdisant de comparer avec Rengaine d'un trou ou La Veuve d'Orion.
Les mots ne me font pas le même effet, j'ai moins senti de, heu, "puissance poétique". En fait, je trouve qu'aller vers l'explicitation et la construction d'une intrigue claire a été au détriment de l'indicible et de tout ce qui contribue à former de la poésie. C'est vachement centré sur l'intrigue, malgré la distanciation liée au dialogue H/I et au discours indirect. Et les choses que je préfère dans le texte sont finalement celles qui restent assez en retrait : le dialogue entre l'Homme et l'Infini, les descriptions aux limites de la didascalies.
J'ai pas trop aimé une certaine forme de dépendance vis-à-vis des allusions qui jalonnent le texte, notamment à Hobb (reprise d'une citation, + le personnage du Fou, différent du personnage de Hobb mais parallèle qui me gêne à partir du moment où il y a d'autres inspirations hobbiennes, + l'image de la "meute solitaire")...
J'aime beaucoup la citation qui surplombe le texte, joli choix ^^ j'aime la portée visuelle de la poupée, son nom, ses vêtements, ça forme un bel ensemble. J'aime beaucoup "Elle avait les yeux clos, enfouie dans l’ombre d’un rêve.", "On entend la caresse du ciel sur les dunes sablonneuses." J'aime bien certaines récurrences syntaxiques qui me font penser à Lautréamont, comme "Homme pâle au regard lunaire, raconte-moi les souvenirs qui te pèsent, alourdissent tes mouvements, assombrissent ton esprit." : à la fois l'invocation solennelle, l'injonction et une certaine volonté d'exhaustivité dans la description des mouvements.
Y a pas mal de fautes d'ortho, j'espère ne pas les zapper à la relecture.
balayées de rafales cinglantes, où virevolte le sable cristallin.
cristallin j'aime pas trop, ça va être une remarque très étrange mais j'pense que la poésie nait aussi du rythme qu'on donne aux lettres :-¬? c'est-à-dire qu'il faut parfois construire des phrases avec des voyelles récurrentes (pas forcément en assonances), avec certaines consonnes emblématiques aussi, pour créer une certaine harmonie primitive dans le texte. Genre le premier vers d'El Desdichado dans Les Chimères :
Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé
harmonie formée par l'alliance E/U, avant une échappée en O. Ca forme des petits groupes de lettres/mots qui se répondent en ensemble clos, une sorte de niveau souterrain de la fabrication de la poésie. Une préfabrication, une préparation de terrain avant même que le sens n'intervienne.
JE NE SAIS PAS POURQUOI JE PARLE DE CA AH SI, cristallin me gêne parce que j'aurais aimé que le dernier mot de la phrase forme et ferme un ensemble harmonieux et restrictif de lettres, en liant le souvenir de "cinglantes" aux derniers mots "virevolte" et "sable" (et en+ ça me gêne parce que cristallin fait partie de ces mots odieux qui comportent une petite étiquette "je suis poétique en toute circonstance <3" que j'aurais tendance à remplacer par "tellement que je suis devenu un lieu commun de la poésie").
Même après justification, je ne sais pas pourquoi j'ai parlé de tout ça, juste pour "cristallin". Bon.
Silence. L’homme s’assoie sur une ruine arborescente.
s'assoit ou s'assied
H – Cela commence comme un conte. Il était une fois un fou. Il croyait que la fin du monde était arrivée. Partout où il vagabondait, il n’y avait que cendres et fumées. Et puis un jour, il y eut moi. Rencontre fortuite entre deux errants désertiques. Il m’a déshabillé de son regard laiteux puis a posé sa main de papier sur ma joue rosie.
j'aime bien ta façon guillerette de rebondir sur les fins de phrase pour former la suivante.
Je me souviens, sa peau de bois était d’une pâleur marmoréenne.
je trouve ça tarte :mrgreen: "marmoréenne" fait un peu "bonus +1 pour emploi d'un mot compliqué", parce que je trouve qu'il n'a pas vraiment sa place ici, qu'il ne sonne pas comme il devrait.
Elle avait les yeux clos, enfouie dans l’ombre d’un rêve.
donc ça j'aime et pourquoi ne pas le répéter.
On entend la caresse du ciel sur les dunes sablonneuses.
j'aime beaucoup cette phrase, on croit à une didascalie, donc qqch de très ancré dans le matériel, et le poétique prend le dessus.
Soubresaut de l’infini. La terre tremble, s’écaille un peu.
j'aime beaucoup cette douceur du "un peu" face au reste.
(Un temps)
je les aime tous
H – Peut-être bien…toutefois, j’aimais être le vent, sentir ma force et ma volupté
c'est personnel mais je colle à "volupté" la même étiquette qu'à "cristallin".
Mais en le voyant si agité, sa marionnette dénudée, je me suis tu et ai laissé mon amertume se diluer dans les chants désespérés de son silence.
çaaa j'aime, ça me fait plaisir dans la mesure où ce n'est pas parce que ça me rappelle ce que j'ai aimé dans tes autres textes, que j'aime. :mrgreen:
Des cernes céruléennes avaient éclot sous ses yeux, sa peau s’était tendue.
Des cernes céruléens avaient éclos
I – Déesse des noctambules et des fous solitaires.
:coeur: je l'avais zappé à la première lecture, ce bout de phrase.
H – Je ne serais alors plus ?
FOU – Tu demeureras. Mais elle, elle deviendra mon souvenir de toi.
H – Je suis là, fou. Je serais là, demain aussi.
serai & serai ?
FOU – Déshabille toi.
H – Pardon ?
FOU – Pose la au sol, mets-toi nu.
déshabille-toi / pose-la, non ?
j’étais nu, mon fou ingénu et nous flottions dans l’encre dense des nues.
un peu étrange, la résonance en "nu"
Il grattait, il déchirait, il striait ma peau
déchirait avant striait ?
Mon cœur chancelait dans sa cage, mon esprit hululait dans sa nuit
joli ^^
Du sang de mon âme, ce magma furibond.
j'trouve que les images avec le magma rendent souvent mal, mais c'est vraiment trèèès personnel xD
Soudain, ses paupières elle souleva. Son visage vers nous elle tourna.
...
Et ses yeux elle referma.
j'trouve étrange la rétrogradation du verbe en fin de phrase. C'est pour quel effet ?
I – Etait-elle morte ?
H – Crois-tu qu’il soit facile de naître, d’accueillir cette fatalité au fond de soi ? fut sa réponse.
je suis pas sûr d'avoir compris : le "fut sa réponse" veut dire que la question qui précède avait été posée par la Belle de sang ? si c'est ça j'aime bien l'enchaînement.
Quand il eut finit, on entendit une vague supplique se faufiler
eut fini
FOU – Tu m’as offert ton âme plus que je n’aurais dû accepter. Mais maintenant va t-en ! Il ne serait pas bon pour toi, ni pour elle, que vous vous revoyez. Tu n’aurais jamais dû rencontrer le souvenir que j’ai de toi. Va t-en.
deux fois : va t'en, et revoyiez.
Mon fou s’est raidi, le visage dur, comme le roc taillé par le ressac belliqueux.
"belliqueux" est un peu de trop, à mon goût.
L’homme se tait, des vagues dans les yeux.
^^
H – Tu devrais savoir combien il est facile de perdre quelqu’un simplement en ne le retenant pas.*
moui... en fait je trouve ça... recasé :-[ mais ça doit être parce que c'est une des seules citations de Hobb que je connaisse (et qu'elle est en sous-pseudo msn depuis longtemps. Oui c'est pour ça j'pense)
H – Mon fou a fuit, avec sa Belle de Sang, son souvenir, sa poussière de moi.
fui. Et j'aime.
J’ai hurlé à la solitude, à mon âme flagellée par les griffes d’un fou. J’ai hurlé à ce même fou au regard pluvieux, à sa Belle de Sang néophyte. J’ai hurlé à la mort, éructé mon mal, l’ai fait se dévorer par l’infini immaculé.
j'aime bien ce passage aussi. On gagne à relire le texte en fait...
Mon fou avait eu la délicatesse de récupérer ses larmes fantômes dans ses mains caillées de mon plus profond sang
j'trouve le jeu entre les possessifs un peu complexe xD
Je détiens en moi un jardin secret luxuriant, qu’il me faut maintenant apprendre à cultiver.
j'aime pas trop le côté conclusif de cette phrase. Genre "voilà ce que cette aventure m'a appris"...
Silence. L’infini bâille, s’étire un peu vers l’horizon.
c'est typiquement le genre de choses que j'aime dans tes textes ^^ entre autres, hein.
H – Parfois je me demande si tout cela a vraiment existé, si ce n'est pas qu'un souffle brumeux m'embaumant l'esprit...
s'il n'y avait que la première proposition, ça ferait du Marc Lévy... :-¬? après ça va mieux ^^
I – Homme pâle au regard lunaire, nomade parmi les hommes, tisseur d’histoires, bonne route, que les vents te portent.
je trouve que ça fait un peu un flop... sans le "que les vents te portent" (voire "bonne route"), ça irait mieux, je crois, mais c'est p't-être personnel.
L’homme se penche vers le sol, dépose un baiser au coin d’une strie sableuse, se relève.
j'aime.
H – Si tu croises un jour mon fou, dis-lui qu’une fleur a éclot dans mon désert.
éclos
j'aime bien la dernière phrase aussi. Voilàààà. Pfiou. (je ne comprends pas le nombre de bêtises cooomplètement hors-sujet que j'ai réussi à dire, c'est aberrant.)
J'ai bien aimé, un peu plus à la deuxième lecture. L'histoire est vraiment belle. Pour le reste, si je commence à me répéter, ce message ne sera jamais posté.
Edit, j'oubliais : je relève chaque micro truc et je dis ce que j'en pense, mais je sais pas si ça me ferait plaisir qu'on dise d'une phrase "j'trouve ça tarte :mrgreen:" ou "le début fait Marc Lévy", donc te gêne pas pour... relever ce qui vexe. :huhu: