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Mon papa est extraordinaire.
Mon papa est extraordinaire et tout le monde rêverait d'en avoir un pareil, c'est sûr !
Mon papa est très grand, très beau, très bien habillé. Quand c'est lui qui va chercher le pain, ou le gâteau du dimanche, il faut voir la petite vendeuse de chez Tourette, comme elle rosit de confusion, se trompe dans ses comptes et lui dit trois fois « Au-revoir-merci ! ». La vieille voisine me dit toujours : « Ah, ça, ton père, il est bel homme ! Et bien élevé avec ça ! »
Remarquez, c'est le docteur du quartier, mon papa, c'est pour ça qu'il est bien élevé. Il a fait des études très longues et compliquées et maintenant il soigne les gens malades, les bébés, et les enfants qui sont tombés ou qui ont mal au ventre.
Nous habitons une belle maison qui était à mon pépé, quand nous on habitait une maison plus petite, tout près d'ici. Papa reçoit les patients dans l'ancien salon, et moi je dois entrer par derrière pour pas déranger. Souvent, d'ailleurs, si le temps le permet, on préfère que je reste dans le jardin. La grande cabane à outils de mon pépé est mon abri préféré. Personne n'y a rien touché, et je me rappelle des tas de souvenirs avec lui, en regardant son établi et tout son matériel.
Parfois on vient chercher papa pendant la nuit. Tout le monde est réveillé, mais je peux rester au lit et je vois des lumières à travers les volets, et j'entends les bruits de pas derrière ma porte, et des « Oh là là ! » de la bonne, et la voiture qui démarre.
Tout le monde aime mon papa.
Il est très content dans notre nouvelle maison, il dit que c'est très bien d'avoir « pignon sur rue », je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais il est ravi d'avoir « pignon sur rue », il en parle souvent à maman de son « pignon sur rue ».
Maman... Elle est très belle, elle aussi. La vieille voisine dit que papa et maman « forment un très beau couple ».
Ma maman a les cheveux les plus longs que j'aie jamais vus. Ils sont tout noirs, et quand elle les détache, ils descendent presque jusque par terre. Mais je ne les vois pas souvent défaits. La plupart du temps ils sont réunis en un grand chignon avec des tresses, cachés sous un foulard ou un chapeau quand elle sort. Le soir, elle les brosse longtemps devant sa coiffeuse, avec l'aide de la bonne, mais je dors déjà quand c'est le moment. Maman a une peau très pâle et la voisine dit qu'elle a aussi des attaches très fines, mais je ne sais pas ce que c'est. Elle porte souvent des robes magnifiques toutes resserrées à la taille et qui descendent comme de grandes corolles à l'envers. Elle en a une verte satinée, une blanche avec plein de fleurs minuscules, une avec des rayures noires et marron. Plein d'autres encore. Dans l'après-midi parfois elle s'endort en lisant sur un canapé, après avoir bu sa tisane, et si son châle glisse, on peut voir son épaule lisse et blanche comme une boule de porcelaine.
Le dimanche, quand on revient de l'église, maman tient le bras de papa. Elle porte une ombrelle de dentelle couleur ivoire, et sourit à tout le monde ; sa robe danse à chaque fois qu'elle avance une jambe et papa, dans un costume clair, lève son chapeau quand il croise des dames. Moi je cours derrière, je tiens les missels et je bavarde un peu avec les copains. En les croisant, Papa dit à madame Dumont : « Je vous ferai porter de la rhubarbe ce tantôt, c'est souverain pour le coeur ! », puis à madame Lamboley : « Vous pouvez commencer le bouillon de légumes, pour votre mari, mais pas de pain ni de viande, surtout ! ».
Et maman, elle regarde papa avec des yeux grands ouverts et brillants d'admiration, et, dès qu'on est un peu éloignés, les dames disent : « Il est vraiment charmant notre docteur ! ». Ça me rend très fier...
Papa reçoit parfois des amis à la maison, le soir. Ces dîners-là je les passe dans la cuisine, avec la bonne et la cuisinière. J'aime bien parce qu'elles me gâtent toujours et essaient de me faire rire parce que j'ai un rire de fille d'après elles. Les amis de papa sont des gens « importants », c'est lui qui le dit. Il y a le notaire, le maire, un autre docteur, et des gens qui viennent de plus loin. Leurs femmes ont des robes comme dans les tableaux, et souvent des bijoux qui brillent comme les lustres du nouveau salon. Avant c'était la chambre de mon pépé, le nouveau salon.
J'ai du mal à m'imaginer que c'est la même pièce où je montais le voir quand on était en visite, et que papa et maman se promenaient dans le jardin. Il me prenait à côté de lui sur le grand fauteuil de cuir devant la cheminée, et on feuilletait ensemble l'Illustration, ou bien un Jules Verne, et il m'expliquait ce que je ne comprenais pas. Parfois, si je lui demandais, il me racontait une nouvelle fois comment il avait inventé par hasard « un tout petit bitoniau » qui maintenant parcourait le pays dans tous les sens, dans le moteur des locomotives.
Parfois mon papa part plusieurs jours pour soigner des gens encore plus importants, parce qu'il est très fort, comme docteur. Il part à Rouen ou à Caen et il revient toujours très content, avec des cadeaux pour maman. Elle l'accompagne aussi de temps en temps. Dans ce cas-là je reste à la maison avec la bonne et la cuisinière et elles me gâtent encore plus pour me changer les idées.
§§§§§
Maman est tombée très malade.
D'abord sa peau a pris une drôle de couleur, comme si elle était allée trop au soleil. Et puis elle s'est mise à vomir tout le temps. Elle devenait toute mince, et très fatiguée. Papa a décidé qu'elle ne devait plus se lever. La bonne pleurait en cachette et papa avait l'air soucieux toute la journée.
On m'a interdit de monter la voir dans son lit.
Ensuite les ongles de maman ont commencé à se détacher et elle perdait ses cheveux « par poignées » ; c'est la bonne qui le disait entre deux sanglots à la cuisinière, en descendant de l'avoir coiffée...
Un jour un bras de maman s'est paralysé, et papa a décidé qu'il fallait qu'elle aille à l'hôpital de Rouen, «... pour être examinée par des spécialistes... j'y perds mon latin ! »
Je ne sais pas combien de temps elle est restée là-bas, mais on avait des nouvelles par papa qui y allait souvent. Elle allait beaucoup mieux, mais les docteurs de Rouen ne savaient pas ce qui se passait.
Quand maman est rentrée chez nous, elle était encore faible, mais elle avait « meilleure mine », d'après la bonne. Moi, je ne trouvais pas, en lui tendant sa tisane dans son lit. Elle cachait ses cheveux sous un linge blanc, et on aurait dit la vieille madame Delaittre quand je la vois par sa fenêtre, en haut de la rue, et qui est folle, et qui est enfermée dans sa chambre.
Maman me tendait son front à la peau bizarre, et j'avais du mal à lui faire le baiser qu'elle attendait...
Elle a fait une grave « rechute », et elle est repartie à Rouen.
C'est peu de temps après que les policiers sont venus chez nous. Ils ont fouillé toute la maison et le jardin, même la cabane de mon pépé, et finalement ils ont arrêté papa, en emportant des tas de flacons qu'il a dans son bureau.
§§§§§
Si je me glisse derrière les buis, sous la fenêtre entrouverte de la cuisine, je peux entendre la bonne et la cuisinière discuter pendant que l'une frotte l'argenterie et que l'autre écosse les haricots. Leurs phrases sont entrecoupées de beaucoup de reniflements de la bonne, et de soupirs de la cuisinière :
─ C'est pas Dieu possible ! Je peux pas croire que Monsieur ait empoisonné Madame. Je peux pas le croire... Un si brave homme, et si bon docteur !
─ L'enquête est pas finie, Rose, ils se sont peut-être trompés !
─ Mais ils lui ont trouvé de l'arsenic, à Madame, à Rouen... il paraît qu'elle en était comme... farcie. Elle aurait dû être morte !
─ Et d'où vous tenez ça, Rose ?
─ Du pharmacien ! Vous savez bien, Eugénie, qu'il a un beau-frère gendarme.
─ Et pourquoi qu'il aurait empoisonné Madame, not' bon Monsieur, hein ?
Et là le ton baisse assez pour que je doive tendre l'oreille en me hissant sur la pointe des pieds, pour entendre la suite :
─ Ben pour l'argent, Eugénie, faites pas la bête, vous savez bien que c'est not' Madame qu'a tout l'argent et les maisons et les forêts et tout...
─ Je sais bien, ma Rose, mais Monsieur en profite de toute manière, il a pas besoin d'assassiner not' pauv' Madame pour ça...
À quoi ne répond qu'un reniflement perplexe.
§§§§§
Il s'est passé beaucoup de choses. Des choses très compliquées. Papa était en prison à Rouen, maman était à l'hôpital, « en convalescence », comme disait tante Jeanne qui est veuve, et qui est venue « tenir » la maison, pour que je ne sois pas seul avec Rose et Eugénie. Pourtant on se débrouillait très bien tous les trois. Tante Jeanne est sévère et criait tout le temps contre le personnel, les vendeuses des magasins, et contre moi aussi.
Heureusement, elle est partie.
Ah oui, parce que papa et maman sont rentrés tous les deux à la maison. Juste le jour où on avait découvert au matin que quelqu'un avait écrit « EMPOISONNEUR ! » à la peinture rouge sur le mur qui donne sur la rue.
Je n'ai pas tout de suite compris pourquoi papa avait été libéré et avait le droit de revenir.
À table il regarde toujours maman avec les sourcils froncés, et maman a presque tout le temps des larmes dans les yeux. Je les ai aussi entendus crier dans leur chambre, surtout papa :
« Ma réputation est perdue ! Y as-tu seulement pensé ? Quelle idée, mais quelle idée ! » et maman : « Mais tu ne comprends donc rien ! Pourquoi ne me crois-tu pas, pourquoi ? » et elle pleurait très fort.
§§§§§
C'est en cherchant un morceau de pain dans la huche, un jeudi quand Eugénie prend son après-midi, que je suis tombé sur une page de journal pliée en quatre, et cachée là sous un panier. Un article y parlait de papa et ce que j'y ai lu m'a fait comprendre pourquoi il était rentré :
Le docteur Charmont vient d'être innocenté de l'accusation d'empoisonnement qui avait donné lieu à son incarcération en la maison d'arrêt de Rouen. Il avait toujours nié avec la plus grande véhémence être responsable de ce geste inqualifiable. Alors qu'il risquait les Assises pour avoir tenté d'assassiner son épouse avec de l'arsenic, comme nous l'avions relaté dans nos colonnes le mois dernier, un rebondissement inattendu est venu balayer le chef d'accusation, et la libération du docteur a été décidée sur-le-champ. À la stupéfaction des enquêteurs, et dès qu'elle en a été capable, madame Charmont a avoué s'être administrée elle-même le poison, subtilisant régulièrement de la liqueur de Fowler au docteur, à son insu. La malheureuse n'a pas pu expliquer son geste, mais un spécialiste des troubles mentaux a expliqué à notre rédaction que madame Charmont souffre vraisemblablement d'un état de neurasthénie grave qui la poussait à se détruire, ou peut-être seulement tenter d'attirer l'attention sur elle. C'est en prenant conscience des conséquences dramatiques de son acte que madame Charmont aurait trouvé le courage d'avouer la vérité.
§§§§§
Je suis dans mon lit.
Dans ma main je serre très fort la montre de mon pépé.
C'est moi qui ai demandé à l'avoir quand il est mort.
Quand nous étions dans son appentis, il me la prêtait pendant qu'il bricolait, parce qu'il avait peur de l'abimer.
On y aura passé du temps ensemble ! J'étais chargé de lui donner l'heure régulièrement « … pour que je sache où j'en suis, mon lapin. » Il fabriquait des tas d'objets, et aussi des outils pour fabriquer d'autres objets. Il m'en a inventé, des jouets en fer blanc, des soldats, des chiens à ressort, des toupies en bois que j'habillais de collerettes de papier pour qu'elles dessinent des fleurs qui changeaient selon leur vitesse, des souris en terre, qu'on faisait cuire au four, et que je peignais près de lui.
Il m'a aussi appris beaucoup de choses sur le jardin, les arbres, les rosiers, le potager, les insectes, les oiseaux que l'on entendait chanter autour de nous.
Un jour il m'a regardé d'un air très mystérieux et, en disant « aujourd'hui on va faire de la sorcellerie... », il a appuyé sur un gros clou planté sur le côté de son établi, et un petit tiroir s'est ouvert dans le pied. Il en a retiré un sachet de papier gris-bleu.
─ Là-dedans il y a de quoi traiter le bois de mon vieux banc, tu sais, devant les rosiers. Mais attention ! Il y a de quoi se débarrasser des nuisibles, aussi !
Il m'a expliqué qu'il pensait aux fourmis qui lui empoisonnaient l'existence : il suffisait de délayer la poudre. Ce jour-là, la sorcellerie a juste consisté à mélanger la poudre blanche avec deux autres, dans de l'eau : le banc traité a pris une jolie couleur verdâtre quand mon grand-père a passé le pinceau. Quand il a replacé le sachet dans sa cachette, il m'a fait un clin d'oeil, en faisant « chutt ! » avec son doigt devant sa bouche.
Les nuisibles.
Un jour, je lui lisais Michel Strogoff, pendant qu'il réparait une pendule. « Ça m'aide à me concentrer, mais ne lis pas trop vite, mon lapin !... »
─ Les deux bateliers poussaient avec de longues gaffes qu'ils maniaient très adroitement. Les gaffes, c'est un peu comme des rames, pépé, ou c'est autre chose ?
Mais comme il ne répondait pas, j'ai levé les yeux de mon livre et découvert que mon grand-père était figé devant la pendule, un petit engrenage au bout d'une pince. Son regard fixe et sa bouche ouverte m'ont fait très peur. « Pépé ! Pépé ! » Au bout d'un moment pas trop long, mais qui a suffi pour me donner mal au ventre, pendant que je l'appelais comme quand on veut réveiller quelqu'un, il a soudain fermé la bouche, et ses yeux se sont réveillés :
─ Non mon lapin, les gaffes, c'est plutôt de grands bâtons qu'on enfonce jusqu'au fond de l'eau pour pousser un bateau, tu vois, comme les gondoles à Venise.
Il était revenu à lui, et ne s'était rendu compte de rien. Je n'ai rien dit, mais mon cœur battait très fort, et je devais faire une drôle de tête parce qu'il m'a demandé si ça allait.
Ces « absences » comme papa les a appelées plus tard, se sont multipliées. Il n'en avait pas tous les jours, au début, et dans l'intervalle il était comme d'habitude. Sa bonne, la vieille Léontine, a été chargée de le surveiller discrètement et de faire des « rapports » à papa. Avec moi, il était toujours le pépé d'avant. Il ne s'est plus jamais « absenté » en ma présence, et nous passions toujours de si bons moments ensemble, dans la cabane, dans l'odeur de bois, de terre mouillée, de poussière, en compagnie de Jules Verne, Stevenson ou Dickens.
§§§§§
Un dimanche, nous avions déjeuné chez pépé. Un gigot d'agneau aux haricots. Le dessert était sur la table : des îles flottantes dans un grand saladier. Pépé s'est effondré dans son assiette, et… il a fait pipi dans son pantalon. Il s'était coupé le front sur son verre et il y avait du sang sur la nappe, et de la crème anglaise.
« Une syncope ».
C'est ce jour-là que papa a décidé de mettre pépé dans un asile. Maman ne voulait pas :
─ Nous pourrions venir vivre chez lui, nous veillerions sur lui, et si ça s'aggrave, il sera toujours temps d'aviser...
Mais papa avait été catégorique, et pépé était à l'asile une semaine plus tard.
Un mois après... il s'est jeté par la fenêtre, parce qu'il était trop malheureux, sans doute, ou bien il avait honte d'être avec des fous. Mon pépé n'était pas fou, et il n'était pas à sa place dans cet asile. J'en ai encore le cœur serré de l'imaginer enfermé tout seul là-bas, où on a refusé de m'emmener pour aller le voir.
§§§§§
La montre est chaude au creux de ma main. Je la mets contre mon oreille et son tic-tac me dit que le temps passe.
Je n'ai pas dîné ce soir. J'ai pris un peu de sirop d'Ipeca dans le bureau de papa, et mes vomissements ont fait croire que je suis malade.
Je guette les bruits.
Il y a d'abord eu des exclamations sourdes et des toux, sous la grande suspension verte de la salle à manger.
La cuisinière, la bonne ont sans doute surgi de la cuisine et j'ai presque entendu distinctement des « Non ! » des « Oh mon Dieu ! » des cris, une course.
Rose et Eugénie, je vous déconseille de goûter à la soupe de cresson qui refroidit dans la grande soupière à fleurs bleues, posée peut-être sur la desserte.
Derrière mes volets, des lumières s'agitent, il y a des pas dans les graviers, et des voix étouffées.
Et j'entends la maison s'emplir de monde.
Contre mon oreille le tic-tac s'apaise, je m'endors.
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Salut Mout !
Quelques remarques au fil de la lecture :
comme elle rosit de confusion
Je chipote, mais "rosir" n'est peut-être pas tout à fait dans le bon niveau de langage ? (vs "tourne rose", "devient toute rose"...)
mon pépé est mon abris préféré
Double espace entre "est" et "mon", et "abri" sans s.
Il sont
Ils
jusques par-terre
"jusque par terre" ?
("jusques" me semble plus vieilli qu'enfantin)
déjà quand
Double espace.
(idem plus loin pour "et elle perdait")
une ombrelle de dentelle couleur ivoire
Toujours le doute sur le niveau de langue. Peut-être en mettre une partie entre guillemets comme tu le fais ailleurs ?
le jardin..
Un point en trop ou il en manque un.
À quoi ne répond qu'un reniflement perplexe.
Idem, pas très enfantin à mon sens.
Je vais commencer par discuter de la fin.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Au final, il va me falloir un peu de recul pour être sûr de mon avis sur le fond, mais la forme est à la hauteur. Le texte coule bien, l'ambiance bourgeoise est bien retranscrite. Il y a quelques jolis petits moments, petites touches.
J'ai déjà noté à quelques endroits des points où le style enfantin me semble glisser. La balance n'est peut-être pas évidente à tenir parfaitement. Mais dans l'ensemble, c'est du bon boulot.
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Merci beaucoup barnacle pour cette analyse de la forme et du fond.
Je comprends bien le problème de vocabulaire que tu pointes du doigt.
Je crois que j'ai essayé de m'exprimer comme le ferait non pas un gamin de nos jours, mais plutôt comme il l'aurait fait il y a plusieurs dizaines d'années.
Certaines tournures ne sont pas de son âge, c'est vrai, mais il est courant qu'un gamin réutilise des groupes de mots qu'il entend les adultes employer. Je pense notamment à l'ombrelle. S'il a entendu sa mère l'évoquer comme ça, il reprendra la même expression à mon avis ; il n'a plus six ans.
Pour rosir c'est la même chose ; quand j'étais enfant j'avais un vieux livre où l'on nous montrait un nounours buvant un chocolat chaud et il "en rosissait d'émotion"...Tu vois le tableau ! :D Mais je vais néanmoins relire le texte en m'axant là-dessus pour voir si c'est cohérent partout.
Pour ce qui est de ton spoiler :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
En tout cas merci pour ton passage et ton commentaire émaillé de compliments.
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Hey
La grande cabane à outils de mon pépé est mon abris préféré. Personne n'y a rien touché, et je me rappelle des tas de souvenirs avec lui, en regardant son établi et tout son matériel.
Si le ton enfantin me semble globalement maîtrisé, ici ça fait too much et un peu ridicule à mon sens.
Maman est tombée très malade.
D'abord sa peau a pris une drôle de couleur, comme si elle était allée trop au soleil. Et puis elle s'est mise à vomir tout le temps. Elle devenait toute mince, et très fatiguée. Papa a décidé qu'elle ne devait plus se lever. La bonne pleurait en cachette et papa avait l'air soucieux toute la journée.
On m'a interdit de monter la voir dans son lit.
Le changement de ton est bien maîtrisé
les vendeuses des magasins, et contre moi aussi...
Tu peux te passer des points de suspension je pense
Un article y parlait de papa et ce que j'y ai lu m'a fait comprendre pourquoi il était rentré :
Un peu lourd
Oh mais cette belle fin !
Bon, j'ai globalement bien aimé mais j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose pour le faire passer de texte sympa à texte vraiment très bon. D'une part je crois qu'il est un peu long et qu'il faudrait peut-être le couper un peu. Ensuite j'ai été un peu lassé à certains moments par la narration. Tout sur le même ton.
Alors retravailler ça un poil et ce sera encore mieux.
Merci pour ce texte.
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Bien joué !
Félicitations.
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Loïc : Aahh, comment faire passer un texte de "sympa" à "vraiment très bon" ?... il y a toute une gamme intermédiaire, mais chaque échelon est un Everest. Visons donc modestement le "très sympa" :D
La gageure principale de ce texte est le ton du narrateur effectivement. Ne pas bêtifier, rester constamment cohérent et homogène. Pas facile.
Je vais essayer d'analyser tes remarques et voir ce qui est en mon pouvoir de modifier sans effondrer le fragile édifice.
Merci pour ton passage en tout cas.
pehache
commentaire laconique mais suffisamment enthousiaste pour me convenir, merci ! :D
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Hello Mout !
moi je dois entrer par derrière pour pas déranger
L'absence de négation colle pas trop avec le niveau de langue du paragraphe, je trouve (utilisation du "nous", vocabulaire recherché, etc.)
La grande cabane à outils de mon pépé est mon abris préféré
Abri sans "s" :)
Eeeeet je ne trouve pas grand-chose d'autre à redire. J'ai beaucoup aimé ton texte !
La fin m'a laissée un peu perplexe au début. Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
En tout cas je trouve que le suspense et le mystère sont bien dosés au fil du texte (qui est quand même assez long). Au début je m'attendais à une révélation un peu "classique" sur son père qui aurait en fait trompé sa femme ou autre affaire répréhensible ^^. Mais finalement c'était plus subtil que ça. Le ton aussi était bien maîtrisé, entre le côté enfantin et le vocabulaire/les tournures de phrases un peu datés.
Bien joué :mafio:
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Bonjour Elk-au-curieux-avatar !
merci pour ton passage.
Ah.. la cohérence des tournures de phrases, le niveau de langue.
J'en ai essayé des choses, l'équilibre est fragile. Chaque lecteur achoppe à un groupe de mots différent. Je vais attendre encore un peu pour voir si je procède à des modifications chirurgicales... Je suis assez soucieux du rendu : faire parler un enfant, c'est pas facile, mais un enfant d'il y a plusieurs dizaines d'années... c'est encore plus compliqué. :-\
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Merci beaucoup en tout cas pour ce commentaire très positif qui me rassure énormément quant au fonctionnement de l'intrigue.
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Ma maman a les cheveux les plus longs que j'aie jamais vus.
C'est un détail mais vu que des cheveux se mesurent, pas sûre qu'il faille le subjonctif.
par-terre
par terre
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Ce qui ne m'a pas empêcher d'apprécier le texte. :)
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Bonjour Kathya.
je suis perplexe, tu es la première à remettre en question cette progression du texte.
Je comprends bien d'ailleurs que tu le fasses, parce que je m'étais moi-même interrogé sur l'efficacité du procédé.
Mais tout est dans le dosage et l'envie de tromper le lecteur en déséquilibrant l'importance de ce que je raconte.
Si je modifie l'ordre des paragraphes ou des révélations, tout se devinera dès le début sans doute...
L'essentiel en toute cas, c'est ça à mon avis :
Ce qui ne m'a pas empêcher d'apprécier le texte. :)
Et je t'en remercie !
À une autre fois ! :)
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Bonjour cher Mout ! :D
Voici mes quelques commentaires, faits au fil de la lecture (plus ou moins pertinents, mais tu en jugeras :mrgreen:) :
Tout le monde est réveillé, mais je peux rester au lit et je vois des lumières à travers les volets, et j'entends les bruits de pas derrière ma porte, et des « Oh là là ! » de la bonne, et la voiture qui démarre.
Un "les" me paraîtrait plus naturel ici -> les « Oh là là ! » de la bonne
Maman a une peau très pâle et la voisine dit qu'elle a aussi des attaches très fines, mais je ne sais pas ce que c'est. Elle porte souvent des robes magnifiques toutes resserrées à la taille et qui descendent comme de grandes corolles à l'envers.
Le niveau de langage, enfantin mais qui offre des mots un peu plus compliqués parfois, ne m'a pas dérangé, sauf ici avec "corolles". Je comprends que l'enfant répète certains mots qu'il a pu entendre, mais là ça m'a fait bizarre. Peut-être parce qu'il avoue juste au dessus ne pas comprendre un truc qui me paraît tout aussi "compliqué". ^^ (Parce qu'au final il utilise ce même mot un peu plus loin en parlant de ses toupies, et là ça m'a moins choqué)
(J'ai du mal à m'imaginer que c'est la même pièce où je montais le voir quand on était en visite, et que papa et maman se promenaient dans le jardin. Il me prenait à côté de lui sur le grand fauteuil de cuir devant la cheminée, et on feuilletait ensemble l'Illustration, ou bien un Jules Verne, et il m'expliquait ce que je ne comprenais pas. Parfois, si je lui demandais, il me racontait une nouvelle fois comment il avait inventé par hasard « un tout petit bitoniau » qui maintenant parcourait le pays dans tous les sens, dans le moteur des locomotives).
Pourquoi les parenthèses à ce passage ? Il s'intègre bien dans le récit comme ça, et les autres souvenirs sont narrés sans parenthèses. ^^
Il s'était coupé le front sur son verre et il y avait du sang sur la nappe, et de la crème anglaise.
J'ai beaucoup aimé cette image, horrible et pourtant si "innocente" !
Derrière mes volets, des lumières s'agitent, il y a des pas dans les graviers, et des voix étouffées.
Et j'entends la maison s'emplir de monde.
Cette toute petite partie à la fin m'a plus embrouillée qu'autre chose en fait, j'ai pas compris pourquoi la maison s'emplit soudain de monde. :-[
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Personnellement, je préférerai la fin sans ce passage ^^
Contre mon oreille le tic-tac s'apaise, je m'endors.
Par contre ça, c'est parfait !
J'ai beaucoup aimé le ton du récit, le point de vue de l'enfant est à mon sens bien retranscrit, même si j'aurais aimé sentir un peu plus le ressentiment qu'il a à l'égard de ses parents. On le devine d'après les souvenirs qu'il raconte, mais je trouve qu'on ne le ressent pas assez. Le sentiment qui m'est resté c'est le "Mon papa est extraordinaire" et le sentiment très fort de fierté qu'il éprouve pour ses parents au début.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Mais après avoir saisi le truc, je peux dire que c'est un texte que j'ai beaucoup aimé. C'est bien écrit et je trouve que les événements s'enchaînent bien, c'est vivant et animé, et la lecture en est aisée !
Bonne chance pour la suite ! :mafio:
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Bonsoir Yöda !
merci beaucoup pour ton passage !
Un peu trop fier ou inconscient, je n'ai tenu compte que de l'une de tes remarques :-\ : j'ai supprimé les parenthèses qui étaient effectivement inutiles.
Pour "corolle" j'ai beaucoup hésité, mais "fleur" faisait trop puéril, et j'ai séché pour trouver une autre image...
Pour le reste je suis très perplexe, parce qu'il me semble que tu n'as pas compris la fin du récit :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
J'espère que malgré cette révélation, tu considéreras que je mérite toujours tout le bien que tu dis de mon texte à la fin de ton message. :(
Merci encore pour tes compliments et tes encouragements !
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Pour le reste je suis très perplexe, parce qu'il me semble que tu n'as pas compris la fin du récit :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Tu as tout à fait raison, j'avais pas saisi ! :-[ J'avais bien senti le truc qui pue, compris qui en était la cause, mais je me suis trompée sur l'envergure de la chose. Faut dire que je suis vraiment pas douée pour comprendre ce qui n'est pas explicitement raconté, c'est pas de ta faute ><
J'espère que malgré cette révélation, tu considéreras que je mérite toujours tout le bien que tu dis de mon texte à la fin de ton message. :(
Oui ! :D
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Merci énormément pour ce repassage !!
Ne considère pas être la seule fautive si tu n'as pas compris précisément la fin... Ça peut aussi vouloir dire que j'ai été un peu trop elliptique. :-\
Mais vu le thème, je me sentais contraint à maintenir l'illusion et les faux-semblants le plus longtemps possible.
merci d'être toujours :D
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Bonjour Mout,
Je n'ai absolument rien à relever, je trouve l'écriture tout bonnement impeccable. Beaucoup d'émotion, beaucoup de joie et de tristesse, et cette fin horrible... De tous les textes des quatre poules, j'ai eu deux coups de cœur ; celui-là était le deuxième et j'ai bien fait de le garder en dernier.
Cette progression dense, j'en suis resté sur le cul. Ce ne sont vraiment que 3000 mots que je viens de lire ? Tout est tellement clair dans ma tête, du papa jusqu'à Eugénie.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Merci beaucoup pour ce texte superbe, horrible et beau en même temps.
A bientôt, Mout :)
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Alors....
comment peut-on répondre à cela ?
Comment celui qui écrit peut-il répondre à celui qui a lu et si totalement perçu ce qu'il fallait percevoir ?
Je pensait avoir maladroitement agencé mon piège à lecteurs, basé sur des faux-semblants qui s’effeuillaient les uns après les autres : ça n'avait pas tout à fait l'air d'avoir vraiment fonctionné sur tout le monde.
Et voilà que monsieur Extasy débarque et par un commentaire si limpide, ( et nettement trop élogieux) me révèle que l'on pouvait le lire comme je l'ai écrit, que chaque étape a été perçue comme une étape, et que tout peut fonctionner... au moins avec lui.
Merci beaucoup monsieur Extasy.
Vous me réconciliez avec moi-même et m'encouragez plus que vous ne pourriez l'imaginer.
À très bientôt monsieur Extasy, j'espère ! :)
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Comme Clapton /Extasy, j'ai trouvé le texte all good.
L'époque est bien rendue, les notables Normands, l'arsenic et les vieilles dentelles.
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Thanks a lot pour votre passage, mister Ocean !
votre visite m’honore, et votre sobre commentaire me comble.
Je vous en remercie !
See you soon !
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J'ai beaucoup aimé l'ambiance, surtout les passages avec pépé, le style est plaisant et impeccable.
C'est un texte beau par son intelligence, je n'ai rien à redire.
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Bonjour monsieur Nocte.
finalement c'est aux commentaires les plus laconiques qu'il est le moins aisé de répondre.
Néanmoins, il y a en si peu de mots tellement de compliments que je ne vais rien dire de plus que : merci !
À bientôt !
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Salut Mout,
L'ambiance est chouette, on est dans la tête du gamin avec ses idées qui rebondissent du coq à l'âne sans arrêt.
qui descendent comme de grandes corolles à l'envers.
corolle est zarb pour un enfant
La fin met une belle claque, même si c'est une claque à retardement, le temps qu'on remette les pièce du puzzle en place. Pas évident de gérer le dosage du non-dit dans ce genre de texte à chute, l'équilibre est difficile à trouver, faut faire comprendre, mais pas trop vite. Perso, j'ai pas capté directement, j'ai fait :o à la soupe au cresson et puis j'ai fait "ah ouais, quand même !".
J'ai bien aimé l'écriture, j'ai trouvé ça assez immersif et prenant. Un de mes textes préférés donc.
Merci pour ce bon moment,
Rémi
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Salut monsieur Rémi !
merci beaucoup pour votre commentaire. Pour tous ces compliments...
Je pense, comme vous êtes le deuxième à m'en faire la remarque, que je vais essayer de faire sauter la corolle... lol, si j'ai l'occasion de modifier mon texte.
Merci beaucoup, et à une prochaine fois peut-être !
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Mon papa est extraordinaire.
Mon papa est extraordinaire et tout le monde rêverait d'en avoir un pareil, c'est sûr !
Mon papa est très grand, très beau, très bien habillé. Quand c'est lui qui va chercher le pain, ou le gâteau du dimanche, il faut voir la petite vendeuse de chez Tourette, comme elle rosit de confusion, se trompe dans ses comptes et lui dit trois fois « Au-revoir-merci ! ». La vieille voisine me dit toujours : « Ah, ça, ton père, il est bel homme ! Et bien élevé avec ça ! »
Remarquez, c'est le docteur du quartier, mon papa, c'est pour ça qu'il est bien élevé. Il a fait des études très longues et compliquées et maintenant il soigne les gens malades, les bébés, et les enfants qui sont tombés ou qui ont mal au ventre.
Nous habitons une belle maison qui était à mon pépé, quand nous on habitait une maison plus petite, tout près d'ici. Papa reçoit les patients dans l'ancien salon, et moi je dois entrer par derrière pour pas déranger. Souvent, d'ailleurs, si le temps le permet, on préfère que je reste dans le jardin. La grande cabane à outils de mon pépé est mon abri préféré. Personne n'y a rien touché, et je me rappelle des tas de souvenirs avec lui, en regardant son établi et tout son matériel.
Parfois on vient chercher papa pendant la nuit. Tout le monde est réveillé, mais je peux rester au lit et je vois des lumières à travers les volets, et j'entends les bruits de pas derrière ma porte, et des « Oh là là ! » de la bonne, et la voiture qui démarre.
Tout le monde aime mon papa.
Il est très content dans notre nouvelle maison, il dit que c'est très bien d'avoir « pignon sur rue », je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais il est ravi d'avoir « pignon sur rue », il en parle souvent à maman de son « pignon sur rue ».
Maman... Elle est très belle, elle aussi. La vieille voisine dit que papa et maman « forment un très beau couple ».
Ma maman a les cheveux les plus longs que j'aie jamais vus. Ils sont tout noirs, et quand elle les détache, ils descendent presque jusque par terre. Mais je ne les vois pas souvent défaits. La plupart du temps ils sont réunis en un grand chignon avec des tresses, cachés sous un foulard ou un chapeau quand elle sort. Le soir, elle les brosse longtemps devant sa coiffeuse, avec l'aide de la bonne, mais je dors déjà quand c'est le moment. Maman a une peau très pâle et la voisine dit qu'elle a aussi des attaches très fines, mais je ne sais pas ce que c'est. Elle porte souvent des robes magnifiques toutes resserrées à la taille et qui descendent comme de grandes fleurs à l'envers. Elle en a une verte satinée, une blanche avec plein de fleurs minuscules, une avec des rayures noires et marron. Plein d'autres encore. Dans l'après-midi parfois elle s'endort en lisant sur un canapé, après avoir bu sa tisane, et si son châle glisse, on peut voir son épaule lisse et blanche comme une boule de porcelaine.
Le dimanche, quand on revient de l'église, maman tient le bras de papa. Elle porte une ombrelle de dentelle couleur ivoire, et sourit à tout le monde ; sa robe danse à chaque fois qu'elle avance une jambe et papa, dans un costume clair, lève son chapeau quand il croise des dames. Moi je cours derrière, je tiens les missels et je bavarde un peu avec les copains. En les croisant, Papa dit à madame Dumont : « Je vous ferai porter de la rhubarbe ce tantôt, c'est souverain pour le cœur ! », puis à madame Lamboley : « Vous pouvez commencer le bouillon de légumes, pour votre mari, mais pas de pain ni de viande, surtout ! ».
Et maman, elle regarde papa avec des yeux grands ouverts et brillants d'admiration, et, dès qu'on est un peu éloignés, les dames disent : « Il est vraiment charmant notre docteur ! ». Ça me rend très fier...
Papa reçoit parfois des amis à la maison, le soir. Ces dîners-là je les passe dans la cuisine, avec la bonne et la cuisinière. J'aime bien parce qu'elles me gâtent toujours et essaient de me faire rire parce que j'ai un rire de fille d'après elles. Les amis de papa sont des gens « importants », c'est lui qui le dit. Il y a le notaire, le maire, un autre docteur, et des gens qui viennent de plus loin. Leurs femmes ont des robes comme dans les tableaux, et souvent des bijoux qui brillent comme les lustres du nouveau salon. Avant c'était la chambre de mon pépé, le nouveau salon.
J'ai du mal à m'imaginer que c'est la même pièce où je montais le voir quand on était en visite, et que papa et maman se promenaient dans le jardin. Il me prenait à côté de lui sur le grand fauteuil de cuir devant la cheminée, et on feuilletait ensemble l'Illustration, ou bien un Jules Verne, et il m'expliquait ce que je ne comprenais pas. Parfois, si je lui demandais, il me racontait une nouvelle fois comment il avait inventé par hasard « un tout petit bitoniau » qui maintenant parcourait le pays dans tous les sens, dans le moteur des locomotives.
Parfois mon papa part plusieurs jours pour soigner des gens encore plus importants, parce qu'il est très fort, comme docteur. Il part à Rouen ou à Caen et il revient toujours très content, avec des cadeaux pour maman. Elle l'accompagne aussi de temps en temps. Dans ce cas-là je reste à la maison avec la bonne et la cuisinière et elles me gâtent encore plus pour me changer les idées.
§§§§§
Maman est tombée très malade.
D'abord sa peau a pris une drôle de couleur, comme si elle était allée trop au soleil. Et puis elle s'est mise à vomir tout le temps. Elle devenait toute mince, et très fatiguée. Papa a décidé qu'elle ne devait plus se lever. La bonne pleurait en cachette et papa avait l'air soucieux toute la journée.
On m'a interdit de monter la voir dans son lit.
Ensuite les ongles de maman ont commencé à se détacher et elle perdait ses cheveux « par poignées » ; c'est la bonne qui le disait entre deux sanglots à la cuisinière, en descendant de l'avoir coiffée...
Un jour un bras de maman s'est paralysé, et papa a décidé qu'il fallait qu'elle aille à l'hôpital de Rouen, «... pour être examinée par des spécialistes... j'y perds mon latin ! »
Je ne sais pas combien de temps elle est restée là-bas, mais on avait des nouvelles par papa qui y allait souvent. Elle allait beaucoup mieux, mais les docteurs de Rouen ne savaient pas ce qui se passait.
Quand maman est rentrée chez nous, elle était encore faible, mais elle avait « meilleure mine », d'après la bonne. Moi, je ne trouvais pas, en lui tendant sa tisane dans son lit. Elle cachait ses cheveux sous un linge blanc, et on aurait dit la vieille madame Delaittre quand je la vois par sa fenêtre, en haut de la rue, et qui est folle, et qui est enfermée dans sa chambre.
Maman me tendait son front à la peau bizarre, et j'avais du mal à lui faire le baiser qu'elle attendait...
Elle a fait une grave « rechute », et elle est repartie à Rouen.
C'est peu de temps après que les policiers sont venus chez nous. Ils ont fouillé toute la maison et le jardin, même la cabane de mon pépé, et finalement ils ont arrêté papa, en emportant des tas de flacons qu'il a dans son bureau.
§§§§§
Si je me glisse derrière les buis, sous la fenêtre entrouverte de la cuisine, je peux entendre la bonne et la cuisinière discuter pendant que l'une frotte l'argenterie et que l'autre écosse les haricots. Leurs phrases sont entrecoupées de beaucoup de reniflements de la bonne, et de soupirs de la cuisinière :
─ C'est pas Dieu possible ! Je peux pas croire que Monsieur ait empoisonné Madame. Je peux pas le croire... Un si brave homme, et si bon docteur !
─ L'enquête est pas finie, Rose, ils se sont peut-être trompés !
─ Mais ils lui ont trouvé de l'arsenic, à Madame, à Rouen... il paraît qu'elle en était comme... farcie. Elle aurait dû être morte !
─ Et d'où vous tenez ça, Rose ?
─ Du pharmacien ! Vous savez bien, Eugénie, qu'il a un beau-frère gendarme.
─ Et pourquoi qu'il aurait empoisonné Madame, not' bon Monsieur, hein ?
Et là le ton baisse assez pour que je doive tendre l'oreille en me hissant sur la pointe des pieds, pour entendre la suite :
─ Ben pour l'argent, Eugénie, faites pas la bête, vous savez bien que c'est not' Madame qu'a tout l'argent et les maisons et les forêts et tout...
─ Je sais bien, ma Rose, mais Monsieur en profite de toute manière, il a pas besoin d'assassiner not' pauv' Madame pour ça...
À quoi ne répond qu'un reniflement perplexe.
§§§§§
Il s'est passé beaucoup de choses. Des choses très compliquées. Papa était en prison à Rouen, maman était à l'hôpital, « en convalescence », comme disait tante Jeanne qui est veuve, et qui est venue « tenir » la maison, pour que je ne sois pas seul avec Rose et Eugénie. Pourtant on se débrouillait très bien tous les trois. Tante Jeanne est sévère et criait tout le temps contre le personnel, les vendeuses des magasins, et contre moi aussi.
Heureusement, elle est partie.
Ah oui, parce que papa et maman sont rentrés tous les deux à la maison. Juste le jour où on avait découvert au matin que quelqu'un avait écrit « EMPOISONNEUR ! » à la peinture rouge sur le mur qui donne sur la rue.
Je n'ai pas tout de suite compris pourquoi papa avait été libéré et avait le droit de revenir.
À table il regarde toujours maman avec les sourcils froncés, et maman a presque tout le temps des larmes dans les yeux. Je les ai aussi entendus crier dans leur chambre, surtout papa :
« Ma réputation est perdue ! Y as-tu seulement pensé ? Quelle idée, mais quelle idée ! » et maman : « Mais tu ne comprends donc rien ! Pourquoi ne me crois-tu pas, pourquoi ? » et elle pleurait très fort.
§§§§§
C'est en cherchant un morceau de pain dans la huche, un jeudi quand Eugénie prend son après-midi, que je suis tombé sur une page de journal pliée en quatre, et cachée là sous un panier. Un article y parlait de papa et ce que j'y ai lu m'a fait comprendre pourquoi il était rentré :
Le docteur Charmont vient d'être innocenté de l'accusation d'empoisonnement qui avait donné lieu à son incarcération en la maison d'arrêt de Rouen. Il avait toujours nié avec la plus grande véhémence être responsable de ce geste inqualifiable. Alors qu'il risquait les Assises pour avoir tenté d'assassiner son épouse avec de l'arsenic, comme nous l'avions relaté dans nos colonnes le mois dernier, un rebondissement inattendu est venu balayer le chef d'accusation, et la libération du docteur a été décidée sur-le-champ. À la stupéfaction des enquêteurs, et dès qu'elle en a été capable, madame Charmont a avoué s'être administrée elle-même le poison, subtilisant régulièrement de la liqueur de Fowler au docteur, à son insu. La malheureuse n'a pas pu expliquer son geste, mais un spécialiste des troubles mentaux a expliqué à notre rédaction que madame Charmont souffre vraisemblablement d'un état de neurasthénie grave qui la poussait à se détruire, ou peut-être seulement tenter d'attirer l'attention sur elle. C'est en prenant conscience des conséquences dramatiques de son acte que madame Charmont aurait trouvé le courage d'avouer la vérité.
§§§§§
Je suis dans mon lit.
Dans ma main je serre très fort la montre de mon pépé.
C'est moi qui ai demandé à l'avoir quand il est mort.
Quand nous étions dans son appentis, il me la prêtait pendant qu'il bricolait, parce qu'il avait peur de l'abimer.
On y aura passé du temps ensemble ! J'étais chargé de lui donner l'heure régulièrement « … pour que je sache où j'en suis, mon lapin. » Il fabriquait des tas d'objets, et aussi des outils pour fabriquer d'autres objets. Il m'en a inventé, des jouets en fer blanc, des soldats, des chiens à ressort, des toupies en bois que j'habillais de collerettes de papier pour qu'elles dessinent des fleurs qui changeaient selon leur vitesse, des souris en terre, qu'on faisait cuire au four, et que je peignais près de lui.
Il m'a aussi appris beaucoup de choses sur le jardin, les arbres, les rosiers, le potager, les insectes, les oiseaux que l'on entendait chanter autour de nous.
Un jour il m'a regardé d'un air très mystérieux et, en disant « aujourd'hui on va faire de la sorcellerie... », il a appuyé sur un gros clou planté sur le côté de son établi, et un petit tiroir s'est ouvert dans le pied. Il en a retiré un sachet de papier gris-bleu.
─ Là-dedans il y a de quoi traiter le bois de mon vieux banc, tu sais, devant les rosiers. Mais attention ! Il y a de quoi se débarrasser des nuisibles, aussi !
Il m'a expliqué qu'il pensait aux fourmis qui lui empoisonnaient l'existence : il suffisait de délayer la poudre. Ce jour-là, la sorcellerie a juste consisté à mélanger la poudre blanche avec deux autres, dans de l'eau : le banc traité a pris une jolie couleur verdâtre quand mon grand-père a passé le pinceau. Quand il a replacé le sachet dans sa cachette, il m'a fait un clin d'oeil, en faisant « chutt ! » avec son doigt devant sa bouche.
Les nuisibles.
Un jour, je lui lisais Michel Strogoff, pendant qu'il réparait une pendule. « Ça m'aide à me concentrer, mais ne lis pas trop vite, mon lapin !... »
─ Les deux bateliers poussaient avec de longues gaffes qu'ils maniaient très adroitement. Les gaffes, c'est un peu comme des rames, pépé, ou c'est autre chose ?
Mais comme il ne répondait pas, j'ai levé les yeux de mon livre et découvert que mon grand-père était figé devant la pendule, un petit engrenage au bout d'une pince. Son regard fixe et sa bouche ouverte m'ont fait très peur. « Pépé ! Pépé ! » Au bout d'un moment pas trop long, mais qui a suffi pour me donner mal au ventre, pendant que je l'appelais comme quand on veut réveiller quelqu'un, il a soudain fermé la bouche, et ses yeux se sont réveillés :
─ Non mon lapin, les gaffes, c'est plutôt de grands bâtons qu'on enfonce jusqu'au fond de l'eau pour pousser un bateau, tu vois, comme les gondoles à Venise.
Il était revenu à lui, et ne s'était rendu compte de rien. Je n'ai rien dit, mais mon cœur battait très fort, et je devais faire une drôle de tête parce qu'il m'a demandé si ça allait.
Ces « absences » comme papa les a appelées plus tard, se sont multipliées. Il n'en avait pas tous les jours, au début, et dans l'intervalle il était comme d'habitude. Sa bonne, la vieille Léontine, a été chargée de le surveiller discrètement et de faire des « rapports » à papa. Avec moi, il était toujours le pépé d'avant. Il ne s'est plus jamais « absenté » en ma présence, et nous passions toujours de si bons moments ensemble, dans la cabane, dans l'odeur de bois, de terre mouillée, de poussière, en compagnie de Jules Verne, Stevenson ou Dickens.
§§§§§
Un dimanche, nous avions déjeuné chez pépé. Un gigot d'agneau aux haricots. Le dessert était sur la table : des îles flottantes dans un grand saladier. Pépé s'est effondré dans son assiette, et… il a fait pipi dans son pantalon. Il s'était coupé le front sur son verre et il y avait du sang sur la nappe, et de la crème anglaise.
« Une syncope ».
C'est ce jour-là que papa a décidé de mettre pépé dans un asile. Maman ne voulait pas :
─ Nous pourrions venir vivre chez lui, nous veillerions sur lui, et si ça s'aggrave, il sera toujours temps d'aviser...
Mais papa avait été catégorique, et pépé était à l'asile une semaine plus tard.
Un mois après... il s'est jeté par la fenêtre, parce qu'il était trop malheureux, sans doute, ou bien il avait honte d'être avec des fous. Mon pépé n'était pas fou, et il n'était pas à sa place dans cet asile. J'en ai encore le cœur serré de l'imaginer enfermé tout seul là-bas, où on a refusé de m'emmener pour aller le voir.
§§§§§
La montre est chaude au creux de ma main. Je la mets contre mon oreille et son tic-tac me dit que le temps passe.
Je n'ai pas dîné ce soir. J'ai pris un peu de sirop d’ipéca dans le bureau de papa, et mes vomissements ont fait croire que je suis malade.
Je guette les bruits.
Dans la salle à manger, il y a d'abord eu des exclamations sourdes et des toux ; sous la grande suspension verte, deux corps se sont certainement écroulés sur la nappe blanche et l'argenterie.
La cuisinière, la bonne ont sans doute surgi de la cuisine et j'ai presque entendu distinctement des « Non ! » des « Oh mon Dieu ! » des cris, une course.
Rose et Eugénie, je vous déconseille de goûter à la soupe de cresson qui refroidit dans la grande soupière à fleurs bleues, posée peut-être sur la desserte.
Derrière mes volets, des lumières s'agitent, il y a des pas dans les graviers, et des voix étouffées.
Et j'entends la maison s'emplir de monde.
Contre mon oreille le tic-tac s'apaise, je m'endors.
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Vous pouvez retrouver ici les commentaires faits sur ce texte lors du premier tour. (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,20104.0.html)
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Salut Mout !
au fil de la lecture....
Nous habitons une belle maison qui était à mon pépé, quand nous on habitait une maison plus petite, tout près d'ici.
la virgule fausse le sens, il faut la supprimer à mon avis.
hop là tout lu !
bon bon bon !
déjà tu as super bien géré le ton de ton jeune narrateur, l'écriture est maîtrisée, ça se lit tout seul, très chouette :)
Ensuite, je passe en spoiler :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
en conclusion je suis super perplexe, parce que j'ai vraiment beaucoup aimé pendant la lecture, puis beaucoup aimé après avoir compris grâce aux explications des commentaires, mais al zone de flottement entre les deux m'embête fortement :-\
après je t'accorde que je suis vraiment une très mauvaise sherlock holmes.
au plaisir
Milla
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Argggg....
Je suis un Mout bien perplexe...
Que dois-je expliquer ?
Jusqu'où dois-je aller ?
Comment rendre l'intrigue plus explicite sans rien dévoiler de ce qui fait le rebondissement final?
Merci beaucoup pour votre passage, miss Milla !! :)
Votre commentaire est élogieux dans l'ensemble, tout en me faisant sombrer dans les abysses du doute.
Il y a réponse à vos interrogations, mais est-ce le signe d'un bon texte si l'on doit l'expliquer après ?
Il faut que je réfléchisse à ce fameux paragraphe final sur lequel trébuchent les lecteurs... Mais je ne sais pas ce qu'il faut lui faire subir et dans quel sens le tordre pour le rendre juste explicite ce qu'il faut...
Je reste perplexe... et le temps court...
Merci encore en tout cas Milla !!
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reyop !
(je rappelle que tout ce que je dis n'est que mon avis subjectif donc c'est vraiment à toi de faire le tri hein)
Comment rendre l'intrigue plus explicite sans rien dévoiler de ce qui fait le rebondissement final?
l'intrigue et tout son développement franchement je pense qu'il en faut rien y changer ! Les indices et faits y sont suffisants, j'ai pas eu le sentiment de "oh mais il nous l'a fait à l'envers ça marche pas" à la fin (sauf pour
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
comme je disais, je pense que ça tiens à très peu de chose (et d'ailleurs certains ont capté sans souci).
dans les pistes :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
bon courage pour les dernières modifs ! ^^
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Bonsoir Milla !
je crois que tu as perçu malgré tout queDésolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
En ce qui concerne le dernier paragraphe, je ne sais pas trop si je veux queDésolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Je vais tenter un truc quand même... en deux mots.
On verra.
Merci beaucoup pour ce re-passage et tes conseils avisés !
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on préfère que je reste dans le jardin
"on" plutôt que "il" voulu ?
Hum je sais pas trop quoi en dire.
Jusqu'aux derniers paragraphes, j'ai vraiment beaucoup aimé : le personnage principal est attachant, et le texte se lit très très bien, avec un style particulier qui fait vraiment "voix du narrateur", ça fait très "vrai".
Le mystère est bien gardé, les informations sont données comme il faut, je voulais savoir le fin fond de l'histoire et les nouvelles infos n'arrivaient ni trop tôt ni trop tard.
Par contre... j'aime vraiment pas la fin :-[ Un moment je me suis dis que le gamin avait empoisonné sa mère, mais je ne comprenais pas quel pouvait être son motif. Et finalement, le fait qu'il tue ses deux parents (enfin c'est ce que j'ai compris) : pourquoi ? je n'ai pas eu l'impression qu'il n'aimait pas ses parents ; donc ça sort de nul part.
Ou alors
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Bref, c'est une bonne lecture, je trouve le texte très bien écrit et très vivant, les personnages sont bien, la narration du gamin est vraiment parfaite, mais je pense que le point de vu de l'enfant sur les parents pourrait être mieux, pour que la fin arrive mieux.
Après il faut surtout pas retirer "l'innocence" du texte, c'est ça qui est cool et vraiment glaçant quand on arrive à la fin ; mais je pense qu'en modifiant quelques détails dans le texte (surtout à la fin), la toute fin pourrait mieux arriver et paraitre plus évidente (pour les raisons des actes ; les actes en eux-même, je les avais bien compris)
Je sais pas si mon commentaire est clair désolée ><
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aahh... Kailiana... ton commentaire me plonge dans des affres et des tourments...
parce qu'il ressemble à l'un des précédents, qu'il est flatteur, et en même temps me fait comprendre que j'ai raté quelque chose...
Il me paraît très difficile de rendre mon texte plus explicite, tout en conservant les qualités que tu lui trouves....
Je comprends bien que l'un de mes péchés a été de vouloir tromper le lecteur jusqu'au bout, et c'est le thème de l'AT qui imposait ça.
Il faut bien se rendre compte aussi que mon écrit n'est pas linéaire. Qu'il rapporte plus ce que le narrateur constate, que ce qu'il pense. Et ses remarques ne sont pas exhaustives...
Le lecteur en est réduit à combler de lui-même ce qu'il ne saura pas par le texte.
Je pourrais tout expliquer, mais d'abord je dépasserais allègrement le nombre de mots impartis, et en plus tout le texte perdrait ce qu'il a d'homogène dans la narration et les froides constatations d'un cerveau malade.
Je suis très embêté ;
je ne suis pas capable de corriger ce qui fait que plus d'une personne sur deux ne comprends pas ce que j'ai raconté.
Et en plus je n'ai plus le temps de tout revoir pour glisser des indices, d'autant que je pense que ça gâcherait en partie le récit...
je suis perplexe et plutôt impuissant...
Et puis certains ont compris... et je ne sais quoi en penser.
Voilà, ma réponse n'est aucunement constructive, mais je te remercie vraiment d'être venue me voir...
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Oui j'avoue que j'étais embêtée dans mon commentaire car j'ai également du mal à voir comment tu pourrais modifier le texte pour résoudre le problème. Car clairement, tout expliciter, ou donner trop d'indices, serait vraiment dommage.
Après, dans mon cas, c'était la motivation que je ne trouvais pas claire : par contre, j'avais parfaitement compris que c'était l'enfant qui avait commis l'empoisonnement. C'est très frustrant parce que j'ai vraiment apprécié la lecture, mais j'avais l'impression à la fin qu'il manquait "le" petit quelque chose pour que le texte soit vraiment comme il faut.
Il y a peut-être deux pistes :
- faire que ce soit surtout la mère et non le père qui insiste d'abord pour mettre le grand père dans l'asile (puis le père accepte) : ça expliquerait mieux pourquoi c'est d'abord la mère qui est malade, parce que même si je comprends l'idée "empoisonner la mère pour que le père soit accusé", je trouve que c'est un raisonnement trop complexe pour l'enfant, qui a l'air d'avoir des idées assez... fixes :-¬? et du coup l'accusation du père serait un truc non prémédité mais bienvenu
- glisser une phrase (pas plus), à la fin, qui dise en gros "papi est vengé", ou "c'était mieux quand papi était là", ou... j'avoue que je ne sais pas trop comment le tourner pour que ça reste subtil, c'est pas simple :relou:
Ce sont juste quelques idées comme ça, pas à utiliser absolument hein parce que je suis loin d'être la vérité incarnée et comme certains lecteurs ont bien compris, il ne faut pas que ce soit trop appuyé, genre "regardez l'explication", c'est toujours désagréable quand c'est comme ça.
Bref c'est pas simple effectivement :(
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Merci beaucoup d'être revenue Kailiana... je continue à méditer sur tout ça.
Quand je pense que j'avais peur d'en dire beaucoup trop, rien qu'en répétant les mots : Les nuisibles....
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Je connais trop ses ressorts pour réussir à changer le déroulement de ce qui s'est passé.
Je vais quand même réfléchir à voir si je peux ajouter un mot quelque part...
Merci beaucoup pour ce brainstorming... plutôt constructif... :)
Edit, j'ai ajouté deux mots au moment de la décision du père.
C'est léger, mais ça pose un jalon de plus au sujet de la mère...
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Si tu le vois comme ça effectivement, alors laisse ^^
Pour la modification : hum, je suis pas sûre que "faible et obéissante" soit complètement approprié : personnellement, je la vois plutôt adoratrice aveugle de son mari, non ? obéissante, ça fait penser qu'on suit l'ordre (en étant d'accord ou pas, peu importe) ; alors que là pour moi, c'est surtout qu'elle ne questionne pas ce que dit son mari. Enfin c'est l'impression que m'a laissé le personnage.
Par contre :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
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Re-salut Kailiana !
bon, ben j'ai viré les deux mots, j'étais pas convaincu non plus de toute manière...
Je ne vais plus toucher à rien... :(
Par contre, au sujet de ton spoiler, pourquoi veux-tu que je change puisque tu as cru ce que je voulais que tu croies et ensuite, l'explication t'a détrompée et tu as su ce que je voulais que tu saches... Je trouve très bien que cette phrase de la mère ne soit pas correctement interprétée d'emblée.
C'est étudié pour ... :D
Allez, bon lundi de Pâques !!
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Parce que j'ai du vraiment réfléchir pour comprendre le bon truc à la fin, et c'est uniquement en relisant le texte que je me suis dis "ah, oui, cette phrase peut être comprise comme ça", mais sur le moment ça m'a plutôt induit en erreur :D Mais c'est pas très grave ^^
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Pis après tout, le thème, c'est quand même "trompeuses apparences".... :-¬?
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Souvent, d'ailleurs, si le temps le permet, on préfère que je reste dans le jardin.
ça colle pas vraiment avec le ton enfantin qui précède.
Maman a une peau très pâle et la voisine dit qu'elle a aussi des attaches très fines, mais je ne sais pas ce que c'est.
Zut, je n'en sais pas plus que le narrateur sur ce cou-là... C'est une expression connue ?
Elle en a une verte satinée, une blanche avec plein de fleurs minuscules, une avec des rayures noires et marron.
A ce stade là, je m'ennuie de toutes ces énumérations. :-[
essaient de me faire rire parce que j'ai un rire de fille d'après elles.
Je trouve pas cette répétition très heureuse.
Leurs femmes ont des robes comme dans les tableaux, et souvent des bijoux qui brillent comme les lustres du nouveau salon.
Désolée, à ce stade je fais une overdose de comparaisons.
Avant c'était la chambre de mon pépé, le nouveau salon.
Je trouve pas cette phrase très claire. J'ai dû la relire pour comprendre.
Maman me tendait son front à la peau bizarre, et j'avais du mal à lui faire le baiser qu'elle attendait...
Cette partie me plaît beaucoup plus. ;) J'ai quelques réserves sur les points de suspension de cette dernière phrase : ça me rappelle trop ceux que tu as mis plus haut après " Ça me rend très fier" et je trouve que ça enlève de la force à cette dernière phrase.
Elle a fait une grave « rechute », et elle est repartie à Rouen.
Je suis pas convaincue complètement par ces guillemets.
Leurs phrases sont entrecoupées de beaucoup de reniflements de la bonne, et de soupirs de la cuisinière :
Par exemple, ce vocabulaire là est bien plus sophistiqué que le simple mot "rechute. :???:
Il ne s'est plus jamais « absenté » en ma présence,
Je trouve cette formulation très bien vue et touchante. :coeur:
Pépé s'est effondré dans son assiette, et… il a fait pipi dans son pantalon. Il s'était coupé le front sur son verre et il y avait du sang sur la nappe, et de la crème anglaise.
je suis pas fan de cette mise en valeur du "pipi dans le pantalon" par tes points de suspension. Entre l'évanouissement et le sang sur les menton, ça m'étonne que ce soit pas juste mis sur le même plan que le reste.
Un mois après... il s'est jeté par la fenêtre, parce qu'il était trop malheureux,
Désolée, j'ai l'impression de faire une fixette mais je trouve encore que ces points de suspension desservent ton récit.
J'ai pas vraiment été convaincue par ton texte, désolée. J'apprécie plutôt la chute mais j'ai pas trop aimé le ton général (il faut dire que je suis très exigeante quand il s'agit de retranscrire un ton enfantin. ::))
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
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Bonjour Cyamme !
Avoir de fines attaches, c'est avoir de fines chevilles et de fins poignets, en fait.
Tu devais être pressée quand tu as lu mon texte, ou tu es peut-être d'un naturel impatient ? :) Regarde :
A ce stade là, je m'ennuie de toutes ces énumérations.
Il n'y a jamais que trois robes... :D
Désolée, à ce stade je fais une overdose de comparaisons.
et là, il n'y a que deux comparaisons... de là à en faire une overdose... :???:
Les trois points avant "il a fait pipi dans son pantalon", c'est vraiment pour montrer combien ça perturbe le gamin. Il hésite à le dire, parce qu'autant le sang sur la nappe, ça fait blessure, point, autant, que son grand-père fasse carrément pipi dans son pantalon, là c’est un effondrement du solide et du rationnel pour lui.
Les trois points après "un mois après", c'est pareil, c'est une hésitation devant l’indicible, devant l'horreur. Et c'est aussi pour moi une manière de ménager un infime suspens.
Voilà, je suis vraiment navré de ne pas t'avoir convaincue... ce sera pour une autre fois j'en suis sûr !
Merci en tout cas de ton passage :)
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Quand c'est lui qui va chercher le pain, ou le gâteau du dimanche, il faut voir la petite vendeuse de chez Tourette, comme elle rosit de confusion, se trompe dans ses comptes et lui dit trois fois « Au-revoir-merci ! ». La vieille voisine me dit toujours : « Ah, ça, ton père, il est bel homme !
Avec les phrases d’introduction, j’ai l’impression que c’est un jeune enfant qui parle de son père.
J’ai accroché sur la phrase car elle me semble hors du narrateur.
Quand c'est lui qui va chercher le pain, -> Quand je l’accompagne chercher le pain.
comme elle rosit de confusion, se trompe dans ses comptes et lui dit trois fois -> Suivant l’âge du narr ateur, elle rougit à cause de ces maladresses (très jeune). L’inverse pour un plus âge.
Nous habitons une belle maison qui était à mon pépé, quand nous on habitait une maison plus petite, tout près d'ici.
Nous habitons la maison de pépé. Malgré les relectures, ils habitent son papa et ui dans la maison de pépé et dans le même temps une autre maison ailleurs.
Tout le monde est réveillé, mais je peux rester au lit et je vois des lumières à travers les volets, et j'entends les bruits de pas derrière ma porte, et des « Oh là là ! » de la bonne, et la voiture qui démarre.
Cela me semble artificiel. Ils sont tous réveillé lorsque cela arrive. Ok, l’enfant ne peut le savoir que lorsqu’il est réveillé. Mais la formulation me parait étrange.
─ Mais ils lui ont trouvé de l'arsenic, à Madame, à Rouen... il paraît qu'elle en était comme... farcie. Elle aurait dû être morte !
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
À la stupéfaction des enquêteurs, et dès qu'elle en a été capable, madame Charmont a avoué s'être administrée elle-même le poison, subtilisant régulièrement de la liqueur de Fowler au docteur, à son insu.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
La montre est chaude au creux de ma main. Je la mets contre mon oreille et son tic-tac me dit que le temps passe.
Je n'ai pas dîné ce soir. J'ai pris un peu de sirop d'Ipeca dans le bureau de papa, et mes vomissements ont fait croire que je suis malade.
Je guette les bruits.
Dans la salle à manger, il y a d'abord eu des exclamations sourdes et des toux ; sous la grande suspension verte, deux corps se sont certainement écroulés sur la nappe blanche et l'argenterie.
La cuisinière, la bonne ont sans doute surgi de la cuisine et j'ai presque entendu distinctement des « Non ! » des « Oh mon Dieu ! » des cris, une course.
Rose et Eugénie, je vous déconseille de goûter à la soupe de cresson qui refroidit dans la grande soupière à fleurs bleues, posée peut-être sur la desserte.
Derrière mes volets, des lumières s'agitent, il y a des pas dans les graviers, et des voix étouffées.
Et j'entends la maison s'emplir de monde.
Je suis décontenancé par la chute. Car quelqu’un tue mais qui ?
Du coup, je n’ai pas le fin mot de l’histoire.
N.B : Oh la vache. 30 sec après avoir écrit ce commentaire : Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Géant la chute en fait. Mais le pourquoi je ne l’ai pas compris.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Je suis mitigé sur ce texte.
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Bonjour Kanimp !
tu m'as laissé un commentaire en direct-live dont j'ai bien aimé le dernier sursaut, à vrai dire.
C'est pour ce genre de sursaut qu'on invente des chutes à nos nouvelles ! :D
Je pense que tu confonds l'arsenic avec un autre poison.
On ne peut pas se mithridatiser contre l'arsenic, et l'empoisonnement chronique à l'arsenic (parfois accidentel) peut durer des années et même déboucher sur des cancers.
Quant à savoir Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Voilà, tu es loin d'être le seul à être décontenancé par la fin, puis à rester mitigé...
c'est sans doute un signe d'imperfection, mais je ne vois toujours pas comment y remédier.
En tout cas merci pour ton commentaire, et à bientôt !
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Salut Mout !
Bon, on va pas se mentir entre nous, je suis un peu passée à côté.
L'histoire en elle-même est plutôt bien ficelée et la narration plaisante, mais j'ai pas vraiment réussi à rentrer dedans. Le rythme m'a beaucoup gêné je pense. Le début est assez descriptif, tu places tes persos, normal, puis vient l’accélération propre à l'action, l'empoisonnement, les accusations... Et boum, nouveau coup d'arrêt, ralentissement brutal pour palabrer sur le pépé.... Ca m'a laissé en dehors. :-[
Une prochaine fois, sûrement ;)
Au plaisir
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Bon, on va pas se mentir entre nous, madame Choucroute, je suis désolé et attristé, voire même déçu de vous avoir déplu.
Mais c'est le jeu, ma pov'Choucroute ! Je ferai peut-être non pas mieux, mais plus à même de vous plaire une autre fois.
Ce que vous appelez les palabres sur le pépé, eh bien c'est pourtant la clef de l'histoire. Sans ça, elle ne tient pas et n'a pas de sens.
Vous êtes manifestement restée à côté, comme vous le dites. Ça arrive, c'était un jour sans... tant pis,
merci d'être passée !
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Re salut Mout ! :)
Merci pour ta réponse ! Déplu est un peu un peu fort, mais je le concède, je n'ai pas été emballée. Et je reviens sur le terme de palabres qui effectivement porte une connotation assez péjorative. Je sais bien qu'il s'agit de la clé de l'histoire, je reste malgré tout dérangée par ce changement brutal de rythme.
Sans rancune, à bientôt ;)
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Pas de risque de rancune, chère madame Choucroute.
On se recroisera ici ou là et peut-être alors serez-vous conquise par un nouveau texte.
C'est un challenge comme un autre ! ;)
Bisou !