– Ça y est ? Vous êtes prêt à l'enfiler ? Ce ne sera pas douloureux, je vous le promets. Ça vous rappellera peut-être votre naissance masquée... En quelque sorte. Mais vous ne ressentirez aucune douleur.
La fonctionnaire me parlait avec l'air assuré de ces délurés qui changent de visage chaque semaine, me souriant à travers le masque de la Vérité propre aux membres du Ministère. Le curieux œil rouge sur fond blanc trônant au milieu de l'accessoire de bois semblait me fixer indépendamment de la volonté de sa propriétaire. Ainsi, pour une journée entière, j'allais goûter à ce qu'était réellement être quelqu'un d'autre.
– Et vous dites que ce... Kafei sera... moi, pour la journée ?
– Cela reste un nom d'emprunt, ne l'oubliez pas, mais oui, il s'agit un échange tout à fait équitable. Enfilez le masque, s'il vous plaît. D'autres attendent après vous.
Je m'exécutai alors, non sans un sentiment d'appréhension. Collant la surface de bois contre mon visage nu, je pris une profonde inspiration. Un millier de sensations m'assaillirent aussitôt, comme autant de picotements dans mon esprit. La tête me tourna, mais la subtile douleur disparut en quelques instants, aussi rapidement qu'elle était survenue.
– Qu'est-ce que c'était que ça ? demandai-je aussitôt à la fonctionnaire.
– Vous vous êtes senti « quelqu'un d'autre » pendant quelques instants ? Vous avez eu des vertiges ?
Quelqu'un d'autre... Oui, c'était là exactement ce que j'avais ressenti. Tout ce qu'elle me répondit quand je confirmai ses assertions fut que c'était tout à fait normal pour une première Permutation. Sans lui répondre, je me retournai et tombai nez à nez face au miroir de la salle, bouche bée. En regardant mon reflet, j'avais réellement l'impression d'être une personne différente. Une personne plus jeune, plus forte. Plus en vie. Un profond sentiment d'exaltation, tel que je n'en avais pas ressenti depuis des années, s'empara alors de moi. Sans un regard en arrière, je sortis de la pièce, avec un pas plus vif que la normale.
Une fois arrivé dans la rue, je m'arrêtai un instant pour reprendre mon souffle. Le vrombissement des voitures, les conversations des passants, les flashs lumineux des feux, tout semblait apparaître renouvelé devant moi. Pour une journée, j'allais être un homme changé.
Je tournai les talons avec un large sourire, pressé de rencontrer le confort douillet de ma vie nouvelle, lorsque je fus bousculé par un homme d'allure frêle, mais agile. Je baissai les yeux pour le voir s'excuser, mais celui-ci ne s'apitoya pas sur l'effroyable et hypothétique dommage qu'il aurait pu me causer, comme un homme normal l'aurait fait à sa place. Non, au lieu de s'adonner à cette sacro-sainte politesse, il me jeta à travers son masque d'un blanc uni un regard carnassier, lança ses bras en avant et s'agrippa à mon visage, dans un mouvement qui sembla arracher ma tête de mon corps. Je gardai cette impression d'horreur, jusqu'à ce qu'il ait disparu à l'angle d'une rue voisine. Je passai un doigt hasardeux sur mon visage. Seul mon masque avait disparu, mais l'impression de vide en lieu et place de l'endroit où quelque instants plus tôt était affiché un sourire joyeux me brûla comme un fer chauffé à blanc. Mort de honte et de douleur, je couvris de mes mains mon visage tordu et courut me réfugier loin des regards indiscrets. Je peinais à croire ce qui venait de m'arriver. Comment un simple geste avait-il pu désolidariser l'essence même de mon être et ma chair ?
Abrité par l'ombre d'une ruelle, j'entrepris de reprendre mes esprits. J'avais beau envisager la chose sous tous les angles, je n'arrivais qu'à une seule conclusion. J'étais impuissant. La panique s'empara de moi, et je ne songeai pas à poursuivre le voleur, déjà loin de toute façon. La fonctionnaire du Ministère avait été très claire lors de notre première entrevue : si je perdais le masque de mon compagnon d'échange, il garderait le mien jusqu'à ce que je le retrouve. Et un corps ne peut pas rester sans masque bien longtemps. On n'avait eu de cesse de nous le répéter depuis l'enfance. Je devais retrouver ce masque, et rapidement, si je ne voulais pas que les ennuis s'accumulent.
Mon calme approximativement revenu, je décidai de rentrer chez moi au plus vite. Sans un regard en arrière, je parcourus donc le chemin qui me séparait de mon minuscule appartement de fonction.
Affalé sur le sofa du salon, je m'effondrai un instant dans un mutisme cérébral inquiétant. Le temps pressait pourtant, et il était évident que le voleur ne se pointerait pas devant ma porte, un large sourire sur le masque couvrant sa gueule, regardant celui qu'il me tendrait amicalement. Une partie de moi ne pouvait cependant pas s'empêcher de croire à ce scénario absurde, criant trop fort ses spéculations hasardeuses sur la bonté humaine pour permettre aux autres de lui rétorquer quoi que ce soit. Je restai donc là, essayant tant bien que mal de ne pas naufrager dans l'inaction d'un fol espoir.
Le bourdonnement flou de la télévision me tira du confort de mon sommeil, laissant bientôt place à la lumière aveuglante du matin dans mon esprit brumeux. Sans tout à fait réaliser que mon bras avait malencontreusement actionné la télécommande qui traînait sur le canapé, je contemplai, hagard, les images que me jetait à la figure l'écran plat, clignant inutilement des yeux pour ralentir leur rythme. Quelques secondes de plus me suffirent pour fixer dans mon esprit les souvenirs bancals des évènements de la veille.
La claque brûlante de la mémoire frappa alors violemment ma face de nouveau enveloppée de bois. Une autre de la part de l'incompréhension me fut cependant nécessaire pour réaliser que les aspérités du matériau que rencontrait ma main n'étaient pas celles qu'elle auraient dû être dans un univers à peu près cohérent. Je courus vers le seul miroir de mon appartement. Celui-ci me renvoyait une image de moi-même un peu plus tassée et fatiguée que d'habitude. Cependant, ces maigres détails de physionomiste n'étaient rien face à l'irréfutable : je ne connaissais pas le masque qui couvrait mon visage. Je sorti lentement de la pièce à reculons et mon regard se tourna mécaniquement vers la petite image du piètre présentateur télévisuel de mon salon. On voyait à côté de lui la photo d'un type d'âge mûr, son masque sur la face, dans une parodie de sourire. Je me ruai vers le poste, le cœur au bord des lèvres. Je portais le masque de cet homme. La légende écrite en minuscules défilant sous la photo m'asséna une nouvelle claque, s'ajoutant à celles qui avaient déjà traversé mon esprit : « Le masque de M. Jourdan a disparu subitement dans la nuit du sept au huit... ». L'homme à la cravate parfaitement ordonnée s'empressa de rappeler l'information qui avait frappé cette matinée :
« M. Jourdan, fonctionnaire d'éducation serait, au cours de cette nuit, devenu un « Sans-Visage », de façon inexpliquée. Alors qu'il dormait, sa femme aurait soudainement vu son masque se parer de dizaines de couleurs et se déformer, avant de se volatiliser. Certains pensent déjà qu'il ne s'agit là que d'un coup monté pour récupérer l'argent de la prime allouée par le gouvernement aux victimes de ce type d'évènements. Notre équipe a rencontré un de ces sceptiques et... »
Me détourant de la télévision, je tâtai à nouveau mon masque. Je n'avais aucune idée de ce qui avait bien pu se passer au cours de la nuit et seule une certitude ébranlait mon esprit : rien n'allait. Je portais le masque disparu d'un autre, tandis que le mien était entre les mains d'un inconnu. Et si je voulais le récupérer, je devais d'abord retrouver le sien.
Je me décidai finalement à accomplir ma seule action un tant soit peu logique de la matinée : appeler la police.
Après avoir subi la quinzième répétition du
Printemps, j'allais raccrocher, lorsqu'une voix nasillarde prit enfin mon appel :
– Allo ? Commissariat du troisième district.
– J'ai le masque de M. Jourdan.
– Pardon ? Ah, oui bien sûr. Je vous transfère au service adéquat.
Trois
Printemps plus tard, une voix tout aussi nasillarde m'annonça :
– Ici le service des Masques. Que puis-je faire pour vous ?
– Comme je l'expliquais tout à l'heure à votre collègue, j'ai le masque de M. Jourdan sur mon visage.
– Pardon ? Ah, je vois. Et votre masque, où est-il ?
– On me l'a volé.
– Bien sûr, me répondit-elle avec ce ton qu'on réserve habituellement aux enfants. Et vous êtes ?
Je raccrochai aussitôt. Elle ne m'avait pas cru.
La télévision continuait de cracher son flot d'informations – qui n'avait désormais plus aucun rapport avec M. Jourdan ou la disparition étrange de son masque – et je décidai de me préparer de quoi manger. Le temps de laisser au steak congelé le plaisir succin de se prélasser dans la poêle, je m'allongeai un instant dans le canapé avec lequel j'était devenu bien trop proche depuis une quinzaine d'heures.
Subitement, une terrible sensation et la plus extrême des douleurs me glacèrent le visage dans une synchronisation infernale. J'eus comme l'impression que toute la peau de mon visage s'effilochait, s'envolait en morceaux, se déchirait de toute part, se dissolvait dans un néant infini, pour enfin disparaître à jamais. Après quelques secondes et la douleur visiblement disparue, j'osai enfin toucher mon visage. À ma grande surprise, tout était là. Mon masque, mes cheveux, ma peau, tout. Sans prêter attention au bout de viande reconstitué qui se consumait tranquillement dans ma cuisine, je courus vers le miroir. La scène invraisemblable se répétait. Sur mon visage, un autre masque était apparu. Inconnu.
***
« La police, désemparée face à la mystérieuse série de meurtres de cette dernière semaine, ne semble pas proche d'attraper le responsable. Nous osons parler de série de meurtres, car le même mode opératoire est utilisé sur chacune des victimes. Leur masque disparaît d'abord de manière inexpliquée et, invariablement, elles décèdent d'une crise cardiaque douze heures plus tard. Les familles des victimes sont... »
– Coupe-moi ça...
– Très bien, Inspecteur.
– Déjà une semaine. Et nous n'avons pas avancé d'un chouïa ! Qui peut bien être cet enfoiré ?
– On va bien finir par trouver une piste, Inspecteur, ne désespérez pas, tenta de le rassurer son subalterne, à travers son masque confiant de second.
– Inspecteur ? l'interpella une voix nasillarde. J'ai en ligne quelqu'un qui dit vouloir vous parler sur le canal deux.
– Je le prends, annonça le vieux policier, non sans soupirer.
Suspendant le combiné aux crochets incrustés près de son oreille, il pensa à tous les fous et les idiots qui l'appelaient sans arrêt pour lui avouer qu'ils avaient le masque d'untel, tué untel, voire les deux. C'est pourquoi l'humeur de l'inspecteur était des plus exécrable lorsqu'il entendit la voix timide commencer la conversation :
– Bonjour...
– Inspecteur Freamon à l'appareil. Que voulez-vous ?
– Eh bien, pour commencer, je dois vous avouer que je suis le responsable de tous les meurtres dont on parle à la télévision. Et également celui de la disparition des masques, bien entendu.
– Bien sûr. Autre chose ? demanda le plus cordialement qu'il lui était possible l'inspecteur.
– Vous ne me croyez pas. C'est très commun, vous savez. Il y a une semaine, votre collègue ne m'a pas cru non plus, lui répondit joyeusement son interlocuteur. Mais je peux vous le prouver.
– Je n'en doute pas. Ce sera tout ?
– Le masque de M. Mérieux a disparu, n'est-ce pas ? demanda tranquillement l'homme.
– Comment savez-vous que...
– Vous n'avez laissé passer aucune information dans la presse, alors oui, comment puis-je être au courant ? Et bien, je me vois dans le regret de vous dire que c'est bel et bien moi qui possède son masque. Et que M. Mérieux va mourir dans.... une dizaine d'heure, maintenant. Invariablement, annonça tranquillement l'homme au bout du fil, sans changement notable dans sa voix.
– Que...
À travers son masque aux traits impassible, l'inspecteur de police eut le souffle coupé. Que pouvait-il répondre ?
– Bien sûr, il y a un moyen d'empêcher cela, sinon je ne vous aurais pas appelé. Il vous suffit de retrouver mon masque, porté par un certain Kafei. Il ne s'agit pas de son véritable nom, comme il est usuel de le faire lors des Échanges, mais j'ai réussi à trouver son véritable. Si vous voulez vérifier, cela se trouve dans les fichiers du Ministère, et remonte à une semaine. Son masque m'a été volé quelques minutes après qu'il ait eu lieu. Si vous me rendez le mien, je vous assure que les morts s'arrêteront. Nous voulons tous que cela s'arrête, croyez-moi.
– Et qu'est-ce qui peut me permettre de vous faire confiance ?
– Rien, j'en ai bien peur. Je vous rappellerai.
Soufflé, l'Inspecteur reposa lentement le combiné. Il avait un suspect. Un suspect tangible, qui plus est. Sans perdre une seconde, il raconta toute la conversation à son adjoint.
– C'est simple, il faut trouver ce Kafei et le masque volé, annonça l'homme pour toute réponse.
– Et après ? lui demanda l'inspecteur, dont la seconde peau permettait heureusement de cacher l'excitation. On lui prend son masque ? Qu'est-ce qu'il fera, sans ? Nous n'avons aucune idée de l'endroit où se trouve le sien, il pourrait être partout dans le monde, à l'heure qu'il est !
– Inspecteur, on ne peut pas laisser ces meurtres se perpétuer ! On doit au moins le voir.
– Je le sais bien, je le sais bien... soupira-t-il, étrangement exténué par ce simple appel. Mais peut-on vraiment juger si condamner un homme à vivre pire qu'une mort est préférable à sauver d'autres vies ? Nous aurons une rude décision à prendre...
Sur ces mots, l'inspecteur laissa seul son adjoint et, sur un signe de celui-ci, alla rejoindre son lieutenant dans son bureau. Le quadragénaire, même avec son masque dur et autoritaire, semblait tendu, et à l'entrée de son subalterne, il lui lança un regard plein de sous-entendus.
– Vous devez impérativement faire arrêter ces meurtres. Impérativement, dit-il simplement.
– Je sais, mais pourquoi me dites-vous...
– Cela vient d'en haut. Ils ont mûrement réfléchi aux conséquences, et il apparaît que cet homme est des plus dangereux. Imaginez simplement que, pendant douze heures, il prenne possession du masque du Président. Vous voyez. Vous devez trouver cet homme, Lester.
***
Le fou avait lui aussi réalisé l'ampleur de la situation. « Fou » oui, c'est bien ce qu'il était. Dans son dernier appel, il m'avait tout expliqué dans les moindres détails. Le vol de son masque, son renouvellement toutes les douze heures et la mort de la victime. J'avais bien compris que ce mécanisme infernal était tout sauf dépendant de sa volonté, et je commençais à en comprendre les rouages. D'après notre expert, la clef de voûte de l'ensemble était la brutalité avec laquelle le masque avait été retiré. L'esprit s'était ainsi retrouvé privé de son enveloppe charnelle primordiale et en avait recherché une autre, désespérément. Le mariage forcé entre le corps et l'esprit créé était devenait instable et ne pouvait être maintenu en place plus de douze heures. Le masque était détruit, le propriétaire décédait, et un autre apparaissait... Un cycle cruel et indépendant de sa volonté... alors pourquoi ? Pourquoi demander maintenant une
rançon, en plus de son masque ?
Une rançon pour le porter, avait-il dit. Il était clair qu'il avait compris pouvoir gravement atteindre la société avec ce pouvoir, même sans aucun contrôle. Combien de vies avait-il déjà détruites ? Avant cette cynique demande, il pouvait encore être considéré comme victime, mais maintenant, il méritait qu'on l'enferme, et vite ! Ce taré comptait profiter de la mort de dizaines de personnes pour s'offrir une nouvelle vie !
En un mois, la situation avait gravement empiré, et déjà près de soixante cadavres étaient à mettre au compte de... de qui justement ? Du fou, du masque, du voleur ou encore de ces stupides Transfères ? Que pouvait-on face à un meurtrier inconnu qui changeait de visage toutes les douze heures et qui n'existait peut-être même pas matériellement ? Pourtant, ce fou avait aujourd'hui commis sa première erreur. Devant l'ampleur de la menace potentielle, nous avions décidé de lancer un avis de recherche, renouvelé toutes les douze heures, contenant une photo du masque disparu et le nom de la victime. Et aujourd'hui, après près d'un mois de cadavres, il était enfin sorti de chez lui. Notre seule réelle avancée depuis son dernier appel.
Nous avions bien essayé de convaincre Kafei, le détenteur de son masque, de nous le céder, mais je ne pus totalement m'y résoudre et, devant la fermeté de son avocat, j'avais abandonné. Bien sûr, mes supérieurs avaient bien essayé de le convaincre par des moyens dépassant de loin le cadre légal, mais peut-on réellement forcer un homme à signer pour une vie pire que la mort, soit-disant au nom de la communauté ? Ce n'était pas à lui de porter un tel fardeau. De plus, nous nous doutions qu'un tel acte, fait sans son accord, ne ferait que déplacer le problème.
Absorbé par mes pensées, je bousculai à peu près toutes les âmes du bâtiment en traversant le hall, et passai aussitôt la grande porte vitrée de l'entrée. Je m'engouffrai dans la voiture qui m'attendait, moteur ronflant. Mon adjoint me conduisit sans un mot à l'adresse qu'une voisine du tueur nous avait indiquée. Il s'arrêta, après cinq minutes de trajet seulement, dans une rue banale, devant un immeuble banal. Comment aurait-on pu, simplement en le voyant, deviner qu'il cachait la victime d'un mécanisme si cruel et infernal ?
« Si proche, hein ? » fut tout ce que je trouvai à dire.
La porte que nous pointait fébrilement de son doigt osseux la concierge grelottant dans sa robe de chambre ne paraissait pas fermée. Je ne voulais pas perdre une minute de plus. Sans réfléchir, je percutai le battant de bois, qui s'ouvrit à la volée. L'entrée semblait vide, le parquet couvert d'une fine couche de poussière, et une légère odeur d'abandon et de décrépitude flottait dans l'air. Les fragrances d'un lieu sans vie. Je courus vers le salon, connaissant déjà l'implacable vérité.
L'homme gisait sur son canapé, les bras le long du corps. Je me rapprochai, en vain. Aucun souffle ne s'échappait de ses poumons vides, aucun soubresaut cardiaque ne l'animait. Rien.
Seul son masque trônait. Il avait un aspect hideux, protéiforme, aux multiples facettes, contenant soixante visages à la fois. Soixante visages se fendant d'un même sourire morbide.