Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Milora le 25 Mars 2009 à 17:12:36
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Je dois avouer que je suis un peu nerveuse. Il y a des mois que je n'ai rien posté de neuf. Et presque un an que je n'ai rien posté de neuf hors du cadre d'un défi. Et en plus, je ne sais vraiment pas quoi penser de cette nouvelle.
J'ai essayé de faire différent - j'aime essayer de voir si j'arrive à varier, parce que j'ai souvent l'impression d'écrire toujours la même chose. Différent par rapport à mes habitudes, hein, rien de révolutionnaire pour la littérature ^ ^.
Je ne sais pas si c'est déjà-vu mille fois, si c'est incompréhensible, si c'est trop long, ennuyeux à lire... Bref, je vous le livre, n'hésitez pas à être sévères, comme toujours !
J'espère que la mise en page va ; elle est tout à fait classique, mais le forum m'a supprimé tous les tirets de dialogue lors du copier-coller... :-\
C'est une nouvelle de 10 pages Word. Un peu SF. Je vais la poster par petits bouts, mais j'ai du mal à la couper ; je l'avais pensée pour être lue d'une traite... jusqu'à ce que je m'aperçoive que j'étais déjà à 10 pages, lol. Donc, si vous voulez vous faire une idée, il vaut peut-être mieux attendre au moins la fin du secon post...
Bref bref bref. J'arrête de blablater. Voici le récit d'Haroun :
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Envoi 1
Le récit d’Haroun
- C’est intéressant, songea Guido.
- Je ne comprends pas, osa Léna.
Elle hésita sur la façon de formuler sa pensée. Cet exposé lui semblait déstabilisant, elle n’arrivait pas à se représenter ce que voulait dire Haroun. Il réfléchit un instant pour lui-même, puis décida que le mieux était de leur répéter son récit. Ses idées avaient mis du temps à germer. Il ne pouvait pas exiger des autres qu’ils saisissent dès la première tentative. Il se remémora les mots qu’il avait inventés, et les transmit :
- « Sofia et Gaëtan marchaient depuis longtemps. Leurs corps étaient moulus et fatigués. Autour d’eux, la plaine s’étendait à l’infini, et au-dessus, le ciel était d’un gris changeant… »
- Attends, coupa Léna.
Haroun s’interrompit à contrecœur. Une vague d’agacement montait en lui ; il tenta de la faire refluer. Il commençait à regretter de leur avoir livré ses réflexions. Trop nouveau, tout cela était trop nouveau. Ils n’allaient pas l’accepter. Léna poursuivit sa pensée :
- Ce n’est pas clair du tout.
Elle semblait réellement désireuse de comprendre, mais ce n’était pas le cas des autres. Christopher profita de cette brèche pour intervenir, et même s’il s’y attendait, Haroun en fut agacé. C’était étonnant qu’il n’ait rien objecté auparavant, lui qui se piquait de critique d’Art et de grands principes esthétiques.
- Tu comprends, Haroun – commença en effet Christopher, condescendant – le problème vient des mots que tu emploies. L’innovation peut constituer la base d’une exigence formelle intéressante. Mais il faut toujours laisser une entrée. Ici, tu mélanges des termes cohérents et des inventions de ta part. Comment espères-tu être compréhensible ?
Haroun ravala son indignation face à ces paroles délibérément blessantes. Une exigence formelle intéressante ! Le côté pédant de Christopher ne l’avait jamais autant exaspéré. Qu’il n’essaie même pas de chercher où il voulait en venir l’attristait plus qu’il ne l’aurait souhaité. Tout ce qu’il demandait, c’était le bénéfice du doute, un esprit ouvert, quelqu’un qui ne le jugerait pas arbitrairement.
- Prenons cette première phrase, continua Christopher tandis qu’Haroun tentait de retenir sa frustration. Tu poses les deux protagonistes, tu optes pour un début in medias res avec l’indication temporelle. Bien. Et puis apparaît, sans la moindre explication, ce « marchaient » dont tu sembles faire un verbe.
- Il l’explique plus loin, intervint Tarik. C’est une action en rapport avec le « corps ».
- C’est cela que je ne comprends pas, plaça Léna. Qu’est-ce que c’est ?
Reconnaissant, Haroun s’empressa de s’appuyer sur ses deux seuls compagnons favorables :
- Dans le monde où se passe mon histoire, indiqua-t-il, les personnages ont des pouvoirs, un peu magiques. Ils côtoient une chose, un monde, qui n’a pas d’esprit…
- Comment peut-on n’avoir pas d’esprit ! fit Christopher, plein de mépris.
- …et c’est par ce « corps » qu’ils le perçoivent, termina Haroun en l’ignorant délibérément.
- C’est trop abstrait, se lamenta Léna.
- C’est surtout absurde ! trancha Christopher. Cette dichotomie essentielle entre les protagonistes et un Autre sans pensée est bien trop philosophique pour prétendre en tirer une narration construite !
- Allons, allons, c’est intéressant, tempéra à nouveau Guido, pour mettre fin à cette controverse qui troublait sa tranquillité.
Haroun fut tenté de suivre son conseil implicite et de renoncer. Personne ne lui avait réellement prêté attention. C’était prévisible, cependant il tenait tant à ces nouvelles idées, ses chères petites inventions, qu’il était porté par un enthousiasme aveugle ; il avait fallu qu’il les communique, elles devaient être connues. C’était si limpide, une fois qu’on les avait apprivoisées ! Leur refus l’exaspéra soudain. Les traités de Philosophie et les histoires conventionnelles pouvaient bien rester le fleuron de l’art, il s’en moquait ! Il ne cherchait pas la célébrité. Il avait passé tellement de temps à retenir ses pensées pour les travailler, les compléter, les assembler, qu’il se refusait à abandonner tout espoir de les rendre enfin publiques. Il ne demandait pas qu’on adule son récit. Mais il fallait qu’on les connaisse, elles.
Il fit en sorte que son malaise reste en lui, et s’appliqua à conférer le plus grand calme aux pensées qu’il transmit aux autres :
- Pardonne-moi, Christopher, mais ce n’est pas si absurde. C’est seulement différent. Considérez notre réalité. Ce que nous appelons notre univers, ce n’est rien d’autre que la somme de tous les individus qui le composent. Nous constituons notre univers. Mais nous n’envoyons pas aux autres la totalité de nos pensées : je peux adresser celle-ci à Léna, cette autre à Guido, cette troisième à nous tous…
- Hé ! ronchonna Rose, qui ne s’était pas jointe au débat. Laissez-moi penser tranquille et ne m’envoyez pas vos idées embrouillées !
Tout le monde échangea une pensée amusée. Haroun profita de cette détente temporaire pour reprendre son argumentation en terrain plus propice :
- Il a donc autre chose que nous-mêmes, expliquais-je. Et nous ne le percevons qu’avec notre esprit. Maintenant, imaginez que vous disposiez d’autres perceptions. Que vous distinguiez des limites à ce qui vous entoure ; qu’à l’intérieur de ces limites, ce que j’ai appelé les « objets » soient définis par des caractéristiques, auxquelles j’ai donné les noms de « couleur », de « texture », etc.
Il y eut un vide-de-pensées parmi les participants à la discussion. Soit il avait piqué leur curiosité, soit il venait de perdre l’intégralité de son public. Il n’allait pas tarder à le savoir. L'attente se fit longue.
Il se mit à craindre une nouvelle offensive de Christopher. Pourquoi était-il si anxieux? Il devait employer son énergie à se retenir de sonder les pensées des autres. Cela ne se faisait pas. Pourvu qu'il les ait convaincus de lui laisser une chance... Il n’aurait su déterminer à partir de quel moment son univers d'invention avait commencé à le hanter. Ni pourquoi. Mais cela n’avait pas d’importance. C’était ainsi. Il ne pouvait pas l’ignorer. Il fallait que les autres comprennent.
Il s’évertua à garder lui aussi le vide-de-pensées malgré son agitation. Jamais il n’avait été si confus. Il se remémora l'histoire de Gaëtan et Sofia du début à la fin, pour être prêt à la transmettre sans erreur si on le lui demandait.
Puis il reçut une phrase, adressée à lui seul. C’était Léna :
- Je crois que je commence à comprendre.
A ces mots, l’enthousiasme l’enflamma de nouveau. Il n’avait peut-être pas échoué à communiquer sa passion, il pouvait continuer, rien que pour Léna s’il le fallait, mais il pourrait enfin extraire de lui toutes ces idées étranges qui se mélangeaient depuis des mois ! Il avait parfois l’impression qu’elles allaient l’avaler, s’emparer de lui et le vider de son essence pour se l’approprier. Cela lui faisait presque un peu peur.
Il se trouva plus nerveux que jamais. Allons, un esprit ordonné est un esprit en bonne santé ! Il avait besoin de toutes ses facultés, s’il voulait aller au bout de ses découvertes... Il reprit sa harangue, porté par ses propres phrases :
- En fait, ce n’est qu’une question de vocabulaire ! s’emporta-t-il malgré ses efforts. Une fois qu’on a saisi, tout devient clair ! Tout devient cohérent ! Ça pourrait presque être vrai !
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Il réfléchit un instant pour lui-même
Je pense que t'es pas obligé de dire "pour lui même".
Et puis apparaît, sans la moindre explication, ce « marchaient » dont tu sembles faire un verbe.
J'ai pas bien compris la fin de la phrase. C'est une image, c'est quoi ?
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Sinon pour le texte je le trouve plutôt bien. C'est assez confus mais il y a des petits éléments qui forcent à retenir l'attention au lecteur. Donc pour le moment j'attends la suite. Et aussi, juste au niveau des personnages, je trouve qu'ils ne sont pas assez mis en avant de la scène mais bon voilà, c'est moi ! ;)
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Pour tes deux remarques qui font bizarre, c'est fait exprès... Théoriquement, on comprend par la suite...
Pour les personnages... Je voulais donner l'impression d'un dialogue un eu confus, d'une masse de personnages pas très claire à identifier. Au début.
Enfin, vu la profusion de lecteurs, mon début ne doit pas être très entraînant, lol.
Merci d'avoir lu, en tous cas ! :) J'attends un peu voir si y a d'autres courageux, et puis je mettrai la suite
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lui qui se piquait de critique d’Art et de grands principes esthétiques.
critiqueS ?
aveugle; il
manque un espace je crois
Et nous ne le percevons qu’avec notre esprit. Maintenant, imaginez que vous disposiez d’autres perceptions.
ça fait bizarre le passage de "nous" à "vous" je trouve
Il devait employer son énergie à se retenir de sonder les pensées des autres.
Ca je comprends pas. Pas la capacité de pouvoir sonder les pensées des autres, mais pourquoi il doit s'en empêcher ; pourquoi il ne "doit aps" le faire. Mais si c'est expliqué plus tard, pas de problème ^^
La suiteeeeeeeeeeeeeeuh ?
Pour l'instant j'aime beaucoup. Je trouve le tout très... vivant, le dialogue fait très vrai, et j'aime bien l'idée. C'est juste que je crois déjà avoir compris beaucoup de choses donc je ne sais pas si tu vas en dévoiler encore plus ou... bref j'attends la suite :mrgreen:
Si tu veux savoir ce que j'ai compris pour l'instant :
C'est un monde de "pensées" : en fait les perso n'ont aucune... sensation. En fait dans leur monde, tout est esprit. Du coup, ils ne peuvent pas "marcher" (ils n'ont pas de corps, si ?), c'est d'ailleurs pour ça que Haroun se "remémore" son histoire : il ne peut pas "l'écrire"
Et donc Haroun a inventé une "histoire" (j'ai l'impression que les histoires et "traités de philosophie", bref ce qui est notre art "littéraire" chez nous a une place importante dans ce monde, même si pour l'instant t'en dis pas beaucoup), donc, Haroun a inventé une histoire qui se passe dans un monde "comme le notre, "normal"" :mrgreen: Où les perso peuvent marcher. Mais du coup les autres personnages (Christopher...) ne comprennent pas du tout les idées d'Haroun. Ils n'arrivent pas à envisager un monde qui 'nest pas que esprit.
C'est ça ? :noange:
Maintenant que j'ai commenté, tu veux bien poster la suite, dis ? Sinon je vais te menacer pour que tu me l'envoies, alors ne tarde pas trop si tu ne veux pas que je t'étrangle :noange:
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Oui, c'est ça, tu as compris ! :) Je suis contente alors : ce n'est pas incompréhensible ! Youpi ! Et puis tu as compris sans deviner la suite, apparemment, donc ouf ! :)
Pour les remarques ponctuelles : ben avant, j'avais tout mis à nous (troisième remarque), mais ça faisait bizarre, je lisais 'vous' à chaque fois. Mais si tu dis que là, ça fait bizarre aussi, je remettrai comme avant !
Et pour la dernière remarque, c'est que ce doit pas être clair. Cette phrase n'a pas grande importance, c'était juste un peu comme s'il se retenait de poser une question, mais j'ai voulu le compliquer un peu pour faire folklore local, lol. Je mettrai un truc plus simple.
Et puis je suis contente aussi pour le côté vivant, parce que dans la première version, ernya qui avait bien voulu lire l'avait trouvé très froid, alros je l'ai remanié pour essayer d'y rajouer un peu de vie. Je suis contente que ça ait fonctionné ! :) C'est pas un petit peu longuet, n'empêche, les considérations d'Haroun sur son stress ? ^^
Je mettai la suite... demain... ?
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C'est pas un petit peu longuet, n'empêche, les considérations d'Haroun sur son stress ?
Trop pas, ça passe très bien dans ton texte.
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Rah c'est bête j'étais motivée pour le lire mais dans l'intro tu dit que tu l'as coupé... J'attendrai donc que tu mettes la fin avant de me lancer ;)
Et en attendant, je retourne à Loya ^^
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je suis très troublé par ce texte
c'est étrange, l'émotion du personnage principal est perceptible, vivante, émouvante, on entre rapidement dans sa peau, on accepte son mal être son désir de communiquer
c'est du vécu sans doute ou du moins très bien imaginé
par contre l'enveloppe me gêne un peu, elle est parfois confuse et épaisse, elle génère une certaine frustration.
peut être que ce sentiment aide à créer l'ambiance générale.
Je suis trop ému pour bien analyser mes sentiments
Et très frustré de ne pas avoir de suite
en tout cas belle et troublante sensibilité
je répondrai plus tard sur la forme, je ne puis aujourd'hui
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Et pour la dernière remarque, c'est que ce doit pas être clair. Cette phrase n'a pas grande importance, c'était juste un peu comme s'il se retenait de poser une question, mais j'ai voulu le compliquer un peu pour faire folklore local, lol. Je mettrai un truc plus simple.
C'était bien ce que j'avais cru comprendre, mais :
- la formulation n'est pas très belle
- je ne comprends décidément pas pourquoi il ne pourrait pas "poser une question", pourquoi il devrait se retenir, à l'endroit où est la phrase.
C'est pas un petit peu longuet, n'empêche, les considérations d'Haroun sur son stress ?
Je n'ai pas trouvé.
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Cam, je suis désolée que mon texte t'ait troublé ! lol
Non, je ne pense pas que ce soit du vécu... sauf pour un esprit retors sorti de khâgne qui voudrait voir en Christopher la figure d'un lecteur hostile, dans le cadre d'une amorce de mise en abîme... mdr. Non non.
En tous cas, pour l'ambiance floue, ça c'était voulu. Je voulais donner l'impression d'un monde qui serait comme une sorte de brouhaha perpétuel, où quelques voix se distinguent parfois (un peu comme le Collectif Borg... ok, j'arrête avec Star Trek lol). Bref, une impression de flou, où on ne sait pas trop bien identifier les acteurs du dialogue, du moins au début.
Enfin, au lieu d'épiloguer, je vous mets la suite, en espérant que vous aimiez toujours ! :-[
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Envoi 2
- Réfrène tes ardeurs, lui envoya Guido avec amusement. Ta fougue chamboule mes idées-personnelles.
- Je trouve cela trop complexe pour susciter l’intérêt, communiqua Christopher au groupe entier, même à ceux qui n’écoutaient pas – ce qui lui valut une nouvelle remarque de Rose.
Mais pourquoi refusaient-ils de comprendre ? L’agitation d’Haroun était telle qu’il ne parvenait pas à rassembler les mots appropriés. C’était comme si une vérité les narguait, là, au sein de leur groupe, sans que personne ne remarque sa présence parmi eux. Et lui-même n’arrivait pas à la reconnaître dans le flot de pensées qui s’échangeaient.
L’intervention de Tarik fit disparaître cette curieuse intuition. Lui, qui transmettait peu d’ordinaire, semblait décidé à pousser l’examen de cette affaire le plus loin possible. Percevoir ses paroles stabilisa le tourbillon des pensées d’Haroun.
- « La plaine », c’est donc un objet, raisonna Tarik avec sa lenteur réfléchie habituelle. Le « ciel » aussi, et « gris » c’est un qualificatif. Mais je ne saisis pas « moulus ».
- C’est comme « fatigués », mais cela, ils le ressentent dans leur corps, expliqua précipitamment Haroun.
Un nouveau vide-de-pensées lui répondit. Il eut peine à s'empêcher de relancer la conversation. Le verdict était proche, c’était évident. Il pouvait percevoir les autres méditer. L’ambiance était dense des réflexions inaccessibles des autres. Sauf de Guido, qui ne s’était joint à cette présentation de récit que pour tromper son ennui.
- Tu as inventé ça tout seul ? reprit soudain Léna.
Haroun fut étonné que cela ne lui soit pas adressé personnellement. Léna saisissait toujours l’occasion de lui transmettre en privé. Elle devait considérer ce point comme particulièrement digne d’attention. Pourtant, en général, l’origine d’une histoire n’intéressait personne. Même les Pensées Artistiques abstraites, informes et sans paroles, ne suscitaient pas de telles interrogations. Et pourtant, à son humble avis, un mode d’emploi détaillé n’aurait pas été de trop – enfin, ce n’était pas ce qu'en pensaient Christopher et les autres amateurs d’art.
- Je n’avais jamais communiqué à propos de cela auparavant, répondit-il à Léna et au groupe, surpris du calme qui s’instaurait en lui au fur et à mesure que la conversation se détachait de l’exposé de ses idées en tant que telles.
- Mais tout vient-il de toi ? insista-t-elle.
Pour qui le prenait-elle ? Elle, son soutien depuis le début, toujours agréable et dévouée, le soupçonner de plagiat ? Et en public ! C’était vexant. C’était douloureux. Il lui en voulut plus que de raison. Il aurait dû écouter Guido. Cette affaire ne le mènerait à rien de positif.
- Oui, envoya-t-il rageusement à tous, avec la plus grande dignité. Oui, tout vient de moi ! Au début, je prenais cela pour des idées-rêves, incontrôlées. Ces espèces d’idées nettes mais indéfinissables, vous savez, le genre de choses qui vous viennent à l’esprit lorsque vous vous reposez. Et puis je me suis penché sur ces mots que l’on emploie sans y réfléchir, sur ces comparaisons qui n’ont pas de sens. « En être tout remué », par exemple. Il y a d’autres façons de transmettre son désappointement, mais « remué » n’apparaît dans aucune autre expression. Alors je me suis mis à inventer ce à quoi ces paroles pourraient faire référence. Et si « remué » s’appliquait à un mouvement du corps ? Et si…
Haroun s’interrompit, saisi. Léna venait de lui envoyer une pensée subjuguée. Une pensée informulée. Brute. C’était un acte très personnel. C’était livrer directement une part d’elle-même, lui donner accès à sa personnalité sans la barrière isolante des mots. Il s’était mépris sur ses intentions. Profondément ému, il ne sut terminer sa phrase.
- Tu as dû passer une éternité à mettre au point cette théorie, fit remarquer Tarik, le ramenant à la réalité.
- Pas tant que ça, reconnut-il sans parvenir à écarter ses pensées de Léna. A vrai dire, je travaillais un peu comme en terrain connu, comme si je suivais le fil d’une idée oubliée.
- Un souvenir ? proposa Tarik.
Haroun ne sut que répondre. Tarik et Léna avaient décidément des avis bien étranges. Comment un univers imaginaire pourrait-il être un souvenir ?
Sur ce, Christopher quitta la conversation sans saluer, ne lui accordant pas plus d’importance qu’à une broutille sans intérêt. Depuis un moment, Guido ne prêtait qu’une attention pour le moins limitée. Son public s’était désagrégé. Mais en fin de compte, il se trouvait plus satisfait de s’exprimer devant eux deux que devant tous les autres réunis, s’ils devaient lui être hostiles. Peu importait qu’ils ne soient que trois à connaître ses idées. Les communiquer était déjà les faire exister. Jusque là, il avait eu l’impression de lutter contre une barrière mentale obstinément fermée.
- Haroun…
Léna se ravisa et renvoya son idée à Tarik et Guido également.
- Haroun, reprit-elle sur ce mode. As-tu essayé de percevoir ton « corps » ?
- Mon corps ? répéta-t-il sans comprendre. Comment pourrais-je…
- Si tu en avais un, persévéra-t-elle, comment t’y prendrais-tu pour l’activer ?
L’intérêt de Tarik lui parvenait aussi, bien qu’il n’eût certainement pas conscience d'être en train de transmettre. Pour ses deux interlocuteurs, ce dialogue semblait revêtir une importance à peine imaginable. Plus encore que pour lui. Subitement, l’étrange orientation que prenaient les choses eut quelque chose de presque inquiétant, face à tant de sérieux.
- Je suppose que j’enverrais un ordre à mes membres, répondit cependant Haroun, méfiant.
- Les parties de ton « corps », c’est ça ? voulut confirmer Tarik.
- Oui.
- Fais-le, ordonna Léna.
Haroun fut tenté de lui envoyer une pensée stupéfaite informulée, car les mots lui manquaient pour décrire sa surprise. Mais il se ravisa. Il avait peur de la vexer par un acte si intime.
- Tu veux dire…
- Fais-le. Essaie ! C’est toi qui as mis au point ces hypothèses, personne mieux que toi n’est familier de la question.
Il garda le vide-de-pensées un instant. Cette demande était folle. Il ne possédait pas de corps, personne n’en possédait. Malgré son obsession, Sofia et Gaëtan n’étaient que le fruit de son imagination. Essayer de leur ressembler, c’était comme un coup d’épée dans l’eau. Autre expression qu’il n’avait jamais comprise.
- Tu as peur ? demanda Léna.
Peur ! Il n’y avait aucune arrière-pensée de défi dans ses mots, mais Haroun se sentit stupidement piqué. Non, il n’avait pas peur. Et il n’aurait, à aucun prix, voulu la décevoir.
- Pas du tout. Je vais essayer.
Il se concentra. C’était stupide ; mais elle ne le lui aurait pas demandé sans avoir quelque chose à l’esprit. Un aspect de la question qui lui aurait échappé. Un test sur son courage. Qu’en savait-il ? L’intérêt de Léna et Tarik n’avait fait que s’amplifier. Alors il se concentra.
D’abord sur l’idée de ce corps qu’il avait inventé, sur les étranges perceptions de ses idées-rêves, sur ces pensées vagues qui ne renvoyaient à rien de réel, ces songes qui avaient été à l’origine de tout, avec leur impression floue d’immobilité, de stabilité, ce sentiment d’extériorité, et les étranges caractéristiques nouvelles et grisantes qu’il avait peine à se représenter à présent...
Rien ne se passa. Évidemment que rien ne se passait ! C’était absurde. Christopher avait raison. Heureusement qu’il n’était plus connecté à eux pour se moquer de sa naïveté. Haroun se demanda si les deux autres n’étaient pas en train de se jouer de lui.
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Eh bien :o ça te réussit drôlement ce changement de ton ! C'est vraiment passionnant, touffu même, avec toutes les réflexions d'Haroun qui enserrent les dialogues. Tu nous englobes en quelque sorte au milieu des "penseurs", c'est très fort. Rien à redire, une narration limpide, une idée forte... continue :coeur:
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Percevoir ses paroles stabilisa le tourbillon de des pensées d’Haroun.
Petit lapsus ou oubli, un "de" en trop en tout cas.
- C’est comme « fatigués », mais cela, ils le ressentent dans leur corps, expliqua précipitamment Haroun.
Je commence un peu mieux à cerner le texte, toutes ces pensées... mais là je comprends pas bien l'arrivée de ce "comme fatigués"
- Pas tant que ça, reconnut-il sans parvenir à écarter ses penser de Léna
Je sais qu'en poésie souvent on écrit "penser" à la place de "pensée" mais là je trouve qu'il n'a pas sa place dans ce texte. Mais bon c'est rien, c'est correct !
La souite !!! ;)
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Percevoir ses paroles stabilisa le tourbillon de des pensées d’Haroun.
de en trop
Christopher avait raison. Heureusement qu’il n’était plus connecté à eux pour se moquer de sa naïveté. Il se demanda si les deux autres n’étaient pas en train de se jouer de lui.
le premier "il" renvoie à Christopher, alors que le second renvoie à Haroun ? Si c'est bien ça, ça fait bizarre
La suite ?
(oui, j'ai rien de négatif à dire, "désolée" :-[)
Ca me plait toujours, le début m'accrochait un tout petit peu moins (sans doute car il fallait que je me replonge dans le texte) mais ensuite très bien, tu distilles les informations/réflexions juste comme il faut.
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Kailiana --> Le début de ce passage ou le début tout court ? A part ça, je suis contente que ça aille, parce que j'ai vraiment eu du mal à rédiger tout ça. Au début, j'avais banni toute référence à notre réalité à nous, mais c'était vraiment trop aride comme résultat, alors je me suis autorisé les expressions imagées et les sens figurés. Mais même comme ça, pas évident ! Essayez d'écrire un dialogue sans les verbes dire et voir ! Surtout pour moi, qui ai tendance à toujorus récrire en détail les réactions physiologiques des personnages sursauts, gorges nouées et autres facilités banales, lol)
Leblanc-Matthieu --> Merci d'avoir relevé mes fautes ! (oui, penser n'est pas une tentative poétique, c'est juste une faute de frappe...). Par contre, j'avoue que je ne saisis pas ce que tu ne comprends pas dans "comme 'fatigués'"... :-[
Zach --> Merci :o Je suis très touchée... :-[
Donc, heu, j'attends un peu pour mettre la suite ? (deux extraits le même jour, ça fait peut-être un peu trop... :S)
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Le début de ce passage ou le début tout court ?
début du passage.
Essayez d'écrire un dialogue sans les verbes dire et voir ! Surtout pour moi, qui ai tendance à toujorus récrire en détail les réactions physiologiques des personnages sursauts, gorges nouées et autres facilités banales, lol)
Oui, j'ai remarqué >< Et moi aussi j'ai tendance à beaucoup utiliser les mouvements lors des dialogues, je trouve qu'au final tu t'en tires très bien.
Donc, heu, j'attends un peu pour mettre la suite ? (deux extraits le même jour, ça fait peut-être un peu trop... :S)
Tu peux attendre un peu pour voir si d'autres lecteurs vont arriver, mais la suite demain sans faute :P
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Essayez d'écrire un dialogue sans les verbes dire et voir ! Surtout pour moi, qui ai tendance à toujorus récrire en détail les réactions physiologiques des personnages sursauts, gorges nouées et autres facilités banales, lol)
Oui, j'ai remarqué >< Et moi aussi j'ai tendance à beaucoup utiliser les mouvements lors des dialogues, je trouve qu'au final tu t'en tires très bien.
Ouais mais justement : je voudrais pas que ce soit au final, lol. J'aurais voulu qu'on ne sente pas les contraintes... :-[
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Par contre, j'avoue que je ne saisis pas ce que tu ne comprends pas dans "comme 'fatigués'"
C'est bon, j'avais pas fait le lien avec la phrase d'avant. :-[
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J'aurais voulu qu'on ne sente pas les contraintes...
Moui. Mais le truc c'est que s'apercevoir des contraintes, ici, est presque un bien. Car en fait je ne m'en suis pas aperçue car ça gênait ou était maladroit, mais parce que ça allait avec le reste. Je veux dire qu'au moment où j'ai compris que les personnages n'avaient pas de "corps", j'ai ensuite cherché dans le texte si justement tu utilisais des actions ou avais réussi à te débrouiller sans.
Et c'est vrai que le dialogue fait pas... comment dire... enfin, ne ressemble pas à un dialogue "naturel" : si le dialogue avait été "normal", dans la réalité qu'on connait, il aurait parut être décrit bizarrement. Mais là encore, c'est pas un mal étant donné que justement, ça ne se passe pas d'une manière qui nous est habituelle à nous qui avons un corps ! Ca fait imaginer une conversation... différente.
Enfin c'est ce que j'ai ressenti.
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Ah, alors ça me rassure. Là oui, c'est ce que je voulais créer. Un dialogue avec des choses bizarres (comme le "réffléchit-il pour lui-même" relevé par Matthieu), qui fasse un peu tiquer le lecteur. J'essayais d'introduire de l'anormalité dans une apparente normalité... Heu, je m'embrouille dans mon explication, lol. En tous cas, je ne voulais pas qu'on se dise : "c'est maladroit mais bon, c'est que c'est difficile".
Je mets l'avant-dernier extrait. Je crains que ça ne se gate, là (sur le fond comme sur la forme), mais bon, dites moi, hein !
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Envoi 3
- Tout va bien, Haroun ? s’enquit Léna.
Elle semblait inquiète. Déçue.
Pourquoi voulait-elle à ce point qu'il essaie ? Il percevait son attention, entièrement tournée vers lui. C’était étrange et intrigant. Il eut envie de savoir où elle voulait en venir.
Activer son corps. Il n’avait jamais réfléchi à la façon dont Sofia et Gaëtan le faisaient.
Tout d'abord, il s’empêcha de penser. Un peu pour savoir ce que cela faisait. Il s'empêcha de penser, à Léna, à Tarik, à Christopher et à sa suffisance, à ces « corps », à son histoire, à son incompréhensible besoin de la transmettre. A ce qu’il faisait à l’instant même, à cette curiosité qui ne le quittait plus, qui lui intimait d’obéir à Léna. Il se détourna de cela. Du reste. De tout. Il refusa le contact des nouvelles pensées. Il chercha le calme, le vide, le néant. Se libérer l’esprit, aller au bout de son invention, tenter de se représenter ce que pouvait être un objet, sans idées, sans conscience, s’en approcher au maximum, pour comprendre la fascination de Léna et Tarik, de Léna surtout…
*
* *
Quelque chose fusa à partir de son esprit, irradiant, s’étendant, avalant la distance. Une distance étrange, concrète, matérielle. C’était fulgurant. C’était lui-même qui se déplaçait, qui s’agrandissait. Il n’y avait plus seulement la notion de ses réflexions immédiates et le souvenir des anciennes. Il y avait autre chose. Comme dans les idées-rêves, mais en beaucoup plus fort. En beaucoup plus distinct. En beaucoup plus présent. Il… sentait. La peur l’envahit comme une révélation.
Que se passait-il ? Était-ce à cela que ressemblait avoir un corps ? Il n’était jamais allé si loin dans son imagination. Il ne s’était pas représenté, en même temps, tous les aspects que cela impliquait. C’était étourdissant. Il se sentait à la fois perdu, et immobilisé par une présence extérieure, comme si on avait aspiré tout son être pour le borner à des limites indépassables. C'était indescriptible. Il était prisonnier, comme ces idées si centrées sur elles-mêmes qu’elles sont imperméables à un raisonnement. Comme lorsqu'un groupe se liguait pour empêcher un individu de communiquer. Plus encore. Comme… Comme rien de ce à quoi il pouvait le comparer. Jamais il n’avait connu quelque chose d’aussi angoissant.
La peur devint terreur.
Une impression de mouvement s’était localisée en un endroit de cette nouvelle conscience bizarre. Un mouvement répété, saccadé, de plus en plus rapide.
« Mon cœur ? », songea-t-il, éberlué.
Et le décalage entre cette pensée et le reste de son être le rejeta avec violence hors de ce qu’il avait jusque là appelé « lui-même ». Il prit conscience de ses membres. Il tremblait, selon le mot qu’il avait créé de toutes pièces. Son esprit était égaré, paniqué. Qu’avait-il fait ? Avait-il été trop avant dans la conception de son histoire ? Était-ce là ce que deviennent ceux qui prennent leurs inventions pour la réalité ? C’en était trop. Il voulut que cela cesse, sur-le-champ, il voulut sortir de cette idée-rêve si puissante. Il le voulait si fort ! Mais cela ne s’arrêtait pas. Cela s’amplifiait, cela devenait de plus en plus précis. Il n’arrivait pas à revenir en arrière. Une impulsion de frayeur parcourut tout son corps.
Il ouvrit les yeux.
Sa première perception fut comme une déflagration. Une présence unie et persistante. C’était ce qu’il avait baptisé « clarté ». Diffuse, homogène, comme l’arrière fond des pensées des autres, lorsque vous ne communiquiez avec personne.
Sa poitrine lui faisait mal. En plus de son cœur qui s’y agitait, elle s’amplifiait et rétrécissait, frénétiquement. Un peu comme un signal d’alarme, localisé dans un point de son corps, qu’il ne parvenait pas à ignorer. Ses poumons.
C’était fini. Il avait franchi la limite. Il était devenu dément.
Conscient de cette terrible vérité, il actionna lentement son bras. Il toucha une surface solide. La sensation fourmilla dans son esprit, dans la tranche de sa main, confusément. Il avait du mal à faire la différence.
Il y avait une irrégularité, au niveau de son auriculaire. « Auriculaire » ? Il n’avait pas le souvenir d’avoir inventé ce mot auparavant. D’où lui venait-il ? Incertain de ce que cela allait signifier pour son doigt, il appuya.
Un bruit retentit à ses oreilles, un vrombissement. Sa poitrine était moins douloureuse, mais toujours en mouvement. Il ne savait pas ce qui l’étonnait le plus : cette perception inédite, ou l’incroyable impression de reconnaissance qui commençait de poindre. Il se sentait moins surpris d’instant en instant. Ses gestes moins hasardeux. Sa peur moins douloureuse.
La luminosité diffuse pivotait sur le côté, laissant la place à une autre, plus vive. Haroun cligna des yeux plusieurs fois.
Puis il le vit. Le ciel. Loin, haut, bleu.
Il ne savait comment il avait pu identifier la couleur. Les deux mains d’Haroun tremblaient irrépressiblement lorsqu’elles le hissèrent en position assise, dans son caisson de survie. Était-ce leur activité normale ? La plaine verdoyante se révéla devant lui, totalement vierge, à perte de vue, remuant sous une force invisible qui faisait ondoyer les tiges vertes dont elle était faite. Stupéfait, son visage sourit.
C’était incroyable ! Comme dans son histoire, mais en tellement plus net ! Plus réel ! Qu’est-ce qui avait pu pousser un corps à s’enfermer dans une boîte ? Le vent était si frais sur sa figure, l’odeur si vivifiante…
Il s’extirpa du caisson. Ses articulations grincèrent au début, mais très vite il ne les sentit plus. La jambe qu'il posa sur le sol eut du mal à supporter son poids, il lui sembla difficile de maintenir son équilibre. Puis les forces lui revinrent, peu à peu. Les idées de ce qui l’entourait se déployaient dans son esprit, mêlant celles qu’il y avait dans son histoires et d’autres qui émergeaient d’il ne savait où. Sa nacelle se trouvait au bord d’une immense étendue d’autres formes allongées semblables, recouvertes d’une épaisse couche grisâtre et poudreuse qui lui évoqua le passage du temps. Depuis quand… ? Des symboles rouges, lumineux, attirèrent ses yeux. Ils se trouvaient près de l’endroit où avait reposé sa tête, mais à l’extérieur du caisson. Il ne sut comment il comprit leur signification. Le décompte s’était arrêté à « 999 ANS », car le cadran ne possédait pas d’emplacement pour un quatrième chiffre. 999 ans. Le temps de tout oublier. Son estomac fondit.
Il se passa la main sur le front, trop perdu pour prétendre ordonner ses pensées. Sur sa tempe, un petit objet rond était collé bien qu’il n’appartînt pas à son corps, de cela il en était certain.
« Léna… » songea-t-il.
L’interface reçut son ordre. De cela aussi il en fut certain. Il parcourut du regard l’étendue des caissons de survie. Comme la plaine, ils s’étendaient jusqu’à rejoindre la ligne où commençait le bleu du ciel. Le sien s’était par hasard trouvé à l’extrémité d’une rangée… Ses sourcils se plissèrent. Il avait du mal à appréhender l’idée d’être localisé en un unique point précis. Et à comprendre comment il pouvait assimiler tout ce qui lui arrivait. Il y avait trop de choses ! Il ne pouvait pas être fou. Même un insensé ne pouvait pas avoir inventé tout cela. Il reporta ses yeux vers la plaine des caissons qui avaient si longtemps maintenu leurs corps en parfait état de fonctionnement.
Il s’écoula un certain temps avant qu’il ne remarque le moindre mouvement. Ce calme extérieur l’apaisa intérieurement, assagit les doutes qui l’assaillaient et ses repères qui tourbillonnaient. Il ne pensa à rien durant un moment, uniquement caressé par le contact du vent et le silence fragile. Puis une petite forme apparut, au loin, sortant de sa boîte avec des gestes maladroits. Fort de sa nouvelle maîtrise de son corps, Haroun s’élança vers elle au pas de course. Ses jambes trouvaient seules le geste à accomplir.
« Tarik ! » pensa-t-il en chemin.
Un caisson s’ouvrit sur son passage. Il s’arrêta net. L’alternance du déplacement et de l’arrêt avait quelque chose d’étourdissant. Ses poumons le brûlaient. Il ne parvenait pas à retrouver la régularité de leur mouvement. Il inspira profondément.
A ses côtés, un corps apparut lorsque le couvercle poussiéreux pivota. Il avait les yeux très ronds, mais Haroun supposa qu’ils l’étaient un peu moins lorsqu’il n’était pas surpris. Des filaments noirs tapissaient la moitié arrière de son crâne ; ils avaient l’air doux, si doux, d’une texture différente de celle de l’herbe sur laquelle il avait couru. Il eut envie d’approcher sa main pour les toucher, mais c’était de Tarik qu’il s’agissait, non d’un objet sans pensées. Haroun s’employa à retrouver le sourire qui s’était formé sur son visage lorsqu’il était revenu à lui. Cela lui semblait accueillant.
Les lèvres de Tarik remuèrent. Le visage parut étonné, puis il réitéra sa tentative. Un son frappa les oreilles d’Haroun :
- Haroun ?
C’était très étrange. Lui-même tenta d’activer son propre son, remua les lèvres dans le vide, puis parvint à prononcer :
- Incroyable…
Tarik lui rendit son sourire, et recommença à observer ce qui les entourait, ahuri. Des bruits retentirent ; leurs oreilles, non accoutumées, mirent un temps à en repérer l’origine. Une silhouette plus menue accourait vers eux, ses longs filaments marrons flottant derrière elle au rythme de sa course.
- Léna ! s’écrièrent-ils en chœur, sans parvenir à exprimer quoi que ce soit d’autre que leurs prénoms respectifs.
Ces sensations étaient enivrantes. Haroun abandonna toute tentative de définir ce qu’il ressentait. Depuis qu’il était dans son corps, il n’éprouvait plus le besoin de penser en permanence. C’était singulier, autant que de les percevoir, là, tous les deux, matériellement si proches…
- Alors c’était vrai ! s’exclama Tarik, qui maîtrisait de plus en plus l’usage de son son, lorsque Léna les eut rejoints.
Et en même temps si distants. Leurs esprits n’étaient plus mêlés. Haroun sentit une grande solitude, un vide intérieur et matériel en même temps. Il tenta de leur transmettre une idée informulée – au point où ils en étaient, il pouvait se permette une telle familiarité. Mais ils ne la reçurent pas. Sur sa tempe, le petit objet grésilla.
-
Quelque chose fusa à partir de son esprit, irradiant, s’étendant, avalant la distance.
un peu bateau/banal je trouve
Une impulsion de frayeur parcourut tout son corps.
j'aime pas trop "impulsion de frayeur"
déflagration. Une présence unie et persistante. C’était ce qu’il avait baptisé « clarté ». Diffuse, homogène
ici je trouve que "diffuse" ne va pas avec "édflagration", car déflagration me fait penser à quelque chose de... vif
recouvertes d’une épaisse couche grisâtre et poudreuse
juste un truc qui me parait bizarre (jsuis en mode chipoteuse hein) : d'après les descriptions, les caissons sont dehors, à l'air libre. Là, j'ai l'impression que tu décris une ouche de poussière. Mais si on laisse un truc dehors très longtemps, ça s'abîme/s'érode/se salie mais c'est rare (surtout lorsqu'il y a du vent) qu'il y a une couche de poussière. Ou alors c'était pas ça ?
de cela il en était certain. // De cela aussi il en fut certain.
j'aime pas trop, peut-être le "en" en trop, à voir
La suiteeeeeeeeeeeeeuhhhhhhhhhhhhhh ? :mrgreen:
Alors.
Déjà au début j'avais un peu peur du changement de ton, il faudrait qu'une fois le tout posté je relise tout pour voir si ça s'enchaîne bien. Mais finalement j'ai presque été étonnée que ça coule super bien et qu'au contraire j'apprécie le changement ^^
J'aime beaucoup le réveil, la découvert du corps, tout ça. Un peu moins les descriptions "science fiction", le fait de ramener ça à une idée plus banale de "des êtres humains qui ont dormis des siècles dans des caissons", tu perds un peu l'originalité du début. Mais finalement ensuite ça s'arrange avec la sensation de perte de la fin par rapport aux "pensées" d'avant (je sais pas si je suis compréhensible)
Bref c'est le fait de ramener cette histoire à de la sf qui me plait sans plus, ça dépend de ce que tu en feras dans la suite car sinon le reste j'aime vraiment beaucoup, tout cet "éveil" et cette différence entre pensée/corps.
Un truc qui m'a gênée par contre. C'est le fait qu'après être restés immobile plus d'un siècle, immobilisés, ils puissent se relever et bouger aussi facilement :mrgreen:
Pour info, quand un malade reste immobile très longtemps dans un lit, je crois que la peau où il est couché "s'abîme", bref rester immobile n'est pas très bon pour le corps. Cela n'est pas dérangeant, on peut parfaitement imaginer un système qui règle le problème étant donné que les caissons les maintiennent en vie plus d'un siècle déjà :noange: Mais tout de même, après une immobilité aussi longue, et surtout une... un oubli du corps, aussi long, ça me parait vraiment étrange qu'ils se relèvent aussi vite. Bref t'aurais pu ralentir un peu le truc, provoquer quelques étourdissements supplémentaires, enfin tu vois :mrgreen:
Parce que quand même jusqu'à présent ces perso ne savaient même pas qu'ils avaient un corps xD Donc leur étonnement me parait un peu faible, même s'il est déjà là :mrgreen:
Mais sinon, je continue de vraiment aimer. Et tu DOIS poster la suite >:D
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Lol.
Oui, je sais : c'est guère original. J'en étais bien consciente. J'ai beaucoup hésité à le faire évoluer comme ça ou autrement, mais d'un autre côté, ce que je voulais, c'était faire un passage de transition, le moment où ils retournent dans leurs corps. J'avais envie d'essayer de décrire le simple fait de toucher, de voir, bref d'être dans un corps, de le décrire de façon extérieure. Et j'ai eu vachement de mal :mrgreen: Du coup, les caissons et tout ça, c'était un peu secondaire - même si ça devrait pas l'être. Et puis je me suis dit que le début était déjà suffisemment compliqué comme ça (j'avais peur que ce soit incompréhensible en fait), qu'il valait mieux mettre un truc plus simple pour la suite, pour équilibrer et rassurer un lecteur perdu. ><
Au début j'avais fait plus d'étonnement, mais ça me semblait un peu longuet. Cela dit, si ça manque (et que mon "c'est bizarre, il s'étonnait de moins en moins !" fait, contre toute attente, un peu artificiel :-¬? ), j'en rajouterai. :)
Idem pour la difficulté à utiliser leur corps : j'avais peur que ça devienne répétitif et ennuyeux si j'insistais trop dessus. (et pour le temps passé en stase et la facilité de mouvement, j'y ai pensé, mais je me suis dit que, fichtre, s'ils arrivaient à construire de tels caissons, ils avaient dû régler ce problème lol)
Ah bon, y a pas de poussière à l'air libre ? Zut, j'avais pas pensé à ce détail... Hem... comment je peux arranger ça... :(
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J'avais envie d'essayer de décrire le simple fait de toucher, de voir, bref d'être dans un corps, de le décrire de façon extérieure.
Ca c'est complètement réussi je trouve !
Du coup, les caissons et tout ça, c'était un peu secondaire - même si ça devrait pas l'être.
En fait je trouve que c'est aussi bien que ce soit secondaire, je pense qu'il ne faut surtout aps accentuer ce "détail". Enfin perso ce que j'aime dans ce texte c'est vraiment les pensées/le corps et la transition, alors que la sf, très banale... ben, tu peux parfaitement l'utiliser, mais si c'est pas très original autant ne pas le mettre sur le devant de la scène ^^ (mais c'est peut-être car je lis trop et que du coup je "connais trop de trucs", c'est de plus en plus fréquent quand je lis un livre que j'aie une impression de déjà vu^^")
Et puis je me suis dit que le début était déjà suffisemment compliqué comme ça (j'avais peur que ce soit incompréhensible en fait), qu'il valait mieux mettre un truc plus simple pour la suite, pour équilibrer et rassurer un lecteur perdu.
Ca faut voir avec les autres lecteurs.
Idem pour la difficulté à utiliser leur corps : j'avais peur que ça devienne répétitif et ennuyeux si j'insistais trop dessus.
peut-être juste quelques phrases de plus ? pas trop insister, mais un peu quand même ? enfin là encore faudrait voir d'autres avis :mrgreen:
Ah bon, y a pas de poussière à l'air libre ? Zut, j'avais pas pensé à ce détail... Hem... comment je peux arranger ça...
Ben disons que quand je regarde dehors je vois pas beaucoup de couches de poussière là où y'a du vent xD Mais un truc qui reste dehors plus d'un siècle s'abîme tout de même, ou du moins se salit ; je suppose que des plantes peuvent escalader des caissons, qu'il peut y avoir de la mousse, des déjections d'oiseaux, de la terre (quand on laisse une table en plastique blanche dehors il suffit de peu de temps (quelques années à peine) pour qu'elle devienne vraiment sale et qu'on voit qu'elle a vécu)). Enfin un truc du genre. Je pense. Laisse un truc dehors pour voir :noange:
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Ah bon, y a pas de poussière à l'air libre ? Zut, j'avais pas pensé à ce détail... Hem... comment je peux arranger ça...
Ben disons que quand je regarde dehors je vois pas beaucoup de couches de poussière là où y'a du vent xD Mais un truc qui reste dehors plus d'un siècle s'abîme tout de même, ou du moins se salit ; je suppose que des plantes peuvent escalader des caissons, qu'il peut y avoir de la mousse, des déjections d'oiseaux, de la terre (quand on laisse une table en plastique blanche dehors il suffit de peu de temps (quelques années à peine) pour qu'elle devienne vraiment sale et qu'on voit qu'elle a vécu)). Enfin un truc du genre. Je pense. Laisse un truc dehors pour voir :noange:
Ah oui, c'est de bonnes idées ! Faudrait pas que ce soit trop compliqué à décrire pour le pauvre Haroun, par contre, lol.
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Bonsoir,
Il percevait son attention, entièrement tournée vers lui
J'ai mis un peu de temps avant de comprendre.
Tout d'abord, il s’empêcha de penser.
A quoi ? non mais j'ai compris. Moi j'ai un peu de mal à ne pas penser, même la nuit je pense. M'enfin c'est pas moi, c'est mon inconscient et euh...ben si avec un peu de moi tout de même...comment je ferai pour m'évader de mes cauchemars sinon ? :)
Une distance étrange, concrète, matérielle.
En effet, it's strange !
Loin, haut, bleu.
Mouais, je sais pas, ça fait un peu "un, deux, trois"...
qui émergeaient d’il ne savait où
Le "d'il ne savait où" je sais pas trop si c'est correct. C'est la première fois que je lis ce genre de forme.
Voili, voilà ! concernant ce troisième envoi je suis assez satisfait, je ressens plus les choses je trouve, le texte est beaucoup plus vivant qu'avant. C'est vraiment sympa à lire comme genre de texte et cela change un peu mes habitudes. Il y a de belles idées, tu devrais peut-être les exploiter un peu plus pour le début, non vraiment à part ça je ne sais pas quoi trouver comme autres défauts. Cela va peut-être venir avec la souite >:D
Ah puis aussi, j'aime beaucoup le prénom "Léna". :coeur:
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"Il ne savait où", je ne l'ai jamais vu non plus, mais on dit bien "d'on ne savait où" et "de je ne savais où", donc j'en ai déduit qu'à il ça se disait aussi...
Pour le reste, l'étrangeté, ben c'était un peu fait exprès, comme je disais à Kailiana, pour les raisons que j'expliquais à Kailiana... :S
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Suite et fin... Fin pour laquelle j'ai eu beaucoup de mal. Faudra sans doute que je la retravaille.
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Envoi 4
- Je m’en doutais, mais…, commença Léna.
Elle s’interrompit, surprise de sentir l’air vibrer dans sa gorge. Son son était plus aigu que les leurs. Elle se mit à rire, un petit bruit grelottant, si chargé de joie que les deux autres l’imitèrent.
- Je n’aurais jamais cru… ! reprit-elle, s’interrompant de nouveau pour rire.
- Mais alors, dit Haroun, fier de se débrouiller mieux qu’elle avec son son, c’est ça la réalité ?
Ils échangèrent un regard intrigué. Comment était-ce possible ? Comment personne n’avait-il gardé souvenir d’un changement d’état aussi radical ?
- Je n’étais pas sûre, expliqua Léna en articulant avec difficulté. Ces idées-rêves, nous les partageons tous, et… Oh, c’est beaucoup plus long de parler que de penser !
Elle agitait les mains en s’exprimant. Haroun ne comprenait pas vraiment pourquoi. « Parler », oui, c’était cela le mot. La mémoire revenait par bribes.
- J’ai toujours été Léna, reprit-elle avec une plus grande fluidité. Mais j’ai aussi toujours été ça. (Elle baissa les yeux sur son corps) Quand tu as commencé ton histoire, Haroun, je me suis souvenue des idées-rêves qui me troublaient, de mon impression de laisser échapper quelque chose d’important. Ce ne pouvait pas être une hallucination collective ! Oh… je suis si… si… ! C’est indéfinissable. Il faut réveiller les autres. Il faut qu’ils voient à leur tour !
- Non, il ne faut pas, la contredit un son plus granuleux que les leurs.
Haroun sursauta et il ne fut pas le seul. Ils n’avaient pas entendu approcher le quatrième individu. Il était recouvert d’une tunique grenat, sur laquelle tranchaient les filaments blancs qui recouvraient son crâne et la moitié inférieure de son visage. Sa peau était toute plissée autour de ses yeux.
- Qui l’a réveillé ? demanda Tarik à ses deux compagnons.
- C’est moi-même qui me suis réveillé, indiqua le nouveau venu. Je l’ai fait dès que j’ai perçu que vous aviez compris. Je suis Guido.
La bouche de Léna s’ouvrit sans laisser passer de son, et les yeux de Tarik s’arrondirent comme la première fois où Haroun l’avait vu. Bien que ce fût déplacé, lui s’amusa beaucoup de leurs expressions.
- Je croyais que tu ne suivais pas la conversation, s’étonna Léna.
Guido sourit.
- Je n’y prenais pas part. Mais, au contraire, je m’y intéressais beaucoup. J’attendais. Avec une certaine hâte. Alliez-vous trouver ? Sans vouloir te vexer, Haroun, je ne pensais pas que tu serais le premier à découvrir la vérité.
Haroun n’en fut pas vexé. Il avait dépassé le stade de ce genre d’émotions quotidiennes.
- Parce que toi, tu savais ? lança-t-il.
Guido remua sa tête de haut en bas. Ses cheveux voletèrent à ce mouvement.
- C’est moi qui ai conçu tout ceci, comment aurais-je pu ne pas m’en souvenir ? Je vous ai vus oublier, un par un, ne plus penser à votre monde réel, vous établir pleinement dans votre nouvelle existence. Ce fut long, et c’était il y a longtemps. Je n’ai rien fait pour vous en empêcher : c’était dans l’ordre des choses que j’avais prévu.
- Que tu avais prévu ? répéta Léna. Tu as conçu tout ceci ? Mais alors, je n'y comprends plus rien : ce n’est pas réel ?
Haroun trouva subitement cette idée très inquiétante.
- Si, si ça l’est ! confirma Guido. Ce que j’ai conçu, c’est le projet des caissons de survie. Je ne les ai pas construits seul, j'étais entouré d'une équipe scientifique de pointe, pour mettre au point des compartiments de stase infaillibles d'où les corps sortiraient sans aucune séquelle, pour la connexion des consciences, pour tout l'aspect technique ; et puis j’avais des soutiens financiers et politiques pour faire accepter mes plans… (Il s’interrompit, voyant que ses trois auditeurs ne comprenaient plus son discours) Chaque chose en son temps. Pour simplifier, oui, j’ai conçu la mise en boîtes de l’humanité.
- Pourquoi ? demanda immédiatement Tarik.
- Vous n’en avez pas une petite idée ? tenta Guido en fourrageant dans sa barbe de sa main noueuse. Essayez de vous rappeler. Ce sera mieux si vous y parvenez : c’est dans l’ordre des choses aussi.
- La seule raison de s’enfermer dans un caisson, raisonna Haroun, c’est pour fuir un danger extérieur.
Guido sourit avec une bienveillance paternelle. Il les laissa chercher encore un peu.
- Une épidémie ? s’enquit Tarik, visiblement surpris des mots qui passaient sa bouche. Une catastrophe naturelle ?
Guido ne put s’empêcher d’intervenir :
- En un sens, oui : nous sommes des êtres issus de la nature, rit-il.
- Non, ce n’est pas cela, reprit Léna à haute voix. Je crois que nous devions tous réfléchir. Trouver la paix.
- La paix, la coupa Tarik, les yeux rivés sur un point qui n’existait pas. La paix entre nous. Nous n’arrivions plus cohabiter, c’est bien ça ? La seule façon de rétablir le dialogue était la discussion. La communication. C’est pour cela que nous sommes tous entrés dans ces caissons. Pour ne vivre que de communication. Pour arrêter les… comment dit-on déjà ?
- Les meurtres ? proposa Léna. Les guerres ?
- D’autres mots me viennent, mais ce doit être ça, dit Tarik, ne faisant pas encore très bien la différence entre ce qu’il pensait pour lui et ce qu’il pensait pour les autres.
Haroun était demeuré muet, se contentant d’observer Guido observant ses deux protégés. On aurait dit un maître qui suivait avec intérêt le développement de la pensée de son élève. Tous deux se tournèrent vers le vieil homme pour trouver la réponse à leurs élucubrations.
- C’est à peu près ça, répondit-il en souriant toujours. Nous ne nous écoutions plus. Personne, nulle part. J’étais jeune et je pensais trouver la solution miracle. Aujourd’hui, je ne le suis plus. Je suis revenu dans la réalité de trop nombreuses fois, pour veiller sur vous tous et entretenir l’ordinateur central.
- Vous attendiez que quelqu’un trouve une solution ? voulut savoir Haroun.
- J’attendais que la communication ait atteint un stade assez mûr pour que certains parviennent à dépasser leurs différends, leur propre existence, pour aller vers les autres.
- Comme… nous l’avons fait ? demanda timidement Léna.
Guido hocha la tête, amusé.
- Il y a toujours des disputes dans la réalité, objecta Haroun. Je veux dire : dans notre réalité. Dans l’univers où nous étions jusqu’à aujourd’hui. Enfin, dans le… l’ordinateur central ?
Une expiration prolongée émana de Guido. Il ne souriait plus.
- Mon projet était fou. Anéantir la discorde ! Rien que ça ! L’état de stase ne faisait que retarder l’inévitable. Je le reconnais. Mais tout n’a pas été inutile : l’oubli pourra être l’origine d’une nouvelle ère. A condition de retenir les leçons de ce que nous avons fait, et à présent, seuls nous quatre sommes en mesure d’assurer cette part du processus.
- Nous allons réveiller les autres ? proposa Tarik.
- Oh non ! répondit Guido avec empressement. Non, non. Ils doivent trouver le chemin par eux-mêmes. Mais nous allons veiller sur eux, vous allez veiller sur eux, lorsque je ne le pourrai plus. Comme je l’ai fait.
- Lorsque vous ne… pourrez plus ? s’effraya Léna, saisie par un souvenir vague mais terrifiant.
- Hors du caisson, nous ne serons plus maintenus en vie éternellement, réalisa Haroun. Nous allons… comment disait-on ? Nous allons mourir.
Tous trois échangèrent un regard apeuré.
- Vous avez le temps ! les rassura Guido. J’ai plus de mille ans, et il me reste encore des décennies à vivre. Je ne sais pas combien nous devrons attendre. Je ne sais pas si vous verrez le renouveau de notre monde. Je n’en sais rien. Mais je suis persuadé qu’arrêter maintenant le processus le rendrait totalement vain. Soyez patients ! Vous êtes jeunes. Vous avez la planète pour vous. Vous pourrez aller et venir à votre guise entre l’univers des caissons et la réalité. Je ne m’en fais pas pour vous.
Il y eut un vide-de-pensées et de paroles. Ils étaient les seuls êtres humains éveillés de la planète. Instinctivement, ils se rapprochèrent un peu plus les uns des autres. Méditatif, Guido les dévisagea un moment avant de parler à nouveau, comme s'il évaluait l'impact qu'avaient eu sur eux ses révélations.
- Cela dit, ajouta-t-il dans un demi-sourire escorté d’un haussement de sourcil broussailleux, vous n’êtes pas tenus de me croire.
Haroun regarda autour de lui, remarquant des détails qui lui avaient échappé. Des plantes avaient grimpé sur plusieurs des caissons, ils avaient l'air de se faire avaler par la terre. Comment pourraient-ils ne pas le croire ? Au-delà, la plaine n'avait pas cessé de frissonner dans le vent, exactement comme dans son histoire, comme s'il était simplement en train d'inventer la suite, plongé dans une de ces idées-rêves qui le hantaient. Sauf que cette fois, c'était la réalité. Il inspira profondément pour sentir cet air véritable pénétrer dans ses poumons.
- Vous pouvez retourner dans le caisson et oublier tout ça, insista Guido, en les fixant toujours.
- Ça me paraît difficile d’oublier à nouveau, indiqua Haroun, en songeant que même s’il le pouvait, pour rien dans l’univers il ne reviendrait en arrière.
C’était la première fois qu’il disait autre chose que ce à quoi il pensait... Cette distinction lui fit peur ; il faudrait veiller à ne pas le faire trop souvent.
- Qui sait ? lança encore Guido. Après tout, il ne s’agit peut-être d’une vaste idée-leurre envoyée par Christopher pour se moquer de nos réflexions absurdes. Allez savoir…
Léna eut un petit rire, amusée de la plaisanterie. Aucune idée-leurre n'était à ce point précise et persistante, à ce point transperçante de réalité. Guido cligna de l’œil.
Aucune, n'est-ce pas ?
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Je n’y prenais pas part. Mais, au contraire, je m’y intéressais beaucoup. J’attendais. Avec une certaine hâte. Alliez-vous trouvez ?
trouver ;)
Super !! C'est vrai que dans le fond, c'est classique dans le genre, mais c'est très bien écrit, avec sensibilité et... humanité, je sais pas ^^ Par contre, la coupure entre les deux "mondes" est quand même pas brutale, mais rapide, et c'est vrai ce que disait Kail pour le troisième passage, tu devrais davantage insister sur quelques maladresses, c'est dur de retrouver l'usage de ses membres après une immobilisation ne serait-ce que de deux semaines, alors... des années ! La fin est légère et on a un sentiment de paix, peut être créé par le temps indéfini de l'attente à venir... quoi qu'il en soit, j'ai beaucoup aimé, c'est sûr =)
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Je l’ai fait dès que j’ai perçu que vous aviez compris.
j'aime pas trop les deux "que"
tu n’es pas le premier que j’aurais pensé découvrir la vérité.
j'aime pas trop la formulation
Comme Zach :
Super !! C'est vrai que dans le fond, c'est classique dans le genre, mais c'est très bien écrit, avec sensibilité et... humanité, je sais pas [...] La fin est légère et on a un sentiment de paix, peut être créé par le temps indéfini de l'attente à venir... quoi qu'il en soit, j'ai beaucoup aimé, c'est sûr =)
C'est tout à fait ça !
L'idée de base n'est pas forcément très originale, et pourtant j'aime beaucoup cette fin, très... sereine. Ca me fait penser au manga "phénix" (ou l'oiseau de feu, ou un truc du genre, je ne me souviens plus du titre) de Tezuka. On y trouve un phénix qui suit l'histoire du monde, et en fait chaque tome se passe à une époque différente, avec des personnages différents... parfois c'est une époque très lointaine, presque imaginaire tant elle est loin, parfois un peu plus récente, parfois actuelle, parfois future... je n'ai pas lu tous les tomes, mais ton histoire me laisse un peu le même sentiment qu'à la lecture de certains d'entre eux : une humanité qui perdure, qui garde ses défauts mais qui évolue tout de même, différemment parfois, un peu... et un sentiment à la fois "naîf" (les mangas de Tezuka que j'ai cités sont pour enfants) et pourtant "sage", "réfléchi". Bref au final j'aime vraiment beaucoup ^^
Un moment lorsque Guido es apparut je me suis dit "ah, non, un sage qui sert de guide etc etc !" et puis en fait finalement ça passe très bien je trouve ^^
Et puis j'aime bien aussi les derniers mots, qui laisse une interrogation, la possibilité de réfléchir...
Bref, c'est vraiment bien. Ca fait vraiment une nouvelle pour enfant/adolescent parfaite je trouve, que même un "grand" peut apprécier ^^
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Wahou! Je viens de tout lire d'une traite. C'est vraiment... j'ai pas mots. Innovant, génial, très bien écrit, très bien amené, un petit accent SF/anticipation/ réalité-virtuel que j'apprécie énormément. Et c'est vraiment très bien écrit, tout dans l'ambiance, dans le ressenti, très naturel et fluide, on est vraiment captivés et "dans la peau" des prsonnages.
J'admire!
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Oh, alors ça c'est super gentil à vous trois ! :) ça me fait très plaisir : je ne savais ps du tout comment le lecteur percevrait le texte, j'avais peur que ça traîne en longueur, que la première moitié soit incompréhensible et la deuxième décevante ^ ^.
Ah puis aussi, j'aime beaucoup le prénom "Léna".
J'ai eu un peu de mal pour les prénoms ! En fait, je les voulais un peu des quatre coins du monde. Léna et Guido je les ai mis comme ça, au hasard, de même que les personnages de l'histoire d'Haroun. Tarik, j'ai cherché un peu plus longtemps (mais je l'aime bien, et je me serais peut-être appelée comme ça si j'avais été un garçon... heu, mais tout le monde se fiche des lubies prénominales de ma maman, lol). Christopher, je l'ai mis parce que j'en ai marre que ce soient toujours les anglo-saxons (et surtout les Américains) qui aient le beau rôle, lol. Et puis Haroun, là, j'ai eu du mal. J'ai même farfouillé dans le dictionnaire des noms propres ; je voulais quelque chose d'un peu exotique, mais de pas très connoté d'un pays ou d'un autre. L'ennui, dans la partie noms propres du Larousse, c'est que les noms exotiques sont vites imprononçables et/ou germaniques. Finalement, je suis tombée sur Haroun Tazief, et le prénom m'a plu, alors voilà.
D'ailleurs je vous raconte cette histoire alors que personne n'a rien demandé... :-[ :-¬?
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Je n'ai pas encore fini mais il faut que je retourne travailler (alors je me garde l'autre moitié pour mon casse-croûte !)
J'adore ce début, j'ai été emballée par l'idée dès que j'ai compris ce qui était différent chez ces "penseurs"'. Et à cet égard, je dois dire bravo : au départ, on ne comprend pas ce que les deux personnages ne comprennent pas, ce que Guido veut dire par "des mots inventés", et puis tout s'éclaire !
C'est vraiment original, tu inverses totalement les rôles (ce que je veux dire c'est que, dans les textes de sf-fantastique, découvrir les humains par d'autres 'entités' n'est pas fréquent ; souvent, c'est la découverte inverse !)
Bref, j'ai beaucoup aimé ce début...
Edit : voilà, je continue mon commentaire !
Je n'avais pas du tout deviné la fin (comme l'indique le début de mon post ^^) mais c'est bien amené. Comme d'autres, j'ai trouvé un peu rapide la sortie du caisson et les mouvements (ça fait un peu hop ! on enjambe le caisson pour aller voir plus loin) ; mais la façon dont Haroun retrouve les mots, les concepts, s'étonne du monde réel, c'était très bien rendu - je le souligne parce que j'y ai fait attention, puisque je trouve que c'est quelque chose de très dur à rendre.
Et puis la "morale" de l'histoire, c'est très mignon aussi. C'est vrai que ça a un côté humaniste, mais pas niais du tout.
Donc, bravo ! Encore une histoire de Milora qui m'aura enchantée ! ;)
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:-[ Merci ! :)
ce que je veux dire c'est que, dans les textes de sf-fantastique, découvrir les humains par d'autres 'entités' n'est pas fréquent ; souvent, c'est la découverte inverse !
C'est vrai que les histoires où c'est l'inverse m'ont toujours plu ! Et ça permet de découvrir deux "peuples" : les humains via les autres, et ces autres via leur découverte des humains ! :)
la "morale" de l'histoire, c'est très mignon aussi. C'est vrai que ça a un côté humaniste, mais pas niais du tout.
Ce qui m'étonne dans vos remarques, c'est que j'ai pas du tout pensé à une morale en inventant l'histoire, en fait, lol. Au début, j'avais arrêté à la sortie des caissons : les personnages se rendaient compte du changement de réalité, et ça restait sur la question : qu'est-ce qui s'est passé ? Mais je trouvais que c'étiat un peu en queue de poisson, alors j'ai rajouté Guido, et j'ai essayé de ne pas trop tomber dans le cliché des gens en stase...
Sinon, pour le reste, vos réactions me font doublement plaisir, parce que vous aimez bien, d'une, et de deux parce qu'apparemment vous avez eu les réactions que j'avais essayé de faire avoir au lecteur ! :)
Merci de vos lectures, en tous cas ! Je vais modifier un pitit peu l'envoi 3 pour que l'usage du corps pose un peu plus de problèmes à notre ami Haroun, lol.
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Mil', excuse moi pour ce retard, j'ai relu plusieurs fois le dernier envoi et je ne sais pas quoi dire par rapport aux autres tellement que c'est quelque chose d'unique en son genre et que l'on se transporte facilement par ce que tu as écris. Je le trouve sinon juste un peu en dessous du troisième envoi. Et sinon Guido m'évoque un mage, mais dans une autre histoire. ;)
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- Il l'explique plus loin, intervint Tarik. C’est une action en rapport avec le "corps"
- C'est cela que je ne comprends pas, plaça Léna. Qu'est-ce que c'est ?
Ca y est, j’ai enfin compris ! Je t’avoue qu’avant, je voyais pas pourquoi tout le monde bloquait sur tout, j’ai crut que c’était une sorte de cours oratoire ou quelque chose comme ça, et en même temps je me disait « ben je vois pas le problème… ? »
Enfin ça y est, j’me sens soulagé.
J’aime bien ce concept déjà ^^
- Dans le monde où se passe mon histoire, indiqua-t-il, les personnages ont des pouvoirs, un peu magiques.
Trop marrant ^^, comme si interagir avec le monde était magique ! En même temps… pas mal ce point de vu…
, soit il venait de perdre l'intégralité son public
Il me semble qu’il manque quelque chose…
- En fait, ce n'est qu'une question de vocabulaire ! s'emporta-t-il malgré ses efforts. Une fois qu'on a saisi, tout devient clair ! Tout devient cohérent ! Ça pourrait presque être vrai !
Ah ! Ca rend trop bien XD, la fin du chapitre en suspens comme ça, on se sent porté par l’enthousiasme d’Haroun (dont j’adore le nom, sois dit en passant. D’où te vient-il ?)
Envoi 2 :
Mais pourquoi refusaient-ils de comprendre ?
Moi j’laurai mise au présent si c’est Haroun qui parle. Maintenant, c’est peut etre juste pour faire ressortir la phrase, mais dans ce cas je pense pas que l’italique soit le meilleure moyen.
le tourbillon de des pensées d'Haroun.
Si on peut choisir, moi je mettrais « de », plus imprécis. Mais dans tous les cas, ‘faut en enlever un ma bonne amie ;)
Sur ce, Christopher quitta la conversation sans saluer, ne lui accordant pas plus d'importance qu'à une broutille sans intérêt.
J’imagine bien la scène ^^, mais pour la comparaison, tu pourrais peut-être trouver une autre image, en rapport avec l’Art justement puisqu’il est critique. Enfin, avis perso.
Hou, la fin du récit devient vraiment particulière. On dirait que Léna en sait plus qu’elle ne veut bien le dire ! Je m’attendais à ce que le récit se termine sur une note comme celle de Chris, du genre « pure imagination, bon pour les enfants » end of the story.
Mais non, on rebondit, et on continu :
Envoi 3
Que se passait-il ?
Même remarque, je penche plus pour le présent.
Il ne savait comment il avait pu identifier la couleur. Les deux mains d’Haroun tremblaient irrépressiblement lorsqu’elles le hissèrent en position assise, dans son caisson de survie.
Trop bieeeeeeeeeeen !!!!!
Il s’extirpa du caisson. Ses articulations grincèrent au début, mais très vite il ne les sentit plus.
Mon cerveau gauche s'interroge : il est pas sensé avoir les membre atrophiés de ne pas avoir bouger pendant si longtemps (enfin j'imagine). A moins bien sûr que dans les caissons, il y ait quelque appareil inconnu qui permettent aux muscles de fonctionner sans fonctionner... Genre des injections, enfin je sais pas... :noange:
Il se passa la main sur le front, trop perdu pour prétendre ordonner ses pensées. Sur sa tempe, un petit objet rond était collé bien qu’il n’appartînt pas à son corps, de cela il en était certain.
Ca me rappelle quelque chose... ::)
leurs oreilles, pas habituées,
Tu devrais remplacer "pas" par "peu" ca sonne mieux je trouve.
Envoi 4 :
Bien que ce fût déplacé, lui s’amusa beaucoup de leurs expressions.
Phrase a remanier...
Dit, tu l'as pas déjà mentionné Guido ? Pasque son nom me dit quelque chose, et en meme temps je suis pas sûre. Si c'est le cas, à la limite tu en a pas assez parlé parce qu'on se souvient a peine de lui.
Sans vouloir te vexer, Haroun, tu n’es pas le premier que j’aurais pensé découvrir la vérité.
Ca me semble pas très bien dit non plus, le "que j'aurais" surtout... ???
- La paix, la coupa Tarik, les yeux rivés sur un point qui n’existait pas. La paix entre nous. Nous n’arrivions plus cohabiter, c’est bien ça ? La seule façon de rétablir le dialogue était la discussion. La communication. C’est pour cela que nous sommes tous entrés dans ces caissons. Pour ne vivre que de communication. Pour arrêter les… comment dit-on déjà ?
- Les meurtres ? proposa Léna. Les guerres ?
Je suis très étonnée ! Et impressionnée aussi !
Le truc des caissons de survie, en soi ce n'est pas nouveau. Mais le danger que l'on fuit, ça c'est original ! Toujours des trucs de pollutions ou des choses comme ça, pour survivre sinon tout le monde meurt. La c'est encore différent, c'est pas une question de survie immédiate, c'est pour le long terme, la fin des guerres de toutes sortes ! J'adore :P
Haroun était demeuré muet, se contentant d’observer Guido observant ses deux protégés.
Petite répétition ; ou alors tu mets une virvulge après "Guido", et tu rajoutes "lui-même".
Léna eut un petit rire, amusée de la plaisanterie. Aucune idée-leurre n'était à ce point précise et persistante, à ce point transperçante de réalité. Guido cligna de l’œil.
Aucune, n'est-ce pas ?
C'est un peu dommage que la phrase finale soit une note négative, enfin dans le sens... heu... (jtrouve plus mes mots XD) ca remet le doute que tout soit faux, et si c'était juste le cas on serait quand même dessus, et tout. ENfin je sais pas, y a comme un sentiment d'anxiété en lisant cette dernière phrase, et c'est dommage parce que tout le texte précédant était plutot positif.
Sinon j'adore, j'avoue que je ne voyais pas ou tu nous emmené, un moment j'ai pensé à un truc de schizophrène, ou Léna serait une amie qui essayerait de ramener Haroun dans la réalité ou quelque chose comme ça. Mais ta version est quand même vachement mieux ^_^ !
A la rigueur, je dirais que les deux premières parties sont un peu longue pour en arriver là, c'est pas équilibré, mais faudrait voir dans un texte d'un seul bloc.
En tout cas bravo ! ;)
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Ouh lala, ça m'en fait des points à répondre !
Tout d'abord, merci d'avoir (encore) pris le temps d'une lecture si détaillée ! :)
Citation
- Il l'explique plus loin, intervint Tarik. C’est une action en rapport avec le "corps"
- C'est cela que je ne comprends pas, plaça Léna. Qu'est-ce que c'est ?
Ca y est, j’ai enfin compris ! Je t’avoue qu’avant, je voyais pas pourquoi tout le monde bloquait sur tout, j’ai crut que c’était une sorte de cours oratoire ou quelque chose comme ça, et en même temps je me disait « ben je vois pas le problème… ? »
Enfin ça y est, j’me sens soulagé.
Oui alors là j'ai fait exprès, je voulais que le lecteur se dise "mais qu'est-ce qu'elle raconte ? C'est clair, non ?". En fait, je voulais essayer de faire en sorte que la lecture soit fluide, banale, mais qu'il y ait des trucs qui gènent, pour que le lecteur se demande un peu ce que c'est que cette histoire, sans s'apercevoir tout de suite de ce qui est différent dans le monde des personnages... Après, je sais pas si c'est réussi, et je sais pas si le sentiment créé agace le lecteur ou pas... :-S
Citation
soit il venait de perdre l'intégralité son public
Il me semble qu’il manque quelque chose…
Ah lala, malgré toutes mes relectures, il reste toujours des fautes de frappe ! ><
dont j’adore le nom, sois dit en passant. D’où te vient-il ?
De Haroun Tazief, dans la partie noms propres du Larousse :mrgreen: (je l'ai raconté un peu plus haut :-[ Mil très bavarde, oui... :-[ )
Citation
Mais pourquoi refusaient-ils de comprendre ?
Moi j’laurai mise au présent si c’est Haroun qui parle. Maintenant, c’est peut etre juste pour faire ressortir la phrase, mais dans ce cas je pense pas que l’italique soit le meilleure moyen.
Je suis pas fan des pensées en italique, en fait. Là, l'italique est peut-être maladroite, j'avoue que j'aime bien. Un peu comme dans un dialogue, l'italique accentue le mot, comme là c'est un peu une sorte de monologue intérieur (très "un peu", lol, disons que j'essaie toujours de donner ce ton en fait...), ben j'voulais lui donner la même signification...
Citation
Sur ce, Christopher quitta la conversation sans saluer, ne lui accordant pas plus d'importance qu'à une broutille sans intérêt.
J’imagine bien la scène , mais pour la comparaison, tu pourrais peut-être trouver une autre image, en rapport avec l’Art justement puisqu’il est critique. Enfin, avis perso.
C'est vrai que je me suis pas foulée sur la comparaison :mrgreen: Disons que j'ai essayé de limiter les comparaisons (moi qui en ets des tonnes d'habitude... j'ai vraiment eu du mal avec ce textes, décidément >< ) parce qu'elles sont souvent imagées, et que là, ça pouvait pas, lol. Après, en mettre une dans le registre de l'art, il me semble que ce serait supposer que Christopher considère cette histoire digne d'entrer dans la catégorie des oeuvres artistiques, et je pense aps que ce soit son avis :mrgreen:
Citation
Il s’extirpa du caisson. Ses articulations grincèrent au début, mais très vite il ne les sentit plus.
Mon cerveau gauche s'interroge : il est pas sensé avoir les membre atrophiés de ne pas avoir bouger pendant si longtemps (enfin j'imagine).
Rho, je vois que ça vous chiffonne tous, ça XD Mais dans Star Trek et Stargate, ils ont pas les muscles atrophiés, quoi ! lol. Bon bon, je rajouterai quelques mots à ce sujet ! Je sais pas, qu'il a un peu de mal à s'en servir, mais que la machine a tout conservé en l'état... ça irait mieux ? :-[
Citation
Il se passa la main sur le front, trop perdu pour prétendre ordonner ses pensées. Sur sa tempe, un petit objet rond était collé bien qu’il n’appartînt pas à son corps, de cela il en était certain.
Ca me rappelle quelque chose...
:-¬? Ah vraiment ? Bon, on va dire que personne n'a rien vu, hein :mrgreen: (et pis c'est pas la même utilisation :P)
Citation
leurs oreilles, pas habituées,
Tu devrais remplacer "pas" par "peu" ca sonne mieux je trouve.
Oui alors cette phrase m'agace. A chaque relecture, elle me gène, mais "peu" ça me fait le même effet en fait :-S Et je trouve pas mieux sans alourdir le tout... Je continue de chercher...
Citation
Bien que ce fût déplacé, lui s’amusa beaucoup de leurs expressions.
Phrase a remanier...
Là, j'avoue que je vois moins ce qui va pas... :-[
Dit, tu l'as pas déjà mentionné Guido ? Pasque son nom me dit quelque chose, et en meme temps je suis pas sûre. Si c'est le cas, à la limite tu en a pas assez parlé parce qu'on se souvient a peine de lui.
Oui, il était dans le dialogue, mais à la rigueur, ça n'a pas trop d'importance, puisque Haroun et Cie ont aussi oublié qu'il y était, lol... Enfin à mon avis...
Citation
Sans vouloir te vexer, Haroun, tu n’es pas le premier que j’aurais pensé découvrir la vérité.
Ca me semble pas très bien dit non plus, le "que j'aurais" surtout...
Ok, ok, je me rends ! Je vais corriger :-[
Citation
Haroun était demeuré muet, se contentant d’observer Guido observant ses deux protégés.
Petite répétition ; ou alors tu mets une virvulge après "Guido", et tu rajoutes "lui-même".
Non, là en fait la répétition était voulue... :-[
Citation
Léna eut un petit rire, amusée de la plaisanterie. Aucune idée-leurre n'était à ce point précise et persistante, à ce point transperçante de réalité. Guido cligna de l’œil.
Aucune, n'est-ce pas ?
C'est un peu dommage que la phrase finale soit une note négative, enfin dans le sens... heu... (jtrouve plus mes mots XD) ca remet le doute que tout soit faux, et si c'était juste le cas on serait quand même dessus, et tout. ENfin je sais pas, y a comme un sentiment d'anxiété en lisant cette dernière phrase, et c'est dommage parce que tout le texte précédant était plutot positif.
En fait c'était mon idée de départ : laisser le doute tout du long. Et puis j'ai changé d'avis en route, mais j'ai voulu laisser la fin ouverte, parce que... parce que voilà, lol. Je sais pas, comme ça :-[ ... Enfin, c'est juste un petit point d'interrogation, Haroun se met pas non plus à trop douter, si ça peut te rassurer ! :-¬?
Sinon j'adore, j'avoue que je ne voyais pas ou tu nous emmené, un moment j'ai pensé à un truc de schizophrène, ou Léna serait une amie qui essayerait de ramener Haroun dans la réalité ou quelque chose comme ça. Mais ta version est quand même vachement mieux ^_^ !
A la rigueur, je dirais que les deux premières parties sont un peu longue pour en arriver là, c'est pas équilibré, mais faudrait voir dans un texte d'un seul bloc.
En tout cas bravo !
Un truc de schizophrène ? Lol, j'y aurais jamais pensé ! Pourquoi pas, c'est vrai que ça aurait pu prendre cette direction ! Enfin, j'ai pas trop les schizophrènes, ils me font peur à la télé, lol. Pour le déséquilibre, ben il me semble qu'il y a pas énormément de choses à dire dans la deuxième partie (après les astérisques), je veux dire que j'ai préféré développer un peu l'univers de Haroun, pour donner vraiment au lecteur l'impression de sortir de quelque part pour rejoindre l'autre réalité. Comment dire ? J'ai toujours pensé que pour que le lecteur ressente la perturbation des habitudes (ou pensées, ou style de vie, ou vie quotidienne, ou autres, rayez la mention inutile), il fallait le plonger dedans au début. Alors, rallonger la deuxième moitié ? Je ne vois pas trop ce que je pourrais y raconter de plus, en fait... :-[
En tous cas, merci ! :) J'étais contente de mon idée de départ, même si j'étais pas du tout sûre que cette histoire, telle qu'elle était, soit pas ennuyeuse à souhait, donc je suis contente que ça vous plaise ! =D
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Lol désolé c'est vrai que j'ai pas vraiment pris la peine de lire les commentaires des autres :-[...
Pour la première remarque, si si ton ibjectif est atteint (congrats' !) on est pas du tout ennuyé ou perdu, parce que tu amène vraiment ça par touches subtiles. On se dit "tiens, c'est original comme image" ou bien "ourquoi elle utilise un mot pareil dans ce contexte ?" mais c'est plus la curiosité que l'agacement qui l'emporte !
C'est vrai que je me suis pas foulée sur la comparaison. Disons que j'ai essayé de limiter les comparaisons (moi qui en ets des tonnes d'habitude... j'ai vraiment eu du mal avec ce textes, décidément >< ) parce qu'elles sont souvent imagées, et que là, ça pouvait pas, lol. Après, en mettre une dans le registre de l'art, il me semble que ce serait supposer que Christopher considère cette histoire digne d'entrer dans la catégorie des oeuvres artistiques, et je pense aps que ce soit son avis.
Je dirais pas que tu t'es pas foulée, dans la mesure ou ce que tu fais (ou ne fais pas) a toujours une raison. C'est sûre que sortir une image alors qu'ils comprennent pas la moitié du quart de ce que "marcher" implique... -_- c'est délicat. Quand à l'avis de Chris, finalement tu as raison.
Rho, je vois que ça vous chiffonne tous, ça XD Mais dans Star Trek et Stargate, ils ont pas les muscles atrophiés, quoi ! lol. Bon bon, je rajouterai quelques mots à ce sujet ! Je sais pas, qu'il a un peu de mal à s'en servir, mais que la machine a tout conservé en l'état... ça irait mieux ?
Mais ils suffiraient qu'ils nous mettent un forum a porté pour qu'on leur claque dans leur petites tetes de scénaristes toutes les incohérences de ces séries SF a deux balles... Non non, je retire, je retire !!! * pas taper ! *
Bon, plus sérieusement, ton texte est tellement poussé dans l'exactitude que ce genre de détail saute au yeux. En plus, le thème principal reste quand meme le corps par rapport a l'esprit. Donc, oui, ca chiffonne. Maintenant, quand on voit les appareils sophttp://monde-ecriture.com/forum/index.php?action=post;topic=1956.30;num_replies=34histiqués qu'ils ont là, on peut penser qu'il y a bien un truc là-dedans qui aide les muscle a se maintenir a niveau. A toi de nous l'expliquer ;) mais t'as raison, pas besoin de 36 000 phrases pour ça. Quelques mots pour dire que tu y as pensé suffiront.
Bien que ce fût déplacé, lui s’amusa beaucoup de leurs expressions.
Phrase a remanier...
Là, j'avoue que je vois moins ce qui va pas...
Ben personnellement, le "lui" placé comme ça me gêne un peu. Et le "que ce fût" un peu aussi, a cause du temps, mais ça c'est pas encore très fort. Disons que les deux ensemble, ca sonne comme une corde de guitare mal accordée (oui, il FALLAIT que je sorte une comparaison en rapport avec la guitare. Maintant c'est fait... ^^)
Haroun était demeuré muet, se contentant d’observer Guido observant ses deux protégés.
Petite répétition ; ou alors tu mets une virvulge après "Guido", et tu rajoutes "lui-même".
Non, là en fait la répétition était voulue...
Oui je me doute, comme "le petit garçon qui regarde le chien qui regarde le poulet" right ? (cinéphiles, cherchez le film !) Mais je pense quand meme qu'avec la fameuse virgule et le "lui-même" ca passerait mieux. Enfin, you're choice ;)
Pour la fin, je sais pas pourquoi j'ai sentit un ton menaçant, mais en relisant et avec le clin d'oeil de Guido, ca fait plus comme une blague malicieuse... Donc j'oublie ça lol.
Pour le déséquilibre des parties, tu as encore une fois sut me rallier a ta cause. Quelle oratrice ! :D Mais t'as raison, pas la peine de rajouter finalement. Il est très bien ce texte ;)
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Voilà, j'ai opéré les modifications ! Heu, j'avoue que j'ai juste changé une demie phrase par-ci par là (non, je vous demande pas de relire, bien évidemment !). Pour la justification de l'absence d'atrophie musculaire, j'ai mis des bribes d'infos ici ou là, indiquant que bon, la machine est super sophistiquée ; j'espère que ça fait pas trop "explication artificielle" lol. Mais bref !
Une fois de plus, merci beaucoup de votre lecture et de vos commentaires ! :)
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Je relirais les deux derniers passages demain ;) you ave my word
O'neill... Mil' !
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J'aime assez ton idée de départ, mais je dois avoer que je n'ai pas très bien saisi le contexte. Peut etre aurais tu du in troduire quelques phrases d'intro presentant clairement l'énonciation. A mon humble avis du moins!!
Conclusion: pour ma part je trouve très interressant malgré quelques incomprehensions....
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Daniel, heu, Jezy --> C'est très gentil de te proposer, mais franchement, te sens pas obligée de relire pour quelques phrases de changées ! C'est vraiment pas grand chose.
Am' (on peut t'appeler Am' ? lol) --> Désolée que t'aies pas aimé ! :( Je ne peux pas mettre des phrases d'intro, sinon où serait l'intérêt de faire découvrir l'histoire peu à peu ? Après, je dis ças que ce soit réussi, hein ! (j'avoue que d'une manière générale, j'aime pas les histoires avec une intro : ça fait un peu trop comme dans Matrix : j'expédie le scénario en trois secondes et je me concentre sur les combats... lol). Ça m'inquiète un peu que tu n'aies pas compris, parce que je me disais que si le début est volontairement flou, la deuxième moitié était quand même assez explicite... :-[
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Re Mil' ! Je traque les changements, et même parfois le reste ;)
Désolé, mais plus je relis et plus je m'arrête sur des détails minuscule... Mais comme d'hab, chaque remarque est a prendre ou a laisser !
il voulut sortir de cette idée-rêve si puissante. Il le voulait si fort !
Deux "si", ca casse un peu la force du deuxième malgré le point d'exclamation. Tu peux peut etre remplacer le premier par un "trop" ou quelque chose comme ça non ?
Il se sentait moins surpris d’instant en instant.
Le terme "instant" sonne bizarre pour la phrase.... voyons, heu, peut etre "à chaque seconde passée" ? Bon je sais pas trop >< .
Il s’extirpa du caisson. Ses articulations grincèrent au début, mais très vite il ne les sentit plus. La jambe qu'il posa sur le sol eut du mal à supporter son poids, il lui sembla difficile de maintenir son équilibre. Puis les forces lui revinrent, peu à peu.
Haaaaa :D ba c'est déjà mieux ;)
Il s’écoula un certain temps avant qu’il ne remarque le moindre mouvement. Ce calme extérieur l’apaisa intérieurement
Je crois que le "intérieurement" est superflu, surtout avec le "extérieur" juste avant, enfin je sais pas si c'était voulu au contraire, mais moi a ta place je l'enlèverai.
Fort de sa nouvelle maîtrise de son corps,
de "la" nouvelle maitrise de son corps ?
leurs oreilles, pas habituées, mirent un temps à en repérer l’origine.
Ca accrocha toujours >< mais si tu mettais "leurs oreilles, habituées au silence, mirent un temps" etc etc ?
Bon, en fait je vais arrêter là. J'espère que je ne rate rien d'exceptionnel dans le dernier envoi, mais comme il y a beaucoup d'autres textes a lire sur le forum... lol.
Mais relire cette histoire m'a fait du bien. J'aime vraiment beaucoup ta manière d'écrire. C'est fluide et léger et y a pas grand chose qui accroche à la surface, donc ça va.
(Oui, car je considère un texte comme une rivière a parcourir, et tout ce qui ne va pas accroche comme des rochers piquants qui sortiraient leurs pointes hors de l'eau... :noange:)