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Paris steampunk! Victor Hugo! Des automates!
Texte court en quatre parties:
1 - Le Théâtre-Français (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg272503.html#msg272503)
2 - Gaspar-Félix (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg272815.html#msg272815)
3 - 25 février 1830 (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg273223.html#msg273223)
4 - Un futur imprévisible (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg274126.html#msg274126)
La bataille d'Hernani
1.
Paris, juillet 1829
Victor Hugo et Alexandre Dumas descendirent à la hâte du fiacre mécanique qui venait de s’arrêter en face du Théâtre-Français, après avoir sillonné Paris à toute allure. Ils étaient en retard, comme à leur habitude. Ils traversèrent la place du Palais-Royal au pas de course, tout en ajustant leurs gilets rouges, couleur distinctive de la guilde des automaticiens. Sur le toit de l’illustre bâtiment, les bouches de ventilation crachaient la vapeur sale des souffleries tournant à plein régime.
Les deux artisans-mécaniciens pénétrèrent dans l'édifice au moment où retentissait la sonnerie invitant les retardataires à gagner leurs sièges. Ils gravirent l’escalier d’honneur quatre à quatre, traversèrent le foyer du public pour accéder à la salle Richelieu, où l’on donnait ce soir Phèdre de Jean Racine. Passés quelques couloirs et antichambres, ils entrèrent dans la loge réservée aux automaticiens. Personne d’autre ne s’y trouvait, aussi s’arrogèrent-ils les meilleures places du premier rang, celles permettant de s’accouder sur le rebord lorsque le spectacle devenait trop ennuyeux.
Les trois coups furent frappés, les premiers vers récités : « Le dessein en est pris, je pars, cher Théramène, Et quitte le séjour de l'aimable Trézène. » Dumas poussa son acolyte du coude et pointa le public du doigt. Le parterre était presque vide. Seules quelques loges étaient occupées, en particulier la loge royale où Victor Hugo croisa le regard de Charles Brifaut, président de la commission de censure. Les deux hommes se saluèrent d’un hochement de tête trop appuyé pour être sincère, puis firent semblant de s’intéresser à la scène.
‒ Jamais je ne m’habituerai à voir Brifaut porter l’accoutrement des académiciens, souffla Hugo.
Jadis réservée aux aristocrates, la pose d’un accoutrement relevait d’un rituel que les immortels de l’Académie française s’étaient appropriés avec la bénédiction de Napoléon. Leur accoutrement se composait d’un double entrelac d’écailles de cuivre jaune et de laiton vert, allégorie de feuilles d’olivier naissant à la base de chaque clavicule et grimpant de part et d’autre du cou jusque derrière les oreilles. En outre, un dispositif était inséré dans la cuisse de l’immortel, avec une boucle à hauteur de hanche dans laquelle l’académicien pouvait glisser son épée cérémoniale.
‒ Ne t’inquiète donc pas, répondit Dumas. Je suis sûr que tu rejoindras l’Académie un jour…
Hugo répondit d’un gloussement amusé.
‒ Ton imagination est sans limite, Alexandre. Si ma candidature devait être posée, nul doute que Brifaut ne voterait pas pour moi !
Sur la scène, deux automates classiques représentant Hippolyte et Théramène déclamaient les vers de Racine au sein d’un diorama sophistiqué. Une machinerie complexe d’engrenages et de poulies, de courroies et de mécanismes d’entraînement articulait chaque élément du décor dans une chorégraphie élaborée. Une légère odeur d’huile et de gaz montait jusqu’aux premières loges.
‒ Victor, rappelle-moi ce que nous sommes venus faire ici ? chuchota Dumas. Je ne supporte plus ces vieux automates juste bons à ânonner leur vers en base duodécimale !
La décision de Louis XIV de supprimer les acteurs humains peu après la création de la Comédie-Française avait donné naissance au métier d’artisan-mécanicien, puis à la guilde des automaticiens. Ces derniers avaient élevé les principes rudimentaires du théâtre mécanique de Chikamatsu au rang de prodige technologique, affinant les mécanismes et créant de toutes pièces des automates capables de se substituer aux meilleurs tragédiens antiques.
‒ Nous sommes là pour célébrer les affres des classiques, Alexandre ! répondit Victor Hugo le plus sérieusement du monde. Dois-je te rappeler qu’il y a cinq mois aujourd’hui que la troisième génération de ton automate Henri, habile à réciter de la prose, triomphait sur cette même scène ? La brèche est ouverte, nous passerons. Les jours des automates classiques sont comptés.
Dumas se tourna vers son collègue avec un air facétieux.
‒ Je sais bien, Victor. Hier mon Henri III, demain ta Marion…
Plus tard, lorsque Thésée eut prononcé les alexandrins « Que malgré les complots d'une injuste famille, son amante aujourd'hui me tienne lieu de fille » scellant la fin de Phèdre, les rares spectateurs de la salle Richelieu se retrouvèrent dans le foyer.
Brifaut s’approcha d’Hugo et de Dumas avec la trajectoire lisse et sinueuse d’un serpent. Les écailles de cuivre et de laiton de son cou brillaient de mille feux sous les lumières du grand lustre. Il salua les deux artisans-mécaniciens avec un sourire crispé.
‒ Je ne m’attendais pas à vous rencontrer ce soir, commença l’académicien, la main posée sur le pommeau de son épée. Mais c’est tant mieux. Maître Hugo, poursuivit-il en posant sur le « maître » une inflexion sarcastique, l’accoutrement de notre bien-aimé Roi Charles X ne fonctionne plus à son entière satisfaction. Il serait bon que vous vous en inquiétiez dans les meilleurs délais…
Victor Hugo inclina le buste en une révérence délicate.
‒ Le confort de mon Roi est ma priorité, Monsieur Brifaut. Je m’annoncerai demain aux premières heures dans les appartements de notre Souverain.
Non content de renouer avec la tradition du sacre lors de son accession au trône, Charles X avait ajouté au cérémonial de l’Ancien Régime, outre les sept onctions et les serments sur les Évangiles, la pose d’un accoutrement saisissant : deux ailes d’ange mécaniques composées de plumes d’argent serties de pierres précieuses, se déployant avec l’envergure d’une roue de paon. L’effet était extraordinaire sur l’assemblée, mais le poids du dispositif avait nécessité l’arrimage de l’accoutrement dans les omoplates et les hanches du monarque. Or Charles X n’était plus tout jeune et les ailes mécaniques avaient tendance à meurtrir ses chairs. Le moindre déséquilibre dans la configuration des engrenages était source du plus vif inconfort pour le monarque.
‒ Fort bien, conclut Brifaut en faisant mine de prendre congé. Ainsi, le Roi pourra vous annoncer lui-même que la commission de censure a décidé d’interdire votre automate grotesque, le Marion DeLorme, dans les murs de ce théâtre.
Les épaules de Victor Hugo s’affaissèrent sous le poids de la phrase lâchée par l’académicien avec une fausse désinvolture et un plaisir manifeste.
‒ Qu’avez-vous dit, Brifaut ?
Le président de la commission de censure ne boudait pas son plaisir.
‒ J’ai dit que votre grotesque automate ne se produira pas au Théâtre-Français. Le Roi n’en veut pas. Et vous, Dumas, ne vous méprenez pas. Votre courte heure de gloire en février avec l’automate Henri III n’était qu’une anomalie dans un système où le classicisme triomphera toujours.
Brifaut se délectait de la situation, passant du visage atterré de Victor Hugo à celui consterné d’Alexandre Dumas.
‒ Faites-vous une raison, conclut-il d’une voix cassante. Vos petites créations romantiques ne sont bonnes que pour le théâtre de la Porte-Saint-Martin. Elles n’ont leur place ni ici, ni à l’Opéra, ni à l’Odéon. Bonsoir, Messieurs.
Malgré tout le respect que Victor Hugo avait pour le travail d’orfèvre des fausses feuilles d’olivier montant le long du cou de Brifaut, il avait une furieuse envie de les écraser sous ses doigts en étranglant l’académicien. Dumas posa sur son épaule une main qui se voulait réconfortante. Hugo lui jeta un regard dans lequel brillaient la rage et le défi.
‒ Je n’abandonnerai pas, Alexandre. Je n’abandonnerai jamais.
Puis il tourna les talons et quitta le Théâtre-Français.
(2 - Gaspar-Félix (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg272815.html#msg272815))
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Steampunkuuuuu, c'est parti :D
Et déjà fini. Bon, la suite, vite. L'univers est trop cool, j'adore. J'ai pas de mauvaises remarques à faire vu que mon kiffage surpasse toute éventuelle pinaillerie (et puis il se fait tard).
Non vraiment, pleins de bonnes idées.
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où l’on donnait ce soir Phèdre de Jean Racine.
chipotage ultime : Phèdre à mettre en italique :huhu:
Les deux hommes se saluèrent d’un hochement de tête trop appuyé pour être sincère
J'adore : on visualise tellement bien !
en posant sur le « maître » une inflexion sarcastique,
Joli aussi :)
et les serments sur les évangiles
Majuscule à Evangiles
deux ailes d’ange mécaniques composées de plumes d’argent serties de pierres précieuses, se déployant avec l’envergure d’une roue de paon. L’effet était extraordinaire sur l’assemblée, mais le poids du dispositif avait nécessité l’arrimage de l’accoutrement dans les omoplates et les hanches du monarque. Or Charles X n’était plus tout jeune et les ailes mécaniques avaient tendance à meurtrir ses chairs. Le moindre déséquilibre dans la configuration des engrenages était source du plus vif inconfort pour le monarque.
J'ai pas compris si c'était un dispositif temporaire, ou permanent (auquel cas, bonjour la galère pour dormir :D)
(à suivre... si cela intéresse quelqu'un!)
Ben oui, et comment !
Comme tu as pu le remarquer, j'ai rien eu à relever sur le style : c'est impeccable, je trouve :)
Sur le fond, c'est qu'un début donc c'est dur à dire, mais j'ai trouvé ça prenant, immersif et intrigant, donc tout bon ! :) J'aime bien l'ambiance XIXe qui s'en dégage, mâtinée de steampunk :)
La suite, la suite !
(c'est long comment ?)
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Impressionnant, ce début, tant au niveau du style que de l'univers (je ne connais rien au steampunk, je ne sais même pas si ça en est, mais j'ai adoré m'asseoir dans ce théâtre d'automates et le fait que l'humain reste au premier plan de ton texte). Un roman qui commence comme ça, je l'achète.
H.
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Ce n'est pas tant pour ce texte que je commente mais pour sa suite.
Je n'ai pas forcément été conquis dès les premières phrases (bien que certaines relevées sont savoureuses) mais la fin arrive bien trop vite à mon goût.
On entre bien dans l'histoire, on imagine cette scène, ce théâtre.
J'adhère!
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Très chouette texte ! On entre très facilement dans l'univers, dont la description est très digeste et plaisante. J'ai beaucoup aimé la complicité entre Hugo et Dumas, j'espère les voir faire les 400 coups tous les deux :mrgreen:
Juste une remarque...
ils entrèrent dans la loge du rez réservée aux automaticiens
Il manquerait pas un petit quelque chose après "rez" ? J'ai jamais vu ce mot tout seul :-[
Moi aussi j'attends la suite ! :D
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Retour en force d'Algache !
Je rejoint entièrement les autres : j'ai adoré ! Et je ne sais même pas ce qu'est un steampunk ! Du coup, voici mon avis d'amateur inculte: créer un monde imaginaire similaire à celui de la science-fiction, se déroulant dans le passé, c'est juste trop paradoxal et trop cool _/-o_
Et c'est d'autant plus déroutant, que je suis moi-même en train d'écrire un texte, suite à un défi lancé par Loïc, qui revisite justement une époque ancienne dans un univers futuriste ! Je me suis même inspiré d'une des personnes que tu cites dans ton texte ! Et le pseudo de l'un de tes commentateurs rappelle fortement l'univers futuriste que j'exploite :\?
Que de coïncidences, vraiment !
Mais pour revenir à ton texte : chapeau bas, mon vieux, du très bon boulot et vivement la suite !
Il serait bon que vous vous en inquiétiez dans les meilleurs délais…
J'apprécie tout particulièrement cette réplique. Quelle belle ironie ! Et quelle belle plume tu as, pour avoir su reproduire à merveille le ton et le type de discours de la belle époque !
Vraiment, congratulations, quoi, je te tire mon chapeau :mafio:
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Et je ne sais même pas ce qu'est un steampunk ! Du coup, voici mon avis d'amateur inculte: créer un monde imaginaire similaire à celui de la science-fiction, se déroulant dans le passé, c'est juste trop paradoxal et trop cool _/-o_
Le steampunk, c'est des histoires qui se passent dans une ambiance XIXe siècle avec pour pointe de science-fiction une technologie un peu rétro : automates, machines à vapeur, engrenages, etc.
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La routine quoi :D
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Merci à toutes et tous d'être passés au Théâtre-Français! Je suis ravi que cette entame de récit vous ait plu et me réjouis de partager la suite avec vous!
@Milora
J'ai d'ores et déjà corrigé les coquilles que tu as relevées.
(c'est long comment ?)
Cela restera un texte court, en principe 4 parties de taille plus ou moins égales.
@Holden:
(je ne connais rien au steampunk, je ne sais même pas si ça en est, mais j'ai adoré m'asseoir dans ce théâtre d'automates et le fait que l'humain reste au premier plan de ton texte).
Trop content que tu l'interprètes ainsi! C'est vrai qu'il est parfois difficile de définir tous ces genres et sous-genres... Dans le fond, il faut rester cohérent sans sombrer dans le dogmatisme. J'ai bien aimé la définition de steampunk donnée par Milora; elle ouvre plein de possibilités plutôt que d'enfermer le récit dans un carcan trop strict.
@Le Portier:
On entre bien dans l'histoire, on imagine cette scène, ce théâtre.
Merci! J'espère réussir à maintenir cette visualisation dans la suite.
@Yöda:
ils entrèrent dans la loge du rez réservée aux automaticiens
Il manquerait pas un petit quelque chose après "rez" ? J'ai jamais vu ce mot tout seul.
Tu sèmes le doute dans mon esprit... Du coup, j'ai modifié la phrase pour le faire disparaître, afin qu'il ne distrait pas inutilement le lecteur.
@extasy:
Retour en force d'Algache !
Algache is baaaaaaaack! (à prononcer sous forme de bêlement de mouton)
Et c'est d'autant plus déroutant, que je suis moi-même en train d'écrire un texte, suite à un défi lancé par Loïc, qui revisite justement une époque ancienne dans un univers futuriste ! Je me suis même inspiré d'une des personnes que tu cites dans ton texte !
Je me réjouis déjà de lire ce texte! :bouquine:
@WEG
Et déjà fini. Bon, la suite, vite.
Et voici la deuxième partie (message suivant)! Je vais faire en sorte de finir rapidement les parties 3 et 4 pour les poster en début de semaine prochaine.
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Texte court en quatre parties:
1 - Le Théâtre-Français (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg272503.html#msg272503)
2 - Gaspar-Félix (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg272815.html#msg272815)
3 - 25 février 1830 (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg273223.html#msg273223)
4 - Un futur imprévisible (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg274126.html#msg274126)
2.
Quelques jours plus tard, Victor Hugo travaillait dans son atelier de la rue Notre-Dame-des-Champs avec un manque d’entrain qui ne lui ressemblait pas. Le local était éclairé par une lampe à gaz dont l’artisan-mécanicien avait à peine ouvert la vanne. Le combustible s’échappant du bec était juste suffisant pour alimenter une flamme anémique, incapable de chasser les ombres dans les coins de la pièce.
La visite d’un homme ventru accompagné d’un gamin mal fagoté sortit Hugo de sa langueur ombrageuse.
‒ Balzac ! s’écria-t-il avec enthousiasme. Quelle heureuse surprise !
Il quitta son plan de travail pour tourner la manivelle en bronze de la lampe. Le gaz s’échappa avec un sifflement et stimula la flamme qui put enfin éclairer la pièce d’une franche lumière dorée.
‒ Et qui est ce jeune homme qui te sert d’escorte ?
‒ Il s’appelle Gaspar-Félix, répondit Balzac en ébouriffant la tignasse rousse du garçon. Ce gamin a des idées stupéfiantes dont je me ferais bien l’écho dans la Revue des Deux Mondes, si je ne craignais qu’on me prenne pour un fou !
‒ Vraiment… répondit Hugo en portant son attention sur l’épais boîtier circulaire que le garçon avait sanglé autour de son avant-bras avec une grossière lanière de cuir. C’est une drôle d’horloge que tu portes là, petit. Elle ne possède qu’une seule aiguille…
‒ Ce n’est pas une horloge, m’sieur, répondit Gaspar-Félix, nullement impressionné. C’est un baromètre, dar.
Victor Hugo haussa les sourcils.
‒ Un baromètre ? Je n’ai jamais vu de baromètre ressemblant à une horloge… Aurais-tu réinventé le tube de Torricelli ? Qu’y a-t-il à l’intérieur : du mercure, de l’eau, du gaz ?
‒ Rien.
‒ Rien ?
‒ Un vide d’air. Les parois de la capsule sont maintenues écartées par un ressort. La pression atmosphérique appuie plus ou moins sur la boîte et fait tourner l'aiguille sur le cadran.
Hugo se tourna vers Balzac, lequel se contenta de sourire sous sa moustache frétillante :
‒ Je te l’ai dit, Victor. Le gamin a des idées saisissantes.
Hugo hocha la tête, songeur. Balzac le sortit de ses réflexions :
‒ Dumas m’a parlé de tes déboires avec Brifaut...
‒ Ça… soupira Hugo en caressant la joue de métal de l’automate sur lequel il travaillait. Figure-toi que la commission de censure interdit ma Marion au Théâtre-Français… J’ai essayé d’infléchir le Roi pendant que je réparais son accoutrement. Sais-tu ce qu’il a proposé en contrepartie ? Tripler ma pension !
Balzac, toujours à court d’argent, fit une moue qui semblait juger l’offre de Charles X recevable. Hugo secoua la tête avec dépit.
‒ Peu m’importe l’argent, Balzac, c’est le triomphe des idées que je vise ! Ils ne veulent pas de Marion ? Soit. Je commence demain un nouvel automate, un prodige qui sera à la fois sublime pour les tragédies et grotesque pour les comédies ! Je le doterai de deux moteurs : un pour la synthèse des alexandrins duodécimaux et un pour la synthèse de la prose en base libre. Cet automate sera universel ; presque humain !
Balzac acquiesça d’un air distrait. Il semblait ruminer le refus d’Hugo de voir sa pension triplée.
‒ Je vois… répondit-il avec détachement. Nous autres falotiers n’avons pas la même relation aux automates que vous, les automaticiens, mais je soutiens ta démarche.
Victor Hugo lui jeta un regard courroucé :
‒ Comment peux-tu comparer la grâce, la délicatesse de nos automates avec vos frustes lanternes magiques, ces espèces de chaudières fuligineuses à peine capables de projeter une image tremblotante ?
Plutôt que de prendre ombrage de cette critique, Balzac s’en amusa.
‒ Certes, Victor, les lanternes n’ont pas la sophistication des belles mécaniques, mais elles cherchent une autre vérité : à la complexité de vos engrenages, nous opposons la pureté de l’immatériel... Un jour viendra où l’on projettera des images d’un réalisme tel qu’il sera difficile de distinguer le vrai de l’artificiel.
Hugo leva les yeux au ciel. Pour lui, les falotiers n’étaient que des allumeurs de réverbères qui enfumaient les salons de la petite noblesse avec leurs lanternes projetant des paysages naïfs peints sur des plaques de verre. Ils avaient une conception de l’esthétisme aussi lamentable que les classiques.
‒ Gaspar-Félix a d’ailleurs des idées remarquables dans ce domaine, ajouta Balzac.
Hugo reporta son attention sur le garçon, qui observait avec circonspection les rouages d’une main de cuivre ouverte sur l’établi de l’automaticien.
‒ C’est pour régler les lanternes de Balzac que tu portes un baromètre au poignet, petit ?
‒ Non m’sieur, répondit le gamin en se retournant. Je l’utilise comme altimètre, dar.
Victor Hugo eut un hoquet de surprise.
‒ Comme altimètre ? A quoi cela peut-il bien te servir, sinon t’assurer que Montmartre est le point le plus haut de Paris ?
En guise de réponse, Gaspar-Félix se contenta d’esquisser un demi-sourire narquois.
‒ Le gamin vise plus haut que Montmartre, répondit Balzac sur le ton de l’évidence. Il s’est mis en tête de construire un ballon pour flotter au-dessus de Paris. Qui sait ? Peut-être même voyager au-delà de l’Europe ?
Victor Hugo ouvrit la bouche, la referma, l’ouvrit encore, comme le font ceux que la surprise rend momentanément muets.
(3 - 25 février 1830 (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg273223.html#msg273223))
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Je le doterai de deux moteurs : un pour la synthèse des alexandrins duodécimaux et un pour la synthèse de la prose en base libre.
lol
La guilde des falotiers, ces allumeurs de réverbères qui enfumaient les salons de la petite noblesse avec leurs lanternes projetant des paysages naïfs peints sur des plaques de verre, avait une conception de l’esthétisme aussi lamentable que les classiques.
Ouh là, elle est un peu rude, cette phrase ; j'ai perdu mon souffle (et le fil) au milieu. Peut-être qu'en la scindant, ça passerait mieux ?
A quoi cela peut-il bien te servir, sinon t’assurer que le cimetière de Belleville est le point le plus haut de Paris ?
C'est pas Montmartre ?
Et - attention, parenthèse chipoteuse historienne sans intérêt - sous Charles X, ça faisait partie de Paris, Belleville...?
Victor Hugo ouvrit la bouche, la referma, l’ouvrit encore, comme le font les poissons et ceux que la surprise rend momentanément muets.
J'aime pas trop cette phrase, ça fait un peu trop "attention, expression comique !", à mon goût.
Ben, j'aime toujours ! :) Le style, l'ambiance, les petits clins d'oeil à des choses connues, mais détournées, réinventées...
J'ai hâte de lire la suite ! :bonpublic:
(Mais peut-être que je devrais lire Hernani pour encore mieux apprécier...?)
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Salut !
Je n'ai lu que la première partie :-[ mais j'ai adoré ! Le steampunk permet une nouvelle interprétation du XIXe tout en faisant écho au combat d'Hugo contre les règles du classicisme ! Bravo :)
À bientôt pour la suite ;)
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Bonjour, j'arrive !
s’étaient approprié attention à l'accord, d' accord ?
Ce texte est comme je les aime : foutraque, documenté, pas trop sérieux, bien écrit en plus.
Attention aux chevilles, Algache, mais c'est tout bon !
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Hey hey! Merci de votre passage, Milora, Zagreos et Georges!
Je vais corriger ce que vos yeux aiguisés ont détecté en même temps que je posterai la troisième partie (demain lundi).
@Milora:
A quoi cela peut-il bien te servir, sinon t’assurer que le cimetière de Belleville est le point le plus haut de Paris ?
C'est pas Montmartre ?
Et - attention, parenthèse chipoteuse historienne sans intérêt - sous Charles X, ça faisait partie de Paris, Belleville...?
Mais j'aime quand tu chipotes! Surtout si je veux maintenir l'illusion d'avoir fait quelques recherches historiques... :) Va me falloir vérifier tout ça à tête reposée.
Victor Hugo ouvrit la bouche, la referma, l’ouvrit encore, comme le font les poissons et ceux que la surprise rend momentanément muets.
J'aime pas trop cette phrase, ça fait un peu trop "attention, expression comique !", à mon goût.
C'est marrant que tu relèves ça. J'avais ajouté le poisson au tout dernier moment. A la relecture, je constate qu'il n'a effectivement pas sa place ici. Du coup je l'ai relâché en eaux profondes...
(Mais peut-être que je devrais lire Hernani pour encore mieux apprécier...?)
La pièce, pas forcément (bien que c'est toujours sympa d'avoir une excuse de lire Hugo...). Par contre, c'est vrai que j'ai essayé de coller à une certaine réalité historique dans mon interprétation steampunk des événements liés à la première d'Hernani...
@Zagreos:
Le steampunk permet une nouvelle interprétation du XIXe tout en faisant écho au combat d'Hugo contre les règles du classicisme !
Je suis vraiment ravi de ton inteprétation, parce qu'elle correspond bien à l'idée du texte!
@Georges:
s’étaient approprié attention à l'accord, d' accord ?
Oui, m'sieur!
Bon, ben, j'espère que la suite et fin vous plairont aussi! :)
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Mais j'aime quand tu chipotes! Surtout si je veux maintenir l'illusion d'avoir fait quelques recherches historiques... :) Va me falloir vérifier tout ça à tête reposée.
Du coup, réflexe d'historienne, j'ai vérifié (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1985_num_40_5_283224_t1_1125_0000_001). Apparemment, Belleville n'est annexée à Paris qu'en 1860 ^^
J'avais ajouté le poisson au tout dernier moment. A la relecture, je constate qu'il n'a effectivement pas sa place ici. Du coup je l'ai relâché en eaux profondes...
:D :D
La pièce, pas forcément (bien que c'est toujours sympa d'avoir une excuse de lire Hugo...). Par contre, c'est vrai que j'ai essayé de coller à une certaine réalité historique dans mon interprétation steampunk des événements liés à la première d'Hernani...
Ok, ça c'est bon, je connais *s'essuie le front*
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Salut !
J'ai lu la partie deux, toujours aussi bien ;) Tu arrive à retranscrire la divergence d'idée entre Hugo et Balzac avec une comparaison steampunk, bravo ! :D
A bientôt pour la suite !
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Bonjour Algache,
Je ne suis pas une très grande fan du steampunk, mais ton écriture est plaisante et accrocheuse. Tu oscilles entre Verne, Bouvard et Pécuchet et GéoTrouveTout. Cependant je me demande jusqu'où cela peut aller. Cela ferait peut-être un excellent scénario pour une bd de type "Le réseau Bombyce" de Corbeyran, si d'aventure tu saupoudrais ton oeuvre d'un zeste de suspense et d'un rien de smog et de terreur. Il te manque encore peut-être parmi tes personnages une sorte de professeur Moriarty pour nous donner quelques frissons.
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@Milora:
Du coup, réflexe d'historienne, j'ai vérifié (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1985_num_40_5_283224_t1_1125_0000_001). Apparemment, Belleville n'est annexée à Paris qu'en 1860 ^^
:calin: Merci Milora! J'y vais pour Montmartre, alors?
@Zagreos:
J'ai lu la partie deux, toujours aussi bien ;) Tu arrive à retranscrire la divergence d'idée entre Hugo et Balzac avec une comparaison steampunk, bravo ! :D
Chic, un connaisseur! :)
@Aurélie:
Cela ferait peut-être un excellent scénario pour une bd de type "Le réseau Bombyce" de Corbeyran, si d'aventure tu saupoudrais ton oeuvre d'un zeste de suspense et d'un rien de smog et de terreur. Il te manque encore peut-être parmi tes personnages une sorte de professeur Moriarty pour nous donner quelques frissons.
Fichtre, mais c'est tout un programme que tu me proposes là, Aurélie!
Pour Moriarty (personnage que j'affectionne tout particulièrement pour avoir rendu célèbres les chutes du Reichenbach de ma Suisse natale...), il faudra se contenter de l'académicien Brifaut sur ce coup-là... Cela dit, Victor Hugo contre Moriarty, ça ferait une bonne histoire aussi!
Bon, j'ai apporté quelques adaptations aux deux premières parties sur la base de vos commentaires éclairés. La troisième partie, c'est... maintenant!
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Texte court en quatre parties:
1 - Le Théâtre-Français (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg272503.html#msg272503)
2 - Gaspar-Félix (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg272815.html#msg272815)
3 - 25 février 1830 (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg273223.html#msg273223)
4 - Un futur imprévisible (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg274126.html#msg274126)
3.
Hugo tint parole. Entre août et septembre, il travailla d’arrache-pied à la construction d’un nouvel automate, plus élaboré que Marion. Il l’appela Hernani, et le présenta à un cercle restreint d’automaticiens, parmi lesquels figuraient Alexandre Dumas, Théophile Gautier et Gérard de Nerval.
Les réactions furent à la fois enthousiastes et inquiètes : Brifaut avait fait interdire Marion au Théâtre-Français. Or l’esthétique de ce nouvel automate brouillait encore plus les genres. Il était capable de déclamer des vers en alexandrins, décasyllabes, octosyllabes ou en prose, dans des strophes isométriques et hétérométriques, avec des timbres de voix différents ; Hector Berlioz avait été d’une aide précieuse dans la conception des systèmes d’entraînement vocaux. Le visage de l’automate, en cuivre, en étain et en argent repoussé, pouvait simuler grâce à une complexité d’engrenages inégalée toute la gamme des sentiments de la tragédie, de la comédie, du vaudeville et du mélodrame romantique.
‒ Qu’est-ce qui te fait croire que Brifaut ne va pas interdire Hernani, comme il a interdit Marion ? demanda Dumas.
‒ Dois-je te rappeler, répondit Hugo, que les opérateurs du Théâtre-Français, ennuyés de manipuler les artifices simplistes des automates classiques, avaient accepté à l’unanimité d’intégrer Marion à leurs dioramas ? Le public ne se déplace même plus pour assister à ces pièces, tant elles sont usées. Il demande de la nouveauté, du modernisme ! Brifaut s’est investi personnellement pour interdire Marion, mais le gouvernement n’osera pas refuser coup sur coup deux automates que réclame la volonté populaire.
‒ D’accord, répondit Dumas. Hernani sera autorisé. Mais Brifaut s’y entend pour chahuter les pièces qu’il n’aime pas. Comment éviteras-tu que ton nouvel automate ne soit tourné en ridicule ?
Un sourire illumina le visage d’Hugo, ravi de la question.
‒ C’est là que vous intervenez, mes chers amis ! lança-t-il en ouvrant grands les bras. Ensemble, nous allons monter une armée, une grande armée romantique, qui occupera le terrain lors de la première !
Et c’est ainsi que, pendant les longues semaines de l’hiver 1829, alors que les falotiers utilisaient leurs lanternes magiques plus pour chauffer leurs ateliers mal isolés que pour projeter des images de verre peint, les amis proches de Victor Hugo arpentèrent les rues de Paris, les chantiers des ouvriers et les boutiques des mécaniciens pour enrôler des volontaires dans la légion romantique des automaticiens.
La première d’Hernani fut fixée au 25 février 1830. Hugo distribua à chacun de ses partisans un billet d'invitation nominatif, de couleur rouge, sur lequel était écrit le mot hierro, qui en espagnol signifie le fer et devait constituer leur signe de ralliement. Ce terme symbolisait aussi l’arrivée d’un esthétisme nouveau dans le domaine des automates, l’ère du modernisme remplaçant le classicisme, tel l’âge du fer supplantant l’âge du bronze.
Le 25 février, l’armée romantique se présenta devant le Théâtre-Français en début d’après-midi et fit la queue devant la porte latérale du bâtiment. Brifaut, qui avait orchestré une cabale pour discréditer le nouvel automate d’Hugo, espérait que des échauffourées éclatent, obligeant la préfecture à disperser la foule des automaticiens. Certains employés favorables à l’ordre établi contribuèrent à leur façon au plan de l’académicien, en jetant depuis les balcons ordures et pièces détachées sur la valeureuse armée. Balzac, venu en ami, reçut en pleine figure un rouage qui lui écorcha le nez. Il se montra imperturbable et, à son exemple, les partisans d’Hugo restèrent stoïques avant d’entrer dans le théâtre.
Il leur restait plusieurs heures à patienter avant que n'arrivent les autres spectateurs. Dans la pénombre, on entendait le bruit sourd de la salle des machines, que les opérateurs commençaient à mettre sous pression. Pour tromper l’attente, les automaticiens sortirent de sous leurs gilets bouteilles et victuailles, qu'ils entreprirent de consommer sur place, affalés sur les banquettes.
Soucieux de maintenir l’intensité de ses troupes, Victor Hugo improvisa un ultime discours debout devant le rideau de la scène, nimbé d’un nuage de vapeur s’élevant des planches et lui conférant l'aura d’une divinité mythologique.
‒ La bataille qui va s'engager pour Hernani, lança-t-il d’une voix exaltée, est celle des idées, celle du progrès. C'est une lutte en commun. Nous allons combattre cette vieille mécanique crénelée, verrouillée… Ce siège est la lutte de l'ancien monde et du nouveau monde. Nous sommes tous du monde nouveau !
Cette brève harangue fut accueillie par les hourras d’adeptes acquis à la cause du grand artisan-mécanicien.
Lorsque les autres spectateurs pénétrèrent dans les loges, dans le frémissement des accoutrements se frottant métal contre métal, queues de manticore serties de pierres fines contre écailles de basilic aux reflets chamarrés, cornes cuivrées de minotaure pour les barons contre serpents articulés de Méduse pour les marquises, ils ne furent pas peu surpris du spectacle qu'offrait la légion romantique en contrebas.
On se provoqua de part et d’autre. On s’invectiva et on se houspilla. La petite noblesse retranchée dans les loges se gaussait des gilets rouges des artisans-mécaniciens, lesquels raillaient les appendices mécaniques de leurs contradicteurs. Mais bientôt le rideau se leva. Le diorama sur scène représentait une chambre à coucher. Etincelants sous la lumière des lampes à gaz, les automates Hernani firent leur entrée et prononcèrent leurs premiers vers : « Serait-ce déjà lui ? C’est bien à l’escalier dérobé. Vite, ouvrons. »
Il y a eu du chahut ce soir-là. Des objets furent jetés sur la scène, quelques machines furent endommagées. A l’acte III, l’automate jouant Don Gomez souffrit d’un dysfonctionnement au beau milieu d’une tirade. Plutôt que de le laisser aphone au milieu de la scène, son mécanisme de secours lui fit interrompre sa phrase d’un « j’en passe et des meilleurs » qui ne passa pas inaperçu. Le monologue de Don Carlos devant le tombeau de Charlemagne fut acclamé. Les somptueux décors du cinquième acte, articulés par un enchevêtrement complexe de roues et de moulinets pour représenter une terrasse du palais d’Aragon avec ses arcades moresques, les jets d’eau du jardin et les bosquets illuminés, impressionnèrent le public dans son ensemble. À la fin de la pièce, les ovations succédèrent aux ovations et les automates furent acclamés.
Lorsque l’armée romantique porta Victor Hugo en triomphe, la petite noblesse avait quitté le théâtre depuis bien longtemps. Seul Brifaut était resté, le corps raidi par la fureur, avec dans les yeux une étincelle ardente allumant le ferment de la vengeance.
(4 - Un futur imprévisible (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg274126.html#msg274126))
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Salut !
Vraiment, j'adore ton texte ! C'est historique, steampunk, respectant le combat de l'auteur et transformant certains faits historiques pour qu'ils se plient à la réalité du steampunk, permettant d'avoir un rendu plus imagé, bravo ! (je suis pas très constructif quand j'aime :-¬?)
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Merci de poursuivre l'aventure, Zagreos!
Suite et fin tout prochainement! :)
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avaient acceptés à l’unanimité d’intégrer Marion à leurs dioramas ?
accepté
des automates classiques, avaient acceptés à l’unanimité d’intégrer Marion à leurs dioramas ? Le public ne se déplace même plus pour assister aux pièces classiques, tant elles sont usées.
répétition de "classique"
Don Gomez souffrit d’un dysfonctionnement et bascula en mode dégradé au beau milieu d’une tirade, interrompue d’un « j’en passe et des meilleurs » qui ne passa pas inaperçu.
Je crois que j'ai pas bien compris (mais c'est peut-être dû à ma fatigue...)
Toujours aussi fluide, j'ai envie de savoir la suite - et fin ! :)
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Salut Algache !
C'est parti !
Victor Hugo et Alexandre Dumas descendirent à la hâte du fiacre mécanique qui venait de s’arrêter en face du Théâtre-Français, après avoir sillonné Paris à toute allure.
ça fait peut-être un peu trop d'infos en gros résumé pour une première phrase. après pourquoi pas mais là c'est le premier truc que je lis donc une phrase d'accroche qui percute, intrigue, ou sonne, serait mieux je trouve pour accrocher... Ne serait-ce qu'un truc qui claque sur le bruit du fiacre mécanique, pour poser l’ambiance direct ?
Sur le toit de l’illustre bâtiment, les bouches de ventilation crachaient la vapeur sale des souffleries tournant à plein régime.
Les deux artisans-mécaniciens pénétrèrent dans l’illustre bâtiment au moment où retentissait la sonnerie invitant les retardataires à gagner leurs sièges.
répétition
Personne d’autre ne s’y trouvait, aussi s’arrogèrent-ils les meilleures places du premier rang, celles permettant de s’accouder sur le rebord lorsque le spectacle devenait trop ennuyeux.
au ?
Jadis réservée aux aristocrates, la pose d’un accoutrement relevait d’un rituel que les immortels de l’Académie française s’étaient appropriés avec la bénédiction de Napoléon.
pas compris. le port ?
Leur accoutrement se composait d’un double entrelac d’écailles de cuivre jaune et de laiton vert, symbolisant des feuilles d’olivier naissant à la base de chaque clavicule et grimpant de part et d’autre du cou jusque derrière les oreilles.
bcp de participes présents, ça alourdit...
En outre, un dispositif était inséré dans la cuisse de l’immortel, avec une boucle à hauteur de hanche dans laquelle l’académicien pouvait glisser son épée cérémoniale.
dans ? dans la chair tu veux dire ? :o
Non content de renouer avec la tradition du sacre lors de son accession au trône, Charles X avait ajouté au cérémonial de l’Ancien Régime, outre les sept onctions et les serments sur les Évangiles, la pose d’un accoutrement saisissant : deux ailes d’ange mécaniques composées de plumes d’argent serties de pierres précieuses, se déployant avec l’envergure d’une roue de paon.
ah oui donc c'est bien "pose" pour dire que les mécaniques sont chirurgicalement intégrées au corps ! aïe !
je suis bien dedans là, ce début me plait, l'ambiance est là, c'est plutôt fluide, cool cool quoi ! partie 2 donc...
‒ Vraiment… répondit Hugo en portant son attention sur l’épais boîtier circulaire que le garçon avait sanglé autour de son avant-bras avec une grossière lanière de cuir.
je verrais plutôt lanière de cuir grossière :\?
Victor Hugo ouvrit la bouche, la referma, l’ouvrit encore, comme le font ceux que la surprise rend momentanément muets.
j'aime bien, très visuel ^^
bon partie 2 lu, toujours prise dans l'historie, tu nous annonces une montgolfière ou un dirigeable en + :coeur: :coeur:
il doit me manquer une référence ou connaissance par contre pour les "dar", c'est quoi ?
partie 3 :
nimbé d’un nuage de vapeur s’élevant des planches et lui conférant la stature d’une divin
stature est vraiment adapté ? aura ?
Lorsque les autres spectateurs pénétrèrent dans les loges, dans le frémissement des accoutrements se frottant métal contre métal, queues de manticore serties de pierres fines contre écailles de basilic aux reflets chamarrés, cornes cuivrées de minotaure pour les barons contre serpents articulés de Méduse pour les marquises, ils ne furent pas peu surpris du spectacle qu'offrait la légion romantique en contrebas.
ahaha tes descriptions des persos "accoutrés" me font rêver de voir des illustrations de ton texte ! excellent ^^
Don Gomez souffrit d’un dysfonctionnement et bascula en mode dégradé au beau milieu d’une tirade, interrompue d’un « j’en passe et des meilleurs » qui ne passa pas inaperçu.
comme milora, pas compris, mais je suppose qu'il me manque une référence culturelle ?
hop là, tout lu !
donc c'est fluide, l'ambiance et les perso sont bien posés. On sent que tu as bossé le truc, c'est précis, je pense que malheureusement pour moi je rate certaines subtilités d'ailleurs, par manque de culture :'(
Donc bravo, merci pour el bon moment et... La suite !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ^^
Milla
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Hey Milla!
Je suis à la fois ravi et terrifié par ta visite: qu'est-ce que Nox, chasseuse nocturne qui est aux répétitions ce que Van Helsing est aux vampires, va bien pouvoir chasser sur mes terres ce soir? :aah:
Sur le toit de l’illustre bâtiment, les bouches de ventilation crachaient la vapeur sale des souffleries tournant à plein régime.
Les deux artisans-mécaniciens pénétrèrent dans l’illustre bâtiment au moment où retentissait la sonnerie invitant les retardataires à gagner leurs sièges.
répétition
Et voilà! Ca n'a pas tardé... :putainlafaute: Non mais franchement je sais pas s'il me manque un bout de cerveau quelque part... Elle est ENORME, la répétition, je lis, je relis, je relis encore et je NE LA VOIS PAS! Milla arrive, hop là, l'air de rien, survole le truc et vlan! deux paires de mises en gras, cinglantes comme deux paires de claques... :s
Cela dit, heureusement, je crois que c'est la seule répétition que tu as trouvée. Il y a donc du mieux depuis les mouches. :)
Leur accoutrement se composait d’un double entrelac d’écailles de cuivre jaune et de laiton vert, symbolisant des feuilles d’olivier naissant à la base de chaque clavicule et grimpant de part et d’autre du cou jusque derrière les oreilles.
bcp de participes présents, ça alourdit...
D'accord. J'en ai supprimé un pour alléger.
En outre, un dispositif était inséré dans la cuisse de l’immortel, avec une boucle à hauteur de hanche dans laquelle l’académicien pouvait glisser son épée cérémoniale.
dans ? dans la chair tu veux dire ? :o
Voui voui, bien profond dans les chairs >:D
il doit me manquer une référence ou connaissance par contre pour les "dar", c'est quoi ?
Hé! héhé. héhéhé... (rire idiot de l'auteur médiocre qui sent que la chute bientôt publiée va tout expliquer)
nimbé d’un nuage de vapeur s’élevant des planches et lui conférant la stature d’une divin
stature est vraiment adapté ? aura ?
J'aimais assez stature... mais aime encore plus aura! Adopté!
Don Gomez souffrit d’un dysfonctionnement et bascula en mode dégradé au beau milieu d’une tirade, interrompue d’un « j’en passe et des meilleurs » qui ne passa pas inaperçu.
comme milora, pas compris, mais je suppose qu'il me manque une référence culturelle ?
C'est le "mode dégradé" qui dérange? C'est effectivement peut-être un peu trop informatique... J'ai reformulé pour essayer d'ôter la confusion (A l’acte III, l’automate jouant Don Gomez souffrit d’un dysfonctionnement au beau milieu d’une tirade. Plutôt que de le laisser aphone au milieu de la scène, son mécanisme de secours lui fit interrompre sa phrase d’un « j’en passe et des meilleurs » qui ne passa pas inaperçu).
Donc bravo, merci pour el bon moment et... La suite !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ^^
Tout près! Je boucle ce soir ou demain matin au plus tard!
@Milora:
avaient acceptés à l’unanimité d’intégrer Marion à leurs dioramas ?
accepté
Corrigé!
des automates classiques, avaient acceptés à l’unanimité d’intégrer Marion à leurs dioramas ? Le public ne se déplace même plus pour assister aux pièces classiques, tant elles sont usées.
répétition de "classique"
Celle-là est peut-être moins flagrante que l'illustre bâtiment plus haut, mais je l'ai néanmoins corrigée aussi!
Merci à vous deux pour vos relectures détaillées!
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Mais, mais, comment une gentille comme moi peut faire peur ?? :s
Citation de: MillaNox le Hier à 16:55:33
Citer
Don Gomez souffrit d’un dysfonctionnement et bascula en mode dégradé au beau milieu d’une tirade, interrompue d’un « j’en passe et des meilleurs » qui ne passa pas inaperçu.
comme milora, pas compris, mais je suppose qu'il me manque une référence culturelle ?
C'est le "mode dégradé" qui dérange? C'est effectivement peut-être un peu trop informatique... J'ai reformulé pour essayer d'ôter la confusion (A l’acte III, l’automate jouant Don Gomez souffrit d’un dysfonctionnement au beau milieu d’une tirade. Plutôt que de le laisser aphone au milieu de la scène, son mécanisme de secours lui fit interrompre sa phrase d’un « j’en passe et des meilleurs » qui ne passa pas inaperçu).
alors le mode dégradé j'avais pas compris, oui. Et le "j'en passe et de meilleurs" a l'air d'avoir quelque chose de particulier, puisque ça ne passe pas inaperçu, amis j'ai pas compris quoi :-[ :-[
Puisque tu parles des mouches (que j'avais bien aimé), je dois dire deux choses :
-habitant à la campagne j'ai souvent des mouches mortes chez moi et à chaque fois je pense à toi, tu es donc OMNIPRESENTE dans ma vie algache! sache-le ! :D
-sur ce texte je sens effectivement une évolution de ton écriture depuis les mouches, de beaux progrès dans la fluidité, ça s'affine, tout ça :coeur: Bravo à toi !!
@+ ! ;)
Milla
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Sur le toit de l’illustre bâtiment, les bouches de ventilation crachaient la vapeur sale des souffleries tournant à plein régime.
Les deux artisans-mécaniciens pénétrèrent dans l’illustre bâtiment au moment où retentissait la sonnerie invitant les retardataires à gagner leurs sièges.
répétition
Et voilà! Ca n'a pas tardé... :putainlafaute: Non mais franchement je sais pas s'il me manque un bout de cerveau quelque part... Elle est ENORME, la répétition, je lis, je relis, je relis encore et je NE LA VOIS PAS! Milla arrive, hop là, l'air de rien, survole le truc et vlan! deux paires de mises en gras, cinglantes comme deux paires de claques... :s
:o La vache. J'ai lu ton texte avec attention et j'avais pas vu non plus la répétition !
Comme Milla, j'avais pas du tout compris l'histoire du dégradé. :-[
Je suis d'accord avec Milla : Les mouches était bien, mais dans ce texte-ci, on te sent encore plus à l'aise, y a rien qui cloche dans le style, c'est vraiment super :)
Je sais pas si ça peut t'intéresser, mais j'ai vu qu'y avait un AT steampunk pour le 22 juin : http://www.epopees.fictives.fr/#/316-antho-noire-steampunk
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Bonsoir Milla et Milora!
@MillaNox:
alors le mode dégradé j'avais pas compris, oui. Et le "j'en passe et de meilleurs" a l'air d'avoir quelque chose de particulier, puisque ça ne passe pas inaperçu, amis j'ai pas compris quoi :-[ :-[
Je te recommande vivement la lecture de ce bref article (https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/des-expressions-j-en-passe-et-des-meilleures/1349) qui t'expliquera tout de fort jolie manière.
J'ai vraiment pris plaisir dans ce texte à glisser des références à des événements historiques ou des traits de caractères des personnages, mais en les remaniant à la sauce steampunk. J'ai aussi fait attention à ce que le récit garde une certaine cohérence et un intérêt intrinsèque pour les lecteurs qu'Hugo ou Balzac n'intéressent pas plus que ça et qui ne seront donc pas réceptifs à ces références plus ou moins cachées.
Puisque tu parles des mouches (que j'avais bien aimé), je dois dire deux choses :
-habitant à la campagne j'ai souvent des mouches mortes chez moi et à chaque fois je pense à toi, tu es donc OMNIPRESENTE dans ma vie algache! sache-le ! :D
Mouahahaha! >:D
-sur ce texte je sens effectivement une évolution de ton écriture depuis les mouches, de beaux progrès dans la fluidité, ça s'affine, tout ça :coeur: Bravo à toi !!
Merci Milla, ça fait plaisir à lire! Les mouches étaient aussi une expérimentation dans le genre du récit enfantin, pas si facile que ça à maîtriser. Mais je ne regrette pas l'effort!
@Milora:
Je sais pas si ça peut t'intéresser, mais j'ai vu qu'y avait un AT steampunk pour le 22 juin : http://www.epopees.fictives.fr/#/316-antho-noire-steampunk
J'avais effectivement vu passer cet AT, mais je crains que mon récit ne réponde pas vraiment au critère de noirceur imposé... :(
Sinon, il y a le webzine Nouveau monde qui a aussi un AT steampunk ouvert (http://notre-nouveau-monde.blogspot.fr/2015/02/revue-litteraire-sfff-nouveau-monde-n11.html) qui pourrait faire l'affaire...
On va déjà commencer par finir le texte! :)
...ma tendre et chère a même conçu une e-couverture pour l'occasion:
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fi1380.photobucket.com%2Falbums%2Fah191%2Fleighwstuart%2FHernanismall_zpst8ufnnvs.png&hash=c4997511c1ea9af8f2735fa5793b64702cdde768)
C'est pas joli, ça? Thank you, Leigh! (http://www.wattpad.com/user/LeighWStuart)
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Texte court en quatre parties:
1 - Le Théâtre-Français (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg272503.html#msg272503)
2 - Gaspar-Félix (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg272815.html#msg272815)
3 - 25 février 1830 (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg273223.html#msg273223)
4 - Un futur imprévisible (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16831.msg274126.html#msg274126)
4.
Brifaut se tenait face à Hugo sur la scène quasi-déserte. L’entrelacement des feuilles d’olivier en cuivre jaune et laiton vert frémissait sur les veines du cou que gonflait la colère. Du bout des doigts, il tambourinait sur le pommeau de son épée d’académicien.
‒ Vous avez gagné une bataille, Hugo, mais la guerre sera longue ! Vous ne saisissez pas la portée de vos actes. Ce Théâtre est destiné à l’élite, à la tragédie, au sublime des automates classiques. Si vraiment vous tenez à éduquer le peuple, restez-en au grotesque d’un genre mineur et moins exigeant. Faites du mélodrame à la Porte-Saint-Martin avec votre attirail clinquant et tape-à-l’œil !
Hugo se contenta de dévisager Brifaut, s’arrogeant le droit du vainqueur à laisser le silence s’exprimer. Lorsqu’il le jugea bon, il ajouta simplement :
‒ Je fais un art élitaire pour tous, Monsieur Brifaut. Un théâtre destiné à la fois à l’élite et au peuple.
Le président de la commission de censure brandit un doigt accusateur sous le nez de l’artisan-mécanicien :
‒ Vous êtes dangereux, Hugo. Mais vous n’avez pas encore gagné.
Puis il se retira. Après son départ, deux silhouettes, l’une empâtée, l’autre courte sur pattes, se détachèrent des ombres de la salle Richelieu pour rejoindre l’automaticien.
‒ Cela me fait de la peine de l’admettre, dit Balzac en touchant d’un air distrait l’égratignure de son nez, mais je crains que notre ami Brifaut n’ait raison…
Hugo lui jeta un regard interrogateur, alors que Gaspar-Félix se glissait derrière lui pour observer les mouvements d’horlogerie du décor. Balzac poursuivit :
‒ Tes automates confinent au merveilleux, Victor, mais ne vois-tu pas que l’excès de sophistication de tes prodiges mécaniques, ce sera aussi leur chant du cygne ? Nous autres falotiers, avec nos lanternes magiques, jouons depuis longtemps sur la lumière plus que sur la matière, sur la projection plus que sur la construction. N’entends-tu pas sur quel terrain se jouera le futur ?
Hugo dévisagea Balzac en fronçant les sourcils.
‒ Je ne suis pas sûr de te comprendre, Honoré…
‒ Je ne sais pas encore l’exprimer moi-même, mais le futur sera... éthéré. Sans consistance. Immatériel. Des images sans lanterne, ou presque. Des acteurs sans automate.
Hugo saisit Balzac par les épaules :
‒ Mais tu es fou, mon ami ! Penses-tu que je n’ai pas suffisamment à faire avec Brifaut sur le dos ? Qui donc te met de pareilles idées dans la tête ?
Fidèle à son habitude, Balzac ne s’émut pas de la colère de l’artisan-mécanicien. Au contraire, il sourit et hocha la tête en direction de la scène. Hugo suivit son regard.
‒ Le gamin ?
Le falotier acquiesça.
‒ Gaspar-Félix a des idées stupéfiantes, Victor. Et le talent pour les réaliser. Il n’est pas seul. Lui et ses semblables formeront leur propre guilde. Nous autres, automaticiens, falotiers, ne seront qu’une parenthèse de l’histoire. Parle-lui, tu comprendras. D’ici quelques années, non content d’avoir envoyé des ballons dans le ciel, il aura conçu une machine capable de produire des toiles d’une fidélité saisissante, sans peinture ni pinceau ! Avant que tu ne meures, il aura probablement fait de toi un portrait qui te rendra immortel.
Le garçon, le baromètre toujours sanglé autour du poignet, s’était timidement approché des deux hommes.
‒ Comment peux-tu peindre des toiles sans peinture, petit ? lui demanda Hugo.
‒ En exposant une plaque de cuivre recouverte d’une couche d’argent à des vapeurs d’iode, dar, répondit Gaspar-Félix le plus naturellement du monde.
Hugo fronça les sourcils :
‒ De l’iodure d’argent ?
Le garçon hocha la tête. Hugo réfléchit quelques instants, avant de murmurer « après tout, pourquoi pas… »
‒ Comment t’appelles-tu, déjà ?
‒ Gaspar-Félix, m’sieur. Gaspar-Félix Tournadar.
‒ Tournadar ? répéta Hugo.
‒ Tournachon, corrigea Balzac. Mais ses amis le surnomment Tournadar, à cause de sa manie de rajouter la terminaison dar à la fin de ses phrases...
‒ J’aime bien Nadar, ajouta le garçon de sa voix fluette. C’est plus court, dar.
‒ Nadar… répéta Hugo d’un air pensif. C’est un bon pseudonyme.
Le gamin s’était replongé dans la contemplation d’un automate Hernani, cherchant à comprendre le fonctionnement de l’articulation des lèvres de métal. Hugo le laissa faire, bouche bée face à la simplicité désarmante de l’enthousiasme juvénile.
Quelques minutes auparavant, il pensait avoir mouché Brifaut et les classiques, donné l’impulsion qui le ferait marcher jusqu’au bout de sa carrière. Balzac l’avait aussitôt confronté à un gamin de dix ans dont les inventions éclipseraient peut-être les siennes.
‒ Le futur est une maîtresse cruelle et bien peu fidèle, murmura Hugo plus pour lui-même qu’à l’intention de son interlocuteur. A peine crois-tu qu’elle s’est donnée à toi que déjà elle s’offre à un plus jeune…
La métaphore sembla plaire à Balzac, qui répondit d’un sourire entendu.
‒ Dis-moi Nadar, reprit Hugo, après avoir conquis le ciel avec tes aéronefs et révolutionné la peinture avec de l’iodure d’argent, quels autres mondes comptes-tu explorer ?
Gaspar-Félix fit mine de réfléchir avant de répondre.
‒ Les catacombes et les égouts de Paris, dar.
La réponse du garçon arracha un nouveau hoquet de surprise à Hugo. Nadar se sentit obligé de préciser :
‒ En maîtrisant la combustion de la poudre de magnésium, je pense mettre au point une technique d’éclairage sous-terraine. Les gens ont peur des catacombes et des égouts parce qu’il y fait toujours sombre. Mais nous devons apprivoiser le monde qui se trouve sous nos pieds...
‒ Et pourquoi donc ?
‒ Un jour, on inventera un circuit sous-terrain par lequel nous échangerons des informations bien plus vite qu’en surface, dar !
Hugo se gratta la tête et fronça les sourcils.
‒ Quel genre de circuit ? Une nouvelle forme de canalisation ?
Le jeune Nadar, ravi de l’attention que lui accordait l’illustre artisan-mécanicien, se balançait d’un pied sur l’autre.
‒ En quelque sorte. Mais plus que la canalisation, c’est son contenu qui sera à l’origine d’une nouvelle Révolution. Imaginez, m’sieur Hugo, un de vos automates ici-même au Théâtre-Français et un autre à l’Odéon, connectés par cette canalisation et capables d’interagir, chacun sur sa propre scène ! Ne serait-ce pas inouï ?
Hugo échangea avec Balzac un regard dans lequel se lisait une admiration qu’il n’accordait pas à la légère.
‒ De même, renchérit Balzac, imagine deux lanternes magiques connectées de la même manière, capables de synchroniser leurs projections à des kilomètres de distance…
‒ Non, murmura Hugo les yeux dans le vague, comme si les révélations de Nadar venaient d’ouvrir un nouveau champ de réflexion, encore en friche mais porteur des germes d’une immense fertilité. Non, répéta-t-il, l’enjeu n’est pas l’échange entre automates ou entre lanternes, Honoré… L’enjeu du réseau dont nous parle Nadar… C’est l’échange des idées !
Hugo fut pris d’une irrépressible envie de rire qu’il ne chercha nullement à contenir. Surpris par cette hilarité soudaine, le jeune Nadar se tourna vers Balzac, qui haussa les épaules et se mit à rire lui aussi.
Victor Hugo ébouriffa la tignasse du gamin. Le futur n’était pas seulement cruel et infidèle : il était complètement imprévisible.
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Me voilà maintenant que tu as tout posté !
‒ Jamais je ne m’habituerai à voir Brifaut porter l’accoutrement des académiciens, souffla Hugo.
La décision de Louis XIV de supprimer les acteurs humains peu après la création de la Comédie-Française avait donné naissance au métier d’artisan-mécanicien, puis à la guilde des automaticiens.
hm, expliquer en une ligne pourquoi ? quitte à expliquer des choses... :P
« Que malgré les complots d'une injuste famille, son amante aujourd'hui me tienne lieu de fille »[/i] scellant la fin de Phèdre, les rares spectateurs de la salle Richelieu se retrouvèrent dans le foyer.
une petite italique ?
Avant que tu ne meures, il aura probablement fait de toi un portrait qui te rendra immortel.
je ne sais pas si c'est une bonne idée de finir la réplique sur cette phrase vu que la peinture permet déjà de rendre quelqu'un immortel
J'ai trouvé l'ensemble très fluide et la lecture assez agréable.
Je pense que le récit marche plutôt bien même si perso, je trouve que plonger l'événement dans l'univers steampunk n'apporte pas ici beaucoup. Ou plutôt je ne comprends pas toujours tes oppositions : par exemple, je ne vois pas trop en quoi planter un truc dans la cuisse des classiques les oppose aux romantiques avec leurs gilets rouges. J'ai eu du mal aussi avec tes oppositions Balzac/ Hugo, tu les opposes sur quel point en fait ? (à part la mention de l'argent bien sûr). J'ai aussi un peu de mal avec le fait de placer le fait de voler comme supérieur à la capacité de faire des automates. :\?
Brefouille, j'ai été souvent perdue par tes ajouts steampunk que je n'ai pas toujours compris.
A voir avec les autres lecteurs ci c'est juste moi ou si tu peux clarifier encore certains points de l'intrigue ;)
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Hey Ernya!
Merci pour ton passage et ton commentaire, qui soulève des questions auxquelles je n'avais ma foi pas forcément pensé.
« Que malgré les complots d'une injuste famille, son amante aujourd'hui me tienne lieu de fille » scellant la fin de Phèdre, les rares spectateurs de la salle Richelieu se retrouvèrent dans le foyer.
une petite italique ?
Où est-ce que je te la sers? :) Autour de Phèdre, j'imagine?
Avant que tu ne meures, il aura probablement fait de toi un portrait qui te rendra immortel.
je ne sais pas si c'est une bonne idée de finir la réplique sur cette phrase vu que la peinture permet déjà de rendre quelqu'un immortel
De manière abstraite, bien sûr... Mais dans le présent contexte, le portrait-photo de Nadar dont il s'agit là est celui que la plupart des gens associent aujourd'hui encore à Victor Hugo: (https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fupload.wikimedia.org%2Fwikipedia%2Fcommons%2Fthumb%2F2%2F25%2FVictor_Hugo_001.jpg%2F180px-Victor_Hugo_001.jpg&hash=15d7002d31635c3ca9623db410a2f9ff248f2668).
Cette réplique, qui se passe environ 55 ans avant la prise de cette fameuse photo, est donc pensée avec une petite touche ironique de prescience de la part de Balzac...
J'ai trouvé l'ensemble très fluide et la lecture assez agréable.
Connaissant la franchise de tes commentaires, souvent exprimée de manière assez "cash", ce constat me fait particulièrement plaisir! :)
Je pense que le récit marche plutôt bien même si perso, je trouve que plonger l'événement dans l'univers steampunk n'apporte pas ici beaucoup. Ou plutôt je ne comprends pas toujours tes oppositions : par exemple, je ne vois pas trop en quoi planter un truc dans la cuisse des classiques les oppose aux romantiques avec leurs gilets rouges.
D'accord. Le principe de l'accoutrement a plu à certains pour l'ambiance que cela donne, mais l'insertion du dispositif dans la cuisse de Brifaut suscite pas mal de questions et est peut-être un peu over the top. Rendre les accoutrements moins invasifs n'enlèverait probablement rien au récit; je vais repenser ça. Les accoutrements sertis de diamants et de pierres précieuses indiquent que les classiques font partie de la classe encore riche et dominante.
Pour les gilets rouges des automaticiens financièrement moins bien lotis, on ne saurait me reprocher ce clin d'oeil à Théophile Gautier! ;)
J'ai eu du mal aussi avec tes oppositions Balzac/ Hugo, tu les opposes sur quel point en fait ? (à part la mention de l'argent bien sûr). J'ai aussi un peu de mal avec le fait de placer le fait de voler comme supérieur à la capacité de faire des automates. :\?
Là, je ne suis pas d'accord avec toi. Le récit est construit à trois niveaux: les classiques (personnifiés par l'antagoniste Brifaut), les romantiques (personnifiés par le protagoniste Hugo) et les "modernistes" (personnifiés par Nadar, mais qui n'est à l'époque qu'un gamin et profite de la présence tutélaire de Balzac). Il y a une progression temporelle entre ces trois niveaux, le suivant étant amené à remplacer le précédent. A peine Hugo le romantique pense-t-il triompher des classiques que déjà les modernes le menacent...
L'idée n'est pas de placer le fait de voler comme supérieur à la capacité de faire des automates, mais il est indéniable qu'historiquement, voler par aérostation est plus récent (donc "moderne") que faire des automates (discipline plus ancienne, d'où notamment la mention au théâtre mécanique de Chikamatsu).
Brefouille, j'ai été souvent perdue par tes ajouts steampunk que je n'ai pas toujours compris.
Comme l'a bien résumé Milora:
Le steampunk, c'est des histoires qui se passent dans une ambiance XIXe siècle avec pour pointe de science-fiction une technologie un peu rétro : automates, machines à vapeur, engrenages, etc.
En France, il me semble qu'on associe beaucoup Jules Verne au steampunk, à juste titre mais aussi au détriment d'autres figures tout autant convaincantes: Nadar l'aérostier, Balzac et sa fascination depuis l'enfance pour les lanternes magiques, puis pour la photographie par daguerréotype... J'ai pris plaisir à mettre ces personnages en scène dans cette science-fiction du 19e siècle. Si message il doit y avoir, c'est qu'il y aura toujours une nouvelle technologie et une nouvelle génération de scientifiques pour remplacer les technologies considérées à un instant donné comme "à la pointe"...
...même si au final, je préfère souvent écrire pour créer des ambiances que pour faire passer des messages! :)
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Certes, je ne suis pas une grande adepte du steampunk mais je vois ce que c'est ;)
Je pense que tu pourrais juste rendre un peu plus explicite "l'évolution" classique/romantique/moderniste en rendant un peu plus clair dans les formulations tous les éléments steampunk de ton texte. C'est un peu ce que j'essayais de t'expliquer avec la phrase sur l'immoralité du portrait. Je pense qu'il faut que tu précises en quoi le portrait-photo serait plus intéressant que le portrait-peinture pour mieux marquer la différence entre ces deux arts. ;)
De la même façon, je connais bien le fameux gilet rouge de Gautier mais je n'ai pas compris ce que ça apportait d'étendre cela à l'ensemble des automaticiens (Gautier a aussi une personnalité et une implication particulière sur le devant de la scène littéraire - avec sa fameuse préface - qui donne à son gilet rouge une marque assez symbolique).
Bref, je te titille pour que tu donnes vraiment du sens à tes choix, pour qu'ils nous convainquent encore plus :P
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salut algache !
la fin ! :
Je fais un art élitaire pour tous,
c'est pas contradictoire ? pour tous tout court comprendrait l'élite alors que là je trouve pas que ça veuille dire ce que tu veux dire :\?
Lui et ses semblables formeront leur propre guilde. Nous autres, automaticiens, falotiers, ne seront qu’une parenthèse de l’histoire. Parle-lui, tu comprendras. D’ici quelques années, non content d’avoir envoyé des ballons dans le ciel, il aura conçu une machine capable de produire des toiles d’une fidélité saisissante, sans peinture ni pinceau ! Avant que tu ne meures, il aura probablement fait de toi un portrait qui te rendra immortel.
je suis pas super convaincue par cette tirade prophétique de Balzac. Je préférais quand il s'appuyait sur des choses qu'il voyait concrètement pour s'interroger sur la nature du futur. là il en sait trop, avec trop d'exactitude et du coup ça lui donne une sorte de pouvoir de connaitre l'avenir qui tombe du ciel pour son perso...
‒ Dis-moi Nadar, reprit Hugo, après avoir conquis le ciel avec tes aéronefs et révolutionné la peinture avec de l’iodure d’argent, quels autres mondes comptes-tu explorer ?
Gaspar-Félix fit mine de réfléchir avant de répondre.
‒ Les catacombes et les égouts de Paris, dar.
La réponse du garçon arracha un nouveau hoquet de surprise à Hugo. Nadar se sentit obligé de préciser :
‒ En maîtrisant la combustion de la poudre de magnésium, je pense mettre au point une technique d’éclairage sous-terraine. Les gens ont peur des catacombes et des égouts parce qu’il y fait toujours sombre. Mais nous devons apprivoiser le monde qui se trouve sous nos pieds...
encore une fois pas fan de cette annonce du futur, tu ne faisais pas ça dans les autres parties. ce qui me gêne c'est que ça n'apporte pas tellement au scénario qui nous intéresse, c'est + comme si tu n'avait pas le temps ou l'envie d'écrire la suite et que du coup tu en glissait le synopsis dans ta conclusion... :(
Victor Hugo ébouriffa la tignasse du gamin. Le futur n’était pas seulement cruel et infidèle : il était complètement imprévisible.
:\? ça tombe un peu à plat puisqu'ils viennent de tout prévoir... ><
hop là, tout lu !
Bon, y a un truc qui me chiffonne avec cette fin...
côté forme et décor, c'est vraiment un texte super chouette, fluide, visuel, pleins d'idées... je connais très très peu le steampunk donc je ne saurai pas dire si c'est original, mais pour moi c'était vraiment une balade qui l'était ^^
Sur le fond, tu joues avec des éléments historiques, par contre c'est assez précis donc pour qui en connait pas on rate des trucs.
Dans ce qui pourrait être améliorer, je trouve qu'on reste un peu en surface des persos, je sors pas en ayant l'impression d'être rentrée en eux. on a des images physiques, des traits de personnalités qui ressortent, leurs idées, mais on reste encore un peu trop extérieurs je crois. Y a une lutte intense des idées et j'ai pas tout à fait ressenti l'intensité ou la passion, peut-être qu'il faudrait nous ouvrir davantage les émotions des persos ? tout ça reste une affaire de ressenti hein, donc faut voir ce que disent les autres.
Voilà et ce qui me gêne sur la fin, au delà de l'annonce de l'avenir, c'est peut-être aussi ce manque d'intensité ? J'ai pas perçu le truc extraordinaire qui permet de conclure, et c'est peut-être parce que tu te bases sur des choses futures qu'on n'a pas vécues avec eux ?
Bon, chai pas trop, et je suis probablement pas très claire ><
Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture et je t'en remercie ! ^^
Milla
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Victor Hugo ébouriffa la tignasse du gamin. Le futur n’était pas seulement cruel et infidèle : il était complètement imprévisible.
:\? ça tombe un peu à plat puisqu'ils viennent de tout prévoir... ><
Je suis assez d'accord.
Peut-être que sur la fin, tu pourrais suggérer d'avantage, plutôt que de prévoir le futur - que nous, lecteur, on connaît (à peu près, puisqu'on n'est pas dans un monde steampunk). Rendre ce passage moins "didactique" ?
Dans l'ensemble, j'ai bien aimé cette lecture :) Très bien écrit, on lit sans voir les mots et sans voir passer le temps. J'ai bien aimé le côté steampunk, la transposition des inventions et des personnages (je me demandais qui serait Gaspar-Félix ; j'ai bien aimé le moment où on comprend "ah, c'est Nadar !").
Après, quelque chose m'a un peu laissée sur ma fin (ou faim ? Je sais jamais l'écrire). Disons que tu transposes la bataille d'Hernani, mais je m'attendais à quelque chose de plus percutant à la fin, en quelque chose. Je veux dire que là, c'est très agréable à lire, mais au final, le fait que ça se passe dans un monde steampunk ne change pas grand chose à ce que tu racontes (au fond de l'histoire). C'est ce que j'ai trouvé un peu dommage - je m'attendais à ce qu'à la fin, il y ait une divergence, une alternative, un changement par rapport à la bataille classiques/romantiques qu'on connaît déjà dans notre monde.
Mais après, c'est peut-être pas le but de ton histoire, elle est sympathique telle qu'elle est :)
(Et par contre, disoulée, je suis pas trop trop d'accord avec les remarques d'ernya :-[ Je trouve que ça ferait exagéré, que de marquer plus explicitement les oppositions ou d'insister sur la supériorité de la photo sur la peinture... Par contre, je rejoins ton avis, ernya, sur le fait que par moments, le côté steampunk pourrait apporter davantage à l'histoire que juste le décor.)
Merci pour cette lecture, Algache ! :) J'ai hâte de lire ton prochain ;)
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Salut !
J'ai enfin fini :D vraiment, j'aime beaucoup ta nouvelle, les multiples références, la comparaison historico-steampuk (oui j'invente des mots :-¬?) bravo ! :D
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Hey Ernya, Milla, Mil' et Zagreos!
Je trouve vos commentaires vraiment top! Personnellement, je suis assez content des trois premières parties du texte, mais je dois bien avouer que la dernière n'est pas non plus à la hauteur de mes attentes... |-|
Sur le fond, je pense maintenir une fin un peu anticlimactique; si j'avais voulu faire un texte à chute ou d'action, j'aurais pu mettre Hugo en fâcheuse posture, avec Nadar qui explose le toit du Théâtre-Français puis délivre Hugo dans un ballon. :) Ca serait rigolo, mais je préfère une fin un peu plus "réflexive" avec cette porte entrouverte vers le futur...
Cela dit, vos comm' confirment que l'approche actuelle n'est pas assez convaincante (trop de "tirades prophétiques" pour reprendre les mots de Milla, ou trop de "didactique" pour reprendre ceux de Milora). J'ai bon espoir qu'il y a matière à corriger le tir, notamment en suivant les conseils de Mil' (suggérer plus).
Je suis aussi sensible à "l'intensité et la passion" des personnages dont parle Milla. J'entrevois deux-trois pistes (par exemple, créer plus de tension entre Hugo et Nadar, le premier émettant plus de doutes sur les capacités du gamin, ce qui motivera ce dernier à se surpasser et faire progresser les domaines de l'aérostation, de la photographie, etc.) Ca serait aussi l'occasion de mieux faire ressortir l'évolution classique/romantique/moderniste dont parle Ernya.
Pour l'heure, je vais laisser reposer le texte quelques semaines/mois, histoire de faire mûrir les idées qu'inspirent vos remarques fort judicieuses!
Dernière remarque:
Je fais un art élitaire pour tous,
c'est pas contradictoire ? pour tous tout court comprendrait l'élite alors que là je trouve pas que ça veuille dire ce que tu veux dire :\?
Bien sûr que c'est contradictoire :), mais c'est aussi un principe assez important du romantisme hugolien. On peut lire à ce propos Florence Naugrette (Le théâtre romantique).
Encore merci pour vos lectures attentives! Pour l'heure, je m'envole avec Nadar (il est pas magnifiquement steampunk dans cet autoportrait, avec son chapeau et ses grosses jumelles??):
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Ftheredlist.com%2Fmedia%2Fdatabase%2Fphotography%2Fhistory%2Fprecurseurs%2Fnadar%2F001_nadar_theredlist.jpg&hash=3cd7367f392a5543632688ba7fc0fdfafba269e5)
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Wow! Je n'avais aucune idée de ce qu’était le steampunk, mais j'accroche grave! :coeur: Ton texte est une pure merveille Algache, tant sur le fond que sur la forme! Pour l'instant, j'ai juste lu la première partie, mais je reviendrai dévorer la suite des que possible! Je sais déjà que je ne serai pas déçu! :mrgreen:
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Merci pour ton passage, Writer! ...et désolé de ne pas t'avoir répondu plus tôt; j'étais en déplacement à l'étranger ces derniers jours.
Pour ton info, je vais remodeler la quatrième et dernière partie du récit dès que j'aurai un moment, sur la base des commentaires très constructifs reçus dans ce fil. J'ai déjà quelques idées pour ajouter un élément de tension, histoire que la fin ne tombe pas trop à plat.
Au plaisir de te relire!
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Déterrage de texte en règle ! :P
J'ai lu les quatre parties d'une traite et j'aime beaucoup ton style ! J'aime notamment beaucoup la façon dont certains gestes (les hochements de tête "trop appuyés pour être sincères", les regards, les éclats de rire) sonnent de manière naturelle. On les visualise vraiment bien.
Au niveau des personnages et des décors, j'ai aussi apprécié la manière dont l'écriture nous les cisaille dans une sorte de XIXème siècle approximatif. On a quand même quelque chose d'un peu trop didactique et ralenti dans la narration globale (pour reprendre le reproche de Milora et de Milla, avec lequel je me sens d'accord) ; mais cela reste très agréable à lire !
J'ai également, moi aussi, une petite critique à émettre sur la fin, un peu plate en effet, car j'ai eu un peu le sentiment de rester sur ma faim ; mais cela reste un excellent texte, très bien écrit. ^^