Past : Le voyageur.
Episode IEpisode IIEpisode I
I. Formalité.
Résumé : En 2051, un père de famille, travaillant pour la Time Corporation, est envoyé dans le passé pour régler un détail territorial. Au moment de rentrer chez lui, la corporation ne répond plus. Prit au piège en 2019, il est poursuivit par des assassins. Il s’aperçoit alors que quelqu’un est en train de modifier le passé.
En 101 avant Jesus Christ, en 2019 et en 2051. Une nouvelle religion a fait son apparition.
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Midi vingt-deux. Scott attacha sa ceinture, et vérifia que tout le monde avait fait de même. « Veuillez indiquer votre destination », s’exclama le module GPS. Scott s’exécuta. « Destination enregistrée ». « Temps du voyage estimé à deux heures, trente-six minutes, et quarante-trois secondes.». « Module de sécurité routière enclenché ». « Module de régulateur de vitesse, enclenché ». Scott cliqua sur un bouton du tableau de bord pour muter la voix du GPS. Un écran sortit du tableau de bord, un du coté passagé, et deux autres des sièges avant. Les deux petits regardaient des dessins animés, tandis que Lisa était concentrée sur les informations. Scott lui, laissa son écran éteint, et termina sa nuit, tandis que le véhicule les menait à destination.
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Midi vingt-quatre, siège de la Time Corporation.
— Nous devons envoyer un de nos agents au plus vite si nous ne voulons pas que cette erreur engendre de graves circonstances, lança Samuel.
— Scott Richard, est disponible, rétorqua Phillipe Vavel.
— Et bien contactez-le. Il part dès demain en 2019. Préparez la formalité, et tenez-moi au courant.
— Bien monsieur.
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Quatorze heures cinquante huit. La petite famille était arrivée à destination. Enfin quelques vacances bien méritées, pensa Scott. Il avait dormi durant tout le trajet. Le quantum routier, comme à son habitude, ne s’était pas trompé. Le voyage avait duré deux heures trente-six minutes, à la minute prêt. Cet immense ordinateur quantique était responsable du trafique routier. Il commandait chaque véhicule, calculait les distances, régulait la vitesse. Il pouvait calculer avec exactitude les temps de trajet, et ordonnait le trafique routier avec une minutie extraordinaire. Les feux tricolores et les panneaux de signalisations, avaient disparus en même temps que les accidents, et la conduite manuelle, c’est à dire, depuis l’invention du quantum routier.
Scott avait choisit de travailler pour gagner sa vie. Ce n’était pas le cas de la plupart des gens. Depuis l’invention de la robotique, les choses avaient beaucoup évoluées. En cette époque, les jeunes diplômées investissait dans un prêt bancaire d’une dizaine de milliers d’euro, afin de déléguer leur travail à l’usine, et d’y faire travailler un robot. Il était courant qu’une personne investisse dans plusieurs robots afin de cumuler les salaires. La loi autorisait la détention de quatre robots professionnels, et un pour l’usage domestique. Mais ce n’était pas le cas de Scott, qui avait choisi un boulot qu’aucun robot ne pouvait faire à sa place.
Il alluma son téléphone et consulta sa messagerie.
« Scott ? C’est Phillipe. Vous partez en mission demain à quinze heures. Tenez-vous prêt. »
Lisa aperçut la mine déconfite de son conjoint.
— Non. Me dis-pas que tu t’en va ?
— Demain, répondit le jeune homme. J’ai rendez-vous à quinze heures. C’est surement une formalité. Je serai de retour dans la journée, ou dès le lendemain, au plus tard.
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Time Croporation, dix-huit août 2051, 14h38.
— On vous attendait s’exclama Phillipe.
— De quoi s’agit-il ? Questionna Scott.
— D’un accord signé entre l’Europe et l’Arabie Saoudite. Vous partez pour 2019. Voici la formalité officielle, lança Phillipe en tendant une puce électronique. Dites-leur qu’ils ne doivent pas signer cet accord. Cela engendrerait un futur conflit territorial.
— Bien. On y va ? Je suis assez pressé de rentrer et de profiter enfin de mes vacances.
— On y va. Allez vous installer.
Scott prit place dans le module temporel. Il se positionna les bras levés, et la sangle de sécurité vint s’installer autour de son torse. Puis le module se referma sur lui.
— Scott, vous êtes prêt ? Demanda Looney.
— Paré, signala le jeune homme.
— Rendez-moi un service. Vous partez pour septembre 2019. Alors rappelez-moi de ne pas oublier les fleurs.
— Bien, j’y penserai.
— Bien, on y va. Compte à rebours enclenché. Cinq, quatre, trois, deux, un, démarrage.
Le module se mit à avancer. Sur le tableau de bord, on pouvait voir la vitesse de l’engin augmenter à grande vitesse. Cinquante kilomètres heure. Scott posa ses mains sur les accoudoirs. Deux-cent trente kilomètres heure, il positionna ses pieds, les calant dans la zone prévue à cet effet. Sept-cent dix kilomètres heures, des arcs électriques se mirent à éclater en foudre autour de la machine. Le jeune homme était comme happé par le siège. Mille trois-cent kilomètres heure, le module tournait en rond sur les rails. Deux-milles cinq-cent kilomètres heure, il disparu soudainement.
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Time Corporation, trois septembre 2019, midi seize.
— On a une entrée monsieur, signala le jeune Looney Ford.
Des arcs électriques se mirent à éclater sur les rails. Puis le module fit son apparition. Il tourna autour du rail, durant une dizaine de minutes, diminuant peu à peu sa vitesse. Puis il s’arrêta. Le module s’ouvrit, la sangle de sécurité se rétracta.
— Bonjour agent Richard. Comment allez-vous ?
— Bien monsieur, répondit Scott en sortant du module.
— Formalité ? questionna le capitaine Ross.
— Formalité. En effet.
— De quoi s’agit-il ?
— De l’accord que l’Europe s’apprête à signer avec l’Arabie Saoudite. Voici la formalité, dit le jeune homme en tendant la puce électronique.
— Bien. Expliquez-moi.
— Et bien si l’Europe signe cet accord, il va aboutir à un conflit territorial.
— Bien. On va transmettre à qui de droit.
— Parfait. Quand puis-je repartir ? demanda le jeune homme, pressé de rentrer et de retrouver sa petite famille.
— Dès demain, à seize heures. Ca vous convient ?
— Parfaitement.
Looney s’avança vers le jeune homme.
— Comment allez-vous Scott ?
— Très bien et vous ?
— On ne peut mieux. Je m’apprête à demander Linda en mariage.
— Je suis au courant. Excellente nouvelle.
— Et comment je vais ?
— Vous filez le bonheur parfait.
— Bien, ne m’en dîtes pas plus. Je ne veux pas en savoir plus.
— Vous m’avez dit de vous rappeler de ne pas oublier les fleurs.
— Merde, les fleurs ! s’exclama Looney. Je devais confirmer la commande ce matin. J’espère que ça n’est pas trop tard.
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Time Corporation, dix-huit août 2051, 16h12.
— Bien monsieur, s’exclama le lieutenant Ramsey.
A peine venait-il de raccrocher, qu’il composait déjà un autre numéro.
— Capitaine ?
— Oui ? répondit la personne à l’autre bout du fil.
— Le loup est dans la bergerie.
— Parfait. Activez le plan « premiers pas ».
— Bien. Je m’en occupe tout de suite.
Le lieutenant se leva, et se dirigea vers le hangar. Il appuya sur un bouton, et la grande porte de métal s’ouvrit peu à peu. Derrière la porte, une douzaine d’hommes armés semblait attendre.
— C’est l’heure, dit Ramsey.
La petite armée se mit en route. Le lieutenant les précédait.
Arrivé au poste central, les soldats braquèrent leurs armes sur le personnel.
— Nous réquisitionnons les lieux, déclara le lieutenant.
— Qu’est-ce que ça veut dire ? demanda Samuel.
— Ca veut dire que vous n’êtes plus à la tête de cette organisation. Je vous conseil de vous tenir tranquille et tout ira bien.
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Trois septembre 2019, 21h45.
Scott venait d’arriver à l’hôtel. Il avait passé l’après-midi à se promener dans les ruelles. Il avait mangé un bout dans un petit restaurant typique, laissant passer l’heure. Il prit place dans sa chambre, et sans plus attendre, alla se coucher.
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Time Corporation, dix-huit août 2051, 17h24.
— Il est dix-sept heures vingt-quatre messieurs, lança le lieutenant. Le plan « premiers pas » est activé. Que chacun prenne place. Faites ce qu’on vous dit, et il n’y aura pas de problèmes. Quand aux petits malins qui souhaiteraient jouer les héros, sachez que ces hommes ont pour ordre de tirer à vue sur quiconque tentera de compromettre le plan « premiers pas ».
— A quoi vous jouer bordel, Ramsey ! S’énerva Samuel.
— C’est un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’humanité. C’est l’heure du changement Samuel. Nul ne pourra entraver ce changement.
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Quatre septembre 2019, 10h02.
Le réveil sonnait depuis plus de deux minutes. Scott tendit son bras et pressa l’objet afin de l’arrêter. Il poussa son oreiller sur le coté, se frotta les yeux et s’assit sur le lit. Par la fenêtre, le jeune homme put voir à quel point le soleil brillait. Il décida de boire son café matinal dehors. Après une bonne douche, il s’habilla, prit les clés de la chambre et descendit les escaliers. Arrivé dehors, il fut tout de suite surprit par quelque chose d’étrange, mais il ne savait pas quoi.
Le décor paraissait avoir changé de la veille à ce jour. Un visage semblait avoir conquis la ville.
Placardé sur de nombreux murs, on pouvait voir des photos de cet inconnu, et de son parti. Ailleurs, on voyait des gens prier devant des affiches. Scott était déboussolé.
« Un chef, une religion, un parti ». Voilà ce que l’on pouvait lire sur des dizaines d’affiches.
— Qui est ce personnage, demanda Scott à un passant.
— Vous vous foutez de moi ? Répondit l’inconnu, avant de poursuivre sa route en regardant Scott d’une drôle de façon.
Scott s’interrogeait. La veille il n’y avait pas la moindre trace de cet homme. Que c’était-il passé en une douzaine d’heures ? Le jeune homme avait beau fouiller sa mémoire, il n’avait jamais entendu parler de ce parti, ni de son chef.
— Excusez-moi ? tenta de nouveau le jeune homme, alpaguant un type sur le trottoir.
— Oui ?
— Je ne suis pas d’ici, je voudrais savoir qui est cet homme sur les affiches et les panneaux.
— Vous êtes sérieux ? Vous venez d’où, d’une caverne ?
— Je ne suis pas du coin en effet, alors je m’interroge.
— C’est le chef du gouvernement mondial. De quel pays vous venez pour ne pas connaître notre sauveur ?
Scott prit une mine interloquée.
— Mais hier il n’y avait aucune affiche, reprit-il.
— Vous vous foutez de moi ? Il est affiché partout depuis toujours.
— Non, je suis formel, réitéra Scott. Hier il n’y avait pas la moindre affiche.
— Et moi je vous dis que j’ai vingt-deux ans, et que petit déjà, notre sauveur était affiché partout. La prophétie l’a annoncée depuis plus de deux-mille ans. Ca fait plus de trente ans qu’il est au pouvoir.
Le type poursuivit son chemin, laissant le jeune homme sans voix.
Scott décida de rejoindre la corporation. Là-bas, ils avaient surement une explication à lui fournir.
Arrivé devant l’entrée de la bâtisse, un agent de sécurité, demanda son accréditation. Scott passa son badge, et ce dernier lui permit d’accéder à l’ascenseur. Il grimpa jusqu’au sixième étage. Une fois devant le bureau de Samuel, il frappa deux fois à la porte, et une voix lui dit d’entrer.
— Samuel ?
— Oui ?
— Que se passe t-il ?
— Qu’est-ce que vous voulez dire ? Et qui êtes-vous ?
— Vous vous foutez de ma gueule, rassurez-moi ? Répondit le jeune homme agacé.
— Je ne me fous pas de vous. Et je vous ai posé une question.
— Je suis Scott Richard, agent de la Time Corporation, section voyageur. Voici mon accréditation.
Samuel s’empara de l’accréditation et la passa dans une petite machine prévue à cet effet.
— En effet, tout parait en règle. Qu’est-ce que vous voulez savoir ?
— Et bien déjà ce qui se passe, et je dois rentrer en 2051 à seize heures.
— 2051 ? Vous ne risquez pas de rentrer aujourd’hui. Voilà plus d’un an que la cellule 2051 ne répond plus.
Scott eut comme un sentiment d’effroi.
II. Premiers pas.
— Je peux vous assurer qu’hier, lança Scott, ce type n’existait nulle part. Il s’est passé quelque chose d’hier à aujourd’hui.
— Aussi loin que remonte mes souvenirs, voilà plus de trente ans que le parti est au pouvoir. La religion l’a prophétisé depuis plus de deux-mille ans.
— Quelle religion ?
— La religion. La seule et unique.
— Écoutez ce que je dis. Je suis arrivé hier de 2051, et croyez-moi, ce futur n’existait pas. Tout était normal.
— Vous pensez que quelqu’un essai de modifier le passé ?
— Et bien c’est la seule explication que je vois, mais vous parlez d’une religion qui date de deux-mille ans. Le premier module temporel fut inventé par Robert Degood, en 2005.
— En effet. La dessus nous sommes d’accord.Tenez, peut-être que ça vous parlera, s’exclama Samuel en tendant un ouvrage à Scott.
— Qu’est-ce que c’est, demanda ce dernier.
— C’est La religion.
Sur l’ouvrage on pouvait lire, « La religion, de -101 à 2019 ».
— Elle est sans cesse mise à jour. Chaque année. Ainsi nous savons ce que la prophétie prévoit pour chaque année. Et nous nous sommes là pour s’assurer que le monde tienne debout, et nous assurer que La religion soit suivie à la lettre.
Scott pensait en lui-même.
Quelqu’un était en train de modifier le passé. Et ce dans un passé très lointain. Mais voilà. Quelque chose n’était pas logique. Pour pouvoir voyager dans le temps, il faut un module temporel pour chaque époque. Avant que le premier module temporel fût inventé, les scientifiques pensaient que le voyage dans le temps n’était pas possible, car les voyageurs nous auraient déjà visités. Mais pour que cela soit possible, il fallait qu’on invente le premier module temporel. Hors celui-ci fut inauguré en janvier deux-mille cinq, dans le plus grand secret. Mais à en voir la nouvelle religion, et les vestiges qui la concerne, quelqu’un avait modifié le passé, bien avant l’invention du module de deux-mille cinq.
Il faut deux modules pour voyager dans le temps. Cela veut donc dire qu’en cent-un avant Jesus-Christ, des scientifiques avaient déjà inventés un module de transfert. C’était la seule explication possible. Presque impossible à croire, mais ça n’était pas possible autrement. Et si ça ne répondait plus en 2051, alors peut-être que ces pourris avaient voyagé de deux-mille cinquante-et-un à cent-un avant Jesus-Christ.
— Ca date de cent-un avant Jesus-Christ, dit Scott en feuilletant quelques pages de l’ouvrage.
— Avant qui ? interrogea Samuel.
— Avant qui ? répéta Scott un peu bêtement. Avant Jesus Christ.
— Jamais entendu parler, rétorqua Samuel.
Scott demeura silencieux quelques secondes et reprit.
— Sur quoi est basé l’an zéro de votre religion ?
— Sur son début. Dans la genèse de La religion, cela correspond aux premiers pas.
— Aux premiers pas ?
— Oui. La religion est vue comme un bébé qui grandit et devient adulte. L’an zéro correspond aux premiers pas. Moins cent-un est le début de la gestation.
La prophétie annonçait un roi du monde, qui viendrait unir le monde dans l’ordre et la joie.
— Écoutez, je dois retourner à mon époque quelques minutes après l’avoir quitté.
— Pourquoi ?
— Je dois prévenir la Corporation d’un imminent push à venir, c’est la seule explication. Qu’ils prennent les dispositions nécessaires pour l’éviter, mais je ne peux pas y retourner avant mon départ, je me retrouverai en doublon, avec moon double à la même époque.
— Je vous l’ai dit, voilà plus d’un an que la cellule 2051 ne répond plus.
— Vous ne paraissez pas plus inquiet que ça, malgré l’urgence de la situation.
— Et bien je vous écoute, dit Samuel, mais ce que vous me racontez n’engage que vous. J’ai beaucoup de mal à vous croire. Vous remettez en cause deux-mille ans d’histoire. Si vous disiez vrai, et que quelqu’un avait modifié le passé, il n’aurait put le modifier qu’à partir de deux-mille cinq. Pas durant plus de deux-mille ans. A moins que vous sous entendiez que le premier module eut été inventé il y a plus de deux-mille ans, et là vous comprendrez aisément que je puisse avoir bien du mal à vous croire.
Et pourtant c’était la seule explication possible, pensait le jeune homme.
— Écoutez, vous avez vu mon accréditation, donc j’existe dans vos fichiers. Je suis bien un agent de la Corporation, section voyageur.
— Ca je ne le nie pas. L’ordinateur vous connait en effet. Et ce qui est étrange, c’est qu’il ne mentionne aucun voyage. Pourtant vous êtes bien là. C’est la raison pour laquelle je vous écoute. Et quoi que vous puissiez me dire, je ne suis pas responsable de la Corporation.
— Comment ça vous n’êtes pas le responsable ?
— Non. C’est Ramsey qui dirige la Corp.
— A mon époque, comme en cette époque, en temps normales, c’est vous qui êtes à la tête de la Corp.
— Je le serai peut-être un jour, mais là ça n’est pas le cas.
— Comprenez-moi, clama Scott, je dois rentrer chez moi ! J’ai une famille qui m’attend !
— Allons voir Ramsey. Il saura certainement quoi faire de vous.
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101 Avant Jesus-Christ, quelque part en Égypte.
Le groupe d’homme s’engouffra dans la grotte, des torches à la main. L’un d’entre eux resta à l’extérieur. La nuit était sombre et calme.
** A SUIVRE
Episode II
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