Voilà, réponse au défi de Leia :
- Verasoie, je te défie d'écrire un texte sur la vie quotidienne
Au cas où tu en doutais, oui, le défi en était bien un. D'habitude je trouve bien à dire sur le quotidien

mdr. Mais ça m'a bien amusée de faire ce petit texte, finalement. Qui, en tant que petit texte, n'est vraiment pas long, mais bon. (xD). C'est sans prétention, hein. Enjoy :
***
L’homme entre dans la pièce. Il a un air déterminé, la démarche de quelqu’un sûr de lui. C’est le Papa. Il a toute autorité.
- Salut, ma chérie !
Il s’adresse à la femme qui se tient de l’autre côté du salon. C’est une Maman qui paraît aimable, libre de tout souci autre que celui de plaire à son époux.
- Salut ! Assieds-toi, le repas est presque prêt.
Il se laisse tomber sur une chaise, étend ses pieds sous la table, actionne la télécommande pour allumer la télévision et commence à faire défiler les chaînes. Pendant ce temps-là, elle lui tourne le dos et s’affaire autour d’une petite cuisine coquette, très colorée. Elle remue consciencieusement le contenu d’une casserole, soulève le couvercle d’une poêle, entrouvre la porte du four, tout en chantonnant. Quelques secondes plus tard, elle porte des plats qu’elle pose sur la table et va s’assoir en face du père.
- Miam, ça sent bon.
- C’est normal, c’est moi qui ai cuisiné. Je suis sûre que tu vas adorer !
- Ah bon ? C’est quoi ?
Il fait mine de jeter un coup d’œil aux plats, mais attend en réalité de se faire servir. Sa compagne semble comprendre le message : soulevant les couvercles, elle partage la nourriture dans les assiettes, tout en parlant :
- Alors, j’ai fait des frites avec du poisson pané, et après il y a des pâtes avec du gruyère.
- Et le dessert ?
- C’est une tarte aux fraises.
- Chouette, alors !
Il se jette voracement sur l’assiette qu’on vient de remplir. « Miam, miam. Chompf. » Il saisit le gobelet devant lui. « Gluck, gluck, slurp ». Pendant quelques secondes, on n’entend plus que le bruit de deux personnes qui mangent, puis il se remet à parler.
- Eh’que tu as ’ourri nos (chompf) chmfiens ?
- Quoi ?
- Est-ce que tu as nourri nos chiens ?
- C’est pas des chiens, c’est des chats.
- Non, c’est des chiens.
- On a dit qu’on achetait deux chats.
- Non, c’est…
- Tais toi ! Tu as réveillé le bébé !
Avec des sourcils froncés et menaçants, elle se lève de table et court vers un landau entouré de dentelles. Elle se penche, « Oh, mon pauvre chou », sourires attendris, regards menaçants vers celui qui, bras croisés, fixe son gobelet.
- Lah, lah. Ne t’inquiète pas, Maman est là. C’est Papa qui t’a réveillé, il est méchant.
- C’est pas vrai, je suis pas méchant !
- Lah, ne t’inquiète pas. Je vais te donner ton biberon.
- Je peux lui donner le biberon ?
- Non. Toi, tu changeras la couche.
- Allez, s’il te plaît, laisse moi lui donner le biberon… et d’abord c’est la Maman qui change les couches.
- Je veux bien que tu lui donnes le biberon, mais on a des chats, pas des chiens.
- C’est pas just…
- Aaah, le bébé se remet à pleurer ! Vilain Papa, vraiment, mais quel homme j’ai épousé !
Elle lève les yeux de manière théâtrale en questionnant un quelconque point du plafond de sa voix stridente. Lui s’est levé, essaie de prendre le bébé de ses mains, mais elle se tortille et le poupon ne cesse de lui échapper. Les joues du Papa deviennent toutes rouges ; il attrape l’une des tresses de la Maman et tire dessus. Avec un cri de surprise et de fureur, elle lâche les langes ; le poupon rebondit par terre mais elle ne s’en préoccupe pas : elle le piétine même avec son pied au moment où elle trébuche sur son frère, euh, son mari. Les deux roulent par terre avec colère, jusqu’à ce qu’une grosse voix menaçante retentisse.
- Aude ! Vivien ! Allez, ça suffit, maintenant. J’peux vraiment pas vous laisser cinq minutes tous seuls… Bon, venez à la cuisine. J’ai fait vos tartines de Nutella.