Le vendeur de canapés
— Qu’est-ce que tu aimerais faire plus tard, Alex ?
La première fois qu’elle lui posa la question, il était assis dans la cuisine, occupé à dévorer un paquet de biscuits. La chaise était trop basse pour lui, et son visage dépassait à peine de la table. Il regarda sa mère, hésita un instant. Il venait de recevoir un merveilleux cheval à bascule, flambant neuf. La réponse lui vint naturellement :
— Je veux être chevalier !
Elle rit. Elle devait le trouver mignon.
La question revint régulièrement. On la lui posait toujours dans la cuisine, haut lieu des discussions familiales. La vieille ampoule suspendue au plafond, avec sa lumière jaune sale, accompagnait année après année les projets de vie d’Alex. Lui restait constant : il voulait devenir chevalier.
A cinq ans, c'était une révélation. A huit ans, cela se transforma en défi. A onze, en marque de rébellion.
A quatorze ans, Alex commença à considérer sa passion comme une lubie gênante : il préférait grogner et s’esquiver plutôt que d’affronter encore une fois le visage déçu de sa mère, ou pire, de se retrouver embourbé dans une discussion d’adultes, d’où il sortait toujours vaincu. Il ne pouvait plus se prendre pour un chevalier : les chevaliers, ça n’existait pas. Bien sûr, il ne s’imaginait plus sillonner la campagne dans une armure scintillante, juché sur une monture fougueuse, ni combattre pour la gloire dans un tournoi royal, même si l’idée l’attirait encore. Il continuait par contre à aspirer à une vie couronnée d’honneur, passée au service d’un grand seigneur, dans l’âme sinon dans le titre.
Est-ce que tu as déjà réfléchi à… ?
Non, non, il ne voulait pas devenir scientifique. Ni homme politique. Encore moins footballeur.
A seize ans, il commença à reconsidérer sérieusement ses options. Hors de question d’entrer dans l’armée : ces mecs-là, c’étaient des mercenaires, même si certains se faisaient passer pour des chevaliers. Il pouvait rejoindre les pompiers, les chevaliers du feu, mais l’entraînement physique lui semblait un peu trop intense. Ou avocat, le chevalier des opprimés ; mais l’idée d’avaler des tomes et des tomes de lois lui donnait le tournis. Il aurait bien aimé devenir médecin – le chevalier des malades... mais il ne supportait pas la vue du sang.
Il finit par devenir commercial. Cela fit très plaisir à sa mère.
De temps à autre, lorsqu’il n’arrivait pas à trouver le sommeil, il se disait qu’il était un peu le chevalier de son entreprise, et s’endormait bercé par la bascule imaginaire d’un cheval de bois. Mais pour être honnête, il n’avait jamais rêvé d’être le chevalier d’un grossiste en canapés.
*
— Ravi d’avoir fait affaire avec vous, M. Longchamp, dit le client en lui serrant la main par-dessus son énorme bureau en acajou.
— Tout le plaisir est pour moi, M. Dubois.
Il s’agissait d’une affirmation sincère : les deux hommes venaient de passer un contrat plutôt juteux. Les halls des entreprises de M. Dubois aux quatre coins du monde seraient bientôt tous équipés de confortables canapés.
L’homme avait la soixantaine bien passée et le cheveu argenté, mais la poigne ferme. Il négociait comme un requin. En dépit de ses traits européens, Alex lui trouvait un petit air de mafieux asiatique.
Il s’apprêtait à passer la porte lorsque l’autre le rappela.
— M. Longchamp !
Alex se retourna, et l’homme lui fit signe de fermer derrière lui. Son visage était devenu plus grave qu’avenant. Il ne lui proposa pas de s’asseoir.
— J’ai une question à vous poser, finit-il par dire. Considérez que nous ne sommes plus en négociation, mais que nous discutons de personne à personne.
L’homme le sondait avec attention. Avec trop d’attention. Alex sentit sa façade de vendeur plein d’assurance glisser peu à peu et se faire avaler par la moquette vert bouteille à ses pieds. Il s'efforça de garder contenance, puis se racla la gorge.
— Je vous écoute, M. Dubois.
L’homme se frotta le menton un instant. Savait-il seulement quelle question il allait poser ? Alex trouvait cette histoire de mafia de plus en plus plausible.
— Vous savez, je suis un humaniste, Alexandre - je peux vous appeler Alexandre ? Je pense que ce qui compte dans la vie d’un homme - ou d’une femme, bien sûr - ce ne sont pas ses compétences, et encore moins son argent. Ce sont les qualités qu’il possède ou qu’il s’efforce de développer...
Le téléphone sonna. M. Dubois raccrocha sans ciller.
— D’après vous, Alexandre, quelle est la qualité la plus importante que l’on se doive de posséder ?
Alex avait reporté son attention de la moquette à l’homme d’affaires. Il cligna trois fois des yeux. Il se doutait qu’il avait l’air bête, mais franchement, ce n’était pas la question à laquelle il s’était attendu. Il se préparait à une proposition de contrat parallèle, à une offre de braquage de banque, qui sait, peut-être à un emploi dans le trafic d’opium… D’où sortait ce baratin sur les qualités humaines ?
Comme le silence s’éternisait, Alex se racla une nouvelle fois la gorge, et mit autant de conviction que possible dans sa réponse.
— Je dirais qu’il s’agit de… de l’altruisme.
M. Dubois, le menton posé sur sa main, hocha imperceptiblement la tête.
— Très bien, très bien… murmura-t-il.
Alex n’osait pas lui retourner la question. Finalement, son interlocuteur reprit la parole :
— Très bien ! Merci, je pense que nous avons fini.
Il indiqua la porte, et Alex ne se fit pas prier. Sans s’infliger une deuxième poignée de main, il se dirigea vers la sortie.
— Au revoir, monsieur.
— À bientôt, chuchota l’autre dans son dos.
À l’entrée de l’immeuble, trop occupé à rejouer dans sa tête la conversation irréelle qu’il venait de tenir avec un quasi-inconnu peut-être-mafieux, Alex faillit ne pas voir la secrétaire qui lui faisait signe. Elle raccrocha son téléphone et lui tendit une carte de visite.
— De la part de M. Dubois. Bonne fin de journée, M. Longchamp.
Une fois dehors, Alex jeta un œil au petit carton. Là où il s’attendait à trouver les coordonnées de M. Dubois, une inscription en italique indiquait sobrement :
Ordre des Chevaliers Anonymes - 15 rue des AcaciasAu verso, on avait inscrit une date et une heure au stylo à bille.
La surprise le glaça sur place.
Il se sentit brusquement dépouillé de son secret de gosse et exposé au jugement de tous. Constatant que personne ne semblait le désigner du doigt ni lui lancer des sourires moqueurs, il recommença à respirer, mais il décida quand même de surveiller ses arrières. Juste au cas où. Sur le chemin du retour, les années de rêves moyenâgeux et de projets fous qu’Alex croyait enterrés avec son adolescence lui revinrent en pleine figure.
Il déverrouilla la porte de son appartement le cœur battant, jeta sa veste, sa cravate et sa mallette sur le vieux sofa, puis lança Internet. Toute la soirée, il scanna des pages et des pages de publications sur l’histoire des chevaliers, les légendes arthuriennes, la Légion d’Honneur, l’Ordre de Malte, les templiers, les fêtes médiévales… Rien ni personne ne parlait jamais d’un quelconque “Ordre des Chevaliers Anonymes”. Son imagination ne trouvant rien à quoi se raccrocher, il élabora des dizaines d’histoires et de théories. Dans les plus glauques d’entre elles, le complot mafieux prenait le pas sur la chevalerie, et il se retrouvait enchaîné dans une cave humide à la merci de tortionnaires fous. Mais le plus souvent, il devenait après maintes péripéties le héros renommé d’une aventure internationale, ou bien le fier Lancelot d’une Dame de haute naissance.
*
La rue des Acacias était d’une banalité à pleurer. Alex ne savait pas si ce constat le rassurait ou l’angoissait. Il s’avança avec prudence sur le trottoir, coincé entre des barres résidentielles des années soixante-dix et des platanes défraîchis, et s’arrêta devant le numéro quinze. L’interphone le laissa perplexe : il n’avait aucune idée du nom qu’il devait appeler. Après trois bonnes minutes d’hésitation - il se voyait mal sonner chez un habitant au hasard,
Bonjour, je suis Alexandre, Chevalier Anonyme - des bruits de pas le firent sursauter, et il se retourna pour se retrouver face à la secrétaire de M. Dubois. Elle lui adressa un sourire franc et lui tendit la main :
— Alexandre, ravie de vous revoir ! Je suis Céline.
— Enchanté, dit-il d’une voix un peu plus faible qu’il ne l’aurait souhaité.
Il avait bien aimé l’idée de dévoiler sa vieille passion à un cercle presque uniquement constitué d’inconnus. Devant ce visage familier, il se sentit rougir.
Sans plus de cérémonie, Céline composa le code de l’immeuble et s’engouffra à l’intérieur. S’il s’était attendu à des locaux spectaculaires dissimulés derrière une façade anodine, Alex aurait vite été déçu. En l’occurrence, il préférait ne s’attendre à rien.
Céline toqua à une porte banale, et un homme d’une cinquantaine d’années leur ouvrit. Il les accueillit d’une voix enjouée, et ils entrèrent dans un petit appartement un peu miteux. Alex accrocha sa veste et son écharpe au porte-manteau avant de se décider à regarder autour de lui. À son grand soulagement, personne d’autre ne semblait être arrivé. Les cloisons d’un ancien salon avaient visiblement été cassées pour aménager une pièce principale spacieuse – enfin, pas trop étriquée. Au centre, un bric-à-brac de fauteuils, chaises et tabourets venus des quatre coins du monde dessinait un cercle approximatif.
Alex se tourna vers Céline :
— Je ne voudrais pas paraître indiscret, mais… est-ce que l’Ordre est un genre de groupe de parole, ou quelque chose comme ça ?
Ses hôtes ne semblaient pas du genre à se vexer, mais il préférait quand même prendre des pincettes. Céline lui offrit un sourire mystérieux.
— Vous verrez, répondit-elle simplement.
Derrière elle, le propriétaire, un dénommé Rolland, lui fit un clin d’œil.
Alex constata vite que la ponctualité ne constituait pas la première vertu du Chevalier Anonyme. Les autres membres arrivèrent au compte-goutte. Ils saluaient poliment Alex, prenaient place dans leur fauteuil favori et discutaient avec leurs voisins. Ils se racontèrent leur semaine, se lancèrent des piques, rirent, et sous peu Alex se sentit l’intrus du groupe, l’invité indésirable au milieu d’amis de longue date.
Finalement il ne resta plus qu’une place dans le cercle, et le dernier invité frappa à la porte.
— Salut tout le monde ! lança-t-il depuis le hall où Rolland était allé lui ouvrir.
Alex reconnut immédiatement la voix de M. Dubois. Pourtant, au lieu de l’homme d’affaires propre sur lui qu’il avait rencontré trois jours auparavant, il vit entrer dans le salon un grand gaillard en tee-shirt et pantalon de sport, les cheveux en bataille retenus par une paire de lunettes de soleil. L’homme s’essuya le front d’un geste vif et, sans plus de cérémonie, vint s’installer avec les autres. Le silence était tombé sur la petite foule. Pour la première fois depuis qu’il était arrivé, Alex sentit quelque chose d’inhabituel, presque extraordinaire, flotter dans l’air. Peut-être était-ce dû au respect que semblaient soudain se porter toutes ces personnes, ou peut-être plus simplement à l’homme en face de lui qui, même en sueur et vêtu d’un vieux jogging, continuait à l’intimider.
Comme s’il avait déchiffré ses pensées, M. Dubois, que tout le monde ici appelait François, lui adressa un regard complice.
— Bon ! s’exclama-t-il. Nous accueillons aujourd’hui un nouveau venu, que j’ai rencontré il y a peu, mais qui… enfin, nous verrons cela plus tard. Alexandre, bienvenue parmi nous.
— Merci de, euh… de m’accueillir chez vous, répondit celui-ci.
— Alex - je peux t’appeler Alex ? - puisque tu te poses certainement des questions, je vais te présenter rapidement ce qu’est l’Ordre des Chevaliers. L’oreille attentive de mes collègues sera ma garantie, parce qu’il m’arrive souvent de dire des bêtises.
Le groupe hocha la tête avec sérieux. De nouveau un sourire espiègle sur le visage, François ajouta :
— Détends-toi pour l’instant, tout cela est assez informel. Nous gardons les cérémonies pompeuses pour plus tard.
*
Alex apprit ainsi que l’Ordre des Chevaliers Anonymes, honorable organisation secrète, perdurait depuis déjà plusieurs décennies. La sélection des membres se faisait par chacun, au hasard des rencontres.
— Nous n’avons pas de destriers, ni d’épées légendaires, ni de titres de noblesse, déclara François d’une voix teintée d’émotion. Ce que nous souhaitons mettre en œuvre avant tout, ce sont les vertus millénaires des chevaliers : l’honneur, la bravoure, la courtoisie. Bien entendu, chacun est libre de décliner ces qualités selon sa sensibilité et ses moyens. Nous n’existons qu’ici, en France, mais certains de nos Chevaliers ont sillonné la planète pour accomplir les missions qu’ils s’étaient fixées. D’autres préfèrent la sédentarité.
Alex apprit que s’il décidait d’entrer dans l’Ordre, il n’y rencontrerait que peu de contraintes. Quelques cérémonies solennelles, des séances de réflexion collectives, éventuellement une ou deux fêtes costumées. François lui indiqua, avant qu’il n’ait osé poser la question, qu’aucune participation financière n’était requise de la part du candidat et futur Chevalier, et que chacun pouvait quitter librement l’Ordre s’il le souhaitait, sous réserve d’en garder le secret. Cela le rassura quant à l’absence de tendances sectaires (ou mafieuses) de cette mystérieuse organisation.
François laissa ensuite la parole à ses compagnons, qui se présentèrent. Ils étaient enseignant, comptable, directeur des ressources humaines, chômeur… Rolland passait visiblement la majeure partie de son temps à écrire des romans. “De temps en temps, je me ravitaille avec un ou deux CDD”, précisa-t-il. Ils lui parlèrent de leur passion pour les chevaliers, née de la lecture des légendes arthuriennes, d’histoires de famille, ou au détour d’une fête estivale dans un petit village fortifié.
La question finit par tomber :
— Et vous, Alexandre, que faites-vous ?
Il se gratta la nuque.
— Je vends des canapés.
Ils le regardèrent sans rien dire. Certains sourirent, mais ils attendaient la suite.
Alex les observa un instant. Ils lui faisaient face, hétéroclites, un peu timbrés… accueillants. L’envie de tout leur raconter le reprit. Il se jeta à l’eau.
— Je rêve d’être Chevalier depuis que j’ai cinq ans, avoua-t-il.
Comme par magie, ses auditeurs se détendirent. Il leur raconta les journées passées à faire galoper des chevaux de plastique, à inventer, dessiner, écrire des histoires fabuleuses. Il leur décrit aussi les disputes, les doutes et le renoncement.
— J’avais un peu oublié mon rêve, conclut-il. Et vous ne correspondez pas exactement à l’image que je me faisais de preux Chevaliers. Mais j’ai bien envie de tenter l’aventure avec vous. On verra bien où tout cela m’emmène !
Quelqu’un s’exclama “bien dit !”. Les Chevaliers l’applaudirent de bonne grâce. François se leva et s’éclaircit la voix.
— Mes amis, je pense que personne ne voit d’objection à ce qu’Alexandre se joigne à nous.
Il marqua une courte pause. Personne ne le contredit.
— Alexandre, reprit-il donc, sache qu’il te reste une dernière tâche à accomplir avant d’être membre à part entière de notre Ordre. Une dernière, mais pas des moindres.
*
Ton premier acte de Chevalier devra être noble et courageux, mais surtout flamboyant. Nous comptons sur toi, Alexandre.— Céline ?
— Mmh ?
Ils se trouvaient toujours dans le salon de Rolland. L’après-midi avait laissé place à une paisible soirée de printemps. Les fauteuils moelleux et quelques verres aidant, Alex se sentait glisser doucement vers le sommeil.
— Qu’avez-vous accompli, vous, pour votre première mission ?
Elle sourit. Encore, pensa Alex.
— Je ne peux pas vous le dire.
Il soupira.
— Comment est-ce que je suis censé être
flamboyant ? Je suis gentil, je suis serviable. J’aide les personnes âgées à traverser la route, j’ai été bénévole chez Emmaüs, j’ai même donné des cours de français à des gosses étrangers. J’essaye d’être un mec bien, mais je ne suis pas
flamboyant.
La plupart des Chevaliers étaient partis. Rolland et François discutaient dans la pièce d’à côté. Des chansons folk tournaient à bas volume dans la chaîne hi-fi.
— Vous voulez un conseil ? finit par dire Céline.
Alex se redressa, intéressé.
— N’essayez pas d’être quelqu’un d’autre. Faites avec ce que vous êtes.
Il se renfonça dans son fauteuil. Facile à dire. Qui était-il, déjà ? Un gars de trente ans un peu paumé, un peu solitaire. Un futur Chevalier, peut-être. Un doux rêveur, à coup sûr.
Un vendeur de canapés…
*
Les négociations avec son chef durèrent quelques semaines, mais se révélèrent fructueuses.
Un bel après-midi de juin, une flopée de canapés de toutes tailles et de toutes formes envahit la Place de la Mairie. D’un côté se tenaient les canapés-jeux-pour-enfants, de l’autre, les canapés-concerts. En face, les canapés-siestes côtoyaient les canapés-terrasses-de-bar. Une banderole multicolore affirmait : “Redonner leur place aux canapés, c’est redonner leur place aux habitants !”.
La foule prit possession des lieux avec plaisir.
Dans un coin, héros anonyme, Alex se félicitait d’avoir su réunir trois acteurs majeurs : un coup de pub, un acte chevaleresque, et un soleil flamboyant.
Son adoubement se déroula le soir même. Tous les Chevaliers répondirent à l’appel : Rolland, François et Céline, mais aussi Marguerite et Abel, Giovanna, Gustave… Ils troquèrent leurs jeans et leur pulls pour de vraies chausses et tuniques de Chevalier. Chacun portait sur sa poitrine un blason unique qui le différenciait de ses compagnons. Celui de François était un chêne, celui de Céline un renard blanc. Alex savait qu’il allait lui aussi devoir choisir le sien. Lorsque François acheva son discours (un peu trop pompeux, comme toujours), et qu’il lui demanda avec son air de patriarche quelles armoiries il souhaitait porter, Alex se tenait prêt.
— Je devrais peut-être choisir une panthère, un volcan ou une étoile filante. Cependant, en souvenir de ce jour et de mes premiers pas à vos côtés, je souhaiterais devenir le premier Chevalier du Sofa.
*
Le lendemain, Alex retrouva Céline dans un café. Elle avait une dizaine d’années de plus que lui. Quelques mois plus tôt, ce décalage lui aurait paru insurmontable. Désormais, il savait que Céline était précieuse : drôle, intelligente… et surtout chevaleresque. Il lui attrapa la main.
— J’ai décidé de reprendre le contrôle de ma vie, annonça-t-il. Je prends mon envol. Je vais monter ma propre boîte. Business international.
— Dans les canapés ? suggéra Céline.
— Mieux que les canapés : les chevaux à bascule.