Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 juin 2019 à 14:52:09

Le Monde de L'Écriture » Salle de lecture » Essais, documents » Pierre et Jean, préface (Guy de Maupassant)

Auteur Sujet: Pierre et Jean, préface (Guy de Maupassant)  (Lu 9979 fois)

Hors ligne Milora

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Re : Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #30 le: 26 mars 2008 à 15:31:19 »
Je suis tout à fait d'accord avec le premier message de Kei, et avec la deuxième citation de Maupassant.

Citation de: Loredan
nous n'écrivions que pour nous-mêmes, nous ne posterions pas systématiquement chaque texte qui nous paraît digne d'être posté (et les autres aussi ). Si on ne cherchait pas un tant soit peu de reconnaissance, on ne se connaîtrait pas ; pas par le biais de l'écriture.
Bien évidemment que l'on écrit pour être lu! Je n'ai jamais dit le contraire. Mais nous sommes notre premier juge. Si nous partageons nos écrits, c'est d'abord parce que nous avons estimé qu'ils étaient bons.
Il faut différencier pour et pour. Il y a écrire pour soi, au sens qui a été le plus développé dans ce fil de discussion : écrire quelque chose qui satisfasse l'auteur, écrire en fonction de ce qu'il avait envie/pensait intéressant d'écrire. Et il y a écrire pour les autres, au sens où, sauf si c'est un journal intime ou quelque chose de ce genre, la finalité d'un texte, en tant que texte, c'est bien d'être lu. Si l'auteur n'écrit que ce qui lui plait sans tenir compte de celui qui va lire, il y a peu de chances pour que ça soit bien. Je pense qu'un auteur doit toujours prendre en compte son lecteur, mais en tant que lecteur neutre, dans l'absolu, pas en tant que lecteur caractérisé par telle époque, telle référence, telle critique littéraire. Je ne suis absolument pas claire. Est-ce que quelqu'un a une vague impression de voir plus où moins là où je veux en venir ? (les colles de carto, ça vous grille les neurones...).

Bref. Les meilleurs livres ne sont-ils pas ceux qui traversent les époques, ceux que tout lecteur, de toute époque, est susceptible d'aimer ? (à ne pas confondre avec le fait qu'absolument tout le monde aime).
« Modifié: 26 mars 2008 à 15:33:44 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #31 le: 26 mars 2008 à 18:13:54 »
Citation de: Mil'


Bref. Les meilleurs livres ne sont-ils pas ceux qui traversent les époques, ceux que tout lecteur, de toute époque, est susceptible d'aimer ? (à ne pas confondre avec le fait qu'absolument tout le monde aime).

Je ne sais pas. Déjà, parce qu'ils se comptent alors sur les doigts d'une main... ce qui n'est pas très motivant^^ Ensuite, parce que ça exclut Balzac, par exemple. Or, il se trouve qu'étant donné l'intérêt manifeste que lui porte tout prof de lettres qui se respecte, ce type doit manifester un génie immense, dans un rayon qui m'est encore inconnu ><

(pour reconnaissance littéraire, j'entendais reconnaissance du milieu littéraire... ceux qui sont en fait le plus à même de juger de la qualité d'une oeuvre, formellement en tout cas)
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Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #32 le: 26 mars 2008 à 18:24:14 »
d'un autre côté, une oeuvre qui traverse les époques c'est un peu le but de toute oeuvre, non?
Avoir du succès pour juste une décennie ne fait pas forcément la réussite d'un livre...
mais bon on ne peut pas oublier le fameux " contexte littéraire": personne n'aurait l'idée d'écrire comme Rabelais aujourd'hui (et ce n'est pas qu'une question de langue)
bref dans l'absolu il faudrait viser un lecteur neutre mais concrètement...c'est plus difficile
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Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #33 le: 27 mars 2008 à 15:12:52 »
On va encore une fois me traiter de fataliste, mais une fois votre livre achevé et édité, son succès ne dépend plus de vous.
Mais si, voyons ! L'auteur peut passer en douce chez les critiques et leur pointer un couteau sur la gorge pour les inciter à aimer le livre ; il peut même menacer le monde de destruction si son livre n'est pas unanimement reconnu comme étant LE livre ! Tout est question de volonté !
Oui je sais, je connais la porte.

Citation de: Mil
Est-ce que quelqu'un a une vague impression de voir plus où moins là où je veux en venir ?
Si, je vois tout à fait où tu veux en venir, d'autant plus que je suis complètement d'accord ^^ J'ai oublié d'en parler dans mon premier message, mais c'est vrai que lorsqu'on écrit, il faut toujours garder à l'esprit "ce que le lecteur lit" - car sa lecture n'est pas la même que celle de l'auteur.  Mais il doit effectivement en penser au tant que "lecteur général", et non "lecteur particulier" (= un seul type de lecteur). Enfin ... c'est aussi possible, je pense, mais je trouve que ce n'est pas la meilleure solution car cela ferme trop de portes ^^
« Modifié: 27 mars 2008 à 15:14:28 par Kailiana »
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Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #34 le: 27 mars 2008 à 19:16:07 »
Il faut différencier pour et pour. Il y a écrire pour soi [...] Et il y a écrire pour les autres, au sens où, sauf si c'est un journal intime ou quelque chose de ce genre, la finalité d'un texte, en tant que texte, c'est bien d'être lu. [...] Je pense qu'un auteur doit toujours prendre en compte son lecteur, mais en tant que lecteur neutre, dans l'absolu, pas en tant que lecteur caractérisé par telle époque, telle référence, telle critique littéraire. Je ne suis absolument pas claire. Est-ce que quelqu'un a une vague impression de voir plus où moins là où je veux en venir ?

Je suis tout à fait d'accord! Lorsqu'on écrit, et ce dans un but littéraire (pas personnel, ou curatif, comme dans le cas du journal intime) il faut bien évidemment garder le souci d'être lisible. Mais comme Milora l'a si justement souligné, être lisible ne signifie pas écrire ce que veut lire le lecteur. La distinction entre lecteur neutre et lecteur caractérisé était particulièrement bien trouvée.
Pour ce qui est de la clarté... c'est difficile quand on reste dans des domaines aussi théorique, n'est-ce pas?  ><
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Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #35 le: 27 mars 2008 à 19:24:36 »
Citation de: Kei

Je suis tout à fait d'accord! Lorsqu'on écrit, et ce dans un but littéraire (pas personnel, ou curatif, comme dans le cas du journal intime) il faut bien évidemment garder le souci d'être lisible. Mais comme Milora l'a si justement souligné, être lisible ne signifie pas écrire ce que veut lire le lecteur.

Ah ben oui, j'irai même plus loin. Ca ne signifie pas écrire ce que veut lire le lecteur, ça ne doit pas. Ce qui est le plus intéressant, et aussi le plus amusant, c'est de déjouer les attentes du lecteur :P
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Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #36 le: 27 mars 2008 à 19:34:55 »
C'est vrai, mais je ne parlais pas vraiment de ce genre de rapport au lecteur (anticiper ses réactions - accessoirement pour le mener par le bout du nez). Je parlais plus du fait de, heu... *en quête désespérée d'un exemple*... mettons, de fabriquer un produit plus que de faire un livre. Je sais que le fantastique est à la mode, j'en mets une pincée, je sais qu'une histoire d'amour avec interrogations adolescento-séries-américaines (oui, j'invente le concept XD), ça va plaire aux lecteurs prêts à acheter pour 250 pages de livre pas plus, alors j'en mets...

Citer
Pour ce qui est de la clarté... c'est difficile quand on reste dans des domaines aussi théorique, n'est-ce pas?
Tout à fait d'accord. Pour mon prof de philo, pas de bonne copie de philo sans exemples ! Lol.
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« Réponse #37 le: 27 mars 2008 à 19:41:17 »

On aurait pas le même prof de philo ? :D :D :D :D :D  mdr :P

Bref, oui ça marche encore plus dans la conception, disons, commerciale du problème. Exemple, puisqu'il en faut : Le Da Vinci Code. Du polar pour le suspense, de la religion pour le débat, on mélange le tout, ce qui donne du polar ésotérique pour les goûts à la mode ; quelques zeste de cul par-ci par-là, histoire de lubrifier l'intrigue ; un personnage albinos et masochiste pour l'originalité (xD quel talent ce Dan Brown...) ; pour attirer les lecteurs de tous horizons, un mystère autour d'une oeuvre d'art connue dans le monde entier. Alors là, oui, je l'concède, Dan Brown est très fort en marketing. Ce qui compte, à l'heure actuelle. Mais, en littérature, il est nettement moins bon.
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Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #38 le: 27 mars 2008 à 20:22:16 »


Bref, oui ça marche encore plus dans la conception, disons, commerciale du problème.

C'est sûr que si on veut un livre qui se vende bien, il faut faire un petit mixage de ce qui plaît. Mais si on écrit quelque chose qui ne se sert que ou du moins principalement de "ce qui plaît", où est la liberté de l'auteur? Cela marche très bien pour tout ce  qui est policier et roman qui fonctionne sur le suspense. Mais pour le reste? Tout le monde n'écrit pas des polars... Et puis, mettre ce qui plaît ne conduit-il pas aux clichés? ça restera du déjà vu...
Je suis d'accord avec Loredan sur le fait qu'un peu d'imprévu a aussi du bon
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Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #39 le: 27 mars 2008 à 20:38:58 »

La question, qui évolue constamment, est : pour qui écrit-on ? Pour certains amis amateurs de HP et Bartiméus, ces textes prendront la forme de CrossOver ; pour les camarades de classe, ils prendront la forme d'une satire gentille des profs ; pour ceux qui aiment la littérature et scribouillards comme nous, ils se rapprocheront de ce qu'on appelle un texte "littéraire". Sans vouloir tomber dans l'abîme des métaphores foireuses, la littérature c'est comme le vin : il y a les connaisseurs, ceux qui jouent les connaisseurs, ceux qui le boivent comme ils boiraient du jus de raisin, ceux qui n'en boivent pas mais qu'on peut convaincre... et on n'invite pas toute cette "gamme" d'amis au même dîner. Donc je pense qu'il ne faut pas essayer de faire un livre qui cherche à attirer tous les publics (liber qui cetera publicia petit xD). Et chaque public a ses attentes, chaque public a un type de bouquin-qui-marche.
Cela dit, je persiste dans le fait que le plus amusant, c'est de déjouer les attentes. Et, la plupart du temps, quand le lecteur lit quelque chose d'inattendu, il est enthousiasmé plutôt que déçu. Un bouquin trop "parfait", sans aspérité, laisse souvent, sans qu'on sache trop l'expliquer, un arrière-goût de déception (eh bien, moi, je viens de vous expliquer pourquoi, mouahaha^^).
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Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #40 le: 28 mars 2008 à 23:53:01 »
liber qui cetera publicia petit xD

Loredan rit en citant du latin... je vous le dit, il est sur la mauvaise pente...

C'est vrai, mais je ne parlais pas vraiment de ce genre de rapport au lecteur (anticiper ses réactions - accessoirement pour le mener par le bout du nez). Je parlais plus du fait de, heu... *en quête désespérée d'un exemple*... mettons, de fabriquer un produit plus que de faire un livre.
Pareil que Milora. Surprendre le lecteur est sans aucun doute l'un des plus grands plaisirs des auteurs. Mais n'avez-vous pas parfois l'impression, en tant que lecteur, que certains auteurs insistent trop sur ce point? Qu'ils vous balancent quelque chose d'énorme et semblent dire "aha, tu ne t'y attendais pas, hein, lecteur?". Autant j'apprécie ce genre de comportement dans les mangas ou les livres que je qualifierais de ludique, autant c'est très lourd dans certains cas.
Bref, on ne peut pas écrire pour surprendre, parce que cela aussi reviendrait à écrire un "produit", sous l'étiquette "très, très original".
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Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #41 le: 29 mars 2008 à 07:06:15 »
Votre débat est très intéressant et je le suis avec attention depuis le début sans pour autant m'exprimer sur le sujet. C'est d'autant plus intéressant que ça rejoint un peu mes cours d'aspects socio-culturels de la littérature ! (sur lesquels j'ai très bientôt un contrôle continu !)

Pour continuer sur ce qui est en cours, c'est-à-dire, tenter de répondre à la question pour qui écrit-on, il faudrait peut-être changer de point de vue. Qu'est-ce que les lecteurs lisent ? Parce qu'après tout, un livre est un acte de communication entre l'auteur et le lecteur via le livre. Depuis le début nous nous intéressons à l'émetteur et forcément, mais plus indirectement, le récepteur.  Et si le contenu du livre est fait pour être reçu... il faut bien l'adapter un minimum, sinon ça tombe à l'eau. Et il faut savoir également relancer l'attention du lecteur, qui, dans un long ouvrage, peut s'essouffler (en le surprenant par exemple, mais il y a 10 000 manières de le faire).

Je n'aime pas parler de "message" du livre, parce qu'il prend souvent le sens d'"engagement", mais je veux parler du contenu. Celui-ci est intimement lié au contexte, comme l'avait soulevé enya je crois. La société tout autour, au sens large, influence l'œuvre tout comme il est possible que l'œuvre influence la société (et elle trouve parfois un écho dans des mouvements artistiques/littéraires). Ce qui est intéressant ici c'est donc de voir les liens qu'entretient une œuvre avec chaque type de société qu'elle traverse. Car la perception d'un même texte peut-être très différente selon l'appartenance à tel ou tel groupe social, ou même selon telle ou telle époque.

(je voulais poster avant 7h mais c'est trop tard!)

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Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #42 le: 03 avril 2008 à 07:14:30 »
Je suis pressée parce qu'il me reste une demi-heure pour finir ma préparation, mais je voulais malgré tout vous faire profiter d'une citation de Flaubert, quelqu'un que je commence à apprécier :

« Etre connu n’est pas ma principale affaire. Je vise à mieux : à me plaire et c'est plus difficile […]. Le succès me paraît être un résultat et non le but. »

Voilà, voilà, j'espère que cela va relancer le massacre débat.  ;)
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Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #43 le: 03 avril 2008 à 21:03:05 »
Si je comprends bien, Flaubert défend avant tout l'idée selon laquelle l'auteur doit faire un texte qui lui plaise, chose qui s'avère être difficile.
Selon vous, pourquoi cela est-il difficile de se plaire? prenons l'exemple de la poésie:  n'avons-nous pas tendance à trouver ce que nous écrivons de dérisoire et de mal écrit? Pourquoi pradoxalement l'auteur n'est pas forcément le premier qui soit réjoui de son texte?
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Re : Maupassant : la préface de "Pierre et Jean"
« Réponse #44 le: 18 novembre 2008 à 22:20:53 »
(désolée pour le double post)


euh oui donc je révise cette préface et il y a à la fin un passage qui me paraît intéressant pour nous et nos décades :D
c'est pas le même thème que le texte cité par Lo' mais c'est dans la même préface 

"Il n'est point besoin du vocabulaire bizarre, compliqué, nombreux et chinois qu'on nous impose aujourd'hui sous le nom d'écriture artiste, pour fixer toutes les nuances de la pensée ; mais il faut discerner avec une extrême lucidité toutes les modifications de la valeur d'un mot suivant la place qu'il occupe. Ayons moins de noms, de verbes et d'adjectifs au sens presque insaisissables, mais plus de phrases différentes, diversements construites, ingénieusement coupées, pleines de sonorités et de rythmes savants. Efforçons nous d'être des stylistes excellents plutôt que des collectionneurs de termes rares.
          Il est, en effet, plus difficile de manier la phrase à son gré, de lui faire tout dire, même ce qu'elle n'exprime pas, de l'emplir de sous entendus, d'intentions secrètes et non formulées, que d'inventer des expressions nouvelles ou de rechercher, au fond de vieux livres inconnus, toutes celles dont nous avons perdu l'usage et la signification, et qui sont pour nous comme des verbes morts.
"


hum... donc en gros, Maupassant nous déconseillerait les décades :D
d'un autre côté il n'a peut-être pas tort, il faut peut-être mieux bien maîtriser le rythme tout ça avec des mots simples quitete à ensuite compliquer notre prose
vous en pensez quoi ? ;D
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