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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Je me suis réveillé au Paradis ch 2 et L'Homme qui... chapitres 8 : Supergol

Auteur Sujet: Je me suis réveillé au Paradis ch 2 et L'Homme qui... chapitres 8 : Supergol  (Lu 11908 fois)

Hors ligne EriG

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Je me suis réveillé au Paradis, L'Homme qui... chap. 5 : Non, pas le Sorcier !
« Réponse #30 le: 28 Février 2013 à 13:05:16 »
J'aime bien même si je comprends toujours rien XD ! Quand est-ce que je serai supposé avoir un semblant d'explication ^^ ?

Mais, à la fin fin du livre, évidemment ! Et encore, ce n'est que le tome 1. Tiens, par ailleurs, je ne suis qu'au chapitre 6 du tien, mais... quant-est-ce qu'on sait d'où vient Lène ?

Allez hop :


L'Homme qui courait après sa Chance, chapitre 5 : Non ! Pas le Sorcier !


« Waahhhhh ! s'écrie l'albinos.
- T'es tombé dans les pommes ? enchaîne le lapin gris.
- Mortel ! s'exclame le petit brun au premier rang. »

Ce dernier fait tournoyer une patte devant ses yeux. Il mime un choc frontal avant d'atterir sur le dos dans l'herbe. Les autres autour de lui s'écroulent de rire.

« Sur le moment, j'ai pas trouvé ça drôle ! réagit Job. Ca fait plutôt mal !
- Quand-même, reprend le lapin gris...
- Ca doit pas arriver tous les zours, d'embrasser un pied de table ! zozotte le blanc crème.
- Non, en effet, répond Job en gloussant.
- T'y es resté longtemps, dans les pommes ?
- Oui et non. Je me suis réveillé une première fois... »

Son regard se perd dans le vide. Quelques secondes passent...

« Maintenant que je vous vois... c'est vraiment étrange.
- Qu'est-ce qui est étrange ? demande le lapin gris.
- Eh bien, j'émergeais d'un rêve vraiment bizarre. Vous voyez, le genre de rêve qui ne laisse qu'une impression...
- Donc tu t'en souviens plus ?
- Dès mon réveil, je m'en souvenais déjà plus. J'avais l'impression d'avoir dormi toute une nuit. Mais ça n'avait probablement pas duré plus d'une minute ! Jamais je n'ai réussi à retrouver à quoi j'avais bien pu rêver. C'était comme surgir d'un autre monde. Mais là... »

L'homme claque des doigts.

« Sans blagues ? réagit le gris. T'as retrouvé ?
- J'ai une image. Elle m'est venue en te regardant.
- Moi ?
- Oui !
- Qu'est-ce que tu as vu ?
- Un autre lapin gris. J'émergeais d'un rêve où je discutais avec un lapin !
- Fais gaffe ! s'exclame le gros noir dans le fond.
- On en prend facilement l'habitude, termine un autre sur la droite.
- Qu'est-ce qu'il disait ? demande encore le gris.
- C'est ça qui est étrange. D'abord, c'était irréel. C'était comme si tout le décor avait été peint à l'encre multicolore. Le lapin, gris avec un museau et des oreilles fourrées de blanc, tenait une carotte entammée à la main. Il sortait d'une sorte de boite noire, ronde, avec un rebord. Il a croqué sa carotte. La bouche pleine, il a dit : « Quoi de neuf, Docteur ? »... et paf ! Je me suis réveillé.

J'entendais la voix de ma femme qui criait :

« Yohann ! Pour l'amour de ton dieu, mais réveille-toi ! »

J'ai ouvert les yeux. J'étais allongé sur le ventre, le front en feu et de la poussière plein la bouche. Je sentais ma langue lourde et pâteuse... de la terre ! Le bras droit en avant, l'autre le long de mon corps, les pieds joints et les genoux écartés... je gisais face contre terre la bouche grande ouverte.

Comment ça, mon dieu ?

Laborieusement, j'ai ramené mes mains. Je les ai posées de part et d'autre de mes oreilles. J'ai tendu les bras en poussant un râle...

« Mon nom, c'est Job ! Je l'ai choi... »

Il ne restait plus rien de mon atelier. Le nuage de poussière retombait, lentement. En tournant la tête, j'ai vu ma femme, accroupie près de moi. Ses longs  cheveux étaient couverts de poussière. Ca faisait ressortir les reflets bleus dans ses yeux gris. Mais sa robe si verte d'ordinaire avait perdu de son éclat. Inquiète, elle a dit :

« Ca va ? »

J'ai craché un peu de terre et j'ai marmonné :

« J'ai la tête en feu !
- Tu as fait un tour sur toi-même avant de toucher le sol ! Je t'ai vu, depuis la maison ! »

Elle s'est approchée, le regard rivé sur mon front...

« Tu vas bien ?
- Adam ?
- Non ! Regarde moi ! C'est Marine !
- Heu... »

Machinalement, j'ai secoué la tête. J'ai ressenti comme une explosion au-dessus de mes yeux.

« Non... je veux dire... Adam va bien ?
- Wan était avec toi ? »

Elle s'est levée d'un bond, pour courir vers les ruines de l'atelier. Elle s'est arrêtée quand elle a vu Adam qui contournait les débris, sur la droite, couvert de poussière lui aussi. Il a crié :

« Comment va Père ? »

Ma tête se renvoyait son cri comme un écho. Marine s'est retournée. Elle m'a regardé... les ruines de mon atelier tanguaient derrière elle. Je sentais mes bras faiblir. Elle s'est tournée à nouveau vers Adam pour crier à son tour :

« Va chercher Myrdhin ! »

J'ai hurlé :

« Nooooonn ! »

Toute ma poitrine vibrait à en faire exploser ma pauvre tête.

« Pas le sorcier ! »

Elle m'a regardé encore, puis une nouvelle fois mon fils :

« Va le chercher ! »

Marine est revenue vers moi tandis qu'Adam partait en courant vers la cité. Je me suis roulé sur le côté. J'étais pris d'un gigantesque vertige.

Elle s'est accroupie près de moi. Elle a délicatement pris ma tête pour la mettre sur ses genoux. Tout en m'enfonçant dans une gangue de coton, je sentais ses doigts caresser mes cheveux. D'une voix pâteuse, j'ai articulé :

« Je veux pas... »

J'ai dégluti...

« Pas le sorcier ! »

Elle a répondu d'une voix douce, alors que je sombrais encore dans l'inconscience :

« Je ne vais pas laisser un dieu t'interdire de te faire soigner. »


A suivre...
« Modifié: 28 Février 2013 à 13:07:17 par EriG »

Hors ligne Freakazoid

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Citer
Tiens, par ailleurs, je ne suis qu'au chapitre 6 du tien, mais... quant-est-ce qu'on sait d'où vient Lène ?

Chapitre 26 !

Sinon, j'ai l'impression que c'est très "inceptionesque" ton histoire XD ! Je suppose néanmoins que "Merlin" a une grande importance par rapport à ce qui arrive. Par contre, j'ai du mal à imaginer un roman en plusieurs tomes pour le moment. Y a pleins de petites scènes marrantes mais j'ai du mal à saisir l'intrigue.

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Justement, il ne faut pas le voir comme un "roman", je ne l'ai d'ailleurs pas présenté ainsi, mais comme plusieurs histoires, à différentes époques, qui se croisent au fil de narrations certes décousues mais effectuées d'un côté par un mec tellement défoncé qu'il oublie tout au fur et à mesure (pas d'inquiétude, son rôle à lui est quasi-terminé, bientôt va apparaître une narratrice quelque-peu plus structurée), et de l'autre un parfait illuminé sans cervelle. D'ici à la fin du tome 1, promis, tu auras des réponses, quoique d'autres viendront dans le tome 2.

Quant-à chercher "une" instrigue... ma foi, j'ai malheureusement l'impression que les trois histoires ne seront parfaitement recollées qu'à la fin. Par ailleurs, l'histoire qui se passe en presque-Rave Party, tu t'apercevras bientôt qu'en ce qui concerne le tome 1, j'ai commencé par la fin ; dans la deuxième moitié du tome 1, quelqu'un d'autre que tu as déjà plus ou moins rencontré va te raconter le début. Normalement, c'est fait pour que, quand viendront les réponses, tu aies déjà tous les éléments pour comprendre, mais qui t'on été donnés dans le désordre.

Tu peux définir "inceptionesque" ?
« Modifié: 28 Février 2013 à 14:30:16 par EriG »

Hors ligne Freakazoid

  • Calliopéen
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"Inceptionesque" c'est le fait que ça donne l'impression d'être des rêves dans des rêves.

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Ah oui ! Effectivement, les rêves ont beaucoup d'importance. J'avais compris aussi par ce terme que jusqu'à maintenant, je n'ai fait qu'indroduire des histoires, ce qui n'est pas faux non plus. Les rêves se croisent, certains n'en sont pas forcément, d'ailleurs. Je t'ai déjà révélé que le premier narrateur est défoncé (oups), si ça se trouve, il croit qu'il rêve, mais en fait non. Mais alors, d'où vient ce chien qui parle et qui se dit simplement d'espèce canine ? Je dirais bien que je ne suis pas encore décidé, pour te faire enrager, mais voilà, j'ai déjà l'intégralité en tête et tu peux me croire, c'est une tordure de devoir me retenir de tout révéler d'avance.

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Je comprends tout à fait ^^ ! On est sûr d'avoir une super idée et c'est parfois frustrant de voir que les lecteurs sont si loin derrière nous ^^

Hors ligne EriG

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Je me suis réveillé au Paradis, L'Homme qui... chapitres 6 et 7 : Remboninage
« Réponse #36 le: 28 Février 2013 à 15:09:21 »
C'est vrai  :D Mais d'un autre côté, quand un lecteur te dit : pour le moment, je ne comprends rien, mais j'aime quand-même alors je continue, c'est cool. De toute façon c'est fait pour, le pari n'est pas encore perdu  ;) Autant c'est Final Fantasy qui t'a inspiré pour ton livre, autant ce sont des films comme Memento ou 11h14 qui m'ont inspiré cette façon d'écrire ;)


L'Homme qui courait après sa Chance, chapitre 6 : J'ai dit, pas le sorcier !


« Quand j'ai rouvert les yeux, poursuit Job, j'étais dans mon lit. La première chose que j'ai vue, c'est la tête du sorcier, en très gros plan et c'est un euphémisme. Vous savez, une fois, je suis entré chez lui, un jour où je cherchais mon fils. Il vivait au milieu des bois, lui aussi, à l'écart de la Cité, dans une maison en torchis à l'ancienne ; des murs bas, un toit de chaume très haut avec un grenier surélevé pour dissuader les rongeurs. Je n'ose imaginer ce qu'un sorcier pouvait garder dans son grenier. Mais sa pièce à vivre était encombrée de rouleaux de parchemins, de tablettes de cire, de fioles et d'appareils étranges, tous en bois, métaux et pièces maudites. L'un d'entre eux utilisait de grosses lentilles en verre. Le jour où je suis entré chez lui, l'engin s'étalait devant lui, en pièces détachées.

Il s'est tourné vers moi, la lentille entre le pouce et l'index, appliquée contre un œil. Mais alors un œil énorme, noir, grossi davantage en son milieu qu'en son pourtour. De la pure sorcellerie ! C'est ainsi que j'ai vu le visage de Myrdhin, quand j'ai rouvert les yeux. Un nez énorme, au dessus d'une barbe blanche mais sous un crâne chauve et des yeux noirs pétillants de malice. Il remplissait tellement ma vision que je distinguais à peine ses oreilles, pourtant décollées comme celles d'un singe. Le sorcier avançait la main vers mon front encore endoloris. J'étais envahi d'une vague odeur de moisi. Sur ses doigts dégoulinait une mixture épaisse, brune, tirant sur le vert. En repoussant son bras, j'ai crié :

« Wohhhhw ! »

J'ai reculé jusqu'au mur, pour me retrouver assis.

«  Que faites-vous, là ? lui ai-je demandé. »

Le vieillard tenait un bol en terre dans l'autre main, empli de la même matière visqueuse. De sa voix chevrautante, il m'a répondu :

« Je vous pose un emplâtre.
- Un quoi ?
- Un emplâtre. C'est comme un cataplasme, mais au lieu de l'appliquer avec un tissus, je vais le badigeoner sur votre front et mettre un bandage autour.
- Ah non ! Nooon, non, non, non, non ! Pas de sorcellerie sur moi !
- Ce n'est pas de la sorcellerie, c'est de la médecine !
- C'est ça, oui ! Vous m'appliquez des plantes du Diable en espérant que ça va me guérir ! »

La main toujours en l'air, il est resté sans bouger, quelques secondes. En reculant, il a posé le bras sur une de ses cuisses, s'efforçant de ne pas toucher sa robe de la main. Impeccablement blanche, celle-ci recouvrait entièrement ses jambes. Mais à ses mouvements, je devinais qu'il était à genoux près de la paillasse, assis sur les talons. Il se mouvait avec une souplesse incroyable pour un homme de son âge. Perlpexe a demandé :

« Selon vous, qui a créé les plantes ? »

J'ai répondu :

« Dieu, évidemment !
- Ca règle la question, a-t-il conclu en tendant à nouveau la main vers mon front.
- Ah non ! me suis-je exclamé en tentant de reculer encore. »

Le mur pesait contre mon dos...

« Le Diable a perverti bien des plantes, avec son venin de serpent ! »

Le vieillard s'est redressé sur les talons.

« Vous alors ! s'est-il exclamé. Vous prenez vraiment tout au pied de la lettre ! »

Tout à coup, provenant de la porte face au lit, une autre voix est intervenue :

« Si une lettre avait des pieds, on n'aurait pas besoin de messager pour l'amener à bon port ! »

C'était celle de mon fils ! Lavé, changé, les cheveux roux encadrant parfaitement son visage couvert de son, il nous contemplait depuis la porte face au lit, nonchalament appuyé contre le chambranle. En le voyant, Myrdhin a gloussé :

« Hé, hé ! Très spirituel !
- Comment va-t-il ?
- Il a reçu un très gros choc à la tête. Il s'en remettra, même sans se faire soigner. Mais il va avoir mal au crâne pendant quelques temps, sauf s'il me laisse faire. Et il risque encore des vertiges et des pertes de connaissance.
- Oh ! Qu'y-a-t-il dans cette mixture ?
- Eh bien, de la mauve, des prêles des champs, de l'écorce de saule et de la farine de lin pour lier le tout.
- Tu vois ! a renchéri Adam à mon intention. Pas de racines de mandragore, pas de poudre de Perlimpimpin... juste des plantes, à vocation médicinale !
- Et encore, poursuivait le sorcier comme pour lui-même ! J'ai été tenté de rajouter de la racine de consoude pour l'os frontal, mais je me suis ravisé ; ton père a le crâne fêlé de naissance. »

Racines de mandragore, poudre de Perlimpimpin... j'ai regardé mon fils :

« D'où connais-tu toutes ces choses ? »

Là, un malaise a envahi la chambre. Le vieillard était plongé dans la contemplation intense de la mixture sur ses doigts. Indécis, mon fils a répondu :

« Heu... Myrdhin m'a juste indiqué une ou deux choses à ne pas faire. Lui aussi combat les sorciers.
- Il t'a pris comme élève ?
- Non, non ! Heu... non ! Et puis... même ! Les druides ne sont pas les abomniables démons que tu dépeints tout le temps ! Ce sont des hommes sages. Fou est celui qui refuse d'être soigné par un druide.
- Toi aussi, tu me traites de fou ?
- Allons ! est intervenu Myrdhin. Calmez-vous ! »

Il nous a contemplés l'un après l'autre, puis :

« Nos paroles dépassent nos pensées.
- Pas les miennes, a répondu mon fils d'un air boudeur. »

Un silence pesant s'est abattu sur la chambre. Finalement, c'est Myrdhin qui a brisé le silence :

« J'ai bien un autre moyen de vous soulager de la douleur, mais si un simple emplâtre vous fait sauter au plafont, vous n'allez pas aimer cette méthode !
- Merci, j'ai ma dose !
- Qu'est-ce que je disais ?
- Entre les sorciers et les chats qui parlent...
- Pardon ? »

L'expression du vieillard avait changé du tout-au-tout. Il affichait une totale stupeur.

« Vous voyez des chats qui parlent, vous ?
- Mais non ! Je ne suis pas fou ! C'est juste un rêve que j'ai fait, juste avant d'ouvrir les yeux sur votre énorme tarin.
- Merci ! »

Apparemment désarçonné, Mydrhin s'est rendu compte qu'il tenait toujours en l'air une main couverte de son emplâtre. Il l'a essuyée sur le rebord du bol en terre, puis a posé délicatement le récipient par-terre, près de lui. Il a sorti un chiffon blanc de sa robe, s'est essuyé les mains en me regardant, puis :

« Contez-le moi, votre rêve !
- C'est que... c'est délicat !
- Promis, on ne le répètera à personne.
- Croix de bois, a surenchéri mon fils en posant un poing sur son torse.
- Eh bien... »

Je me suis concentré pour rassembler mes idées. Un point chauffé au fer blanc pulsait au-dessus de mes yeux, rythmé sur les battements de mon cœur.

« Dans mon rêve, j'étais un arbre.
- Vous ? Un arbre ?
- Oui, mais... laissez-moi continuer ! Donc j'étais un arbre. C'était en pleine nuit, dans les bois. Il n'y avait pas un seul nuage dans le ciel. Une branche m'était poussée au milieu du front. Ca me démangeait ! Je ne pouvais pas bouger une seule de mes autres branches pour me gratter.
- Sauf avec le vent, ça ne bouge pas, un arbre.
- Je sais bien ! Par mes racines, je sentais le sol trembler. C'était rythmé et incroyablement fort, comme-si des géants frappaient sur d'énormes tambours. J'ai d'abord vu arriver une jeune fille. Les cheveux aussi noirs que sa tenue, elle est venue s'installer à mes pieds. Puis j'ai senti quelque-chose trotter sur une de mes branches. C'était un chat ! Un chat noir avec une bavette et des pattes blanches. Il est venu s'installer sur la branche qui me poussait au milieu du front. D'une voix féminine, sans regarder la jeune fille, l'animal a lancé :

       « Miracle-Express, bonjour ! »

La fille a levé les yeux vers le chat. Elle a dit :

       « C'est toi ? »

Et là, c'est le trou noir.
- Comment ça, le trou noir ? s'étonnait Myrdhin.
- Le trou noir. Pas moyen de me souvenir de la suite !
- Concentrez-vous ! »

J'ai fermé les yeux. Je me voyais bien en arbre, la chatte sur une branche, la fille accroupie sur mes racines... je me concentrais pour entendre ce qu'elles avaient à dire ; pas moyen. Ce que la fille était en train de faire...

« Je vous l'ai dit, c'est délicat.
- Vous venez à peine de vous réveiller. Avec un effort, vous devriez encore vous en souvenir !
- Oui, heu.. je sais mais.. la fille...
- Et alors ?
- Elle était en train de faire ses besoins ! »

A nouveau, un silence. Finalement, le vieillard a soupiré :

« Je vois ce que c'est.
- Eh, je ne suis pas un pervers !
- Loin de moi cette idée ! Mais vous savez, les rêves ont une vie propre. Ils vous envoient parfois des choses qui bloquent un peu la mémoire. »

Le sorcier a réfléchi encore quelques secondes. Il a dit :

« Ecoutez, si vous ne voulez pas que je soulage votre douleur au front, je peux au moins vous rendre votre rêve.
- Encore de la sorcellerie ?
- Non ! Absolument pas, je vous assure ! Pas d'onguents, ni d'emplâtre, ni cataplasmes, ni poudres ; je ne vous toucherai même pas.
- Ah ! »

J'ai hésité. »

...

Dans la clairière, les lapins rangés en gradins attendent. Job ne dit plus rien. Le regard perdu dans le vide, la bouche grande ouverte, toujours assis en tailleur, il s'est immobilisé, la main droite tendue en avant. Le vent souffle un peu plus fort, faisant chanter de plus belle le feuillage des arbres tout autour. Les abeilles sont parties entreposer leur nectar, ne restent que quelques bourdons musardant encore de fleur en fleur. Finalement, le lapin gris s'avance, tend le cou vers Job et remarque de sa petite voix accélérée :

« On dirait que tu hésites encore ! »

L'homme baisse la tête vers l'animal. Le regard presque vitreux, il répond :

« Je ne suis pas sûr de vouloir revivre ça. Vous savez, il m'a bien eu, le sorcier !
- Comment ça ?
- Eh bien, il m'avait promis qu'il ne me toucherait pas, mais... je ne sais pas comment, il m'a quand-même jeté un sort. Et je n'ai rien vu venir ! Maintenant, j'ai peur qu'en vous racontant tout ça, la malédiction revienne.
- Quelle malédiction ?
- Je vous l'ai dit : la malchance ! Je suis sûr que c'est à cause du sorcier ! Il n'a jamais arrêté de m'embobiner. Il est encore là, dans ma tête. Je le sais ; je le sens ! »

Quelques secondes passent. Enfin, le lapin répond :

« C'est absurde ! Regarde toi : tu n'as plus rien à perdre, si ce n'est la vie à laquelle tu étais prêt à renoncer avant de nous connaître. Continue ! »

Job hésite encore. Il regarde sa main toujours en l'air, la pose sur sa cuisse et se décide :

« D'accord, mais il faut vraiment comprendre : à ce moment-là j'ai eu très peur... c'était comme si tous les événements vécus depuis le début de cette journée m'avaient poussé droit vers le sorcier !...


A suivre...

...Et puis non :


L'Homme qui courait après sa Chance, chapitre 7 : Rembobinage


Alors que je travaillais avec mon fils sur la conception d'une nouvelle maison, continue Job, un tremblement de terre avait fait s'écrouler mon bel atelier en forme de zome presque sur ma tête et celle d'Adam, mon fils. J'ai failli y passer : je me suis pris un pied de table en pleine figure et paf ; dans les pommes ! Je me suis réveillé une première fois, face contre terre et de la poussière plein la bouche. Mon fils allait bien, mais ma si merveilleuse femme l'a envoyé chercher un sorcier pour me soigner... moi ; Job ! J'ai résisté... et voilà qu'elle me parle de mon Dieu, comme si elle n'y croyait pas elle aussi ! Ou plutôt comme si, pendant tout ce temps, elle avait fait semblant d'y croire. Je n'ai pas eu le temps de discuter ; je suis retombé dans les pommes.

Quand j'ai rouvert les yeux, j'étais dans mon lit. Je sortais d'un rêve où j'étais un arbre. C'était bizarre. Une branche me grattait, au milieu du front ; une chatte s'était posée dessus pour discuter avec une fille venue s'accroupir sur mes racines pour...

Eh bien, heu...

Enfin... j'ai ouvert les yeux. La première chose que j'ai vue, c'est le sorcier qui s'apprêtait à m'engluer le front avec je ne sais quel onguent diabolique. Chauve, une barbe moins blanche que sa robe, un nez grand comme une main et des oreilles de singe... d'aussi près, il paraissait encore plus grotesque. Là, j'ai reculé ! Il a insisté un peu ; j'ai dit non : pas de sorcellerie sur moi ! C'est là que mon fils de quinze ans a débarqué. En un échange entre le vieux et Adam, je me suis soudain demandé si on me prenait pas pour une truffe ; le garçon était apparemment devenu l’élève du sorcier. Ils ont nié, évidemment ! Par contre, quand j'ai dit au vieux que je sortais d'un rêve où les chats parlent, ça a eu l'air de l'intéresser. Il a enfin abandonné l'idée de me répandre sa mixture infâme sur le front. Malheureusement, je ne me souvenais plus vraiment de mon rêve. Il était quelque-peu... dérangeant.

Mais le sorcier m'a alors assuré qu'il pouvait me le rendre. Pas d'onguent, ni de poudres maléfiques ; il ne me toucherait même pas. Dans ces conditions, j'ai accepté : il avait l'air tellement surpris que je puisse rêver de chats qui parlent ; je voulais savoir ! Mais je n'en menais pas large ; c'est quelque-chose de se retrouver face à un sorcier. Toujours à genoux près de la paillasse, il s'est avancé vers moi. Il a levé un index devant mes yeux en disant :

« Regardez attentivement le bout de mon doigt ! »

Là, j'ai compris ! J'ai reculé, m'écriant :

« Arrêtez ! »

Battant en retraite lui aussi, il a marmonné :

« Faudrait savoir !
- Ça y est : j'ai compris !
- Mais compris quoi ?
- C'est dans votre doigt ! »

Il a regardé son index... A la porte, mon fils secouait la tête en soupirant, les yeux vers le sol.

« Qu'y a-t-il dans mon doigt, s'étonnait Myrdhin ? »

J'ai répondu :

« Mais votre pouvoir ! Vous avez concentré tous vos pouvoirs sataniques au bout de votre doigt et vous allez me jeter un sort, c'est ça ? »

Il a soupiré à son tour en baissant les bras :

« Très bien ! On ne peut pas aider quelqu'un qui refuse. »

Le vieil homme est resté silencieux un moment... Il a regardé Adam toujours appuyé au chambranle de la porte, a pris une grande inspiration puis, soudain, il a aboyé :

« Wan !
- Oui, a répondu mon fils ?
- Viens ! »

Le sorcier ouvrait une large manche vers Adam, l'autre vers le côté opposé du lit. Se tournant vers moi, il m'a proposé :

« Écoutez : on peut prendre le doigt de votre fils ! Lui, vous le connaissez ! Vous savez que ce n'est pas un sorcier ; il n'y a aucun pouvoir maléfique au bout de ses doigts. Ça vous va ? »

J'ai réfléchi un instant. Adam s'était installé en face de Myrdhin ; genoux écartés, assis sur les talons. Il paraissait indécis, triturant une mèche de ses cheveux roux devant ses yeux étonnés. Le sorcier, lui, me fixait ; interrogateur. J'ai finalement réagi :

« D'accord. Mais vous, vous ne bougez pas ! Vous ne vous approchez même pas de moi ! »

Le vieil homme s'est redressé sur ses talons en disant :

« Croix de bois ! S'il y a de la magie, elle est dans votre tête. »

Il s'est alors adressé à mon fils :

« Wan, tu vas tendre un doigt ; un index. »

J'ai précisé :

« Il s'appelle Adam depuis qu'il a embrassé la Foi. »

Le vieil homme a enchainé sans faire attention à moi :

« Fais-le osciller à un coude de ses yeux. »

Dépliant les jambes, Adam s'est avancé vers moi.  Il a tendu un doigt devant mon nez, le faisant osciller de droite et de gauche.

« Moins vite, a repris Myrdhin. Regardes ses yeux, pas ton doigt. Fais attention à ce que je fais, pas à ce que je dis. »

Il s'est adressé à moi :

« Vous c'est l'inverse ; vous faites attention à ce que je dis et uniquement à ce que je dis. Suivez son doigt des yeux... voilà, sans bouger la tête ! Vous allez vous détendre.  »

Sa voix avait quelque-chose d'apaisant. Il parlait lentement ; laissait passer plusieurs secondes entre chaque phrases.

« Vous avez reçu un choc. Vous avez besoin de repos. Laissez-vous aller : détendez-vous ! »

J'ai cessé peu à peu de presser mon dos contre le mur derrière moi.  Le doigt de mon fils oscillait toujours devant mes yeux. Sous sa main, la manche brune de sa tunique pendait d'un côté, de l'autre...

« Vous allez vous endormir, poursuivait Myrdhin. »

Mes paupières commençaient à se fermer d'elles-mêmes. Je les sentais lourdes ! Cette main, tendue vers moi le doigt en l'air, engagée dans un perpétuel aller-retour devant mes yeux ; tout l'univers bougeait derrière elle !

A droite, puis à gauche...

« Vous êtes fffffatigué, soufflait le sorcier ! »

J'ai cligné des yeux... Une fois... La main balançait ; mes yeux aussi... Je me suis entendu prendre une grande inspiration, profondément... puis souffler lentement jusqu'à vider l'air de ma poitrine. Deux fois... A la deuxième inspiration, mon nez s'est mis à vibrer... j'ai failli lâcher des yeux la main qui dansait devant moi... je m'entendais ronfler !

« Respirez doucement ! Vous plongez dans un profond sommeil. »

Mes paupières, elles dansaient. Lentement. De plus en plus, cette main et l'ombre floue derrière elle m'apparaissaient comme les images immobiles... comment dire ? D'une scène découpée en instants figés, présentés bout à bout avec un intervalle croissant. Un coup à droite... le visage de mon fils... Un coup à gauche... celui du sorcier... Et ce ronflement qui faisait vibrer l'intégralité de mon corps... se calmant, peu à peu.

Finalement, j'ai fermé les yeux.

« Vous entendez, cette respiration calme et profonde ? demandait la voix grave et douce du sorcier. C'est vous. Vous êtes profondément endormi. »

D'une voix pâteuse, j'ai répondu :

« J'entends ! »

J'ai repris un grand bol d'air, les yeux fermés. Je me sentais bien ! Calme. Apaisé. Ma douleur au front s'était changée en un écho lointain pulsant comme certaines étoiles, la nuit. La voix disait :

« Il fait nuit. Vous êtes un arbre... »

Une par une, dans l'obscurité rose de mes paupières, des étoiles se sont allumées. J'ai senti une brise caresser mon feuillage... j'étais un arbre ! Un châtaignier ; les fruits enfermés dans leurs coques piquantes alourdissaient mes branches. Je sentais une... deux.... trois vibrations faire trembler mes racines, comme si trois géants frappaient chacun son tambour avec rythme ; parfois synchronisés, parfois non. Dans ces vibrations, j'en trouvais d'autres encore, plus ténues, plus lointaines... J'étais un arbre parmi d'autres, au bord d'un champ couvert d'herbes hautes. Quelque-chose me courait sur le tronc... sur mes branches, s'agrippant avec des griffes plus fines, largement plus coupantes que celles d'un écureuil. Je ne saurais vous dire comment je savais ça ; je le savais, c'est tout ! Pas besoin de regarder en bas pour savoir qu'un chat vous grimpe dessus. Il est venu s'installer sur cette satanée branche qui me grattait, au milieu du front.

Tout à coup, j'ai senti quelqu'un se poser sur mes racines. J'ai ouvert ce que j'ai pu de mes perceptions... Je me suis tendu jusqu'au bout de la moindre ramure, la moindre feuille, la moindre épine de châtaigne ; jusqu'à l'extrémité de la moindre de mes racines et j'ai vu ! Alors que, d'une voix féminine, le chat lançait :

« Miracle-Express ; bonjour ! »

J'ai vu une jeune fille vêtue de noir s'accroupir sur mes racines en levant les yeux vers les branches. Là haut, un chat noir avec une bavette et des pattes blanches s'était couché sur l'une d'entre elles. Il contemplait la jeune fille. Celle-ci s'est exclamé :

« C'est toi ? »

Puis...

Rien. L'image s'est figée. Myrdhin a dit :
   
« Maintenant, on change de décor. Seuls les personnages restent. Il fait jour. Le ciel est parfaitement bleu. Vous êtes un rocher au milieu d'une prairie. La jeune fille est venue pour réfléchir, rien d'autre. »

Prenant son temps, il a continué ainsi de me décrire un nouveau décor. C'était incroyable ! Je n'étais plus un arbre, mais un menhir !


A suivre...
« Modifié: 01 Mars 2013 à 16:44:14 par EriG »

Hors ligne Freakazoid

  • Calliopéen
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Ou plutôt comme si, pendant tout ce temps, elle avait fait sembalnt d'y croire

Coquille

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une chatte s'était posée dessus pour discuter avec une fille venue s'accroupir sur mes racines pour...

Et voici le lien avec le deuxième personnage présenté :)

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c'est le sorcier qui s'apprêtait à m'engluer le front avec je ne sais quel onguent diabolique. Mais avec une tête ! Chauve, une barbe moins blanche que sa robe, un nez grand comme une main et des oreilles de singe.

La formulation est bizarre. Je te jure, c'est peut-être parce que c'est une fin de semaine mais j'ai cru un (court) instant que c'était l'onguent diabolique qui était chauve avec une barbe XD !


Sinon, nouvelle théorie qui me fait penser que l'histoire avec Jésus que tu avais postée n'est pas innocente : tout le monde est interconnecté à travers le temps et l'espace via les rêves. Je chauffe ?

Hors ligne EriG

  • Aède
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  • Rien ne sert de courir ; il faut faire du vélo
    • Je me suis réveillé au Paradis
Merci pour ces petites corrections et, en effet, tu brûles  ;) ! Je suis content que l'histoire avec Jésus ait porté ses fruits, lol. Comme tu l'as dit, tout ceci paraît décousu, au premier abord, mais c'est plein d'informations données dans le désordre, presque comme des images sublidinales qui, si c'est bien fait, te reviennent au moment où les énigmes se dévoilent. Comme par exemple le fait qu'il ait carrément rebaptisé son fils d'une manière, disons au pied de la lettre, en le convertissant à sa religion, quand par ailleurs sa femme l'appelle toujours Wan (et lui Yohann, en passant). J'espère que ça passe bien, c'est pas évident de présenter une histoire du point de vue d'un mec en plein délire.  ^^ J'ai poursuivi la lecture du tien dans sa version doc, j'aime bien aussi comment ça évolue. Ce soir c'est soirée ciné en famille, mais il va quand-même bien falloir que je me remette à le commenter, je crois qu'il faut au moins fournir ici un travail de correction équivalent au travail d'écriture  ;)


L'Homme qui courait après sa Chance, chapitre 8 : Supergol


Je me suis d'abord retrouvé dans la pierre d'un menhir. J'étais un menhir !

Le plus incroyable, c'était de me sentir respirer quand-même, comme me retrouver au fond de l'eau dans un rêve... c'était de sentir sans bouger d'un cheveu un vent légèrement salé parcourir ma surface ! C'était d'être là, au milieu d'une immense prairie d'un vert le plus pur et parsemée de fleurs ; de pouvoir sans yeux distinguer le moindre brin d'herbe, la moindre pâquerette... chaque insecte bourdonnant dans un concert avec le vent, le coucou et la tourterelle au loin... Tout était incroyable !

Et ça sentait bon ! Un parfum vert, presque sucré. Sous un ciel d'un bleu éblouissant, la voix de Myrdhin continuait de poser le décor :

« Il y a deux autres grande pierres autour de vous ; une de chaque côté... »

L'un après l'autre, j'ai vu d'autres rochers sortir de l'herbe, à droite comme à gauche... Je me suis retrouvé au sommet d'un arc ovoïde de quinze menhirs disposés trois par trois.

« D'autres pierres apparaissent, plus grandes encore... »

Derrière chaque trinité, de gigantesques trilithes se sont dressés, cachant une bonne partie du ciel. Là, j'ai su où j'étais : je me trouvais aux pierres suspendues, là où j'avais déjà suivi le sorcier à quelques lieues de la Cité. Tout autour s'est dessiné un nouveau cercle de menhirs, puis plus loin encore un cirque de géants supportant d'autres pierres couchées... il y en avait des dizaines ! Vue du centre, la construction paraissait encore plus énorme que dans mes souvenirs.

Devant moi, quasiment à mon pied, se tenait un autel païen composé de trois pierres grises. Longue, platte, la table de granit paraissait minuscule au regard du reste.

« C'est un banc, poursuivait la voix douce du sorcier. La jeune fille vêtue de noir vient s'asseoir dessus. Juste s'asseoir. »

La fille de mon rêve est arrivée par l'avenue de menhirs ainsi formée. Tunique et braies serrées aussi noires que ses cheveux aux reflets aile de corbeau, elle s'est assise sur le banc en pierre presque à mon pied. Elle me tournait le dos ; j'aurais pu me pencher sur elle. Une voix féminine a dit :

« Miracle-Express ; bonjour ! »

J'ai de nouveau étendu mes perceptions, mais au travers de centaines... de milliers, de millions de minuscules grains de granit composant ma surface et aussi celle de mes voisins. La brise s'était calmée ; mes grands frères trilithes me protégeaient du vent.

J'ai vu !

J'ai vu la chatte au sommet d'un trilithe de pierre, sur la droite. Ce n'était plus la même ! J'ai murmuré :

« Elle n'est plus noire mais grise ; entièrement grise avec un reflet bleu ! »

La jeune fille a levé les yeux vers l'animal, s'écriant :

« C'est toi ? »

La chatte bleue lui a répondu :

« Qui veux-tu que je sois ? »

Elle parlait d'une voix basse, grave mais indéniablement féminine.

« Tu n'es pas la même, s'est étonnée la jeune-fille.
- Je passe de robe en robe, c'est dans ma nature. »

Elles ont laissé passer quelques secondes sans rien dire, puis la chatte a lancé :

« Alors ?
- Alors quoi ? Tu veux que je te dise que t'avais raison ?
- Non ! Je veux que tu me dises comment tu vas.
- Eh bien, t'avais raison. J'ai suivi ton conseil ; j'ai accompagné mon mec et son boulet en teuf. Apparemment, il y a deux rave-parties. T'as dû déjà voir si tu t'es promenée un peu.
- J'arrive.
- Ah ! Il y en a une à deux ou trois kilomètres d'ici, dans une carrière à flanc de montagne ; une free-party où couleront probablement les drogues. Mais nous allons à l'autre dans la vallée, qui a l'air plus sérieuse. Ça s'est passé d'une façon, tu vois, là : je réalise encore.
- Raconte ! »

Soudain, j'ai entendu une voix d'homme. Étouffée, lointaine, elle provenait de derrière moi... d'au-delà des cercles de menhirs. Elle appelait :

« Charlie ? T'es où ? »

La jeune fille a crié en retour :

« Je suis là ! Bouge pas d'où t'es, c'est très bien ! »

La chatte a bondi du trilithe de pierre, sur l'un de mes frères menhirs sur la droite. Elle s'est lovée en rond, les yeux jaunes rivés sur la fille. Celle-ci contemplait l'avenue d'herbe et de pierres devant elle, le regard perdu loin au-delà des menhirs. Brisant le silence, elle a soupiré :

« Eh bien, pour commencer, tu vois : je suis là. Je n'y croyais pas beaucoup, pourtant. Même après notre rencontre sur la falaise ; je pensais avoir rêvé. On a roulé pendant six heures. Enfin... roulé ; plané, selon l'expression favorite de Mister Supergol.
- Qui ?
- Fred, le pote de mon mec. Auto-baptisé Café Fredo ; il se trouve frais et dynamique comme un bon café frappé. J'ai beau lui répéter qu'il est loin d'être noir, il s'en tape. Mais il adore le mot Supergol, ce mongol. Quand il a fait acheter sa caisse à mon mec, je te jure, le vendeur n'a pas eu à placer un mot ! Avec Fred comme camelot l'affaire était vendue :

« Regarde ça ! Une aéro ! Avec toutes les options ; c'est du Supergol !... Regarde ; tu rabats les tablettes dans le dos des sièges et ton film passe en hologramme... mais c'est du Supergol ! »

En sortant de chez le concessionnaire, j'ai regretté de ne pas avoir compté le nombre de fois où il a placé ce mot débile. Mais nous en ressortions avec une voiture pleine à craquer de Supergol et un crédit à faire des coupes dans les loisirs, même avec la reprise de l'ancien véhicule en parfait état de marche. Tout ça pour ne pas avoir l'air de gueux en teuf ! Ce warrior d'opérette se rase tout seul le crâne à la tondeuse, comme une grande ! Mais il ne doit pas savoir s'y prendre. Je n'ai jamais personnellement pratiqué l'auto-tonsure, mais je ne vois pas beaucoup de crânes rasés se balader la tête aussi rouge que Fred. Par plaques ! Ca doit le démanger ; il se gratte constamment !

Donc voilà, on est partis à quatre, à bord d'une voiture super-grise, mais supergolesque, super-chère et super-bruyante pour une super-technologie à coussins d'air. Six heures ! Trois-cent-soixante minutes à se farcir des clips technos piratés sur le web le volume à fond ! Derrière moi, le Fred s'extasiait sur un genre de brouillard sombre et glauque en extrême basse résolution holographique censé représenter des danseurs devant un mur de son la nuit. A coté de lui, sa dernière conquête comptait une liasse de billets qu'elle gardait sur elle. Maigre, la tête quadrillée de tresses ridicules encadrant une natte de type mongol, elle allait bien avec Fred. Six heures, qu'elle a passée à recompter ses tunes ! Leur plan était simple... enfin ; le plan de Fred ! Il appelait ça la mise de fond, sans préciser bien sûr que ça sortait de la poche de sa copine. Tu vois, en fermant les yeux, j'entends encore sa voix de branleur :

« Le blème, en teuf, c'est pas dans la teuf elle-même, c'est sur les routes. C'est là que les keufs te contrôlent. Alors on n'amène rien avec nous, sauf des tunes. Une mise de fond quoi ! On achète le stock là-bas, on revend avec bénefs et on se dépouille avec la marge. »

- Le moins qu'on puisse dire, a commenté la chatte, c'est qu'il n'est pas discret !
- Pour ça, il faudrait qu'il se taise, de temps en temps ! Mais non ! Ça, c'est pas inscrit dans son code génétique ! Que voudrais-tu qu'il te raconte, s'il te déballait pas toute sa vie, et en boucle encore ? Et cette techno mal enregistrée... je ne sais pas ! Elle saturait de partout. De la plus grave des basses au plus aigu des samples... à croire qu'elle avait aussi été enregistrée le volume à fond ! Assise à la place du mort, j'ai bien essayé d'y mettre mon grain de sel :

« Vous allez griller le poste !
- Tut, tut ! s'est vanté Fredogol derrière moi. T'y connais rien, trésor ! La tek, ça s'écoute le volume à donf ! »

Et devine quoi, le poste a grillé. On était presque arrivés ! Presque. On a tourné encore pendant une heure.
- Ah bon ?
- Mais oui ! Une heure ! Comme plan pour arriver à bon port, on suivait un flyer internet ; une carte proposée en ligne par les organisateurs. Mais voilà, dans le monde du Supergol, une seule machine centralise tout : auto-radio, GPS, machine à frittes et je te le donne en mille : Internet ! Je leur avais dit, pourtant, au moment du départ :

« Je serais vous, je l'imprimerais. On va peut-être pas capter, là bas ! »

Bien sûr, Gogol a répondu :

« Tut, tut ! On n'est plus à l'âge de pierre ! Ça capterait un appel de détresse venu des fonds marins depuis le fin-fond du désert ! »

Mais comme c'est Supergol ! Sauf que ça capte rien quand le son grille la machine. Du coup, on s'est perdus... »


A suivre ?...


...Toujours pas :


Je me suis réveillé au Paradis, chapitre 2 : Bienvenue à la Nouvelle Remungol !


Après avoir été réveillé par une elfe à la peau verte puis bleue ; je me retrouvais au lit dans une chambre bleue qui était verte à mon réveil, un breuvage étrange à la main et un goût de guimauve à la fraise au fond de la gorge. Il m'a fallu un moment, avant de bouger. Face à moi, la porte entrouverte m'invitait à plonger plus profond dans le rêve. Bleue avec des panneaux ivoire chargés de brouillard, elle tendait vers moi une poignée en bouton d'or. J'entendais  une voix, au-delà de cette porte, trop étouffée pour que je puisse comprendre. Mais il me semblait reconnaître la voix de l'elfe ; une voix... tellement familière mais jeune !

J'ai sorti une jambe de cette étrange couverture douce et légère désormais bleu-roi, une toute petite jambe gauche. Elle a glissé sur le côté du lit, rapidement suivie par sa sœur alors que je m'asseyais en repoussant la couverture. Mes jambes étaient vêtues de braies blanches taillées sans une seule couture dans un tissus incroyablement léger, doux au toucher et brillant ! Elles semblaient si petites, mes guiboles ! En haut, j'étais couvert d'une simple tunique du même tissu, mais... tellement courte ! Poussant sur une main, je me suis levé ; elle m'arrivait à peine aux hanches alors que moi-même, j'avais une taille d'enfant.

Je tenais toujours un verre à moitié plein dans la main droite. Le liquide rose pétillait à l'intérieur. Je l'ai porté à ma bouche. J'en ai bu une gorgée... à nouveau cette sensation coulait le long de ma gorge. J'ai fermé les yeux. Du fond de ma mémoire est apparue une autre main... ma main ! Pas cette mimine d'enfant qui tenait mon verre, mais la mienne ; une main adulte, serrant une pierre étrange. Celle-ci, terne mais chaude, bombardait ma paume de milliers de minuscules épines chatouillant la peau, avec la même intensité que cet étrange feu à la fraise, ma langue et mon palais.

J'ai levé mes paupières... Les yeux à demi-fermés, j'ai relevé la tête. Dehors un arbre dansait au gré d'une forte brise, sous un ciel bleu. Son feuillage vert frétillait au-delà d'une fenêtre ronde fermée d'un seul vitrage. Les pieds nus dans une moquette bleu-ciel extraordinairement douce, j'ai fredonné :

« Pas un chêne, ni un châtaignier... pas un frêne, ni un marronnier... »

La vieille ritournelle druidique me semblait surgie du fond des âges.  J'ai continué ainsi, le verre à la main. Les feuilles défilaient devant mes yeux mi-clos ; « feuille de bouleau, feuille de pommier... », ainsi que les arbres, leurs formes ; « ombre de sureau, reflet de poirier »...

Pendant quelques minutes, tous les arbres de mon répertoire y sont passés. Celui-ci n'en faisait pas partie. Je sentais le verre s'alourdir, dans ma main droite. Il était pourtant vide. Le coude engourdi, je l'ai passé à gauche... j'avais les doigts si courts ! Pliant les genoux, je l'ai posé sur la table de nuit. J'ai fait un pas vers la porte, dans la moquette bleu-ciel. La voix venait de plus à gauche ; elle semblait traverser le mur au-dessus de la commode bleue aux tiroirs liserés or. Elle paraissait surgie de ce brouillard ivoire qui emplissait le mur, dansant au gré de la brume. J'ai traversé la chambre jusqu'à la porte, la moquette était chaude ! Tendant le bras droit vers la poignée en bouton d'or, j'ai plié le genou gauche, passant l'autre main sur la plante de mon pied... c'était chaud ! C'était agréable... magique !

J'ai reposé le pied. La voix de l'elfe semblait vraiment sortir du mur, sur la gauche. C'était impossible ! Ça se passait forcément de l'autre côté. Je pouvais presque distinguer ses paroles. Elle s'écriait :

« Mais oui ! Une heure ! »

Puis elle est repartie dans un monologue assourdi et incompréhensible. Tirant la poignée, j'ai ouvert la porte. De l'autre côté, tout était rose. De la main gauche, j'ai attrapé le chambranle. J'ai fait un pas en avant... J'ai juste eu le temps d'entrevoir droit devant une autre porte qui flottait dans le vide d'un brouillard rose, sur la droite un comptoir de marbre fuchsia sur lequel perchaient deux étranges oiseaux roses au bord de vasques rose-bonbon, sur la gauche un bassin en granit rose rempli d'eau, au bord duquel perchait un volatile tout aussi rose deux fois plus gros que les autres. Nageant en plein rêve, je me suis exclamé :

« Oups, pardon ! Je voulais pas déranger... »

Avant de me rendre compte d'une part que je venais de m'adresser à des piafs et d'autre part que lesdits oiseau étaient en marbre. Pas de trace de l'elfe. Reculant d'un pas, j'ai refermé la porte. La voix sortait vraiment du mur ! Alors je me suis approché de la commode. Campé sur mes petites jambes et sur l'avant de mes petits pieds nus, j'ai posé les deux mains sur la surface du meuble pour plonger mon regard dans le mur.

Rien.

Rien d'autre que ce brouillard ivoire qui me narguait de ses volutes dansantes et cette voix douce et lointaine... je la comprenais presque ! Elle disait :

« Tut, tut ! On n'est plus à l'âge de Pierre !... »

Désarçonné, j'ai pris un grand bol d'air. Expirant, j'ai soufflé... la brume s'est écartée ! Écarquillant les yeux, j'ai soufflé encore ; j'ai chassé le brouillard pour découvrir... Comment trouver les mots pour décrire ça ? Là, dans le mur en face de moi... à peine à quelques pouces ! Il faisait nuit, c'étaient les bois... comme un oiseau, je voyais d'en haut une... un... un véhicule, c'était certain. Mais tiré par aucun cheval. Par rien, en fait ! Gris, sans roues, flottant au-dessus d'une route sombre à la surface aussi lisse que celle d'un mur. Là, dans la cloison en face de moi, c'était un autre monde, avec même un haut et un bas orientés différemment ! Quoique, j'ai cru tomber sur cet étrange appareil quand le décor tout entier s'est approché de moi, puis s'est redressé comme par magie de sorte que le véhicule s'est retrouvé de profil. J'assistais indéniablement à une autre magie que celle des druides, laquelle relève plutôt, je dois le reconnaître, d'une science déguisée.

Voilà ce que j'ai vu dans le mur, après m'être éveillé dans cette chambre bleue mais verte quand j'ai ouvert les yeux, accueilli par une elfe capable de changer de couleur. J'entendais mieux la voix ; elle chantait :

« Mais comme c'est supergol ! Sauf que ça capte rien quand le son grille la machine. Du coup, on s'est perdus... »

A mesure que la voix contait, tout ce qu'elle disait se déroulait là : sous mes yeux à l'intérieur du mur. Je voyais l'étrange carrosse parcourir les campagnes, arriver à un village bordé d'arbres fins et droits diffusant de la lumière en leur sommet... Un pur rêve de fou ! La voix psalmodiait :

« On visait un village du nom de Nouvelle Remungol. Ça : impossible à oublier, surtout dans les Cévennes. Genre, ça devait être un village d'expatriés bretons. Mais lui, là : Supergol, ça le faisait marrer ! Il s'esclaffait :

« C'est Supergol, non ? On quitte la Bretagne, on fait huit-cent bornes pour aller en teuf et hop ! C'est chez des bretons ! »

Ceci presque en boucle ; je l'aurais frappé ! Mais je me retenais... Je sais pas comment. Mon mec, lui, tenait son volant des deux mains, le regard perdu dans sa conduite, comme d'habitude. Il conduisait vite, mais bien ; il parlait peu, voire pas. Je bouillais littéralement à côté du lui. J'avais déjà envie de bondir sur l'autre abruti pour... je ne sais pas, moi ! Avec un peu d'imagination... foutre à poil ce connard et graver à l'ongle une carte sur son bide pour, au moins, trouver le chemin du retour ! A côté de lui, sa copine à tête de tresses comptait pour la énième fois sa liasse de billets en rêvant sans doute à la dépouille qu'elle allait se payer. Je lui en aurait bien offert une, moi, de dépouille !

Mortuaire !

Mais à force de tourner sur des routes à peine assez grandes pour laisser passer un cheval, on a fini par trouver la Nouvelle Remungol ; un charmant petit village aux toits d'ardoise encore insolites pour la région, presque au pied d'une montagne. Et tu sais quoi ? On l'avait déjà visitée ! Deux fois ! La première fois, on a juste traversé, parce que d'après Gogol, c'était pas là. Il faisait déjà nuit depuis plus d'une heures. A l'entrée du patelin, le panneau affichait : Remungol-Nevez. Il était rapidement suivi d'une affiche de bienvenue annonçant à renforts de diodes luminescentes blanches sur fond noir : Degemer mat e Remungol-Nevez. Le texte se terminait par un magnifique drapeau breton, toujours en diodes blanches sur fond noir. Fred s'est écrié :

« Regardez ! On y est presque ! »

Plus pour me détendre qu'autre chose, j'ai réagi d'une voix monocorde :

« Youpi ! On a trouvé la Nouvelle Remungol ! Plus qu'à découvrir une terre-promise perdue dans les bois !
- Ah non ! a repris Duglue tout fier de sa bêtise. On n'est pas à la Nouvelle Remungol ! T'as bien vu le panneau ? On est à Remungol-Nevez. Mais ça veut dire qu'on y est presque !
- Et t'as vu ça où, dans une boule de cristal ?
- Mais t'y connais vraiment rien, Cocotte ! C'est souvent, que des villages voisins portent des noms voisins. Donc, la Nouvelle Remungol, c'est le village suivant ! »

Sur le moment, j'ai rien dit ; il y avait comme une logique à sa connerie. On a donc traversé Remungol-Nevez. Avec nous dedans, la voiture est passée entre des maisons entourées de jardins  à peine éclairés par les lampadaires. Elle a traversé une place où trônaient une église et une boulangerie à l'ancienne... Fred a même fait Coucou au passage au panneau annonçant que nous quittions Remungol-Nevez. Il a ouvert la vitre de son côté et il a fait un signe de la main en déclamant :

« Au-revoir, Remungol-Nevez ! Nous te reverrons au retour ! »

Tu parles ! Le retour n'a pas été long ! La route descendait vraisemblablement vers une plaine. On a sinué pendant, je ne sais pas... quatre ou cinq kilomètres, en scrutant les embranchements et les chemins alentours.

Rien.

A part, au bord d'un embranchement en patte d'oie sur la gauche, deux fourgonnettes de la gendarmerie derniers modèles, deux motos et six de ces messieurs de la maréchaussée occupés à contrôler un van blanc-crème. Fred s'est écrié :

« T'arrête pas ! »

On a continué ainsi pendant encore à peu-près trois bornes. Mais voilà, c'était une impasse ! La route débouchait sur ce qui ressemblait à un lotissement privé. Une demi-douzaine de maisons entièrement construites en bois, mais grandes ! De magnifiques chalets eux aussi entourés de jardins. On en a admiré les superbes toits en ardoise et en double-pente prononcée depuis une barrière automatique orange fermée à l'entrée du lotissement. A côté de celle-ci, un simple écran lcd monté sur un poteau en fer affichait sur fond bleu : Privé ; colporteurs interdits : veuillez sonner ci-dessous. Sous l'inscription, un cercle blanc invitait à y presser l'index. On n'est pas restés pour essayer.

On a fait demi-tour et on est retournés à Remungol-Nevez. Là, Fred nous a fait tourner pour chercher des panneaux. Il y en avait plein, mais tous indiquaient des lieux-dits aux noms dignes de celui qu'on cherchait et qu'on avait perdu en grillant le seul accès internet de la voiture. Des noms ultra oubliables, dignes de Mister Supergol ! Ou encore des noms mal interprétables ! Par-ci se tenait le Trou des Forges, et trois-cent-mètres plus loin par là : les Forges du Trou ! Comment veux-tu retrouver ton chemin dans une pelote pareille ? Et ça au pied d'une montagne ; c'est fort ! Au bout d'un moment, Dugenou a dit :

« De toute façon, c'est pas ici, la Nouvelle Remungol. Donc, c'était dans notre dos ! On l'a dépassée sans faire exprès. En fait, c'était le village précédent et on l'a pas vu.»

Comme ça, il nous a littéralement fait faire demi-tour, et on est repartis sur la route par laquelle on était arrivés au départ. Sa copine, elle, continuait de compter ses tunes sans rien dire. Quand on est arrivés à la bretelle de l'autoroute pour Alès, là, j'ai dit d'un ton que je reconnais un peu sec :

« Et on fait quoi, maintenant ? Le village précédent, y'en a pas non plus ! »

C'est marrant, là, il a rien répondu, Supermol ! Du coup, on est revenus à Remungol-Nevez.

Encore.

Cette fois-ci, quelqu'un nous attendait sur la place de l'église. Sous un lampadaire, assis sur un banc en thermoplastique blanc : deux grands-pères en pleine conversation... on aurait dit ceux du Muppet-Show, en haut sur leur balcon ! Vêtus de vestes brunes et de pantalons taillés dans la même toile ; deux pépères en chaussons qu'on n'aurait pas pu louper les premières fois ! Les mecs étaient forcément venus s'installer le temps de notre dernier aller-retour au pays des gens perdus. Mais à les voir, c'était comme s'ils nous attendaient là depuis des heures ! Sur la place, mon mec a stoppé la voiture. On a contemplé les petits vieux pendant quelques instants sans rien dire, puis l'un d'entre eux nous a vus. Chauve sur le dessus mais garni sur le tour d'un collier de cheveux blancs, il a levé une impressionnante moustache blanche puis son corps de grand-père pour venir vers nous d'un pas patient.

Très patient !

L'autre le suivait derrière, blanc aussi, chevelu davantage mais imberbe.

« Mais, heu... tu fais quoi, là ? s'est étonné Fred à l'intention de mon mec.
- Mais, on va se renseigner ! a répondu celui-ci.
- Mais qu'est-ce que tu veux qu'ils en sachent, eux ? C'est pas eux qui organisent !
- Mais il vivent là, non ?
- Mais... »

Le dernier mais en suspens, cet imbécile a fini par lâcher :

« Mais enfin ! Tu crois que ça leur plaît, à eux, un teknival dans leur campagne ? Ils feront ce qu'ils peuvent pour nous perdre, oui ! »

De toute façon, c'était trop tard : le petit vieux présentait sa paire de moustaches à ma fenêtre :

«  Ceux-ci ; sont perdus ? ruminait-il entre sa dernière dent tandis que je baissais ma vitre.
- Heu... non, non, merci... a commencé Fred. »

Je ne l'ai pas laissé aller plus loin :

« Si, si, merci ! Nous cherchons le teknival des Poches ! me suis-je écriée avec soulagement.
- Houlààà ! »

Le vieux a semblé réfléchir un instant, le menton dans une main, puis :

« Vous cherchez le Tek-Noz ?
- Oui ! C'est ça !
- Le quoi ? s'étonnait encore l'ahuri derrière. »

Là, je me suis violemment retournée vers lui et j'ai hurlé :

« Le Tek-Noz ! C'était écrit en grand sur le flyer que t'as grillé, connard ! »

Prenant son temps, un ange est passé. La tête aussi rouge que son crâne, Fred paraissait comme coincé par une colique sur le trône. Enfin, le vieux a dit avec un sourire :

« Faut pas vous énerver, mademoiselle ; v'z'allez gâcher vôt jôôli teint !
- Pardon ? est- intervenu mon mec. »

C'était la première fois du voyage que je le voyais exprimer quelque-chose. Il faut le connaître pour comprendre. Il n'est pas vraiment du genre à exprimer ses sentiments. Là, le vieux a dit en affichant  la surprise :

« Oh, désôôlé ! »

Il avait un accent du terroir, c'était certain, mais lequel ?

« J'avais pas vu qu' c'était la tienn' ! »

La façon qu'il avait d'accentuer au milieu des mots dévorait bien les dernières syllabes à la sauce bretonne, mais dire qu'il prenait son temps serait un euphémisme. A croire qu'il attendait une réponse non seulement à chaque phrase, mais aussi à chaque mot ! Même le plus détendu des bretons ne serait jamais assez patient pour parler mille fois plus lentement qu'un suisse. Celui-là : si !

« Mais alors, c't à toi de lui faire des môôts doux ! Tu le fais, si ?
- Je vois pas en quoi... a commencé mon mec. »

Il s'est arrêté la bouche ouverte. Il a levé une main vers sa tempe, posant la paume contre la partie dégarnie autour de ses oreilles. Là, il s'est mis à caresser ses cheveux bruns et courts du bout des doigts. C'est son tic, quand on le met mal à l'aise. Finalement, il a dit :

« Heu, merci, c'est gentil, mais... on cherche la Nouvelle Remungol !
- Mais, vous y êt', donc !
- Ah bon ?
- Mais oui ! Ca veut dir' noûûveau, nevez !
- Ah, bon !... alors, heu... on cherche le Tek-Noz ! »

Le vieux a d'abord plaqué ses mains sur ses genoux. Il a tourné la tête vers la route droit devant nous, il a levé un bras pour nous la montrer puis, en nous regardant à nouveau :

« D'habîîtud', je dirais la route la meilleure. Mais y'aurait un ch'min plus court. »

On a tous hoché la tête, comme s'il venait de nous apprendre une nouvelle extraordinaire. Il a laissé passer quelques secondes. Derrière lui, l'autre pépère nous contemplait avec un sourire tout aussi édenté.

« Mais là, poursuivait le premier... en fait... non ! »

Le clocher de l'église s'est mis à égrainer les heures : dong ; une heure ! Dong ; deux heures !...

« Y'a qu'une route ! »

Dong ; trois heures !... Dong ; quatre !

« Alors... »

Dong... dong !

« V'z'allez toûût droit... »

Dong... dong !

« Et là... »

Dong... dong !

« Après kêêk's Kilômèt'... »

Dong...dong !

« Vous demandez à la Maréchaûûssée ;  y gard'nt le ch'min pour aller au Tek-Noz ! »

A ce moment là, Mister Supergol le Mongol s'est écrié :

« Il est minuit ! Vous voyez, on arrive tôt ! C'était pas la peine de s’exciter, comme ça ! »

J'ai encore perdu mon calme :

« Mais t'as écouté, au moins ? C'était au niveau des gendarmes !
- Oui, et alors ? On y est presque, oui ou non ? »

A nouveau, un silence. En parlant d'euphémismes... tu vois : là, ce serait un euphémisme, rien que de dire que c'était un euphémisme quand j'ai dit :

« J'en ai ma claque ! »

Le vieux a ajouté :

« Bon, ben... content de vous avoir rendu sêêrviss' !
- Merci ! a lancé mon mec d'une voix indécise. Et, heu... bien à vous, hein ! »

Le vieil homme, qui commençait déjà à partir, s'est retourné... il est revenu. Il a dit en montrant une maison :

« De rien ! J'habite là, à côté ! On v'za vus toûûrner, alors on est v'nus voir ! »

Quelques secondes sont parties encore, comme ça, dans le silence. Puis le vieux a ajouté :

« Et faites attêntion ! Arrivés aux châââlets, c'est trôôp loin ! Nôôz vâât ! »

Puis il est parti rejoindre son collègue déjà presque assis sur le banc. Et voilà ! On est repartis, nous aussi ! On a repris la route, la bonne, dans l'intention de demander notre direction aux gendarmes. Sur la banquette arrière, le champion de l'Univers toutes catégories en connerie domestique et autres s’affolait, s'exclamant :

« Mais vous êtes pas biens ! On va pas demander la route aux keufs ! Vous croyez quoi ? Qu'ils vont gentiment nous dire où ça se trouve ? Ils vont nous balader, oui !
- Eh bien ils nous baladeront ! ai-je hurlé à pleins poumons en crachant sur ce sous-primate. Ce qui est sûr, c'est qu'ils le feront pas aussi bien que toi, pauv' gland ! »

Et là, tu sais ce qu'il m'a répondu, ce crétin ? Blanc comme un linge, il m'a dit :

« Mais non, mais, heu... enfin... on y est presque... et tant pis ! Tiens, tu vas voir : si tu me laisses leur parler, aux gendarmes... en les embobinant un peu, moi, je te trouverai où c'est ! »


A suivre...
« Modifié: 16 Mars 2013 à 00:59:20 par EriG »

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L'un après l'autre, j'ai vu d'autres menhirs sortir de l'herbe ; un à ma droite, un de l'autre côté... trois autres, alignés plus loin sur la gauche... trois sur la droite... six autres plus loin encore ; trois de chaque côté. J'étais au sommet d'un arc ovoïde de quinze menhirs disposés trois par trois.

« D'autres pierres apparaissent, plus grandes encore... »

Derrière chaque trinité de menhirs, de gigantesques constructions se sont dressées, cachant une bonne partie du ciel. Chacune d'elles présentait trois pierres ; deux pilier au moins trois fois plus hauts que les premiers menhirs et un gros bloc couché dessus. Là, j'ai su où j'étais. Je me trouvais au beau milieu de ces cercles de granit dont je vous ai parlé tout-à-l'heure, à quelques lieues de la Cité. Là où j'avais déjà suivi le sorcier : les pierres suspendues. Tout autour s'est dessiné un nouveau cercle de menhirs, puis plus loin encore un cirque de géants supportant d'autres pierres couchées... il y en avait des dizaines ! Vue du centre, la construction paraissait encore plus énorme que dans mes souvenirs.

Devant moi, quasiment à mon pied, composé de trois pierres grises se tenait l'autel païen que je vous ai déjà mentionné aussi. Longue, platte, la table de granit paraissait minuscule au regard du reste.

La description est un peu lourde je trouve : elle est très détaillée et, en plus, il y a de nombreuses répétitions.

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Ce warrior d'opérette se rase tout seul le crâne à la tondeuse, comme une grande

Comme un grand plutôt, non ?

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En haut, j'étais couvert d'une simple tunique du même tissus

tissu

C'est tout ce que j'ai pu constater.

Sinon, sur le fond, peut-être est-ce parce que j'ai un coup de barre là mais j'ai trouvé que ce passage comportait pas mal de longueurs, de trucs un peu trop abstraits... Je me suis un peu ennuyé quoi :s

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Ce warrior d'opérette se rase tout seul le crâne à la tondeuse, comme une grande

Comme un grand plutôt, non ?


Logiquement oui, mais en fait non. Elle le hait, et dire "comme une grande" à propos d'un mec pour le dénigrer, j'ai souvent vu faire ça. D'ailleurs, je le fais moi-même (pas bien !) Le mettre au féminin en parlant d'un mec est une pure expression de dénigrement.

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L'un après l'autre, j'ai vu d'autres menhirs sortir de l'herbe ; un à ma droite, un de l'autre côté... trois autres, alignés plus loin sur la gauche... trois sur la droite... six autres plus loin encore ; trois de chaque côté. J'étais au sommet d'un arc ovoïde de quinze menhirs disposés trois par trois.

« D'autres pierres apparaissent, plus grandes encore... »

Derrière chaque trinité de menhirs, de gigantesques constructions se sont dressées, cachant une bonne partie du ciel. Chacune d'elles présentait trois pierres ; deux pilier au moins trois fois plus hauts que les premiers menhirs et un gros bloc couché dessus. Là, j'ai su où j'étais. Je me trouvais au beau milieu de ces cercles de granit dont je vous ai parlé tout-à-l'heure, à quelques lieues de la Cité. Là où j'avais déjà suivi le sorcier : les pierres suspendues. Tout autour s'est dessiné un nouveau cercle de menhirs, puis plus loin encore un cirque de géants supportant d'autres pierres couchées... il y en avait des dizaines ! Vue du centre, la construction paraissait encore plus énorme que dans mes souvenirs.

Devant moi, quasiment à mon pied, composé de trois pierres grises se tenait l'autel païen que je vous ai déjà mentionné aussi. Longue, platte, la table de granit paraissait minuscule au regard du reste.

La description est un peu lourde je trouve : elle est très détaillée et, en plus, il y a de nombreuses répétitions.


Ca, je comprends bien, d'ailleurs c'est un peu pour ça que je me suis arrêté : je bloque. D'un côté, Dans son hypnôse Merlin l'envoie à Stonehenge pour changer de décor et le libérer du bloquage provoqué par le fait que la fille est venue là pour pisser. Je pourrais tout simplement en faire un menhir solitaire au milieu d'une prairie, mais ça perdrait tout un charme. D'un autre côté, cette description lourde n'est pas la mienne, c'est la sienne, elle colle à la personnalité de ce personnage qui a tout oublié sauf d'être bête. Et là, je n'arrive pas à concilier une narration fluide avec le carractère écervelé du personnage. Si tu trouves mieux, je suis preneur.


Sinon, sur le fond, peut-être est-ce parce que j'ai un coup de barre là mais j'ai trouvé que ce passage comportait pas mal de longueurs, de trucs un peu trop abstraits... Je me suis un peu ennuyé quoi :s


Là, il faudrait que tu sois plus précis. Il faudrait même que tu relises ça sans coup de barre, à tête reposée, pour m'indiquer précisément où sont les longueurs et les abstractions. Peut-être que je n'aurais pas dû mettre ces deux chapitres coup sur coup. En effet, ils sont de deux supports narratifs différents. D'ailleurs en passant, j'aimerais que tu me dises comment tu trouves l'idée de faire chevaucher une histoire sur plusieurs supports narratifs différents. Je reconnais que là, j'expérimente un truc pas très habituel, et c'est principalement là-dessus que ton avis m'intéresse.

Par ailleurs, j'ai poursuivi ma lecture de Void X Time. C'est toujours aussi captivant, mais j'ai quelques problèmes avec le support dotx. En fait, de mes trois navigateurs, seul Mozilla Firefox me permet de le lire (les autres croient que je veux l'éditer et me demandent de m'identifier), et même là, les copier/coller pour faire une correction ici sont assez galère.

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Ok, je trouverai le temps de relire à tête reposée. Généralement, je me fais quelques pauses au boulot pour te lire.

Pour ta question sur le style de narration, attention au plaisir du lecteur ! Si le style d'un narration d'un personnage est volontairement lourdingue, ça risque d'être une corvée de le lire ce qui est dommage vu que, pour certains, la lecture est fluide. Bref, à mon sens, tu devrais privilégier le plaisir du lecteur est proposer des narrations fluides.

Pour Void X Time, je viens de tester mon lien sans me connecter et je n'ai pas de problème. Ceci dit, j'ai pu m'apercevoir que, parfois, le chargement de la page n'arrivait pas à se faire et, en plus, le copier-coller est pas terrible du tout.
Donc tant pis, ce que je te propose, c'est que tu me dises où tu en es et j'éditerai mes messages sur le forum pour mettre les dernières versions de mes chapitres.

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Bien, j'ai déjà quelque peu édulcoré ma descriptin ainsi :

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L'un après l'autre, j'ai vu d'autres rochers sortir de l'herbe, à droite comme à gauche... Je me suis retrouvé au sommet d'un arc ovoïde de quinze menhirs disposés trois par trois.

« D'autres pierres apparaissent, plus grandes encore... »

Derrière chaque trinité, de gigantesques trilithes se sont dressés, cachant une bonne partie du ciel. Là, j'ai su où j'étais : je me trouvais aux pierres suspendues, là où j'avais déjà suivi le sorcier à quelques lieues de la Cité. Tout autour s'est dessiné un nouveau cercle de menhirs, puis plus loin encore un cirque de géants supportant d'autres pierres couchées... il y en avait des dizaines ! Vue du centre, la construction paraissait encore plus énorme que dans mes souvenirs.

Devant moi, quasiment à mon pied, composé de trois pierres grises se tenait l'autel païen que je vous ai déjà mentionné aussi. Longue, platte, la table de granit paraissait minuscule au regard du reste.


Pour le reste, il faudrait que tu m'indiques les longueurs que tu as pu trouver par ailleurs, et aussi ce que toi, tu ressens comme des abstractions, que je puisse éventuellement rectifier le tir. Tu vois, moi, mon fort, c'est l'orthographe et la grammaire, toi c'est la fluidité du récit. On devrait faire une bonne équipe, non ?  ^^

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Ok, partenaire, je m'y remets ;) !

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Le plus incroyable, c'était de me sentir respirer quand-même, comme me retrouver au fond de l'eau dans un rêve

J'aime pas trop la formulation. Je suggérerai "c'était de quand même me sentir respirer".

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Tout était incroyable.

Un point d'exclamation pour accentuer "l'incroyabilité" ?

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Et ça sentait bon ! Un parfum vert, presque sucré. Je voyais tout ! Sous un ciel d'un bleu éblouissant, la voix de Myrdhin continuait de poser le décor :

Le "je voyais tout" est en trop. Le paragraphe précédent est porté sur la vision puis l'ouïe, tu passes ensuite par l'odorat et paf, retour du "je voyais tout" déjà bien bien explicité dans la formulation "de pouvoir sans yeux distinguer le moindre brin d'herbe, la moindre pâquerette"

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Devant moi, quasiment à mon pied, composé de trois pierres grises se tenait l'autel païen que je vous ai déjà mentionné aussi.

C'est peut-être dû au fait que je lis par épisodes mais je me rappelle pas de l'autel païen. Dans tous les cas, le "que je vous ai déjà mentionné aussi" me semble un peu lourd. Je te propose de le supprimer et de mettre "composé de trois pierres grises" après "l'autel païen"

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Celle-ci, terne mais chaude, bombardait ma paume de milliers de minuscules épines chatouillant la peau, avec la même intensité que cet étrange feu à la fraise, ma langue et mon palais.

Il manque une virgule

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Il a tourné la tête vers la route doit devant nous en levant la main droite puis, en nous regardant à nouveau :

"droit devant nous"
Cela dit, j'ai pas compris pourquoi il lève la main droite. J'ai d'autant plus tilté dessus que ça fait une répétition du mot "main", présent la phrase suivante.


Sinon, au final, les longueurs que j'avais repéré lors de mon coup de barre, je ne les retrouve plus maintenant que je suis un peu plus en forme. Mais je pense que j'ai du me perdre dans les descriptions. Je les trouve un peu longues et vu qu'on est dans une dimension onirique, j'ai un peu de mal à suivre j'avoue.

Hors ligne EriG

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Le plus incroyable, c'était de me sentir respirer quand-même, comme me retrouver au fond de l'eau dans un rêve

J'aime pas trop la formulation. Je suggérerai "c'était de quand même me sentir respirer".


Pour le coup, c'est la tienne de formulation qui me fait bizarre. Ca doit ête régional. Chez moi, le quand-même, on le met à la fin, exemple : " Même si tu ne voulais pas venir, j'étais content de te voir quand-même. " Ou alors, " j'étais quand-même content de te voir ", mais pas " J'étais content de quand-même te voir "  :-\

Pour le reste, merci...

L'autel païen avait été cité en même temps que sa première visite à Stonehenge (en suivant le druide). Mais effectivement, comme j'ai quasiment sucré cette allusion en édulcorant la description du site dans le présent chapitre, ça tombait effectivement un peu à l'eau.


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Il a tourné la tête vers la route doit devant nous en levant la main droite puis, en nous regardant à nouveau :

"droit devant nous"
Cela dit, j'ai pas compris pourquoi il lève la main droite. J'ai d'autant plus tilté dessus que ça fait une répétition du mot "main", présent la phrase suivante.


Et comme ceci ? :

Le vieux a d'abord plaqué ses mains sur ses genoux. Il a tourné la tête vers la route doit devant nous, a levé un bras pour nous la montrer puis, en nous regardant à nouveau :...

Le fait que tu aies un peu de mal à suivre la dimension onirique, tant pis. En fait, non : tant mieux. C'est fait comme un tour de magie. C'est vrai que ce n'est pas évident. D'un côté, un mec se fait carrément hypnotiser, et de l'autre... ma foi, là, tu es tombé tête la première dans un piège qui se dévoilera plus tard. Mais, merci, il a fonctionné à la perfection. Par contre, si tu crois que, pour mieux m'aider, il vaut mieux que je te le dévoile, dis le moi, je le ferai en mp.  Promis, au chapitre suivant, je démarre directement sur l'histoire de la fille ;)
« Modifié: 09 Mars 2013 à 16:27:22 par EriG »

 


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